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octobre 2021

Mon enfant se drogue : comment l’aider à se libérer de son addiction ?

Sur les jeunes, le fléau de la drogue peut être encore plus dévastateur. Comment faire quand cela arrive à notre enfant ? Comment l’aider ?

Frédérique Le Teurnier reçoit Roselyne Febvre, une journaliste qui raconte la descente aux enfers de son fils dans un livre.

Un sachet de drogue caché dans la proche d'un jean
Un sachet de drogue caché dans la proche d’un jean © Getty

Les battements de cœur du colibri, c’est le titre du livre de Roselyne Febvre publié aux éditions du Rocher. Elle est journaliste et cheffe du service politique de France 24. Elle est aussi la maman d’Arthur, 26 ans et toxicomane. 

Dans son ouvrage, elle raconte la terrible descente aux enfers de son fils à cause de son addiction. Elle revient sur la spirale infernale dans laquelle il a sombré en évoquant ses accès de folie, son passage au commissariat, son séjour à l’hôpital psychiatrique et son sevrage difficile. 

Dans C’est déjà demain, cette maman partage son expérience pour aider les milliers de parents qui traversent la même épreuve avec leur enfant. 

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Le poids de la culpabilité

« Quelle est ma part de responsabilité dans tout cela ? » est la première question que l’on se pose lorsque l’on découvre que son enfant prend de la drogue. Pour Roselyne Febvre, si chaque parent est responsable de son enfant, il ne peut pas être coupable de tout ce qui lui arrive. Il faut accepter de ne pas être un parent parfait. 

Il n’y a pas assez de suivi derrière (une hospitalisation), et pour les parents non plus. Le jour où il va prendre plus d’indépendance et qu’il va recommencer à sortir, ça va être l’angoisse – Catherine

Elle explique que le plus grand cadeau qu’on peut faire à son enfant quand on se rend compte qu’il va mal, c’est de s’occuper d’abord de soi-même. Aller voir un psychologue permet de se confier et d’être guidé en tant que parent. 

De nombreuses psychothérapies sont efficaces. Elles sont utiles pour mettre des stratégies en place pour opérer délicatement sans braquer son enfant. Dire à un jeune « ce n’est pas bien, tu ne devrais pas fumer » ne fonctionne pas. Il faut être plus subtil. 

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Comprendre le trouble de l’usage de l’alcool

* Le National Institute on Alcohol Abuse and Alcoholism (NIAAA) définit le « binge drinking » (alcoolisation ponctuelle importante) comme un mode de consommation d’alcool qui amène la concentration d’alcool dans le sang (CAB) à 0,08 %, soit 0,08 gramme d’alcool par décilitre, ou plus.

Pour un adulte typique, il correspond à la consommation de cinq verres ou plus pour les hommes ou de quatre verres ou plus pour les femmes, sur une durée d’environ 2 heures. **

Le NIAAA définit la consommation excessive d’alcool comme la consommation de plus de quatre verres par jour pour les hommes ou de plus de trois verres pour les femmes. Le trouble de l’usage de l’alcool (TUA) est une affection médicale caractérisée par une altération de la capacité à arrêter ou à contrôler la consommation d’alcool malgré des conséquences négatives sur le plan social, professionnel ou sur la santé. Ce terme englobe les affections que certaines personnes désignent comme l’abus d’alcool, la dépendance à l’alcool, l’addiction à l’alcool et le terme courant, l’alcoolisme.

Considéré comme une affection cérébrale, le TUA peut être léger, modéré ou sévère. Les changements durables dans le cerveau causés par l’abus d’alcool contribuent à maintenir le TUA et rendent les individus vulnérables aux rechutes. La bonne nouvelle est que quelle que soit la gravité du problème, un traitement fondé sur des preuves avec des thérapies comportementales, des groupes d’entraide et/ou des médicaments peuvent aider les personnes souffrant de TUA à obtenir et à maintenir leur rétablissement.

Selon une enquête nationale, 14,1 millions d’adultes âgés de 18 ans et plus1 (5,6 pour cent de ce groupe d’âge2 ) ont eu un TUA en 2019. Parmi les jeunes, on estime que 414 000 adolescents âgés de 12 à 17ans1 (1,7 pour cent de ce groupe d’âge2 ) ont présenté un TUA pendant cette période.

Qu’est-ce qui augmente le risque de TUA ? Le risque qu’une personne développe un TUA dépend en partie de la quantité, de la fréquence et de la vitesse à laquelle elle consomme de l’alcool.

L’abus d’alcool, ce qui comprend le binge drinking* et la consommation excessive d’alcool, augmente avec le temps le risque de TUA. D’autres facteurs augmentent également le risque de TUA, par exemple : **

• Boire à un âge précoce. Une récente enquête nationale a révélé que parmi les personnes âgées de 26 ans et plus, celles qui ont commencé à boire avant l’âge de 15 ans étaient plus de 5 fois plus susceptibles de rapporter avoir eu un TUA au cours de l’année passée que celles qui ont attendu jusqu’à l’âge de 21 ans ou plus pour commencer à boire. Le risque pour les femmes de ce groupe est plus élevé que pour les hommes.

• Antécédents génétiques et familiaux de problèmes liés à l’alcool. La génétique joue un rôle, avec une héritabilité d’environ 60 pour cent ; cependant, comme d’autres maladies chroniques, le risque de TUA est influencé par l’interaction entre les gènes d’une personne et son environnement. Les habitudes de consommation d’alcool des parents peuvent également influencer la probabilité qu’un enfant développe un TUA un jour.

SPECTRE DU TROUBLE DE L’USAGE DE L’ALCOOL MODÉRÉ LÉGER SÉVÈRE

Le trouble de l’usage de l’alcool (TUA) est une affection médicale caractérisée par une altération de la capacité à arrêter ou à contrôler la consommation d’alcool malgré des conséquences négatives sur le plan social, professionnel ou sur la santé. Considéré comme une affection cérébrale, le TUA peut être léger, modéré ou sévère. Comprendre le trouble de l’usage de l’alcool • Affections mentales et antécédents de traumatisme.

Un large éventail d’affections psychiatriques, y compris la dépression, le trouble de stress post-traumatique et le trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité, sont des comorbidités du TUA et sont associées à un risque accru de TUA. Les personnes qui ont des antécédents de traumatismes infantiles sont également vulnérables au TUA. Quels sont les symptômes du TUA ? Les professionnels de santé utilisent les critères du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, cinquième édition (DSM-5) pour évaluer si une personne présente un TUA et pour en déterminer sa sévérité, le cas échéant. La sévérité est basée sur le nombre de critères qu’une personne satisfait en fonction de ses symptômes : léger (2 à 3 critères), modéré (4 à 5 critères) ou sévère (6 critères ou plus). Un professionnel de santé pourrait poser les questions suivantes pour évaluer les symptômes d’une personne.

Au cours de l’année passée :

• Avez-vous eu des moments où vous avez fini par boire plus, ou plus longtemps, que prévu ?

• Avez-vous, à plusieurs reprises, voulu réduire ou arrêter de boire, ou avez-vous essayé, mais sans succès ?

• Avez-vous passé beaucoup de temps à boire ? Ou à être malade ou à vous remettre d’autres effets secondaires ?

• Avez-vous eu tellement envie d’un verre que vous ne pouviez penser à rien d’autre ?

• Avez-vous constaté que la consommation d’alcool, ou le fait d’être malade à cause de la consommation d’alcool, interférait souvent avec le fait de prendre soin de votre foyer ou de votre famille ? Ou était source de problèmes professionnels ? Ou de problèmes scolaires ?

• Avez-vous continué à boire même si cela causait des problèmes avec votre famille ou vos amis ?

• Avez-vous abandonné ou réduit des activités qui étaient importantes ou intéressantes pour vous, ou qui vous donnaient du plaisir, afin de boire ?

• Plus d’une fois vous êtes-vous retrouvé(e) dans des situations pendant ou après avoir bu qui ont augmenté vos chances de vous blesser (comme conduire, nager, utiliser des machines, marcher dans une zone dangereuse ou avoir des rapports sexuels non protégés) ?

• Vous avez continué à boire même si cela vous faisait vous sentir déprimé(e) ou anxieux(-se) ou aggravait un autre problème de santé ? Ou après avoir eu un blackout ?

• Avez-vous dû boire beaucoup plus qu’auparavant pour obtenir l’effet désiré ? Ou trouvé que votre nombre habituel de verres avait beaucoup moins d’effet qu’auparavant ?

• Avez-vous constaté que lorsque les effets de l’alcool s’épuisaient, vous présentiez des symptômes de sevrage, tels que des troubles du sommeil, des tremblements, une agitation, des nausées, des sueurs, une accélération du rythme cardiaque ou des convulsions ? Ou senti des choses qui n’étaient pas là ?

Chacun de ces symptômes peut être source d’inquiétude.

Plus les symptômes sont nombreux, plus le besoin de changement est urgent. Quels sont les types de traitement du TUA ? Plusieurs approches de traitement fondées sur des preuves sont disponibles pour le TUA. Une solution unique ne convient pas à tout le monde et une approche thérapeutique qui peut fonctionner pour une personne peut ne pas fonctionner pour une autre. Le traitement peut être ambulatoire et/ou hospitalier et être assuré par des programmes spécialisés, des thérapeutes et des médecins.

Médicaments Trois médicaments sont actuellement approuvés par la Food and Drug Administration des États-Unis pour aider les personnes à arrêter ou réduire leur consommation d’alcool et prévenir les rechutes : la naltrexone (par voie orale et injectable à longue durée d’action), l’acamprosate et le disulfirame.

Tous ces médicaments sont non addictifs et peuvent être utilisés seuls ou associés à des thérapies comportementales ou à des groupes d’entraide. Thérapies comportementales Les thérapies comportementales, également appelées psychothérapie de l’alcoolisme ou « thérapie par la parole », fournies par des thérapeutes agréés, visent à modifier le comportement de l’alcool.

Les exemples de thérapies comportementales sont les interventions brèves et les approches de renforcement, les traitements qui renforcent la motivation et enseignent les compétences pour faire face aux rechutes et les prévenir, et les thérapies basées sur la pleine conscience. Groupes d’entraide Les groupes d’entraide fournissent un soutien par les pairs pour arrêter ou réduire la consommation d’alcool.

Les réunions de groupe sont disponibles dans la plupart des communautés, à peu de frais ou gratuitement, à des heures et des endroits pratiques – y compris une présence croissante en ligne. Cela signifie qu’ils peuvent être particulièrement utiles aux personnes qui risquent de rechuter. Les groupes d’entraide, associés aux médicaments et à la thérapie comportementale fournis par les professionnels de santé, peuvent offrir un soutien supplémentaire précieux.

Veuillez noter : Les personnes atteintes d’un TUA sévère peuvent avoir besoin d’une aide médicale pour éviter le sevrage alcoolique si elles décident d’arrêter de boire. Le sevrage alcoolique est un processus potentiellement mortel qui peut survenir lorsqu’une personne qui a beaucoup bu pendant une période prolongée arrête soudainement de boire.

Les médecins peuvent prescrire des médicaments pour traiter ces symptômes et rendre le processus plus sûr et moins pénible. Les personnes souffrant d’un TUA peuvent-elles s’en remettre ? De nombreuses personnes atteintes de TUA se rétablissent, mais les revers sont fréquents chez les personnes sous traitement. Le recours précoce à l’aide d’un professionnel peut prévenir une rechute dans la consommation d’alcool.

Les thérapies comportementales peuvent aider les personnes à développer des compétences pour éviter et surmonter les facteurs déclenchants, comme le stress, qui peuvent conduire à la consommation d’alcool. Les médicaments peuvent également aider à dissuader la consommation d’alcool pendant les périodes où les personnes peuvent présenter un risque accru de rechute (par ex., divorce, décès d’un membre de la famille).

Besoin d’aide ? Si vous êtes préoccupé(e) par votre consommation d’alcool et que vous souhaitez savoir si vous pourriez présenter un TUA, veuillez consulter le site Internet

Repenser la consommation d’alcool.

Pour en savoir plus sur les options de traitement de l’alcoolisme et rechercher des soins de qualité près de chez vous, veuillez consulter le NIAAA Alcohol Treatment Navigator. National Institute on Alcohol Abuse and Alcoholism NIH . . . Turning Discovery Into Health® National Institute on Alcohol Abuse and Alcoholism https://www.niaaa.nih.gov • 301-443-3860 Mai 2021

Pour plus d’informations sur l’alcool et votre santé, veuillez consulter : https://niaaa.nih.gov 1 Substance Abuse and Mental Health Services Administration (SAMHSA), Center for Behavioral Health Statistics and Quality. 2019 National Survey on Drug Use and Health. Table 5.4A—Alcohol Use Disorder in Past Year Among Persons Aged 12 or Older, by Age Group and Demographic Characteristics: Numbers in Thousands, 2018 and 2019.

https://www.samhsa.gov/data/sites/default/files/reports/rpt29394/NSDUHDetailedTabs2019/NSDUHDetTabsSect5pe2019.htm?s=5.4&#tab5-4a. Accessed November 6, 2020. 2 SAMHSA, Center for Behavioral Health Statistics and Quality. 2019 National Survey on Drug Use and Health. Table 5.4B—Alcohol Use Disorder in Past Year Among Persons Aged 12 or Older, by Age Group and Demographic Characteristics: Percentages, 2018 and 2019.

https://www.samhsa.gov/data/sites/default/files/reports/rpt29394/NSDUHDetailedTabs2019/NSDUHDetTabsSect5pe2019.htm?s=5.4&#tab5-4b. Accessed November 6, 2020.

Alcoolisme : d’anciens buveurs au chevet des patients

Le recours à l’appui d’anciens malades qui ont connu l’addiction fait partie des méthodes les plus efficaces pour aider à sortir de la dépendance à l’alcool.

D'ex-buveurs qui aident ceux qui veulent arrêter l'alcool, c'est le modèle du parrainage créé aux Etats-Unis par les Alcooliques anonymes et leurs groupes de parole, et repris dans de nombreux pays. BSIP via AFP/B. Boissonnet
D’ex-buveurs qui aident ceux qui veulent arrêter l’alcool, c’est le modèle du parrainage créé aux Etats-Unis par les Alcooliques anonymes et leurs groupes de parole, et repris dans de nombreux pays.
BSIP via AFP/B. Boissonnet

Comment rester abstinent dans un monde qui ne l’est pas, lorsque l’on est fragile vis-à-vis de l’alcool ? Les associations d’usagers représentent une aide au maintien de l’abstinence, grâce à d’anciens dépendants qui s’en sont sortis. France Patients Experts Addictions, présidée par Sandra Pinel, forme ainsi d’anciens patients devenus experts en addiction pour accompagner des personnes dépendantes, dans des centres de soins, ou des associations.

Toutes les associations d’ex-buveurs font un travail indispensable qu’il s’agisse de la Croix bleue, des Alcooliques anonymes, ou de Vie libre. Ces structures, d’où le jugement est exclu, réalisent un accompagnement par des pairs, clé de la réussite.

« Après avoir intégré un groupe de parole, j’ai réussi à tout arrêter »

« J’ai eu des problèmes de consommation de cannabis et cocaïne pendant mes études d’infirmière, puis j’ai commencé à consommer de l’alcool et des médicaments,raconte Sandra Pinel. À un moment donné, j’ai eu des vomissements intempestifs tous les matins. Le gastro-entérologue à qui j’ai avoué que je buvais trois bières par jour ― c’était beaucoup plus en réalité ― m’a adressé à un psychologue dans un centre de soins. Après avoir intégré un groupe de parole à Vie libre, j’ai réussi à tout arrêter, alcool, cannabis, cocaïne, tabac. Cette expérience m’a incité à créer un groupe Facebook dédié aux addictions, puis j’ai initié France Patients Experts Addictions, que désormais je préside. »

En 2020, une étude américaine publiée dans la « Cochrane Library » a démontré l’importance des associations de patients, à partir d’une enquête évaluant les Alcooliques anonymes (AA). Cette association a été lancée en 1935 à la suite de la rencontre dans l’Ohio de deux Américains qui cherchaient un moyen de rester sobre. Ils ont formé un groupe de soutien, puis défini les douze étapes pour le sevrage, la première étant d’accepter son incapacité à contrôler sa consommation ; la dernière étant d’aider les autres à rester sobres en devenant le parrain d’un nouveau membre.

Ce modèle s’est répandu dans 180 pays. D’autres associations ont vu le jour sur des modèles similaires. Dans cette analyse récente portant sur 10 000 participants, les chercheurs ont conclu que les Alcooliques anonymes étaient au moins aussi efficaces que la psychothérapie pour atteindre et maintenir l’abstinence.

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Le cannabis ne sera finalement pas légalisé au Grand-Duché de Luxembourg

Pas de réorientation de la politique antidrogue par le biais d’une légalisation du cannabis. Le gouvernement rétropédale.

Cette promesse-là, le gouvernement du Grand-Duché de Luxembourg ne pourra pas la tenir. La légalisation du cannabis récréatif, pourtant inscrite dans le programme de la coalition, ne s’opérera pas comme prévu. Il n’y aura pas de coffee shop, pas de vente possible même sous contrôle de l’État.

La ministre de la Santé a annoncé mardi sur les ondes de la radio socioculturelle 100,7 qu’une série d’incompatibilités avec les législations européennes empêchait la légalisation du cannabis au Grand-Duché.

Le pays devait être le premier de l’Union européenne à se risquer dans une telle politique qui consistait à placer la culture et la vente de cannabis sous contrôle de l’État. Finalement, seule la consommation ainsi que la culture dans la sphère privée et dans des quantités limitées seront réglementées. Pas plus de précisions pour l’heure.

C’est une sacrée volte-face du gouvernement et qui surprend du monde, à commencer par déi Lénk qui s’est fendue d’un communiqué dans lequel le parti revendique la poursuite des travaux déjà engagés pour aboutir à la légalisation programmée. Un groupe de travail avait été mis en place pour plancher sur le projet de loi, réunissant sept ministères.

Le gouvernement a décidé, dès cet été, de virer de bord. Plus question de jouer les pionniers en la matière. L’ambition du Grand-Duché avait aussitôt suscité des réactions mitigées dans les pays voisins alors qu’à la Chambre des députés, le Parti chrétien-social s’était ouvertement prononcé contre la légalisation pour des raisons de santé publique.

Le Grand-Duché ne comptait pas suivre le modèle des Pays-Bas qui n’a, au demeurant, jamais légalisé le cannabis. Des coffee shops sont autorisés à en vendre des petites quantités, mais la production est interdite. Les Pays-Bas ont tout de même réagi à ce non-sens en se lançant à titre expérimental dans la culture légale du cannabis, supervisée par l’État.

Deux ans plus tard, après cette phase concluante, le gouvernement de Mark Rutte fait des Pays-Bas le premier pays de l’Union européenne à légaliser la production de cannabis. Le dispositif entrera en vigueur l’année prochaine.

Pendant ce temps, aux Pays-Bas

Le Grand-Duché, de son côté, se dirige vers une politique plus soft qui permettra de cultiver quelques plants à la maison et de consommer chez soi. Ceux qui n’ont ni la place ni la patience, ou ni la main verte, continueront à faire appel aux réseaux qui n’ont pas à s’inquiéter de la concurrence.

Pour déi Lénk, le revirement du gouvernement n’est pas une première dès qu’il s’agit de «projets ambitieux» qui demandent «beaucoup d’engagements et de travail». Il sera «lourd de conséquences», estime la Gauche, en prévenant que les dealers avaient encore de beaux jours devant eux.

Sans parler de la qualité du produit qui échappe à tout contrôle. L’abandon du projet de légalisation du cannabis «est un aveu de faiblesse du gouvernement», insiste la Gauche.

Pour les agriculteurs qui espéraient consacrer quelques hectares à la production de cannabis, c’est une mauvaise nouvelle. Il leur reste encore le cannabis à usage médical, que le gouvernement peine à se procurer à l’étranger, pour les sauver.

En 2017, quand le gouvernement néerlandais a décidé d’expérimenter la production de cannabis d’État, le journal De Volkskrant écrivait qu’il n’y avait que deux réponses possibles à l’échec du système néerlandais concernant les drogues douces: «Soit on interdit la vente de cannabis et on ferme tous les coffee shops, soit on réglemente la culture du cannabis, pour permettre à l’État de contrôler toute la chaîne, de la production jusqu’à la consommation. […] C’est une démarche louable, qui s’impose d’urgence.»

Les Pays-Bas ont décriminalisé la vente de petites quantités de cannabis (moins de cinq grammes) en 1976 et la loi autorise chaque citoyen à cultiver légalement cinq plants de cannabis pour son usage personnel. C’est ce que compte faire le Grand-Duché en 2021?

Le gouvernement devrait préciser son projet en octobre. Celui des Pays-Bas, premier pays européen à produire du cannabis, ne s’est pas fracassé sur les écueils de la législation européenne.

Le cannabis médicinal engendre des maladies cardiovasculaires graves

Source: Université Laval1Le cannabis médical est de plus en plus prescrit aux personnes souffrant de douleurs chroniques, mais son usage ne serait pas sans risque. Une étude qui vient de paraître dans BMC Cardiovascular Disorders associe le cannabis médical à une hausse de 44% du risque de problèmes cardiovasculaires graves.

Arsène Zongo, de la Faculté de pharmacie et du Centre de recherche du CHU de Québec – Université Laval, et six chercheurs de l’Université de l’Alberta et de l’Université de Toronto, ont examiné l’incidence des visites à l’urgence ou des hospitalisations en raison d’infarctus ou d’accident vasculaire cérébral chez 18 653 patients à qui on avait prescrit du cannabis médical. Ils ont fait le même exercice pour un groupe de 51 243 patients comparables sur le plan des caractéristiques sociodémographiques, des habitudes de vie et de certains indicateurs de santé.

Pendant le suivi des sujets – qui a été de 8 mois en moyenne -, l’incidence des événements cardiovasculaires graves a atteint 7,19 par 1000 personnes dans le groupe cannabis et 5,67 par 1000 personnes dans le groupe témoin, soit une augmentation de 44% du risque.

Lorsque tous les événements cardiovasculaires, peu importe leur gravité, ont été considérés dans les analyses, leur incidence était de 28,34 par 1000 dans le groupe cannabis et de 19,0 dans le groupe témoin, soit une hausse de 47% du risque.

L’étude ne permet pas d’établir de lien de cause à effet entre le cannabis médical et les problèmes cardiovasculaires, mais elle appelle à la prudence, commente Arsène Zongo.

Le chercheur rappelle qu’il n’existe pas encore de démonstration scientifique de l’efficacité du cannabis médical pour la grande majorité des conditions pour lesquelles il est prescrit. « Ce sont des considérations juridiques et non des preuves scientifiques qui ont conduit le Canada à légaliser l’usage du cannabis médical en 2001. »

Le profil de sécurité du cannabis médical est encore mal connu, mais il se précise à mesure que son usage croît dans la population. « Considérant le peu de preuves scientifiques démontrant l’efficacité du cannabis médical, il est important que les médecins évaluent bien les bénéfices et les risques avant d’en prescrire à leurs patients, souligne le professeur Zongo. Il serait hasardeux d’en prescrire à des personnes qui ont des problèmes cardiaques connus sans assurer un suivi très serré de ces patients. »

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Des scientifiques espèrent développer un vaccin contre les overdoses d’opioïdes 

93.331 personnes sont décédées d’une overdose en 2020 aux États-Unis.

Cachets d'oxycodone prescrits par un médecin, 18 septembre 2019, Washington,DC. | ERIC BARADAT / AFP
Cachets d’oxycodone prescrits par un médecin, 18 septembre 2019, Washington,DC. | ERIC BARADAT / AFP

Repéré sur NBC News

Erika Edwards, journaliste pour NBC News a pu assister aux premières injections d’un essai de vaccin créé pour empêcher les overdoses d’opioïdes. Cet essai, encadré par Sandra Comer, a lieu à la faculté de médecine du Minnesota.

Tous les participants de l’essai sont addictes aux opioïdes. Ils vont passer dix semaines sous la surveillance de l’équipe de la faculté qui leur administrent des doses d’opioïdes non-mortelles pour observer la réaction du vaccin.

Son principe est assez simple, il force le système immunitaire du patient à développer des anticorps contre une cible donnée, comme pour tous les vaccins. Dans cet essai, c’est l’oxycodone qui est visé.

En revanche, le vaccin ne pourra pas empêcher les sujets de ressentir le manque de drogue. Il pourra seulement protéger les personnes susceptibles de consommer de l’oxycodone d’une overdose et des dommages au cerveau.

Deux autres universités développent également des vaccins ciblant d’autres opioïdes comme le fentanyl. Mais tous les scientifiques s’accordent à dire que pour lutter contre cette crise sanitaire, un vaccin ne suffit pas. Il faut qu’il soit couplé à des traitements pour lutter contre l’addiction elle-même, que ce soit des substituts ou une thérapie.

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Des chiffres édifiants

En 2020, aux États-Unis, 93.331 personnes sont mortes par overdose de drogue dont 70% à cause des opioïdes. En 2019, au moins 1,6 millions de personnes avaient un problème d’addiction sévère aux opioïdes aux Etats-Unis. Certains le sont devenus après une soirée seulement, beaucoup d’autres après une prescription d’anti-douleurs. En 2019, au moins dix millions d’Américains ont consommé des opioïdes en dehors d’un schéma de prescription classique.

En France, selon l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), entre 2000 et 2017, le pays est passé de 15 à 40 hospitalisations pour overdose d’opioïdes par million d’habitants, et le nombre de décès pour overdose a plus que doublé sur la même période.

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Le crack, une drogue au redoutable potentiel addictif

DÉCRYPTAGE – Une fois l’euphorie passée, les effets et les conséquences sont dévastateurs.

Son potentiel addictif surpuissant fait du crack l’une des drogues les plus redoutées qui soient. «Il suffit souvent de quelques prises pour que le consommateur se trouve pris au piège», explique le Dr Jean-Michel Delille, psychiatre à Bordeaux et président de la Fédération addiction. Cette propension à «accrocher» rapidement son utilisateur s’explique par la manière dont sa substance active, la cocaïne, est ingérée. Le crack est inhalé le plus souvent grâce à une petite pipe ; la cocaïne qu’il contient est ainsi absorbée quasi instantanément par l’organisme. L’effet est aussi immédiat qu’intense, mais il est très bref car la quantité absorbée est faible. La montée est violente, la descente est un «crash», selon le DDelille, qui pousse le consommateur vers une autre prise de façon de plus en plus rapprochée.À découvrir

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«Dans un premier temps, l’usager va ressentir un sentiment d’euphorie, de toute-puissance et d’énergie, souligne le psychiatre. Mais cet effet positif s’atténue assez vite quand les prises deviennent répétées en raison du mécanisme de la tolérance. Parallèlement, les symptômes de sevrage deviennent plus intenses. Le consommateur est plongé dans un état très pénible : il se sent épuisé, malheureux, angoissé.» Le malade passe ainsi de la recherche du plaisir au soulagement d’un besoin, et ce dernier devient de plus en plus irrépressible.

La cocaïne ne peut être fumée directement sous sa forme poudreuse, car la combustion dégrade ses propriétés psychoactives. Elle est donc transformée avec une base («basée») comme le bicarbonate de soude ou l’ammoniaque, ce qui la fait passer à l’état de petits cristaux solides : le crack. Cette opération chimique est réalisée par des dealers (appelés «cuisineurs» dans le milieu, indique l’Observatoire français des drogues et de la toxicomanie), qui vendent ensuite le crack, ou «free base», sous forme de petits cailloux blanchâtres ou de «galettes».

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«Dégringolade sociale»

«Les consommateurs ont souvent des trajectoires chaotiques avant même leur rencontre avec le crack, des vies douloureuses, d’exil, de violences ou de maltraitances, et ils cherchent un produit qui les aide à tenir le coup, à faire face à l’adversité du quotidien , à survivre», observe Marie Jauffret-Roustide, sociologue à l’Inserm et spécialiste des politiques de réduction des risques. Mais le crack fait aussi basculer des personnes plus insérées dans une «dégringolade sociale» selon la chercheuse : «Initiés dans un cadre festif, ils sont rapidement amenés à organiser leurs journées autour de la recherche du stupéfiant.»

Dans des entretiens menés par la sociologue avec des usagers, ces derniers évoquent d’ailleurs «le renfermement sur soi»«la perte de contrôle» et «l’obnubilation pour le produit». La cocaïne peut aussi déclencher des troubles psychiatriques qui se manifestent par de l’irascibilité, de la paranoïa, des violences. Elle est aussi à l’origine de crises d’épilepsie et d’accidents vasculaires coronariens ou cérébraux. Quant aux produits utilisés pour couper la poudre blanche, ils sont notamment associés à des risques de troubles cardiaques.

«S’il n’existe pas de traitement spécifique contre l’addiction à la cocaïne, il est heureusement possible de soulager certains symptômes», note le Dr Delille. Les médicaments les plus utilisés sont les régulateurs de l’humeur car ils améliorent le sommeil, réduisent l’angoisse, l’impulsivité, les idées de persécution fréquemment induites par la cocaïne mais aussi les prises de risques, les troubles du comportement et les violences. Des traitements visant à favoriser le sevrage sont actuellement expérimentés, mais «le cœur du traitement reste donc l’accompagnement global, médical, psychologique et social», selon le Dr Delille.

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Dans ce contexte, les salles de consommation à moindre risque peuvent constituer une porte d’entrée vers les soins, selon un rapport rendu par l’Inserm en mai dernier. Ces lieux, où exercent des soignants et des travailleurs sociaux, offrent «l’occasion de recréer un lien de confiance propice à la resocialisation», souligne Marie Jauffret-Roustide. Ils ont par ailleurs des effets positifs en termes de santé individuelle des usagers. L’enquête de l’Inserm montrait que 22% des usagers des salles de shoot étaient des consommateurs de crack.

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