Recherche

Catégorie

Actualités

Peux t on encore ignorer les dangers du cannabis (Figaro)

Par le Professeur Costentin  

Cliquez sur l’article pour l’agrandir

Quand un « philosophe » se décrédibilise ….

Quand un « philosophe » se décrédibilise par des arguments aberrants pour la légalisation du cannabis

Pr. Jean Costentin , Président du centre national de prévention, d’études et de recherches sur les toxicomanies

Dans le Journal du Dimanche (J.D.D.) le « philosophe » Gaspard Koenig (GK),
président d’un think tank (boite à idées) « Génération libre », entonne un hymne de plus pour la légalisation du cannabis. Il reprend à son compte tous les poncifs usés depuis deux décennies ; l’originalité ne serait-elle plus une caractéristique de la philosophie ?

Notre « philosophe » a l’honnêteté d’avouer d’emblée qu’il a abandonné l’usage
du café, alors qu’il continue de consommer épisodiquement du cannabis. Voilà l’ineptie suprême qui fait préférer la « fumette » qui rend bête, à la caféine qui rend plus intelligent*).

Peu importe la fréquence de sa consommation, qu’il ne précise pas, quand on sait qu’en raison de l’exceptionnelle persistance dans l’organisme du THC (principe psychotrope du cannabis), fumer un joint tous les trois jours installe une imprégnation permanente par cette drogue, avec des effets déplorables sur les facultés cognitives (et vraisemblablement les siennes).

Répondons ici, point par point, à ses assertions.

« Parce que 17 millions de français auraient déjà goûté au cannabis, et qu’ainsi un quart de la population aurait contrevenu à la loi, s’exposant à ses foudres maximales (jamais appliquées) d’une année de prison », GK explique «qu’il faut supprimer la loi ».
Un quart de la population s’étant sans doute aussi livré à des indélicatesses, allant du petit larcin au braquage de banque, cela justifierait-il la suppression de la loi interdisant le vol ?

« La légalisation permettrait une consommation plus responsable ».

Voilà une assertion gratuite ; la suppression de la responsabilité légale ne réduirait pas celle du toxicomane vis à vis de sa santé.

« Elle éliminerait les trafics ».

Les deux cent cinquante mille dealers se reconvertiraient peut-être dans la vente du muguet, mais quid en dehors du 1er Mai ?

« Cela permettrait de faire de véritables campagnes de prévention ».

Laissons agir d’abord ceux qui devraient assurer cette prévention ; si leurs actions s’avéraient efficaces on pourrait peut-être entendre alors les sollicitations de ceux qui militent pour la légalisation de la drogue. L’action de ces premiers ne saurait être conçue pour rattraper les errements engendrés par ces derniers.

« Cela permettrait de mieux soigner ceux qui peuvent l’être ».

On est soulagé de constater que GK n’ignore pas tout des méfaits psychiques et physiques du cannabis, mais il vaut mieux les prévenir que les guérir, d’autant qu’on est actuellement incapables de le faire.

« Les produits en circulation seraient de meilleure qualité ».

Quels sont les critères de qualité quand on parle d’un poison ? Quelle que soit la pureté de la drogue, le deal se portera toujours sur les produits plus dosés en THC ; ils sont depuis toujours les plus recherchés.

« La légalisation au Colorado n’a pas entraîné une explosion du nombre  des consommateurs ».

Néanmoins leur accroissement très manifeste a été constaté, à tel point que sur une plus longue période, cette diffusion pourrait s’apparenter à une pandémie. 

Les données de deux États américains ayant légalisé le cannabis en 2014 démontrent une hausse des accidents mortels dans lesquels sont impliqués des chauffeurs ayant consommé cette drogue. Les expériences du Colorado et de Washington inquiètent.  source

« Chacun doit avoir la liberté de vivre sa vie, à condition d’être majeur et informé ».

N’oubliez pas GK, que dans la société d’assistance (à crédit) qu’a choisie la
société française, ceux que la drogue fait sombrer sont à la charge de tous. N’ayant pas les moyens d’assurer avec nos seules ressources la prise en charge des détresses inévitables de la vie, tout doit être fait pour ne pas en recruter de supplémentaires.
Sachez, en outre que la permissivité que s’arrogent les adultes ne tarde pas à gagner les mineurs. Le « faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais », ne tient pas bien longtemps.

« Il faut réorienter l’agriculture française » 

« La France rate le coche ; alors qu’elle pourrait devenir leader, du fait du poids de son marché intérieur ».
Exit les cultures vivrières, aussi indispensables que peu rémunératrices ; avec le cannabis (qui intoxique) la valeur ajoutée sera considérable. D’autant que la libération du produit en décuplera la consommation et la demande. A votre place GK je serais très honteux d’avoir écrit cela…

«Cela fera rentrer l’argent du marché noir dans le circuit classique ».

Ainsi, en toute impudence, la France (à la demande de l’U.E.) pourra s’offrir quelques points de P.I.B. supplémentaires en intégrant le chiffre d’affaires du commerce des drogues pour son calcul.

«Les petits dealers hors la loi deviendraient des entrepreneurs agréés ».

Ce n’est pas beau cela ? C’est tout simplement honteux ! Je dénie à GK, pour maintenir la haute image que j’ai encore des philosophes, le droit d’exciper de ce titre. « Il n’est de richesse que d’Hommes » ; en bonne santé, visant à un esprit sain, dans un corps sain ; ni shootés, ni camés ; ni paumés.

Reprenez du café* GK, avec modération, et arrêtez immédiatement le cannabis qui vous fait proférer des énormités.

*Café, thé, chocolat- Leurs bienfaits pour le cerveau et pour le corps. J. Costentin et P. Delaveau, Editions Odile Jacob, 2013

0,05g/l d’alcool : permis retiré ! …..

…..en Australie !

A partir du 30 avril, la réglementation dans l’Etat du Victoria change et des sanctions plus strictes attendent les contrevenants.

 Quelles sont les sanctions ?

Si lors d’un contrôle le conducteur a un taux d’alcool dans le sang égal ou supérieur à 0,05 g/l, son permis lui sera retiré et il devra :

  • – payer une amende,
  • suivre un programme spécifique avant de récupérer son permis,
  • – installer un éthylotest anti-démarrage dans chaque véhicule qu’il conduira (une fois qu’il aura récupéré son permis) pour au moins six mois.

Ceci s’appliquera également aux conducteurs professionnels qui commettront leur première infraction de conduite en état d’ivresse et qui seront contrôlés avec un taux d’alcool dans le sang inférieur à 0,05 g/l.

Si lors d’un contrôle le conducteur est sous l’emprise de stupéfiants, son permis lui sera retiré pour au moins six mois (au lieu de trois jusqu’à présent) et il devra également suivre un programme spécifique avant de récupérer son permis.

A partir du 30 avril, en cas de conduite en état d’ivresse ou sous l’emprise de stupéfiants, le conducteur contrôlé devra obligatoirement suivre un programme spécifique avant de récupérer son permis.

Le type programme à suivre dépendra de l’infraction mais il s’agira de sessions sur plusieurs jours.

Source

Risques liés à l’alcool: des médecins contre-attaquent

Instauration d’un prix plancher, taxe proportionnelle au degré d’alcool, encadrement plus strict de la publicité…Des médecins et experts de santé publique proposent 10 mesures pour limiter les dégâts de l’alcool.

Le secteur des boissons alcoolisées n’avait pas été chahuté de la sorte depuis longtemps. Après une première tribune publiée dans nos colonnes en mars visant à rappeler que le vin est aussi dangereux que n’importe quel alcool, quarante grands noms de la médecine et de la santé publique viennent de signer une nouvelle tribune. Cette fois, ils proposent aux autorités sanitaires dix mesures qu’ils jugent efficaces pour protéger des risques de l’alcool. «Nous ne sommes pas de ceux qui contestent que l’alcool, notamment le vin, fait partie de notre paysage, prennent-ils le soin de rappeler en préambule, (…) Mais nous témoignons de ses risques».

Les chiffres leur donnent raison: chaque année, 49.000 personnes décèdent et 15.000 autres se voient diagnostiquer un cancer à cause de leur consommation d’alcool. Les boissons alcoolisées sont d’ailleurs le premier facteur d’hospitalisation en France (environ 580.000 patients pour un coût estimé à 2,6 milliards d’euros par an, selon la Cour des Comptes). L’alcoolisation maternelle est de surcroît la première cause évitable de retard mental de l’enfant. Bien que la situation se soit améliorée depuis les années 1960, la France reste l’un des pays ayant le plus fort niveau de consommation d’alcool au monde, avec un peu moins de 12 litres d’alcool pur par an et par habitant. Alors, que faire?

Même sans abus, l’alcool est mauvais pour la santé

En guise de feuille de route, le gouvernement Français a pour seul objectif d’augmenter la taille du pictogramme destiné à rappeler que les boissons alcoolisées sont contre-indiquées aux femmes enceintes. Le programme proposé par les signataires de la tribune est autrement plus musclé. Ils commencent en douceur avec une première proposition consistant à ajouter sur les étiquettes la quantité de sucre, le nombre de calories ainsi que les grammes d’alcool contenus dans la boisson. L’objectif est d’aider les consommateurs à se repérer par rapport aux quantités maximales recommandées, fixées à 100 grammes par semaine, soit 10 verres standards. Pour l’heure, seuls le taux d’alcool et la présence de sulfites ajoutés doivent obligatoirement être affichés. Des discussions allant dans le sens de cette proposition sont en cours au sein de la Commission européenne.

Les médecins proposent également de remplacer la mention «l’abus d’alcool est dangereux pour la santé» par «l’alcool est dangereux pour la santé». «On le sait, l’alcool est nocif, même en petite quantité, notamment pour les gens souffrant de vulnérabilités. Certaines femmes ont plus de risque de développer un cancer du sein si elles boivent des boissons alcoolisées», explique le Pr Michel Reynaud, professeur de psychiatrie et d’addictologie et coauteur de la tribune. Très récemment, une étude a montré que le risque d’avoir certains cancers (œsophage, oropharynx et sein) augmente à partir de 10 grammes d’alcool par jour, soit l’équivalent d’un verre de vin.

» LIRE AUSSI – Pourquoi dit-on que l’alcool est cancérigène?

Mieux encadrer la publicité et instaurer un prix plancher

Les médecins reviennent également à la charge sur l’épineuse question de la loi Évin. Promulguée en 1991, celle-ci avait notamment pour objectifs d’encadrer la publicité des boissons alcoolisées et d’interdire la vente d’alcool aux moins de 16 ans. Mais des modifications successives ont fini par en amoindrir l’efficacité. «Dans le domaine de l’alcool, la loi Évin a été démantelée, désarticulée, et les dispositions restantes ne sont pour la plupart pas appliquées, déplore le Pr Reynaud. Nous souhaitons revenir à l’esprit initial de la loi, et ainsi protéger les consommateurs ciblés par les industriels du secteur, à savoir les jeunes et les femmes». Les auteurs de la tribune demandent notamment d’interdire fermement la publicité directe et indirecte sur les supports habituels, mais aussi sur Internet et les réseaux sociaux.

Mais la proposition la plus marquante est celle d’une taxe proportionnelle au contenu en grammes d’alcool, à laquelle s’ajoute un prix minimum de vente par unité d’alcool. À l’heure actuelle en France, les taux des différentes accises (impôts indirects) ne sont pas strictement proportionnels à la teneur en alcool ou à la nocivité particulière des différentes boissons alcoolisées, sauf exception. Ainsi, le vin représente 58 % de la consommation d’alcool en France, 71 % du chiffre d’affaires hors exportation et seulement 3,6 % des droits d’accises.

» LIRE AUSSI – Alcool: le mythe des bienfaits sur le cœur

Une minorité de gros consommateurs à risque

L’idée d’une taxe n’est pas du goût de Vin et Société, le représentant de la filière viticole, qui indiquait dans un document adressé aux candidats à la présidence de la République en 2017 que «les pays fortement taxés sont parmi ceux qui connaissent le plus de phénomènes d’alcoolisation massive». Or certaines expériences ont au contraire démontré que la hausse des taxes entraîne une diminution de la consommation. C’est le cas de la Colombie Britannique, une province canadienne où chaque augmentation des prix de 10% a été suivie d’une diminution de la consommation de 3,4%. En mai prochain, l’Écosse instaurera de son côté un prix plancher. Mais il existe également des contre-exemples, à l’image de l’Italie, qui est parvenue à ramener la consommation par habitant autour de 6 litres d’alcool pur par an, et cela alors que le vin y est totalement exonéré de droits d’accises.

«Il ne s’agit pas d’empêcher la population de boire de l’alcool, mais d’informer au mieux, souligne le Pr Michel Reynaud. Actuellement, la perception qu’ont les gens de l’alcool penche clairement en faveur de son aspect récréatif, et non des risques encourus. Il faut rééquilibrer la balance». Sur les 8,8 millions de consommateurs d’alcool réguliers, l’Observatoire français des drogues et toxicomanies estime à 3,4 millions le nombre de consommateurs à risque, c’est-à-dire buvant plus de 10 verres par semaine. «Ces personnes consomment les trois-quart de l’alcool vendu. Ce sont eux qui posent problème», conclut le spécialiste. Alors qu’ils n’ont, pour l’heure, pas reçu de réponse des autorités sanitaires, les signataires de la tribune s’apprêtent à demander la tenue d’une concertation citoyenne sur ce délicat sujet de santé publique.

Source

Le cannabis à l’adolescence accroît le risque psychotique

Le risque de développer à l’âge adulte une maladie de type schizophrénique est multiplié par trois.

Les personnes ayant consommé régulièrement du cannabis à l’adolescence ont trois fois plus de risques de développer un trouble psychotique de type schizophrénique avant l’âge de 30 ans, conclut une vaste étude finlandaise de l’université d’Oulu. «Ces résultats sont très clairs, confirme Franck Schürhoff, spécialiste de la schizophrénie aux hôpitaux universitaires Henri-Mondor à Créteil, et d’autant plus intéressants que les adolescents étudiés n’avaient eu aucun symptôme précurseur, ni de parents affectés.»

Sur les 6534 jeunes Finlandais interrogés il y a quinze ans, ceux qui avaient déclaré une consommation fréquente de cannabis étaient trois fois plus nombreux en proportion à avoir déclaré une psychose par la suite. Chose rare dans ce type d’étude, cet effet spécifique de la drogue a pu être distingué de celui de la consommation, souvent conjointe, de tabac ou d’alcool.

Cet effet est corroboré par une étude anglaise de l’université de Bristol, récemment publiée dans la revue médicale JAMA Psychiatry. Sur une population de 5300 adolescents de 14 à 17 ans, ceux déclarant un usage régulier de cannabis avaient un risque trois fois plus élevé d’avoir eu à 18 ans un trouble psychotique (hallucination, délire, voix intérieures).

De plus en plus de passages aux urgences

Là encore, ce risque est apparu beaucoup plus lié au cannabis qu’au tabac. L’hypothèse parfois évoquée que les personnes plus à risque de troubles psychotiques se tournent vers le cannabis a aussi été mise à mal car les adolescents ayant eu à 12 ans des symptômes précurseurs de psychose n’étaient pas plus nombreux à consommer la drogue. «Les adolescents s’avèrent particulièrement vulnérables au cannabis, précise le professeur Franck Schürhoff, car leur cerveau est alors en plein remodelage neuronal et hormonal avec la puberté.» C’est aussi à cet âge que leurs neurones présentent un pic de récepteurs au THC, la substance chimique hallucinogène de la drogue.

Chez les adultes, la responsabilité du cannabis dans le déclenchement de troubles psychotiques est connue depuis longtemps des psychiatres. Elle apparaît maintenant au grand jour dans l’État américain du Colorado, qui a progressivement libéralisé l’usage de cette drogue. En 2009, sa commercialisation à but thérapeutique a été autorisée pour des raisons médicales limitées et mal établies. En 2012, sa consommation récréative a été légalisée. Début 2014, sa commercialisation est permise sous la pression de divers lobbies industriels ou pro-cannabis et avec la perspective alléchante pour l’État de fortes rentrées fiscales. La conséquence a été une augmentation de 20 % des visites aux urgences pour troubles psychiques liées à l’usage du cannabis de début 2012 à fin 2014. Pour les adolescents, ces visites ont pratiquement triplé de 2009 à 2015.

Une drogue facile d’accès et riche en THC

Une telle progression intrigue les chercheurs du département de la Santé du Colorado à l’origine de l’étude, car le nombre de consommateurs réguliers de cannabis et son usage thérapeutique semblent stables depuis des années. Une fréquentation répétée des urgences par les mêmes consommateurs ne semble pas en cause. La conclusion la plus plausible, selon eux, est que le cannabis, devenu beaucoup plus facile d’accès et de plus en plus riche en THC, fait payer un tribut de plus en plus lourd aux populations fragiles qui en font un usage régulier.

Cela semble aussi le cas en France, selon le dernier rapport du Centre européen de surveillance des drogues et de leurs addictions (EMCDDA). Il montre que la prise en charge médicale des personnes pour troubles psychiques dus au cannabis a bondi depuis 2012, date à partir de laquelle la teneur en THC de la résine de cannabis a aussi progressé. Les diverses formes de cannabis dont la teneur en THC a triplé ces dernières années présentent un danger nettement supérieur pour le système nerveux, et celui-ci n’est plus atténué par d’autres substances présentes naturellement dans la plante.

«La consommation de cannabis devient un problème de santé publique chez les adolescents, d’autant plus s’ils présentent des signes de risque de psychose comme le repli social, une diminution de la motivation, des croyances bizarres ou des perceptions inhabituelles», prévient Franck Schürhoff.

À côté des structures de type «centre de détection et d’intervention précoce» tel que celui de Nancy, les maisons d’adolescents de chaque département doivent jouer un rôle important pour dépister les jeunes les plus vulnérables et leur éviter de basculer dans la première crise psychotique. «Et pourquoi n’y aurait-il pas aussi des campagnes de prévention plus générale sur les dangers de cette drogue, comme pour le tabac ou l’alcool? s’interroge le psychiatre, nous connaissons désormais les risques de dépendance et de schizophrénie qu’elle fait courir à toute une partie de la population.»

Source

Les professionnels de santé au défi des nouvelles substances psycho-actives

Paris, le vendredi 13 avril 2018 – Comme le suggèrent les derniers rapports de l’Observatoire européen des drogues et toxicomanies (OEDT) la consommation de nouvelles substances psycho-actives (NSP) explose.

Face à cette recrudescence, les professionnels de santé se sentent parfois impuissants. Pour les aider à combattre efficacement ce fléau, l’Académie de pharmacie a consacré sa dernière séance plénière à cette problématique.

Rappelons en préambule que ces NSP regroupent principalement des cannabinoides, opioïdes, cathinones et phényléthylamines de synthèse.

Des substances hautement toxiques

Présentant des teneurs en substances psycho-actives plus élevées que leurs ancêtres « naturels », ces drogues peuvent parfois menacer le pronostic vital : plusieurs centaines de décès ont ainsi été dénombrés au niveau européen. Néanmoins, comme le souligne le Pr Bruno Mégarbane* « il est difficile aujourd’hui d’établir si les NSP sont plus dangereuses que les drogues conventionnelles; tout au moins, on peut affirmer qu’elles sont toxiques et à l’origine d’une létalité prévisible marquée ».

Le Pr Mégarbane a également présenté le tableau d’une intoxication aigue.

Elle associe des signes adrénergiques (tachycardie, hypertension, agitation, mydriase), des symptômes d’encéphalopathie (confusion, hallucinations), des signes sérotoninergiques (myoclonies, fièvre) et/ou des défaillances d’organe. Le risque de complication neurologique (coma, convulsions, accident vasculaire) est majeur. Il existe aussi un risque de défaillance cardiovasculaire, respiratoire et rénal, hépatique et/ou hématologique (coagulation intravasculaire disséminée).

A ce sombre tableau, on pourra également ajouter les cas, biens documentés, d’automutilations et de suicides suivant immédiatement l’utilisation de ces produits.

Une consommation très répandue chez les toxicomanes

Dans le cadre de ces discussions, le Pr Jean-Claude Alvarez** a dressé un état des lieux de la prévalence de l’utilisation de ces produits.

Mais, immédiatement, un premier écueil s’impose : si ces molécules sont des dérivées de substances pour lesquelles il existe des tests de dépistage rapides, leur « modification structurale » les rend indétectables par ces tests et « la mise en évidence et la confirmation de ces nouvelles molécules reposent donc essentiellement sur la chromatographie couplée à la spectrométrie de masse ».

Cependant, « un des moyens d’évaluation de la prévalence de drogues dans une population donnée est l’analyse capillaire, qui permet d’objectiver, mois après mois, l’évolution des consommations » a rappelé le Pr Alvarez.

Recourant à cette méthode, son équipe a réalisé deux études, l’une menée sur une population de patients suivis en addictologie ou hospitalisés en réanimation suite à une overdose, l’autre auprès d’un groupe d’homosexuels masculins ayant participé à l’essai Ipergay (dont l’objectif est l’évaluation de l’efficacité de la prophylaxie pré-exposition au VIH).

Sur 328 patients inclus dans la première étude, 96 (29 %) avaient déjà consommé des NSP. Dix-huit NSP différentes ont été identifiées, les cathinones étant la classe la plus représentée (36 %). La 4-methylethcathinone (4-MEC) est la molécule la plus répandue (17 cas), suivie par la méphrédrone (15). La prévalence de consommation d’autres drogues était de 36 % pour la cocaïne, 25 % pour les amphétamines, 33 % pour les opiacés et 22 % pour la kétamine. Les NSP sont retrouvées seules dans 9 % des cas, et sont le plus souvent associées à la cocaïne (64 %), aux amphétamines (55 %) ou aux opiacés (28 %). Il est également apparu que la fréquence de détection des NSP a progressé au cours de l’étude effectuée entre 2012 et 2016.

Dans les seconds travaux, parmi les 69 patients inclus, 37 étaient positifs aux NPS. Quinze NSP différentes ont été identifiées. La méphédrone est la molécule la plus répandue (14 cas), suivie par la 4-MEC (12). La prévalence de consommation d’autres drogues était de 68 % pour la cocaïne, 45 % pour la MDMA et 38 % pour la kétamine et aucun opiacé n’a été retrouvé. Aucun cas de NSP seule n’a été identifié.

Quelle prise en charge ? 

Selon plusieurs études, environ 15 % des consultations aux urgences suite à la consommation d’une drogue sont liées à une NPS, d’où l’importance de la communication du professeur Bruno Mégarbane sur la prise en charge des intoxications aigues à ces substances.

Elle suppose une « réhydratation, sédation par benzodiazépines ou neuroleptiques en cas d’agitation, traitements anticonvulsivants en cas d’épilepsie, intubation trachéale si trouble de conscience ou défaillance vitale, oxygénation au masque ou ventilation mécanique si insuffisance respiratoire, remplissage et catécholamines si insuffisance circulatoire. L’épuration extrarénale (hémodialyse ou hémoperfusion) permet de traiter les troubles hydro-électrolytiques menaçants mais non d’accélérer l’élimination du toxique. L’hyperthermie maligne et la toxicité sérotoninergique grave peuvent requérir un refroidissement par voie externe, une curarisation après sédation et ventilation mécanique et l’administration de cyproheptadine (antagoniste sérotoninergique des récepteurs 5HT-2A et 5HT-2C). La place du dantrolène n’est pas établie. La dépression neuro-respiratoire induite par les NPS opioïdes semble réversible par la naloxone, même si des doses plus élevées ont pu être nécessaires pour éviter l’intubation trachéale».

Concernant la prise en charge de la dépendance, comme le fait remarquer le Dr Alain Dervaux***, aucune étude randomisée contrôlée n’a été menée pour évaluer l’efficacité des traitements pharmacologiques et psychothérapiques dans des populations de sujets présentant une addiction aux NSP.

La prise en charge de ces patients est donc aujourd’hui calquée sur celle de l’addiction au cannabis pour les cannabinoïdes de synthèse, sur celle des addictions aux amphétamines pour les cathinones et autres stimulants de synthèse et sur celle de l’addiction aux opiacés dans les addictions au fentanyl et aux fentanyloïdes.

Frédéric Haroche

Source

Les hôpitaux désarmés face à de nouvelles drogues

Photo d'illustration ©FRED DUFOUR - AFP

Face à la multiplication de drogues de synthèse de plus en plus variées, l’Académie de pharmacie tire la sonnette d’alarme.

Ces drogues sont le plus souvent des « cannabinoïdes de synthèse » (plus de 170 identifiés en Europe selon l’académie).

Alors les cannabinoïdes, pour faire simple, c’est du cannabis de synthèse qui est plus puissant, plus dangereux et plus addictif que le cannabis naturel.

Fabriqué en Chine, il se présente le plus souvent sous forme d’un mélange de plantes séchées (conditionné dans un petit sachet métallique) sur lesquelles une solution chimique le rendant plus actif a été pulvérisée.

Il peut également être vendu sous forme d’encens, de poudre ou d’e-liquide pour cigarette électronique.

Ils portent toujours la mention « non destiné à la consommation humaine ».

Seulement voilà, aujourd’hui, 15 % des consultations aux urgences liées à la toxicomanie concernent cette nouvelle drogue.

Or, face à l’inventivité des chimistes qui alimentent le marché sur internet ou ailleurs, les moyens employés pour identifier des drogues mieux connues comme le cannabis naturel , la cocaïne, l’héroïne, ou les amphétamines ne suffisent pas.

En fait , « la modification structurale des molécules de ces drogues de synthèses les rend indétectables par les tests de dépistage actuels, ce qui pose un vrai problème au monde médical comme aux services de police.

Quelles sont les conséquences concrètes justement de l’apparition de ces drogues de synthèse ?

Les effets des cannabinoïdes de synthèse sont souvent imprévisibles, et les conséquences sur la santé peuvent être très graves« Crise d’angoisse, troubles du sommeil, hypotension sévère, hallucinations, perte de conscience, dommages aux reins, problèmes cardiaques, avec parfois des palpitations plusieurs heures après la prise ».

Il y a même eu des décès, notamment aux États-Unis. De plus, Il n’existe pas actuellement de traitement de substitution.

L’Académie demande de meilleurs équipements techniques dans les hôpitaux, plus perfectionnés, seule façon, selon elle, de mettre en évidence cette drogue chez un patient, faute de quoi, des drames sont à prévoir.

Source

Lille : Nouvelle plaque tournante de la drogue ? – TF1

JT du 10 Avril 2018

Cliquez sur l’image puis allez à 20’26 »

La drogue qui ravage l’Amérique (BFMTV)

Cliquez ici pour voir la vidéo

C’est devenu la première cause de mortalité chez les moins de 50 ans aux États-Unis: les overdoses aux opioïdes, ces médicaments antidouleur dérivés de l’héroïne. Deux millions d’Américains en sont dépendants et 42 000 en sont morts l’an dernier, dont la chanteuse des Cranberries. Il s’agit d’un fléau qui ravage tout le pays et qui touche tout le monde. Il a même fait reculer l’espérance de vie et a déjà fait plus de morts que les guerres du Vietnam et d’Irak réunies. – Un document « Grand angle BFMTV » du lundi 2 avril 2018.

Grand rendez-vous de décryptage et de reportages, « GRAND ANGLE » propose aux téléspectateurs de prendre le temps de revenir sur les grands événements de la journée. A la présentation de ce format unique, en prenant le temps nécessaire à la télévision, Jean-Baptiste Boursier reçoit, à l’issue de la diffusion de deux longs reportages, des invités en lien avec les thèmes abordés pour commenter, s’interroger, débattre, expliquer et apporter des clés de compréhension de l’actualité. Bruno Jeudy et Salhia Braklia décryptent eux les coulisses de la politique avec leur regard.

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑