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Bachelot : « Réservez la consommation de vin, aux événements festifs

Bachelot : « Réservez la consommation d’alcool, et donc de vin, aux événements festifs sans jamais dépasser trois verres de vin » (LCI)

L’ORDONNANCE DE BACHELOT – Même si la consommation d’alcool a baissé dans notre pays, elle est à l’origine de problèmes graves chez 10% de la population française.

Louis Pasteur disait : « Le vin est la plus saine et la plus hygiénique des boissons ». Et selon le Dr Bertillon : « L’alcoolisme est tenu en échec par la consommation de vin ».

A 17 ans, 60 % des jeunes ont déjà été ivres alors que l’alcool est un facteur responsable ou aggravant de plus de 200 maladies. A noter que les ennuis de santé surgissent dès la consommation de treize grammes d’alcool, soit 1,3 verre de vin, par jour. Que faut-il donc faire pour préserver notre santé ?

Ce mardi 6 mars 2018, Roselyne Bachelot, dans sa chronique « L’ordonnance de Bachelot », nous parle de la consommation d’alcool.

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Le rapport annuel de l’OICS appelle les pays à traiter la toxicomanie comme une maladie

 HuffPost Maroc  |  Par Yasmine Bidar

Publication: 
DRUG ADDICT

DROGUES – À quelques semaines de la tenue de la session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations unies sur le problème mondial de la drogue, l’Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS) publie son rapport annuel qui examine la situation en matière de contrôle des drogues dans le monde. Cette année, l’OICS exhorte les États à davantage investir dans les services de traitement de la toxicomanie et de manière urgente.

Présenté ce jeudi 1er mars à Rabat par le professeur Jallal Toufiq, membre de l’OICS, le rapport attire l’attention sur le fait que les besoins de réadaptation dépassent largement la disponibilité des services correspondants. L’Organe, sous l’égide des Nations unies, dresse le constat suivant: dans le monde, seule une personne sur six nécessitant une prise en charge a accès à un programme de traitement de la toxicomanie. Et lorsque le traitement est disponible, il est souvent « de piètre qualité et ne peut-être dispensé conformément aux normes internationales », alerte l’OICS.

Lutter contre la discrimination des toxicomanes

Jallal Toufiq rappelle à cet égard, qu’il est primordial que le traitement de la toxicomanie soit considéré comme un droit à la santé, et souligne que la lutte contre l’abus de drogues ne sera efficace que par les deux approches suivantes: la prévention d’une part, et un investissement important dans les services de traitement de la toxicomanie et la réadaptation d’autre part.

Le professeur s’attarde également sur la stigmatisation et le rejet dont peuvent être victimes les personnes qui se droguent, partout dans le monde. Discriminer ces personnes compromet gravement leur chance d’accéder à des soins et traitements et influe sur leurs perspectives de réinsertion sociale. « Prenons l’exemple d’un jeune de Takkadoum à Rabat, qui se fait arrêter avec 2 grammes de cannabis dans la poche. Il va finir en prison, où il découvrira un univers nuisible, se radicalisera peut-être ou bien deviendra un délinquant à sa sortie et aura du mal à se réinsérer socialement », explique le professeur. « On va le punir au lieu de considérer son addiction comme une maladie et l’aider à s’en sortir en lui fournissant un accès à un traitement. On continue de croire que le problème de dépendance n’est pas une maladie mais un problème de déviance », poursuit-il avant d’ajouter qu’en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, l’absence de soins envers les personnes dépendantes présente une « situation très inquiétante ».

Une prise en charge à géographie variable

Des disparités se font en effet sentir entre pays à revenu faible et intermédiaire et pays développés, provoquant ainsi un déséquilibre mondial qu’il convient rééquilibrer en supprimant les obstacles juridiques et politiques qui empêchent d’accéder à des médicaments.

L’OICS rappelle ainsi aux États qu’ils ont l’obligation d’offrir des services de traitement aux personnes souffrant de troubles liés à l’usage de drogues et réaffirme que la légalisation du cannabis à usage non médical est incompatible avec les obligations incombant aux Etats, en vertu des traités internationaux relatifs au contrôle des drogues. Ainsi pour Werner Sipp, président de l’OICS, « il s’agit non pas d’obliger le monde à choisir entre une action antidrogue ‘militarisée’ et la légalisation de l’usage de drogues à des fins non thérapeutiques, mais plutôt de mettre la santé physique et morale au cœur d’une politique équilibrée en matière de drogues ».

L’Organe présente dans son rapport une série de recommandations pour aider les Etats à prendre des mesures efficaces face aux problématiques liées à la drogue, dans le plein respect des règles et des normes internationales relatives aux droits de l’Homme pour répondre aux objectifs de développement durable de l’ONU d’ici 2030.

D’autre part, on apprend dans le rapport que l’usage et la consommation de drogues ne cesse d’augmenter en Afrique, un continent qui demeure une région de transit essentielle pour le trafic mondial, notamment de cocaïne en provenance d’Amérique du Sud et à destination de l’Europe essentiellement.

Le Maroc, par ailleurs, conserve son statut de plus gros pays producteur de cannabis, drogue la plus consommée dans le pays et à l’échelle africaine.

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Certaines drogues peuvent donner un AVC

Le vin, un alcool comme les autres ?

En termes d’effets sur la santé, existe-t-il des différences à consommer un volume donné d’alcool pur sous forme de vin, de bière ou de whisky ? Le « french paradox » existe-t-il vraiment ? La présence d’antioxydants a-t-elle un effet positif qui contrebalance significativement les effets négatifs ?

Le vin, un alcool comme les autres ?
Le vin, un alcool comme les autres ?

Au début du mois de février, sur le plateau du Grand débat de France 2, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a lancé un pavé dans la tonnelle :

« L’industrie du vin laisse à croire que le vin est un alcool différent des autres alcools. Or, en termes de santé publique, c’est exactement la même chose de boire du vin, de la bière, de la vodka ou du whisky. Il y a zéro différence. On laisse penser à la population française que le vin serait protecteur, apporterait des bienfaits que [ne conféreraient] pas les autres alcools : c’est faux. Scientifiquement, le vin est un alcool comme un autre. »

La déclaration a depuis lors alimenté de nombreux débats, mêlant d’une part citations (plus ou moins exactes et plus ou moins à jour) d’études scientifiques et, d’autre part, opinions sur la défense du terroir, des traditions, de l’emploi et des savoir-faire. Intéressons-nous ici exclusivement au volet scientifique du dossier et à l’exactitude des déclarations de la ministre, sans débattre de leurs implications potentielles en termes politiques ou de choix de société.

Faux arguments

Des critiques superficielles ont opposé à Agnès Buzyn qu’un même volume de vin ne contenait pas la même quantité d’alcool qu’un même volume de whisky, et ne pouvait donc pas être aussi dangereux… C’est feindre d’oublier que, pour chaque boisson, la définition du « verre » est précisément alignée sur son taux d’alcool moyen. Les doses servies dans les débits de boisson sont normalisées : 25 cl de bière à 5°, 12,5 cl de vin (de 10° à 12°), 3 cl d’alcool distillé à 40° (whisky, anisette, gin) contiennent chacun environ 10 g d’alcool pur [1].

Ceci étant rappelé, existe-t-il des différences – en termes d’effets à moyen ou à long termes sur la santé – à consommer un volume donné d’alcool pur sous forme de vin, de bière ou de whisky ? Autrement dit, les substances qui côtoient l’alcool dans le verre modulent-ils ses effets ?

Pas de bénéfice spécifique au vin… si bénéfice il y a !

Il est souvent affirmé qu’un bénéfice en terme de mortalité globale et de risque cardiovasculaire est observé chez les personnes qui boivent quotidiennement, et modérément, du vin. L’affirmation est trompeuse à plusieurs titres.

Premièrement, elle suggère que la corrélation mentionnée serait spécifique au vin. Or, dès le début des années 2000, l’Inserm constatait que, dans la littérature scientifique, « aucun type de boisson ne semble supérieur aux autres » quant à un lien entre consommation modérée d’alcool et risque apparememnt diminué de diverses pathologies cardiovasculaires [2].

Mais la nature même de ce lien est douteuse. Comme l’observait le nutritionniste Boris Hansel sur le plateau du Magazine de la santé, d’autres facteurs de confusion existent : les buveurs modérés tendraient à manger plus de fruits et légumes et à faire plus d’activité physique que les abstinents. Ils seraient également d’un niveau social plus élevé, « avec donc un meilleur accès aux soins ». « Il est donc probable que ce ne soit pas le vin qui les protège mais plutôt un mode de vie globalement plus sain », résumait-il. En 2016, des chercheurs nord-américains et australiens ont par ailleurs montré que, dans les études comparant abstinents et buveurs modérés d’alcool, un facteur était rarement pris en compte : les causes de l’abstinence. Maladie préexistante, arrêt suite à de longues années d’excès… une fois ces paramètres pris en compte, la consommation modérée d’alcool ne diminue plus la mortalité globale.

Dernier problème : quand bien même un lien de cause à effet entre consommation modérée d’alcool et diminution du risque cardiovasculaire serait formellement avéré, il ne pèserait pas lourd dans la balance par rapport aux effets délétères avérés.

Oui, le vin est bien cancérogène à faibles doses

La consommation modérée d’alcool est associée à l’augmentation d’un grand nombre de cancers (bouche, gorge, larynx, œsophage, estomac, foie, sein…) [3]. Ce, même à faibles doses.

Le vin ne fait pas exception, et il ne semble pas exister de dose quotidienne « sans effet ». Typiquement, chez les femmes, l’augmentation du risque de cancer du sein dès le premier verre est analogue avec le vin et les autres types de boissons alcoolisées (de l’ordre de +10%).

Le grand public est parfois trompé par des annonces sur les effets positifs sur la santé de molécules anti-oxydantes extraites du vin (polyphénols…). Si certains d’entre eux ont des effets biologiques in vitro et, à doses élevées, sur le modèle animal, ces effets restent aujourd’hui très spéculatif chez l’homme. En outre, l’idée que leur présence annulerait les effets cancérogènes de l’alcool est démentie par la littérature scientifique.

la rédaction d’Allodocteurs.fr

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Salle de shoot : nouvelle agression

Une nouvelle agression perpétrée ce mardi, rue Ambroise-Paré (Xe) sur une jeune femme enceinte, a ravivé l’inquiétude et la colère des riverains.

C’est l’événement de trop. La goutte d’eau qui fait déborder le vase, dans un quartier sous tension depuis des mois. L’agression devant témoins, mardi soir, vers 19 h 30 d’une jeune femme enceinte rue Ambroise-Paré (Xe), à quelques mètres de la salle de consommation de drogue, a ravivé l’inquiétude des riverains. Ceux-là mêmes qui recensent, semaine après semaine, la multiplication des incivilités, cambriolages, intrusions dans les immeubles, deal, jet de seringues et scènes d’injection de drogue en pleine rue.

«Nous n’avons jamais connu une telle insécurité »

«Cette jeune femme sortait de l’hôpital Lariboisière où elle avait rendu visite à son père, et venait de s’engager dans l’escalier qui mène au parking souterrain, lorsqu’un homme, sous la menace d’un couteau, a tenté de lui arracher son sac à main, détaille un habitant du quartier qui a échangé avec la victime avant qu’elle ne soit prise en charge par la police. Elle pleurait, était en panique totale et commotionnée. Très choquée. Je l’ai encouragée à porter plainte. Sans qu’un lien avec la salle de shoot soit établi, il n’en demeure pas moins que jamais, avant l’ouverture du lieu, voici plus d’un an, ce quartier n’avait connu une telle insécurité et une telle série d’agressions. Nous n’en pouvons plus. »

Une surveillance policière plus étroite

Intégré depuis peu à la Zone de sécurité prioritaire (ZSP) du XVIIIe arrondissement élargie, le secteur de la Lariboisière-Gare du Nord, fait désormais l’objet d’une surveillance policière plus étroite, mais n’en demeure pas moins «extrêmement anxiogène » : «Nous avons rencontré le préfet de police, Michel Delpuech il a y a dix jours et lui avons transmis un recueil de plusieurs dizaines de pages, horodaté et illustré de photos, des incidents survenus ces six derniers mois dans notre quartier, souligne un membre du collectif Riverains Lariboisière Gare du Nord, qui vient d’être associé au comité de suivi de la ZSP. Nous avons bénéficié d’une écoute attentive et bienveillante. »

« 9 jours sur 10, un problème est signalé »

Le collectif, qui exige depuis des mois le déplacement de la salle de consommation dans un quartier sans riverains ni commerçants, recense dans leur long document aux allures de cahier de doléances le nombre de shoots de rue observés — parfois devant des enfants — , de cessions de stupéfiants, d’Autolib’ squattées par des toxicomanes et de seringues abandonnées. Mais également, les vitrines brisées des commerçants, le nombre de cambriolages, de bagarres, d’invectives aux passants et d’intrusions dans les halls d’immeubles.

Bilan des intéressés : «Sur 180 jours, nous avons recensé 157 délits… Ce qui signifie que 9 jours sur 10, un problème est signalé dans le quartier. » La préfecture de police, quant à elle, avance plus de 4 000 contrôles au total, aux abords de la salle, parmi lesquels près de 1 500 ont relevé d’une infraction pénale.

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La Fête est finie

 La Fête est finie

Un film de Marie Garel-Weiss

Film autobiographique sur l’addiction aux drogues dures, ce premier long métrage est un coup de poing.

La fête a-t-elle commencé ?

La fête est finie, mais avait-elle commencé ? En effet, le premier long métrage, prometteur et largement autobiographique, de Marie Garel-Weiss ne présente pas l’addiction à la drogue comme un phénomène de mode ou de révolte, mais bien plutôt comme une maladie, un besoin morbide dont on doit tenter par tous les moyens de se défaire. Son film raconte l’arrivée dans un centre de désintoxication, suite à un pétage de plomb, de Céleste, 19 ans, qui va y faire la rencontre de sa vie, Sihem, belle jeune fille perdue comme elle mais différemment. C’est sur cette trame délicate et fragile que va jouer pendant 90 minutes le talent de la jeune réalisatrice, servie par deux magnifiques actrices, Zita Hanrot (découverte dans Fatima de Philippe Faucon, 2015) et Clémence Boisnard (répérée dans une boîte de nuit par l’assistante du casting). Toutes deux font merveille pour exprimer, chacune à sa manière, le désespoir et la rage des toxicomanes. On pourrait dire que le film est découpé en deux parties presque distinctes : d’abord le centre de cure où leur amitié exclusive est mal vécue par les autres pensionnaires et la direction, puis finalement rejetée ; ensuite le monde réel et leur difficulté pour résister à la drogue et tenter de survivre.

Un scénario tout simple Marie Garel-Weiss, réalisatrice de deux courts métrages (L’amour dans les saunas hétéroxuels et La Vie de garçon diffusés sur Canal+), est surtout scénariste et coscénariste, notamment pour des programmes courts télévisuels ou le film Atomic Circus des frères Poiraud. On retrouve bien sa touche dans ce scénario pourtant simple, mais qui analyse bien les errements de la psyché humaine, dans des allers et retours sur ces jeunes filles paumées et leurs familles respectives. Sihem, d’origine maghrébine, à la fois rejetée et adorée par ses parents, aurait pu comme ses sœurs faire une belle carrière dans la justice. Céleste a rejeté sa mère, l’a agressée pour lui voler un collier afin de se droguer, et elle la retrouve vers la fin du film lorsqu’elle devient (très vite, trop vite ?) clean. C’est en effet la limite de ce beau premier film : on dirait que la réalisatrice a voulu coûte que coûte trouver une sorte de happy end. Céleste, enfin sortie d’affaire après un sevrage d’une centaine de jours, grâce à l’appui d’un groupe de parole (thérapie qu’elle refusait au début), va aider à son tour Sihem lorsqu’elle la retrouve dans la rue entre la vie et la mort alors qu’elles s’étaient violemment disputées puis séparées.


Réalisme poétique
Malgré tout, ce film très réaliste mais aussi poétique, ouvre sur un monde difficile où le moindre faux pas risque de faire chuter à nouveau. Les toxicomanes, tout comme les alcooliques, vivent avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête et il leur faut une grande force de caractère pour résister à la tentation. D’ailleurs, ce n’est pas pour rien que, dans les groupes de parole, il y a des personnes qui ont arrêté depuis plus de vingt ans et qui viennent pour encourager les autres ! Il faut souligner aussi la très belle photo de Samuel Lahu et la musique originale de Ferdinand Berville et Pierre Allio.

Une maison accueille des toxicomanes en grande précarité

Depuis un an et demi, l’association Blanzy-Pourre, en partenariat avec le centre d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques des usagers de drogues, teste un nouveau dispositif pour les personnes souffrant d’addictions. Elle permet l’accueil et l’accompagnement des consommateurs de drogues en grande précarité.

Les usagers peuvent consommer de la drogue à l’intérieur de la maison mais ils sont suivis par les médecins, éducateurs... du centre d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques des usagers de drogues. Ph illustration Pib

Les usagers peuvent consommer de la drogue à l’intérieur de la maison mais ils sont suivis par les médecins, éducateurs… du centre d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques des usagers de drogues. Ph illustration Pib – VDNPQR

1. Pourquoi une telle structure ?

Tout est parti d’un constat des équipes de l’association Blanzy-Pourre. La consommation de drogue dans la rue existe, mais les dispositifs d’aide aux usagers sont peu nombreux. Et impossible de laisser les consommateurs prendre des produits dans les centres d’hébergement d’urgence existants.

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Alcool : à quoi joue Emmanuel Macron ? (L’Express)

« Il y a un fléau de santé publique quand la jeunesse se saoule à vitesse accélérée avec des alcools forts ou de la bière, mais ce n’est pas avec le vin ».

Cette phrase ne vient pas du lobby viticole – comme on pourrait le penser naïvement. Elle a été prononcée il y a quelques jours par Emmanuel Macron devant des représentants de la presse régionale et elle (me) pose problème. Ainsi, à en croire le chef de l’État, le « binge drinking » (expression anglaise signifiant boire le plus et le plus vite possible pour parvenir à l’ivresse) n’existe pas avec du vin.

J’ai donc été victime d’hallucinations en voyant récemment de grands ados acheter pour quelques euros plusieurs bouteilles de (mauvais) blancs « arôme pêche » (sic) dans un supermarché à côté de chez moi. J’ai aussi rêvé en entendant mon fils de 19 ans vanter ces produits « vraiment pas chers ». Et ma fille de 21 ans dire qu’elle trouve ça « bon et sucré »… Ainsi donc, dans notre beau pays de vignes centenaires, on ne consomme que des grands crûs – et toujours modérément, c’est bien connu.

C’est même une telle évidence que, début février Agnès Buzyn, la ministre de la Santé pour qui j’ai le plus grand respect, avait cru bon de rappeler sur France 2 cette vérité : « En termes de santé publique, c’est exactement la même chose de boire du vin, de la bière, de la vodka ou du whisky (…) On a laissé penser à la population française que le vin serait protecteur, qu’il apporterait des bienfaits que n’apporteraient pas les autres alcools. C’est faux scientifiquement, le vin est un alcool comme un autre. »

Que n’avait-elle osé dire ! Tout le monde ou presque lui est tombé dessus. La voilà étiquetée  » intégriste de l’hygiénisme «  par Jacques Dupont, journaliste œnologue au Point. Accusée de « diaboliser le vin » par un collectif emmené par Bernard Pivot et, plus surprenant, par l’oncologue David Khayat, personnage plus médiatique que scientifique. Désavouée par Christophe Castaner, qui estimait jeudi dernier sur BFM qu’ « il y a de l’alcool dans le vin, mais c’est un alcool qui n’est pas fort (…) le vin fait partie de notre culture, de notre tradition, de notre identité nationale. Il n’est pas notre ennemi. »

Je suis moi-même un amateur de vin ; il m’arrive aussi plus souvent qu’à mon tour de prendre un digestif ; j’ai connu et je connaitrai sans doute encore l’ivresse. C’est pourquoi je me sens autorisé à rappeler à M. Castaner quelques chiffres : l’alcool, c’est en France 50 000 décès par an, la première cause de handicap non génétique à la naissance, le deuxième facteur de mortalité précoce évitable. Sans oublier toutes les violences qu’il provoque – « conjugales, routières » et autres comme l’a précisé Agnès Buzyn le 19 février dernier. La Cour des Comptes a fait le calcul : l’alcool nous coûte, collectivement, 120 milliards d’euros !

L’été dernier, j’avais découvert avec inquiétude la nomination d’Audrey Bourolleau comme conseillère agriculture de l’Élysée. Car cette jeune femme de 37 ans était jusque-là déléguée générale de l’association « Vin et société », un faux-nez du lobby viticole fier de proclamer sur son site internet que « la génération des 18/30 ans s’est réappropriée le vin ». J’étais d’autant plus inquiet qu’en 2015 Emmanuel Macron, ministre de l’Économie, avait défendu un amendement assouplissant la loi Évin au moment même où Agnès Buzyn, alors président de l’Inca (Institut national du cancer) voyait dans cet assouplissement « un grave échec pour la santé publique et une victoire des lobbies ».

Pour autant, devant la détermination affichée du gouvernement à promouvoir la prévention sous toutes ses formes, j’espérais qu’Emmanuel Macron serait aussi sévère avec le vin qu’il l’est avec le tabac. Je me suis trompé.

Monsieur le Président, vous avez récemment déclaré « boire du vin midi et soir ». Vous le faites avec modération, je n’en doute pas. Mais savez-vous, monsieur le Président, que cette consommation quotidienne suffirait pour de nombreux addictologues à vous classer parmi les dépendants potentiels ? Quand vous affirmiez qu’ « un repas sans vin serait un peu triste », qui s’exprimait : le citoyen, l’amateur éclairé de Bordeaux ou le candidat à la Présidentielle ? La défense des viticulteurs primerait-elle sur la santé publique ? En banalisant ainsi la consommation d’alcool, réalisez-vous l’effet que cela pourrait avoir sur la jeunesse et, au-delà, sur tous les Français ? Cynisme ou inconscience, Monsieur le Président, où est l’exemplarité de votre fonction ?

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Des dents plus belles, un ministre qui fait l’apologie du vin…

Stop ! Alcool = Danger.

Le vin ne serait pas un alcool comme les autre dixit Christophe Castaner pour contrer sa ministre de la santé qui affirmait le contraire. Une étude qui vient de sortir affirmant que le vin rouge est un facteur de belles dents (et de bonne haleine ?). Au moment où ces prises de position fleurissent il est peut-être opportun de rappeler quelques notions.

Des dents plus belles, un ministre qui fait l’apologie du vin…Stop ! Alcool = Danger.STOKKETE/EPICTURA

  • Politique quand tu nous tiens… En contredisant, cette semaine, sa ministre de la santé, Christophe Castaner va probablement s’attribuer les voix des viticulteurs et des alcooliques. Mais provoquer la colère des médecins qui se battent quotidiennement contre ce fléau.

Désinformation

Agnès Buzyn est certes ministre de la santé, mais elle reste avant tout médecin ; un excellent d’ailleurs. En déclarant début février que le vin était « un alcool comme les autres », elle ne faisait que dire une vérité qui apparemment dérange. Pourtant ce n’est pas le taux d’alcool du breuvage qui compte mais la quantité d’alcool consommée. Les dégâts d’un verre de vin, quel qu’il soit, d’un demi de bière ou d’une dose de whisky sont les mêmes puisqu’ils apportent la même dose d’alcool… Et l’importance de ses dégâts sont proportionnels à la quantité quel que soit le breuvage.

Castaner reprends les vieux arguments éculés, qui ont conduit, il y a quelques années, quelques professeurs de médecine – de régions viticoles bien évidemment… – de vanter les vertus thérapeutiques du vin. Vites remis en place par leurs confrères.

Les bordelais ont fait plus fort en faisant de leur vin régional un médicament contre le cholestérol. Là ce sont les bourguignons qui se sont chargés de les remettre à leur place…

Les deux « terroirs » seront sans doute ravis par l’étude publiée en fin de semaine,  qui prétend que  deux composants du vin seraient efficaces dans la lutte contre les bactéries responsables des caries et de la plaque dentaire. 

Pourquoi pas mais on peut aussi tuer une mouche sur son front avec un violent coup de marteau ; ça marche mais avec une fracture du crane en prime…

Tordre le cou aux fausses légendes

L’alcool et le tabac restent les deux grands tueurs de la planète. Et sans doute, malheureusement pour des années. Avec un coût pour la société, qui dépasse largement les taxes récoltées et les emplois menacés.

L’alcool n’est pas un stimulant, mais ralentit l’activité du cerveau. C’est même pour cela qu’il provoque des accidents de voiture. La gaieté et l’excitation qui suivent l’absorption d’alcool sont donc des leurres. De la même façon, il faut se méfier des apéritifs qui traînent, ou des “pots” au bureau.

Boire sans manger rend ivre beaucoup plus vite. Également boire pour se réchauffer est une hérésie. On ressent certes une impression de chaleur car l’alcool provoque une augmentation du rythme cardiaque et de la tension artérielle. Malheureusement, cette réaction abaisse la température du corps.

En fait, l’alcoolisé résiste moins longtemps au froid… On comprend pourquoi le Saint-Bernard avec son petit tonneau de rhum sous le collier avait le même effet pour les disparus dans la neige qu’une rafale de mitraillette. Les légendes ont la vie dure… Tout comme celle qui prétend que l’alcool conserve. C’est vrai que l’on conserve les cerises dans l’eau de vie et les viandes en les fumant. De là à en tirer des arguments pour boire et fumer, il y a un pas dangereux !

Pour en revenir au rôle soi-disant protecteur de l’alcool, ce sont des études américaines qui ont montré que le risque d’infarctus, par exemple, est moins élevé chez ceux qui consomment un peu d’alcool chaque jour que chez les adeptes de la sobriété. Toutefois, d’abord, il ne s’agit que d’une faible diminution, ensuite le risque de dérapage, donc d’alcoolisme, semble plus important que la protection.

Quant à la limite de consommation au delà de laquelle on est proche de l’alcoolisme chronique, elle se calcule par semaine : l’alcoolisme commence au dessus de 14 verres de vin dits “standards” hebdomadaires pour la femme et 21 pour l’homme.

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