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L’UMP se mobilise contre les salles de shoot

Le projet de loi santé défendue par Marisol Touraine prévoit la généralisation des expérimentations en la matière.

salle de shoot Figaro

«Les salles de shoot, ce sont des salles de mort.» Sauvés par l’association Espoir du Val-d’Oise, les trois anciens toxicomanes ont les larmes aux yeux. Et ils font visiblement un effort énorme pour surmonter leur émotivité et exprimer devant la presse, à l’Assemblée nationale, leur opposition à l’instauration des salles de shoot à l’occasion de la loi santé défendue par Marisol Touraine.

Mardi, Yannick Moreau, député de Vendée, à l’origine d’une pétition ayant réuni 105 députés hostiles aux salles de shoot, tentait une ultime prise de conscience sur le sujet, entouré de plusieurs députés: «Il faut investir sur la prévention et la guérison plutôt que dans l’accompagnement des toxicomanes dans l’enfer de la drogue», martèle-t-il.

«J’y suis allée à Genève, dans les salles de shoot, raconte Zoé, et puis j’en suis repartie, car nous sommes fichés, il faut répondre à des questions, voir un psychologue. Un toxicomane veut consommer dès qu’il achète. Il préférera faire 10 mètres et se piquer dans des toilettes publiques plutôt que faire 200 mètres et devoir en plus parler à un psy.» «De plus, souligne Emmanuel, une salle de shoot qui fait les 35 heures, ça n’a pas de sens. Un toxicomane l’est 24 heures sur 24. Et puis autour, cela va devenir une telle zone que les riverains ne supporteront plus, et ces salles finiront entre la décharge publique et le camp de Roms.»

Pierre Lellouche n’a pas manqué, lui, de lever la contradiction gouvernementale qui consiste à «vouloir réactiver la loi Évin sur l’alcool et interdire le tabac, mais installer l’État dans le rôle de dealer au lieu de celui de thérapeute et de gardien de la sécurité publique». Quant à Nicolas Dhuicq, psychiatre de profession et député de l’Aube, il rappelle que «le toxicomane joue un jeu terrible avec la mort». Une mort qui, selon Philippe Goujon, député de Paris, a reculé en France, «puisque les décès par overdose ont été divisés par 5 et que la prévalence à l’héroïne en Suisse est trois fois supérieure à la nôtre. Pourquoi rompre l’équilibre?»

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Figaro sondage salle de shootNON : 85%

Source , avec les commentaires des lecteurs

 

Campagne de prévention : Addictions, Alcool, tabac, cannabis

Le service de médecine préventive universitaire de l’université Paris 8 organise une action de prévention santé au sujet des addictions, de l’alcool, du tabac et du cannabis, le vendredi 3 avril 2015, de 11h à 17h sur le bâtiment pont de l’université Paris 8.

En savoir plus

Contact : Service de médecine préventive universitaire de Paris 8 – 01 49 40 65 10

 Informations pratiques

Vendredi 3 avril 2015 de 11h à 17h

Bâtiment pont, face à la B.U

Toute une ville droguée après l’incinération de 3,3 tonnes de cannabis

cannabis-ville-drogue

Une localité appelée Palmerah à l’ouest de Jakarta en Indonésie s’est retrouvée droguée après que la police ait incinéré 3,3 tonnes de cannabis dans les environs. La police a commencé à brûler le cannabis le matin et vers midi tous les résidents se plaignaient de migraines et d’ivresse.

Ils ne se rendaient pas compte qu’ils étaient complètement drogués. La fumée provoquée par l’incinération du cannabis a créé un immense nuage qui a recouvert toute la ville. Les policiers n’ont subi aucun effet puisqu’ils avaient des masques à gaz. Mais ils n’avaient pas prévus qu’ils allaient propager les vertus du cannabis à leur manière.

La police de cette ville a également détruit 1,8 kg de cristal et 2538 pilules d’ecstasy. Heureusement, ils les ont fondus plutôt que les incinérer .

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La Fédération Addiction lance un portail pour aider les médecins généralistes à repérer les conduites addictives

Estelle a 16 ans, et alors qu’elle consulte son médecin pour obtenir un certificat médical, une série de questions sur son bien-être, sur le stress au moment de l’entrée au Lycée ou sur ses consommations d’alcool et de tabac (test TSTS), l’amène à aborder des problèmes qu’elle n’aurait pas évoqués naturellement.« J’ose pas en parler à mes parents, mais mon copain fume beaucoup. Il boit pas mal aussi et ne fait plus rien en classe… Je pense qu’il ne va pas bien depuis que son père est au chômage et que ses parents se sont séparés »,explique-t-elle. Pour l’ami – gêné, lui aussi, à l’idée d’en parler à un médecin -, le praticien propose à Estelle de lui remettre un fascicule présentant les consultations jeunes consommateurs. Le dialogue s’arrêtera là, le médecin ne peut pas aller plus loin sans connaissance du patient. La porte est ouverte, et la patiente le sait.

La preuve par la vidéo

Cette scène est l’une des dix mises en situation filmées et commentées présentes sur le portail intervenir-addications.fr conçu par la Fédération Addiction, en partenariat avec l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES), l’Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT) et avec le soutien de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA). Ce nouveau site a pour but de soutenir le rôle des professionnels de santé de premier recours dans la prévention des conduites addictives.

« Ces films sont tous tirés de situations vécues en cabinet, explique le Dr Dominique de Muizon, médecin généraliste à Chauny (Aisne), qui a participé à l’écriture et à la réalisation de ces vidéos. Il y a eu des débats passionnés sur l’écriture des dialogues. Il fallait que les acteurs s’expriment de manière réaliste, compte tenu des profils de leurs personnages », raconte-t-il.

Version 1.0

À travers ces vidéos, le site fournit aux médecins des conseils de posture, ainsi que des fiches sur les produits et des ressources téléchargeables : questionnaires standardisés de repérage, plaquettes d’information pour les patients, score CAST… Le site propose aussi des outils pour organiser des séances de sensibilisation ou de formation. On y trouve ainsi des documents qui précisent le déroulé de telles réunions organisées à l’initiative des médecins généralistes autour de problématiques précises comme celle de la relation avec les parents.

Le site doit s’enrichir au fil du temps. Pour l’instant, c’est la consommation de cannabis chez les jeunes qui bénéficie du contenu le plus fourni. Des travaux sont en cours sur la question du tabac. « Il n’existe que peu d’outils pour parler du tabac aux jeunes, signale le psychologue Jean-Pierre Couteron, président de la Fédération Addiction. Une fois le site approprié par les professionnels de santé, un volet communautaire doit également être ajouté pour orchestrer un dialogue avec les internautes médecins », complète-t-il.

Création d’un pôle médecine générale au sein de la fédération

Le lancement de ce nouveau site participe d’une volonté de la Fédération Addiction de se rapprocher des professionnels de santé du premier recours. Un pôle médecine générale vient d’ailleurs d’être créé au sein de la Fédération Addiction, autour du noyau de médecins généraliste du groupe MG Addiction récemment intégré à la fédération. Son rôle sera de formaliser les pratiques professionnelles addictologiques en médecine de ville. La fédération espère renforcer leur rôle de prévention envers les consommateurs qui ne sont pas encore tombés dans la consommation très problématique accompagnée de comorbidités lourdes. Selon le Dr Xavier Aknine, membre du groupe MG addictions, « nous n’intervenons pas comme addictologues mais comme médecins du premier recours. Le médecin généraliste n’est pas dans la même démarche que les centres spécialisés mais dans l’humain et dans l’empathie. Nous agissons sur le contexte et l’environnement que nous connaissons bien »

Damien Coulomb

Cannabis de synthèse : des lycéens d’Annecy racontent

Un produit chimique encore méconnu, vaporisé sur de  l’herbe hachée… c’est ce qui a conduit une dizaine d’ados et de jeunes adultes à l’hôpital d’Annecy ces derniers jours. Le fournisseur a été interpellé. Les lycéens qui en ont consommé invitent à la plus grande prudence.

Hypotension sévère, vomissements, problèmes cardiaques… les symptômes ne trompent pas. Le cannabis synthétique a rendu malade une dizaine de jeunes annéciens la semaine dernière. Le produit est fabriqué de toute pièce, n’a rien à voir avec le cannabis naturel, si ce n’est l’aspect. Mais l’odeur n’est clairement pas la même ! Un indice pour éviter de se faire avoir.

Ariane Combes et Dominique Bourget ont rencontré quelques lycéens annéciens qui ont goûté au faux-cannabis. Leur avis est sans appel.

Cliquez ici pour voir la video

Le cannabis de synthèse

 

Je croyais que mon coeur allait lâcher… j’ai vraiment eu peur de pas m’en sortir… »

Les produits chimiques utilisés ne sont pas considérés comme stupéfiants, en tout cas pas pour l’instant. C’est toute la perversité de la situation. Ce faux-cannabis est donc« potentiellement licite » comme l’explique le Procureur d’Annecy Eric Maillaud. « Ce produit n’est pas encore interdit puisqu’il n’est pas classifié ». 

Une jeune fille de 15 ans a été interpellée. Elle aurait fourni la majorité des jeunes hospitalisés. Elle devrait être poursuivie pour « incitation à la consommation de substances ayant les mêmes effets que des produits stupéfiants ».

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Peut-on être allergique au cannabis ?

À l’occasion de la Journée Française des allergies, ce 17 mars 2015, Sciences et Avenir se penche sur une question qui ne concerne pas que les consommateurs de marijuana.

JOINTS. Comme les autres plantes portant du pollen, le chanvre (Cannabis sativa), dont est issue l’herbe des fumeurs de joints, peut en effet provoquer des réactions allergiques. Un article récemment publié par une équipe canadienne dans la revue Annals of Allergy, Asthma and Immunology décrypte pour la première fois le processus allergène du cannabis, grâce à l’analyse des données scientifiques disponibles. Une information largement méconnue de la plupart des consommateurs de cannabis… et des autres.

Un risque (rare) de choc anaphylactique

Les chercheurs canadiens recensent les différents symptômes liés à une exposition au cannabis ayant provoqué une allergie, une hypersensibilité, parfois même un choc anaphylactique (allergie sévère potentiellement mortelle). Selon cette étude, le premier cas signalé d’allergie au cannabis date de 1971 : une femme âgée de 29 ans a eu un choc anaphylactique après avoir fumé du cannabis pour la première fois. Parmi les symptômes respiratoires, la rhinite allergique (type rhume des foins) et l’asthme allergique figurent parmi les cas les plus courants.

Selon une étude menée en 2014 par une équipe belge, des symptômes cutanés immédiats ont été observés chez des consommateurs de cannabis :  notamment de l’urticaire et l’angio-œdème suite au contact de la plante avec la peau ou les muqueuses (lèvres et paupières). Des symptômes respiratoires également, comme des rhinoconjonctivites ennuyeuses, et un angio-œdème palpébral.

Le syndrome cannabis-fruits/légumes

Les allergies touchent jusqu’à 1 % des fumeurs de cannabis (en France, cela représenterait environ 40.000 personnes), rapporte l’étude belge. Mais ces derniers ne sont pas les seuls concernés. Des anaphylaxies ont été observées après l’ingestion de graines de cannabis ou en buvant du thé de marijuana, soulignent les chercheurs. Et même chez des personnes n’ayant jamais consommé de cannabis ! « L’allergène aéroporté pourrait bien constituer une cause éventuelle de sensibilisation passive qui a récemment été suggérée chez un enfant de 5 ans », est-il écrit. En France, les comptes polliniques du Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA) révèlent la présence de pollen de cannabis de fin juillet à la mi-août principalement à Aix-en Provence, Grenoble, Bourgoin-Jallieu, Mâcon, Strasbourg et dans le Roussillon, ainsi qu’en octobre à Ajaccio.

Depuis quelques années, un nombre croissant d’allergiques au cannabis souffrent d’allergies croisées démontrées. Ce syndrome, appelé le « syndrome cannabis–fruits/légumes », semble surtout impliquer le Can s 3, une protéine. Étant un allergène stable qui résiste à la chaleur et demeurant fonctionnel dans le tractus gastro-intestinal, il risque d’entraîner des réactions généralisées tels que urticaire, difficultés respiratoires et anaphylaxie. L’allergie alimentaire d’origine végétale liée à cette protéine concernait surtout la pêche, la pomme, la cerise, la noisette, la tomate et parfois des agrumes comme l’orange et le pamplemousse (voir schéma ci-dessous). « Depuis lors il a été démontré qu’une sensibilisation au cannabis pourrait éventuellement engendrer une réactivité croisée avec des céréales, des boissons alcoolisées (bière et vin), le latex d’Hévea et le tabac », expliquent les chercheurs.

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Il suffit d’avoir fumé du cannabis pendant 3 ans pendant son adolescence pour que sa mémoire en soit altérée

Des chercheurs américains ont récemment publié une étude dans laquelle ils démontrent qu’une consommation chronique de cannabis à l’adolescence avait des effets sur la mémoire à long-terme. Ces résultats viennent compléter ceux que l’on connaissait sur la mémoire à court-terme.

Atlantico : Une nouvelle étude réalisée par l’université de Northwestern montre qu’une consommation fréquente de cannabis pendant l’adolescence peut affecter la mémoire à l’âge adulte. Comment l’expliquer ?

Dan Véléa : Cette étude vient s’ajouter à une longue liste de résultats parfois mitigés concernant les effets d’une consommation chronique de cannabis sur le cerveau.

Si la majorité d’entre elles démontrent bien les effets nocifs de la substance, elle porte un coup à d’autres résultats, notamment une dernière étude qui affirmait que la consommation de cannabis pouvait améliorer la mémoire chez les sujets atteints d’Alzheimer.

Le cannabis contient près de 480 alcaloïdes possédant des propriétés psychoactives. Certains ont des effets sur le sentiment de détente, d’autres permettent de s’amuser, de ressentir du bien-être… Ils agissent contre la mémoire, que ce soit la mémoire de fixation, à court terme, ou une mémoire plus ancienne. L’explication la plus logique est celle consistant à dire que les neurones, à force d’être trop souvent confronté à ces substances psychoactives, s’abîment fortement.

Le vieux mythe disait qu’une fois les capacités de mémoire déstabilisées, il n’y avait plus de capacité de régénération. Mais on voit de plus en plus que celles-ci existent : ceux qui souffrent de maladies de Parkinson peuvent recourir à des greffes neuronales, ou cela peut reprendre, tout comme lors de maladie cardio-vasculaires. Pour autant, je ne pense pas que la recherche se soit posé  sur ce type de mémoire : les dégâts causés sont là. A l’âge de 18 ans, le cerveau est suffisamment mûr, donc la destruction neuronale des capacités de mémorisation est atteinte chez ce type de patient. Chez les patients plus âgés, et dont la consommation est chronique, on voit aussi une perte de mémoire.

On connaissait déjà les effets sur la mémoire à court terme. Quelle est la différence entre ces deux types de mémoires, à quels besoins spécifiques répondent-elles ?

Il y a 5 types de mémoires, mais en gros la mémoire de fixation correspond à la mémoire des évènements récents, tandis que la mémoire d’évocation se crée à partir des réminiscences des souvenirs issus de l’enfance. Ce que l’on constate aujourd’hui, c’est que les deux sont touchées par la consommation de cannabis. Le siège du système émotionnel -le système limbique- impliqué dans les mécanismes de l’apprentissage, et l’hippocampe, sont tous les deux fortement sollicités dans la consommation de cannabis.

D’ailleurs, une étude australienne avait pris un panel d’étudiants de 15 à 18 ans et qui fumait régulièrement du cannabis. A 35 ans,  leur mémoire était sensiblement inférieure par rapport aux sujets témoins qui ne fumaient pas.

A partir de quelles doses la consommation de cannabis devient-elle réellement problématique ?

Il va falloir ici casser un mythe : la consommation de cannabis ne devient pas problématique uniquement par la fréquence. C’est surtout la concentration de THC, et l’intensité de la fumette qui sont en jeu.

En quoi la cartographie du cerveau, très utilisée par les chercheurs, est-elle importante pour connaître les effets d’une consommation régulière de cannabis ? Et quelles régions en sont les plus affectées ?

En l’occurrence, l’équipe fait de la recherche fondamentale, et l’imagerie médicale leur permet de voir quelles sont les zones déficientes, celles sollicitées par la consommation -les zones chaudes- et celles qui ne sont pas suffisamment exploitées.

Les chercheurs se sont également intéressés à l’effet d’une consommation régulière de cannabis sur les sujets souffrant de troubles mentaux. Que sait-on concrètement de l’effet du cannabis sur ces derniers ?

Il faut être honnête sur cette question, mais même en étant honnête les résultats restent inquiétants.

Il y a deux effets du cannabis sur les troubles mentaux et les psychoses. Premièrement, ceux qui auraient de toute manière développé ce type de trouble. Chez ces derniers, on a pu constater que le cannabis provoquait une accélération de l’apparition de ces psychoses.

Dans le deuxième cas, le plus connu avec le cannabis mais aussi avec le LSD est la pharmaco-psychose, où la molécule est directement responsable de l’apparition de la psychose. Mais la différence entre les deux, c’est que celle-ci n’est que très rarement durable. En revanche, au-delà des psychoses, le cannabis est fortement impliqué dans la démotivation des individu

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La France, mauvaise élève de la lutte contre le cannabis

par Xavier Raufer

En décembre 2014, la Fondation Terra Nova publiait ‘Cannabis, réguler le marché pour sortir de l’impasse’. Excellent sujet d’étude pour un think tank, mais, hélas, traité comme la gauche le fait souvent pour la sécurité, en noyant sous les mensonges ses propres échecs.

Pour Terra Nova, en France, la répression des drogues est un échec ; on y lutte durement contre le cannabis en interpellant des foules d’usagers. On peut, dit le think tank, prendre dix ans de prison pour avoir vendu du cannabis ; vingt ans si on en a produit ; plus des millions d’euros d’amende.

Fariboles. Mais d’abord ceci : les criminologues n’ont pas à décider des politiques publiques ; pénaliser, légaliser ou non l’usage des stupéfiants, est une décision de l’État. En revanche, ils doivent s’exprimer si les arguments échangés sont biaisés ou trompeurs, ce qui est le cas ici.

• Niveau de la répression : il y a en France (“Baromètre Santé” 2010-2014), environ 5 millions d’usagers de cannabis “au moins une fois par an”. Pourquoi Terra Nova calcule-t-il donc la répression sur les seuls usagers “au quotidien” (570 000, dit-il) ? Sur quelque 120 000 gardes à vue par an pour usage de cannabis, le taux réel de répression est ainsi de moins de 2,5 % sur tous les consommateurs, ce qui est peu dissuasif. Conclusion : la dure répression vue par Terra Nova est plutôt factice.

“il y a en France environ 5 millions d’usagers de cannabis “au moins une fois par an””

• Niveau de l’usage : il aurait quadruplé de 1992 à 2014. Oui, mais à quel rythme ? Vers 2010-2011, cet usage stagnait, voire baissait (‘Revue française de socioéconomie’, 2011/1-7, étude sur le marché du cannabis). Depuis 2003 “une légère baisse des niveaux de consommations pour tous les types de consommateurs apparaît”. L’Inpes-Santé-Territoires 2005-2010 (oct. 2013) constate une stabilité nationale de l’usage pour les 15-30 ans. L’explosion date donc de 2012, quand arrivent au pouvoir les amis de Terra Nova, qui camoufle maladroitement cette gênante réalité.

Les drogues en Europe : la France, mauvaise élève, oui, car c’est le seul pays où elles “explosent” ; ailleurs en Europe, l’usage des drogues stagne ou baisse. Exemple, celui de l’Angleterre (principal marché d’Europe pour les stupéfiants) : de 2008 à 2013, les saisies (douanes et police) s’y effondrent de – 25 %, le Home Office britannique y voyant “une rétractation objective du marché”.

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