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«Légaliser le cannabis, c’est risquer une catastrophe sanitaire!»

FIGAROVOX/TRIBUNE – Alors que la France est le plus grand pays consommateur de cannabis de l’Union européenne, le professeur de biochimie Jean-Pierre Pujol pointe du doigt les dangers que représenterait la légalisation de cette drogue.


Jean-Pierre Pujol est professeur émérite de biochimie à l’université de Caen. Il est membre du Centre national de Prévention, d’Études et de Recherches sur les Toxicomanies (CNPERT).


Nous assistons actuellement à une pression redoublée des partisans de la légalisation du cannabis qui s’exerce sur tous les médias. Les lobbyistes qui mènent cette campagne à grande échelle sont d’une part des capitalistes avides d’exploiter le marché très prometteur du cannabis (la firme Leviathan Cannabis a vu sa côte à la bourse de Toronto augmenter de 13 900 % en un an!), mais aussi quelques députés qui prétendent que la répression n’a pas donné de résultats dans notre pays et que la légalisation permettrait de mieux contrôler l’usage de cette drogue. Selon eux, cette démarche permettrait également de démanteler le trafic maffieux et de fournir des recettes fiscales qui soutiendraient des campagnes de prévention. S’ajoutent à ces lobbies quelques médecins qui voient en cette drogue des vertus thérapeutiques qui soulageraient entre autres les patients souffrant de douleurs chroniques.

Les dangers du cannabis

La consommation de cannabis conduit souvent vers des drogues plus dures.

Face à cette campagne effrénée, il convient de rappeler ce qu’est le cannabis et quels ravages il provoque sur la santé de nos concitoyens, tout particulièrement chez les adolescents. En effet, la France est malheureusement en tête des vingt-huit États européens pour la consommation de cette drogue (1,6 million de consommateurs). Les enfants de 12 à 15 ans ayant déjà expérimenté cette drogue sont au nombre de 300 000. Chez ces jeunes, dont le cerveau est en cours de maturation, le cannabis produit des effets particulièrement néfastes, souvent irréversibles.

De nombreux troubles physiques et psychiques sont observés, pouvant mener à la schizophrénie. Le mécanisme d’action du cannabis est bien connu: la substance psychotrope, le tétrahydrocannabinol (THC) est très soluble dans les lipides et, de ce fait se fixe aux membranes cellulaires. Il franchit aisément la barrière hémato-encéphalique et s’accumule dans le cerveau. Il y persiste très longtemps: le THC d’un seul joint demeure plus d’une semaine dans cet organe. Son élimination dans les urines dure huit semaines.

Après plusieurs joints, cela peut durer au moins deux mois. Au niveau du cerveau, il provoque de nombreux troubles: perturbation de la mémoire, défocalisation de l’attention, incoordination motrice, désinhinbition conduisant à des prises de risques, potentialisation des effets ébriants ou hallucinogènes, schizophrénie, anxiété et dépression. Les enseignants constatent que les élèves ont des difficultés à ordonner leurs pensées et manquent d’attention pendant les cours. La situation s’est encore aggravée avec l’augmentation constante de la concentration en THC dans les cannabis vendus actuellement: il y a cinquante ans, le joint contenait 2 à 3 % de THC alors qu’aujourd’hui le taux peut atteindre 40 % et devient plus puissant qu’un rail de cocaïne.

Un des dangers du cannabis est que son addiction conduit souvent vers la recherche de drogues plus dures, comme la cocaïne. On estime que 10 à 20 % des patients passent à une consommation plus forte et deviennent accros au crack. Le cannabis seul est responsable de 300 morts de la route et les risques d’accidents mortels sont 14 fois plus élevés lorsque l’alcool est associé.

Un des arguments des partisans de la légalisation est de prétendre qu’un contrôle pourra être exercé sur la qualité du cannabis produit légalement, en particulier sa teneur en THC. Ainsi, le marché noir serait appelé à disparaître, faute d’acheteurs. Autrement dit, cela mettrait fin au trafic maffieux.

Qui peut croire que les trafiquants vont s’avouer vaincus et vont prendre leur retraite! L’exemple du Colorado démontre le contraire: malgré la légalisation du cannabis dans cet État, il existe toujours un marché noir et le taux de THC n’a pas diminué. Mieux encore, les trafiquants achètent le cannabis produit légalement dans le Colorado et le revendent au prix fort dans les États voisins où il est toujours interdit!

Un autre argument invoqué est l’inefficacité de la répression, telle qu’elle est pratiquée en France. En vérité, ceci n’est pas fondé. En effet, d’après le rapport de 2017 de l’Observatoire européen des Drogues et Toxicomanies (OEDT), la loi française semble répressive mais elle n’est pas réellement appliquée, tant pour l’usage simple que pour le trafic. De plus, son application a été encore assouplie par la loi Tubiana et ses décrets d’application. En France, souvent l’aménagement conduit au paiement immédiat d’une amende et éteint l’action publique. La loi de 1970, déjà pas appliquée pour l’usage simple de cannabis, est devenue définitivement inopérante par la loi de 2014 et son décret de 2015.

Le cannabis, un médicament?

Enfin, certains justifient cette campagne pour la légalisation par la présence de vertus thérapeutiques chez le cannabis et n’hésitent pas à parler de «médicament». Or, en l’état actuel, le cannabis ne répond pas à la définition d’un médicament. À ce stade, il convient de rappeler ce qu’est un médicament et les étapes successives qu’il doit traverser avant d’être mis sur le marché.

D’après le Code de la Santé Publique, il s’agit d’une molécule pure possédant des propriétés préventives ou curatives à l’égard des maladies humaines et animales, susceptible de restaurer, corriger ou modifier leurs fonctions organiques. De la découverte de la molécule à l’autorisation à l’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM), un médicament doit franchir avec succès différentes phases, s’étalant sur environ dix ans: phase de recherche et développement, étude de toxicologie, recherche clinique – cette dernière comprenant elle-même une phase 1 (étude de la tolérance), une phase 2 (étude de l’efficacité), une phase 3 (essai comparatif), et une phase 4 (administrative). La mise au point d’une nouvelle spécialité coûte environ 800 millions d’euros. Enfin, pour que le médicament obtienne l’AMM, il doit présenter un bon rapport bénéfices/risques.

Aucun individu responsable ne devrait utiliser l’argument du médicament pour justifier la légalisation du cannabis.

Environ 75 types de cannabinoïdes ont été identifiés dans la plante, parmi lesquels le THC (Térahydrocannabinol) et le CBD (Cannabidiol) sont les plus documentés. À ce jour, aucun de ces composés d’origine végétale n’a fait l’objet d’un protocole d’étude en vue d’une AMM et donc aucun ne peut être qualifié de médicament. Néanmoins, se basant sur les effets biologiques évidents du THC, certains prétendent utiliser la plante cannabis elle-même. Or, la composition en THC et autres composés est extrêmement variable suivant le plant.

Cette variabilité s’oppose à la conception que l’on a d’un médicament, qui doit être une substance pure, agissant à des doses déterminées. De plus, jusqu’à présent, étant donné l’insolubilité du THC, traiter des patients en leur faisant fumer soit la plante elle-même, soit sa résine, reste une méthode peu contrôlable, tant le passage des principes à l’organisme est aléatoire. Enfin, le THC étant essentiellement soluble dans les lipides, sa rémanence et son élimination sont des paramètres difficiles à appréhender: encore une difficulté qui s’oppose à la notion de médicament.

Sauver nos enfants du cannabis

Comme on le voit, seule une substance issue du cannabis et ayant obtenu une AMM pourrait être qualifiée de «médicament», comme ce fut le cas pour bon nombre de molécules d’origine végétale présentes aujourd’hui dans notre pharmacopée. Ceci n’exclut pas que les recherches puissent se poursuivre pour mieux connaître les mécanismes d’action du cannabis. Pour autant, nul individu responsable ne devrait en conscience utiliser l’argument du «médicament» pour justifier sa légalisation.

Légaliser le cannabis serait synonyme de catastrophe sanitaire.

Il nous faut sauver nos enfants du cannabis avant qu’il ne soit trop tard. Pour cela il faut que les pouvoirs publics prennent conscience qu’il est indispensable d’appliquer réellement notre arsenal répressif, mais également de mettre en place un plan de prévention destiné à informer nos jeunes élèves, dès l’école primaire, sur les dangers de cette drogue. Inspirons-nous de la Suède, dont la politique affichée en matière de toxicomanie a porté ses fruits.

Depuis 1968, le gouvernement suédois a organisé une campagne antidrogue massive dans les écoles et les médias, de sorte qu’une génération a déjà grandi parmi les messages fondés sur la théorie de la drogue d’introduction. La création d’un poste de coordonnateur national antidrogue a permis de coopérer avec les autorités, les conseils municipaux, les conseils de comté, les ONG, etc… et d’influer sur l’opinion publique. La plupart des municipalités ont nommé une personne chargée d’organiser la prévention, auprès des écoliers et des parents.

Les programmes commencent dès l’école élémentaire et figurent à tous les niveaux scolaires. Cette politique a l’appui de tous les partis politiques et de 95 % des citoyens (on croit rêver, quand on pense à l’attitude de certains de nos politiciens). Certes cette politique coûte entre 0.2 et 0.4 % du PIB suédois alors que la France n’y consacre que 0.1 % de son PIB.

En conclusion, l’expérience vécue par les pays ou les états américains qui ont légalisé le cannabis doit nous inciter à refuser cette éventualité dans notre pays. La logique financière et économique ne doit plus primer sur la santé de notre société. Introduire la légalisation du cannabis serait synonyme d’une catastrophe sanitaire dont nos pouvoirs publics porteraient une lourde responsabilité devant l’histoire et nos générations futures.

Source Le Figaro

Harcèlement, agression physique, accidents : une étude liste les conséquences de l’alcool passif

  • Les menaces ou le harcèlement étaient les préjudices les plus fréquents, signalés par 16% des personnes interrogées.
Les menaces ou le harcèlement étaient les préjudices les plus fréquents, signalés par 16% des personnes interrogées.PeopleImages / IStock.com
Publié le 
Une étude américaine a analysé les ravages d’une consommation excessive d’alcool sur l’entourage des personnes qui boivent. 

Menée par des chercheurs de l’Institut de santé publique d’Oakland en Californie et financée par l’Institut national sur l’abus d’alcool et l’alcoolisme des Etats-Unis, l’étude a porté sur les données de 8 750 répondants âgés de 18 ans et plus. Elle a été publiée ce dimanche 30 juin sur le site du Journal of Studies on Alcohol and Drugs.

Selon l’enquête, un adulte sur cinq a subi un préjudice à cause de la consommation d’alcool d’une autre personne en l’espace d’un an. Ces atteintes désignent à la fois des menaces verbales et/ou physiques, des agressions, du harcèlement, des destructions de biens, des conduites dangereuses au volant ou encore des problèmes d’ordre financier et/ou familial. Les menaces ou le harcèlement étaient les préjudices les plus fréquents, signalés par 16% des personnes interrogées.

L’étude explique également que les conséquences de l’alcoolisme sur l’entourage différent selon le sexe. Les femmes étaient plus susceptibles de signaler des problèmes financiers et familiaux, tandis que les hommes ont davantage mentionné des actes de vandalisme et des agressions physiques. « Il y a un risque considérable pour les femmes au sein du ménage, souvent représenté par l’homme. Alors que pour les hommes, le danger se situe plutôt en dehors du cadre familial », notent les auteurs de l’étude.

Les chercheurs recommandent un prix minimum sur l’alcool

L’âge joue également un rôle important : les personnes de moins de 25 ans courent un risque plus élevé de subir les méfaits de la consommation d’alcool d’une autre personne, montre l’étude. Pour les chercheurs, l’une des solutions les plus efficaces pour réduire la consommation d’alcool consiste à instaurer un prix minimum pour la vente d’alcool.

« Les recherches récentes sont particulièrement pertinentes dans ce contexte. Des études menées au Canada révèlent des réductions de la violence après l’introduction de la tarification minimale », précise Madhabika B. Nayak, qui a dirigé l’étude. Recommandée par l’Organisation Mondiale de la Santé pour lutter contre l’alcoolisme, la mise en place d’un prix minimum sur l’alcool est également expérimentée en Ecosse depuis mai 2018.

En France, cette question a été abordée (sans pour autant être appliquée) à plusieurs reprises ces dernières années. D’abord en avril 2018 par un groupe de médecins qui préconisait un prix minimum par unité d’alcool autour de 50 centimes d’euros, puis en janvier dernier par le Conseil économique social et environnemental, qui avait proposé l’instauration d’un prix minimum pour la vente d’alcool dans « les lieux de fêtes ».

Source

Légalisation du cannabis par Emmanuel Le Taillandier

Au Malawi on dit que « les bœufs sont tenus par des cordes et les hommes par leurs paroles ».

C’est toute l’habileté des lobbyistes de diffuser les paroles que les hommes s’approprieront pour aller dans le sens recherché.  La campagne qui vient de démarrer à grande échelle en faveur de la légalisation du cannabis est, de ce point de vue, un modèle du genre qu’il convient d’analyser en nous libérant de tous ces mots qui nous tiennent lieu de cordes.

Prenons par exemple un argument largement colporté : « puisque la répression n’a pas marché, mieux vaut libéraliser le marché du cannabis et le légaliser ». Cela me rappelle l’aventure que j’avais connue avec un ami un peu trop éméché qui m’avait emmené un soir faire un tour au volant de sa vieille guimbarde. Inutile de vous dire que ce tacot sans le moindre entretien échappait allègrement aux échéances des contrôles techniques.

A un moment donné le freinage, mal assuré, avait commencé à lâcher et la pédale pompait dans le vide.

« Arrête-toi », lui dis-je. Mais lui de me rétorquer : « Si quelque chose ne fonctionne pas il faut faire le contraire ». Et il se mit à appuyer aussitôt sur l’accélérateur, me causant, comme vous pouvez l’imaginer, la frayeur de ma vie.

Vous avez compris : Si la répression ne marche pas, faites le contraire : légalisez.

Le deuxième argument qui surgit, comme par enchantement, partout en même temps est destiné aux représentants des pouvoirs publics et aux parlementaires : « Si vous légalisez sous votre contrôle la vente de cannabis, vous en tirerez des recettes fiscales confortables qui vous permettront de mener les campagnes de prévention nécessaires ». Autrement dit il faut vendre pour empêcher la vente ! Un argument aussi absurde pourrait être avancé que sur la distinction spécieuse faite entre un cannabis qui serait thérapeutique et donc fondamentalement différent d’un cannabis qui serait récréatif, les bénéfices de l’un venant favoriser la prophylaxie de l’autre. Encore une absurdité.

Il est aisé de citer d’autres arguments de ce genre employés dans la campagne de communication en cours. Mais qui est à l’origine de ce tohu-bohu ?  Ce ne sont pas des hippies attardés, ou des politiciens trop « verts » qui transforment leur baignoire en jardinière. Non ! Ce sont des firmes sérieuses pratiquant un libéralisme débridé et alimentant de façon sauvage une économie financière déchaînée. Qu’on en juge  avec ces chiffres vertigineux. Par exemple ceux de LEVIATHAN CANNABIS à la Bourse de Toronto :

Ou encore ceux de CANOPY GROWTH CORPORATION (Bedrocan, déjà présent en Europe à partir des Pays-Bas) :

L’action a bondi en cinq ans de 1353,18 % faisant pâle figure devant celle de Leviathan Cannabis.

Quand la spéculation produit de tels résultats, il est évident que tous les coups sont permis et que, pour continuer sur une aussi belle lancée, on achètera des hommes politiques, des médias, des consciences. C’est de la folie.

C’est ce qui se passe sous nos yeux.

“Un joint de cannabis peut être aussi dangereux qu’une dose de cocaïne”

 
	Panneau interdisant de fumer du canabis. © iStock
Panneau interdisant de fumer du cannabis. © iStock

Régulièrement, l’hypothèse d’une légalisation du cannabis revient dans le débat public en France,

Le neurologue Grégoire Hinzelin rappelle les effets du cannabis sur le cerveau.

Quand quelqu’un fume du cannabis, quels sont les effets sur son cerveau ?

Lorsqu’on fume un joint, le psychotrope absorbé provoque une accélération du fonctionnement électrique du cerveau, et donc un effet d’anxiolyse, c’est-à-dire réduisant l’anxiété. Cela produit une désinhibition, exactement comme l’alcool. L’anxiolyse et l’euphorie qui en découle sont parmi les mécanismes qui provoquent la dépendance.

Une consommation très épisodique n’aura pas particulièrement de conséquence à long terme, à part en ce qui concerne les accidents qui peuvent se dérouler à l’occasion de la période où le consommateur est sous l’emprise du cannabis. Exactement comme l’alcool, une énorme cuite n’aura en général aucun impact à long terme sur la santé, contrairement à une consommation trop fréquente.

Et sur le long terme, qu’observe-t-on dans le cerveau des consommateurs de cannabis ?

Une dégradation se manifeste de diverses façons. De manière générale, le principal aspect est l’augmentation du trouble de la mémoire, de la concentration, et parfois – plus grave – une augmentation des troubles psychiatriques. Apparaissent des crises de démence d’origine vasculaire (désorientation permanente, incapacité à ordonner ses pensées…) ou des démences cortico-souscorticales, c’est-à-dire des problèmes de mémoire graves, qui s’apparentent à un léger Alzheimer prématuré qui se manifeste parfois dès 40 ans.

Dans de nombreux cas, la consommation régulière de cannabis peut développer une schizophrénie.

Il y a aussi un risque très important de bouffées délirantes aiguës, qui arrivent à des consommateurs qui souvent n’ont jamais connu de troubles psychiques avant et qui se mettent à adopter des comportements incohérents et irrationnels le temps de la crise. Dans de nombreux cas, la consommation régulière de cannabis peut développer une schizophrénie. En revanche, il y a débat dans la communauté scientifique entre ceux qui affirment que le cannabis ne fait que dévoiler et rendre active une schizophrénie préexistante et ceux qui défendent l’idée que le cannabis crée la schizophrénie sans que le consommateur n’y soit prédisposé. La question est là : la schizophrénie provoquée par le cannabis est-elle innée ou acquise ? Il nous faudra encore 10 ou 15 ans pour le savoir.

Il faut en outre distinguer les troubles liés à la consommation et à la drogue elle-même. La consommation de cannabis à long terme peut être un facteur d’isolement social, et la dépression peut découler de cette dépendance et de ses effets indirects.

Y a-t-il une évolution du contenu de ce que fument le consommateurs de cannabis au fil des ans ?

Les joints qui étaient fumés en mai 1968 présentaient déjà un risque et contenaient 2 à 3% de THC (tétrahydrocannabinol, la principale substance active du cannabis). Aujourd’hui, une boulette de résine en contient bien plus, montant parfois jusqu’à 40% de THC ! Une telle dose dans un joint est encore plus puissante qu’un rail de cocaïne. C’est tout l’ennui : quand un consommateur va se procurer du cannabis, il ne sait pas quelle dose de THC il s’apprête à consommer, et c’est souvent énorme. C’est comme si vous vouliez acheter de l’alcool dans un magasin, et que vous ne saviez pas si vous venez acheter une bouteille de cidre ou trois bouteilles de whisky. Et quand on s’habitue à de telles doses de cannabis, on glisse vite sur la pente qui mène à la consommation de drogues dites « plus dures », comme la cocaïne.

Drogues douces, drogues dures… en ce qui concerne les effets neurologiques, la distinction est justifiée ?

Non, sauf à parler aussi d’alcool dur et d’alcool doux. En terme de dangerosité, comme je l’ai déjà dit, le cannabis peut parfois valoir la cocaïne. En plus de cela, il y a une continuité entre la consommation de cannabis et des autres drogues : 10 à 20 % des patients qui consommaient du cannabis ont fini par basculer vers une consommation plus dangereuse et fréquente, en devenant par exemple accros au crack.

L’accoutumance au cannabis, l’habitude toxique qui est prise, facilite grandement la montée de la toxicomanie. La question n’est pas la nature de la drogue – certaines considérées comme très dangereuses et d’autres comme modérément dangereuses –, mais le taux de substance nocive, en occurrence le THC. Les défenseurs d’une dépénalisation du cannabis invoquent souvent l’argument qu’elle permettrait de contrôler la qualité de ce que fument les consommateurs, mais l’expérience ne confirme pas cette idée…

Le Colorado (États-Unis), qui a légalisé le cannabis, a certes connu un boom économique dans un premier temps, mais en plus de l’augmentation du risque pour la santé des citoyens, l’État doit toujours faire face à un marché noir du cannabis, et le taux de THC n’a pas diminué.

Pour l’aspect thérapeutique du cannabis, aucune étude n’a démontré son efficacité.

Est-ce qu’on peut soigner les dégâts faits par le cannabis au cerveau ? À l’inverse, le cannabis n’a-t-il pas lui-même des vertus thérapeutiques ?

Pour l’aspect thérapeutique du cannabis, il faut être clair : aucune étude n’a démontré son efficacité. Certaines personnes sont très sensibles à ce « remède », mais rien n’a été prouvé dans ce sens de manière générale. On n’a que des expériences personnelles et individuelles.

Quant à soigner les lésions causées par le cannabis au cerveau, malheureusement, dans l’état actuel des choses, c’est impossible. Il s’agit de lésions dégénératives, il faudrait donc re-stimuler le tissu cérébral et la science ne le permet pas… Pour les cinq années à venir du moins, c’est encore inimaginable.

Source

Gâteau au cannabis. Deux salariés hospitalisés après un pot de départ

Deux salariés de l’entreprise Cochonou, à Saint-Symphorien-sur-Coise (69), ont été conduits à l’hôpital après avoir mangé un gâteau au cannabis apporté par un intérimaire lors de son pot de départ. Un des employés a déposé plainte.

Le 31 mai dernier, une dizaine de collègues de l’entreprise Cochonou, à Saint-Symphorien-sur-Coise (69), entre Lyon et Saint-Étienne, participent à un pot de départ donné à l’occasion du départ d’un intérimaire. L’un d’eux raconte la suite dans un article du journal Le Progrès, ce jeudi 27 juin. Il affirme avoir eu de plus en plus de mal à marcher et une sensation de bouche sèche. Il décide alors de prendre l’air mais il fait un malaise. Secouru par les pompiers, il est alors héliporté jusqu’à l’hôpital Lyon Sud. Il ne se réveille que le lendemain après-midi. Il n’est pas le seul à être hospitalisé : un collègue a été conduit à Saint-Étienne.

Nos confrères rapportent que le personnel soignant est formel : dans les deux cas, il s’agirait d’une intoxication au cannabis. Et le coupable est rapidement trouvé, un gâteau apporté lors du pot de départ par l’intérimaire, qui contenait du cannabis… Le salarié hospitalisé à Lyon est en arrêt depuis cet incident. Il a déposé plainte.

Source Le Télégramme 

Usage et trafic de cannabis : existe-t-il vraiment une répression ? 

JOURNAL INTERNATIONAL DE MEDECINE

Le 27 juin 2019
Les partisans de cette légalisation ne cessent d’affirmer que nous avons une des politiques les plus répressives depuis plus de 40 ans, mais que c’est un échec cuisant. Il est vrai que la loi française semble répressive, mais celle-ci n’est pas du tout appliquée tant pour l’usage simple que pour le trafic, comme le montre l’Observatoire européen des drogues et toxicomanies (OEDT) dans son rapport publié en 2017.

Il révèle que les peines d’emprisonnement prévues pour l’offre d’un kilogramme (1 kg) d’héroïne ou de cannabis varient de manière considérable parmi les 25 pays ayant participé à cette enquête. Ainsi, en Grèce, pays où les sanctions infligées sont les plus lourdes, l’offre d’un kg d’héroïne conduit à une peine médiane de 20 ans de prison
et l’offre d’un kg de cannabis conduit à une peine médiane de 10 ans de prison.

A l’autre extrémité de l’échelle, se trouvent les deux pays les plus tolérants, les Pays-Bas et la France pour lesquels l’offre d’un kg d’héroïne conduit à une peine médiane respective de 1 an et de 2 ans de prison.

Quant à l’offre d’un kg de cannabis, la peine pouvant être suspendue dans ces deux pays, elle n’est pas représentée sur la figure de l’OEDT. En France, le cadre de la politique de lutte contre les drogues illicites a été initialement fixé par la loi de 1970 (loi n°70-1320 du 31 décembre 1970, relative aux mesures sanitaires de lutte contre la toxicomanie et à la répression du trafic et de l’usage illicite des substances vénéneuses).

En réalité, cette loi n’est pas appliquée comme le montre l’OEDT ; on ne peut donc pas utiliser cet argument pour proposer de légaliser l’usage récréatif du cannabis.
De plus, cette loi a été profondément assouplie par la loi Taubira et ses décrets d’application.
Ainsi, la loi de 2014 (loi n°2014-896 du 15 août 2014 relative à l’individualisation des peines et renforçant l’efficacité des sanctions pénales) apporte de nouvelles dispositions comme le recours à l’aménagement des peines, selon les circonstances de l’infraction, la personnalité l’auteur, sa situation matérielle, familiale et sociale.

Un décret d’application de cette loi, publié en octobre 2015, a instauré la transaction pénale pour les petits délits passibles d’un an d’emprisonnement maximum, parmi lesquels figure l’usage simple de stupéfiants. Après accord préalable du Procureur, elle consiste au paiement immédiat d’une amende qui éteint l’action publique. La loi de 1970 n’était pas appliquée pour l’usage simple de cannabis et la loi de 2014
avec son décret d’application de 2015 l’a rendue définitivement inopérante.

C’est pourtant l’inefficacité de la loi répressive de 1970 selon certains, qui serait responsable de l’échec de la politique sur les drogues illicites dans notre pays et en particulier de la très forte consommation de cannabis. C’est du moins l’argument systématiquement mis en avant pour réclamer la dépénalisation/légalisation de cette drogue, voire de toutes les drogues.

Pr. Jean-Pierre Goullé – CNPERT 

Commentaire

Il est interdit d’interdire

Le 27 juin 2019
Tout à fait d’accord avec le Pr Goullé : parler de politique répressive en France à propos de cannabis relève de la pure imagination. C’est un argument totalement fallacieux.

La vérité est que notre société dérive vers le fameux « il est interdit d’interdire » cher aux ex soixante-huitards.
A côté de l’argument business qui n’en est pas un (certes plus de recettes pour l’état mais qui va payer les soins médicaux aux intoxiqués ?), on voit bien que c’est la philosophie libertaire qui dirige le pays. Tout est permis, rien n’est interdit.

Pas la peine d’être Einstein pour savoir comment cela va se terminer. Il suffit de lire quelques livres d’histoire. 
Dr Franck Boutault

Rapport de l’ONU : explosion de la production mondiale de cocaïne

La production mondiale de cocaïne continue d’exploser ces dernières années. Selon un rapport de l’ONU, la production mondiale a atteint un nouveau plus haut historique avec près de 2.000 tonnes en 2017, soit 25% de plus que l’année 2016, qui était déjà un record.

L’extension des zones de culture en Colombie, favorisée par la fin du conflit avec les FARC, explique notamment cette forte hausse de la production.

L’autre tendance concerne la drogue illicite la plus consommée en Europe, le cannabis. ce dernier est de plus en plus puissant, avec une teneur en THC avoisinant souvent les 25%.

« La résine de cannabis, nous explique le Centre européen des Drogues et des Addictionsa considérablement évolué dans toute l’Europe, donnant lieu à un produit plus puissant, susceptible de poser un risque accru de dépendance et de problèmes de santé mentale pour les utilisateurs. Nous constatons que le cannabis est la drogue illicite la plus utilisée en Europe, il y a 1% d’utilisateurs quotidiens, donc c’est vraiment important. »

Au total, plus de 270 millions de personnes dans le monde consomment des drogues illégales chaque année, le cannabis étant loin devant avec 188 millions d’adeptes, selon l’ONUDC.

Les opioïdes affectent 53,4 millions de consommateurs.

Source

Les ravages de l’alcool en France

En France, l’alcool envoie énormément de gens à l’hôpital. Entre 20 et 30% de toutes les admissions aux urgences sont liées à l’alcool. C’est la conclusion d’une enquête menée dans les urgences des hôpitaux de la région Auvergne-Rhône-Alpes. FRANCEINFO

« On a montré que sur environ 10 000 patients admis aux urgences, 20 à 30% d’entre eux avaient un problème lié à l’usage de l’alcool« , précise le Pr Georges Brousse du service addictologie du CHU de Clermont-Ferrand. (Puy-de-Dôme).

Ce chiffre impressionnant prend en compte les gens qui viennent aux urgences pour soigner des maladies liées à la consommation d’alcoolcomme des maladies cardiovasculaires. Il prend aussi en compte les violences et les agressions causées par des personnes alcoolisées.

Problème de santé publique

« Ces problématiques liées à l’usage d’alcool sont directement à l’origine de l’hospitalisation quand c’est une cirrhose par exemple, ça peut être une conséquence comme une chute ou un malaise ou des violences, des agressions ou des accidents de la route », poursuit le médecin.

L’alcool est ainsi l’une des toutes premières causes d’hospitalisation des Français, ce qui en fait un problème majeur de santé publique.

Des médecins sonnent l’alarme sur un risque de crise des opiacés en France

L'OxyContin est un puissant analgésique opiacé qui fait partie de ces médicaments pouvant provoquer une addiction chez le patient.
L’OxyContin est un puissant analgésique opiacé qui fait partie de ces médicaments pouvant provoquer une addiction chez le patient. © Handout / US Drug Enforcement Administration / AFP
Ces professionnels estiment dans une tribune que publie Le Journal du Dimanche que les patients mis sous médicaments opiacés ne sont pas assez informés quant aux risques d’addiction.

Alors que la crise des opiacés fait des milliers de morts outre-Atlantique, « la France pourrait à son tour encourir le risque d’une crise sanitaire », alertent une centaine de médecins et professionnels de santé dans une tribune publiée dansLe Journal du Dimanche dimanche.

Ces professionnels estiment qu’il est « urgent d’agir » alors que « 12 millions de Français utilisent des médicaments opiacés, sans être alertés sur leur potentiel addictif et sur les risques d’overdoses« . Selon eux « les hospitalisations pour ce motif ont doublé, les décès triplé ».

« Impulser une vaste campagne de prévention »

« Il existe pourtant un antidote, à base de naloxone, que la personne concernée ou son entourage peuvent administrer facilement. Mais il est réservé aux acteurs du soin en addictologie, sans diffusion ni information large aux différents acteurs de la santé », regrettent-ils. Ils préconisent « d’en étendre l’accès au médecins généralistes, de les former et les sensibiliser à son usage », « de continuer de décloisonner le monde de l’addictologie » et d' »impulser une vaste campagne de prévention », afin d' »éviter que ne soient reconduites les erreurs du passé et leurs effets dramatiques en termes de santé publique ».

Sur la seule année 2017, 47.000 personnes sont mortes aux Etats-Unis d’une overdose liée à des opiacés (médicaments, héroïne et fentanyl) et, selon le Centre national des abus de drogue, 1,7 million de personnes souffraient d’addiction à des analgésiques comme l’OxyContin.

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