L’effet du confinement sur le trafic de drogue ……

……Fin des « mules » et des « go fast », cannabis bloqué en Espagne

Dans un document daté de la fin mars, la police judiciaire décrit dans le détail comment les organisations criminelles s’adaptent au confinement.

Lundi 6 avril au matin, une équipe de douaniers a découvert 50 kg de cocaïne dans un conteneur en provenance des Antilles, débarqué au terminal de Montoir-de-Bretagne (Loire-Atlantique), à proximité de Saint-Nazaire. Cette saisie intervient quelques jours après celle de 300 kg de cocaïne réalisée le mardi 31 mars dans le port de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône). La drogue avait cette fois été découverte dans un conteneur en provenance d’Amérique du Sud. C’est la deuxième saisie de cocaïne dans la région marseillaise, après celle qui avait vu, fin février, une cargaison record de 3,3 tonnes en provenance du Costa Rica saisie par la police.

Autant de confirmations que malgré la crise sanitaire et les nombreuses mesures restrictives de déplacement, les organisations criminelles n’entendent pas abandonner le trafic et cherchent comment s’adapter aux nouvelles conditions imposées à leur commerce illégal qui leur permet, en temps normal, de fournir chaque mois en moyenne 35 tonnes de cannabis, 2 tonnes de cocaïne, 850 kg d’héroïne ou encore 500 000 comprimés d’ecstasy.

Dans un document intitulé « Note de situation sur l’impact du coronavirus sur la criminalité liée au trafic de stupéfiants », de la fin du mois de mars, l’office antistupéfiants (Ofast) de la police judiciaire revient sur la situation du trafic et décrit les moyens par lesquels les groupes criminels tentent de contourner les restrictions liées à la crise sanitaire pour continuer à acheminer de la drogue sur le territoire français.

Fin des « mules » et des « go fast »

L’Ofast note tout d’abord que « tous les vecteurs par lesquels les stupéfiants alimentent les points de vente sont fortement ralentis ou à l’arrêt complet. Cette situation ne permet plus d’acheminer les quantités auxquelles le marché s’était habitué. Le contexte de la lutte contre les trafics a ainsi radicalement changé. »

« L’arrêt des importations a interrompu l’arrivée de grandes quantités de stupéfiants qui sont en attente sur le territoire espagnol », souligne l’Ofast.

C’est par exemple le cas des « mules » transportant de la cocaïne au départ de Cayenne vers la métropole, dont le flux s’est totalement estompé depuis le 21 mars, souligne l’office. C’est aussi le cas pour les « go fast » qui sont annulés ou reportés à des temps plus cléments. Les policiers constatent ainsi que les véhicules qu’ils ont placés sous surveillance ne se déplacent plus

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