L’ecstasy, une drogue aussi addictive que la morphine

La prise répétée d’ecstasy crée un risque de dépendance semblable à celui d’autres drogues comme la cocaïne, la morphine l’alcool ou le tabac, selon des chercheurs de l’Inserm.

L’ecstasy, une drogue aussi addictive que la morphine
© iStockphoto

Les consommateurs d’ecstasy, même occasionnels, courent le risque de devenir rapidement accros. Jean-Pol Tassin et ses collègues de l’institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) sont maintenant en mesure d’expliquer au niveau cérébral le mécanisme d’addiction à cette drogue, aussi forte que la morphine.
La dépendance se crée chez les personnes plus vulnérables quand survient dans le cerveau une « coupure de communication entre les neurones à noradrénaline et les neurones à sérotonine ».

Cette dissociation de ces deux types de neurones entraîne une incapacité d’auto contrôle. « Le couplage entre les neurones à noradrénaline et à sérotonine n’existe pas à la naissance et se met en place au cours du développement. Néanmoins, chez certaines personnes cette mise en place se déroule mal, le plus souvent en raison d’un parcours de vie ou d’expériences difficiles, explique l’auteur de l’étude. En conséquence, le découplage a lieu dès les premières prises de drogue et suscite une anxiété et une dépendance qui s’installent très rapidement ».

Restaurer le contact entre les neurones

Ce dysfonctionnement de l’activité neuronale a été étudié sur 700 souris en laboratoire. Les rongeurs ont reçu quatre doses d’ecstasy avant d’effectuer une série de tests comportementaux, physiologiques et des analyses moléculaires. Les chercheurs ont ainsi saisi l’origine de ce découplage neuronal : les neurones à noradrénaline et à sérotonine « perdent leur capacité à auto-réduire leur niveau d’excitation et cela provoque un découplage entre ces deux types de neurones. Résultat, le comportement des animaux s’altère avec le nombre de prises et ils deviennent extrêmement anxieux ».

Pour venir à bout de cette anxiété, caractéristique de la dépendance, les scientifiques travaillent sur le moyen d’empêcher ce découplage neuronal : « A nous de trouver une ou deux molécules capables d’agir sur ces cibles et de rétablir une activité neuronale normale. Cela permettrait de restaurer la communication entre les deux types de neurones et de réduire l’anxiété et le risque de dépendance », conclut Jean-Pol Tassin.

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