2 Avril 2015
Dans le cadre de son espace réservé de « niche parlementaire », pendant lequel ils peuvent inscrire les textes de leur choix à l’ordre du jour de la séance, le groupe écologiste du Sénat présentera demain jeudi trois propositions de loi. L’un propose la création de nouveaux indicateurs de richesse, notamment des indicateurs de « qualité de vie » et de « développement durable », afin de compléter l’indicateur qu’est le PIB.
L’autre proposition suggère un guide de pilotage statistique pour l’emploi qui référencerait au niveau local et national les offres d’emploi non pourvues.
Mais la troisième proposition de loi, est en fait une proposition de résolution, c’est-à-dire qu’elle devra être soumise à l’issue de la séance à un vote décisif. Déjà proposée le 5 février dernier au Sénat, toujours lors de la « niche parlementaire », le débat avait dû alors être interrompu au bout de 2 heures, pendant lesquelles plusieurs membres n’avaient pas voté contre, mais avaient préféré s’abstenir de donner leur avis. Cette proposition qui vise carrément à autoriser « l’usage contrôlé du cannabis » en France, dans le contexte d’une réglementation « aussi répressive qu’inefficace » à l’heure actuelle, sera donc de nouveau discutée demain.
« Cette proposition de loi entend réglementer l’usage du cannabis et maîtriser les risques engendrés. Elle autorise, de manière encadrée, la vente au détail aux personnes majeures et l’usage de plantes de cannabis et de produits dérivés issus de cultures contrôlées », énonce le groupe écologiste.
Alors que les Français comptent parmi les plus gros fumeurs de cannabis en Europe, la proposition de loi présentée le 5 février dernier et re-présentée ce jeudi, fait figure de grande première dans le débat politique
Le projet de loi santé défendue par Marisol Touraine prévoit la généralisation des expérimentations en la matière.
«Les salles de shoot, ce sont des salles de mort.» Sauvés par l’association Espoir du Val-d’Oise, les trois anciens toxicomanes ont les larmes aux yeux. Et ils font visiblement un effort énorme pour surmonter leur émotivité et exprimer devant la presse, à l’Assemblée nationale, leur opposition à l’instauration des salles de shoot à l’occasion de la loi santé défendue par Marisol Touraine.
Mardi, Yannick Moreau, député de Vendée, à l’origine d’une pétition ayant réuni 105 députés hostiles aux salles de shoot, tentait une ultime prise de conscience sur le sujet, entouré de plusieurs députés: «Il faut investir sur la prévention et la guérison plutôt que dans l’accompagnement des toxicomanes dans l’enfer de la drogue», martèle-t-il.
«J’y suis allée à Genève, dans les salles de shoot, raconte Zoé, et puis j’en suis repartie, car nous sommes fichés, il faut répondre à des questions, voir un psychologue. Un toxicomane veut consommer dès qu’il achète. Il préférera faire 10 mètres et se piquer dans des toilettes publiques plutôt que faire 200 mètres et devoir en plus parler à un psy.» «De plus, souligne Emmanuel, une salle de shoot qui fait les 35 heures, ça n’a pas de sens. Un toxicomane l’est 24 heures sur 24. Et puis autour, cela va devenir une telle zone que les riverains ne supporteront plus, et ces salles finiront entre la décharge publique et le camp de Roms.»
Pierre Lellouche n’a pas manqué, lui, de lever la contradiction gouvernementale qui consiste à «vouloir réactiver la loi Évin sur l’alcool et interdire le tabac, mais installer l’État dans le rôle de dealer au lieu de celui de thérapeute et de gardien de la sécurité publique». Quant à Nicolas Dhuicq, psychiatre de profession et député de l’Aube, il rappelle que «le toxicomane joue un jeu terrible avec la mort». Une mort qui, selon Philippe Goujon, député de Paris, a reculé en France, «puisque les décès par overdose ont été divisés par 5 et que la prévalence à l’héroïne en Suisse est trois fois supérieure à la nôtre. Pourquoi rompre l’équilibre?»
Le service de médecine préventive universitaire de l’université Paris 8 organise une action de prévention santé au sujet des addictions, de l’alcool, du tabac et du cannabis, le vendredi 3 avril 2015, de 11h à 17h sur le bâtiment pont de l’université Paris 8.
En savoir plus
Contact : Service de médecine préventive universitaire de Paris 8 – 01 49 40 65 10
Informations pratiques
Vendredi 3 avril 2015 de 11h à 17h
Bâtiment pont, face à la B.U

Une localité appelée Palmerah à l’ouest de Jakarta en Indonésie s’est retrouvée droguée après que la police ait incinéré 3,3 tonnes de cannabis dans les environs. La police a commencé à brûler le cannabis le matin et vers midi tous les résidents se plaignaient de migraines et d’ivresse.
Ils ne se rendaient pas compte qu’ils étaient complètement drogués. La fumée provoquée par l’incinération du cannabis a créé un immense nuage qui a recouvert toute la ville. Les policiers n’ont subi aucun effet puisqu’ils avaient des masques à gaz. Mais ils n’avaient pas prévus qu’ils allaient propager les vertus du cannabis à leur manière.
La police de cette ville a également détruit 1,8 kg de cristal et 2538 pilules d’ecstasy. Heureusement, ils les ont fondus plutôt que les incinérer .
Estelle a 16 ans, et alors qu’elle consulte son médecin pour obtenir un certificat médical, une série de questions sur son bien-être, sur le stress au moment de l’entrée au Lycée ou sur ses consommations d’alcool et de tabac (test TSTS), l’amène à aborder des problèmes qu’elle n’aurait pas évoqués naturellement.« J’ose pas en parler à mes parents, mais mon copain fume beaucoup. Il boit pas mal aussi et ne fait plus rien en classe… Je pense qu’il ne va pas bien depuis que son père est au chômage et que ses parents se sont séparés »,explique-t-elle. Pour l’ami – gêné, lui aussi, à l’idée d’en parler à un médecin -, le praticien propose à Estelle de lui remettre un fascicule présentant les consultations jeunes consommateurs. Le dialogue s’arrêtera là, le médecin ne peut pas aller plus loin sans connaissance du patient. La porte est ouverte, et la patiente le sait.
La preuve par la vidéo
Cette scène est l’une des dix mises en situation filmées et commentées présentes sur le portail intervenir-addications.fr conçu par la Fédération Addiction, en partenariat avec l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES), l’Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT) et avec le soutien de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA). Ce nouveau site a pour but de soutenir le rôle des professionnels de santé de premier recours dans la prévention des conduites addictives.
« Ces films sont tous tirés de situations vécues en cabinet, explique le Dr Dominique de Muizon, médecin généraliste à Chauny (Aisne), qui a participé à l’écriture et à la réalisation de ces vidéos. Il y a eu des débats passionnés sur l’écriture des dialogues. Il fallait que les acteurs s’expriment de manière réaliste, compte tenu des profils de leurs personnages », raconte-t-il.
Version 1.0
À travers ces vidéos, le site fournit aux médecins des conseils de posture, ainsi que des fiches sur les produits et des ressources téléchargeables : questionnaires standardisés de repérage, plaquettes d’information pour les patients, score CAST… Le site propose aussi des outils pour organiser des séances de sensibilisation ou de formation. On y trouve ainsi des documents qui précisent le déroulé de telles réunions organisées à l’initiative des médecins généralistes autour de problématiques précises comme celle de la relation avec les parents.
Le site doit s’enrichir au fil du temps. Pour l’instant, c’est la consommation de cannabis chez les jeunes qui bénéficie du contenu le plus fourni. Des travaux sont en cours sur la question du tabac. « Il n’existe que peu d’outils pour parler du tabac aux jeunes, signale le psychologue Jean-Pierre Couteron, président de la Fédération Addiction. Une fois le site approprié par les professionnels de santé, un volet communautaire doit également être ajouté pour orchestrer un dialogue avec les internautes médecins », complète-t-il.
Création d’un pôle médecine générale au sein de la fédération
Le lancement de ce nouveau site participe d’une volonté de la Fédération Addiction de se rapprocher des professionnels de santé du premier recours. Un pôle médecine générale vient d’ailleurs d’être créé au sein de la Fédération Addiction, autour du noyau de médecins généraliste du groupe MG Addiction récemment intégré à la fédération. Son rôle sera de formaliser les pratiques professionnelles addictologiques en médecine de ville. La fédération espère renforcer leur rôle de prévention envers les consommateurs qui ne sont pas encore tombés dans la consommation très problématique accompagnée de comorbidités lourdes. Selon le Dr Xavier Aknine, membre du groupe MG addictions, « nous n’intervenons pas comme addictologues mais comme médecins du premier recours. Le médecin généraliste n’est pas dans la même démarche que les centres spécialisés mais dans l’humain et dans l’empathie. Nous agissons sur le contexte et l’environnement que nous connaissons bien »
Un produit chimique encore méconnu, vaporisé sur de l’herbe hachée… c’est ce qui a conduit une dizaine d’ados et de jeunes adultes à l’hôpital d’Annecy ces derniers jours. Le fournisseur a été interpellé. Les lycéens qui en ont consommé invitent à la plus grande prudence.
Hypotension sévère, vomissements, problèmes cardiaques… les symptômes ne trompent pas. Le cannabis synthétique a rendu malade une dizaine de jeunes annéciens la semaine dernière. Le produit est fabriqué de toute pièce, n’a rien à voir avec le cannabis naturel, si ce n’est l’aspect. Mais l’odeur n’est clairement pas la même ! Un indice pour éviter de se faire avoir.
Ariane Combes et Dominique Bourget ont rencontré quelques lycéens annéciens qui ont goûté au faux-cannabis. Leur avis est sans appel.
Cliquez ici pour voir la video
Je croyais que mon coeur allait lâcher… j’ai vraiment eu peur de pas m’en sortir… »
Les produits chimiques utilisés ne sont pas considérés comme stupéfiants, en tout cas pas pour l’instant. C’est toute la perversité de la situation. Ce faux-cannabis est donc« potentiellement licite » comme l’explique le Procureur d’Annecy Eric Maillaud. « Ce produit n’est pas encore interdit puisqu’il n’est pas classifié ».
Une jeune fille de 15 ans a été interpellée. Elle aurait fourni la majorité des jeunes hospitalisés. Elle devrait être poursuivie pour « incitation à la consommation de substances ayant les mêmes effets que des produits stupéfiants ».
À l’occasion de la Journée Française des allergies, ce 17 mars 2015, Sciences et Avenir se penche sur une question qui ne concerne pas que les consommateurs de marijuana.
JOINTS. Comme les autres plantes portant du pollen, le chanvre (Cannabis sativa), dont est issue l’herbe des fumeurs de joints, peut en effet provoquer des réactions allergiques. Un article récemment publié par une équipe canadienne dans la revue Annals of Allergy, Asthma and Immunology décrypte pour la première fois le processus allergène du cannabis, grâce à l’analyse des données scientifiques disponibles. Une information largement méconnue de la plupart des consommateurs de cannabis… et des autres.
Un risque (rare) de choc anaphylactique
Les chercheurs canadiens recensent les différents symptômes liés à une exposition au cannabis ayant provoqué une allergie, une hypersensibilité, parfois même un choc anaphylactique (allergie sévère potentiellement mortelle). Selon cette étude, le premier cas signalé d’allergie au cannabis date de 1971 : une femme âgée de 29 ans a eu un choc anaphylactique après avoir fumé du cannabis pour la première fois. Parmi les symptômes respiratoires, la rhinite allergique (type rhume des foins) et l’asthme allergique figurent parmi les cas les plus courants.
Selon une étude menée en 2014 par une équipe belge, des symptômes cutanés immédiats ont été observés chez des consommateurs de cannabis : notamment de l’urticaire et l’angio-œdème suite au contact de la plante avec la peau ou les muqueuses (lèvres et paupières). Des symptômes respiratoires également, comme des rhinoconjonctivites ennuyeuses, et un angio-œdème palpébral.
Le syndrome cannabis-fruits/légumes
Les allergies touchent jusqu’à 1 % des fumeurs de cannabis (en France, cela représenterait environ 40.000 personnes), rapporte l’étude belge. Mais ces derniers ne sont pas les seuls concernés. Des anaphylaxies ont été observées après l’ingestion de graines de cannabis ou en buvant du thé de marijuana, soulignent les chercheurs. Et même chez des personnes n’ayant jamais consommé de cannabis ! « L’allergène aéroporté pourrait bien constituer une cause éventuelle de sensibilisation passive qui a récemment été suggérée chez un enfant de 5 ans », est-il écrit. En France, les comptes polliniques du Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA) révèlent la présence de pollen de cannabis de fin juillet à la mi-août principalement à Aix-en Provence, Grenoble, Bourgoin-Jallieu, Mâcon, Strasbourg et dans le Roussillon, ainsi qu’en octobre à Ajaccio.
Depuis quelques années, un nombre croissant d’allergiques au cannabis souffrent d’allergies croisées démontrées. Ce syndrome, appelé le « syndrome cannabis–fruits/légumes », semble surtout impliquer le Can s 3, une protéine. Étant un allergène stable qui résiste à la chaleur et demeurant fonctionnel dans le tractus gastro-intestinal, il risque d’entraîner des réactions généralisées tels que urticaire, difficultés respiratoires et anaphylaxie. L’allergie alimentaire d’origine végétale liée à cette protéine concernait surtout la pêche, la pomme, la cerise, la noisette, la tomate et parfois des agrumes comme l’orange et le pamplemousse (voir schéma ci-dessous). « Depuis lors il a été démontré qu’une sensibilisation au cannabis pourrait éventuellement engendrer une réactivité croisée avec des céréales, des boissons alcoolisées (bière et vin), le latex d’Hévea et le tabac », expliquent les chercheurs.

