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Voiture et Cannabis (Journal Télévisé de TF1 26/12/2019)

Cliquez sur la photo pour voir  la vidéo  à partir de  15’30 »Triste démonstration 

La toxicomanie n’est plus ce qu’elle était

Paris, le mardi 24 décembre 2019 – L’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) a publié les derniers chiffres de son dispositif TREND qui analyse les dernières tendances dans le milieu de la drogue. Il conclut à une dégradation des conditions de vie des toxicomanes.
Ceux qui passent par les stations de métro du nord-est parisien le savent bien : il est aujourd’hui fréquent, dans les grandes villes françaises, d’assister à des scènes de consommation de crack ou d’héroïne en public. Les toxicomanes se cachent de moins en moins pour consommer leurs produits, signe d’une dégradation de leur condition de vie, observés par l’OFDT. Grâce à son dispositif Tendances récentes et nouvelles drogues (TREND), l’organisme observe chaque année l’évolution de la consommation de drogue dans les principales villes de métropole.
Selon son dernier rapport, les dernières années ont été marquées par une dégradation des conditions de vie des toxicomanes urbains, qui vivent dans une situation de plus en plus précaire, notamment d’un point de vue sanitaire. L’augmentation des interventions policières à leur encontre, y compris près des centres d’accueil spécialisés (CAARUD) et la fermeture des squats en centre-ville, a conduit les toxicomanes à se réfugier dans des habitats précaires ou dans des abris de fortune insalubres. Les centres d’hébergement d’urgence et notamment ceux adaptés aux usagers de drogue sont saturés.

Des toxicomanes venus du Maghreb et d’Europe de l’Est

Outre celle d’alcool et de cannabis, la consommation des toxicomanes dépend de la disponibilité des produits sur le marché : on consomme du Skenan à Lyon, du crack à Paris, de l’héroïne à Lille. Phénomène nouveau, l’usage récréatif de prégabaline, médicament prescrit notamment contre les douleurs neuropathiques obtenu grâce à des ordonnances falsifiés, est en forte hausse depuis 2017.
Parmi ces toxicomanes urbains, on trouve de nombreux jeunes précaires (entre 15 et 25 ans) marqués par des ruptures familiales, des mineurs isolés (MNA) originaires du Maghreb ainsi que de nombreux hommes originaires d’Europe de l’Est. Chez ces derniers, on observe une grande prévalence de l’hépatite C, une méfiance vis-à-vis des structures de soins et une méconnaissance totale des pratiques de réduction des risques (RdRD). Pour ces usagers de drogue, la précarité est à la fois la cause et la conséquence de leur addiction, la drogue étant pour beaucoup le moyen de supporter leurs conditions de vie et de créer de nouvelles sociabilités.

Vente à domicile et call center

L’OFDT s’est également intéressé à l’évolution de la consommation de drogues dans le milieu de la fête. Le développement d’une scène festive alternative a bouleversé les repaires. Au nom d’une certaines idéologie libertaire, la consommation de drogues (cocaïne, MDMA/ectasy et kétamine essentiellement) est en effet tolérée par les organisateurs de ces soirées d’un genre nouveau, contrairement à ce qu’il en est dans les établissements festifs commerciaux. L’OFDT observe cependant que, grâce à une bonne connaissance en matière de RdRD de la part des fêtards, les incidents liés à des surdoses y sont rares.
L’OFDT observe également que l’évolution de la toxicomanie conduit à une diversification du trafic, qui tente de s’adapter à la demande. Si la classique vente de produits au coin de la rue est encore très présente dans les cités, on observe, notamment auprès des usagers les plus aisés, une augmentation de la vente à domicile. En 2018, la police a ainsi démantelé plusieurs « call-centers » de drogue en Seine-Saint-Denis. Le « darknet » est également devenu un haut lieu d’approvisionnement, notamment pour la MDMA.

Hausse de la consommation de crack

Enfin, l’OFDT tire la sonnette d’alarme sur la hausse de la consommation de crack (cocaïne base) chez les consommateurs de cocaïne, qui concerne autant les personnes en situation précaire que des usagers bien insérés socialement. La part de décès par overdose dans lequel la cocaïne est impliqué est ainsi passé de 10 % en 2010 à 26 % en 2017, soit 109 décès par surdose de cocaïne. On observe également une augmentation de la consommation de kétamine, de GHB/GBL et de protoxyde d’azote.

Une hypertrophie du cœur chez les fumeurs de cannabis

Les personnes qui fument régulièrement du cannabis auraient un ventricule gauche plus volumineux.

Les chercheurs de l’université Queen Mary de Londres (Grande-Bretagne) ont fait passer un IRM du cœur à 3400 patients parmi lesquels ils ont répertorié 150 fumeurs ou ex-fumeurs réguliers de cannabis. Ils ont ainsi découvert que les fumeurs avaient un cœur plus gros que la normale et montraient une altération précoce de la fonction cardiaque.

« L’Organisation mondiale de la santé a mis en garde contre les effets nocifs potentiels sur la santé de la consommation de cannabis à des fins non médicales et a appelé à davantage de recherches spécifiquement sur l’impact cardiaque » souligne le Dr Mohammed Kanjhi, principal auteur de l’étude.

Les fumeurs de cannabis souffrent d’une altération du ventricule gauche. En revanche, le cœur semble pomper la même quantité de sang et les autres parties du muscle cardiaque ne semblent pas affectées, expliquent les chercheurs. Ces derniers ont également constaté que le cœur reprenait sa taille normale dès que les fumeurs cessent de consommer du cannabis.

Cette étude a été publiée dans la revue Cardiovascular Imaging.

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Conduite automobile : l’effet très longue durée du cannabis

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Fumer un joint de cannabis et prendre ensuite le volant expose à des risques réels d’accident : la drogue altère la capacité de conduire et ses effets persistent de longues heures.

Des statistiques françaises récentes révèlent que l’usage du cannabis est impliqué dans 14% des accidents de la route mortels, alors que cinq millions de Français indiquent avoir fumé du cannabis au moins une fois durant l’année écoulée. Dans ce contexte, une équipe du CHU de Garches a réalisé une expérience dont les conclusions ne manquent pas d’interpeller.

Elle a recruté des fumeurs – très – réguliers de cannabis (un ou deux joints par jour) et des consommateurs occasionnels (un ou deux joints par semaine), âgés de 18 à 34 ans, afin de réaliser des tests en conditions réelles, puisqu’ils ont fumé un « vrai » joint avant de se mettre au volant (dans un environnement sécurisé, bien entendu). Les chercheurs ont mesuré leur taux de THC (le cannabinoïde aux effets psychotropes) par prélèvement salivaire et sanguin, jusqu’à ce qu’il disparaisse de l’organisme. Que constate-t-on ?

• Lors des tests de conduite, le temps de réaction est allongé de 17 à 20% après avoir fumé du cannabis. Cette augmentation est considérable, sachant que la drogue affecte aussi la capacité à maintenir une trajectoire rectiligne, et d’autres paramètres de conduite.

• L’effet du cannabis sur la conduite automobile dure plus longtemps chez le fumeur occasionnel (jusqu’à 13 heures !) que chez le fumeur régulier (8 heures en moyenne).

• Les tests salivaires utilisés par la police lors des contrôles donnent des résultats assez fiables, mais pendant un temps limité (beaucoup moins long que la durée des effets réels du cannabis).

Alors que de plus en plus d’automobilistes ont pris conscience des dangers de l’alcool au volant, les consommateurs de cannabis doivent considérer que cette drogue dite récréative expose à des risques considérables, et ceci pendant de longues heures. Fumer un joint ou conduire, ici aussi, il faut choisir.

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Meurtre de Sarah Halimi : le cannabis n’atténue pas la barbarie

L’usage massif du cannabis devient une circonstance atténuante

Hier, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris a tranché en faveur de l’abolition du discernement de Kobili Traoré, le meurtrier de Sarah Halimi. Pour Oudy Bloch, avocat des parties civiles dans cette affaire, c’est une nouvelle ère du droit qui s’ouvre à nous. L’usage massif du cannabis devient une circonstance atténuante, une cause d’irresponsabilité pénale. Décryptage.


Le meurtrier de Sarah Halimi Kobili Traoré ne pouvait pas savoir. Il ne pouvait pas savoir que fumer du cannabis pouvait avoir des effets imprévisibles sur le cerveau. Impossible pour lui d’imaginer que la surconsommation de cannabis pourrait impacter son discernement. Pourquoi ? Parce que Kobili Traoré est un jeune à l’éducation défaillante à qui personne n’a pris soin d’expliquer que fumer du haschich est non seulement illégal mais dangereux pour la santé. Mieux encore, comme une immense majorité de consommateurs confronté à la banalisation de ce produit, il avait peu conscience de sa dangerosité. Il ne pouvait donc pas raisonnablement s’attendre, en dépit des 10 à 15 joints fumés par jour, à subir une bouffée délirante aigüe. Véridique. Il en résulte bien sûr une abolition de son discernement et une irresponsabilité pénale. M. Traoré ne saurait, dans ces conditions, être jugé aux assises pour le meurtre qu’il a commis.

Raisonnement stupéfiant

On aurait bien voulu qualifier cette défense de caricaturale, déresponsabilisante ou de farce sauf qu’il ne s’agit pas tant d’une stratégie de défense que d’un rapport d’expertise psychiatrique versé à la procédure.

Et comme les miracles n’arrivent pas qu’à Lourdes, le Parquet général, garant de l’ordre public et des intérêts de la société, avait requis de concert avec la défense que soit retenue l’abolition du discernement de Kobili Traoré.

La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris ayant adopté ce raisonnement stupéfiant, c’est le cas de le dire, et l’éducation étant devenue un critère de constitution des infractions, il faudra désormais faire passer un test de QI dès le début de leur garde à vue pour savoir si le mis en cause est en mesure de comprendre qu’il ne faut pas conduire quand on est ivre mort ou s’il peut anticiper que mélanger de l’extasy et de la cocaïne peut déclencher une bouffée délirante aigüe.

A ce rythme, la politique judiciaire de la France va vite changer. Parce que s’il faut attendre des consommateurs de drogues qu’ils aient un diplôme de pharmacotoxicologie et connaissent l’intégralité des effets des toxiques sur leur psychisme, aucun délinquant ayant volontairement consommé de l’alcool, des stupéfiants ou des médicaments ne sera jamais tenu pour responsable. Que les chauffards, les criminels et les terroristes se rassurent, aujourd’hui en France, une prise trop importante de psychotropes pourrait bien les absoudre de leurs crimes et délits pourvu qu’elle déclenche un délire.

Sans compter que cela permettra de résoudre le problème de la surpopulation carcérale puisqu’il faudra bientôt remettre en liberté tous ceux qui n’avaient pas appris par cœur le dictionnaire Vidal avant de passer à l’acte.

Vingt condamnations

Exit donc les treize années de consommation régulière et massive de cannabis de Kobili Traoré, exit son irritabilité grandissante, sa paranoïa, ses crises de rage incontrôlées, oubliées ses vingt condamnations notamment pour violences et consommation de stupéfiants. Effacés aussi les éléments de conscience avant, pendant et après le crime puisque certains experts expliquent, pontifiants, que le discernement pendant une bouffée délirante aigüe peut être en dents de scie et qu’au final ce n’est pas de chance si Kobili Traoré ne contrôlait plus ses actes uniquement au moment de battre à mort Sarah Halimi et de la jeter par-dessus le balcon. Traoré sera donc hospitalisé en psychiatrie.

Une question toute de même : pendant combien de temps ? En effet, les experts s’accordent tous sur l’absence de pathologie psychotique chronique de Kobili Traoré. Il n’a donc pas sa place en hôpital psychiatrique. Il était, du reste, apparu tout à fait lucide lors de l’audience et ce, en dépit d’un traitement thérapeutique extrêmement allégé depuis plusieurs mois.

Se pose alors la question de ce que l’on va faire de lui car si on n’emprisonne pas les « fous », on ne psychiatrise pas non plus les personnes saines d’esprit.

Mais s’il est remis en liberté, qui s’assurera que Kobili Traoré ne refume pas de cannabis risquant de déclencher une nouvelle bouffée délirante aiguë ? Qui assumera le risque de la récidive ? Qui ira l’expliquer aux familles des victimes ?

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Que se passe t-il quand vous fumez du cannabis ?

Par  Marie Desange

fumer du cannabis

La consommation élevée de cannabis peut entraîner des pertes de mémoire à court et à long terme. Des travaux récents permettent de penser que cet effet serait dû à une perturbation des mitochondries présentes au niveau de l’hippocampe du cerveau.

Les effets psychoactifs du cannabis sont dus au delta-9-tetrahy-drocannabinol (THC), le principal cannabinoïde présent dans cette plante. Cette molécule possède une structure similaire aux cannabinoïdes produits naturellement dans le corps (l’anandamide, par exemple) et peut donc interagir avec leurs récepteurs qui sont présents dans plusieurs régions du cerveau. Puisque ces cannabinoïdes naturels sont des neurotransmetteurs impliqués dans plusieurs processus mentaux (émotions, perception sensorielle, mémoire), le THC peut altérer artificiellement ces processus et modifier le fonctionnement normal du cerveau.

Certains de ces effets sont considérés comme positifs : amélioration de l’humeur, relaxation, augmentation de l’appétit, tandis que d’autres sont négatifs : difficultés de concentration, mauvaise coordination et perte de motivation, entre autres.

Les problèmes de mémoire sont un autre effet secondaire indésirable fréquemment observé chez les consommateurs réguliers de cannabis, car le THC agit directement au niveau de l’hippocampe, une région du cerveau indispensable à la mémoire.

Selon des travaux réalisés par une équipe de scientifiques français, cet impact négatif du THC serait dû à son interaction avec un récepteur localisé dans les mitochondries, les centrales énergétiques des cellules. Ils ont découvert que cette interaction déclenchait une cascade d’événements qui vont ultimement réduire l’activité de la chaîne respiratoire localisée dans la mitochondrie et du même coup l’énergie produite dans la cellule. Cette perte d’énergie abaisse les performances des neurones, ce qui expliquerait le mauvais fonctionnement de la mémoire associé à la consommation de cannabis.

C’est la première fois que l’on montre clairement que les mitochondries jouent un rôle important dans des fonctions cognitives avancées comme l’apprentissage et la mémoire.
Ce qui n’est d’ailleurs pas si étonnant quand on y pense: même si le cerveau ne représente que 2 % du poids corporel, il consomme à lui seul jusqu’à 25 % de l’énergie dépensée par le corps. Puisque les mitochondries sont responsables de cette production d’énergie (sous forme d’ATP), il va de soi que ces «centrales énergétiques» jouent un rôle extrêmement important dans le fonctionnement du cerveau. Il est d’ailleurs intéressant de noter que les personnes atteintes de maladies causées par un dysfonctionnement des mitochondries présentent de graves atteintes neurologiques.

Au cours des dernières années, notre société est devenue de plus en plus tolérante face au cannabis. L’usage récréatif de cette drogue s’est largement répandue depuis plusieurs décennies et on parle même de plus en plus d’en légaliser la vente. Ce changement d’attitude est normal, car le cannabis est sur le marché depuis plus de 50 ans et on sait maintenant que sa consommation occasionnelle ne provoque pas d’effets négatifs majeurs sur la santé. Mais comme l’illustrent bien les résultats de l’étude publiée dans Nature, l’abus de cannabis entraîne des déséquilibres majeurs dans le fonctionnement des neurones et peut donc causer plusieurs troubles mentaux, notamment au niveau du processus de mémoire.

Comme pour l’alcool, la frontière entre les effets positifs et négatifs du cannabis est très mince et il faut faire preuve de modération. Ce n’est pas parce qu’une substance se banalise qu’elle est sans danger.

Source Hebert-Chatelain E et coll. A cannabinoid link between mitochondria and memory. Nature, 2016; 539: 555-59.

Une nouvelle appli contre les addictions

Une collaboration entre plusieurs associations a abouti à la création d’une nouvelle appli pour lutter contre les addictions à l’alcool, au tabac, à la drogue, aux médicaments et aux jeux.

Téléchargée et installée en quelques secondes, l’application se révèle plutôt facile à utiliser. En plus des informations de base sur les addictions, des autotests et de l’option « journal de bord », il est possible d’avoir une consultation en ligne gratuite, confidentielle et anonyme avec des spécialistes compétents. Une option qui était souhaitée depuis longtemps .

Günter Biwersi, directeur-adjoint de l’association « Jugend- an Drogenhëllef »: « Normalement nous voyons nos clients une fois par semaine. Mais maintenant nous pouvons répondre à des questions particulières ou, au moyen du journal de bord, discuter de choses, qui souvent ne peuvent pas être abordée lors d’une rencontre d’une heure. » L’application n’est pas seulement destinée à ceux qui sont en traitement ou en consultation. « Nous sommes aussi de plus en plus souvent contacter par des jeunes et des étudiants qui tentent des expériences qui ont des questions. »

« Nous espérons toucher une grande partie des usagers d’internet. Qu’il s’agisse d’un consommateur, de quelqu’un qui recherche des substances ou par le thème de l’addiction. Je pense que nous auront beaucoup de succès avec ce projet La consultation va fonctionner vite pendant la semaine. Les réponses arriveront dans un délai de 48 heures.

En ce qui concerne les substances addictives, l’appli fournit actuellement des informations sur six produits, dont l’alcool, les cigarettes, le cannabis et la cocaïne. Une sélection limitée qui va s’étoffer durant les prochains mois.

« Ce sont les substances les plus couramment consommées par les gens actuellement. Nous adapterons aussi le programme. Mais cela dépendra de la demande des clients. Ce qui sera demandé le plus souvent, sera aussi développé en premier.“

Mais cela ne doit pas empêcher de poser des questions sur d’autres produits. L’application a été développée pour le marché luxembourgeois, mais ses promoteurs espèrent aussi pouvoir aider des frontaliers et des habitants de la Grande Région.

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GROSSESSE et CANNABIS : Prudence, les effets sont sévères sur la santé du bébé

La légalisation croissante du cannabis, en particulier aux Etats-Unis, en élargit l’utilisation globale, thérapeutique ou récréative, y compris par les femmes enceintes. Ainsi, aux Etats-Unis, environ 16% des femmes enceintes en consomment quotidiennement. De premières études ont associé l’exposition in utero au cannabis à des résultats neurodéveloppementaux défavorables chez le fœtus. Cette nouvelle étude d’une équipe de l’Université du Nevada (Las Vegas) menée par échographie révèle de nouveaux effets néfastes sur le développement du fœtus : retard de croissance, insuffisance pondérale à la naissance, vulnérabilité aux infections, réduction du taux d’oxygène in utero… Dans le Journal of Maternal-Fetal & Neonatal Medicine, ces auteurs médecins mettent en garde les femmes en âge de concevoir : 0 cannabis durant la grossesse.

Le résultat n’est pas surprenant car c’est pendant son développement in utero que le « bébé » est probablement le plus vulnérable aux expositions néfastes. C’est confirmé par cette étude de cohorte rétrospective menée auprès de 450 femmes enceintes qui se sont auto-identifiées comme des utilisatrices régulières de cannabis. 450 femmes non consommatrices de canabis ont été appariées en tant que témoins. Les chercheurs ont comparé les données démographiques, les mesures de biométrie fœtale, la translucidité nucale et les données des dopplers de l’artère ombilicale chez les utilisatrices vs témoins. Le retard de croissance intra-utérin a été défini comme une réduction du poids fœtal de 10%, par rapport au poids normal.

De nouveaux effets multiples et néfastes du cannabis identifiés sur la santé du fœtus

La consommation quotidienne de cannabis pendant la grossesse apparaît ici liée à un risque accru d’insuffisance pondérale à la naissance,

  • de retard de croissance : au troisième trimestre, 26 des 192 fœtus exposés au cannabis présentent un retard de croissance (vs 6 des 192 témoins),
  • de vulnérabilité aux infections,
  • de diminution du taux d’oxygène ou d’apoxie (liée à une augmentation de la résistance vasculaire placentaire aux deuxième et troisième trimestres qui peut perturber le flux nécessaire de sang riche en oxygène à travers le placenta),
  • l’hypoglycémie,
  • de faibles scores d’Apgar,
  • la mortinaissance.

Ainsi, la consommation maternelle quotidienne de cannabis est associée à de nombreux problèmes de santé pour le bébé pendant la grossesse, mais aussi après la naissance et plus tard dans la vie. Ces données viennent confirmer les résultats de précédentes recherches : « Des données récentes publiées dans le JAMA indiquent que la consommation de cannabis durant la grossesse a doublé au cours des 15 dernières années et que 70% des femmes estiment que le risque associé est minime, voire nul », alerte l’auteur principal, le Bobby Brar, médecin à l’UNLV School of Medicine.

Ces conclusions qui contribuent à la preuve des dangers de l’exposition in utero du fœtus au cannabis, doivent alerter les jeunes femmes en âge de concevoir. Les médecins notent également que l’exposition à certains composés chimiques présents à la fois dans le tabac et le cannabis pourrait expliquer les anomalies de croissance observées : les hydrocarbures aromatiques polycycliques, présents à la fois dans le tabac et la fumée de cannabis seraient clairement en cause.

Des études supplémentaires seront nécessaires pour mieux comprendre les effets négatifs de la consommation quotidienne de cannabis de la mère, sur la croissance du fœtus, mais les auteurs mettent sérieusement en garde sur les dangers la consommation de cannabis pendant la grossesse.

Les femmes enceintes devraient être soumises à un dépistage tout au long de leur grossesse et être informées des effets possibles, ainsi que des interventions pouvant leur permettre d’arrêter de fumer.

L’ecstasy à Paris : 10 morts depuis Janvier 2019

La MDMA, la « drogue de l’amour », fait son retour en Europe

Plus connue quand elle se trouve sous la forme d’ecstasy, cette drogue ne détrône pas le cannabis en termes de consommation en Europe, mais elle talonne la cocaïne.

Comprimés d’ecstasy.
Comprimés d’ecstasy. DOMINIQUE FAGET / AFP

La « drogue de l’amour », la « D », la « MD »… Autant de petits noms pour désigner la MDMA (3,4-méthylènedioxyméthamphétamine), un stupéfiant plus connu quand il se trouve sous la forme d’ecstasy, qui signe son retour en Europe. La substance, qui s’est fait connaître dans les années 1990, ne détrône pas le cannabis en termes de consommation, loin de là, mais elle talonne la cocaïne depuis quelques années. C’est ce que montre le rapport 2016 de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT), publié mardi 31 mai, et qui porte sur les données des années 2013 et 2014.

Ce rapport estime que 13 millions des 15-64 ans ont déjà consommé de la MDMA, soit près de 4 % de cette population (5,1 % a déjà testé la cocaïne et 24,8 % le cannabis). La MDMA séduit majoritairement des jeunes adultes : sur les 2,5 millions de personnes en ayant consommé au cours de l’année, 2,1 millions ont moins de 35 ans.

Substance présente dans les raves à ses débuts, « la MDMA/ecstasy n’est plus une drogue de niche ou liée à une sous-culture » et se trouve dans les bars ou les fêtes à domicile, indique par ailleurs le rapport.

« Peu chère, facile d’accès, de bonne qualité », la MDMA remplit tous les avantages d’une consommation « festive » de drogue, reconnaît Muriel Grégoire, psychiatre à l’hôpital Marmottan, spécialisé dans la prise en charge des addictions. « Elle a vraiment bonne réputation », ajoute la soignante, soulignant qu’il y a peu de risque de devenir accro : « C’est une drogue qui n’accroche pas. »

« En addictologie, ce n’est pas le problème principal, explique-t-elle. La MDMA stimule d’abord la sérotonine, et non la dopamine, comme le fait la cocaïne. Et si la cocaïne peut être discrète socialement, les effets de la MDMA sont visibles, si bien que les gens n’ont pas envie d’être dans cet état tout le temps. »

La MDMA est aussi « empathogène », c’est-à-dire qu’elle génère de l’empathie, d’où son surnom de « drogue de l’amour ». Les personnes qui en consomment décrivent un sentiment d’amour universel, l’envie de câliner son voisin, ils ressentent de l’énergie pour danser tout en restant « tranquille, sans devenir irritable », rapporte le docteur Muriel Grégoire.

« Bad trip » et attaques de panique

Pourtant, cette drogue a aussi des effets indésirables. Muriel Grégoire reçoit ainsi en consultation une poignée de consommateurs de MDMA qui ont l’impression de « ne pas redescendre » :

« Souvent, ce sont des patients qui en ont pris de manière abusive, de fortes doses ou tous les week-ends pendant plusieurs semaines. Ils ont fait un “bad trip” et ils gardent des signes résiduels quelques jours voire quelques semaines après. Ils peuvent souffrir de troubles anxieux ou dépressifs (attaque de panique, anxiété du matin au soir), ou, plus rarement, de troubles psychotiques comme un sentiment de persécution, de déréalisation ou de dépersonnalisation, c’est-à-dire qu’ils ne reconnaissent plus où ils sont ou qui ils sont. »

Les personnes fragiles ou alcoolisées sont plus sujettes à ces « mauvais voyages » mais « ces effets indésirables peuvent arriver à n’importe qui », souligne Muriel Grégoire. Le risque de surdose, pouvant entraîner la mort, n’est pas exclu non plus. « La situation est d’autant plus préoccupante que la MDMA […] est de plus en plus disponible via les marchés en ligne », précise Alexis Goosdeel, directeur de l’OEDT.

Le rapport de l’OEDT rappelle que la MDMA, après une phase de grande popularité dans les années 1990, a connu « une longue période pendant laquelle sa piètre qualité et son adultération [frelatage] se sont traduites par une diminution de sa consommation ».

Mais, aujourd’hui, « un marketing sophistiqué et ciblé » serait en œuvre, selon les auteurs de l’étude, afin de relancer cette drogue. Ils décrivent ainsi des « poudres, cristaux et comprimés fortement dosés, avec toute une série de logos, de couleurs et de formes ». « Il pourrait s’agir d’une stratégie délibérément mise en œuvre par les producteurs afin d’améliorer la réputation de cette drogue », suggère l’observatoire.

Substituts « légaux »

Par ailleurs, sur Internet, on voit apparaître des produits de synthèse vendus comme des substituts « légaux », indique l’étude. Ces nouvelles substances psychotiques jouent sur une zone grise juridique, éphémère : le temps que la « nouvelle » molécule soit officiellement reconnue comme illicite, elle peut être considérée comme légale par défaut.

Or la cathinone, par exemple, un substitut de stimulants tels que les amphétamines, la MDMA et la cocaïne, « a causé près de 200 intoxications aiguës et une centaine de décès depuis 2011 » en Europe, souligne le rapport. Plus risquées, ces substances sont aussi « clairement addictives », constate Muriel Grégoire.

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Source 2

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