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Pourquoi j’ai eu tort de prendre la weed à la légère

Arrêter le cannabis, ce n’est pas si facile que ça peut en avoir l’air. Une jeune femme raconte sa relation à la weed, une drogue pas vraiment anodine…

Pourquoi j’ai eu tort de prendre la weed à la légère

Un mot de la rédacNous sommes le 20 avril, 4/20 selon la datation américaine. Et il se trouve que 420 est devenu outre-Atlantique le chiffre symbolisant la consommation de cannabis.

À cette occasion, voici donc le témoignage d’une jeune femme qui explore sa relation à la weed, de la découverte à l’arrêt en passant par une période pas très fun…

Hier, je suis tombée sur une vidéo du youtubeur Anthonin dans laquelle il raconte à cœur ouvert qu’il a eu des problèmes de dépendance avec le cannabis.

Je me suis retrouvée dans certains points de son histoire (bien que mon rapport à la fumette a été moins intense que le sien).

Entendre quelqu’un raconter un récit similaire au mien m’a fait du bien. Ça m’a rappelé une histoire qui est maintenant derrière moi et que je me sens prête à partager.

Peut-être que ça pourra t’éclairer d’une manière ou d’une autre !

Le cannabis et moi : ma petite histoire avec la weed

Depuis petite, mes parents m’ont ouvertement parlé de la weed (comme de l’alcool), tenant un discours que je pourrais résumer de la sorte :

On a testé, tu vas tester à ton tour, on ne peut pas t’en empêcher, et c’est pas grave, tant que tu fais attention à toi.

J’étais plutôt bien informée, le travail de pédagogie et de prévention de mes proches ou de l’école portait ses fruits : je ne diabolisais pas la fumette mais je savais qu’il était préférable de l’éviter, que des précautions étaient de mise.

La première fois que la prophétie de mes parents s’est réalisée (et donc que j’ai testé), c’était au lycée. J’étais pote avec des fumeurs, c’est donc assez naturellement que j’ai essayé en soirée.

Je n’ai pas su fumer, c’était un vieux bout de shit. Je n’ai pas aimé.

La consommation du cannabis chez les jeunes en FranceSelon l’OFDT, parmi les moins de 17 ans, 4 personnes sur 10 ont déjà fumé du cannabis en France en 2017, au cours de leur vie, (soit 39,1%).

L’enquête de l’OFDT menée sur l’année 2017 révèle aussi que « la consommation actuelle concerne surtout les plus jeunes et les hommes (28% des 18-25 ans, 35% des hommes et 21% des femmes de cette tranche d’âge). »

Il m’arrivait de fumer de temps en temps avec mes potes, mais ce n’était jamais agréable. Le lendemain, mon sommeil était toujours troublé et ma tête me faisait mal.

Ma consommation était donc très occasionnelle, et assez minime. À cette époque de ma vie, je n’avais jamais été vraiment stone (ni de manière plaisante, ni désagréable).

La weed californienne, ma vraie découverte du cannabis

Quelques années plus tard, âgée de 22 ans, j’ai déménagé pour 18 mois à San Francisco en Californie.

Ma vie était géniale, je me suis retrouvée en colocation dans une grosse maison avec plein de gens qui sont devenus mes amis.

J’adorais la ville, ses vibes, j’ai visité les musées, appris les expressions et le vocabulaire des habitants, j’ai exploré les rues biscornues, j’ai goûté les plats locaux…

C’est donc assez naturellement que j’ai testé une autre des spécialités californiennes : la weed.

Et elle n’avait rien à voir avec ce que j’avais pu tester avant.

La beuh, c’est une institution en Californie. Là-bas, elle est légale (sous certaines conditions) et surtout ELLE EST BONNE. Trèèès bonne.

Comme au lycée, je me suis retrouvée entourée de fumeurs. Et si à l’époque, on devait se cacher, à San Francisco, il n’y avait rien de tabou : la weed est plutôt encensée dans le berceau du mouvement hippie.

Pendant mes 18 mois sur place, j’ai fumé de temps en temps pendant les soirées (mais pas trop, sinon j’en perdais mon anglais). Quelquefois, je mangeais un petit bout de brownie magique (et gluten-free) avec ma coloc.

Ce que j’adorais avec ma weed californienne, c’était cette sensation d’exacerbation de ma créativité, de mes pensées, mes idées fulgurantes, la légèreté de mon corps…

Le point négatif que je lui trouvais, c’était ma tendance à faire de petits bad trips en cas de dosages trop importants. L’expérience devenait alors source de stress et d’angoisses absurdes, toujours plus improbables.

Le début de mes problèmes avec le cannabis

Les mois ont passé et la fin du voyage a sonné. J’ai dû quitter mes amis et cette belle petite vie californienne que je m’étais construite — San Francisco était devenue ma maison.

Je suis donc retournée en France à contre cœur, en traînant les pieds autant que ma grosse valise remplie de souvenirs.

La réadaptation à mon pays, à ma ville, à mon appartement a été terrible. Ce furent les pires mois de ma vie.

Je ne voulais pas être ici, mes amis me manquaient, et de retour d’une ville progressiste comme San Francisco, je trouvais ma patrie affligeante de bêtise, emplie de mentalités obtuses.

Bref, le gros bad.

Surtout si tu rajoutes à ça que je ne savais plus où j’en étais dans ma vie. Je suis rentrée au bercail sans plans d’avenir et mon point de vue sur beaucoup de choses avait changé. J’étais perdue comme jamais.

Reprendre des études ? Partir vite et loin ? Trouver un job en attendant ? Faire de l’associatif ? Quitter ma ville ? Rentrer chez mes parents ?

Ma tête était pleine d’interrogations et mes journées étaient vides. J’étais si triste et très angoissée quant à mon avenir. Étant de nature optimiste, c’était la première fois que je n’arrivais pas à voir le positif d’une situation.

Rapidement après mon retour, j’ai retrouvé mes amis de toujours, dont un qui m’a vendu un peu de weed. C’était la première fois que j’achetais en France.

C’est là que les problèmes ont commencé.

J’ai commencé par fumer un joint tous les soirs, tranquille chez moi, devant une série, ou en peignant, en dansant… C’était un moment de bien-être et de créativité, que j’attendais avec hâte dans ma journée.

Mais comme tu peux t’en douter, j’en ai voulu plus, toujours plus. Ça devenait de moins en moins léger.

Très peu de mes amis étaient au courant de cette consommation, qui était un truc personnel pour moi.

J’ai compris que le cannabis était mauvais pour moi

J’ai commencé à tiquer quand j’ai réalisé que j’attendais un peu trop le moment où j’allais fumer, que ce n’était plus occasionnel du tout.

Quand j’ai percuté qu’en plus de creuser mon budget, le cannabis me provoquait de l’anxiété et du stress, une mauvaise respiration, une gorge constamment irritée…

Mais le coup de grâce a été quand je me suis rendu compte que la weed grignotait mon cerveau et altérait ma mémoire.

C’était trop.

J’ai toujours eu une excellente mémoire depuis petite, je suis le genre de meuf capable de ressortir des tirades entières de films vus il y a des années. Que la beuh touche à une caractéristique qui m’a toujours définie, ça m’a fait peur.

C’est à ce moment-là que les désagréments de la weed ont vraiment pesé plus lourd que tous ses aspects « positifs » — ou en tout cas perçus comme tels.

J’ai décidé d’arrêter.

Je n’ai pas réussi tout de suite, il m’a fallu plusieurs essais, il a fallu que je casse le matériel me permettant de fumer : j’ai vu ça comme un signe d’encouragement, et j’ai pu arrêter pour de bon.

Je n’ai pas eu recours à une aide professionnelle mais si tu penses en avoir besoin, si tu n’arrives pas à arrêter seule, n’hésite pas !

De l’aide pour gérer ta relation au cannabisRéussir à demander de l’aide à son entourage quand ça va mal, ce n’est pas forcément évident. C’est même parfois très difficile.

Quelle que soit ta situation, et surtout lorsqu’il s’agit d’un problème d’addiction, à une drogue ou autre, rappelle-toi qu’il est normal d’avoir besoin d’aide, qu’il est important de savoir en demander, et plus important encore de réussir à l’accepter.

Le mieux est d’en parler à une personne de confiance, que ce soit au sein de ta famille, parmi tes amis et amies proches, une connaissance en qui tu as confiance, ou quelqu’un d’extérieur : prof, infirmier, psychologue… Tu n’es pas seule.

Quelques numéros utiles :

  • Drogues info service : 0 800 23 13 13
    Ouverte de 8h à 2h, 7 jours sur 7. Appel anonyme et gratuit depuis un poste fixe.
    Appel depuis un portable au coût d’une communication ordinaire : 01 70 23 13 13.
    Site internet par ici.
  • Ecoute cannabis : 0 980 980 940.
    Ouverte de 8h à 2h, 7 jours sur 7. De 8h à 2h, 7 jours sur 7. Appel anonyme et gratuit depuis un poste fixe.
  • Fil santé jeunes : 0 800 235 236.
    Ouverte aux 12-25 ans, tous les jours de 9h à 23h. Appel gratuit et anonyme.
    Le site internet juste là.

Mon rapport au cannabis après mes problèmes avec la weed

Je ne veux pas effacer cette période, cette relation avec la weed, car au final ça fait partie de moi. Ça fait partie de celle que je suis aujourd’hui.

À mes yeux, sans le cannabis, je n’aurais pas eu certaines idées, exploré certaines sensations, certains recoins inconnus de mon cerveau, créé certaines œuvres.

Mais jamais je ne veux retomber dedans.

J’ai « fait mes expériences », comme on dit, et j’ai la chance d’avoir réagi assez vite avant que la situation devienne impossible à vivre. Car la weed m’a quand même apporté tellement de mauvaises choses.

Aujourd’hui je me rends compte que mon discours sur le sujet a complètement changé par rapport à une période plus insouciante de ma vie. Il y a des idées reçues que je ne peux pas ne pas réfuter.

L’idée reçue : « on ne peut pas être accro au cannabis »

Arrêter de fumer, ça a été dur pour moi.

On parle souvent de la weed en des termes bien flatteurs pour vanter ses mérites, en réaffirmant haut et fort qu’elle ne génère pas d’addiction.

Alors, certes, il n’y a pas de dépendance physique comme avec d’autres substances mais les dépendances mentales et émotionnelles sont bel et bien réelles, aussi réelles que difficiles à gérer.

Il se trouve qu’en plus d’Anthonin (dont je te parlais dans l’intro), Carologie, une youtubeuse que j’aime beaucoup, a lancé l’année dernière une série de vidéos qu’elle a intitulée STORIHUANA.

Elle y partage son expérience avec la consommation de cannabis, l’évolution de sa consommation, sa dépendance, son envie d’arrêter, ses rechutes…

Quand j’ai découvert ses vidéos l’année dernière, ma consommation de cannabis était déjà bien derrière moi, mais ça m’a fait un bien fou d’entendre un discours similaire au mien dans la bouche de quelqu’un d’autre.

On ne partage ni le même vécu ni le même niveau d’addiction (ma consommation n’a jamais été si lourde en comparaison), mais j’étais ravie d’entendre quelqu’un parler des phénomènes de dépendance mentale et émotionnelle liés à la weed.

Clarisse, une autre madmoiZelle, racontait d’ailleurs une expérience assez similaire dans ce témoignage sur son addiction au cannabis :

« Le cannabis est considéré comme une drogue douce. C’est sournois comme la clope, et c’est là le vrai piège.

Je ne me suis pas rendu compte tout de suite que j’étais accro, je l’ai vraiment compris seulement après avoir arrêté totalement. Je ne m’attendais pas du tout à tomber là-dedans. »

Arrêter le cannabis, c’est difficile et il faut le dire

Maintenant, le discours « on ne peut pas être accro au cannabis nani nana » m’énerve au plus haut point.

Si on ne peut pas se retrouver en situation de dépendance avec cette substance et ses effets, alors pourquoi est-ce que tout un tas de gens galèrent à arrêter d’en consommer ?

Arrêter la weed, c’est renoncer à des sensations cool. Mais des sensations cool qui ont un prix.

Fumer gaspillait mon énergie, favorisait ma léthargie, nourrissait mes angoisses, avait des répercussions déplorables sur mon état de physique, mettait ma santé en danger…

La fumette m’éloignait de mes proches non-fumeurs, qui n’auraient pas pu tout comprendre, et m’isolait.

En plus, bien sûr, d’être une consommation illégale, ce qui me mettait en danger vis-à-vis de la justice, en plus de plomber mon budget.

Le cannabis cache les problèmes mais ne les résout pas

Avec le recul, ma « période weed » était surtout un symptôme d’un moment down et chelou de ma vie. Alors si je pouvais parler à la moi du passé, je lui dirais :

« Pose ça et réfléchis deux secondes.

Fais attention, peut-être que « tu kiffes », peut-être que « tu gères », mais tu as des failles et la weed saura s’y immiscer si tu ne fais pas attention.

Questionne-toi. Pourquoi à ton avis, ta consommation change pile au moment où tu ne te sens plus bien dans ta vie ? Tu penses vraiment que c’est si sain que ça ?

Essaye de calculer plus tôt le ratio avantages/inconvénients de ta consommation ? Est-ce que ça te correspond vraiment, ce mode de vie ?

Est-ce que les choses positives que tu en tires, tu ne peux pas les retrouver autrement ? Sans substances ? »

Aujourd’hui, je suis épanouie, sans toucher à la weed, et je sais que j’ai de la chance d’y être arrivée. Alors si toi aussi tu galères, j’espère que cet article aura pu t’aider !

Source

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Covid-19, confinement et addictions

 Communiqué de l’Académie nationale de Médecine 

 20 avril 2020

En cette période de confinement prolongé, l’isolement, l’ennui et le désœuvrement favorisent les comportements addictifs et aggravent la dépendance des personnes vulnérables vis-à-vis du tabac, de l’alcool, d’autres drogues, des écrans, des jeux d’argent et de hasard…

Le tabac cause chaque année en France 75.000 décès, l’alcool 41.000 sans compter les nombreux handicaps et maladies chroniques affectant des millions consommateurs. Avec 4 à 5 millions d’alcoolo-dépendants, 13 millions de fumeurs de tabac et un million et demi d’adeptes du cannabis, la France compte parmi les pays européens les plus exposés aux risques d’aggravation liés au confinement.

La cohabitation forcée dans un espace domiciliaire exigu expose au tabagisme passif qui fait chaque année 880.000 victimes dans le monde dont 3.000 en France. L’altération pulmonaire préexistante du fumeur le rend plus vulnérable à l’agression par le Sars-CoV-2 [1]. En cas d’infection déclarée, toute consommation de produits inhalés (tabac, cannabis, cocaïne…) semble augmenter le risque de forme sévère [2].

Les conditions de confinement à domicile favorisent les violences conjugales et intra-familiales, ainsi que les accidents domestiques, notamment à la faveur d’alcoolisations aiguës. Chez les personnes souffrant d’affections psychiatriques chroniques, l’interruption du suivi médical peut laisser s’installer des états de décompensation avec un recours accru à l’utilisation d’alcool et de drogues [3].

L’Académie nationale de médecine recommande :

  1. de diffuser largement les numéros d’appel pour informer la population sur les possibilités d’aide aux personnes à risque de dépendance ;
  2. de sensibiliser les professionnels sanitaires et médico-sociaux au risque d’interruption des soins chez les personnes suivies pour une pathologie addictive ;
  3. de ne pas interrompre l’activité des structures sanitaires médico-sociales spécialisées en addictologie dans leurs actions visant à une réduction des risques associés à la consommation de drogues ;
  4. de ne pas attendre du tabac un hypothétique effet protecteur contre le Covid-19, mais de considérer les risques bien réels liés à sa consommation en zone confinée, pour le fumeur lui-même, et autour de lui, pour les enfants, les femmes enceintes, les malades et les personnes âgées.

[1] World Health Organization. Tobacco Free initiative: Tobacco and waterpipe use increases the risk of suffering from COVID-19. www.emro.who.int/tfi/know-the-truth/tobacco-and-waterpipe-users-are-at-increased-risk-of-covid-19-infection.html

[2] http://www.emcdda.europa.eu/publications/topic-overviews/covid-19-and-people-who-use-drugs_en

[2] Covid-19 et Psychiatrie, Communiqué de l’Académie nationale de médecine du 17 avril 2020.

Covid-19 : le cannabis augmente le risque de complications

Fumer de la marijuana provoque une inflammation du poumon, même lorsqu’il s’agit d’un usage occasionnel. Ce qui n’est pas bon en cas d’infection par SARS-CoV-2.

Covid-19 : le cannabis augmente le risque de complications OLENA BONDARENKO/ISTOCK
L’ESSENTIEL
  • L’usage de cannabis augmente le risque de forme sévère de Covid-19
  • La toux des fumeurs de cannabis peut compliquer le diagnostic de l’infection par le coronavirus

Fumer de l’herbe pour vous relaxer n’est pas la meilleure des idées en période d’épidémie. Substance autorisée pour ses usages thérapeutiques dans certains pays, le cannabis pourrait aggraver les symptômes du Covid-19. 

Des poumons déjà inflammés par la marijuana

« Lorsque vous fumez du cannabis, cela provoque un certain degré d’inflammation dans les voies respiratoires, très similaire à une bronchite », explique le Dr Albert Rizzo, médecin en chef de l’American Lung Association, à CNN. « La marijuana se consume à une température plus faible que les cigarettes industrielles, ajoute le pneumologue Mitchell Glass, également à CNN, à cause de cela, le consommateur inhale un certain nombre de particules non-consumées de la plante. » Selon lui, cela peut irriter les poumons autant que le pollen chez les personnes allergiques. Si vous contractez le Covid-19 et que vous fumez du cannabis, vous aurez une inflammation doublée d’une infection, ce qui multiplie les risques de complications.

La mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives confirme ces informations sur son site : « La consommation régulière de produits inhalés (tabac, cannabis, cocaïne, crack, etc) augmente le risque d’infection et de forme sévère. » Elle rappelle qu’il est primordial de ne pas partager de cigarette ou de joint pour éviter les risques de contamination, et de bien se laver les mains avant et après toute consommation.

Un diagnostic plus difficile 

Pour les fumeurs de tabac comme de cannabis, il est fréquent de tousser, cela peut compliquer le diagnostic du médecin en cas de suspicion de Covid-19, car la toux sèche est l’un des symptômes du virus. « Vous ne voulez rien faire qui puisse altérer la capacité d’un soignant à faire un diagnostic rapide et précis », lance le Dr Glass aux consommateurs de cannabis. Et si vous fumez peu de joints ou uniquement depuis peu de temps, cela ne vous épargne pas du risque de complications. D’après lui, le cannabis est néfaste pour les poumons, même chez les « jeunes » ou « petits » fumeurs.

Source 

L’effet du confinement sur le trafic de drogue ……

……Fin des « mules » et des « go fast », cannabis bloqué en Espagne

Dans un document daté de la fin mars, la police judiciaire décrit dans le détail comment les organisations criminelles s’adaptent au confinement.

Lundi 6 avril au matin, une équipe de douaniers a découvert 50 kg de cocaïne dans un conteneur en provenance des Antilles, débarqué au terminal de Montoir-de-Bretagne (Loire-Atlantique), à proximité de Saint-Nazaire. Cette saisie intervient quelques jours après celle de 300 kg de cocaïne réalisée le mardi 31 mars dans le port de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône). La drogue avait cette fois été découverte dans un conteneur en provenance d’Amérique du Sud. C’est la deuxième saisie de cocaïne dans la région marseillaise, après celle qui avait vu, fin février, une cargaison record de 3,3 tonnes en provenance du Costa Rica saisie par la police.

Autant de confirmations que malgré la crise sanitaire et les nombreuses mesures restrictives de déplacement, les organisations criminelles n’entendent pas abandonner le trafic et cherchent comment s’adapter aux nouvelles conditions imposées à leur commerce illégal qui leur permet, en temps normal, de fournir chaque mois en moyenne 35 tonnes de cannabis, 2 tonnes de cocaïne, 850 kg d’héroïne ou encore 500 000 comprimés d’ecstasy.

Dans un document intitulé « Note de situation sur l’impact du coronavirus sur la criminalité liée au trafic de stupéfiants », de la fin du mois de mars, l’office antistupéfiants (Ofast) de la police judiciaire revient sur la situation du trafic et décrit les moyens par lesquels les groupes criminels tentent de contourner les restrictions liées à la crise sanitaire pour continuer à acheminer de la drogue sur le territoire français.

Fin des « mules » et des « go fast »

L’Ofast note tout d’abord que « tous les vecteurs par lesquels les stupéfiants alimentent les points de vente sont fortement ralentis ou à l’arrêt complet. Cette situation ne permet plus d’acheminer les quantités auxquelles le marché s’était habitué. Le contexte de la lutte contre les trafics a ainsi radicalement changé. »

« L’arrêt des importations a interrompu l’arrivée de grandes quantités de stupéfiants qui sont en attente sur le territoire espagnol », souligne l’Ofast.

C’est par exemple le cas des « mules » transportant de la cocaïne au départ de Cayenne vers la métropole, dont le flux s’est totalement estompé depuis le 21 mars, souligne l’office. C’est aussi le cas pour les « go fast » qui sont annulés ou reportés à des temps plus cléments. Les policiers constatent ainsi que les véhicules qu’ils ont placés sous surveillance ne se déplacent plus

La suite est réservée aux abonnés de « Le Monde »

Le cannabis s’en prend aussi aux enfants de ceux qui le consomment.

Pr. Jean Costentin

La consommation d’un cannabis, six fois plus fortement dosé en THC
(tétrahydrocannabinol) qu’autrefois, place notre pays au tout premier rang européen :
Malgré sa prohibition, 1.500.000 individus des deux sexes s’y adonnent, à l’âge où ils
peuvent procréer.

Quel(s) inconvénient(s) pourrai(en)t avoir le fait qu’ils procréent ?
Quand survient une grossesse, la gestante peut-elle poursuivre Continuer à lire « Le cannabis s’en prend aussi aux enfants de ceux qui le consomment. »

Communiqué de l’Académie nationale de Médecine

PANDÉMIE DE COVID-19 : MESURES BARRIÈRES RENFORCÉES PENDANT LE

CONFINEMENT ET EN PHASE DE SORTIE DE CONFINEMENT 2 Avril 2020

En Extrême-Orient, depuis de nombreuses années, le port d’un masque anti-projection par la population est à la fois une mesure de prévention et un acte de civisme en situation d’épidémie de virus à tropisme respiratoire (notamment dans les pays les plus frappés par le virus du SRAS en 2003).

Face à l’épidémie de Covid-19, cette mesure a contribué à une réduction du taux de reproduction à Taïwan, Singapour et en Corée du Sud.

Il est établi que des personnes en période d’incubation ou en état de portage asymptomatique excrètent le virus et entretiennent la transmission de l’infection. En France, dans ce contexte, le port généralisé d’un masque par la population constituerait une addition logique aux Continuer à lire « Communiqué de l’Académie nationale de Médecine »

Histoire des drogues

Si la première vidéo (1/6) diffusée sur ARTE vous a intéressé vous pouvez voir les autres épisodes en cliquant ici

Coronavirus : le cannabis, victime collatérale du Covid-19

Contrôles accrus et fermeture des frontières ne font pas bon ménage avec le trafic de cannabis. Le produit illicite le plus fumé de France voit sa consommation fortement perturbée par l’épidémie de coronavirus, obligeant les trafiquants à se réinventer pour s’approvisionner en période de confinement.

Dans son appartement du centre d’Orléans, Cédric fume son dernier gramme de cannabis acheté il y a une dizaine de jours. « Le mardi matin, soit quelques heures avant le confinement, le prix du gramme de cannabis avait déjà doublé », dit à Reuters cet organisateur de spectacle de 53 ans, consommateur régulier, évoquant la journée du 17 mars, quand la France s’est retrouvée sous cloche. « Mais depuis, ajoute-t-il, il n’y a plus de trafic dans les rues. »

Son dealer, qui compte entre 50 et 70 clients sur l’année, s’approvisionne habituellement lui-même en Belgique et aux Pays-Bas ou bien fait acheminer de la résine de cannabis du Maroc. Avec les mesures de confinement imposées en France pour limiter la propagation du coronavirus, et les contrôles presque systématiques des voitures, il a décidé de mettre un terme à ses déplacements.

« Pour l’instant, on vit sur les stocks d’avant le confinement, mais on en voit le bout », dit celui qui touche entre 2 500 et 3 000 euros de bénéfices les mois les plus vendeurs grâce à cette activité. « La savonnette de 100 grammes a pris 200 euros de plus en quelques jours. Si le confinement continue, je vais essayer de me tourner vers des connaissances qui ont de l’herbe locale. Mais il faut que je puisse me rendre chez eux. Bref, ça va être galère », ajoute ce salarié du secteur privé.

500 euros les 100 grammes

Dans certaines villes, les services policiers ont constaté, tout comme à Orléans, de fortes hausses de prix sur le terrain. A Marseille, les 100 grammes de cannabis sont passés de 280 à 500 euros en une semaine, rapporte le syndicat Unité SGP Police. Le marché se tend à Bordeaux et à Rennes. La résine de cannabis commence aussi à se faire très rare en prison, où 20 grammes peuvent se vendre 500 euros.

Une autre source policière en région parisienne précise que le prix du kilo de cannabis chez les semi-grossistes est passé de 2.000 à 3.500 euros depuis le début du confinement. « On nous parle d’un début de pénurie », dit à Reuters Yann Bastière, délégué national investigation d’Unité SGP Police.

Le cannabis est de très loin le produit illicite le plus consommé en France, selon l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT). On estime que 18 millions de Français chez les 11-75 ans en ont testé au moins une fois au cours de leur vie, et cinq millions sont des consommateurs annuels. La drogue provient majoritairement du Maroc et transite par l’Espagne. Mais les deux pays ont fermé leurs frontières maritimes et terrestres lorsque les foyers de coronavirus européens se sont intensifiés, rendant plus difficile l’acheminement de marchandises. « Aussi bien côté marocain qu’espagnol, tout le monde fait attention à sa frontière et ce qui peut y passer », dit Yann Bastière.

Les prix n’augmentent pas partout pour autant. Dans le Val-de-Marne, les points de deal ont été désertés par la clientèle, craintive à l’idée de subir des contrôles, explique à Reuters Yvan Assioma, secrétaire régional Paris pour Alliance Police nationale. Les prix ont donc légèrement baissé.

Crainte de violences urbaines

Sur le terrain, les dealers rivalisent d’ingéniosité pour vendre leur marchandise, donnant rendez-vous dans les supermarchés ou les tabacs, seuls commerces encore ouverts, ou bien en recrutant des « joggeurs » et des livreurs à vélo. Certains profitent de la situation pour augmenter les prix, ce qui ne signifie pas pour l’instant que la pénurie est notable, dit Thierry Colombié, économiste et spécialiste du crime organisé, mais ça ne saurait tarder.

Il note que les quelque 700 réseaux existants en France se sont tournés vers les Pays-Bas, alimentés eux-aussi par le Maroc, qui disposent d’un stock confortable de cannabis. Les livraisons se poursuivent, cachées dans les marchandises encore autorisées à passer les frontières. Mais les réserves s’amenuiseront vite.

Ces perturbations risquent d’être le vecteur de tensions dans les quartiers difficiles. « La pénurie va mettre de côté tous les petits trafiquants qui, jusque-là travaillaient en flux tendu », explique Thierry Colombié, qui précise que selon les dernières études disponibles, 200 000 personnes travaillent pour ces réseaux. « On sait qu’il y a dans les cités assez d’argent pour rester dans une stratégie (…) de survie. Si vous enlevez cette stratégie de survie à des centaines de milliers de familles, ça va poser un vrai problème », dit-il, ajoutant craindre une réédition des émeutes de 2005.

Dans les prisons – où la consommation de cannabis avoisine les 35% selon un étude de l’OFDT -, plusieurs mutineries ont déjà éclaté après la suspension des parloirs la semaine dernière. Outre les problèmes d’hygiène que pose la surpopulation carcérale en pleine épidémie de coronavirus, les difficultés pour se procurer la drogue peuvent avoir joué un rôle dans l’apparition de violences, estime Thierry Colombié.

Source

Coronavirus, alcool, tabagisme et cannabis : il est temps de dire la vérité !

Par le Professeur Costentin

Plus de 7.000 morts en Italie, plus de 4.000 en Espagne, plus de 1.000 en France, et certainement bien plus : voilà qui suffit à prendre la mesure du drame en cours.

Il urge de généraliser la prise de conscience de la gravité de la situation ; de la faire partager, afin que les précautions prises par la majorité de nos concitoyens ne soient pas annihilées par l’inconscience des réfractaires inconscients.

Si nous pouvons être tous infectés, il faut éviter de l’être simultanément afin que les plus atteints puissent être accueillis dans des lits de réanimation, en nombre inévitablement compté. Un ralentissement de l’épidémie permettra aussi d’attendre « les beaux jours » dont on peut espérer qu’à l’instar du myxovirus de la grippe, ils tempéreront l’agressivité du virus. Ce ralentissement donnera davantage de temps pour valider expérimentalement l’efficacité éventuelle de certains médicaments antiviraux ou antipaludéens et, enfin, d’attendre la conception d’un vaccin.

Ces banalités rappelées, il paraît plus original et non moins important de mettre en perspective ce qu’on redoute du coronavirus avec les méfaits que s’inflige la trop large fraction de notre population qui s’adonne aux drogues et toxicomanies.

Cet après-midi, l’employé d’un petit supermarché est sorti devant le magasin pour fumer une cigarette ; il a alors abaissé son masque de protection. Il parut surpris quand je lui dis : « Vous savez, le coronavirus n’a tué, aujourd’hui, en France, qu’une quinzaine des nôtres, alors que le tabac en a tué 200 ; comptez avec moi ; 75.000 morts par an, cela fait, pour chaque jour, 365 fois moins, c’est à dire 205. »

Et que font les pouvoirs publics contre ce fléau chronique ? Ils décident que les débits de tabac resteront ouverts pendant la période de confinement. Ignoreraient-ils que le poumon du fumeur est encore plus vulnérable que le poumon normal à l’agression virale ?

Même réflexion concernant l’alcool. Aujourd’hui, en France, ce ne sont pas 15 décès, comme pour le coronavirus, qu’on aura à déplorer de l’intempérance alcoolique, mais 120, soit 8 fois plus ; insistons : 45.000 décès annuels dus à l’alcool font, chaque jour, 123 victimes.

On peut espérer que les patients survivant au Covid-19 connaîtront un rétablissement quasi complet de leur santé (restitutio ad integrum). Ce ne sera pas le cas, tant s’en faut, pour les fumeurs ou les buveurs invétérés qui ne mourront pas de ces drogues, car de nombreux handicaps les affecteront, qui altéreront à des degrés divers leur « qualité de vie » et obéreront les comptes sociaux. Pourtant, comme pour les bureaux de tabac, la puissance publique a décrété que les cavistes resteront ouverts pendant la période de confinement.

Dit très crûment : « Pour ne pas trop vous “emmerbêter” pendant le confinement, vous pouvez fumer et picoler ! »

Le ministère de la Santé, complètement dans son rôle, a mis en garde contre l’usage des corticoïdes et des anti-inflammatoires non stéroïdiens, en cas de suspicion de coronavirus. Il a, par contre, omis d’avertir qu’en l’occurrence, le cannabis constituait une contre-indication manifeste en raison de ses effets dépresseurs de l’immunité. Le ministre qui, avant de l’être, était la figure de proue, à l’Assemblée nationale, du « cannabis thérapeutique », pour ne pas se contredire, cacherait-il cette contre-indication au million et demi de consommateurs de cette drogue prohibée ?

Une question à ce même ministre, qui a aussi beaucoup milité pour les « salles de shoot » : resteront-elles ouvertes pendant le confinement ? Et si oui, quelle case faudra-t-il cocher sur le laissez-passer pour justifier de s’y rendre ? « Déplacement pour motif de santé ? »

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