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«HISTOIRE DU TRAFIC DE DROGUE», LES ÂMES CAMÉES

Diffusée sur Arte, la série documentaire retrace les relations complices entre Etats et trafiquants qui ont mené à l’industrialisation du marché et à l’émergence de barons.

Loin d’être l’apanage des seules organisations criminelles, le trafic de drogue est depuis longtemps un instrument aux mains des Etats. Ce prisme géopolitique sert de fil rouge à une passionnante série documentaire en trois épisodes diffusée sur Arte à partir du 31 mars, dont le premier est disponible en avant-première toute la journée de ce mardi sur le site de Libé. Une histoire méconnue dont l’origine remonte au XIXe siècle, lorsque la couronne britannique inondait la Chine d’opium pour renflouer ses caisses, et que la France le raffinait au cœur de Saigon pour rentabiliser sa présence en Indochine. Bien avant les mafias, les grandes puissances coloniales ont compris l’intérêt qu’elles pouvaient tirer du commerce de substances addictives. Dans leur sillage, les premiers laboratoires pharmaceutiques parviennent à mettre sur le marché la cocaïne dès 1884, puis l’héroïne, nouveau dérivé de l’opium garanti sans accoutumance, recommandé pour soigner l’asthme et la toux des nourrissons.

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Liens occultes

Si l’apparition de ces nouvelles drogues modifie radicalement le rapport aux corps en abolissant la douleur, elle va aussi entraîner une généralisation de l’addiction à l’échelle planétaire. Au début du XXe siècle, la prohibition accélère l’essor du marché noir et du crime organisé aux Etats-Unis, qui trouve de puissants appuis au sein de l’appareil d’Etat. Mais c’est surtout au cours de la guerre froide que les liens occultes entre trafic et grandes puissances vont nourrir les intérêts les plus troubles. A défaut d’être une question de santé publique, la drogue devient un enjeu stratégique majeur. En 1951, en pleine guerre d’Indochine, les services secrets français achètent eux-mêmes l’opium pour le revendre à la mafia corse, afin de financer une armée contre-insurrectionnelle de 40 000 hommes. La même année, la CIA soutient les soldats chinois du Kuomintang repliés en Birmanie, qui deviendront les principaux trafiquants du Sud-Est asiatique. Au nom de la sécurité nationale, Washington n’hésite pas à s’appuyer sur le trafic de drogue pour lutter contre l’ennemi communiste.

L’Amérique finira par payer cher ses ambiguïtés. Alors que le pays plonge sous LSD dans le Flower Power, la guerre du Vietnam offre un visage bien plus sombre de la jeunesse. A leur retour du front, un tiers des 500 000 soldats engagés sont accros à l’héroïne. En 1971, le président Richard Nixon enclenche un virage radical et déclare officiellement la guerre contre les drogues. Premier producteur mondial d’héroïne grâce aux chimistes de la French connexion, la France est dans le viseur des services américains, qui dépêchent à Marseille des agents de la DEA, la nouvelle agence antidrogue. En seulement cinq ans, la «French» est démantelée et 3 000 trafiquants sont interpellés. Mais les années 70 vont surtout être marquées par l’industrialisation du trafic. C’est l’ère des grands barons de la drogue, Pablo Escobar en Colombie, Felix Gallardo au Mexique, Toto Riina en Italie ou encore Khun Sa en Thaïlande, dont les images tournées au cœur de la jungle font partie des précieuses archives exhumées par Julie Lerat et Christophe Bouquet, coréalisateurs de la série documentaire. Fruit d’une enquête de deux ans entre l’Europe, le Mexique, la Colombie, la Thaïlande et la Birmanie, Histoire du trafic de drogue décrypte les rapports complexes entre Etats tout en mettant en lumière, bien au-delà de la corruption, les logiques structurelles inhérentes au système.

Un fumeur d’opium à Saigon, extrait d’Histoire du trafic de drogue. Photo Yami 2

Un demi-siècle après le discours martial de Nixon, la guerre contre les drogues a surtout révélé ses échecs patents et son bilan macabre. En Colombie, où les Etats Unis ont investi dans un plan ambitieux de 45 milliards de dollars pour éradiquer les plantations de coca, la production n’a jamais été si élevée. Au Mexique, où 40 000 personnes ont disparu ces dix dernières années sur fond de guerre des cartels, des associations continuent de fouiller inlassablement la terre dans l’espoir de retrouver les corps des victimes. Après des années d’occupation soviétique, puis américaine, l’Afghanistan produit toujours 80 % de l’héroïne mondiale. Loin de se tarir, le trafic de drogue ne fait que s’adapter à son environnement.

Bilan macabre

La chute d’El Chapo, le parrain du cartel de Sinaloa condamné à perpétuité aux Etats-Unis, pourrait préfigurer l’avènement d’une nouvelle génération de trafiquants. Au Mexique, des organisations criminelles seraient parvenues à synthétiser le fentanyl, médicament produit depuis les années 50 par l’industrie pharmaceutique sans la moindre fleur de pavot. Cette drogue entièrement synthétique, cent fois plus puissante que l’héroïne, tue plus de 30 000 personnes par an aux Etats-Unis, où la surprescription d’antidouleurs encouragée par les laboratoires a rendu des centaines de milliers de patients accros. «Il faut un certain nombre de camions de coke pour approvisionner le marché américain pendant un an, tandis qu’il suffit de charger une seule voiture pour approvisionner tout le marché des opioïdes en fentanyl», note une spécialiste américaine du crime organisé. Une révolution qui devrait à nouveau bouleverser la géopolitique des drogues.

Le premier épisode est en avant-première toute la journée de ce mardi 24 mars sur le site de Libération.

Emmanuel Fansten

Histoire du trafic de drogue de Julie Lerat et Christophe Bouquet.

Trois épisodes, disponible à partir du 31 mars sur Arte.

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Une désinformation démasquée

Un de nos fidèles lecteurs a attiré notre attention sur un article au titre ronflant et évocateur :

Le coronavirus fait exploser les ventes de cannabis au Canada

Bigre ! Alors que de multiples officines cherchent sans grand succès un intérêt médical au cannabis, difficile de croire à une découverte, à l’évidence le COVID-19 fait de la résistance ! Alors, pourquoi ce titre et pourquoi faire ?

La réponse est dans l’article : aider ceux et celles qui doivent rester à la maison, adoucir leur temps de confinement, leur permettre de« supporter (l’épreuve d’) une quarantaine, de gérer leur stress ».
Une preuve semblait être apportée par l’observation d’un afflux de clients aux magasins de vente.
Ces témoignages rapportés sont ceux de quelques canadiens et de touristes….. français, enthousiastes !

Nous l’avons vérifié en interrogeant plusieurs de nos amis québécois incluant un
psychiatre (on ne sait jamais). Aucun n’a observé de ruée dans les boutiques, d’engouement spectaculaire, au contraire Montréal et Québec se vident, les habitants partent à la campagne, dans leurs chalets, les magasins ferment.
Le confinement est volontaire et bien réel, c’est le bon sens bien connu des québécois : ils s’abritent et laissent passer la pandémie.

On imagine facilement que dans un pays aussi grand et beau que le Canada, il est facile de s’isoler dans la belle nature du printemps. On peut aussi rester chez soi et
attendre la décrue. Souhaitons seulement que la pandémie ne dure pas trop longtemps .
J’ai l’idée que cet article, bien que paru dans un journal étranger, nous est destiné et veut suggérer aux français de recourir au cannabis pendant la pandémie.

Si la quarantaine dure, au risque de COVID-19, on ajoutera alors celui d’une addiction. Nous voici prévenus avant d’être immunisés

JP Tillement
L’auteur de ces lignes est un des responsables des relations franco-québécoises de l’Académie nationale de médecine

Saisie record de trois tonnes de cocaïne à Marseille

Mr Lalam a été interviewé à la télévision à propos de la saisie de cocaïne à Marseille.
Il est  » économiste de la drogue » comme David WEINBERGER.
Leur travail à l’INHESJ sous l’angle économique compléte ce que fait le CNPERT sous l’angle de la santé..

 

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Le cannabis vu par les Belges ….

En Europe, les consommateurs de cannabis réguliers seraient des millions. Mais vous savez quoi ? On sous-estime probablement les chiffres réels. Ben oui, le cannabis étant illégal un peu partout sur le continent, difficile de faire avouer aux gens qu’ils consomment… Déroule ! Mais alors, que faire pour avoir des chiffres fiables ? Explorons avec mon chat, Albert, une possible solution.

Drogue en milieu rural, extension du domaine de la lutte

Jean-Pierre Pujol, membre du Centre National de Prévention, Etudes et Recherches sur les Toxicomanies, (CNPERT) souhaite alerter les citoyens et les pouvoirs publics en cette période de campagne municipale afin que de nouveaux dispositifs soient mis en place pour faire face au trafic et à l’usage de drogues qui gagne de façon inexorable l’ensemble des territoires ruraux.

Lundi 22 janvier 2018: La Police judiciaire de Meaux a saisi 2,3 tonnes de résine de cannabis et 29,5 kg d’herbe dans une ferme de l’Essonne.

Le temps est loin où l’usage de drogues était l’apanage de quelques intellectuels et artistes des milieux mondains privilégiés. Aujourd’hui, le fléau atteint toutes les couches de la société et frappe même l’artisanat et la pêche professionnelle. En outre, le trafic et l’usage de stupéfiants ne se limitent plus aux grandes agglomérations mais s’étend dans tous nos territoires ruraux, jusqu’aux villages les plus isolés.

Déjà étudié en 2007 par le dispositif Trend (Tendances récentes et nouvelles drogues) de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) ce phénomène ne cesse de s’accroître de manière inquiétante. La désindustrialisation et le chômage ont entraîné la migration de populations précarisées vers les espaces ruraux et périurbains, à la recherche de meilleures conditions de vie et de logements plus accessibles.

« En France, le débat sur les drogues est limité par la peur des pouvoirs publics »
Parmi ces populations, on trouve des consommateurs occasionnels ou réguliers de stupéfiants. Le démantèlement de squats et le « nettoyage » des centres-villes opérés par certaines municipalités contribuent également au déplacement d’usagers de stupéfiants.

Enfin, certains jeunes veulent échapper aux contraintes de la société de consommation et recherchent un cadre de vie plus tranquille, où ils pensent trouver plus facilement du travail. Les zones périurbaines offrent un espace commode pour accueillir les activités festives (clubs, discothèques, festivals techno, etc.) attirant également de jeunes consommateurs de drogues facilement accessibles dans ce cadre.

Mais l’usage de stupéfiants en milieu rural ne se limite pas à un problème engendré par la précarité présente dans les grandes agglomérations. On observe aussi un usage « autochtone », notamment dans les communes isolées, subissant des situations économiques et sociales difficiles.

Cannabis, nouvelle offensive en faveur de la légalisation

Tous les produits offerts dans les villes se retrouvent en milieu rural, cannabis, cocaïne, héroïne, crack, LSD, MDMA-ecstasy, substituts de l’héroïne, opiacés, etc.… L’initiation se fait toujours autour de l’association alcool-tabac-cannabis, et fait place souvent à des drogues plus dures.

Le triptyque « prévention, répression, traitement » présente pourtant des différences par rapport au contexte urbain. En premier lieu, les populations concernées sont difficiles à identifier car elles échappent souvent aux dispositifs de prise en charge sociale et médicale.

À la campagne tout le monde se connaît, il n’y a pas d’anonymat et la crainte est grande d’être stigmatisé. Pour préserver l’image de leur commune, les maires ont souvent tendance à dissimuler ou à minimiser les problèmes de toxicomanie.

En milieu rural, la gendarmerie nationale est en première ligne et s’efforce de réprimer mais intervient également de façon préventive en milieu scolaire. Mais la tâche n’est cependant pas facile car il existe en milieu rural des micro-réseaux (réseaux « fourmis »), souvent des groupes d’amis qui s’approvisionnent dans les pays proches, comme les Pays-Bas.

La France s’inspire du Canada pour lutter contre la récidive

Ces consommateurs-vendeurs sont souvent difficilement identifiables. Le volet répressif n’est cependant pas la solution globale à ce fléau envahissant. Déjà sursaturées, les prisons françaises ne peuvent pas accueillir tous les trafiquants. De plus, l’incarcération ne répond évidemment pas à toutes les situations.

Par ailleurs, le milieu rural ne favorise pas l’accès aux dispositifs sociaux et médicaux compétents pour prendre en charge les patients que sont les consommateurs de drogues. Le médecin et le pharmacien « du coin » n’ont souvent pas été formés en addictologie, ce qui leur permettrait d’orienter rapidement le malade vers les structures spécialisées de la ville la plus proche, comme les Caarud (Centre accueil et accompagnement réduction risques pour usagers de drogues) ou les Csapa (Centre de soins d’accompagnement et de prévention en addictologie).

Nous devons faire face à cette toile d’araignée qui s’étend inexorablement sur tous nos territoires ruraux et constitue un grave problème de santé publique, en particulier chez les jeunes Français. Ne cédons pas au pessimisme ambiant en considérant qu’il est trop tard, que le combat est déjà perdu.

Au centre des mesures indispensables que nos pouvoirs publics doivent prendre au plus vite, il faut intégrer dans le cursus scolaire, et ce dès l’école primaire, un programme d’information et de prévention sur la toxicomanie. De même, il semble important de former et d’accompagner les acteurs locaux dans tous les champs concernés (sanitaire, sécuritaire, scolaire) pour qu’ils puissent apporter des réponses pragmatiques et bienveillantes, en dehors de toute considération idéologique. On ne peut reporter plus longtemps les solutions à ce défi sanitaire.

Pêcheurs, soignants, serveurs… les nouvelles victimes de la cocaïne

Pour cela, il est indispensable qu’un consensus s’instaure enfin entre le gouvernement et les élus locaux. La campagne pour les élections municipales doit offrir l’occasion pour chaque citoyen de faire pression sur les pouvoirs publics, à commencer par le premier magistrat de la commune.

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Que se passe t il quand un chat mange du cannabis ?

ça dure 45 secondes mais c’est efficace !

« LE TERME ‘CANNABIS THÉRAPEUTIQUE’ EST UN ABUS DE LANGAGE »

Les députés de la mission d’information sur « la réglementation et l’impact des différents usages du cannabis » ont auditionné ce mercredi deux professeurs membres de l’Académie de médecine et de l’Académie de pharmacie.
Une heure de discussion au cours de laquelle le toxicologue (Professeur Jean-Pierre Goullé) et le pharmacologue (Professeur Jean Costentin) ont battu en brèche les arguments en faveur d’une légalisation à court-terme du cannabis pour ses usages thérapeutiques.

Une douche froide. Devant les députés, les professeurs Jean-Pierre Goullé et Jean Costentin, des Académies de médecine et de pharmacie, ont délivré véritable réquisitoire contre les usages supposés bénéfiques du cannabis dit « thérapeutique« . Une intervention qui, selon Robin Reda (LR), le président de la mission d’information, vient « perturber l’unanimité politique » autour de l’expérimentation adoptée à l’unanimité par les députés, en octobre dernier.

Confusion sémantique

Les deux Professeurs ont martelé l’impossibilité, selon eux, d’utiliser le qualificatif « thérapeutique » à propos du cannabis, celui-ci n’étant pas un médicament. Un médicament étant l’extraction d’un principe actif, généralement issu d’une plante, qui est ensuite purifié, raffiné et contrôlé, pour déboucher sur une substance dûment contrôlée par la méthode des doubles panels, l’un avec un placebo, l’autre avec le principe actif. Or, selon les deux experts, dans le cas de l’essai lancé, ce qui est testé n’est pas un principe actif mais un « mélange végétal composé de 200 principes actifs différents » ce qui ne peut, indiquent-ils, « apporter les garanties qui définissent un médicament ».

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Tout au long de leur audition, les deux professeurs ont assuré que l’étude des principes actifs du cannabis, que ce soit le THC (Tétrahydrocannabinol) ou le CBD (Cannabidiol), n’a jamais débouché sur la création de médicaments, du fait d’un rapport « bénéfice/risque » toujours défavorable.

Seule exception, le Nabilone, un traitement destiné à lutter contre les nausées provoquées par la chimiothérapie et contre les douleurs chroniques. Une rare exception, selon eux, malgré un investissement « considérable » de laboratoires pharmaceutiques pour parvenir à un médicament cannabinoïde bénéficiant d’une autorisation de mise sur le marché.

Le cannabis dit « thérapeutique » est à leurs yeux un « abus de langage », concluent-ils.

« Je vous rappelle que selon la conclusion de l’Académie de médecine c’était ‘un faux-médicament, une vraie drogue’. A ce jour, à cette heure, nous en sommes toujours au même point. »Professeur Jean Costentin

CBD/THC, une distinction trompeuse du ‘cannabis bien-être’ ?

Le pharmacologue Jean Costentin s’est également montré peu disposé à défendre l’intérêt d’un cannabis CBD (Cannabinoïde), vu comme un bon cannabis aux vertus relaxantes, face à un THC (Tétrahydrocannabinol), vu comme le mauvais cannabis avec des molécules psychoactives classées comme produit stupéfiant. Il a notamment mis en garde contre une possibilité méconnue de transformation du CBD, au contact du PH acide de l’estomac, en THC pour « une partie significative » du produit, si celui-ci n’est pas encapsulé dans une gélule protectrice.

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Mises en garde sur la schizophrénie

Abordant cette fois la question du cannabis récréatif, les professeurs ont rappelé aux députés les différentes études qui font état d’une forte hausse de la proportion de jeunes adultes développant une schizophrénie après avoir consommé du cannabis durant leur adolescence.

Le professeur Jean Costentin assure qu’une étude néo-zélandaise aurait établi que 2,5% des jeunes adultes développaient une schizophrénie suite à la consommation de cannabis entre 15 et 18 ans (au lieu de 1% habituellement). Un chiffre qui s’élèverait à 10% pour les jeunes ayant consommé du cannabis entre 12 et 15 ans. « Le lien est devenu désormais parfaitement irréfragable ! », a affirmé le pharmacologue devant les députés.

Durant cette audition, les députés de la mission d’information ont questionné les deux professeurs sur les demandes pressantes de patients contraints de se rendre dans d’autres pays pour se procurer du cannabis afin de soulager leurs douleurs. Un effet bénéfique réfuté par Jean Costentin notamment en raison de sa durée limitée dans le temps : « Une des caractéristiques des effets du THC c’est un phénomène de tolérance. Un produit tel que le THC voit au long cours son efficacité diminuer et disparaître. »

A l’issue des débats, le sentiment qui prédomine est que les certitudes d’hier sur les délimitations du cannabis « bien-être », « thérapeutique », et « récréatif », et sa « filière chanvre », sont peut-être plus floues qu’il n’y paraissait sur certains aspects.

Les députés ont poursuivi leurs auditions de l’après-midi avec des associations, un exploitant agricole et un responsable de collectivité locale. La mission d’information a jusqu’à la fin de l’année pour, au fil de son travail et de ses auditions, se forger une conviction sur l’évolution éventuelle de la législation française en matière de cannabis.

Source : LCP (La Chaîne Pärlementaire)

« L’expérimentation du cannabis thérapeutique risque de décevoir malades et scientifiques »

Dans une tribune au « Monde », le neurochirurgien Marc Lévêque, spécialiste de la douleur, doute de l’intérêt médical de ce psychoactif, dont l’expérimentation devrait débuter en France à partir de septembre.

Du cannabis dans une serre, à Fairbanks, en Alaska.
Du cannabis dans une serre, à Fairbanks, en Alaska. ERIC ENGMAN / AP

Bientôt débutera, en France, l’expérimentation du cannabis médical. Une perspective qui insuffle de l’espoir, beaucoup d’espoir, chez de nombreux malades, notamment ceux souffrant de douleurs rebelles. Cette espérance est-elle raisonnable ?

Le chanvre – cannabis en latin – est l’une des premières plantes domestiquées par l’homme ; son usage psychotrope est attesté, en Chine, dès 2500 av. J.-C. Pourtant, depuis cinq ans, le « cannabis thérapeutique » est présenté comme un médicament du futur pour la prise en charge de la douleur. Comment se fait-il que l’on découvre, avec plus de quatre mille ans de retard, les vertus antalgiques de ce végétal ? Cela alors que les propriétés analgésiques du pavot, dont l’incision des capsules donne un suc – opium en grec – laiteux, sont appréciées depuis la haute Antiquité. Pourquoi une drogue aussi ancienne et connue que le cannabis n’a pu être, jusqu’à présent, proposée dans une affection aussi fréquente que la douleur ?

Lire aussi L’expérimentation thérapeutique du cannabis prévue pour « septembre »

A vrai dire, il est fait mention du chanvre indien dans la pharmacopée occidentale du XIXe siècle, mais essentiellement pour la douleur aiguë. L’ivresse et l’assoupissement qu’il procure sont proches de ceux de l’alcool. Au sujet de cet autre analgésique végétal, le chirurgien lyonnais de la Révolution Marc-Antoine Petit déclarait que « le vin a toutes les qualités et tous les dangers de l’opium, il peut donc être administré dans tous les cas où l’opium semblerait convenir ». Tout comme la morphine, un consensus médical existera, jusqu’à il y a peu, pour ne pas prescrire ces substances, en raison de leurs potentiels effets addictifs, dans la douleur chronique non cancéreuse.

Profitable à de rares patients

En 2015, l’analyse de onze études ayant comparé les cannabinoïdes à un placebo a démontré « un effet analgésique modeste » dans la douleur chronique non cancéreuse. Difficile de savoir si ce faible bénéfice est à mettre au crédit des effets anxiolytiques et hypnotiques du produit ou d’une véritable antalgie. Parmi les composants de la plante, le THC (tétrahydrocannabinol), psychotrope considéré comme stupéfiant, est à l’origine des effets relaxants, tandis que le CBD (cannabidiol) serait responsable des vertus antidouleur. Dans la pratique clinique, on peut considérer que le cannabis est profitable à de rares patients : ceux souffrant de douleurs liées à une lésion du cerveau ou de la moelle épinière associée à une spasticité, comme dans la sclérose en plaques.

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Une nouvelle drogue menace les Lycéens

20 adolescents à l’hôpital

TF 1 le 13 Février 2020 : début 14′ 28″

vidéo disponible jusqu’au 21/02/2020

Cette information de TF1 était annoncée dans « La lettre du CNPERT » de Janvier 2020

Alerte N°1 sur les ravages des drogues : l’ecstasy nouvelle, une drogue qui a tué en 2019 Pr J.-P. Goullé

L’ecstasy ou MDMA (méthylène-dioxyméthamphétamine) est une drogue de synthèse de la famille des amphétamines. Historiquement, sa diffusion en France a suivi l’essor du mouvement festif techno, elle est en outre recherchée plus spécifiquement pour ses effets empathogènes /entactogènes [améliorant chez de nombreux sujets leur
capacité à entrer en relation avec les autres (empathie) et à atteindre, pour soi-même, un état de sérénité permettant le contact avec son propre intérieur]. À forte dose, c’est une drogue hallucinogène qui peut entraîner une modification des perceptions sensorielles.

La MDMA est plutôt ingérée ; elle peut être aussi sniffée, et plus rarement fumée ou injectée. Elle provient majoritairement des Pays-Bas, premier pays de production en Europe occidentale. Le prix moyen d’un comprimé est de 10 euros (acheté moins de 1 euro par lot de 1000 en Belgique ou aux Pays-Bas). Après des années d’un oubli croissant, l’usage de ses comprimés fait un grand retour dans l’espace festif, par une
stratégie marketing de trafiquants issus de réseaux mafieux qui infiltrent les clubs, les discothèques et les teknivals.

Cinq pour cent des 18-64 ans ont expérimenté la MDMA/ecstasy en 2017, soit environ
1,9 million d’individus, tandis que la consommation dans l’année concernait 1,0% d’entre elle ; soit une progression d’un facteur 3 depuis 2010. Les tranches d’âge les plus concernées sont les 26 – 34 ans (8,5% d’expérimentateurs) et les 18 – 25 ans (7,0%).

Chez les jeunes de 17 ans, l’expérimentation s’établit en 2017 à 3,4%. Le 16 octobre dernier, le système européen d’alerte précoce (early working system ou EWS) de
l’Observatoire européen des drogues et toxicomanies, via son réseau, a diffusé une alerte destinée à tous les professionnels du secteur en contact avec des usagers
de drogues. Ils ont été prévenus que des comprimés très fortement dosés en MDMA circulaient au cours des derniers mois sur le marché. Il s’agit de comprimés dont les logos et les couleurs changent constamment (tête de singe/no hear, de couleur rose ; Nespresso, de couleur grise ; balance/soul, de couleur bleue ; tête de singe/no see, de couleur jaune) ce qui rend leur repérage extrêmement difficile. Ils renferment tous
entre 150 et 250 mg de MDMA.

Du fait de leur forte teneur en MDMA, Ils présentent un grand danger, la prise d’un seul comprimé pouvant menacer le pronostic vital. Depuis quelques années, les comprimés d’ecstasy ont des teneurs en constante augmentation pour atteindre des niveaux très
supérieurs à ce qui pouvait être observé dans les années 2000. Ainsi, alors qu’en 2009, la teneur moyenne dans un comprimé était de 44 mg, en 2017 elle atteignait en
moyenne 128 mg. Actuellement les teneurs maximales observées peuvent être supérieures à 300 mg par comprimé soit une dose très supérieure à celle
considérée comme toxique (environ 1,5 mg/kg de poids corporel).

Ces nouveaux comprimés, eu égard à leur forte teneur en MDMA, présentent des risques de complications graves (déshydratation, convulsions, coma, hyperthermie ou troubles cardio-vasculaires potentiellement mortels). Cette augmentation
considérable des teneurs est en lien avec les nouvelles formes d’ecstasy apparues sur le marché clandestin : des comprimés plus gros, aux couleurs plus vives et
avec des formes 3D représentant des logos de grandes marques connues. Récemment des jeunes  5 consommateurs festifs occasionnels parfaitement intégrés (étudiants du supérieur, y compris en médecine) se sont fait piéger par cette drogue d’un soir
et sont morts.

L’ecstasy, drogue festive par excellence, considérée jusqu’alors comme peu dangereuse, est devenue une nouvelle drogue tueuse. La cote d’alerte est dépassée dans le milieu de la nuit. Ainsi à Paris intra-muros, la brigade des stupéfiants fait état de 10 morts imputables à cette drogue au cours des 10 premiers mois de 2019, soit plus du tiers des décès par surdose enregistrés au cours de la même période.

L’ecstasy, avec ses 10 morts, a tué davantage que la cocaïne (8 morts) ou que l’héroïne (7 morts). De plus, il s’agissait de victimes qui étaient en parfaite santé, contrairement à la plupart de celles dues à la cocaïne ou à l’héroïne. Face à ce nouveau danger, il convient d’informer et de prévenir non seulement les adolescents et les parents, mais aussi d’appeler les autorités à la plus grande vigilance.

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