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Mai 2021

La consommation excessive d’alcool fait perdre 1 an d’espĂ©rance de vie en moyenne

Par Sciences et Avenir

La consommation excessive d’alcool fait perdre en moyenne prĂšs d’un an d’espĂ©rance de vie aux populations de 52 pays, selon un rapport de l’OCDE.

Alcool

La consommation excessive d’alcool fait perdre en moyenne prĂšs d’un an d’espĂ©rance de vie aux populations de 52 pays, en raison des maladies et des accidents qu’elle cause, montre un rapport de l’OCDEAFP

La consommation excessive d’alcool fait perdre en moyenne prĂšs d’un an d’espĂ©rance de vie aux populations de 52 pays, en raison des maladies et des accidents qu’elle cause, montre un rapport de l’OCDE publiĂ© mercredi 19 mai 2021. L’organisation internationale encourage donc les pays Ă  « redoubler d’efforts pour lutter contre » ce phĂ©nomĂšne, notamment en limitant la promotion de l’alcool auprĂšs des enfants et en favorisant des prix plus Ă©levĂ©s.

« L’espĂ©rance de vie sera infĂ©rieure de prĂšs d’un an (0,9) au cours des 30 prochaines annĂ©es en raison des maladies et des blessures » causĂ©es par la « consommation nocive d’alcool », calcule l’Organisation de coopĂ©ration et de dĂ©veloppement Ă©conomiques dans ce rapport, qui porte sur 52 pays de l’OCDE, de l’Union europĂ©enne et du Groupe des 20 (G20).

Dans un supermarché à Moscou le 24 avril 2020 (AFP/Archives - Kirill KUDRYAVTSEV)

Dans un supermarchĂ© Ă  Moscou le 24 avril 2020 (AFP/Archives – Kirill KUDRYAVTSEV)

Lituanie, Russie et Pologne figurent en tĂȘte du classement

Les huit pays les plus affectĂ©s se situent tous en Europe centrale et orientale, avec 1,4 Ă  1,8 annĂ©e d’espĂ©rance de vie en moins, Lituanie, Russie et Pologne figurant en tĂȘte du classement. La France se situe juste au-dessus de la moyenne, tandis que la Turquie et IsraĂ«l apparaissent comme les moins concernĂ©s.

Il n’y a pas de niveau de consommation d’alcool reconnu scientifiquement comme sans risque pour la santĂ©. Dans le cadre de ce rapport, l’OCDE dĂ©finit la « consommation nocive d’alcool » comme excĂ©dant « un seuil Ă  moindre risque » fixĂ© Ă  « plus d’un verre d’alcool par jour chez les femmes et 1,5 verre chez les hommes« .

Les rĂ©sultats sont obtenus en comparant l’espĂ©rance de vie en 2050 si les habitudes de consommation actuelles persistent avec un scĂ©nario oĂč la consommation ne dĂ©passerait pas ce « seuil Ă  moindre risque ».

2,4% du total des dépenses de santé

L’OCDE chiffre aussi le fardeau Ă  2,4% du total des dĂ©penses de santĂ© et estime que le PIB sera infĂ©rieur de 1,6% en moyenne chaque annĂ©e dans les pays de l’OCDE au cours des 30 prochaines annĂ©es si les choses ne changent pas. Les donnĂ©es de ce rapport datent d’avant la pandĂ©mie de Covid-19.

Selon une enquĂȘte menĂ©e en mai et juin 2020 dans 11 pays, si 42% des personnes interrogĂ©es dĂ©clarent n’avoir pas modifiĂ© leur consommation d’alcool, 36% estiment l’avoir augmentĂ©e quand seulement 22% disent l’avoir diminuĂ©e. « Les femmes, les parents de jeunes enfants, les personnes Ă  revenu Ă©levĂ© et celles prĂ©sentant des symptĂŽmes de dĂ©pression et d’anxiĂ©tĂ© » sont ceux qui « ont fait Ă©tat des plus fortes hausses de consommation d’alcool ».

Selon l’organisation, « la stratĂ©gie la plus efficace » pour lutter contre la consommation nocive d’alcool passe par « limiter la promotion de l’alcool auprĂšs des enfants », « renforcer les contrĂŽles de police pour prĂ©venir les accidents de la route dus Ă  l’alcool », « dĂ©velopper l’offre de consultations pour les patients Ă  risque » et « fixer des politiques de prix pour limiter l’accessibilitĂ© financiĂšre de l’alcool ».

Faut-il rendre libre la consommation des dĂ©rivĂ©s du chanvre , le cannabis ?

Ou la rĂ©gulariser , sur le modĂšle du tabac ,  et de l’alcool ?

Le tĂ©moignage mĂ©dical du Dr AndrĂ© Badiche , psychiatre des hĂŽpitaux publics, professeur Ă©mĂ©rite de psychiatrie Ă  l’UniversitĂ© de Rennes 1

1 . Les soins à l’hîpital

Au dĂ©but des annĂ©es 2000  , je travaillais au Centre hospitalier psychiatrique CHGR , et aux urgences du CHU de Rennes .
J’ai constatĂ© une augmentation significative des jeunes prĂ©sentant une psychose dĂ©lirante aigue , beaucoup plus frĂ©quente chez les fumeurs de joint , Ă  base de cannabis , Ils ou elles manifestaient des troubles du comportement tels que l’hospitalisation  en psychiatrie s’avĂ©rait nĂ©cessaire , souvent sans leur consentement , sur la demande de leurs parents , car ils Ă©taient dans le dĂ©ni de leurs symptĂŽmes graves .


Avec le recul des annĂ©es passĂ©es ,  certains Ă©voluaient vers la schizophrĂ©nie .
Les traitements médicamenteux psychotropes devenaient alors indispensables au long cours .

Une enquĂȘte faite en Nouvelle-ZĂ©lande ,chez 1000 jeunes suivis pendant 10 ans , montrait  une augmentation importante de la prĂ©valence de  la maladie schizophrĂ©nique ,  Ă  l’ñge de 25 ans , chez les consommateurs de cannabis depuis l’ñge de 15 ans , comparĂ©e Ă  la prĂ©valence de cette maladie ,  chez ceux qui n’en avaient pas pris .

Aux urgences du CHU on constate que le nombre des accidentĂ©s  de la voie publique est beaucoup  plus important  chez les conducteurs  qui absorbent : alcool + cannabis ,  que chez ceux qui prennent  seulement de l ‘alcool , avant de conduire .
Des enquĂȘtes Ă©pidĂ©miologiques nationales ont Ă©tĂ© publiĂ©es , et donnent les mĂȘmes rĂ©sultats .

Des recherches en neuro-radiologie chez les jeunes fumeurs réguliers de cannabis montrent un retard du développement du cerveau pré-frontal .
Et la mesure du quotient intellectuel,  chez les jeunes fumeurs de cannabis ,  met  en Ă©vidence  un retard de dĂ©veloppement intellectuel , comparĂ© au QI des non- consommateurs de cannabis .

2 . La prévention en milieu scolaire

J’en ai fait , Ă  la demande d’infirmiĂšres ,  travaillant en collĂšge et lycĂ©e
Les jeunes nous disaient : pourquoi voulez vous nous empĂȘcher d’absorber ce qui nous rend «  cool «  ?
en leur demandant de prĂ©ciser le sens de ce mot , ils nous disaient que cela leur permettait de ne plus sentir les Ă©motions nĂ©gatives , l’anxiĂ©tĂ© , face au stress . mais ils avouaient que ce produit chimique  , issu d’une plante ou d’un produit synthĂ©tique , n’amĂ©liorait pas  l’ambiance «  rĂ©crĂ©ative  Â«  des fĂȘtes qu’ils organisaient .

J’ai aussi participĂ© Ă  des rĂ©unions dans des cafĂ©s de la ville , organisĂ© par une conseillĂšre municipale , il Ă©tait trĂšs difficile d’argumenter ,face Ă  des militants du plaisir par la chimie , rĂ©crĂ©ative !

3 .  La loi du 31 dĂ©cembre  1970 , est elle rĂ©pressive ?

L’article 1 de cette loi ,demande aux consommateurs de cannabis , apprĂ©hendĂ©s sur la voie publique ,  de se prĂ©senter Ă  l’autoritĂ© sanitaire .
Seuls les trafiquants sont dĂ©fĂ©rĂ©s Ă  l’autoritĂ© judiciaire. 
Une dĂ©cision rĂ©cente permet Ă  la police de leur faire payer une amende , dans l’immĂ©diat .

4 . Faut il rendre libre le commerce du cannabis , ou de ses dérivés, dont certains sont fabriqués de façon industrielle ?

Sur le modĂšle du Tabac : 70 OOO morts par an en France ?
Sur le modùle de l’alcool : 45 OOO morts par an sans compter les troubles psychiatriques ?

Et surtout ,  que pourrons nous dire en prĂ©vention des risques , si les reprĂ©sentants du peuple , les dĂ©putĂ©s leur disent : allez -y , consommez  !  si ça vous fait plaisir .

Le Canada a libĂ©ralisĂ© la consommation de cannabis en 2018  et le nombre de fumeurs de cannabis et de tabac a augmentĂ© .
Si on augmente l’offre , la consommation s’accroit , l’addiction des stupĂ©fiants  ( le cannabis , dont on extrait le T.H.C. ) est sans limite au niveau des neurones .
Et des firmes industrielles ,  qui en fabriquent de façon synthĂ©tiques , ont vu leur cote financiĂšre  , Ă  la Bourse augmenter de façon exorbitante .

Lettre ouverte aux dĂ©putĂ©s Ă  l’origine du rapport sur le cannabis « rĂ©crĂ©atif Â»

    

Docteur Jean Costentin                                                                                   le 17 Mai 2021

Professeur émérite

PrĂ©sident du Centre National de PrĂ©vention, d’Etudes et de Recherches sur les Toxicomanies (CNPERT)

               Mesdames et Messieurs les dĂ©putĂ©s,

               EffarĂ© par la lĂ©gĂšretĂ© avec laquelle vous vous exprimez publiquement Ă  propos de ce que vous appelez le cannabis « rĂ©crĂ©atif Â», je m’adresse Ă  vous au nom du CNPERT.

Cette appellation de « cannabis rĂ©crĂ©atif Â» qui vous est propre, s’agissant de cette sale drogue, est une illustration de la manipulation de l’opinion Ă  laquelle vous vous livrez. Dans les fonctions que vous occupez cela s’apparente Ă  une forfaiture.

Vos dĂ©clarations s’inscrivent dans le droit fil de la banalisation de cette drogue, associĂ©es Ă  une absence complĂšte de prĂ©vention en milieu Ă©ducatif (que vous n’avez jamais dĂ©plorĂ©e et moins encore rĂ©clamĂ©e) qui est dĂ©noncĂ©e par l’observatoire europĂ©en des drogues et toxicomanies (O.E.D.T.), elles contribuent au nombre record des consommateurs de cannabis dans notre Nation, en tout premier rang Ă  cet Ă©gard des 27 Etats membres de l’U.E.  

Le rapport que vous avez si rapidement rendu public aprĂšs que le Ministre de l’IntĂ©rieur et le PrĂ©sident de la RĂ©publique aient sifflĂ© l’arrĂȘt de votre « rĂ©crĂ© Â»,  est une dĂ©sobĂ©issance aux ordres supĂ©rieurs. Cela pourrait se concevoir si vous contestiez une dĂ©cision insupportable, mais en l’occurrence cela ne l’est pas, car votre action vise Ă   en instaurer une.

Votre « cannabis rĂ©crĂ©atif Â» :

 C’est une addiction qui affecte 20% de ceux qui l’ont expĂ©rimentĂ© ; avec, chez l’adolescent, un pouvoir addictif supĂ©rieur Ă  celui des morphiniques (Ă©tude de N. Volkow publiĂ©e il y a un mois). Cette addiction a piĂ©gĂ©, malgrĂ© la prohibition de ce cannabis, 1.500.000 « usagers rĂ©guliers Â», incapables de s’en abstraire, contre laquelle on est complĂštement dĂ©muni. Ces usagers y ajoutent souvent d’autres drogues (poly toxicomanies) dans un processus d’escalade dĂ©sormais incontestable et dont les substrats neurobiologiques sont maintenant prĂ©cisĂ©s.

C’est une toxicitĂ© physique supĂ©rieure Ă  celle du tabac (qui tue annuellement en France 75.000 fumeurs et induit de nombreux handicaps) car sa combustion produit 6 Ă  8 fois plus de goudrons cancĂ©rigĂšnes et d’oxyde de carbone : troisiĂšme cause de dĂ©clenchements d’infarctus du myocarde ; responsable d’accidents vasculaires cĂ©rĂ©braux chez des sujets jeunes (cf. les travaux du CHU de Strasbourg) ; induisant des artĂ©rites des membres infĂ©rieurs plus prĂ©coces que celles dues au tabac.

 Avec le cannabis ce sont des femmes enceintes (incapables dans leur trĂšs grande majoritĂ© d’arrĂȘter sa consommation) ayant des grossesses abrĂ©gĂ©es, des nourrissons fragiles aux tailles et poids rĂ©duits, porteurs d’éventuelles malformations dont le dĂ©veloppement psychomoteur est retardĂ©. C’est dans l’enfance, une frĂ©quence accrue d’hyperactivitĂ© avec dĂ©ficit de l’attention ou des troubles du spectre de l’autisme. C’est Ă  l’adolescence, une vulnĂ©rabilitĂ© aux toxicomanies, Ă  la schizophrĂ©nie, Ă  des difficultĂ©s cognitives et Ă  des dĂ©ficits de l’immunité 

Le cannabis est la drogue de la « crĂ©tinisation Â» ; il affecte des trajectoires intellectuelles qui auraient pu ĂȘtre favorables, mais qui font stagner ses victimes dans des statuts des plus modestes, en faisant mĂȘme des assistĂ©s Ă  vie. Il relĂšgue la France au 27iĂšme rang du classement PISA des performances Ă©ducatives internationales. Cette drogue du renoncement, de l’aboulie, du syndrome amotivationnel sĂ©vit en une pĂ©riode oĂč il faudrait ĂȘtre performants dans la compĂ©tition internationale pour Ă©ponger notre dette abyssale, aggravĂ©e par la COVID.

C’est une drogue qui tue sur la route ou dans des activitĂ©s professionnelles ; une drogue qui rend auto-agressif (suicide) ou hĂ©tĂ©ro-agressif (bouffĂ©es dĂ©lirantes).

C’est une drogue qui induit des dĂ©pressions de l’humeur (avec, en embuscade, leur risque de suicide) ; qui induit, dĂ©compense ou aggrave la schizophrĂ©nie (laquelle dans 10% des cas conduit Ă  une mort brutale).

 C’est une Ă©tape de l’escalade vers d’autres drogues, dont les morphiniques et leurs overdoses mortelles. 

Qu’y a t’il donc de rĂ©crĂ©atif dans tout cela ?

OĂč les mĂ©faits prĂ©citĂ©s sont-ils mis en exergue dans votre rapport? Cachant mal sa vacuitĂ©, son Ă©paisseur sera pour la grande majoritĂ© des citoyens, une dissuasion Ă  sa lecture.

OĂč est l’attention que vous devriez porter Ă  la santĂ© de notre sociĂ©tĂ© et Ă  celle de ses membres,  en particulier des plus jeunes d’entre eux ?

 D’une façon qui serait risible, si ce n’était dramatique, vous insistez sur le caractĂšre « encadrĂ© Â» que revĂȘtirait cette lĂ©galisation ; le prĂ©cĂ©dent du tabac et de l’alcool ne vous rappellerait-il rien, Ă  l’heure oĂč ils sont consommĂ©s d’une façon intense et de plus en plus prĂ©coce.

C’est d’une voix hĂ©sitante que vous devriez Ă©voquer cette drogue, au lieu de pĂ©rorer comme le font quelques uns d’entre vous, pour tenter de masquer leur connaissance partielle voire leur mĂ©connaissance de points essentiels d’un sujet que vous ne maĂźtrisez pas.  

Nous dĂ©plorons de ne pas avoir Ă©tĂ© conviĂ©s Ă  prĂ©senter nos connaissances lors des audits que vous avez effectuĂ©s ; cela aurait enrichi votre rapport de points essentiels
 mais ils contredisaient vos thĂšses.

L’article ci-joint vous permettra de faire la connaissance de ce sujet majeur que sont les effets Ă©pigĂ©nĂ©tiques du THC, « oubliĂ©s Â» dans votre rapport. En substance il est Ă©tabli que les mĂ©faits du cannabis n’affectent pas seulement ceux qui le consomment, mais aussi leurs descendants. En effet, quand ses consommateurs sont en Ăąge de procrĂ©er, l’exposition de leurs gamĂštes (spermatozoĂŻdes, ovules) au THC leur fait transmettre Ă  l’enfant qu’ils viendraient Ă  concevoir des marques Ă©pigĂ©nĂ©tiques,   rĂ©duisant l’expression de certains de leurs gĂšnes, ce qui sera Ă  l’origine : d’anomalies tĂ©ratogĂšnes, d’une vulnĂ©rabilitĂ© aux addictions lors de l’adolescence, auxquels s’associent les mĂ©faits dĂ©taillĂ©s dans le prĂ©cĂ©dent paragraphe.

Nous protestons enfin contre l’indĂ©cence de votre « consultation citoyenne Â» sur le cannabis « rĂ©crĂ©atif Â».  Pour faire partager / diluer votre responsabilitĂ©, vous avez lancĂ© cette «consultation Â» sans que les citoyens interrogĂ©s disposent d’informations sĂ©rieuses sur les dangers du cannabis, beaucoup d’entre eux ayant encore l’idĂ©e fallacieuse d’une « drogue douce ». Il Ă©tait inconvenant de pratiquer cette consultation au cƓur de la pandĂ©mie Covi19, source de prĂ©occupations vitales, d’une crainte de reconfinement, d’inquiĂ©tudes Ă©conomiques qui dĂ©tournaient du cannabis l’attention des citoyens, Ă  l’exception, que vous escomptiez, des 1.500.000  consommateurs rĂ©guliers de cannabis, impatients d’en disposer librement. Seuls 250.000 citoyens ont rĂ©pondu, dont 20% d’entre eux pour exprimer leur opposition Ă  la lĂ©galisation. Cette consultation           « bidon » fut donc un « bide ». ‹Pourtant, sans vous le tenir pour dit, vous proposez un rĂ©fĂ©rendum, comme si dans le dĂ©clin ambiant, que cette lĂ©galisation aggraverait, il n’y aurait pas de sujets plus urgents et plus importants Ă  faire trancher par ce mode exceptionnel d’arbitrage dĂ©mocratique.

               Ce rapport, tout comme cette « consultation citoyenne Â», ne prouvent rien d’autre que la mauvaise foi de ses rĂ©dacteurs et de ses organisateurs. C’est pourquoi nous avons considĂ©rĂ© qu’il Ă©tait important d’exprimer notre dĂ©sapprobation et de porter Ă  votre connaissance et Ă  celle de nos concitoyens les informations omises ou relativisĂ©es dans votre rapport.

               Si l’on ne sait pas, ou si l’on ne sait plus, Ă  qui imputer les drames multiples liĂ©s Ă  l’alcool et au tabac, il est maintenant possible d’identifier ceux par qui adviendraient les drames que recruterait le cannabis. Ils ne  pourront plus se rĂ©fugier derriĂšre l’anonymat et le fait qu’ils ne savaient pas.

               Nous ne saurions trop vous recommander, pour notre Nation, pour votre rĂ©putation entamĂ©e, pour votre avenir politique et pour plein d’autres raisons que vous concevrez facilement, de passer votre rapport dans le broyeur Ă   papier. Pour tenter  de faire oublier ce trĂšs mauvais faux pas, vous devriez vous investir dans d’intenses actions  Ă©ducatives de prĂ©vention.

               Veuillez agrĂ©er, Mesdames et Messieurs les dĂ©putĂ©s, l’expression de la dĂ©fĂ©rence que nous avons pour tous les membres de la reprĂ©sentation nationale ; dĂ©fĂ©rence nĂ©anmoins troublĂ©e par le mauvais usage  que vous  venez de faire de votre mandat.

                                                                                         Professeur Jean Costentin

Lettre du CNPERT

La lettre du CNPERT de Mai 2021 est disponible en cliquant ICI

Les Lettres prĂ©cĂ©dentes sont disponibles en cliquant dans le menu ci dessus sur « LETTRES DU CNPERT »

« DĂ©sastreux de lĂ©galiser le cannabis Â»

SociĂ©tĂ©. « Rien ne sera rĂ©glĂ© car si le produit est lĂ©galisĂ©, le trafic continuera, et il y aura encore plus de consommateurs. Â»

VoilĂ  ce que dit le rapport de la mission d’information parlementaire sur l’usage du cannabis rĂ©crĂ©atif : Â« Le constat que nous dressons dans ce rapport est sans appel. Les politiques publiques menĂ©es depuis des dizaines d’annĂ©es ne portent pas leurs fruits et ne parviennent ni Ă  enrayer les trafics ni Ă  diminuer la consommation de cannabis en France. Â»

C’est sĂ»r, on ne voit pas de panneaux de prĂ©vention 4X3 sur le bord des routes. Depuis des annĂ©es, on diminue les effectifs de police et de justice. On a fermĂ© les commissariats de quartier. Certains quartiers ne sont mĂȘme plus accessibles, etc. Comment ces politiques publiques pourraient-elles porter leurs fruits ? La solution, Ă  force d’en parler, elle va arriver : la lĂ©galisation ! Plus besoin de policiers Ă  courser les trafiquants, plus besoin de personnel judiciaire puisque plus de jugements pour les personnes non responsables de leurs actes, et donc plus besoin de construire de prisons


Comment se fait-il que personne n’y avait pensĂ© ? On fera des rappels Ă  la loi, comme actuellement, ça sera trĂšs bien. Et on va faire des Ă©conomies ! Enfin pas sĂ»r, parce que cĂŽtĂ© mĂ©dical, il va falloir investir sĂ©rieusement en personnel. Nombreux seront ceux qui n’y auraient pas touchĂ© et qui vont vouloir essayer. Il va y avoir un paquet de personnes Ă  soigner et Ă  remettre dans le droit chemin.

Et rien ne sera rĂ©glĂ©, car si le produit est lĂ©galisĂ©, il sera attĂ©nuĂ© par rapport Ă  celui du trafic, donc celui-ci continuera. Il y aura encore plus de consommateurs. C’est dĂ©sastreux.

Finalement, le terme « rĂ©crĂ©atif Â» est reprĂ©sentatif d’un certain monde ado et adulte qui pense et agit comme des enfants. Dans quelques annĂ©es, les enfants demanderont du cannabis rĂ©crĂ©atif Ă  leurs parents
 pour la rĂ©crĂ©ation. Ça sera sur la liste des courses.

Si la lĂ©galisation se fait, elle va ĂȘtre belle la sociĂ©tĂ© de demain !

Source

DĂ©pendance Ă  l’alcool : « Si on s’en rend compte tĂŽt, on peut s’en sortir jeune et avoir une vie devant soi Â»

MA TÊTE ET MOI Outre les risques Ă  court terme, le fait de boire rĂ©guliĂšrement Ă  un jeune Ăąge peut sensibiliser le cerveau et crĂ©er une dĂ©pendance des annĂ©es plus tard

PubliĂ© le 14/05/21 Ă  14h04 â€” 

: La dĂ©pendance Ă  l’alcool existe aussi chez les jeunes — 20 Minutes

  • « Ma tĂȘte et moi Â», c’est le programme mensuel de 20 Minutes, consacrĂ© Ă  la santĂ© mentale des jeunes. Le but de ce rendez-vous : comprendre certaines pathologies mentales grĂące aux tĂ©moignages de jeunes concernĂ©s et tenter de trouver des solutions pour aller mieux.
  • Dans ce cinquiĂšme numĂ©ro, on parle d’alcool chez les jeunes et de l’intĂ©rĂȘt Ă  questionner sa consommation.
  • « Les repĂšres et signaux pour voir si on est sur la route de la dĂ©pendance sont simples Â», explique l’addictologue Philippe Batel.

Marion, 18 ans, se souvient de la dent qu’elle a perdue lors d’une soirĂ©e. Maria*, 23 ans, de ses multiples rĂ©veils Ă  l’hĂŽpital dus Ă  des comas Ă©thyliques. Emilie, 25 ans, ne se souvient de rien. Ces trois jeunes femmes ne se considĂšrent pas comme dĂ©pendantes Ă  l’alcool. Pourtant, aprĂšs ces Ă©vĂ©nements, elles ont toutes recommencĂ© Ă  boire avec excĂšs. « Avant, l’ivresse c’était un accident. Aujourd’hui, c’est une expĂ©rience neurobiologique et sensationnelle que les jeunes recherchent Â», analyse l’addictologue Philippe Batel.

ApĂ©ro aprĂšs les cours, prĂ©chauffe, OB (soirĂ©e open bar) : de nombreux moments de la vie Ă©tudiante tournent autour de l’alcool. Si les moins de 25 ans qui boivent rĂ©guliĂšrement sont moins nombreux qu’avant, davantage de jeunes expĂ©rimentent des alcoolisations ponctuelles importantes (API). Cette consommation, parfois vue comme un rite de jeunesse qui disparaĂźtra une fois la personne entrĂ©e dans la vie active, n’est pas sans consĂ©quence. Les cas de dĂ©pendance prĂ©coce existent et surtout, une consommation rĂ©guliĂšre et excessive jeune peut sensibiliser le cerveau Ă  une addiction qui ressortira des annĂ©es plus tard.

Une consommation Ă  risques

« J’aime boire jusqu’à me sentir complĂštement ailleurs, jusqu’à n’ĂȘtre plus vraiment maĂźtresse de mon corps Â», confie Emilie, 25 ans. La jeune fille fait rĂ©guliĂšrement des comas Ă©thyliques mais ne se considĂšre pas comme dĂ©pendante car elle dit pouvoir « passer plusieurs jours sans toucher Ă  une goutte d’alcool Â».

MĂȘme regard pour Marion, 18 ans, qui oublie souvent une partie de sa soirĂ©e Ă  cause de la boisson mais sait qu’elle « a passĂ© un bon moment Â». Il y a peu de temps, elle y a laissĂ© quelques morceaux de dents. « Vu le nombre de fois oĂč je fais des soirĂ©es, ce n’est pas grand-chose Â», se rassure la jeune fille. Les consĂ©quences pourraient effectivement ĂȘtre bien pires. Accidents de la route, noyades ou agressions sexuelles sont autant de drames auxquels buveurs et buveuses s’exposent. Pour rappel, l’alcool est responsable d’un dĂ©cĂšs sur quatre chez les jeunes.

Un besoin d’augmenter la dose

La consommation Ă  risque n’est donc pas Ă  prendre Ă  la lĂ©gĂšre. Toutefois, elle n’est pas synonyme d’addiction. « Les repĂšres et signaux pour voir si on est sur la route de la dĂ©pendance sont simples Â», rappelle Philippe Batel. « Quand il faut augmenter la dose de produit pour ressentir le mĂȘme effet, on a ce que l’on appelle une tolĂ©rance physique. Â»

Cette tolĂ©rance, Mathieu, 23 ans, la connaĂźt. Depuis le lycĂ©e, il boit tous les week-ends avec ses potes. Progressivement, il a augmentĂ© sa consommation. Jusqu’à arriver Ă  un litre de whisky par soirĂ©e. « Les seuls effets que j’avais c’était un peu d’étourdissements et de la fatigue. C’est Ă  ce moment-lĂ  que j’ai compris qu’il fallait absolument que j’arrĂȘte. Â»

Ne pas savoir s’arrĂȘter

Pour Baptiste, ancien alcoolodĂ©pendant de 30 ans, l’addiction n’est pas une question de frĂ©quence ou de quantitĂ©. « Ă‡a m’arrivait de ne pas boire pendant trois jours, mais Ă  chaque fois que je commençais Ă  boire, je n’arrivais pas Ă  m’arrĂȘter. Â»

Ce besoin irrĂ©pressible de continuer Ă  s’alcooliser s’explique scientifiquement. « Quand les API sont rĂ©pĂ©tĂ©es, Ă  long terme, elles vont sensibiliser le systĂšme limbique, la zone du cerveau qui va gĂ©rer le sentiment de satiĂ©tĂ© Â», explique l’addictologue. Quand une personne a soif et qu’elle boit, elle n’a normalement plus soif. Mais chez les personnes sensibilisĂ©es, « la satiĂ©tĂ© va ĂȘtre stimulĂ©e puis peu Ă  peu se perdre et elles vont boire jusqu’à tomber. Â»

Ne plus pouvoir s’en passer

« Il y a aussi une dĂ©pendance psychologique et comportementale Â», poursuit Philippe Batel. « Des zones dans lesquelles on cherche immĂ©diatement l’alcool. Â» La boisson, Baptiste la cherchait partout. « J’alternais entre mes groupes de potes pour avoir tous les soirs des gens avec qui picoler, Â» confie l’auteur du livre D’avoir trop trinquĂ© ma vie s’est arrĂȘtĂ©e. Au lycĂ©e, Maria, qui a dĂ©sormais 23 ans, pouvait boire en journĂ©e dans des parcs avec ses copines. Ella a longtemps considĂ©rĂ© l’alcool comme « un petit mĂ©doc bien cool Â». « Quand je suis en soirĂ©e, je bois. Quand j’ai un problĂšme, je vois une copine et je bois. Quand je m’ennuie, je rejoins une pote et je bois. Â»

« Le fait de se dire “Je ne peux absolument pas me pointer en boĂźte si je ne me suis pas chargĂ© auparavant” est rĂ©vĂ©lateur Â», considĂšre l’addictologue. Une phrase que Julien* se disait avant chaque soirĂ©e. Et des soirĂ©es, il en faisait rĂ©guliĂšrement. L’étudiant en Droit a pris conscience de sa dĂ©pendance il y a quelques semaines. « Depuis le dĂ©but de la crise sanitaire, je commençais Ă  boire seul chez moi, juste pour dĂ©compresser. Â» Depuis, il essaie d’arrĂȘter mais a peur de craquer car « la tentation est trĂšs forte, surtout en soirĂ©e Ă©tudiante. Â» 77 % des jeunes boivent avant d’aller en soirĂ©e, selon une enquĂȘte rĂ©alisĂ©e par la FĂ©dĂ©ration des associations gĂ©nĂ©rales Ă©tudiantes (Fage) en 2014. Mais ils ne sont pas pour autant tous dĂ©pendants. Ce qui compte, c’est de pouvoir s’en passer.

Le « syndrome des grandes Ă©coles Â»

« Un bon moyen de rĂ©pondre Ă  la question “oĂč j’en suis ?”, c’est de faire un test d’abstinence, comme le dry january Â», explique Philippe Batel. Ces pĂ©riodes de test permettent de se rendre compte de sa dĂ©pendance. Si les cas d’addictions restent rares chez les jeunes, selon l’addictologue, les alcoolisations massives et rĂ©guliĂšres jeune augmentent considĂ©rablement le risque d’ĂȘtre dĂ©pendant plus tard. « Quand les API sont rĂ©pĂ©tĂ©es, Ă  long terme, elles vont sensibiliser le systĂšme limbique, qui est Ă  la recherche du plaisir, une rĂ©compense cĂ©rĂ©brale. Quand cette sensibilisation se fait sur un cerveau en train de se former, avant 25 ans, elle peut ressortir beaucoup plus tard, Ă  l’occasion d’un stress et cela peut dĂ©velopper une addiction. Â»

Les addictologues parlent du « syndrome des grandes Ă©coles Â», en faisant rĂ©fĂ©rence aux jeunes d’écoles rĂ©putĂ©es du supĂ©rieur qui enchaĂźnent les OB (open bar) dĂšs le jeudi soir. « Ils sont particuliĂšrement Ă  risque car ils vont avoir un stress professionnel extrĂȘmement important dans les annĂ©es qui viennent. Ils pourront, Ă  35, 40 ans, quand ils seront au sommet de leur carriĂšre, dĂ©velopper une addiction. Â»

L’addiction à l’alcool jeune existe

« Il faut donc s’inquiĂ©ter de sa consommation bien avant de se rendre compte qu’on est dĂ©pendant Â», insiste le psychiatre. « L’alcool n’abĂźme pas seulement un cerveau qui est en train de se construire, mais aussi une vie qui est en train de se construire. On diminue considĂ©rablement ses capacitĂ©s Ă  apprendre et donc on a une intĂ©gration dans la vie sociale qui est moins bonne. Â»

Baptiste, qui a Ă©tĂ© dĂ©scolarisĂ© Ă  21 ans en raison de son addiction, l’atteste. « Avancer dans la vie m’était devenu impossible. J’étais bloquĂ© dans un unique but : boire davantage. Â» Aujourd’hui abstinent, il aide des personnes souffrant d’addictions Ă  l’hĂŽpital Bichat, Ă  Paris. « Je veux transmettre ce message que l’alcoolisme jeune existe. Mais si on s’en rend compte jeune, on peut s’en sortir jeune et avoir une vie devant soi. Â»

Alcool, tabac, drogue : le top des professions qui en consomment le plus

La consommation d’alcool, de tabac ou de drogue varie selon les milieux professionnels, d’aprĂšs le dernier baromĂštre de SantĂ© publique France. On vous dĂ©voile la liste des corps de mĂ©tiers oĂč la consommation de ces substances est la plus Ă©levĂ©e.

Le 4 mai, SantĂ© publique France a publiĂ© son dernier baromĂštre portant sur la consommation de substances psychoactives en milieu professionnel. Cette nouvelle enquĂȘte a analysĂ© les donnĂ©es de 25.000 adultes ĂągĂ©s de 18 Ă  75 ans. Ces derniers ont Ă©tĂ© interrogĂ©s en 2017 sur leur consommation de drogues licites et illicites.

D’aprĂšs les rĂ©sultats de SantĂ© publique France, la prise d’alcool, de tabac ou de cannabis varie selon les activitĂ©s professionnelles. « Nos rĂ©sultats rĂ©vĂšlent des disparitĂ©s entre secteurs d’activitĂ©, mettant ainsi en lumiĂšre les risques accrus au sein de certains secteurs en vue d’une Ă©ventuelle prĂ©vention ciblĂ©e », a soulignĂ© ViĂȘt Nguyen-Than, responsable de l’unitĂ© addictions Ă  la Direction de la prĂ©vention et de la promotion de la santĂ© de SantĂ© publique France, Ă  nos confrĂšres de Top SantĂ©.

Tabac : quelles sont les professions en consomment le plus ?

La consommation de tabac est par exemple plus Ă©levĂ©e chez les hommes travaillant dans les secteurs de la construction, de l’hĂ©bergement, de la restauration et de l’immobilier. Les femmes occupant des emplois dans la restauration et l’hĂ©bergement consomment Ă©galement plus de tabac que la moyenne. « L’analyse selon les catĂ©gories socioprofessionnelles montre que, chez les hommes comme chez les femmes, la proportion de fumeurs quotidiens est moins Ă©levĂ©e parmi les cadres et professions intellectuelles supĂ©rieures et plus Ă©levĂ©e parmi les ouvriers », ont soulignĂ© les chercheurs.

Quels sont les secteurs qui consomment le plus d’alcool ?

Dans leur recherche, les scientifiques ont indiquĂ© que « parmi les personnes en emploi, 11,7 % des hommes et 9,1 % des femmes dĂ©clarent que la consommation d’alcool au travail fait partie de la culture de leur milieu professionnel« . Ces proportions sont plus importantes dans les milieux de l’agriculture, de la sylviculture, de la pĂȘche, de la construction, de l’hĂ©bergement et de la restauration. Les activitĂ©s professionnelles liĂ©es aux arts, aux spectacles et aux activitĂ©s rĂ©crĂ©atives ont Ă©galement une consommation importante d’alcool. Ces donnĂ©es concernent aussi bien les hommes que les femmes.

Les chercheurs ont constatĂ© que les professionnels travaillant dans l’enseignement, la santĂ© humaine et l’action sociale ont une consommation d’alcool moins Ă©levĂ©e que la moyenne. « La majoritĂ© des personnes en emploi ont affirmĂ© ne jamais consommer d’alcool au dĂ©jeuner les jours de travail », ont prĂ©cisĂ© les auteurs de l’enquĂȘte, avant d’ajouter que « respectivement 22,3 % des hommes et 6,8 % des femmes en consomment au moins une fois par mois. »

Cannabis : quelles sont les professions les plus concernées ?

En 2017, 44,8 % des Français ĂągĂ©s de 18 Ă  64 ans ont dĂ©clarĂ© avoir dĂ©jĂ  consommĂ© du cannabis selon l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT). Dans son dernier rapport, SantĂ© publique France a observĂ© que la proportion d’expĂ©rimentateurs masculins de cannabis est plus importante dans les milieux de l‘hĂ©bergement, de la restauration, des arts, du spectacle et des activitĂ©s rĂ©crĂ©atives. « Parmi les femmes en emploi, la proportion d’expĂ©rimentatrices de cannabis est supĂ©rieure Ă  la moyenne dans les secteurs de l’information et communication, des activitĂ©s spĂ©cialisĂ©es, scientifiques et techniques, des arts, des spectacles ainsi que des activitĂ©s rĂ©crĂ©atives », ont complĂ©tĂ© les chercheurs.

Alcool, tabac, drogue : des disparités selon les métiers

« Cette Ă©tude met en Ă©vidence des disparitĂ©s d’usages de substances psychoactives parmi les actifs occupĂ©s et quelques tendances sont observĂ©es. Les diffĂ©rents indicateurs suggĂšrent des niveaux d’usage plus Ă©levĂ©s que la moyenne dans le secteur de l’hĂ©bergement et restauration pour pratiquement tous les produits (hors alcool quotidien), chez les hommes comme chez les femmes », peut-on lire dans le document de SantĂ© publique France.

Selon les produits, certains secteurs d’activitĂ©s ont cependant des niveaux de consommation infĂ©rieurs Ă  la moyenne. C’est notamment le cas de l’administration publique, des activitĂ©s scientifiques et techniques ainsi que de l’enseignement avec la consommation de tabac.

Source

Le cannabis rĂ©crĂ©atif met la Macronie en pĂ©tard

Alors que des Marcheurs envisagent la lĂ©galisation du cannabis rĂ©crĂ©atif, l’exĂ©cutif se montre rĂ©ticent et la division gagne le gouvernement.

Un manifestant pro-légalisation en 2018 brandissant une banderole
Un manifestant pro-lĂ©galisation en 2018 brandissant une banderole « Macron paye ton joint »

POLITIQUE – Si GĂ©rald Darmanin estime que le cannabis â€œc’est de la merde”, la politique française en la matiĂšre relĂšve clairement de l’échec. MalgrĂ© une lĂ©gislation rĂ©pressive, la France demeure le pays oĂč la consommation est la plus Ă©levĂ©e d’Europe et oĂč les dĂ©gĂąts causĂ©s par les trafics ne cessent de s’aggraver. Sans compter le fait que les substances consommĂ©es Ă©chappent Ă  tout contrĂŽle, avec tous les risques sanitaires que cet angle mort comprend.  

Partant de ce constat, une mission d’information sur “la rĂ©glementation et impact des diffĂ©rents usages du cannabis” a Ă©tĂ© lancĂ©e Ă  l’AssemblĂ©e nationale en novembre dernier. PrĂ©sidĂ©e par le dĂ©putĂ© LR Robin Reda et rĂ©unissant des Ă©lus de sensibilitĂ©s diffĂ©rentes, celle-ci rend son rapport ce mercredi 5 mai. Parmi ses membres, plusieurs dĂ©putĂ©s LREM penchent clairement pour la lĂ©galisation. À l’image des Ă©lus macronistes Jean-Baptiste Moreau, Ludovic Mendes ou encore Caroline Janvier. Rapporteure du volet “rĂ©crĂ©atif” de cette mission, cette derniĂšre, dĂ©putĂ©e du Loiret, se dit mĂȘme “convaincue” que la substance sera, un jour ou l’autre, lĂ©gale en France.  

N’y cherchez pas une forme de fracture Ambroise MĂ©jean, dĂ©lĂ©guĂ© gĂ©nĂ©ral des « Jeunes avec Macron »

Elle n’est pas la seule au sein du parti prĂ©sidentiel Ă  pencher du cĂŽtĂ© de la lĂ©galisation. Dimanche 25 avril, les Jeunes avec Macron ont publiĂ© dans le JDD une tribune en faveur d’une autorisation encadrĂ©e du cannabis… le jour oĂč le ministre de l’IntĂ©rieur dĂ©clarait la guerre Ă  cette substance dans ce mĂȘme journal.

“Il ne faut pas croire qu’on fait un coup politique, on travaille sur le sujet depuis plus d’un an. Je partage sa vision de la sĂ©curitĂ©, n’y cherchez pas une forme de fracture”, dĂ©mine auprĂšs du HuffPost le patron des “JAM” Ambroise MĂ©jean, qui jure que “la seule finalitĂ© de cette prise de position, c’est de montrer qu’il y a un dĂ©bat dans la majoritĂ©â€. Pourtant, le discoursrĂ©solument anti-fumette martelĂ© par GĂ©rald Darmanin vient jeter le trouble dans une famille politique qui vante une approche progressiste des questions sociĂ©tales. D’autant que le chef de l’État lui-mĂȘme semblerevenir sur ses orientations de 2017 Ă  ce sujet. 

“L’ADN d’En Marche!”

“Je vois des positions diverses, ça ne me choque pas que sur les questions de sociĂ©tĂ© on puisse avoir diffĂ©rentes sensibilitĂ©s qui s’expriment, comme pour la fin de vie”, tempĂšre au HuffPost le patron de LREM Stanislas GuĂ©rini. Or, plus que des positions diverses, ce sont carrĂ©ment des contradictions qui s’expriment. Ainsi, quand le ministre de l’IntĂ©rieur entend “lutter contre le soft-power des pro-lĂ©galisation menĂ© sur certaines plateformes Internet”, on trouve sur la plateforme d’idĂ©es lancĂ©e par LREM unerĂ©solution appelant justement Ă  “lĂ©galiser le cannabis”. 

Pour le dĂ©putĂ© LREM Sacha HouliĂ© (ex-patron des “JAM”), “il est temps de mettre fin Ă  cette forme d’hypocrisie” qui entoure la consommation de cannabis. D’autant que pour l’élu de la Vienne, “la dimension progressiste et libĂ©rale” du parti prĂ©sidentiel impose de faire Ă©voluer la lĂ©gislation.

C’est Ă©galement ce que pense Caroline Janvier. “Le fait d’aborder les sujets de façon pragmatique, et non idĂ©ologique, en dehors des ‘prĂȘts-Ă -penser’, c’est justement dans l’ADN d’En Marche! On a beaucoup reprochĂ© ce travers Ă  la droite et Ă  la gauche avant que nous arrivions aux responsabilitĂ©s. Et c’est justement Ă  cause de ces postures idĂ©ologiques que l’on s’est longtemps trompĂ© de dĂ©bat. En entretenant une confusion entre lĂ©galisation et promotion. Or, ce n’est pas le sujet. L’idĂ©e, c’est de mieux contrĂŽler et protĂ©ger les mineurs. L’enjeu est purement sanitaire”, dĂ©taille l’élue du Loiret.    

“J’ai un avis que je vais garder pour moi…”

Au sein du gouvernement, le sujet divise. Mais pas au point d’aller au clash avec l’omniprĂ©sent GĂ©rald Darmanin. Plusieurs ministres favorables Ă  une â€Ă©volution de la lĂ©gislation” prĂ©fĂšrent ne pas s’épancher sur un sujet jugĂ© “un peu trop touchy” et font promettre de ne rien en dire. MĂȘme dans la majoritĂ©, certains prĂ©fĂšrent l’esquive pour ne pas se retrouver dans l’embarras. “J’ai un avis que je vais garder pour moi”, sourit une cadre du groupe macroniste, pourtant connue pour porter haut ses convictions. Quoi qu’il en soit, la remise du rapport ce 5 mai marquera forcĂ©ment une nouvelle Ă©tape dans l’apprĂ©hension de cette question en France. 

“La question que l’on doit se poser, c’est: veut-on faire partie des pays progressistes, comme les États-Unis ou le Canada, qui avancent sur cette question, ou veut-on rejoindre le camp de la Russie et de la Chine qui ont une position trĂšs rĂ©actionnaire sur le sujet?”, interroge Caroline Janvier. Chez GĂ©rald Darmanin en tout cas, c’est pour l’instant la deuxiĂšme option qui domine. SĂ»rement pas en ces termes. 

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