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DROGUES. Plan de lutte contre les addictions : enfin, on va sortir des débats d’opinion !

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Par 
Psychothérapeute

LE PLUS.

Ce jeudi 19 septembre, la Mildt (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les toxicomanies) remet au gouvernement son plan contre « la drogue et les conduites addictives ».

Le professeur Michel Lejoyeux y a participé en animant des groupes de travail d’universitaires addictologues.

Il explique ce qui est, à son sens, le point le plus saillant de ce plan.

Le plan de lutte contre « la drogue et les conduites addictives » est remis par la Mildt ce jeudi 19 septembre 2013 (SIPA).

Pour moi, le premier temps de la lutte contre les conduites addictives, c’est de savoir concrètement qui est concerné, quelles sont les populations à risque et combien de Français sont dépendants. La politique vis-à-vis de ce fléau qu’est l’addiction doit s’appuyer sur une évaluation précise.

Or, à ce jour, nous ne disposons pas de données objectives sur l’importance du phénomène qu’est l’addiction, sa fréquence, sur les substances consommées, les dommages provoqués. Comment lutter contre un problème sans savoir qui il touche et jusqu’où il s’étend ? C’est comme si on entreprenait une politique de lutte contre l’amiante sans savoir où ni comment désamianter.

Remédicaliser le débat

Il n’y a pas d’addictologie de gauche ou de droite. Les personnes dépendantes sont malades. Et leur traitement ne sera pas amélioré par les opinions des uns et des autres. Il est temps de remédicaliser et de scientifiser le débat autour des addictions.

Dépassons les échanges sans fin d’opinions et les assertions subjectives, où l’on se déclare pour ou contre le Baclofène ou la cigarette électronique. Ils sont la preuve que l’on manque d’évaluations objectives. Le jour où l’on disposera d’études prouvant que le Baclofène a un effet supérieur au placebo et pas d’effets indésirables, il n’y aura plus personne pour être contre ; comme il n’y aura plus de pro-Baclofène si l’on démontre l’inverse.

Sortir de l’omerta

Heureusement, au regard de l’écoute que nous a accordée la Mildt (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les toxicomanies), j’ose croire que l’on va sortir de ces débats passionnels. La nouveauté de ce plan de lutte contre les addictions, c’est de se focaliser sur la dimension de l’information, de l’enseignement et de la recherche.

Si peu à peu nous obtenons des données validées par des comités internationaux, nous allons pouvoir sortir de l’omerta collective. Peut-être que l’addiction à l’alcool provoquera une prise de conscience collective lorsque l’on saura précisément combien de morts elle entraîne.

Réorienter la politique de recherche

Pour cela, il va falloir réorienter la politique de recherche menée par la France, aujourd’hui essentiellement focalisée sur les sciences fondamentales. Nous avons besoin d’études sur la consommation de substances addictives menées sur un échantillon autrement plus grand que quelques adolescents : ce sont des milliers voire des dizaines de milliers d’individus qu’il faut interroger, si besoin par le biais de porte-à-porte, sur leurs relations à ces substances.

C’est ainsi que nous pourrons lutter concrètement contre les addictions. Et que nous améliorerons la formation des médecins sur les conduites addictives. Car comment peut-on se satisfaire que, sur les 600 questions du concours d’internat, seule une porte sur les addictions ? J’ai la sensation que ce plan va remédier à ces questions-là

Le plan de l’exécutif contre les addictions (Europe 1)

EXCLU E1 – Un comité interministériel doit valider jeudi soir un plan de lutte contre la drogue et les conduites addictives. On vous le présente.

Le rendez-vous. Le gouvernement lance l’offensive contre le trafic et l’usage des drogues. Un comité interministériel rassemblant Vincent Peillon (Education), Manuel Valls (Intérieur), Marisol Touraine (Santé) autour du Premier ministre Jean-Marc Ayrault va se tenir jeudi soir à Matignon. L’objectif : assécher le commerce et la consommation des drogues, dures comme l’héroïne et le crack, douces comme le cannabis, mais aussi des produits autorisés, comme l’alcool et le tabac. C’est tout l’objet du plan contre « la drogue et les conduites addictives », élaboré par la Mildt (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les toxicomanies), que doivent valider les ministres jeudi.

>> Que prévoit ce plan ? Europe1 a pu le consulter en avant-première :

Premier point : le cannabis. La clé de voute du plan sur ce sujet, ce sont les Consultations Jeunes consommateurs (CJC), des cellules de consultations anonymes et gratuites, rattachées à des structures médico-sociales (CSAPA) et composées de professionnels de la santé. Pas moins de 400 existent déjà en France, mais elles sont pour l’instant quasi inconnues. L’idée consiste à ouvrir grand leurs portes, même aux petits amateurs de joints, qui commencent à peine. Il s’agit également d’aller chercher les consommateurs là où ils se trouvent : à l’école, dans les cafés etc. et de leur dire : on va vous éviter de tomber vraiment dans l’addiction.

Pour les cas les plus désespérés, on proposera même, dans certaines CJC, des thérapies familiales. Cette approche, qui a fait ses preuves aux Etats-Unis, consiste à faire venir devant des professionnels de santé un adolescent consommateur de drogue, avec sa famille, pour leur faire comprendre ce qui ne va pas et les aider à abandonner la drogue.

Deuxième point : l’alcool. Détecter et repérer les addictions plus vite et plus tôt, ça vaut aussi pour l’alcoolisme. Un adulte français sur dix boit trop, entre trois et sept verres par jour, selon la Mildt. Le gouvernement veut donc modifier le code du travail pour limiter la consommation d’alcool sur le lieu de travail. Et pour les jeunes, l’idée est de transmettre à tous les professionnels de santé et tous ceux qui sont en contact avec eux à un petit questionnaire pour leur permettre de repérer les consommations excessives. En quelques minutes, un médecin ou une infirmière doit pouvoir détecter un cas avec ce questionnaire. Enfin, une campagne de communication sera lancée.

Favoriser la prévention à la sanction. L’autre grande idée de ce projet, c’est de ne pas taper sur celui qui fume ou boit trop, mais de l’aider à consommer moins. Concrètement, pour les drogues dures, cela devrait passer par l’ouverture de deux salles de shoots supplémentaires, après celle de Paris. Pour le tabac, le gouvernement prévoit d’expérimenter des campus universitaires entièrement non-fumeurs, la promotion de la cigarette électronique et le remboursement intégral des substituts nicotiniques pour les femmes enceintes et les moins de 25 ans.

M6 : Zone interdite : Le Cannabis

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Les jeunes et la drogue

Propices à l’expérimentation et à la consommation de drogues, les vacances d’été riment souvent avec discothèques, soirées sur la plage ou chez des copains. 42% d’entre eux reconnaissent avoir déjà fumé du cannabis et 7% se définissent comme des consommateurs réguliers. D’autres drogues sont également prisées comme l’ecstasy ou la cocaïne. Quel attrait revêt la drogue pour les jeunes ? Sont-ils conscients des risques ? Leurs réponses en images !

On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans

Il n’existe pas une drogue, mais des drogues. Le cannabis, l’ecstasy, la cocaïne, l’héroïne, le cristal meth ou les amphétamines ont un point commun, elles agissent sur le cerveau. Premiers concernés, les jeunes expérimentent l’une ou plusieurs de ces substances psychoactives de plus en plus tôt. A 17 ans, 41,5 % des jeunes de 17 ans ont déjà testé le cannabis, 3,3 % la cocaïne et 2,9 % l’ecstasy. La prévention est essentielle pour les aider à ne pas devenir des consommateurs réguliers, ce qui pourrait entraîner des conséquences graves pour leur santé, leur vie relationnelle ou leurs études. Connaître les risques et les dangers des drogues, savoir à qui s’adresser pour s’informer et en parler, toutes les réponses figurent dans ce dossier.

La consommation de substances psychoactives par les adolescents et les jeunes adultes est aujourd’hui une préoccupation importante des familles et des pouvoirs publics, face à une augmentation des comportements à risque. En effet, à un âge où se joue l’avenir social et professionnel des jeunes adultes, la consommation de drogues met en danger leurs performances scolaires, leur sécurité (violence, rapports sexuels non désirés, accidents de la route) et leur maturation cérébrale, avec des conséquences négatives sur leurs performances futures et leur prédisposition à la dépendance. Des consultations jeunes consommateurs ont été mises en place depuis 2004 à destination des jeunes qui souhaitaient en savoir plus.

Un effet sur le fonctionnement du cerveau

Les drogues ou substances psychoactives illicites, qu’elles soient naturelles ou de synthèse, ont toutes un point commun : elles agissent sur le fonctionnement normal du cerveau. Les psychostimulants, comme les amphétamines, l’ecstasy ou la cocaïne augmentent la vigilance et diminuent la sensation de fatigue. Les opiacés, comme la morphine ou l’héroïne, ont un effet de sédation. Enfin, le cannabis et le LSD transforment la perception de la réalité. Toutes ces substances augmentent dans le cerveau la libération d’une molécule fabriquée par les neurones, la dopamine. Celle-ci active un circuit de neurones appelé le « circuit de la récompense » qui renforce les comportements alimentaires ou sexuels à travers une sensation de plaisir cérébral. En activant artificiellement cette partie du cerveau, la consommation régulière de drogues perturbe la recherche du plaisir et entraîne des phénomènes de dépendance.

Les risques et les dangers de la drogue

Dès la première consommation de substance psychoactive, les risques existent. La consommation d’une drogue avant de conduire un véhicule (automobile, deux-roues, machine agricole?) provoque une altération de l’attention qui peut avoir des conséquences sur les mouvements. La consommation de cannabis entraîne des troubles du comportements (attention, mémoire?) et augmente le risque de maladie mentale. La prise de cocaïne provoque des troubles du risque cardiaque, une instabilité de l’humeur et une dépendance psychique importante. Les effets d’euphorie et de stimulation liés à sa consommation laissent la place à un état dépressif et anxieux. Enfin, selon les modes de consommation, les risques de transmission du virus du sida ou des hépatites B et C sont réels.

Des lieux pour se faire aider

Les jeunes qui s’interrogent sur les conséquences de leur consommation de substances illicites et qui souhaitent se faire aider peuvent s’adresser à l’une des 280 consultations jeunes consommateurs mises en place par les pouvoirs publics. Anonymes et gratuites, ces consultations offrent une information personnalisée, une écoute et une aide pour arrêter et si nécessaire, une orientation vers des structures de soins. Elles peuvent également accueillir les familles, sans leur enfant, afin de les conseiller. De nombreux sites Internet permettent aussi de s’informer sur les dangers des drogues et sur les mesures de prévention existantes, ainsi que le service téléphonique Drogues Info Service au 0 800 23 13 13.

Source : voir la vidéo

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M6 Zone interdite Reportage CANNABIS_EDVO

L’ecstasy, une drogue aussi addictive que la morphine

La prise répétée d’ecstasy crée un risque de dépendance semblable à celui d’autres drogues comme la cocaïne, la morphine l’alcool ou le tabac, selon des chercheurs de l’Inserm.

L’ecstasy, une drogue aussi addictive que la morphine
© iStockphoto

Les consommateurs d’ecstasy, même occasionnels, courent le risque de devenir rapidement accros. Jean-Pol Tassin et ses collègues de l’institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) sont maintenant en mesure d’expliquer au niveau cérébral le mécanisme d’addiction à cette drogue, aussi forte que la morphine.
La dépendance se crée chez les personnes plus vulnérables quand survient dans le cerveau une « coupure de communication entre les neurones à noradrénaline et les neurones à sérotonine ».

Cette dissociation de ces deux types de neurones entraîne une incapacité d’auto contrôle. « Le couplage entre les neurones à noradrénaline et à sérotonine n’existe pas à la naissance et se met en place au cours du développement. Néanmoins, chez certaines personnes cette mise en place se déroule mal, le plus souvent en raison d’un parcours de vie ou d’expériences difficiles, explique l’auteur de l’étude. En conséquence, le découplage a lieu dès les premières prises de drogue et suscite une anxiété et une dépendance qui s’installent très rapidement ».

Restaurer le contact entre les neurones

Ce dysfonctionnement de l’activité neuronale a été étudié sur 700 souris en laboratoire. Les rongeurs ont reçu quatre doses d’ecstasy avant d’effectuer une série de tests comportementaux, physiologiques et des analyses moléculaires. Les chercheurs ont ainsi saisi l’origine de ce découplage neuronal : les neurones à noradrénaline et à sérotonine « perdent leur capacité à auto-réduire leur niveau d’excitation et cela provoque un découplage entre ces deux types de neurones. Résultat, le comportement des animaux s’altère avec le nombre de prises et ils deviennent extrêmement anxieux ».

Pour venir à bout de cette anxiété, caractéristique de la dépendance, les scientifiques travaillent sur le moyen d’empêcher ce découplage neuronal : « A nous de trouver une ou deux molécules capables d’agir sur ces cibles et de rétablir une activité neuronale normale. Cela permettrait de restaurer la communication entre les deux types de neurones et de réduire l’anxiété et le risque de dépendance », conclut Jean-Pol Tassin.

L’ecstasy crée une dépendance forte et rapide

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Symposium international à Bruxelles le 18 Septembre 2013

L’Union Européenne organise le 18 septembre prochain à Bruxelles un symposium international consacré au plan européen en matière de drogues pour les 7 prochaines années (2013-2020), qui fait suite au plan d’action 2005-2012.

Un rapport récent établi par l’European Monitoring Centre for Drugs and Drug Addiction (EMCDDA) et Europol (voir la prochaine lettre N°24 du CNPERT) décrit un marché : « qui est de plus en plus dynamique, étonnamment innovant, rapide à réagir aux obstacles et qui nécessite une réponse tout aussi dynamique, innovante et rapide à travers l’Europe », marché responsable d’un nombre très important de décès en Europe (estimés entre 6300 et 8400).

Ce symposium comporte 4 grands thèmes :

–          la stratégie européenne en matière de drogues pour la période 2013-2020,

–          la réduction de la demande,

–          la réduction de l’offre, en particulier le classement et l’interdiction des nouvelles drogues synthétiques non réglementées (euphorisants légaux),

–          les approches novatrices pour lutter contre le trafic illicite de drogues et l’abus.

Pr Jean-Pierre Goullé, CNPERT.

Cliquez sur The EU Drugs Strategy 2013-2020 Abstract and Programme pour télécharger ce document

Comment la cocaïne change rapidement notre cerveau

Des chercheurs américains affirment que, dès la première prise de cocaïne, de nouvelles structures apparaissent dans le cerveau.

Cela pourrait expliquer le mécanisme de la toxicomanie.

Comment la cocaïne change rapidement notre cerveau
© iStockphoto

Consommer de la cocaïne, même une seule fois, est loin d’être une pratique anodine. Selon une étude publiée par la revue Nature Neuroscience et rapportée par BBC News, la prise de cocaïne peut modifier la structure du cerveau dans les heures qui suivent la consommation. Une équipe de chercheurs américains des universités de Californie, Berkeley et UC San Francisco a prouvé que de nouvelles structures du cerveau liées à l’apprentissage et à la mémoire commencent à apparaitre juste après la prise de drogue, chez l’animal. « Les souris ayant manifesté les changements cérébrales les plus marquants ont une nette préférence pour la cocaïne. Les experts décrivent cette réaction comme l’addiction du cerveau à l’apprentissage », indique le site BBC News.  Source

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