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Prévention addictions: l’alcool, « grand absent du financement », dénoncent des médecins

Par AFP le 

L’alcool est « le grand absent du financement » du fonds de lutte contre les addictions aux substances psychoactives, s’insurgent des médecins dans une lettre ouverte à la ministre de la Santé, Agnès Buzyn.

Dans ce courrier, ils lui demandent jeudi de faire participer l’alcool, en le taxant plus fortement, au financement de ce fonds de prévention, dans le cadre du projet de budget de la Sécurité sociale pour 2019 (PLFSS 2019).

Le projet prévoit que le champ d’intervention de ce fonds, constitué de 100 millions d’euros provenant des taxes du tabac, sera élargi aux addictions liées aux substances psychoactives (alcool, cannabis), explique le professeur Michel Reynaud, président d’Actions addictions, co-signataire de cette missive.

Dans le cadre de la prévention, le projet de financement de la Sécu prévoit de faire bénéficier ce fonds de nouvelles ressources « correspondant au produit des amendes forfaitaires sanctionnant la consommation de cannabis (10 millions d’euros en 2019) ».

Cette augmentation de 10 millions d’euros « relève d’un effet d’annonce sans commune mesure avec la dimension du problème » de l’alcool en France, estiment les huit signataires.

Au-delà des 49.000 morts annuelles directement causées par sa consommation, l’alcool est la deuxième cause de cancers, la première cause de mortalité chez les 15-30 ans, la première cause de démence précoce.

L’alcool est aussi impliqué dans plus de la moitié des violences faites aux femmes et aux enfants. L’alcool est de surcroît la première cause de retard mental évitable de l’enfant (né d’une femme qui buvait pendant la grossesse), poursuivent-ils.

La prévention gouvernementale en matière d’alcool se limite à une « discussion picrocholine », dérisoire, sur la taille en millimètres du pictogramme « interdit aux femmes enceintes », déplorent-ils.

La loi de financement de la Sécurité sociale doit intégrer dès 2019 « une taxe sur les boissons alcoolisées » proportionnelle aux degrés d’alcool « pour financer les soins » et « une taxe sur les dépenses de publicité, y compris sur internet – pour financer la prévention », notent-ils.

Outre le Pr Reynaud, les signataires sont l’épidémiologiste Catherine Hill, les professeurs Amine Benyamina (psychiatrie, addictologie), Gérard Dubois (santé publique), Serge Hercberg (nutrition), Albert Hirsch (pneumologue) ainsi que le président et vice-président de l’Association nationale de prévention en Alcoologie et addictologie (Anpaa) Nicolas Simon et Bernard Basset.

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Cette start-up veut faire du vin sans alcool un juteux business

Le Petit Béret

Le Petit Béret a mis au point des technologies qui lui permettent de fabriquer un vin qui n’a jamais contenu d’alcool. Une première qui lui ouvre les portes des très attrayants marchés moyen-orientaux.

Alcool chez les ados : les niveaux restent « dangereusement élevés », selon l’OMS

La consommation d’alcool a diminué chez les adolescents européens. Mais en dépit de ce recul, les niveaux de consommation restent « dangereusement élevés« , conclut l’Organisation mondiale de la santé (OMS) au vu d’un rapport publié le 26 septembre, « Adolescent alcohol-related behaviours: trends and inequalities in the WHO European Region, 2002-2014 » qui a analysé des données de 36 pays européens, recueillies pendant 12 ans concernant la consommation d’alcool chez les adolescents.

Il en ressort qu’en 2014, plus d’un adolescent européen sur 10 consomme régulièrement de l’alcool chaque semaine à l’âge de 15 ans (9 % des filles et 16 % des garçons). Et un quart environ des garçons et plus d’une fille sur 5 déclarent avoir déjà été saouls 2 fois ou plus à l’âge de 15 ans. Ces taux sont en diminution par rapport à 2002. « La plus forte réduction globale de la consommation nocive d’alcool a été constatée dans les pays qui enregistrent habituellement une prévalence plus élevée, tels que la Grande-Bretagne et la région nordique », explique le Dr Jo Inchley, qui a supervisé la rédaction du rapport.

La consommation commence tôt. Ainsi, 25 % des filles et 31 % des garçons disent avoir commencé à consommer de l’alcool à l’âge de 13 ans ou moins. Ceci représente une baisse par rapport à 2002, année où le pourcentage était de 46 %, tant pour les garçons que pour les filles. Un adolescent sur dix environ avoue avoir été saoul pour la première fois à l’âge de 13 ans ou plus tôt (7 % des filles et 9 % des garçons). Mais il s’agit d’une diminution de plus de la moitié depuis 2002 (de 17 à 8 %).

Globalement, les différences entre les deux sexes ont tendance à se gommer, en particulier dans le nord de l’Europe, où les niveaux sont similaires. Cependant les différences restent marquées en Europe centrale, orientale et méridionale. Le taux de prévalence y est actuellement environ deux fois plus élevé chez les garçons que chez les filles.

L’OMS rappelle l’importance des conséquences de la consommation d’alcool à cet âge. En plus du risque de traumatismes mortels ou non, d’accidents, l’alcool est lié à des tentatives de suicide, une consommation d’autres substances, des grossesses non désirées, des maladies sexuellement transmissibles, de troubles des apprentissages et de la violence.

Cela entraîne « des modifications fonctionnelles et structurelles dans le cerveau, qui persistent à l’âge adulte » souligne l’organisation mondiale. « Puisque nous savons que toute consommation d’alcool à ce stade de développement délicat est particulièrement nocive, les décideurs ont la responsabilité de mettre en œuvre les mesures qui, comme nous le savons, sont efficaces, telles que la limitation de l’accès, le contrôle de l’âge et la restriction de tout type de marketing de l’alcool, y compris le marketing numérique.

Bien que la Région européenne de l’OMS ait déjà atteint l’objectif d’une réduction de 10 % fixé dans le cadre des maladies non transmissibles pour 2025, il est possible d’en faire beaucoup plus pour prévenir les effets dévastateurs de l’alcool en matière de mortalité prématurée et d’invalidité », déclare le Dr Zsuzsanna Jakab, directrice régionale de l’OMS pour l’Europe.

Sources : 

Communiqué de l’OMS. 26 septembre 2018 ? Rapport « Les comportements liés à l’alcool chez les adolescents : tendances et inégalités dans la Région européenne de l’OMS, 2002-2014 (2018) ».

http://www.euro.who.int/fr/publications/abstracts/adolescent-alcohol-related-behaviours-trends-and-inequalities-in-the-who-european-region,-20022014-2018

Pourquoi zéro alcool pendant la grossesse ?

Pourquoi zéro alcool pendant la grossesse ?AVIS D’EXPERT – Le Pr François Bourdillon*, directeur général de Santé publique France renouvelle sa mise en garde sur les risques liés à la consommation d’alcool chez les femmes enceintes.

Le 9 septembre de chaque année a lieu la Journée mondiale de sensibilisation aux troubles causés par l’alcoolisation fœtale (TCAF), pour informer la population sur ce problème de santé majeur et prévenir la consommation d’alcool chez les femmes enceintes. Il faut savoir, en effet, que l’alcool traverse librement le placenta et imprègne le bébé à naître. Or l’alcool est tératogène chez l’embryon et toxique chez le fœtus en particulier pour son cerveau. La consommation d’alcool pendant la grossesse n’est donc pas sans conséquences. Elle expose au risque de survenue d’anomalies physiques et elle constitue surtout un facteur de risque majeur de trouble du neuro-développement chez l’enfant, persistant à l’âge adulte, responsable de difficultés cognitives et comportementales parfois très sévères. Le syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF) est la forme la plus complète de TCAF. Sa survenue est nettement corrélée à l’importance de la consommation d’alcool.

Est-il responsable de proposer un verre à une femme enceinte, voire d’insister ?

Il existe des formes moins complètes et moins spécifiques de TCAF pour des consommations d’alcool parfois modestes. Sur la base des déclarations diagnostiques chez le nouveau-né, les épidémiologistes de Santé publique France estiment, au minimum, qu’il naît chaque jour un enfant présentant un TCAF et chaque semaine un enfant présentant un SAF. Ils soulignent surtout que ces chiffres sont vraisemblablement très inférieurs à l’incidence réelle, compte tenu de l’insuffisance du repérage des consommations d’alcool pendant la grossesse et de l’absence de suivi au-delà de la période néonatale des enfants exposés in utero.

Des équipes expérimentées

Par précaution, parce qu’il n’existe pas de seuil de consommation en dessous duquel l’absence totale de risque individuel soit démontrée, et parce que l’on peut légitimement questionner la notion de consommation minimale acceptable s’agissant d’un produit tératogène et fœto-toxique, il est responsable de recommander de ne pas boire d’alcool si l’on est enceinte ou que l’on a un projet de grossesse. C’est le sens du «zéro alcool pendant la grossesse». Cette recommandation simple et universelle est de mieux en mieux comprise.

Ainsi, en 2017, 44 % des Français contre 25 % en 2015 déclarent spontanément qu’il n’existe pas de consommation d’alcool sans risque pour l’enfant. C’est probablement un impact de la campagne des pouvoirs publics diffusée depuis trois ans: «Vous buvez un peu, il boit beaucoup.» Toutefois, 21 % des Français contre 27 % en 2015 pensent encore qu’il n’est pas déconseillé de boire un petit verre de vin de temps en temps pendant la grossesse. C’est pourquoi Santé publique France et le ministère de la Santé lancent une nouvelle campagne: «Par précaution, zéro alcool pendant la grossesse.»

Le moment venu, chaque femme enceinte doit pouvoir s’interroger: faut-il vraiment prendre ou accepter ce verre même dans un contexte festif, une soirée entre amis, un mariage ou un anniversaire? Il s’agit aussi d’amener l’entourage à s’interroger: est-il responsable de proposer un verre à une femme enceinte, voire d’insister?

Cette campagne vise enfin à inciter les femmes qui auraient bu avant de se savoir enceinte, ou qui boivent régulièrement, à s’interroger sur leur consommation et à faire part spontanément de leurs préoccupations aux soignants qui les accompagnent (gynécologue, sage-femme, échographiste, médecin généraliste). En effet, informer les professionnels qui suivent la grossesse permet de bénéficier d’une prise en charge adaptée et de réduire les risques. Il existe des équipes expérimentées dans l’accompagnement des femmes enceintes en difficulté avec l’alcool, dont il faut faciliter et généraliser l’accès à celles qui en ont besoin. Leurs coordonnées sont accessibles sur le site Alcool Info Services, qui propose aussi l’aide d’écoutants (numéro vert: 0 980 980 930).

Améliorer le message sanitaire

Reste la question de l’information sur les bouteilles d’alcool. En application de l’arrêté ministériel du 2 octobre 2006, un message sanitaire à destination des femmes enceintes, préconisant l’abstinence au cours de la grossesse, est apposé sur toute boisson alcoolisée. Ce message peut prendre deux formes: un pictogramme, illustrant le message «zéro alcool pendant la grossesse», ou l’apposition sur l’étiquette d’une phrase d’information: «La consommation de boissons alcoolisées pendant la grossesse, même en faible quantité, peut avoir des conséquences graves sur la santé de l’enfant.» Dans les faits, c’est le pictogramme qui est très majoritairement utilisé, même s’il est souvent peu en évidence et donc difficile à repérer sur l’étiquette. Aujourd’hui, pour accroître l’impact du message et mieux informer les consommateurs, il est question de renforcer sa visibilité.

Les filières de boissons alcoolisées ont fait part de leur souhait de contribuer au plan national de santé publique du gouvernement «Priorités prévention», et certains s’engagent déjà: nous ne pouvons qu’encourager cet engagement citoyen et souhaiter qu’il gagne l’ensemble de la profession – y compris les plus réticents. C’est aussi pour cela que nous prenons la parole lors de la journée mondiale du Syndrome d’alcoolisation fœtal: pour renforcer la prise de conscience des acteurs et susciter la mobilisation de tous face à un véritable enjeu de santé publique.

*Avec Sophie Guillaume, sage-femme coordonnatrice en maïeutique, CHU Necker, et présidente du Collège national des sages-femmes de France ; David Germanaud, neuropédiatre, hôpital Robert-Debré (AP-HP), université Paris-Diderot (USPC). Mickael Naassila, professeur des universités et président de la Société française d’alcoologie ; Pr Damien Subtil, chef du Pôle femme, mère et nouveau-né, hôpital Jeanne de Flandre, CHU Lille, au nom du Collège national des gynécologues et obstétriciens français.

Alcool au volant : l’option de l’éthylotest antidémarrage

Parmi les nouvelles mesures de sécurité routière annoncées mercredi 19 septembre, l’une concerne l’alcool au volant, avec le recours aux éthylotests antidémarrage (EAD).

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Un ensemble de mesures de sécurité routière a été adopté mercredi 19 septembre. Parmi elles, l’une concerne l’éthylotest antidémarrage (EAD).

Une alternative au retrait de permis. 

Notre journaliste Manon Bougault, présente en plateau, fait le point. « Vous sortez d’un dîner entre amis, vous êtes arrêté au volant pour un contrôle routier et on vous demande de souffler. Si votre taux d’alcoolémie est compris entre 0,8 et 1,8 gramme d’alcool par litre de sang, c’est un délit. Jusqu’à aujourd’hui, c’était la suspension de permis automatique et pour beaucoup, cela signifiait perdre son emploi. Désormais il y a une nouvelle alternative pour éviter cette suspension. Le préfet peut vous autoriser dans les trois jours, à installer dans votre véhicule, un éthylotest antidémarrage. Et en l’installant, vous gardez l’usage de votre véhicule. »

1 035 morts sur les routes en 2017

Comment fonctionne cet éthylotest ? « Le circuit est branché sur le circuit d’alimentation de votre véhicule. Vous soufflez. Si c’est vert, votre voiture peut rouler. Comptez 1 300 € pour l’installer« . Ce dispositif existait déjà « mais cela n’était proposé qu’au tribunal« .

En effet, « il fallait d’abord être jugé pour en bénéficier », et en attendant le jugement, on ne pouvait pas utiliser sa voiture. Et en 2017, « 1 035 personnes ont perdu la vie dans un accident lié à l’alcool. Cela représente un quart des morts sur les routes », souligne notre journaliste.

Source FranceInfo

Le vin et l’alcool : de la fête papillaire à l’anesthésie des papilles

Il a été prétendu, récemment, que le vin, ce n’était pas de l’alcool. Analysons cette assertion au deuxième degré (si l’on peut dire).

Le degré alcoolique d’un vin (°) correspond au volume d’alcool pur présent dans 100 ml de ce vin. Dans une bouteille (750 ml) d’un vin au titre alcoolique de 13° (niveau qui tend à devenir la règle, oubliez les beaujolais nouveaux d’antan à 9°), le volume d’alcool pur est de 13 (comme degré) x 750 (comme millilitres), divisé par 100 (c’est un pourcentage), soit de 97,5 ml d’alcool pur. La densité de l’alcool pur étant de 0,789, la quantité d’alcool pur dans cette bouteille est de 77 g (97,5 x 0,789). Ce calcul ne tient pas compte du fait que, lors du mélange de l’alcool et de l’eau, survient une contraction de volume, mais ne compliquons pas davantage, afin que Bacchus, à la différence de Jupiter, ne rende pas fou ceux qu’il veut perdre.

Ce détour pour affirmer que, dans le vin, il y a de l’alcool ; et même qu’il y en a beaucoup. Dans chaque verre à vin (100 ml), ce vin étant à 13°, il y a environ 10 grammes d’alcool pur. Donc, un verre standard de vin apporte 10 grammes d’alcool pur.

Cette assertion doit être analysée.

S’il s’agit d’une horrible « piquette » (brise-ménage, gingin, pinard, vinasse, picrate, tutu, rouge qui tache), celui qui l’engloutit ne s’inflige cet inconfort que pour satisfaire sa soif d’alcool.

S’il s’agit d’un « bon vin », l’alcool n’est sûrement pas absent des mobiles de sa consommation, mais avec des circonstances atténuantes : saveurs, arômes, longueur en bouche, qui en font une fête, que les œnologues animent avec talent.

Même avec les meilleurs vins rouges, la dégustation en dehors des repas est d’une certaine rudesse, qui vous coagule les papilles. C’est, alors, davantage un entretien de l’alcoolémie qu’une dégustation.

Ces bons vins, voire ces « grands vins » (ce qui n’est pas inéluctablement synonyme), expriment leurs qualités dans une alternance entre bouchées et gorgées ; le mets vient alors épauler le nectar, et réciproquement. Un fromage de qualité moyenne et un vin du même niveau, par une épiphanie réciproque, peuvent aboutir à une fête papillaire.

Notre gastronomie s’est développée en symbiose avec des boissons alcooliques, en des couples désormais indissociables : choucroute – bière blonde ; huîtres- muscadet ; sancerre, pouilly-fumé, menetou-salon, équidistants de Chavignol, se mariant à merveille avec son crottin ; cidre – camembert ; lièvre à la royale avec un bordeaux charpenté ; homard à l’armoricaine avec un corton-charlemagne. Mais trêve de salivation et de paraphernalia.

Il faudrait être un « pisse-froid » pour fustiger de telles associations. Ces embuscades gastronomiques sont erratiques ; le prix de ces bouteilles est élevé ; un équilibre entre ce que l’on mange et ce que l’on boit s’installe spontanément ; autant d’éléments qui prémunissent d’un excès franc.

Un tout autre discours devrait être tenu sur les « alcools forts » : gin, whisky, cognac, calvados, vodka, bukha, saké… Leur saveur discrète est éteinte par l’anesthésie des papilles produite par l’alcool à 40° ; leur séjour buccal est bref ; leur lampée est essentiellement au service d’une ascension de l’alcoolémie.

Le cheminement toxicomaniaque débute par l’expérimentation (40 millions de Français) ; il peut évoluer vers usage régulier et virer à l’alcoolodépendance (5 millions de Français) ; il donne accès à l’alcoolisme, dont meurent chaque année 49.000 des nôtres, sans compter les multiples handicapés physiques et/ou psychiques qu’il recrute

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L’alcool serait dangereux pour la santé dès le premier verre

TF1    JT 20H

D’après une étude scientifique récente, les dégâts de l’alcool apparaissent dès le premier verre consommé.

Ce sujet a été diffusé dans le journal télévisé de 20H du 02/09/2018 présenté par Anne-Claire Coudray sur TF1. Vous retrouverez au programme du JT de 20H du 2 septembre 2018 des reportages sur l’actualité politique économique, internationale et culturelle, des analyses et rebonds sur les principaux thèmes du jour, des sujets en régions ainsi que des enquêtes sur les sujets qui concernent le quotidien des Français.

Ce sujet a été diffusé dans le journal télévisé de 20H du 02/09/2018 présenté par Anne-Claire Coudray sur TF1. Vous retrouverez au programme du JT de 20H du 2 septembre 2018 des reportages sur l’actualité politique économique, internationale et culturelle, des analyses et rebonds sur les principaux thèmes du jour, des sujets en régions ainsi que des enquêtes sur les sujets qui concernent le quotidien des Français.

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L’idée d’une dose d’alcool « inoffensive » serait un mythe, affirme une vaste étude

Par Sarah Sermondadaz le 24.08.2018

Sciences et Avenir

Une vaste méta-analyse du Lancet a enquêté sur la consommation d’alcool et son effet sur la santé de 28 millions de personnes entre 1990 et 2016. Sa conclusion : l’alcool est dangereux, même à faible dose.

L'alcool est dangereux dès le premier verre

Un verre, ça ne va pas : c’est dès le premier que commencent les dégâts.

Juste un verre d’alcool de temps en temps, c’est bon pour la santé croyez vous ? Erreur.

L’idée d’une dose d’alcool « inoffensive » voire même bénéfique serait un mythe. Car les bénéfices de l’alcool contre certaines pathologies cardiaques (les cardiopathies ischémiques) seraient contrebalancés par une augmentation du risque de cancers… dès le premier verre.

Il semblerait que ses effets soient nocifs même à faible dose. C’est ce qu’indiquent les conclusions d’une vaste méta-analyse publiée le 23 août 2018 dans The Lancet. L’alcool est impliqué dans la mort de 2,8 millions de personnes par an, ce qui en fait le 7ème facteur de risque d’une mort prématurée dans le monde. Pour les gens dont l’âge est compris entre 15 et 49 ans, c’est même le principal facteur.

Une méta-analyse sur 28 millions de personnes entre 1990 et 2016

Pour aboutir à ces conclusions, les chercheurs ont procédé à une vaste méta-analyse. Ces dernières participent au projet Global Burden of Disease Study (GBD), qui voit collaborer plus de 1800 chercheurs à travers 127 pays avec notamment le soutien de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Ce vaste projet de recherche, financé par la fondation Bill et Melinda Gates, recueille de nombreuses données relatives à la santé publique dans le monde. Il est mis à jour tous les 5 ans, et ce depuis 1990. Pour ce travail, ils se sont appuyés plus de mille études distinctes. Tout d’abord 694 études évaluant la consommation d’alcool dans le monde, puis 592 autres études s’intéressant aux risques sanitaires liés à la consommation d’alcool, couvrant au total un échantillon de 28 millions de personnes de 195 pays entre 1990 et 2016.

Conclusions : un seul verre par jour suffit à augmenter de 0,5% le risque de développer l’un des 23 problèmes de santé associé à l’alcool. (voir ci-dessous.)

L’augmentation de ce risque reste toutefois à nuancer : comme l’analyse le statisticien britannique David Spiegelhalter, on peut interpréter ces 0,5% différemment. Il faudrait que 25.000 personnes consomment, par an, 400.000 bouteilles d’alcool fort pour développer, chaque année, une maladie grave supplémentaire liée à l’alcool. Cela correspond à la consommation de 16 bouteilles d’alcool fort par an et par personne. De quoi rassurer, dans une certaine mesure, les buveurs très occasionnels.

Cliquez pour ouvrir le graphe dans une autre fenêtre / Crédits : GBD 2016 Alcohol Collaborators

BIAIS. La méthodologie des chercheurs leur permet d’éliminer plusieurs biais : contrairement à de précédentes études, elle ne se base pas seulement sur du déclaratif. Autrement dit, les quantités d’alcool que les personnes affirment consommer sont recoupées avec d’autres données, comme la consommation d’alcool dans les lieux touristiques ou encore des estimations du commerce illicite. De quoi corriger des déclarations parfois sous-évaluées… mais puisque l’étude n’a pas tenu compte des adolescents de moins de 15 ans, les auteurs alertent que les chiffres restent certainement sous-évalués.

Pas d’effet protecteur de l’alcool à faible dose

De précédentes études avaient suggéré qu’une faible consommation pouvait avoir un effet protecteur contre certaines maladies cardiaques et formes de diabète, et qu’il existait un niveau de consommation non dangereux. Ce travail vient les contredire. « Nous avons découvert, en combinant tous les types de risques liés à la consommation d’alcool, que ce risque augmentait à n’importe quel niveau de consommation, et vient compenser les éventuels effets protecteurs », a déclaré dans un communiqué Max Griswold, auteur principal, de l’université de Washington. « L’augmentation des risques est faible à un verre par jour, mais augmente ensuite rapidement. »

SANTÉ PUBLIQUE. Pour les chercheurs, il est urgent d’adapter les politiques de santé publique. « L’alcool entraîne des conséquences graves pour la santé des populations en l’absence d’action politique adaptée », a également indiqué Emmanuela Gakidou, chercheuse ayant participé à ce travail. « Nous devons réévaluer nos recommandations de santé publique sur l’alcool. Cela peut passer par la mise en place de taxe, des heures de vente, voire l’interdiction de la publicité. » En France, en juin 2018, plus d’une personne sur 2 se déclarait favorable à une hausse du prix de l’alcool.

Le palmarès des plus grands buveurs dans le monde

De quoi également établir le palmarès des pays où l’on boit le plus… et où l’on souffre le plus des maladies liées à l’alcool. C’est au Danemark qu’on est le plus malade de l’alcool, hommes et femmes confondus. Mais c’est en Roumanie qu’on boit le plus, si on est un homme (8,2 consommations par jour en moyenne), et en Ukraine (4,2 consommations par jour) si on est une femme. Quant à la France, elle est le 6e pays pour les hommes, le 8e pour les femmes, où l’on souffre le plus de maladies liées à l’alcool, derrière notamment l’Argentine, l’Allemagne et la Suisse.

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Alcool au volant : attention au dosage (RTL)

L’association Prévention routière profite de cette période estivale pour mettre en garde les conducteurs tentés de prendre le volant après avoir consommé de l’alcool. Christophe Ponzio rappelle également qu’il faut faire très attention au dosage, car, entre le verre que l’on se fait servir dans un bar et au cours d’un barbecue entre amis, la quantité d’alcool peut aller du simple au double.

Il faut se méfier car le taux limite peut ainsi très vite être franchi, alerte Anne Lavaud, déléguée générale de Prévention routière. Quand on est invités ou lorsque l’on reçoit, on a tendance à avoir la main beaucoup plus lourde et on sert des verres qui sont beaucoup plus importants : il ne faut alors pas se fier à la fameuse règle qui dit que l’on peut reprendre le volant après deux doses bar.

Le risque d’être responsable d’un accident mortel est multiplié par huit et demi en moyenne chez les conducteurs alcoolisés. « Il faut combattre toutes les idées reçues qui laissent supposer que l’on peut reprendre le volant même si on a un peu bu, en laissant les fenêtres ouvertes, en prenant les petites routes, en roulant doucement, ou bien pire, en prenant un bonbon à la menthe », rappelle Anne Lavaud. Des solutions peu fiables, alors que dormir sur place ou désigner une personne qui ne boira pas et qui conduira, c’est beaucoup plus sûr.

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