Le dimanche 16 avril, sur la RD45, à Ploufragan, un terrible accident avait fait deux morts et sept blessés dont trois en urgence absolue. (Le Télégramme/Gwénaëlle Le Ny)
Dans l’accident mortel de Ploufragan survenu le 16 avril dernier, les résultats des analyses toxicologiques sont tombés le vendredi 28 avril. Il s’avère que le conducteur ayant causé le drame était positif au cannabis, à la cocaïne et à l’alcool.
Ce vendredi 28 avril, Nicolas Heitz, procureur de la République de Saint-Brieuc, a communiqué sur l’avancée de l’enquête concernant le dramatique accident survenu le dimanche 16 avril, rue du Pont Noir, à Ploufragan. Cet accident où trois voitures étaient impliquées, ainsi qu’un groupe de cyclistes, avait fait deux morts et sept blessés dont trois en urgence absolue.
Les trois passagers également positifs aux stupéfiants
« Des prélèvements ont été réalisés sur l’ensemble des personnes impliquées aux fins de recherche d’alcool et d’éventuels toxiques », a indiqué le procureur. « Il en ressort que le conducteur de la Peugeot 508, ayant causé l’accident, était positif au cannabis, à la cocaïne et à l’alcool.
Ses trois passagers étaient également positifs aux stupéfiants ». S’agissant des deux autres conducteurs, ceux-ci étaient négatifs à l’alcool et aux stupéfiants. Une expertise des véhicules a également été requise.
« Le véhicule circulait à une vitesse excessive »
Les déclarations des différents témoins ont, par ailleurs, permis de confirmer que « le véhicule Peugeot 508 circulait à une vitesse excessive ». Le conducteur n’était en outre pas titulaire du permis de conduire. Ce véhicule Peugeot 508 lui avait d’ailleurs été prêté par un des passagers blessé dans l’accident.
Il n’a pas encore pu être entendu par les enquêteurs pour déterminer son éventuelle responsabilité pénale. « Les investigations se poursuivent aux fins de déterminer le déroulé exact de ce terrible accident », conclut Nicolas Heitz.
Singapour a exécuté par pendaison mercredi 26 avril un homme condamné à mort pour le trafic d’un kilogramme de cannabis, ont annoncé les autorités, ignorant des appels de l’étranger à reconsidérer l’exécution et abolir la peine capitale dans la cité-Etat. «Le Singapourien Tangaraju Suppiah, âgé de 46 ans, a vu sa sentence exécutée aujourd’hui à la prison de Changi», a déclaré à l’AFP un porte-parole de l’administration pénitentiaire singapourienne.
Tangaraju Suppiah a été exécuté malgré l’appel lancé la veille par le Bureau des droits humains des Nations unies aux autorités singapouriennes pour «reconsidérer urgemment» la pendaison projetée du condamné.
Le milliardaire britannique Richard Branson, membre de la Commission mondiale sur la lutte contre les drogues, avait également exhorté lundi la cité-Etat à renoncer à l’exécution de Tangaraju Suppiah estimant, à l’instar des défenseurs des droits humains et des membres de la famille de Tangaraju Suppiah, que ce dernier n’a jamais manipulé le cannabis pour lequel il a été condamné et dénoncent des failles dans le dossier.
Mais le ministère singapourien de l’Intérieur a réfuté mardi les assertions de Richard Branson, l’accusant dans un communiqué d’avoir «manqué de respect aux juges de Singapour et à notre système de justice pénale».
Tangaraju Suppiah a été condamné à la peine capitale en 2018 pour sa participation à un trafic portant sur 1,01 kilogramme de cannabis, le double de la quantité passible de la peine de mort à Singapour, l’un des pays les plus répressifs du monde en matière de stupéfiants.
Continuez longtemps monsieur Pagny de faire des chansons que beaucoup apprécient mais cessez de colporter des stupidités qui peuvent faire un tort considérable à vos jeunes auditeurs.
Professeur Jean Costentin
Durant le week-end de Pâques, le chanteur Florent Pagny, interviewé sur la radio RTL., a prétendu que c’est grâce au cannabis qu’il avait surmonté le mal être de sa jeunesse. Déclaration irresponsable quand on sait les drames que cette drogue peut produire chez les adolescents.
A la question de la responsabilité de cette drogue dans le cancer du poumon qui perturbe son existence depuis un an, il a répondu que le cannabis n’avait rien à voir avec ça. Il collectionne décidément les déclarations fausses et dangereuses. Pour sa propre information et pour ceux qu’il a désinformé, indiquons qu’au congrès national des pneumologues français qui s’est tenu à Marseille en janvier 2023, une étude a comparé l’âge et l’état de santé de 9.000 patients atteints de cancers broncho-pulmonaires, tous diagnostiqués au cours de l’année 2020, les uns fumeurs du seul tabac, d’autres du cannabis et enfin les autres non-fumeurs.
Cette étude a constaté la plus grande précocité de l’apparition de ce cancer chez les consommateurs de cannabis (53 ans) que chez les consommateurs de tabac (65 ans), alors que les cancers ne relevant pas de ces deux causes survenaient à un âge encore plus tardif (72 ans) et ne représentaient que 13% des cancers broncho-pulmonaires.
Indiquons à monsieur Pagny que ces cancers des fumeurs sont la première cause de mortalité chez l’Humain, à l’origine de 75.000 décès annuels dans notre pays ; qu’ils concernent majoritairement les hommes ; mais que la proportion des femmes ne cesse de croître pour se rapprocher de leur mortalité par cancer du sein (elles sont en effet de plus en plus nombreuses à fumer en débutant de plus en plus précocement).
Un chirurgien O.R.L. qui m’est très proche me disait que les cancers du pharynx ou du larynx qu’il avait opéré chez des sujets jeunes concernaient tous des fumeurs de cannabis …
Ecoutez le chanteur, si vous l’aimez, mais résistez à ses analyses fallacieuses. « Ne sutor ultra crepidam », se traduira en la circonstance : « Chanteur limite toi à tes chansons ! »
Ce week-end, en lisant une interview de l’écrivain Frédéric Beigbeder dans Le Figaro, où il affirmait, je le cite, que lui, l’« homme blanc hétéro de plus de 50 ans » était victime du racisme quatre fois, je me suis dit que le cerveau de l’ex-gandin des lettres françaises était encore perturbé par les nombreuses drogues qu’il avait consommées au cours de sa vie de noceur…
Quoi qu’il en soit, la drogue est une substance psychotrope ou psychoactive qui perturbe le fonctionnement du système nerveux central ou qui modifie les états de conscience.
Nous verrons précisément comment les drogues agissent sur le cerveau, qu’il s’agisse de l’alcool, du cannabis, de la cocaïne, de l’héroïne, de l’ecstasy et de toutes les nouvelles drogues de synthèses comme la 3-MMC.
Comment toutes ces drogues fonctionnent-elles sur le corps ? Quels sont les dégâts qu’elles procurent, à court, moyen ou long terme ? Pourquoi est-il criminel de prendre de la drogue au volant ?
Et puis nous verrons pourquoi les jeunes sont particulièrement vulnérables aux effets de la drogue.
Des drogues licites et illicites, dangereuses
Philippe Batel, psychiatre addictologue, explique ce qu’est une drogue : c’est un produit qui va modifier non seulement l’état de conscience, mais qui va aussi avoir par son action psychotrope un impact sur les émotions, sur la mémoire, sur les cognitions et sur le sentiment d’être soi. La plupart des usagers de drogues vont les utiliser pour augmenter, booster ou modifier ces aspects.
Dans de nombreuses cultures à travers le monde, depuis la plus haute antiquité et peut-être avant, l’être humain a recherché la perte de contrôle de ses pensées, de ses actions, en prenant des substances psychoactives qui déconnectent du réel et laissent parfois des souvenirs sensoriels extraordinaires. C’est le cas avec les substances hallucinogènes qui existent depuis des millénaires.
Philippe Batel s’étonne de la fracture actuellement entre drogue licite et drogue illicite, qui n’a aucun sens pour les médecins et pour les soignants et devrait n’en avoir aucun pour les usagers également. En effet, il explique que quand on demande aux experts de classer les drogues – dont l’alcool, le tabac, la cocaïne, l’héroïne, le cannabis, le LSD, les champignons hallucinogènes –, les plus dangereuses sont les drogues licites, à savoir l’alcool en premier, et le tabac également dans le haut du classement.
Les médecins ne font pas la distinction entre drogues dures et drogues douces. L’alcool, par les dégâts qu’il cause, pourrait par exemple être qualifié de drogue dure.
Comment les drogues agissent ?
Le plaisir est au cœur de la prise de drogue. Le docteur Julien Azuar, addictologue, explique pourquoi on peut tomber dans cet engrenage destructeur : « Au fur et à mesure, ça se transforme, c’est ce qu’on appelle le renforcement positif. Donc on prend la drogue pour un certain effet. Et puis quand on la prend, en effet, ça fait cet effet, mais au fur et à mesure, ça disparaît au profit d’un renforcement qu’on appelle négatif. On est plutôt mal quand on ne prend pas la substance et donc moins mal quand on la prend. Donc, on bascule d’un mécanisme vers l’autre qui entraîne la maladie parce que la consommation n’est pas une maladie, c’est l’addiction qui est le trouble de l’usage, qui est une maladie. »
Philippe Batel explique comment on tombe dans l’héroïne et pourquoi on y reste : « Les héroïnomanes vous le racontent parfaitement. Il y a l’extase de la première prise avec la défonce absolue et puis le parcours terrible de courir derrière ce souvenir extraordinaire, logé dans une partie particulière du cerveau. Il y a une course effrénée vers quelque chose qui ne vient pas et c’est en cela que les addictions, c’est une maladie qui est déraisonnable et qui, très rapidement, est absurde. Car, pourquoi continuer à pourrir son existence et très souvent celle des autres alors que le bénéfice attendu, l’effet, n’est plus là. »
Julien Azuar précise les différents types de risques : « Quand on parle de dangerosité physique, on parle de dangerosité aiguë ou chronique. Un champion toutes catégories en pathologies chroniques, c’est vraiment l’alcool qui va notamment détruire les neurones au fur et à mesure. La cocaïne, les risques aigus sont importants. Comme ça crée une vasoconstriction par exemple, on peut avoir un infarctus du myocarde ou un accident vasculaire cérébral. »
Pourquoi devient-on addict ?
Selon le docteur Batel, « L’idée globale qui a longtemps prévalu dans la psychiatrie et l’abord psychiatrique des addictions, c’est qu’il fallait une souffrance originelle pour pouvoir s’engager sur cette route glissante et pentue de l’addiction. En fait pas du tout. Initialement, pourquoi prendre de la cocaïne ? Pour avoir le sentiment d’être beaucoup plus performant, ce qui, en règle générale, n’est pas du tout le cas. Pourquoi on prend des drogues en pathogène comme l’ecstasy ou la 3-MMC ? C’est avec l’idée d’être plus proche des autres. Il n’y a pas, en regard de chaque recherche de plaisir, une souffrance. Et ça, c’est juste essentiel. »
Certains sont d’emblée attirés vers les drogues, quand d’autres pas du tout. Il y a des facteurs génétiques et des facteurs environnementaux, mais aussi des facteurs sociétaux. Et tous ces facteurs vont faire qu’on va être plus ou moins à risque de développer une dépendance aussi.
On ne le rappelle jamais assez : zéro drogue et zéro alcool quand on prend le volant. Un numéro utile pour vous ou vos proches Drogues Info Service au 0 800 23 13 13 ou sur le site drogueinfoservice.fr
Invités
Dr Julien Azuar, docteur en médecine généraliste et addictologue spécialiste dans les troubles liés à l’usage d’alcool et de substances. Il est également praticien hospitalier dans le service de Médecine Addictologique de l’hôpital Fernand Widal (Groupe Hospitalier Lariboisière – Fernand Widal, Saint Louis, Paris).
Pr Bernard Sablonnière, médecin biologiste, chercheur en neurobiologie et Professeur de Biochimie et de Biologie moléculaire à la Faculté de Médecine de Lille. Responsable d’un laboratoire de Neurobiologie au Centre de Biologie et Pathologie du Centre Hospitalier Régional et Universitaire de Lille, il coordonne une équipe de chercheurs généticiens, sur le thème des Maladies neurodégénératives et la mort neuronale à l’INSERM. Il est l’auteur d’un grand nombre d’ouvrages, dont La Chimie des sentiments (Odile Jacob, 2015), Le Cerveau : Les clés de son développement et de sa longévité (Odile Jacob, 2015) et Les nouveaux territoires du cerveau (Odile Jacob, 2016). Il mène également une activité de vulgarisateur pour le grand public auprès des médias. Le 15 mars dernier est paru La Chimie des odeurs, des saveurs et du plaisir (Odile Jacob, 2023).
Philippe Batel, psychiatre addictologue. Il a dirigé le service d’alcoologie de l’hôpital Beaujon (Clichy) et a été en charge de la coordination et de la direction médicale de l’Institut Médical Spécialisé Montévidéo (anciennement Clinique Montévidéo, première clinique privée spécialisée dans le traitement des addictions en France). Il est désormais praticien hospitalier au Centre d’addictologie de la Charente, au sein du Centre Hospitalier Camille Claudel. Il préside l’ARMA (Association pour la recherche des maladies alcooliques).
Un homme entre dans un magasin illégal de cannabis à Los Angeles, le 21 décembre 2022
AFP – ROBYN BECK
Sur un boulevard de Los Angeles, Omar Buddakey passe une porte d’immeuble surmontée d’une croix verte lumineuse. Pas de vitrine, ni de devanture: rien n’indique la présence d’un commerce. Pourtant, il émerge quelques instants plus tard de cette échoppe clandestine avec un joint à la main.
Cinq ans après la légalisation complète du cannabis en Californie, ce genre de transactions illicites reste ancré dans les mœurs. Le marché noir se porte comme une fleur et défie l’industrie officielle, désavantagée par les impôts et la bureaucratie.
« Les boutiques légales sont trop chères », explique à l’AFP l’ambulancier de 27 ans, avec son pétard pré-roulé, acheté sans payer aucune taxe. En venant ici, ce consommateur régulier, qui fume pour réguler son anxiété, estime « économiser environ un salaire » par an
Son quartier populaire de l’est de Los Angeles pullule de magasins clandestins sans enseignes: souvent signalés par une simple croix verte dans la rue, ils s’affichent ouvertement en ligne, avec une page dédiée sur Google.
Toute la journée, Joe accueille ainsi les clients dans sa boutique aveugle et mal éclairée.
Personnes âgées, femmes seules, couples avec enfants, personne ne s’offusque des bocaux poussiéreux dans lesquels il stocke ses fleurs de cannabis.
Car chez lui, 30 grammes d’herbe sont facturés 100 dollars au lieu des 135 réglementaires.
« Les flics ont probablement organisé huit à dix descentes dans ce magasin », raconte l’air blasé ce vendeur d’une vingtaine d’années, qui refuse de donner son patronyme. « Ils prennent l’herbe, nos caméras et tout le cash. (…) Nous, on rouvre dans l’heure suivante ou le jour d’après. »
– « Taxés à mort » –
En 2016, la Californie a autorisé l’usage récréatif du cannabis — qui était déjà licite sur ordonnance médicale — en approuvant par référendum une loi qui promettait de « neutraliser le marché noir ».
Un objectif partagé par de nombreux pays partisans d’une légalisation, du Canada à l’Uruguay en passant par l’Allemagne.
Mais depuis 2018 et l’ouverture des premiers commerces légaux, le poids de l’économie souterraine reste remarquablement stable autour des 8 milliards de dollars annuels, selon Tom Adams, du cabinet Global Go Analytics.
Plus modeste, le marché légal californien est désormais à la peine, après plusieurs années d’expansion.
En 2022, les ventes officielles de cannabis ont reculé pour la première fois de 8,2%, avec 5,3 milliards de chiffre d’affaires.
« La Californie paye aujourd’hui deux erreurs fatales qu’elle a commises en concevant son plan. Elle y a mis trop d’impôts et trop de réglementations », estime M. Adams, en pointant les effets contradictoires du pouvoir laissé aux politiques locaux.
Malgré la légalisation proclamée, chaque ville ou comté a le dernier mot et presque deux tiers (61%) des exécutifs locaux n’autorisent pas la vente de cannabis dans leur juridiction. L’Etat compte donc à peine 1.100 boutiques pour 40 millions d’habitants: de quoi créer une large base de clients insatisfaits, prêts à se fournir illégalement.
Dans les zones où le commerce est permis, « nous sommes taxés à mort. Malheureusement, cela met à rude épreuve l’industrie », peste Nathan Holtz-Poole, propriétaire d’un magasin avec pignon sur rue à Venice Beach.
Entre les taxes d’accise et la TVA imposées à la fois par le gouvernement californien et la ville de Los Angeles, « le consommateur paie plus de 35% de taxes pour chaque dollar dépensé » dans sa boutique, explique-t-il.
Soigneusement décoré, son dispensaire aux airs d’herboristerie propose notamment des produits haut de gamme, de la plante à cultiver chez soi au concentré de cannabis ultra-puissant sous forme de cire.
Malgré ce positionnement, « nous survivons tout juste, au mieux nous sommes à l’équilibre », confie le quinquagénaire, qui a vu ses ventes chuter ces derniers mois.
– Sanctions minimes –
« Nous sommes constamment confrontés aux vendeurs illégaux », s’agace-t-il. Le commerçant estime que cette concurrence déloyale lui fait perdre « 30% de chiffre d’affaires ».
Dans son quartier, plusieurs enseignes de CBD — la molécule non psychoactive du cannabis — vendent sous le manteau des produits psychotropes chargés en THC, sans aucune licence. Malgré ses signalements réguliers à la police, « il n’y a aucun contrôle », soupire-t-il. « Nous nous sentons complètement abandonnés. »
Les forces de l’ordre, elles, ont l’impression de vider l’océan à la petite cuillère. Car avec la légalisation, l’échelle des sanctions pour vente illicite de cannabis a été abaissée.
Résultat, lorsqu’un magasin illégal est perquisitionné, les vendeurs risquent rarement plus qu’une amende et reprennent rapidement leurs activités, résume Michael Boylls, de la brigade anti-stupéfiants de la police de Los Angeles.
« Nous travaillons d’arrache-pied, mais la loi n’a pas de mordant », regrette cet enquêteur, qui dirige l’unité dédiée au cannabis.
Ses hommes effectuent 300 à 400 perquisitions par an et font parfois murer les commerces illégaux.
Une croix verte à l’entrée d’un magasin illégal de cannabis, le 21 décembre 2022 à Los Angeles, en Californie (AFP – Robyn BECK)
Pourtant, la police recense invariablement depuis 2018 une centaine de dispensaires hors-la-loi chaque année dans la ville. Un chiffre qui monte à plusieurs centaines si l’on ajoute le territoire du comté de Los Angeles, sous l’autorité du shérif.
Face au ras-le-bol de l’industrie légale, le gouverneur de Californie Gavin Newsom a décidé l’été dernier de supprimer une taxe sur la culture du cannabis, pour inciter les producteurs à ne pas glisser vers l’économie souterraine. Une mesure jugée insuffisante par le secteur.
« On ne peut pas éliminer rapidement le marché illégal lorsqu’on handicape à ce point les acteurs légaux », juge M. Adams, l’analyste. « La raison pour laquelle le marché légal de l’alcool a pris le dessus rapidement après la prohibition, c’est que ce n’était pas autant taxé. »
Des consommateurs de cocaïne et autres stupéfiants qui prennent le volant sans réaliser les risques qu’ils encourent ni le danger qu’ils représentent pour les autres… La conduite sous l’emprise de drogues, un fléau mis en lumière par l’affaire Palmade, tendrait à se banaliser en France. Extrait d’un reportage à voir dans « Envoyé spécial » le 30 mars 2023.
Un samedi soir, peu après l’affaire Palmade, « Envoyé spécial » a suivi le travail d’une brigade de gendarmerie déployée sur un rond-point de Seine-et Marne avec pour consigne d’intensifier les contrôles de stupéfiants. Ils scrutent l’attitude des conducteurs, à l’affût des effets visibles de leur éventuelle consommation. En cas de soupçons, ils leur feront passer un test salivaire. En quelques minutes, celui-ci permet de détecter cinq stupéfiants : cocaïne, cannabis, opiacés, amphétamines et méthamphétamines.
Avant même d’être testé, un conducteur avoue qu’il vient de fumer du cannabis. Il a aussi bu « une demi-bouteille de gin » avec un ami, précise-t-il. Stupéfiant plus alcool, un mélange à risques, qui empêche pourtant de moins en moins d’automobilistes de prendre le volant. L’homme interpellé avait bien conscience que sa conduite pouvait être altérée, mais il n’a « fait que 3 kilomètres », se défend-il. Son permis est confisqué et risque d’être suspendu. Sa voiture est mise en fourrière. Pour usage de stupéfiants au volant, il encourt deux ans de prison et 4 500 euros d’amende.
Conduite sous l’emprise de stupéfiants : un condamné sur cinq est un récidiviste
Malgré ces sanctions, certains assument ce qui est devenu pour eux une habitude. En un mois, ce jeune homme que nous appellerons Julien a été testé deux fois positif à la cocaïne au volant. Il ne semble pas conscient de faire courir un danger aux autres usagers de la route. « Sous cocaïne, je me sens concerné par ce qui se passe sur la route, j’ai confiance en moi », affirme-t-il.
Il a écopé de 1 000 euros d’amende, quatre mois de prison avec sursis et deux mois d’annulation de permis. Pour le récupérer, il doit juste repasser le code. Une sanction légère, selon Julien lui-même, qui « estime s’en être bien sorti ». Il sera donc de retour sur la route dans quelques jours. Pense-t-il reprendre le volant en ayant consommé des stupéfiants ? « Si je ne suis vraiment que sous cocaïne et sous cannabis, je vais le faire, oui », répond-il sans hésiter.
Extrait de « Cocaïne au volant, le nouveau fléau », un reportage à voir dans « Envoyé spécial » le 30 mars 2023.
L’Allemagne a présenté à la Commission européenne un projet de loi visant à légaliser la vente de cannabis à des fins récréatives dès l’année prochaine. [guruXOX/Shutterstock]
Alors que l’Allemagne s’engage sur la voie de la légalisation du cannabis récréatif dès 2024, le gouvernement français entend surveiller étroitement l’évolution du cadre législatif de son voisin européen.
Le ministre allemand de la Santé Karl Lauterbach a présenté à la Commission européenne jeudi (16 mars) un projet de loi visant à légaliser la vente de cannabis à des fins récréatives dès l’année prochaine.
Un projet que François Braun, le ministre français de la Santé, a eu l’occasion d’évoquer avec son homologue allemand lors du conseil EPSCO (Emploi, politique sociale, santé et consommateurs) à Bruxelles mardi (14 mars).
« La France suivra de près l’évolution du cadre législatif allemand, notamment pour ce qui a trait à son impact potentiel sur les régions transfrontalières », a déclaré le cabinet du ministère de la Santé à EURACTIV France.
Selon Bernard Basset, président de l’association Addictions France, si l’Allemagne légalise l’usage récréatif du cannabis, cela aurait des « influences directes sur la France ».
« En Europe, les frontières sont très perméables. Passer du cannabis de l’Allemagne en France, ça va être le grand sport d’emblée », a déclaré M. Basset à EURACTIV France.
« La tentation sera évidente », ajoute-t-il.
L’association Addictions France se positionne en faveur d’une légalisation du cannabis, notamment pour lutter contre le traffic de drogue.
Alors que la France compte environ 900 000 usagers quotidiens de cannabis, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, Emmanuel Macron s’oppose à la légalisation du cannabis.
Le 9 mars dernier, le gouvernement a publié sa stratégie interministérielle de mobilisation contre les conduites addictives 2023-2027. Celle-ci prévoit une intensification de la politique de lutte contre les trafics de stupéfiants.
La dépénalisation du cannabis dans certains pays européens ne convainc pas la France. La déléguée ministérielle Valérie Saintoyant a réitéré la position, fermement contre, du gouvernement, lors d’une audition au Sénat mercredi.
La législation française, l’une des plus sévères
Pour l’heure, la France reste opposée à la légalisation du cannabis et maintient l’une des législations les plus restrictives en Europe.
« Les responsables politiques français ont une approche morale qui n’est pas efficace en termes de santé publique », analyse le président de l’association Addictions France.
Et ce ne sont pas les chiffres qui diront le contraire : la France est le deuxième pays européen en matière de consommation de cannabis.
44,8 % des Français entre 15 et 64 ans ont déjà consommé au moins une fois du cannabis dans leur vie, selon un rapport de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OFDT) publié en septembre 2021.
À titre d’exemple, ce chiffre est de 37,5% pour l’Espagne et 38,4% pour le Danemark. Aux Pays-Bas, où le cannabis est en vente libre, le chiffre est de 27,7%.
Dans l’Union européenne, de nombreux pays ont dépénalisé la consommation de cannabis comme l’Espagne, le Portugal ou encore les Pays-Bas où les consommateurs n’encourent ni amende ni peine de prison.
Pourtant, la légalisation du cannabis en Europe est loin d’être une « réussite », avait estimé Valérie Saintoyant déléguée de la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca), lors du audition devant la commission des Affaires sociales du Sénat le mercredi 18 janvier.
Le ministre allemand de la Santé, Karl Lauterbach, a présenté des plans visant à légaliser le cannabis à usage récréatif — une promesse clé du gouvernement « feu tricolore » du pays, bien que le projet puisse encore être arrêté par la Commission européenne.
Avis favorable de la Commission européenne
Mais dépénaliser ne veut pas dire considérer la vente et la consommation de cannabis comme totalement légale.
Seule Malte a totalement légalisé l’usage récréatif du cannabis à la suite d’une loi votée en décembre 2021 qui permet non seulement d’en consommer, mais également d’en cultiver.
Si le projet de loi allemand était voté, l’Allemagne ferait figure d’exception avec Malte.
De son côté, la Commission européenne a réservé un « très bon accueil » au projet de loi allemand, a déclaré M. Lauterbach à plusieurs médias allemands la semaine dernière.
L’UE a signé plusieurs accords internationaux dans lesquels les partenaires contractuels s’engagent à empêcher les activités commerciales liées aux drogues, dont le cannabis, en dehors d’un usage médical ou scientifique.
Karl Lauterbach a souligné que le futur projet de loi visant à légaliser le cannabis à des fins récréatives serait « conforme au droit communautaire ».
« Si l’Allemagne légalise l’usage du cannabis, le débat devrait être réactivé en France », conclut M. Basset.
Les jeunes de 17 ans consomment moins de tabac, d’alcool et de drogues qu’il y a six ans, rapporte l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) dans une nouvelle étude. Réaction et analyse du président de la fédération française d’addictologie.
20% des jeunes interrogés disent n’avoir jamais bu d’alcool, contre 5% il y a deux décennies.
Crédit : Xose Bouzas/Hans Lucas AFP
JEUNES & ADDICTIONS – 3 questions à Amine Benyamina
Les jeunes sont-ils de plus en plus sages ou de plus en plus sobres ? En effet, ils boivent moins, fument moins et se droguent moins, selon les données de la dernière enquête Escapad menée par l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) auprès de « 23.701 filles et garçons âgés de 17,4 ans en moyenne. » Les niveaux d’usages de drogues licite ou illicite n’ont jamais été aussi bas.
En particulier le cannabis qui est deux fois moins consommé, sur une base régulière, qu’en 2017. La baisse de son usage, amorcée en 2014, se confirme. « On est très satisfait et c’est plutôt une bonne nouvelle. La France reste néanmoins le second pays consommateur en Europe », réagi au micro de RTL, le Pr Amine Benyamina, président de la Fédération française d’addictologie. Et de poursuivre : « Pour l’alcool, on consomme moins, mais on peut consommer beaucoup en une seule occasion. »
La cigarette ne fait plus tabac chez les jeunes
De son côté, le tabagisme prend un sérieux coup. En 2022, moins d’un jeune sur deux (46,5%) a déclaré avoir déjà fumé au moins une cigarette au cours de sa vie contre 59% en 2017. Les explications ? Le Professeur Benyamina évoque « une bonne politique de lutte contre le tabac en France et la perspective d’une génération zéro tabac. Il y a également le coût d’un paquet de cigarette, la ringardisation de l’image des consommateurs. »
Exception notable, l’usage de la cigarette électronique augmente fortement : le vapotage a en effet triplé en cinq ans. « C’est un véritable dispositif de réduction des risques. Beaucoup de personnes ont quitté le tabac par le vapotage. » En revanche, un « effet pervers » s’est installé à l’adresse des jeunes via un « marketing agressif » autour de la « Puff » (e-cigarettes jetables électroniques aromatisées)