Recherche

Catégorie

cannabidiol

Le cannabis médicinal engendre des maladies cardiovasculaires graves

Source: Université Laval1Le cannabis médical est de plus en plus prescrit aux personnes souffrant de douleurs chroniques, mais son usage ne serait pas sans risque. Une étude qui vient de paraître dans BMC Cardiovascular Disorders associe le cannabis médical à une hausse de 44% du risque de problèmes cardiovasculaires graves.

Arsène Zongo, de la Faculté de pharmacie et du Centre de recherche du CHU de Québec – Université Laval, et six chercheurs de l’Université de l’Alberta et de l’Université de Toronto, ont examiné l’incidence des visites à l’urgence ou des hospitalisations en raison d’infarctus ou d’accident vasculaire cérébral chez 18 653 patients à qui on avait prescrit du cannabis médical. Ils ont fait le même exercice pour un groupe de 51 243 patients comparables sur le plan des caractéristiques sociodémographiques, des habitudes de vie et de certains indicateurs de santé.

Pendant le suivi des sujets – qui a été de 8 mois en moyenne -, l’incidence des événements cardiovasculaires graves a atteint 7,19 par 1000 personnes dans le groupe cannabis et 5,67 par 1000 personnes dans le groupe témoin, soit une augmentation de 44% du risque.

Lorsque tous les événements cardiovasculaires, peu importe leur gravité, ont été considérés dans les analyses, leur incidence était de 28,34 par 1000 dans le groupe cannabis et de 19,0 dans le groupe témoin, soit une hausse de 47% du risque.

L’étude ne permet pas d’établir de lien de cause à effet entre le cannabis médical et les problèmes cardiovasculaires, mais elle appelle à la prudence, commente Arsène Zongo.

Le chercheur rappelle qu’il n’existe pas encore de démonstration scientifique de l’efficacité du cannabis médical pour la grande majorité des conditions pour lesquelles il est prescrit. « Ce sont des considérations juridiques et non des preuves scientifiques qui ont conduit le Canada à légaliser l’usage du cannabis médical en 2001. »

Le profil de sécurité du cannabis médical est encore mal connu, mais il se précise à mesure que son usage croît dans la population. « Considérant le peu de preuves scientifiques démontrant l’efficacité du cannabis médical, il est important que les médecins évaluent bien les bénéfices et les risques avant d’en prescrire à leurs patients, souligne le professeur Zongo. Il serait hasardeux d’en prescrire à des personnes qui ont des problèmes cardiaques connus sans assurer un suivi très serré de ces patients. »

Source

Les cannabidioties qui ont trompé l’opinion

par le Professeur Costentin

Fin mars, l’OMS a retiré le cannabis du tableau des drogues les plus nocives, où il figurait depuis 1961.

Les 53 pays membres ont donc ouvert la voie à la reconnaissance de ses vertus thérapeutiques. Il est vrai que le cannabis est, depuis longtemps, l’objet de manipulations par ceux qui militent pour sa légalisation. Évoquons, pour les contredire, quelques-unes de leurs entourloupes.

« La loi de 1970 qui le prohibe est obsolète »

Le temps ne conduit pas inéluctablement à l’obsolescence, les données sur cette drogue ont confirmé les dangers pressentis et en ont révélé d’autres, encore plus graves.

« Cannabis = jeunesse = liberté »

Enlevant dans cette équation le terme jeunesse, apparaît l’égalité idiote entre cannabis (drogue, assujettissement) et liberté ; 1.300.000 Français, jeunes en majorité, se sont fait passer les menottes du cannabis, annonçant pour certains la camisole.

« Le cannabis, lui, ne tue pas »

Qu’à la différence de l’héroïne des doses élevées de cannabis ne soient pas létales ne permet pas de conclure à son innocuité. Sa toxicité l’emporte sur celle du tabac souvent associé, avec une toxicité physique intrinsèque (infarctus du myocarde, AVC, cancer du testicule…) et surtout psychique (ivresse, désinhibition avec prise de risques sur la route, au travail, auto– ou hétéro-agressivité, dépressions et suicides, schizophrénie comportant 10 % de morts violentes, incitation à l’adjonction d’autres drogues (dont l’héroïne et ses overdoses)…

« Aux vieux l’alcool, aux jeunes le cannabis »

Le cannabis incite à la consommation d’alcool ; leur usage simultané est source d’accidents routiers et professionnels. La consommation de cannabis explose chez les jeunes ; 20 % d’entre eux en sont dépendants, parfois dès le collège. Drogue de la crétinisation, à l’âge des activités éducatives ; inducteur d’anxiété, de dépression, de schizophrénie, de consommation d’autres drogues. Les futurs parents en puissance devraient savoir (mais qui le leur dit ?) que son THC imprime des marques épigénétiques sur leurs gamètes, faisant transmettre à leur progéniture une vulnérabilité aux toxicomanies et à différents troubles psychiatriques.

« Légaliser le cannabis fera disparaître trafics et dealers »

Les trafics de drogues et leurs violences gangrènent notre nation. Ils survivront à la légalisation du cannabis par la vente, à plus bas prix que le cannabis « de régie », de produits plus fortement dosés en THC et par la proposition d’autres drogues.

« Légaliser le cannabis permettra d’engranger des taxes »

L’apport au budget de taxes prélevées sur le cannabis fait rêver les contribuables ignorant que celles sur le tabac et l’alcool ne couvrent pas la moitié des dépenses de santé qu’ils induisent. Pour un dollar qu’encaisse l’État du Colorado ayant légalisé le cannabis, il doit en débourser quatre pour couvrir les dépenses entraînées par cette drogue (santé mentale, physique, accidents, frais de justice…), sans compter l’incurie des consommateurs qui, de contribuables qu’ils devraient être, deviennent des assistés sociaux.

« Chacun mène sa vie comme il l’entend »

Oui, au cœur de l’Amazonie ; mais en société, ça ne devrait pas être aux frais de la collectivité. Si l’on est dangereux pour soi, ce doit être à ses frais, en prenant soin de ne pas l’être pour autrui ; en n’hybridant pas à sa convenance libéralisme et socialisme, sur le mode « le plaisir c’est tout pour moi, et ce qu’il en coûte c’est pour l’État ».

« La légalisation permettrait de faire une réelle prévention »

Les non-fumeurs de cannabis justifient leur abstention par sa toxicité (60 %) ou par son interdiction (40 %). Une légalisation fera penser aux premiers que ça n’est pas très dangereux et aux autres qu’ils n’ont plus le devoir d’y renoncer.

Vingt ans de prévention auprès des collégiens et lycéens m’ont convaincu qu’une légalisation multiplierait les consommateurs et rendrait plus difficiles les actions de prévention. L’Éducation nationale, très défaillante, en étant encore au stade des « expérimentations »…

« Le cannabis récréatif »

Il est urgent de déciller les yeux de ceux que ces formules ont dupés avec cette tromperie suprême des députés Jean-Baptiste Moreau et Caroline Janvier, de LREM, ainsi que Robin Reda (LR), à la proue de sa légalisation. Leur « récré », avec ce cannabis, se terminera tragiquement. Retenons leurs noms.

Source

Enquête citoyenne sur le cannabis « récréatif »

La députée donne ses réponses avant de poser ses questions

Professeur Jean Costentin

Dans cette période dominée par le coronavirus, la consultation des Français par une mission parlementaire sur leur perception du cannabis comme drogue « récréative » est indécente. L’expression « récréative » est jugée trompeuse par les spécialistes informés qui savent depuis longtemps que la « récré » cannabique engendre de nombreux drames.


Les initiateurs de cette consultation ne cachent pas leur souhait de légaliser cette drogue, mais leur main tremble, aussi cherchent-ils l’appui (assuré) de ses 1.500.000 consommateurs. Ils sont pressés car des données récentes sur ce cannabis (tels ses effets épigénétiques) s’ajoutant à d’autres méfaits, empêcheraient cette légalisation s’ils étaient connus.


Une enquête, opportune celle-là, serait d’évaluer les connaissances qu’ont nos concitoyens et nos « décideurs » des méfaits du cannabis. Cela guiderait le développement d’une indispensable pédagogie s’exerçant depuis l’Ecole jusqu’au troisième âge, palliant enfin les carences d’information que dénonce pour la France l’Observatoire Européen des toxicomanies.

C’est seulement après que l’on pourrait interroger les Français sur une éventuelle évolution du statut législatif du cannabis.
L’enquête devrait alors être diligentée par des juges impartiaux, et non par madame Janvier (députée LREM du Loiret), rapporteur sur le « cannabis récréatif » de la mission parlementaire. N’a t-elle pas exprimé dans le journal Ouest-France du 23 janvier 2021 la réponse qu’elle veut obtenir aux questions qu’elle pose ? Tenant ainsi la plume de ceux qu’elle interroge.


Réfutons les arguments qu’elle y développe –

« Le cannabis étant légalisé, les taxes perçues permettront de faire de la prévention ». C’est ainsi en autorisant cette drogue que l’on réduirait le nombre de ses consommateurs ?? Les taxes issues du tabac, n’ont pas empêché 13 millions de nos citoyens d’en abuser irrépressiblement, conduisant à 75.000 décès annuels et à de multiples handicaps ; ces taxes couvrent à peine la moitié des dépenses de santé qui lui sont imputables ! Au Colorado pour 1 $ de taxes encaissées sur le cannabis légalisé, l’Etat doit débourser 4,5 $ pour couvrir les dépenses qui en résultent.
-Alors que c’est l’objet d’une des questions de « l’enquête citoyenne », elle affirme que « la toxicité et les risques de dépendance de l’alcool et du tabac sont largement supérieurs à ceux du cannabis ». Cette affirmation fausse la disqualifie comme rapporteur de cette enquête.


-« C’est le sens de l’Histoire » que de légaliser le cannabis ; ce type d’argument a servi à toute les sauces, et même pour justifier le pire et de décocher ses flèches: « approches idéologiques ou morales »,
« confusion », « amalgames », « fantasmes».

Voilà pour ceux qui ne pensent pas comme elle. Il nous en faudrait plus pour renoncer à nous opposer à ses thèses, car nous disposons des solides connaissances biologiques, cliniques, épidémiologiques
qui manquent à Mme Janvier.
-« Pour que des territoires cessent d’être abimés par le trafic » ; elle assène que la légalisation supprimera les trafics. Que fait-elle des individus abimés par cette drogue, leur nombre déjà effarant, pour une drogue illicite, ne pourrait qu’être accru par sa légalisation.
La démocratie accorde le même poids à la voix de chacun ; pour ne pas pervertir ce grand principe chaque citoyen doit être rigoureusement informé et non pas trompé, comme madame C. Janvier s’y emploie.

L’enquête citoyenne de la mission parlementaire sur le cannabis « récréatif »

par le Professeur Costentin

En cette période dominée par la pandémie coronavirale, il parait décalé, sinon indécent, qu’à l’instigation d’une mission parlementaire, soit effectuée une « consultation citoyenne » des Français sur leur perception du cannabis, en tant que drogue « récréative ».

Le terme « récréatif » est un euphémisme trompeur car les spécialistes les mieux informés expriment de longue date, sans que ce soit repris par les médias, que cette récréation cannabique engendre de nombreux drames.

Les initiateurs de cette consultation ne cachent pas leur souhait d’aller vers la légalisation de cette drogue. Comme leur main tremble, ils cherchent l’appui (qui leur est garanti) de ses 1.500.000 consommateurs et d’un certain nombre de béotiens, soudain distraits d’une attention focalisée sur la Covid.  

« Béotiens » car dans leur grande majorité, ils ne sont pas informés et même souvent désinformés quant aux méfaits de cette drogue.

Des données récentes sur ce cannabis (tels ses effets épigénétiques) s’ajoutant à une longue liste d’autres méfaits, sont méconnues des concitoyens, faisant que cette enquête est biaisée.

Une autre enquête, opportune celle-là, serait d’évaluer la connaissance qu’ont nos concitoyens et nos « décideurs » des principaux méfaits du cannabis. Ses résultats orienteraient le développement d’une pédagogie s’étendant sur toutes les époques de la vie (Ecole, Collège, Lycée, Université, vie professionnelle, troisième âge), permettant enfin de pallier les carences d’information que dénonce pour la France l’Observatoire Européen des toxicomanies (OEDT).

Ce n’est qu’après avoir apprécié les effets de cette pédagogie que l’on pourrait interroger les Français sur une éventuelle évolution du statut législatif du cannabis.

Mme Janvier députée LREM

Cette enquête devrait alors être diligentée par des juges impartiaux, et non par madame C. Janvier, (députée LREM du Loiret), rapporteur thématique du volet « cannabis récréatif » de la mission parlementaire qui « planche » sur cette drogue

En effet, elle exprime dans les médias, a priori, pourquoi elle veut faire évoluer la loi. Interroger après avoir exprimé la réponse qu’elle veut obtenir, revient à tenir la plume de celui qui répond; ceci s’apparente à une malversation.
Dans sa déclaration au quotidien « Ouest France » du 23-I-2021) madame Janvier multiplie les affirmations fausses telles :
-Le cannabis étant libéré, les taxes perçues permettront de faire de la prévention ; exemple typique d’une pétition de principe ; C’est en autorisant la consommation de cette drogue que l’on va réduire le nombre de ses consommateurs ???

Les taxes issues du tabac, n’empêchent pas que 13 millions de nos citoyens en abusent irrépressiblement, conduisant annuellement à 75.000 décès et à de multiples handicaps ; d’autant que ces taxes couvrent à peine la moitié des dépenses de santé induites par le tabagisme !

Au Colorado pour 1 $ de taxes encaissées sur le cannabis légalisé, l’Etat doit débourser 4,5 $ pour couvrir les dépenses qu’il induit (accidents, justice, affections diverses, en particulier psychiatriques, incurie des consommateurs…)

 -« Comme la légalisation se fait partout dans le monde, ne soyons pas les derniers ». La France n’aurait-elle plus de prétentions à l’exemplarité ? Elle est, certes, en Europe, la première Nation consommatrice de cannabis.
-Bien que ce soit l’objet d’une des questions posées par l’enquête citoyenne, Mme Janvier affirme que « la toxicité et les risques de dépendance de l’alcool et du tabac sont largement supérieurs à ceux du cannabis » ; cette affirmation fausse la disqualifie pour la fonction qui lui est impartie.
-« C’est le sens de l’Histoire »  que de légaliser le cannabis (argument servi à toute les sauces, pour même justifier le pire (communisme, nazisme…).
– Puis ses flèches s’abattent ensuite, comme à Gravelotte : « approches idéologiques ou morales », « confusion », « amalgames », « fantasmes». Merci pour ceux qui ne pensent pas comme elle ; mais Il en faudrait davantage pour leur faire honte de s’opposer à ses thèses, étant dotés de solides connaissances biologiques, cliniques, épidémiologiques., qui font si manifestement défaut à Mme Janvier ..

-« Pour que des territoires cessent d’être abimés par le trafic » ; argument qu’elle assène comme si la légalisation allait supprimer les trafics. Et que fait-elle des individus abimés par cette drogue, leur nombre déjà effarant, s’agissant d’une drogue illicite, ne pourra qu’être accru par sa légalisation.
En démocratie la voix de chacun est prise en considération ; pour ne pas pervertir ce grand principe, il faut que chaque citoyen soit rigoureusement informé et non sciemment trompé.

Consultation citoyenne sur le cannabis « récréatif »

Jean Costentin

Contribution supplémentaire à sa banalisation croissante dans l’opinion, les citoyens sont à nouveau interrogés, du 13 janvier au 28 février, sur la légalisation du cannabis « récréatif », mais cette fois, c’est par une mission parlementaire.

Après l’UDI, dont le président, Jean-Christophe Lagarde, faisait savoir qu’à titre personnel, il était favorable à cette légalisation, c’est au tour du parti des Républicains (LR) de se fissurer sur ce point ; après les maires LR de Reims et de Charleville-Mézières, prêts à l’expérimenter dans leurs villes, et un député LR de l’Essonne, Robin Reda, pour présider cette mission parlementaire. LREM n’apparaît qu’en seconde position.

Le vice-président de cette commission est Jean-Baptiste Moreau, porte-parole de la REM (évitez l’anagramme), agriculteur dans la Creuse. Sans « creuser », on constate qu’un lien d’intérêt est patent, puisqu’il veut faire de son département celui de la culture du cannabis.

Même si l’urgence est ailleurs, à l’ombre du Covid-19, d’aucuns poussent leurs pions et pressent le pas, sachant que si les informations que taisent les médias venaient à être connues du public, elles mettraient un coup d’arrêt à leurs manœuvres.

Selon un schéma bien rodé ailleurs pour familiariser le chaland avec l’inconcevable, on fait miroiter des propriétés thérapeutiques au cannabis. Ce fut la tâche (mettons un accent circonflexe) précédente de cette mission d’auditer sur le cannabis qu’elle a qualifié d’emblée de « thérapeutique » pour mettre en place des essais devant tester cette hypothèse (la charrue avant les bœufs). Les médias ont joué simultanément de l’argument du « partout ailleurs » ; ainsi la France, qui donnait des leçons au monde entier, devrait emboîter le pas à de plus imprudents qu’elle.

Dans cette consultation citoyenne, plusieurs arguments majeurs devraient être adressés par de nombreux citoyens contre le cannabis dit « récréatif ».

On sait déjà qu’avec sa légalisation, « la récré » se terminera mal, à l’instar de la légalisation du tabac et de l’alcool, responsables, en France, de respectivement 75.000 et 41.000 décès annuels avec, en outre, de multiples handicaps qui obèrent nos comptes sociaux. Prenant en charge les coûts inhérents aux maladies, notre nation ne doit pas faciliter leur expansion, puisqu’elle peine, même souvent à crédit, à secourir toutes les affections (congénitales ou acquises) qui sont, elles, inévitables.

Le cannabis est plus toxique pour l’appareil respiratoire que le tabac, en engendrant 6 fois plus de goudrons cancérigènes, de substances irritantes et d’oxyde de carbone. Sa toxicité cardio-vasculaire en fait la 3e cause de déclenchement d’infarctus du myocarde ; il est responsable d’artérites et d’accidents vasculaires cérébraux.

Il perturbe le déroulement de la grossesse ; il l’abrège ; il est tératogène ; l’enfant qui naît d’une maman consommatrice de cannabis comporte un risque accru : de mort subite, d’hyperactivité avec déficit de l’attention, de retard du développement psychomoteur, de plus grande vulnérabilité aux toxicomanies à l’adolescence.

Les individus en âge de procréer qui exposent leurs gamètes au tétrahydrocannabinol du cannabis, transmettent à leur enfant, par un mécanisme épigénétique : une vulnérabilité aux toxicomanies, des anomalies de leur développement cérébral, une sensibilité accrue aux troubles du spectre de l’autisme, à la schizophrénie, à des perturbations de leurs capacités cognitives (capacité d’apprendre) ou encore de leur système immunitaire. Ajoutons ses effets accidentogènes sur la route ou au travail, ses effets désinhibiteurs avec prise de risques, l’induction de dépressions avec leurs risques de suicide, l’induction d’autres toxicomanies. C’est la drogue de « la crétinisation », qui nous relègue au 27e rang du classement PISA.

Alors que nous n’avons pas su enrayer le développement pandémique de sa consommation, faisant des Français ses tout premiers consommateurs européens, avec 1.400.000 « usagers régulier », sa légalisation fera exploser le nombre de ses consommateurs, qui tendra au moins vers les 5 millions d’alcoolo-dépendants et même les treize millions de tabagiques.

Les études qui se multiplient sur les effets épigénétiques du cannabis révèlent de nouvelles incriminations de son THC.

Il est impératif que le législateur, en dépit des pressions mercantiles qu’il subit, ou de tentations démagogiques préélectorales, intègre ces informations et mesure leur portée avant de hasarder notre nation dans la légalisation de cette drogue dont tous les éléments connus assurent que ses conséquences seraient funestes.

Source

LE CANNABIS À USAGE MÉDICAL NE SERAIT FINALEMENT PAS SI EFFICACE QUE ÇA

Récemment publiées dans la revue BMJ Supportive & Palliative Care, ces études montrent qu’il y a un manque évident de données scientifiques justifiant l’efficacité du cannabis en tant que traitement palliatif dans la prise en charge de la douleur et le traitement de l’insomnie chez les patients atteints de cancer.

Crédits Pixabay

Ces études ont été indispensables, car de plus en plus de personnes sont concernées. En effet, des millions de personnes dans le monde traitent actuellement des problèmes de santé (ou plutôt leurs symptômes) tels que le cancer ou l’anxiété par ce moyen.

C’était d’ailleurs pour répondre à la demande de l’OMS que ces études portant sur la réelle efficacité des cannabinoïdes ont été effectuées.

Les chercheurs et l’OMS avancent que le cannabis ne serait pas efficace contre la douleur et l’insomnie

Les études en question sont composées de 2 parties. La première partie se focalisait sur l’impact du cannabis sur le sommeil, tandis que la deuxième partie était centrée sur les effets du cannabis dans le traitement des douleurs liées au cancer.

Pour la première partie, les chercheurs ont pu constater que le cannabis aide effectivement des gens à mieux dormir. Cependant, le cannabis serait néfaste pour le sommeil lorsqu’il est consommé en grande quantité.

De plus, les personnes qui sont habituées à en consommer présentaient des problèmes pour s’endormir ou pour rester endormies. Un souci dû au seuil de tolérance plus élevé de leurs organismes, selon les chercheurs.

Ces derniers ont d’ailleurs trouvé que l’usage de cannabis n’a pas montré d’impact notable sur « la facilité avec laquelle les gens s’endormaient ou sur la façon dont ils se réveillaient tôt ou tard ».

Pour la deuxième partie de l’étude, dont les résultats ont été publiés lundi, cinq études cliniques comparant les effets antidouleur du cannabis et des comprimés placebo ont montré que les résultats étaient les mêmes. Pour celle-ci, 1 442 personnes ont été les sujets de ce test par le biais de « scores de douleur ».

Source

Réponse au Premier Ministre

Il n’est jamais interdit de réfléchir,  il est même impératif de le faire,  je l’ai fait, et voici mes conclusions. Pourquoi sont elles si rapidement prêtes?

Un colloque se tenait à Rabat sur ce thème, j’y fus invité, mais ne pouvant m’y rendre j’ai adressé aux organisateurs  le texte de ce que j’y aurais déclaré

Professeur Jean Costentin

  • Docteur en médecine,
  • Pharmacien,
  • Docteur ès sciences,
  • Professeur émérite de pharmacologie,
  • Directeur de l’unité de neuropsychopharmacologie du C.N.R.S. (1984-2008) ;
  • ancien membre de la  commission nationale de la pharmacopée,
  • Membre titulaire de l’académie nationale de Médecine et de sa commission « addictions » ;
  • Membre titulaire de l’académie nationale de pharmacie et de sa commission « agents stupéfiants et dopants » ;
  • Président du centre national de prévention, d’études et de recherches sur les toxicomanies (CNPERT)

Pourquoi, en l’état présent des connaissances, le cannabis, tout comme son principal constituant psychotrope, le tétrahydrocannabinol, ne devraient prétendre, d’un point de vue pharmacologique, à la dignité de médicament

En France, une imprudente et hâtive décision ministérielle a légalisé (2014) par un arrêté, « le cannabis thérapeutique » et a autorisé, aussitôt après, la mise sur le marché (A.M.M.) d’un mélange de THC et de cannabinol (Sativex®). Cinq ans plus tard ce « médicament » n’est toujours pas disponible dans les pharmacies françaises ; la « commission de transparence » de l’agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) ayant estimé que le service médical rendu était négligeable, que son prix était prohibitif et qu’à ce titre il ne bénéficierait que d’un remboursement par la sécurité sociale de 15% du prix d’achat.

Ces dispositions ont été prises en rupture avec la plupart des principes et critères qui fondent la dignité de médicament. Elles ont été arrêtées au cœur d’une campagne d’opinion menée par plusieurs lobbies qui militent pour la dépénalisation et même la légalisation du cannabis à des fins récréatives, certains de ces lobbies proposant même la légalisation de toutes les drogues. On remarquera que tous les pays qui ont légalisé le cannabis à des fins récréatives l’ont préalablement adoubé comme médicament (sorte de chronologie obligatoire).

Nous allons évoquer les aspects pharmaco-thérapeutiques du cannabis, sous une forme condensée, énumérative, afin de présenter les principaux arguments qui s’inscrivent, en l’état des connaissances actuelles, contre l’usage du cannabis ou de son THC comme médicaments.

  • Le décret ministériel, paru au J.O. de la république française, « autorise l’usage du cannabis et de ses dérivés » ; il a été rédigé par un administratif pressé, ou qui ignorait qu’une plante, le cannabis, n’a pas de dérivés. ll voulait vraisemblablement parler de constituants, tel le THC ou le cannabidiol. De plus, à ne pas nommer ces constituants cela équivalait à les valider tous ; or ils sont dans la plante au nombre de près d’une centaine…
  • Depuis plus de trente ans, il n’est plus jamais fait usage en thérapeutique, de cigarettes médicamenteuses ; sachant les méfaits, pour l’appareil broncho-respiratoire, de tout ce qui se fume, tabac en tête, qui est à l’origine de 79.000 mort annuelles en France.
  • Le cannabis fumé produit 6 à 8 fois plus de goudrons cancérigènes que la combustion du tabac. La combustion du cannabis (marijuana) ou de sa résine (haschisch ou shit) survient à une température de 200°C supérieure à celle du tabac, poussant plus loin, la décomposition thermique (pyrolyse) et formant davantage de goudrons.
  • Cette température de combustion plus élevée, génère au moins cinq fois plus d’oxyde de carbone (CO). Ce gaz toxique se fixe à l’hémoglobine de globules rouges du sang ; ce qui diminue sa capacité de transport de l’oxygène, depuis les poumons qui le captent, jusqu’aux tissus (muscles en particulier) qui le consomment.
  • La toxicité du THC, le constituant principal du cannabis, est manifeste pour le corps : Accélération du rythme cardiaque ; vasodilatation dans certains territoires ; déclenchement d’artérites des membres inférieurs, pouvant survenir chez le sujet jeune (donc beaucoup plus précoces que celles induites par le tabac) ; dans la même registre, et avec la même précocité, induction d’accidents vasculaires cérébraux. Le THC est dépresseur de l’immunité (par les récepteurs CB2 associés  aux macrophages et à certains lymphocytes) ; ce qui diminue la résistance que l’individu peut opposer aux agresseurs microbiens.
  • Le THC perturbe la croissance ; à 20 ans, la taille de ses consommateurs serait en moyenne de 10 cm et le poids de 4 kg inférieurs à ce qui est constaté chez les adolescents qui n’ont pas fumé de cannabis.
  • Le THC se concentre dans les testicules, réduisant la sécrétion de l’hormone mâle, la testostérone, ce qui détermine au long cours, une baisse de la libido, un certain degré de régression des caractères sexuels masculins, ainsi qu’une diminution des spermatozoïdes dans le liquide séminale. De plus, le cannabis est incriminé dans la survenue d’une variété agressive de cancer du testicule (le germinome non séminome).
  • Le cannabis fait mauvais ménage avec la grossesse ; trois femmes sur quatre qui le consomment sont incapables alors de s’en abstenir. Cela abrège la durée de la gestation et fait naitre des bébés de plus petit poids que ne le ferait la seule prématurité. Le risque de mort subite inexpliquée est plus important chez ces « bébés cannabis », leur développement psychomoteur est retardé durant toute l’enfance ; la fréquence de développement d’une hyperactivité avec déficit de l’attention est accrue, tout comme l’incidence ces toxicomanies à l’adolescence. Des études récentes de l’équipe de Hurd (U.S.A.) montrent que l’exposition au THC des individus en âge de procréer, par un mécanisme épigénétique, est à l’origine d’une sous expression des récepteurs dopaminergiques D2 dans le noyau accumbens, ce qui sous tend, à l’adolescence, une propension redoublée à consommer des drogues.

Les méfaits du cannabis, en particulier par son THC, sont encore plus importants et graves, au niveau cérébral :

  • Le THC induit une addiction (ou pharmacodépendance), qui concerne près de 20% de ceux qui l’ont expérimenté (en France on dénombre 1.400.000 usagers réguliers ; dont 650.000 usagers quotidiens et multi quotidiens).
  • Le THC persiste dans le cerveau et les lipides de l’organisme durant des jours et même des semaines, ainsi ses effets sont très persistants ; c’est « une drogue très lente ».
  • Il perturbe l’éveil, l’attention, la mémoire à court terme (sans laquelle ne peut se former une mémoire à long terme) ; ce qui est à l’origine de graves perturbations cognitives et éducatives.
  • Il produit une ivresse, assez comparable à celle due à l’alcool, avec lequel il donne lieu à une potentialisation mutuelle ; ainsi, la rencontre du cannabis et de l’alcool multiplie par 14 le risque d’avoir un accident mortel de la route (Etude Stupéfiants et accidents mortels de la route).
  • Il induit des troubles délirants et hallucinatoires, tels ceux vécus au cours de la folie (schizophrénie).
  • Il est à l’origine, en aigue, de possibles crises d’angoisse, mais plus souvent d’un effet anxiolytique, qui incite l’anxieux à en user et bientôt à en abuser. Se développe alors une tolérance, qui fait réapparaître l’anxiété, mais sur un mode plus intense qu’elle n’était primitivement.
  • Le THC est perçu lors des premiers usages par un sujet dépressif comme anti dépresseur, ce qui l’incite à en user, puis à en abuser, jusqu’à ce que l’effet disparaisse et fasse réapparaître une dépression intense, comportant en embuscade un risque suicidaire.
  • Au rythme où les effets du THC s’atténuent le cannabinophile y ajoute d’autres drogues ; instaurant une poly toxicomanie.
  • Le THC peut déclencher une psychose cannabique, qui ne régresse que sous un traitement antipsychotique ; pour ne pas réapparaître le sujet ne devra plus jamais consommer de cannabis

10-  Le THC peut décompenser une vulnérabilité à la schizophrénie, et ainsi déclencher   l’apparition de cette affection grave, dont on ne guérit jamais.

Ces méfaits principaux et souvent graves étant évoqués, considérons maintenant les effets pharmacologiques induits par le THC, que certains voudraient recruter à des fins thérapeutiques.

Les effets du THC sont multiples, en raison du grand nombre de récepteurs cérébraux sur lesquels il agit (les récepteurs CB1 = cannabinoïdes de type 1) et de leur caractère ubiquistes (présents dans toutes les structures cérébrales) ; de là ses effets multiples, sans préjuger de leur intensité. Citons pêle-mêle : des effets sédatifs, tranquillisants, analgésiques, myorelaxants, de diminution de la pression intra-oculaire (en cas de glaucome), amnésiants, de diminution du seuil épileptogène, d’augmentation de l’appétit (orexigène) ; de diminution des vomissements (anti-émétique), d’induction de troubles de l’équilibre et de la coordination des mouvements…

Depuis Claude Bernard, à la suite de son maître François Magendie (i.e. depuis plus d’un siècle), la thérapeutique répugne à administrer des soupes végétales associant dans des proportions non définies des principes actifs divers et variés dont les effets peuvent s’épauler ou se contredire. Voilà déjà qui invalide cannabis en tant que tel.

La multiplicité des effets développés par le seul THC s’inscrit contre la notion de médicament. Un médicament doit développer un effet principal, majeur, éventuellement un ou deux effets latéraux que l’on peut parfois mettre à profit, mais surtout pas plus. Avec le THC on redécouvre la panacée, la thériaque ; c’est un retour de plus d’un siècle en arrière. Si on sollicite par exemple une analgésie, non seulement on n’a pas besoin, mais on va être gêné par beaucoup des autres effets servis simultanément, « en prime » ; tels une ivresse, un appétit aiguisé, un état de sédation, des troubles de la coordination motrice, une relaxation musculaire,  une incapacité de conduire un véhicule, des troubles délirants, des hallucinations, une dépendance rendant bientôt cette utilisation indispensable pour échapper au mal être de sa privation ….autant d’effets qui, bien plus que latéraux, pourront être manifestement adverses.

Les effets que l’on voudrait solliciter sont, individuellement, d’une intensité qui n’a rien d’exceptionnelle, alors que l’on dispose, pour chacun des effets que développe le THC, d’authentiques médicaments, ayant une efficacité souvent meilleure, et surtout une bonne spécificité d’action. Par exemple, pour traiter le glaucome on dispose d’au moins 6 classes de médicaments différents d’efficacité avérée. Pour agir sur les vomissements, on trouve dans la famille des sétrons, des molécules beaucoup plus actives que le THC, pour pallier une spasticité  on a le baclofène.

Ce qui qualifie avant tout un médicament, au point d’être consubstantiel à cette qualité, c’est le rapport bénéfices/risques. Quels bénéfices peut-on espérer que le patient en retirera et quels risques encourra-t-il à utiliser ce médicament. Ce rapport est spécialement mauvais pour le THC. On a fait disparaître récemment du marché une benzodiazépine myorelaxante, très efficace, pour bien moins de motifs d’incrimination.

Nous devrions considérer aussi le devenir du THC dans l’organisme, dans ses interactions avec différents médicaments et surtout au travers de son exceptionnelle persistance, avec une imprévisible durée d’action.

Tout cela étant considéré, on peut affirmer aujourd’hui que le cannabis, en tant que tel, ainsi que son constituant psychotrope essentiel, le THC, qui est le substrat de tous les appétits, ne devraient pas être acceptés en tant que médicament, dans les indications proposées ou anticipées.

Le chercheur pharmacologue soussigné, n’exclue évidemment pas que l’on puisse découvrir parmi les dizaines de cannabinoïdes que recèle le chanvre indien, un ou plusieurs d’entre eux, qui développeraient d’intéressantes propriétés pharmacologiques, sans effets adverses manifestes. Le cannabidiol (CBD), substance non psychotrope, pourrait être un candidat sérieux ; cependant, en l’absence d’informations robustes, cette assertion est actuellement tout à fait prématurée.

L’association THC-CBD (Sativex®)

Elément extraordinaire de la phytothérapie, dans le chanvre indien le THC jouxte le CBD qui dans la plante pourrait être le précurseur de ce premier.  En sens inverse, au niveau du suc gastrique très acide, le CBD se transforme abondamment en THC. Le CBD n’affecte pas les récepteurs CB1 sur lesquels agit le THC. On connaît mal la ou les cible(s) biologique(s) pertinente(s) du CBD, mais certains prétendent que très opportunément il accroîtrait les effets bénéfiques recherchés du THC et qu’il relativiserait voire même annulerait ses effets délétères. C’est à partir de ce postulat que THC et CBD ont été associés dans des proportions assez arbitraires dans un spray destiné à des pulvérisations buccales : le Sativex®. Cette association a obtenu, selon une procédure accélérée, une autorisation de mise sur le marché européen (A.M.M.) suivie de sa rapide transposition française par l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM), avec pour indication : traitement symptomatique d’appoint des manifestations de la spasticité, liée à une SEP, chez des patients insuffisamment soulagés par les traitements anti spastiques de référence.

Une campagne médiatique, rompant avec la sérénité de la démarche scientifique qui doit prévaloir en matière de qualification d’un médicament, a souligné l’urgence de mettre ce médicament, présenté comme irremplaçable, à la disposition des patients atteints de cette grave affection et de ces troubles invalidants,  culpabilisant presque les pouvoirs publics d’avoir tant tardé. Un addictologue, très à distance de son domaine d’expertise s’est fourvoyé, dans un grand quotidien national, à déclarer « qu’il fallait donner sa chance au cannabis thérapeutique », en rupture avec le principe qu’en médecine c’est aux patients qu’il faut donner toutes leurs chances et non pas à tel médicament.

Cette A.M.M. française date de 2014. Pourtant à ce jour, soit cinq ans plus tard, une analyse sereine, enfin scientifique et objective, fait qu’il n’est pas commercialisé en France, en dépit de sa présentation par plusieurs médias comme irremplaçable, indispensable, soulignant l’extrême urgence qu’il y avait à le mettre à la disposition des patients… ! Sa commercialisation bute sur un problème de prix ; le laboratoire espagnol Almirall le propose à près de 600 euros. Il bute aussi sur le niveau de son remboursement qui ne serait que de 15%, car la Commission de la transparence de la Haute autorité de santé (HAS) juge que ce produit n’a pas de réels avantages thérapeutiques.    « L’amélioration du service médical rendu (ASMR) » a été jugée du niveau V ; elle est donc jugée insignifiante dans le traitement des symptômes liés à une spasticité modérée à sévère due à une sclérose en plaques. D’après les données d’efficacité des études réalisées par le laboratoire sur ce médicament, dans son indication, la file active des patients susceptibles de bénéficier de ce traitement est estimée au maximum à 2.000 patients.

La pollution médiatique manifeste de la réflexion pharmacologique et thérapeutique que révèle cet exemple invite à aller plus avant dans l’analyse de l’intérêt ou de l’absence d’intérêt du THC chez le patient atteint de S.E.P. Un regard superficiel constate que l’on décrit au THC des effets immunodépresseurs qui pourraient être utiles dans une pathologie dans laquelle le patient développe des anticorps contre la gaine de myéline de ses nerfs (à l’origine de la formation des plaques de démyélinisation). Il constate aussi que le THC a des effets myorelaxants, anti spastiques, qui seraient utiles dans la survenue de tels troubles qui peuvent survenir au cours de la SEP. Il constate enfin qu’il est analgésique alors que ces spasmes sont souvent douloureux. Cette triade d’effets justifierait sans hésitation le THC dans cette indication. Pourtant il convient de souligner que sur chacun de ces paramètres (immunodépression, effet anti spastique et effet analgésique) on dispose d’agents aux effets mieux ciblés et plus efficaces que le THC. Ainsi, par exemple, comme immunodépresseurs, on peut faire appel aux corticoïdes, interférons, méthotrexate, azathioprine, cyclophosphamide, glatiramère, statines, cyclines, anticorps monoclonaux…Le rapport bénéfices/risques est clairement en défaveur du THC, eu égard à la liste de ses méfaits, physiques et psychiques en particulier, qui est très longue (cf. supra) et dont certains sont graves.

On constate, pour un certain nombre de ces méfaits, leur caractère très inopportun chez les patients victimes de la SEP :

– Les troubles de l’équilibre et de la coordination des mouvements (adiadococinésie), que comporte intrinsèquement l’affection, pourront être aggravés par le THC.

– Les effets ébriants du THC seront incompatibles avec la conduite automobile, chez des patients qui, plus que d’autres, peuvent avoir besoin de ce mode de transport.

– Les effets orexigènes survenant chez des patients dont la dépense énergétique est réduite par leur handicap, conduirait à une importante prise de poids, avec ses conséquences esthétiques négatives, (aggravant celles dont peuvent être responsables les corticoïdes) altérant l’image que renvoient les miroirs, suscitant une dépression de l’humeur, avec aussi une difficulté supplémentaire à se mouvoir de façon autonome ou rendant plus difficile la tâche des assistants de vie.

– Les troubles anxieux et dépressifs que la SEP recrute fréquemment pourront être aggravés au long cours par le THC, redoublant les risques suicidaires.

– Un syndrome amotivationnel viendra se greffer sur une pathologie qui incite au renoncement devant la difficulté redoublée de beaucoup d’actions.

– Les capacités physiques les trahissant, les patients sont incités à investir davantage sur leurs activités psychiques, intellectuelles, mais le THC vient contrarier cela, en perturbant la mémoire à court terme sans laquelle ne peut se constituer une mémoire à long terme (une culture).

– Les patients atteints de SEP ont fréquemment une baisse de leur libido ; le THC utilisé au long cours ayant ce même effet, l’aggravera.

– L’incitation forte à accroître les doses de THC, en relation avec la pharmacodépendance et le développement d’une tolérance, quand l’effet du THC s’épuisera, aboutira à une incitation à y ajouter une autre puis même d’autres drogues. Les morphiniques pour calmer les douleurs seront hélas très tentants.

Effets du THC sur la douleur chronique et aiguë

Les effets du THC sur la douleur sont régulièrement invoqués afin de l’inscrire dans la famille des analgésiques si souvent sollicitée par nombre d’entre nous. Il y a lieu de distinguer la douleur aigue, contre laquelle on est assez bien armé, de la douleur chronique contre laquelle on est plus démuni. Les stimulants des récepteurs CB1 et CB2, pourraient agir sur la douleur.

Des revues systématiques de la littérature penchaient pour une efficacité des cannabinoïdes dans les neuropathies périphériques du SIDA, ainsi que dans les douleurs chroniques non cancéreuses. Ceci a incité une équipe à s’intéresser à leurs effets dans les douleurs post-opératoires qui résistent très majoritairement aux traitements antalgiques qu’on leur oppose. Parmi les 7 études incluant 611 patients, une seule, avec le lévonantradol, a montré une efficacité supérieure au placebo; une autre, avec la nabilone, a abouti à un effet inférieur au placebo. Aucun effet ni synergique, ni même additif à celui des opiacés n’a été trouvé. Evidemment dans 5 études les effets secondaires étaient plus fréquents (sans cependant être graves) que dans les groupes placebos. Les auteurs ont conclu que les cannabinoïdes n’ont pas plus d’effet dans la douleur aigue que l’urine de marsupial (il s’agit d’une équipe australienne).

Les résultats sont plus encourageants s’agissant des douleurs chroniques, dans des rapports récents analysant de très nombreuses études ; et une étude émanant de l’Académie des sciences des U.S.A. Ce deuxième rapport, reposant sur plus de 10.000 résumés scientifiques publiés depuis 1999, estime qu’il existe des preuves solides que le cannabis permet de soulager la douleur chronique chez l’adulte. S’agissant de l’amélioration des troubles spastiques de la sclérose en plaques, ce jugement repose sur l’appréciation des patients, recourant à des cannabinoïdes per os. Les preuves deviennent par contre limitées quand elles reposent sur l’évaluation pratiquée par les médecins.

Pour conclure, on doit s’interdire de décider pour l’avenir,  nul ne pouvant exclure qu’un  cannabinoïde, naturel ou de synthèse, démontrera une activité intéressante dans une pathologie ou  dans certains troubles contre lesquels la pharmacopée serait démunie. Mais aujourd’hui, en l’état des données et connaissances disponibles, le cannabis ou tel de ses composants ne saurait revendiquer, en leur appliquant les critères qui  prévalent pour élever une substance à la dignité de médicament, un tel statut de médicament. Il faut calmer les emballements médiatiques, s’affranchir des manipulations de l’opinion, tempérer les appétits capitalistiques à l’affut, et revenir à la sérénité qui sied aux évaluations scientifiques.

                                           Professeur Jean Costentin

  • « Halte au cannabis » J. Costentin, Ed . Odile Jacob (2007)
  • « Pourquoi il ne faut pas dépénaliser l’usage du cannabis » J. Costentin, Ed. Odile Jacob (2013)
  • « Le désastre des toxicomanies en France » J. Costentin, Ed. Docis (2018)
  • « Le cannabis- ses risques à l’adolescence » H. Chabrol, M. Choquet, J. Costentin, Ed. Ellipses (2013)
  • « Dictionnaire critique du cannabis » J. Costentin, Ed. Docis  (sous presse, 2019)
  • « Le cannabis-ce qu’il faut retenir et faire savoir » Ouvrage rédigé par des membres de l ‘académie de Pharmacie Ed. Lavoisier-sous presse (2019)

Fumer du cannabis pourrait « reprogrammer » le sperme …..

….et créer des spermatozoïdes mutants

Des spermatozoïdes mutants. C’est ce qu’engendrerait la consommation de cannabis selon une étude publiée le 18 décembre dans la revue Epigenetics. En étudiant les effets de cette drogue sur des rats puis sur vingt-quatre hommes de 18 à 40 ans, une équipe de scientifiques de Duke University, en Caroline du Nord (Etats-Unis), a constaté une altération du sperme avec une « reprogrammation » des gènes de son ADN.

Pour leurs travaux, les chercheurs ont comparé le sperme de deux groupes de rats : l’un s’étant fait administrer du tetrahydrocannabinol (THC), la molécule active du cannabis, et l’autre non. Ils ont ensuite comparé le sperme d’un groupe d’hommes qui fumaient de la marijuana de façon hebdomadaire à un autre qui n’en avait pas fumé plus de dix fois au cours de leurs vies et pas du tout les six derniers mois. Chez les rats comme chez les humains, il s’est avéré que la marijuana avait changé la façon de fonctionner des gènes dans les cellules du sperme.

Cannabis médical : surestimation des bénéfices sur la douleur selon de nouvelles recommandations

Des recommandations canadiennes, éditées par l’Université de l’Alberta, énoncent que les risques du cannabis médical pourraient l’emporter sur les avantages dans nombre de maladies et limitent donc leurs indications.

Selon le document intitulé « Recommandations simplifiées pour la prescription de cannabinoïdes médicaux en soins primaires », il existe peu de données probantes à l’appui des bénéfices allégués du cannabis médical. Les avantages réels sont souvent contrebalancés ou même annulés par les inconvénients.
Ces nouvelles recommandations médicales suggèrent que les médecins généralistes canadiens devraient prendre un second avis spécialisé avant de prescrire du cannabis médical chez la plupart des malades.

Un enthousiasme très exagéré

« Même si l’enthousiasme pour le cannabis médical est très fort chez certains malades, les recherches médicales de bonne qualité n’ont pas objectivé un tel bénéfice », a déclaré Mike Allan, directeur de l’Evidence-Based-Medicine à l’Université de l’Alberta et chef de projet pour les recommandations.

Ces recommandations ont été élaborées après une analyse approfondie des essais cliniques publiés sur le cannabis médical et elles ont été supervisées par un comité de 10 experts, assistés de 10 autres spécialistes et de 40 autres médecins, pharmaciens, infirmières praticiennes, infirmières et malades.

L’analyse a concerné les bénéfices des cannabinoïdes utilisés pour le traitement de la douleur, de la spasticité, des nausées et des vomissements, ainsi que de leurs effets secondaires et leurs toxicités.

Des preuves scientifiques faibles ou inexistantes

Selon les chercheurs, dans la plupart des indications revendiquées pour les cannabinoïdes, le nombre d’études randomisées testant le cannabis médical est extrêmement limité, voire totalement absent. La taille et la durée des études existantes sont par ailleurs très limitées, ce qui en limite très nettement la portée scientifique.
« En général, nous parlons d’une seule étude et dont la méthodologie est très mauvaise », a déclaré Allan. «

Par exemple, il n’y a pas d’études pour le traitement de la dépression. Sur l’anxiété, il y a une seule étude de 24 malades souffrant d’anxiété sociale dans laquelle la moitié a reçu une dose unique de dérivé de cannabis (…). C’est très insuffisant pour déterminer si un traitement à vie du trouble anxieux généralisé est raisonnable ».

Une poignée d’indications validées

Selon les recommandations, le niveau de preuve est acceptable pour l’utilisation des cannabinoïdes médicaux uniquement dans une poignée de maladies très spécifiques.

Celles-ci comprennent la douleur neuropathique chronique (douleur d’origine neurologique), le traitement palliatif de la douleur cancéreuse, la spasticité associée à la sclérose en plaques (ou à une lésion de la moelle épinière), ainsi que les nausées et les vomissements secondaires à la chimiothérapie. Même dans ces cas précis, les bénéfices évalués ont été jugés généralement mineurs.

Pour la douleur neuropathique, 30% des malades qui prennent un placebo ont une amélioration modérée de leur douleur contre 39% de ceux qui prennent des cannabinoïdes médicaux. Chez les patients souffrant de spasticité, 25% des patients sous placebo ont une amélioration modérée, contre 35% sous cannabis médical.

L’utilisation du cannabis médical semble plus efficace pour la prise en charge des nausées et des vomissements sous chimiothérapie. Un peu moins de la moitié des patients utilisant des cannabinoïdes n’ont plus de nausées et de vomissements, comparativement à seulement 13% des malades sous placebo.

Des effets secondaires non négligeables

« Les cannabinoïdes médicaux devraient donc être envisagés seulement dans une poignée de maladies où les preuves sont suffisantes et seulement après que le malade ait essayé les traitements standard, » ajoute Allan. « Compte tenu de la variabilité du dosage de cannabis médical, et des risques possibles de tabagisme associés, nous recommandons également que les cannabinoïdes pharmaceutiques soient essayés en premier, avant de fumer de la marijuana médicale ».

Alors que les preuves supportant l’efficacité des cannabinoïdes médicaux sont limitées, les effets secondaires eux sont fréquents et réguliers. Environ 11% des patients ne sont pas capables de tolérer les cannabinoïdes médicaux, contre 3% des patients le placebo. Les effets indésirables les plus courant sont une sédation (50% contre 30% sous placebo), des étourdissements (32% contre 11% sous placebo) et une confusion mentale (9% contre 2% sous placebo).

Rester rationnel et prudent

« Ces recommandations ne vont pas satisfaire certaines personnes, en particulier celles qui ont un point de vue partisan en faveur des cannabinoïdes médicaux », a déclaré Allan. Il a ajouté que ceux qui s’opposent à l’utilisation de cannabinoïdes pour un traitement médical peuvent également être déçus que les recommandations prennent en compte les cannabinoïdes médicaux dans un petit nombre de cas spécifiques.

« D’autres, qui pensent que les cannabinoïdes sont très efficaces et ne présentent aucun risque, pourraient se sentir frustrés que les recommandations ne préconisent pas leur utilisation plus tôt ou dans un plus large éventail de maladies ».

Mais le problème essentiel d’après les experts est le manque criant d’études de bonnes qualités sur le cannabis médical. « Des recherches de meilleure qualité sont absolument nécessaires : des essais contrôlés et randomisés qui suivent un grand nombre de malades pendant de longues périodes de temps. Si nous avions cela, cela pourrait changer notre vision des choses et changer nos recommandations ».

Source

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑