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Alcool ou drogue au travail: les métiers les plus touchés

A l’occasion de la journée de prévention des conduites addictives au travail, l’Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT) publie une étude sur les addictions en milieu professionnel.
Construction, arts et spectacles et hôtellerie-restauration : voici le trio de tête des secteurs d’activités où l’on consomme le plus de substances addictives, licites ou illicites. Le BTP est en tête pour les produits licites (alcool et tabac). Les arts et spectacles, puis l’hébergement et la restauration, se caractérisent par un recours plus fréquent aux stupéfiants.C’est ce qui ressort d’une étude publiée par l’Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT), à l’occasion de la journée de prévention des conduites addictives au travail.

Dans le monde du travail, le tabac reste la principale addiction, suivie de l’alcool et du cannabis. Avec une hausse des consommateurs de cannabis dans le monde professionnel. Ils sont passés de 6,8% en 2010 à 9% en 2014.

2015-10-22 alcool et métiers
Cette augmentation est à mettre en parallèle avec la progression du cannabis en population générale, mais aussi avec une pression croissante dans le monde du travail. Les jeunes travailleurs fument du cannabis le soir pour décompresser d’une journée difficile, comme auparavant leurs prédécesseurs se servaient un verre d’alcool, selon Danièle Jourdain-Menninger, présidente de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (retrouvez son interview dans nos colonnes ce jeudi).

L’alcool encore largement répandu
La présence d’alcool sur le lieu de travail n’est pas négligeable non plus. D’après les données du baromètre INPS de 2010, en-dehors des occasions telles que les « pots » et les repas, 18,9 % des hommes et 10,3 % des femmes, soit 16,4 % des actifs occupés, ont consommé de l’alcool durant leur temps de travail au moins une fois dans l’année. La proportion de ceux qui déclarent consommer pendant leur temps de travail au moins une fois par semaine est beaucoup plus faible mais atteint 3,5 %.

La consommation de produits psychoactifs inquiète les responsables d’entreprises et les partenaires sociaux. Selon un sondage BVA commandé par la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et conduites addictives (Mildeca), ils sont 91% à déclarer que les salariés de leur structure consomment « au moins un produit psychoactif » et 85% d’entre eux se disent « préoccupés » par les conséquences de cette dépendance.

Sondage réalisé fin 2014 par téléphone auprès de 605 dirigeants, encadrants et personnels RH, ainsi que 253 représentants du personnel ou syndicats du secteur privé et public.

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L’insupportable coût social de l’alcool et du tabac

Dans une récente allocution destinée à défendre son choix d’introduire le paquet de cigarette neutre en France dans le cadre de la lutte contre le tabagisme, Marisol Touraine avait estimé le cout social du tabac à 47,5 milliards d’euros. Elle était loin du compte.

En effet, le 11 septembre 2015, l’économiste Pierre Kopp, professeur à l’université Panthéon-Sorbonne (Paris-I), et Philippe Fenoglio, Maître de conférences à l’université de Nancy I, ont publié les conclusions de leur étude financée par la Direction générale de la santé et par l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies : cette étude révèle que le tabac coûte chaque année à la communauté française 120 milliards d’euros, autant d’ailleurs que l’alcool. Par ailleurs les drogues illicites coutent elles 8,7 milliards d’euros. Ce sont donc 250 milliards d’euros qui sont gaspillés chaque année par la communauté afin de laisser à chacun la liberté de fumer et de boire à sa guise. Peut-on continuer ainsi? Les français souhaitent-ils continuer à financer impunément les firmes américaines et anglaise du tabac et les industriels de l’alcool?

Pour mener ses calculs, Pierre Kopp a tenu compte du coût des vies perdues (80 000 morts liés au tabac et 50 000 à l’alcool), des baisses de production et de productivité, de la réduction de la qualité de la vie des personnes souffrant des conséquences des intoxications actives ou passives (672 000 malades chroniques du tabac, 1,2 million de l’alcool), ainsi que du montant des dépenses de soins (26 milliards pour le tabac et 8,5 pour l’alcool -ne coût social des accidents liés à l’alcool serait à ajouter), et pour les drogues dures de la répression. Il y a soustrait le montant des recettes liées à l’achat légal de l’alcool et du tabac (14 milliard d’euros) et des économies représentées par les retraites non versées aux personnes décédées prématurément de pathologies liées à l’alcool et au tabac.

Plus personne ne pourra insinuer que le manque d’application de l’Etat français à réduire la consommation de tabac et d’alcool est uniquement lié à la volonté d’amasser les profits réalisés par leurs ventes ; selon Pierre Kopp, « La taxation sur les alcools ne représente que 37 % du coût des soins des maladies engendrées par l’alcool », écrit l’économiste. Il y a surement d’autres raisons à l’inaction de l’Etat et du ministère de la santé, mais ce n’est pas l’objet du rapport de Pierre Kopp.

Un groupe de députés avait présenté en octobre 2014 un amendement, depuis oublié, qui réclamait que le prix du tabac soit « fixé de manière à compenser le coût sanitaire et social, minoré des recettes liées au tabac ». Il est peut-être temps d’y revenir? Il faudrait alors multiplier par 10 les recettes fiscales du tabac et donc du paquet de cigarette ce qui rejoint une étude publiée par des scientifiques espagnols ils y a quelques années estimant que pour compenser le coût sanitaire, un paquet de cigarette devrait être vendu 100 euros (voir article Docbuzz). Ce vendredi pourrait marquer le 11 septembre du tabac.

Source

Le coût social des drogues licites (alcool et tabac) et illicites en France
Pierre Kopp et Philippe Fenoglio
Vendredi 11 septembre 2015

Cannabis : les jeunes du sud plus accros que ceux du nord

Plus de 9% des jeunes de 17 ans disent consommer du cannabis au moins 10 fois par mois. Mais ce ratio va du simple au double selon les régions.

Menée régulièrement par l’Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT), l’enquête Escapad, menée sous la forme d’un questionnaire de santé anonyme au cours de la journée Défense et citoyenneté, permet depuis 2000 de décrire les habitudes de consommation des jeunes Français de 17 ans. Elle révélait ainsi en avril que pour la première fois depuis 2003, la consommation de cannabis avait progressé chez les jeunes de l’Hexagone.

Les résultats de mars 2014, qui regroupent les réponses de plus de 23.000 adolescents, viennent d’être déclinés par région dans la revue « Tendances » et démontrent une véritable disparité culturelle entre jeunes du Nord et du Sud.

Selon cette huitième édition de l’étude, 9,2% des jeunes Français de 17 ans déclarent anonymement avoir une consommation de cannabis régulière, c’est-à-dire, selon les critères de l’OFDT, au moins 10 occurrences dans le mois précédant l’enquête. Mais tandis que le Nord-Pas-de-Calais, la Haute-Normandie et la Picardie affichent des niveaux compris entre 6 et 7% des jeunes, les régions PACA, Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées se caractérisent par un usage régulier deux fois plus répandu, (12 à 13%).

– Sur toutes les cartes, la couleur rouge indique une consommation significativement supérieure à la moyenne nationale ; la couleur verte, une consommation significativement inférieure ; le gris, une consommation proche de la moyenne nationale.

– « Usage régulier » signifie ici au moins 10 consommations au cours des 30 derniers jours.

L’Alsace connaît elle aussi un faible niveau (6%), en contraste avec la région voisine de la Franche-Comté, au niveau très élevé (14%). L’OFDT retrouve néanmoins de façon homogène « une hausse globale de près de 3 points entre 2011 et 2014 ».

« Les progressions les plus nettes (6 points de hausse) sont observées dans les régions Pays de la Loire – dont le niveau était pourtant inférieur à la moyenne métropolitaine en 2011 – Franche-Comté et Languedoc-Roussillon », note l’étude. En ce qui concerne la simple expérimentation, 47,8% des jeunes de 17 ans ont goûté au moins une fois au cannabis, contre 41,5% en 2011. En 2003, ils étaient 50,3% à avoir testé cettedrogue.

#Alcool : la jeunesse de l’ouest se distingue

En matière d’alcool aussi, le « bloc du nord » se distingue par une consommation plus faible que la moyenne chez les jeunes de 17 ans (de 8 à 10% en boivent 10 fois par mois). En revanche, c’est ici un bloc de l’ouest (Bretagne, Pays-de-la-Loire, Basse-Normandie) qui se distingue. La consommation régulière atteint 22% chez les jeunes de Pays-de-la-Loire, un record national.

– Au moins 10 consommations d’alcool dans les 30 derniers jours.

On retrouve une hiérarchie sensiblement parallèle concernant ce que l’OFDT appelle les API (alcoolisations ponctuelles importantes), que l’on connait aussi depuis plusieurs années sous le nom de « binge drinking » (au moins 5 verres en une même occasion). Pour que ces API soient dites « répétées », elles doivent être survenues au moins 3 fois au cours des 30 derniers jours. Les jeunes Bretons décrochent la palme des beuveries, avec plus d’un tiers de réponses positives.

– Ici, l’OFDT retient le seuil d’au moins 3 séances de « binge drinking » dans le mois.

#Tabac : consommation plutôt homogène

Le tabagisme quotidien paraît davantage répandu sur la façade ouest, de la Basse-Normandie au Poitou-Charentes ainsi que dans le Sud (Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon et Corse) et en Bourgogne, note l’étude. À l’inverse, seules deux régions (Alsace et Île-de-France) affichent des niveaux de tabagisme significativement inférieurs à la moyenne (respectivement 28 % et 27 %).

La légère progression du tabagisme à l’échelle nationale entre 2011 et 2014 s’observe dans la plupart des régions avec un mouvement orienté globalement à la hausse, même si seules la Bourgogne et les Pays de la Loire voient leur niveau croître de manière significative. Celui des jeunes Bourguignons augmente même de plus de 10 points.

Par ailleurs, 64,7 % des jeunes de 17 ans déclarent avoir déjà expérimenté la chicha (autre nom du narguilé).

#Autres substances illicites : PACA en tête

« Les niveaux régionaux d’expérimentation de substances illicites autres que le cannabis, qui demeurent faibles à 17 ans (compris entre 3 % et 5 %), forment une distribution des usages qui n’offre pas de grille de lecture géographique simple », pointe l’étude.

Comme pour le cannabis, la région PACA affiche des usages au cours de la vie toujours plus élevés pour les quatre produits étudiés : poppers, MDMA/ecstasy, cocaïne et amphétamines. À l’opposé, l’Île-de-France est la seule région dont trois des quatre niveaux d’expérimentation se révèlent inférieurs à ceux mesurés pour l’ensemble du territoire.

Toujours est-il que l’étude confirme l’existence de particularismes régionaux liés à une culture régionale. Elle montre aussi que dans certaines régions, comme le Nord-Pas-de-Calais, les nouvelles générations tentent de s’échapper du modèle de consommation des adultes, note François Beck, de l’OFDT.

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Alcool, cocaïne, nicotine… Hommes et femmes réagissent différemment à la drogue

LE PLUS. Les effets de la drogue sur le cerveau sont-ils les mêmes pour les hommes et pour les femmes ? C’est l’objet de la récente étude réalisée par des chercheurs de la faculté de médecine du Colorado. Et les résultats observés sont pour le moins surprenants.

On le sait : les cerveaux des femmes et des hommes présentent, en moyenne, certaines différences assez significatives. Des différences qui se manifestent notamment dans les effets des drogues sur cet organe, selon qu’il est situé dans une boîte crânienne masculine ou féminine

Nous réagissons différemment selon notre sex

Comme avec les médicaments et d’un point de vue très général, les hommes et les femmes ne réagissent pas de la même manière aux drogues. Les hommes ont ainsi près de 25% de risque supplémentaire d’être dépendants à des drogues illicites, mais les femmes ont davantage de risque de dépendance aux médicaments sur ordonnance, comme les anxiolytiques, sans doute parce qu’elles sont par ailleurs plus sensibles au stress que les hommes.

Ensuite, si la nicotine et l’alcool sont toujours les premières drogues du cycle de l’addiction, celles par où les drogués « commencent », cette porte d’entrée n’est pas la même selon les sexes. Chez les hommes, le cycle débute plus souvent par l’alcool, et par les cigarettes chez les femmes.

En matière d’addiction, les femmes ont des risques spécifiques, ne serait-ce que parce que les drogues altèrent le cycle menstruel et détériorent la fertilité féminine. C’est le cas par exemple du nombre d’enfants, directement corrélé aux risques d’abus de substances chez les femmes, sans que la corrélation soit significative (ni même notable) chez les hommes. En d’autres termes, plus une femme a d’enfants, plus elle risquera de devenir junkie. Vous en conclurez ce que vous voudrez.

Autre détail « rigolo » : les filles (mais pas les fils) de fumeuses qui fumaient durant leur grossesse ont quatre fois plus de risques d’être fumeuses à leur tour. L’une des explications, c’est que la nicotine, qui passe par la barrière placentaire, agit sélectivement sur le cerveau féminin en développement.

Les femmes se désintoxiquent mieux que les hommes

Mais, par rapport aux hommes, les femmes jouissent aussi de certains effets « protecteurs ». Ainsi, les femmes jeunes avec des taux élevés d’œstrogènes semblent protégées contre les effets vasoconstricteurs de la cocaïne sur le cerveau et le cœur, responsables des attaques observées chez les hommes du même âge et dépendants.

Ensuite, la réponse à la cocaïne chez les femmes est sensible aux hormones et fluctue avec le cycle menstruel : en milieu de cycle, les concentrations sanguines en cocaïne sont moins élevées, et les effets de la drogue sont atténués, ce qui pourrait expliquer pourquoi les femmes se désintoxiquent en moyenne mieux que les hommes, chez qui les concentrations sanguines et les effets sont constants.

Enfin, quel que soit le type de drogue, les femmes « rechutent » moins que les hommes et le font principalement pour des raisons « réactionnelles », c’est-à-dire après un événement traumatisant (deuil, divorce, viol, etc.).

Pour autant, si les femmes sont en moyenne moins présentes parmi les dépendants aux drogues, leur proportion est en augmentation depuis une bonne dizaine d’années. Ensuite, l’addiction est généralement plus rapide chez les femmes et, en ce qui concerne la cocaïne, elle est même bien plus précoce.

Enfin, pour cette même drogue, les femmes dépendantes en consomment davantage que les hommes et connaissent des périodes d’abstinence plus courtes.

Les effets sexo-différenciés de drogues dures sur le cerveau

Autant d’éléments qui expliquent qu’une équipe de chercheurs de la faculté de médecine du Coloradose soit récemment penchée sur les effets sexo-différenciés de drogues stimulantes dures – cocaïne, amphétamines et/ou méthamphétamine – sur le cerveau, et en particulier sur la densité en substance grise de certaines de ses zones frontales et temporales les plus essentielles, à savoir celles dédiées au système de récompense, à l’apprentissage et au contrôle cognitif.

Des zones qui, comme le précise Jody Tanabe, l’un des auteurs principaux de cet article, gèrent « la prise de décision, les émotions » ou encore « la formation des habitudes » – des caractéristiques psychologiques pas du tout importantes, si ce n’est qu’elles nous éloignent quand même un tout petit peu de l’état légumineux (hi hi, c’est de l’ironie).

En l’espèce, l’étude a été menée sur 127 individus, parmi lesquels 28 femmes et 31 hommes ayant été dépendants à au moins l’une des substances sus-mentionnées pendant une moyenne de 15,7 ans. Face à eux, 28 femmes et 40 hommes d’âge équivalent n’ayant jamais été dépendants à quoi que ce soit (sauf parfois à la nicotine) ont constitué le groupe de contrôle.

Dans les deux groupes, les volontaires n’étaient pas sélectionnés s’ils avaient connu un épisode dépressif ou psychotique dans les deux mois précédents, s’ils avaient subi un traumatisme crânien avec perte de conscience de plus de 15 minutes, s’ils étaient séropositifs, diabétiques, bipolaires ou encore si leur QI était inférieur à 80. De plus, les déclarations de sobriété des uns et des autres étaient vérifiées par des tests salivaires et sanguins.

Et ce que les scientifiques ont trouvé risque de vous surprendre !

Diminution de matière grise, mais plus d’impulsivité

Après avoir soumis leurs cobayes une batterie de tests, et notamment un passage sous les fourches caudines d’un indiscret IRM, ils ont en effet observé que les femmes ex-droguées voyaient leur substance grise diminuer significativement après 13,5 mois d’abstinence, un changement absent chez les hommes ex-drogués, tout comme chez les individus du groupe de contrôle, quel que soit leur sexe.

Une diminution de la substance grise corrélée (là encore, uniquement chez les femmes) à de plus grands scores d’impulsivité et de goût pour la nouveauté et la prise de risque – autant d’éléments eux-mêmes corrélés à la gravité de la dépendance et à la « dureté » de la drogue « choisie », the snake is bitting its tail, comme on dit dans les Grandes Plaines.

Les zones les plus grignotées étaient le cortex orbitofrontal, les gyrus frontaux moyen et supérieur,l’insula, l’amygdale, le gyrus cingulaire, le lobe temporal – dont l’hippocampe – et le lobule pariétal inférieur.

Les femmes ex-droguées étaient même les plus impulsives de tous les participants. À l’inverse, les femmes du groupe de contrôle étaient tout en bas de l’échelle d’impulsivité, suivis (en la remontant) par les hommes jamais drogués et les hommes ex-drogués.

Ne pas vous droguer reste une très bonne idée

Des résultats qui, selon les chercheurs, permettent de remonter la piste des « processus biologiques sous-jacents aux différences cliniques observées chez les hommes et les femmes abusant de stimulants ».

Mais le chemin risque d’être encore un petit peu long, vu que cette étude n’est que la troisième àchercher – et à trouver – des différences entre les cerveaux d’hommes et de femmes addicts à l’augmentation artificielle du niveau de dopamine de leurs synapses.

En attendant, si vous souhaitez avoir une cervelle en pas trop mauvais état et profiter de capacités cognitives qui auront demandé des millions d’années de perfectionnement patient et constant, ne pas vous droguer reste une très bonne idée.

Source : L’Obs

 

La lutte contre le cannabis devrait s’inspirer des campagnes anti-alcool

La prévention contre le cannabis devrait s’inspirer de la lutte contre l’alcoolisme, selon les résultats d’une étude publiée dans la revue médicale

Pour protéger les plus jeunes du cannabis, il serait important de tirer les leçons des dangers de l’alcool et s’inspirer de sa prévention. Plus particulièrement pour tous les adolescents au contact quotidien avec le cannabis médical et les publicités le vantant.

Les chercheurs de l’Université de Johns Hopkins (Etats-Unis) ont interrogé pendant 2 ans 8 214 collégiens californiens, âgés en moyenne de 13 ans, pour comprendre si le contact avec le cannabis médical modifiait ou non leur perception du cannabis et leur consommation du produit.

Les conclusions de l’étude ont montré que la publicité vantant les mérites du cannabis médical encourageait les plus jeunes à tester le cannabis.

L’étude nous apprend que 22% des collégiens déclarent avoir vu au moins une publicité pour le cannabis au cours des 3 derniers mois.

Et plus précisément que les jeunes élèves exposés à ce genre de réclames sont 2 fois plus susceptibles d’en avoir utilisé ou d’en avoir l’intention. L’expérimentation du cannabis est associée à de mauvais résultats scolaires, des déficits de performance neuropsychologiques et dans certains cas, à l’utilisation d’autres substances illicites.

« La légalisation du cannabis médical et sa commercialisation plus accessible et plus visibles doivent nous inciter à modifier notre discours de prévention vis-à-vis des jeunes », explique Elizabeth D’Amico, psychologue et auteure principale de l’étude. Il est important de tirer les leçons de l’alcool, une substance légale, et de la prévention contre l’alcoolisme pour protéger les plus jeunes et les adolescents.

« Un nouveau débat sur la limitation de la publicité concernant le cannabis médical dans le même esprit que pour l’alcool et le tabac doit être mis en place », concluent les chercheurs.

En France, le cannabis reste la drogue la plus consommée

42% des Français ont déjà testé le cannabis et 11% des 18-64 ans en fument régulièrement contre 10% en 2010. L’usage du cannabis a particulièrement augmenté chez les jeunes de 18 à 25 ans, passant de 29 % à 34 % chez les hommes et de 17% à 23 % chez les femmes entre 2010 et 2014.

« On constate ces dernières années un développement de l’offre tant pour l’herbe – sous l’effet notamment de l’autoculture – que pour la résine, dont la forte augmentation du taux de THC, la substance psychoactive du cannabis, est à souligner » analyse François Beck, directeur de l’OFDT et l’un des auteurs de cette étude

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Alcool et cannabis : tout ce que vous devez savoir !

Jeunes et moins jeunes, on vous dit bien souvent que consommer de l’alcool ou/et du cannabis, c’est à la fois mauvais pour la santé et illégal. Ce qu’on ne vous dit pas nécessairement, c’est le nombre d’effets néfastes (et bien souvent funestes) liés à ces pratiques.

La cause de 23 000 décès chaque année

Plusieurs études ont été menées ces dernières années (« Neurology » 2006 – « Lancet » 2007 – « Dunedin » 2012) afin de mesurer les effets de ces deux substances, qu’elles soient consommées ou non conjointement. Commençons par les effets les moins connus de l’alcool, qui est directement responsable de 23 000 décès chaque année.

Il faut savoir qu’un consommation régulière et en grande quantité (plus de 30 g/jour pour une femme, plus de 50 g/jour pour un homme) entraîne, outre les cirrhoses, cancers ( y compris de la bouche, de l’œsophage, du larynx et du pharynx), desmaladies cardiovasculaires…, des surcharges lipidiques ainsi que des hépatites alcooliques. Par ailleurs, les risques de développer ces atteintes sont multipliées par 15 si vous êtes un fumeur (tabac ou autre).

L’alcool est également responsable de la destruction de neurones, d’une perte de 5 à 7 points de QI, de troubles psychomoteurs… Un grand consommateur d’alcool peut développer une maladie appelée Syndrome de Korsakoff qui entraîne des pertes de mémoire, des fabulations…  En outre, les enfants de ces grands consommateurs d’alcool ont 5 fois plus de risques de développer une alcoolémie excessive et des cancers que les autres enfants.

Concernant le cannabis, une consommation abondante et récurrente provoque une atteinte de la « substance blanche », zone de notre cerveau impliquée dans l’attention et la mémorisation. De même, l’étude de 2007 parue dans « Lancet » a démontré que les « fumeurs » ont 40 % de plus de développer des maladies mentales et que ces risques sont proportionnels à la quantité fumée (50 à 200 % de risques de voir se développer une schizophrénie, des troubles hallucinatoires et autres psychoses).

Si la consommation de cannabis commence à l’adolescence, on peut observer un risque accru des problèmes de mémoire, une perte de motivation, l’incapacité à contrôler ses pulsions, une perte de QI de 3 à 8 points ainsi qu’une augmentation significative des risques de cancers (7 fois plus de substances cancérigènes dans un « joint » que dans une cigarette). 

Enfin, consommées de manière simultanée, ces deux substances s’auto alimentent, le THC « appelant » l’alcool et l’alcool favorisant l’envie de « fumer un pétard ». Ensemble, les effets néfastes se cumulent et provoquent une baisse de la mémoire, des nausées, de la tension artérielle, des troubles anxieux et digestifs, des troubles du comportement…

Conduire sous l’emprise de l’une, de l’autre ou des deux (et ce même en faible quantité) diminuent les réflexes, altèrent les capacités à gérer les trajectoires correctement en raison de leurs effets psycholeptiques et sédatifs.

Pour aborder l’aspect légal, conduire un véhicule sous l’effet du cannabis vaut 6 points de permis, jusqu’à 2 ans de prison et 4 500 € d’amende ;  et sous l’emprise d’alcool et de cannabis : 6 points, 3 ans de prison et 9 000 € d’amende. Mais surtout, cela peut vous coûter la vie et met en danger celle des autres.

On le voit, l’alcool et le cannabis sont réellement un fléau à plus ou moins longue échéance, alors consommateurs, à défaut de penser à ce que vous vous faites subir, pensez à ce que vous risquez d’infliger aux autres !

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Le cocktail alcool-cannabis est redoutable au volant

INFOGRAPHIE – La consommation de cannabis associée à l’alcool multiplie par 16 le risque d’accident de la route.

Cannabis et alcool

La part des conducteurs impliqués dans un accident mortel et qui ont pris de la drogue progresse. Elle a ainsi augmenté en 2014, à 13,5 %, contre 12 % en 2012. Comme les années précédentes, la tranche d’âge des 18-24 ans reste la plus exposée à ce fléau. Sous l’effet du cannabis, principalement dépisté lors des contrôles, le conducteur perd ses moyens, rappelle Jean-Pascal Assailly, psychologue et chercheur à l’Ifsttar (l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux). Ainsi, la vision périphérique est troublée et devient, selon ce spécialiste, «une vision en tunnel».

Autres conséquences: la capacité de contrôle d’une trajectoire est amoindrie et le temps de réaction est allongé. «Le cannabis perturbe les fonctions les plus automatisées de la conduite», souligne le chercheur.

«En situation d’urgence, il ne pilera pas automatiquement comme il le ferait d’ordinaire»

À la différence de celui qui a bu, l’usager qui est sous l’emprise de stupéfiant a d’ailleurs moins conscience que ses facultés sont détériorées. «L’alcool, énerve, pousse à la prise de risque et certains vont alors rouler sur une petite route à 120km/h. Avec le cannabis, le consommateur qui se sent zen, calme, croit que son comportement n’a pas changé.

Mais, en réalité, le conducteur qui aura fumé un joint réagira différemment. En situation d’urgence, il ne pilera pas automatiquement comme il le ferait d’ordinaire», explique Jean-Pascal Assailly, en rappelant que la drogue touche en majorité les 15-25 ans

Risque multiplié par deux

Toutes les études indiquent que le risque de provoquer un accident de la route est multiplié par deux quand on consomme du cannabis.

Or le risque est multiplié par 16 quand on y associe l’alcool.

Pour le chercheur, ce cocktail est tout simplement «redoutable». «Le cannabis renforce les effets de l’alcool et l’alcool renforce ceux du cannabis. Il ne faut jamais mélanger ces deux produits».

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Une illustration des effets de l’alcool ….ou de l’inconscience

En Russie, les conducteurs utilisent des caméras fixées à leur tableau de bord pour filmer ce qui se passe devant eux.
Ça évite peut-être d’avoir recours à des témoins en cas d’accident ? Quoiqu’il en soit, ces caméras captent parfois des scènes assez irréalistes …

Boire ou conduire, trop de Français ne choisissent pas

La stratégie du « conducteur désigné », celui qui ne boit pas lors d’une soirée, gagne cependant du terrain, et pas seulement chez les jeunes.

Qui dit soirée « festive » dit alcool. C’est du moins ce que pensent et légitiment une grande majorité de Français. Selon l’enquête publiée vendredi 12 décembre par les associations Prévention routière etAssureurs prévention, 83 % des Français qui se rendent à une soirée – fête, dîner entre amis ou au restaurant – y consomment de l’alcool. Les trois-quarts y voient une habitude culturelle française.

Sauf qu’une fois la soirée finie, il faut bien rentrer à la maison. Ce que 78 % des Français réalisent à l’aide d’une voiture ou d’un deux-roues, la moitié en conduisant et les 28 % restants en tant que passagers. Sont-ils certains dans ce cas de ne pas dépasser le taux légal d’alcoolémie fixé aujourd’hui à 0,5 g par litre de sang, soit 0,25 mg d’alcool par litre d’air expiré ?

Près de 57 % des conducteurs jurent ne jamais prendre le volant dans ces conditions. Mais ils sont près de 29 % à reconnaître avoir déjà conduit avec un taux d’alcoolémie probablement supérieur au taux légal.« 3 % DES AUTOMOBILISTES CIRCULENT AVEC UN TAUX D’ALCOOLÉMIE NON CONFORME »

« Ce résultat est inquiétant, estime Jean-Yves Salaün, directeur général de la Prévention routière. Sachant par ailleurs que la moitié des personnes interrogées affirment ne pas connaître le taux légal d’alcoolémie, cela démontre qu’il y a encore beaucoup de chemin à parcourir. » « C’est un pourcentage important, renchérit le psychologue Jean-Pascal Assailly, chercheur à l’Ifsttar et spécialiste des comportements de conduite. Je ne pense pas que les Français seraient aussi nombreux à assumer un risque de cet ordre dans un autre domaine. »

Car risque il y a. « En moyenne, on estime que 3 % des automobilistes circulent avec un taux d’alcoolémie non conforme, assure Jean-Pascal Assailly. Mais ceux-ci sont concernés par 30 % des accidents mortels sur route, une différence qui prouve à quel point l’alcool altère la conduite ».

Pis, en cas d’ivresse, la probabilité d’être tué est plus importante que celle d’être blessé. « La présence d’alcool génère essentiellement des accidents mortels car elle est souvent associée à une vitesse excessive, des stupéfiants ou l’absence de ceinture de sécurité », note l’observatoire national interministériel de la sécurité routière.

« UNE CAUSE DIFFICILE À FAIRE ÉVOLUER »

Alors que la mortalité routière due à la vitesse a régressé ces dernières années, le facteur « alcool », lui, reste stable depuis vingt ans. « C’est la cause d’insécurité routière que l’on arrive le moins à faire évoluer »,constate Jean-Yves Salaün. En cause, la diversité des pratiques, du jeune qui sort de boîte à l’alcoolo-dépendant récidiviste.

« Surtout, on n’a pas trouvé en la matière de moyens de contrôle et de sanction équivalents aux radars pour la vitesse », rappelle Jean-Pascal Assailly. La quasi-certitude d’être verbalisé a eu un effet direct sur la baisse des vitesses moyennes pratiquées sur les routes de France ces dix dernières années. Or un automobiliste sera soumis une fois tous les cinq ans en moyenne à un contrôle d’alcoolémie.

« La propension à respecter une réglementation progresse avec la probabilité d’être contrôlé, reconnait Jean-Pascal Assailly. C’est ce que l’on appelle communément la peur du gendarme. »

LE MÉCANISME DU DÉNI

D’autres facteurs psychologiques interviennent dans le fait de prendre le volant après une soirée bien arrosée et en connaissance cause. « Les gens savent très bien qu’ils font quelque chose de répréhensible, poursuit Jean-Pascal Assailly. Pour éviter de se culpabiliser, ils entrent dans le mécanisme bien connu du déni. Soit en contestant la légitimité de la norme, soit en considérant qu’elle n’est pas adaptée à leur cas personnel. »

L’enquête de la Prévention routière et d’Assureurs prévention montre quand même une évolution positive. Désigner au préalable la personne qui ne boira pas et sera chargée de raccompagner les autres est la première mesure envisagée pour éviter l’accident de la route lié à l’alcoolémie.

Déjà très répandu chez les jeunes – selon une enquête précédente de la Prévention routière –, ce réflexe tendrait à se généraliser à l’ensemble de la population. « C’est une très bonne chose qui est le fruit des campagnes que nous menons avec les pouvoirs publics depuis quinze ans », se félicite Jean-Yves Salaün.

Reste à convaincre les 41 % de Français interrogés qui, questionnés sur la solution à adopter en cas d’alcoolisation excessive, indiquent au moins une fois une mauvaise option. Par exemple, boire de l’eau ou du café, ou circuler sur de petites routes peu empruntées, alors même que deux accidents mortels sur trois avec présence d’alcool se produisent sur des routes secondaires.

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