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Cannabis : le Conseil économique et social réclame un débat sur les sanctions

Au tour du Conseil économique social et environnemental (CESE) de réclamer un débat public sur le cannabis. Dans une note d’avis de la section des affaires sociales et de la santé intitulée « Les addictions », publiée mercredi 24 juin, l’instance insiste sur la nécessité de s’interroger sur l’« échelle des sanctions » liées à la consommation de ce stupéfiant. Le CESE appelle la France à « se forger une position » alors qu’une session spéciale de l’Assemblée générale de l’ONU sur les drogues est prévue courant 2016.

« Un débat public sur l’échelle des sanctions doit être posé [et] solidement documenté pour permettre d’explorer les voies possibles soutenues par les différents acteurs », souligne Giselle Ballaloud, l’auteure de la note qui doit être votée en séance plénière mercredi en fin de journée. Le rapport rappelle que « les divers positionnements et réflexions en cours vont du maintien du statu quo jusqu’à la légalisation, ou encore de la dépénalisation de l’usage, en passant par des sanctions contraventionnelles ».

Proposition de loi rejetée

La France est l’un des pays où l’on consomme le plus de cannabis en Europe, alors que la législation française fait partie des plus répressives : son usage, comme celui de tout autre stupéfiant, est un délit passible d’une peine d’un an d’emprisonnement et d’une amende de 3 750 euros. Mais les sanctions sont, dans les faits, loin d’être systématiques.

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Alors qu’à l’échelle mondiale, la légalisation a été actée ici ou là, comme en Uruguay ou aux Etats-Unis dans certains Etats (Colorado, Washington), la France préfère de son côté ne pas toucher à la législation en vigueur. Ces derniers mois, le gouvernement a été interpellé à plusieurs reprises sur la question. Déposée en 2014, une proposition de loi de la sénatrice (EELV) Esther Benbassa visant à autoriser un « usage contrôlé » du cannabis s’inscrivant « dans un processus de sensibilisation » a été rejetée en avril.

En novembre 2014, deux députés du comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques avaient préconisé la mise en place d’une contravention de troisième catégorie (450 euros maximum), jugeant la loi actuelle peu efficace. Constatant lui aussi l’échec de « la politique de répression », le think tank Terra Nova affirmait pour sa part en décembre 2014, étude d’économistes à l’appui, qu’un assouplissement de la législation pourrait conduire à une baisse de la consommation.

Prévention

Si la majorité des membres de la section des affaires sociales et de la santé du CESE n’est pas favorable à la dépénalisation du cannabis, le rapport insiste cependant sur la nécessité de faire évoluer le modèle français. « La pénalisation telle qu’elle est actuellement n’a pas permis de faire baisser la consommation », soutient Gisèle Ballaloud. Un rapport de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies, publié en avril, montre en effet que l’usage du cannabis est reparti à la hausse. En 2014, 11 % des adultes âgés entre 18 et 64 ans ont fait usage de ce produit au moins une fois dans les douze derniers mois. Ils n’étaient que 8 % quatre ans auparavant.

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« Contrairement à la politique répressive en vigueur, il faut surtout mettre l’accent sur la prévention et l’éducation à la santé », préconise Gisèle Ballaloud. Mais pour elle, cette sensibilisation aux dangers d’un produit aujourd’hui « plus puissant » et « plus addictif » qu’autrefois passe aussi par le « maintien d’un interdit fort » et notamment par une sanction pénale systématique. « Actuellement, lorsqu’une personne est interpellée, il n’y pas forcément de suivi, constate-t-elle. Alors qu’avec une sanction suffisamment applicable et appliquée, on pourrait déboucher sur un suivi éducatif. »

Son rapport préconise par ailleurs que soit reconnue comme maladie la souffrance liée aux addictions (alcool, tabac, drogues, jeux d’argent et jeux vidéo), insistant sur l’urgence de « lever la stigmatisation qui pèse encore sur les addictions afin que les personnes demandent davantage d’aide et de soutien ».

Benjamin Derveaux
Source : Le Monde

Des chercheurs français découvrent une barrière anti-cannabis dans notre cerveau

Selon deux équipes de l’Inserm, la prégnénolone, une molécule produite par le cerveau, constitue un mécanisme naturel de défense contre les effets néfastes du cannabis chez l’animal.

Cette découverte pourrait concerner quelque 160 millions de fumeurs occasionnels de cannabis, 20 à 30 millions de toxicomanes dans le monde entier et 500 000 consommateurs quotidiens en France. Après dix ans de recherches, les scientifiques de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm)Pier Vincenzo Piazza et Giovanni Marsicano ont annoncé, jeudi 2 janvier, la découverte d’une molécule produite par le cerveau et qui constitue une barrière naturelle au principe actif du cannabis : le tétrahydrocannabinole (THC). Elle pourrait être utilisée d’ici cinq ans dans le traitement de l’addiction à cette drogue.

Voici les explications de l’un des deux directeurs de recherche en neurobiologie des addictions, Pier Vincenzo Piazza.

Francetv info : Quelle est cette molécule ?

Pier Vincenzo Piazza : Il s’agit d’une hormone, un stéroïde plus précisément, la prégnénolone. On pensait jusque-là que cette hormone ne servait à rien en elle-même, que c’était un précurseur, c’est-à-dire une molécule qui sert à en fabriquer d’autres. Elle est produite uniquement par le cerveau.

Comment l’avez-vous découverte ?

En étudiant les effets d’un groupe de stéroïdes face à toutes les drogues, nous avons découvert que, lors d’une importante prise de cannabis, et surtout de son principe actif, le tétrahydrocannabinole, le cerveau fabriquait de la prégnénolone. Il s’agit donc d’une barrière naturelle à cette molécule, produite par le corps.

Comment fonctionne-t-elle ? 

La prégnénolone se fixe sur le même récepteur du cerveau que le THC, le CB1, mais à un autre endroit. Et elle contrôle les effets de l’une des deux voies de transmission cellulaire du cannabis. Concrètement, elle bloque tous les effets de l’addiction au niveau comportemental : l’envie d’en prendre, les effets sur la perte de mémoire, la zénitude exagérée que ressentent les fumeurs de cannabis et les effets sur la motivation.

La prégnénolone s’achète sur internet, est-ce qu’il suffit de la prendre comme ça ? 

Absolument pas. Il faut faire très attention. Dans le corps humain, la prégnénolone se dégrade très vite et se transforme en d’autres stéroïdes comme les œstrogènes, la testostérone, la progestérone. En prendre bouleverserait donc totalement le cycle hormonal de la personne. Avec des effets secondaires indésirables : des interactions avec le cycle reproductif, une chute des cheveux, une prise de poids ou encore des effets similaires au dopage.

Où en êtes-vous de la recherche sur un traitement pour l’homme ?

Du fait de cette dégradation rapide de la prégnénolone, nous avons dû fabriquer d’autres molécules de synthèse qui ont les mêmes effets mais qui ne se transforment pas en autres stéroïdes. Nous en avons développé une vingtaine que nous avons testées sur des rats et des souris. Nous envisageons d’en sélectionner deux pour commencer à effectuer des essais sur l’homme, ce pourquoi nous allons déposer une demande d’autorisation rapidement.

Nous pourrions mener les premières études cliniques d’ici un an et demi et imaginer, si cela marche, une mise sur le marché dans cinq ans environ.

Source : France Info

Le cocktail alcool-cannabis est redoutable au volant

INFOGRAPHIE – La consommation de cannabis associée à l’alcool multiplie par 16 le risque d’accident de la route.

Cannabis et alcool

La part des conducteurs impliqués dans un accident mortel et qui ont pris de la drogue progresse. Elle a ainsi augmenté en 2014, à 13,5 %, contre 12 % en 2012. Comme les années précédentes, la tranche d’âge des 18-24 ans reste la plus exposée à ce fléau. Sous l’effet du cannabis, principalement dépisté lors des contrôles, le conducteur perd ses moyens, rappelle Jean-Pascal Assailly, psychologue et chercheur à l’Ifsttar (l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux). Ainsi, la vision périphérique est troublée et devient, selon ce spécialiste, «une vision en tunnel».

Autres conséquences: la capacité de contrôle d’une trajectoire est amoindrie et le temps de réaction est allongé. «Le cannabis perturbe les fonctions les plus automatisées de la conduite», souligne le chercheur.

«En situation d’urgence, il ne pilera pas automatiquement comme il le ferait d’ordinaire»

À la différence de celui qui a bu, l’usager qui est sous l’emprise de stupéfiant a d’ailleurs moins conscience que ses facultés sont détériorées. «L’alcool, énerve, pousse à la prise de risque et certains vont alors rouler sur une petite route à 120km/h. Avec le cannabis, le consommateur qui se sent zen, calme, croit que son comportement n’a pas changé.

Mais, en réalité, le conducteur qui aura fumé un joint réagira différemment. En situation d’urgence, il ne pilera pas automatiquement comme il le ferait d’ordinaire», explique Jean-Pascal Assailly, en rappelant que la drogue touche en majorité les 15-25 ans

Risque multiplié par deux

Toutes les études indiquent que le risque de provoquer un accident de la route est multiplié par deux quand on consomme du cannabis.

Or le risque est multiplié par 16 quand on y associe l’alcool.

Pour le chercheur, ce cocktail est tout simplement «redoutable». «Le cannabis renforce les effets de l’alcool et l’alcool renforce ceux du cannabis. Il ne faut jamais mélanger ces deux produits».

Source

« Le cannabis consommé aujourd’hui n’est pas celui des années hippies »

Pour écouter cette émission sur RTS cliquer sur Michel Graf, expert en addictions et en projets de santé publique L’Invité de la rédaction 

Le chanvre produit aujourd’hui « a un effet beaucoup plus brutal sur le cerveau », a prévenu le spécialiste Michel Graf vendredi sur les ondes de la RTS, en rappelant que l’addiction au cannabis existe.

La teneur en THC du chanvre cultivé à fin récréative a sensiblement augmenté. « Le cannabis consommé aujourd’hui n’est pas celui des années hippies », a indiqué Michel Graf.

Et ceci est valable aussi en Suisse, « même si la hausse du taux de THC est moins élevée que dans le reste de l’Europe », a souligné cet expert en addictions et en projets de santé publique.

Selon lui, les jeunes consommateurs ne sont pas forcément à la recherche d’une marijuana plus concentrée. C’est plus le hasard qui les met face à cette substance, a-t-il estimé, en précisant : « Ils n’ont souvent pas de curseur pour déterminer quel est le cannabis le plus fort ».

« L’intention fait la différence »

Plus violent, le cannabis peut être plus addictif. Reste qu' »il n’y a jamais eu de véritable séparation entre drogue douce et drogue dure. C’est la manière et l’intention de l’utilisateur qui va faire la différence », a précisé Michel Graf.

« Le mystère du cannabis, mais aussi de n’importe quelle autre substance, c’est la relation que l’individu tisse avec. Certaines personnes arrivent à gérer l’héroïne, tandis que d’autres glissent dans l’addiction avec un peu d’alcool et de cannabis. On ne sait pas encore pourquoi, mais cela dépend de plusieurs facteurs telle que la génétique, l’environnement social, l’estime de soi, la capacité à gérer les frustrations, l’histoire personnelle et la phase traversée ».

Dans tous les cas, « quand la substance devient une amie, on risque de s’y accrocher de manière permanente », a prévenu le spécialiste.

Vers une dépénalisation

Michel Graf soutient une réforme de la politique de la drogue, notamment pour mieux contrôler la qualité des produits. Néanmoins, « ce n’est pas la petite Suisse qui va parvenir à casser les reins de la mafia. Il faut un mouvement international », a-t-il conclu.

Le cannabis reste la drogue la plus consommée en Europe. Il représente 80% des saisies, selon un rapport publié jeudi.

La consommation de cannabis largement répandue en Europe, mais surtout en France

Le cannabis, particulièrement apprécié par les Français, et une surmortalité constatée dans le nord du continent. L’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT) publie, jeudi 4 juin, son nouveau rapport annuel. Quelles sont les substances les plus consommées ? Où se situe la France ? Francetv info a sélectionné quelques chiffres.

Le cannabis, drogue la plus populaire

C’est de loin la substance illicite préférée des Européens. Quelque 79 millions d’entre eux en ont déjà pris. « La prévalence de la consommation de cannabis est environ cinq fois supérieure à celle des autres substances », écrivent les auteurs de ce rapport de 86 pages.

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Si le cannabis est consommé par toutes les tranches d’âge, les amphétamines (comprenant l’amphétamine et la méthamphétamine) sont surtout l’apanage des jeunes. Parmi les quelque 1,6 million d’adultes qui disent en avoir consommé au cours des douze derniers mois, 1,3 million sont de jeunes adultes (de 15 à 34 ans).

La France, première consommatrice de cannabis

D’après les chiffres publiés par l’OEDT, la France est le pays qui compte la part la plus importante de personnes ayant déjà consommé du cannabis. Dans le détail, 40,9% de la population française (des 15-64 ans) y a déjà goûté. Un chiffre loin devant celui du Danemark, de l’Espagne et des Pays-Bas.

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Rien d’étonnant. Dans une étude de l’OEDT, publiée en 2012, et menée dans 36 pays, l’Hexagone arrivait déjà en première position.

Les jeunes adultes français (15-34 ans) sont également les plus gros fumeurs de cannabis : 22,1% d’entre eux en ont consommé au cours des douze derniers mois alors que la moyenne européenne pour la même tranche d’âge se situe à 11,7%.

L’Espagne et le Royaume-Uni largement en tête sur la cocaïne

C’est la drogue stimulante illicite la plus consommée en Europe, mais « la plupart des usagers se situent dans un petit nombre de pays occidentaux de l’UE », relève le rapport. La France est en troisième position, mais est largement devancée par l’Espagne et le Royaume-Uni.

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Si la cocaïne est davantage consommée en Espagne, elle est davantage retrouvée dans les eaux usées de Londres que dans celles de Barcelone. Et, avec les résultats selon les jours de la semaine, on observe, sans surprise, des pics le week-end.

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Si l’on entend souvent que la cocaïne se démocratise de plus en plus, sa propagation ralentit. Plusieurs pays européens ont enquêté sur cette consommation depuis 2012. Parmi eux, huit constatent des prévalences plus faibles chez les jeunes (15-34 ans) et trois des estimations plus élevées, relève le rapport.

On meurt davantage à cause de la drogue dans le nord de l’Europe

Sur l’ensemble des morts enregistrés chez les Européens âgés de 15 à 39 ans, l’Observatoire indique qu’une surdose est constatée dans 3,4% des cas, et qu’il s’agit d’opiacés dans environ 66% des surdoses létales.

L’Estonie arrive très largement en tête de ce triste palmarès avec un taux de mortalité huit fois supérieur à la moyenne européenne. Le pays enregistre pourtant une récente diminution, selon l’Observatoire. Comment expliquer cette hécatombe ? « Les surdoses fatales sont principalement dues à l’injection de fentanyls, opiacés de synthèse très puissants », dit le rapport.

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De nouvelles drogues arrivées en Europe ces dernières années sont également dangereuses. Elles mêlent des « substances de synthèse ou naturelles, non réglementées par le droit national » et souvent fabriquées dans l’intention de reproduire les effets des substances prohibées, écrivent les auteurs du rapport. « De plus en plus de rapports font état de leurs effets nocifs, notamment des hospitalisations et des décès. »

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Rapport de l’OEDT: La France, première consommatrice de cannabis d’Europe

L’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT) a rendu son rapport annuel jeudi à Lisbonne. Selon le document, plus de 80 millions de personnes, soit près d’un quart de la population adulte de l’Union Européenne, ont déjà consommé des drogues illicites.

La drogue reine ? Le cannabis, qui reste la plus consommée et représente 80% des saisies, mais aussi plus de 60% de toutes les infractions liées à la drogue en Europe.

Les 15 – 34 ans particulièrement concernés

Fait notable du rapport relevé par France TV info : la France est le pays qui compte la part la plus importante de personnes ayant déjà consommé du cannabis. 40,9% de la population française entre 15 et 64 ans en a déjà fumé, un chiffre qui place l’hexagone loin devant le Danemark, l’Espagne et les Pays-Bas.

Les jeunes adultes français ayant entre 15 et 34 ans sont également les plus gros fumeurs de cannabis : 22,1% d’entre eux en ont consommé au cours des douze derniers mois, alors que la moyenne européenne pour la même tranche d’âge se situe à 11,7%.

Dans son étude annuelle de 2012, l’OEDT estimait déjà que la France était première consommatrice de cannabis d’Europe. Le rapport 2015 indique que cette consommation est aujourd’hui en hausse.

Une drogue plus « pure »

Tout comme c’est le cas pour les autres drogues étudiées, l’OEDT observe que la teneur en principe actif du cannabis augmente. En cause : l’innovation technique et la concurrence sur le marché. Dans ce contexte, la production d’herbe de cannabis s’est intensifiée ces dernières années sur le continent.

L’organisme évoque d’une part le « travail » de petits cannabiculteurs soucieux d’un produit « de qualité », d’autre part celui des réseaux de type mafieux. Attirés par les bénéfices, ceux-ci poussent les producteurs de résine, majoritairement marocaine, à améliorer leur produit pour rester attractifs.

Les teneurs moyennes en principe actif de l’herbe ont du coup doublé en cinq ans et celles de la résine en dix ans.

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Les jeunes et le cannabis: ils passent d’addicts à clean en moins d’un an

Une habitude qui a de lourdes implications physiques et sociales, selon les professionnels de santé.

Fumer un pétard n’a rien d’exceptionnel pour les adolescents belges. Dans la tranche d’âge 15-24, une personne sur 4 a déjà bravé l’interdit au moins une fois dans sa vie, selon la dernière enquête nationale de santé.

Certains jeunes prennent goût à la saveur et aux effets du cannabis : plus de 10 % des adolescents en ont consommé au moins une fois au cours de la dernière année. Cette banalisation du pétard inquiète les professionnels de santé.

Le plaisir de fumer un joint peut vite se transformer en addiction, explique Caroline Soudron, psychologue chez Trempoline, une ASBL spécialisée dans la prévention et le traitement des assuétudes. « Au bout d’un moment, la consommation n’est plus uniquement festive. Ça prend après une ampleur, une autre dimension dans la vie. Les jeunes ne fument plus pour le plaisir. Mais plutôt pour apaiser, calmer les tensions. »

Dans le cadre d’une consommation régulière, les effets sur la santé sont dévastateurs : le cannabis brûle moins que le tabac et produit davantage de gaz carbonique. Fumer un joint équivaut à fumer entre 2,5 et 5 cigarettes de suite. Imaginez les dégâts sur la santé !

Le cannabis a aussi des effets – parfois irréversibles – au niveau neurologique : problèmes de mémoire et de motivation, aggravation des troubles psychiques, troubles de l’attention ou encore diminution des performances cognitives.

Tous ces symptômes ont des implications sociales. « Ces adolescents ont par exemple plus de difficultés pour réussir leur année scolaire. Ils sont aussi moins motivés pour pratiquer des loisirs », regrette la psychologue.

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La consommation de cannabis peut être prévenue, réduite ou retardée

En réaction aux changements rapides des contextes culturel et juridique, des chercheurs de l’Université de Montréal et du CHU Sainte-Justine ont découvert une façon de prévenir, de réduire ou de retarder la consommation de cannabis parmi les jeunes à risque.

Les consommateurs de cannabis s’exposent à des déficits neurocognitifs, à des réussites scolaires et professionnelles moindres, à des accidents de la route, à des symptômes psychiatriques exacerbés et au déclenchement d’une psychose. Les adolescents sont particulièrement à risque puisque leur cerveau est en développement.

Les jeunes qui ont consommé de la marijuana ont démontré une plus grande difficulté à maintenir leur attention et à contrôler leurs impulsions ainsi que des processus cognitifs altérés. « La consommation de marijuana est très fréquente chez les adolescents en  Amérique du Nord et en Europe, souligne Patricia Conrod, docteure en psychologie, qui a mené l’étude. Dans un contexte où les attitudes et les lois par rapport à la marijuana changent, il est important de trouver des façons d’en prévenir et d’en réduire la consommation chez les jeunes à risque. Notre étude révèle que des interventions brèves et ciblées, effectuées par des professeurs formés, permettent d’atteindre cet objectif. »

L’étude portait sur 1 038 élèves britanniques à risque élevé et leurs professeurs dans 21 écoles secondaires de Londres. Les jeunes, qui étaient en secondaire 4 (dixième année dans le système britannique, troisième en France), ont été considérés comme à risque élevé selon leurs réponses à une évaluation de la personnalité validée en clinique. Les personnes qui sont sujettes à l’anxiété ou aux pensées négatives, qui sont impulsives ou à la recherchede sensations fortes sont reconnues comme ayant un risque élevé de consommation de drogues. « Les élèves ont participé volontairement à deux séances cognitivocomportementales de 90 minutes, qui avaient été adaptées à leur type de personnalité. Ces séances, qui leur donnaient l’occasion d’apprendre à partir de scénarios réels expliqués par d’autres jeunes à risque, ont été conçues pour donner des exemples de mécanismes de gestion du risque. Le cannabis n’était pas mentionné directement à moins que les élèves abordent le sujet », explique Ioan T. Mahu, premier auteur de l’étude. « Bien que nous ayons observé que le programme retardait la consommation de cannabis en plus d’en réduire la fréquence chez tous les jeunes participants, nos résultats indiquent surtout que le programme est particulièrement efficace pour prévenir la consommation chez les adolescents les plus à risque, ceux à la recherche de sensations fortes », affirme Mme Conrod.

Environ 25 % des jeunes à risque élevé ont commencé à consommer du cannabis pendant l’étude de deux ans. L’intervention a été associée à une réduction de 33 % des taux de consommation de cannabis dans les six premiers mois qui l’ont suivie, puis à une fréquence réduite de consommation pour les six autres mois suivants. « Au sein du groupe au risque le plus élevé, soit les jeunes à la recherche de sensations fortes, l’intervention a été associée à une réduction de 75 % des taux de consommation de cannabis pendant les six mois ayant suivi l’intervention, ainsi qu’à une réduction importante de la fréquence par la suite », souligne Mme Conrod. La consommation de drogue a été déterminée au moyen de questionnaires anonymes remplis par les participants tous les six mois au cours des deux ans ayant suivi le début de l’étude. Le protocole d’évaluation incluait un certain nombre de procédures pour écarter les données provenant d’élèves qui faisaient de fausses déclarations.

Les amateurs de sensations fortes ont besoin d’un degré élevé de stimulation, et ils sont prêts à prendre plus de risques que la moyenne pour vivre des expériences excitantes. Ils tendent également à présenter peu d’inhibitions et une faible tolérance à l’ennui. « Les personnes à la recherche de sensations fortes sont particulièrement à risque de consommer du cannabis parmi cette tranche d’âge. Il est possible que d’autres traits de personnalité prédisposent les sujets plus âgés à ce comportement, affirme M. Mahu. Des recherches futures pourraient déterminer les motivations qui mènent à la consommation de cannabis chez les personnes appartenant à d’autres types de personnalité à risque. Il serait alors possible d’élaborer des programmes d’intervention aussi efficaces pour elles que celui-ci pour les amateurs de sensations fortes. »

Selon Mme Conrod, auteure en chef, « en raison des effets délétères bien documentés d’une utilisation hâtive de la marijuana chez les adolescents, la prévention et le retardement de ce comportement sont de la plus grande importance pour le public, particulièrement au moment où la société expérimente diverses politiques publiques pour encadrer les méfaits liés au cannabis »

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Une stratégie pour contrer l’usage du cannabis chez les jeunes

MONTRÉAL – Des chercheurs de l’Université de Montréal et du CHU Sainte-Justine ont découvert une façon de prévenir, de réduire ou de retarder la consommation de cannabis chez les jeunes à risque.

Selon les scientifiques, les individus sujets à l’anxiété ou aux pensées négatives, impulsives ou à la recherche de sensations fortes, sont reconnus comme ayant un risque élevé de consommation de drogues.

L’intervention qu’ils préconisent consiste à soumettre les jeunes des séances cognitivocomportementales de 90 minutes, adaptées en fonction des personnalités. Ces séances d’information, qui permettent d’apprendre à partir de scénarios réels expliqués par d’autres jeunes, ont été conçues pour donner des exemples de mécanismes de gestion de risques.

L’étude a été réalisée auprès de 1038 élèves de quatrième secondaire issus de 21 établissements d’enseignement de Londres.

«Bien que nous ayons observé que le programme retardait la consommation de cannabis en plus d’en réduire la fréquence chez tous les jeunes participants, nos résultats indiquent que le programme est particulièrement efficace pour prévenir la consommation chez les adolescents les plus à risque, ceux à la recherche de sensations fortes», a expliqué Patricia Conrod, auteure principale de ces travaux.

Ainsi, les séances d’information ont permis une réduction de 33 % des taux de consommation de cannabis dans les six mois suivants, puis une fréquence réduite de consommation pour les six autres mois.

«Au sein du groupe au risque le plus élevé, soit les jeunes à la recherche de sensations fortes, l’intervention a été associée à une réduction de 75 % des taux de consommation de cannabis pendant les six mois ayant suivi l’intervention, ainsi qu’à une réduction importante de la fréquence par la suite», a précisé Mme Conrod.

Plusieurs études ont déjà démontré que la consommation de cannabis peut engendrer des déficits neurocognitifs, causer des accidents de la route, des symptômes psychiatriques exacerbés et même déclencher des psychoses. Les adolescents sont particulièrement à risque puisque leur cerveau est en plein développement. Ceux ayant fumé de la marijuana ont démontré une plus grande difficulté à maintenir leur attention et à contrôler leurs impulsions, ainsi qu’une altération de leurs processus cognitifs.

«La consommation de marijuana est très fréquente chez les adolescents en Amérique du Nord et en Europe, a ajouté Patricia Conrod. Dans un contexte où les attitudes et les lois par rapport à la marijuana changent, il est important de trouver des façons d’en prévenir et d’en réduire la consommation chez les jeunes à risque. Notre étude révèle que des interventions brèves et ciblées, effectuées par des professeurs formés, permettent d’atteindre cet objectif.»

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