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C.N.P.E.R.T.

Centre National de Prévention, d Etudes et de Recherches en Toxicomanies

Mois

février 2014

Alcool, tabac, cannabis : plus la consommation est précoce, plus la dépendance est grave (Le Monde)

Le risque d’addiction chez les adolescents : le sujet préoccupe bien des parents. Pour la première fois, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) s’est attelé à une expertise collective sur la question, réunissant des spécialistes en épidémiologie, addictions, neurosciences… Cette synthèse des dernières données en matière de consommation, de dangers et de facteurs de risque est publiée jeudi 6 février. S’il y avait un seul message à retenir ? « La dangerosité vient de la précocité de la consommation : on ne peut pas comparer celle des adultes et celle des adolescents », répond l’addictologue Olivier Phan, qui y a participé.

Boissons énergisantes, jeux vidéo et d’argent, médicaments… Si tous les produits sont à prendre en considération, « les actions à développer doivent cibler en priorité l’alcool et le tabac, voire le cannabis, en raison des niveaux d’usage et de dommages associés (en termes de santé publique), qui prédominent sur les autres substances et les jeux », insiste l’Inserm dans ses recommandations aux pouvoirs publics.

Parmi elles, donc : sensibiliser à la vulnérabilité des 10 à 18 ans et aux dangers associés à une consommation précoce. L’adolescence est une période critique. C’est celle de l’entrée dans les conduites à risques, et celle de tous les dangers, car le cerveau des jeunes est plus vulnérable à la neurotoxicité des substances psychoactives que celui de l’adulte, son processus de maturation se poursuivant jusqu’à 25 ans. C’est aussi la période où l’on est peu sensible aux mises en garde…  suite

Autre article sur le sujet : (20minutes) : Tabac, drogue, alcool: Plus on commence jeune, et plus il y a de risques

Editorial : En finir avec l’alcool, c’est possible

Nous avons reçu le dernier livre de Laurence Cottet qui traite de l’alcoolisme et dont nous présentons l’analyse.

editorial fevrier 14

Ancienne alcoolique, l’auteure a surmonté sa maladie de façon exemplaire. Méthodique et habituée à l’analyse de risques, c’était son métier, elle décrit avec précision, au jour le jour et parfois heure par heure, ce qu’a été sa vie depuis la chute jusqu’à la renaissance.

Sa dépendance à l’alcool survient après le décès de son mari, c’est ensuite la plongée dans l’horreur avec toutes ses conséquences professionnelles, relationnelles et intellectuelles. Une lente mais progressive renaissance lui succède, semée d’embuches et de difficultés multiples surmontées grâce à un caractère bien trempé, lucide, une analyse froide de la situation accompagnée d’aides nombreuses, médicales, psychologiques, un coach, des amis.

De cette expérience douloureuse mais positive, elle en a tiré une méthode, « la boite à outils pour vivre sans alcool », résumée en quatre mots :

Honte+ Honnêteté + Humilité  et  Désir           ou  H3D

Ne plus avoir honte permet d’établir des contacts médicaux. Ils sont rassurants, on ne peut avoir honte d’être malade. L’honnêteté consiste à reconnaître sa dépendance à l’alcool, révéler ce qu’on a été et subi et s’engager dans une abstinence à vie.

L’humilité, c’est d’accepter de « tendre la main », l’aide des autres, pas seulement des personnes spécialisées mais d’associations d’anciens buveurs disponibles 24 heures sur 24 et d’amis capables de vous ramener à une vie normale, festive, agréable sans alcool. Révéler sa maladie est alors « un gage d’une abstinence à vie ». On peut alors cheminer vers son désir.

Les différentes étapes de cette renaissance sont ponctuées de questions que Laurence s’est posée. Elle laisse au lecteur le soin d’y réfléchir, éventuellement de se les poser s’il veut suivre le même chemin. Cette feuille de route devient alors un guide pour tout volontaire d’une sortie de l’alcoolodépendance.

Ce livre décrit bien la survenue de l’alcoolisme lorsque  la boisson alcoolisée perd son goût et son charme pour ne plus être qu’un apport d’alcool. C’est particulièrement frappant chez une personne dont le mari était œnologue  qui avait su lui faire apprécier les qualités d’un vin. On imagine que passer d’un vin d’excellente qualité à un alcool fort et probablement sans autre intérêt qu’une teneur élevée en alcool a été un signal d’alerte, une perte de gout et de discernement.

On voit aussi les limites de la renaissance car si la dépendance physique, la crainte du delirium tremens s’éloignent, la dépendance psychique subsiste, elle impose une abstinence à vie. Belle leçon de courage et de volonté qui devrait persuader ceux et celles qui se trouvent dans une situation de dépendance qu’ils peuvent s’en sortir. La méthode est éprouvée.

Le rôle des accompagnants, en particulier des amis sans formation spécifique est souligné. N’est pas aidant qui veut et ce livre pourra éviter à des proches pourtant bien intentionnés de commettre des erreurs en croyant bien faire.

Au total, voici un livre attachant, vrai, qui montre qu’on peut se débarrasser de la dépendance à l’alcool. La renaissance a associé une volonté de fer, des traitements appropriés de professionnels, une grande solidarité des amis. La culture de l’auteure, son approche théologique, la pratique d’un sport ont été aussi de puissants moteurs de sa guérison.

Un livre convaincant, à recommander. (pour acheter ce livre 16,63€)

 Jean-Paul Tillement

VIDEO. L’hortensia, dangereux substitut au cannabis ?

Et si l’hortensia devenait le nouveau cannabis ? Depuis quelques semaines, les vols de cette fleur colorée se multiplient dans le Pas-de-Calais. Les malfaiteurs utiliseraient les pétales et les feuilles pour les mélanger avec du tabac et obtenir des effets similaires à ceux du cannabis.

Sauf que, selon Maurice Dumez, pharmacien à Hucqueliers (Pas-de-Calais), cette pratique venue d’Allemagne serait loin d’être inoffensive. Les hortensias contiennent ainsi « des produits toxiques qui ne sont pas anodins du tout, comme l’acide cyanhydrique, qui peut provoquer des lésions importantes au niveau bronchique ». Cet acide constitue la base du Zyklon B, insecticide qu’utilisaient les nazis dans les chambres à gaz, relevait en avril 2013 Le Nouvel Observateur.

A Hucqueliers, deux plaintes pour vol ont été déposées, et une enquête de gendarmerie est en cours.

Cliquez ici pour voir la video

Andrew de Desperate Housewives dévoile son addiction aux drogues

La mort brutale et tragique de Philip Seymour Hoffman a traumatisé beaucoup de célébrités dont une qui a décidé de sortir du silence : Shawn Pyfrom aka Andrew de « Desperate Housewives ». Le jeune homme a même décidé de sortir du silence au travers d’une lettre ouverte où il a pas dévoilé son addiction. 

Philip Seymour Hoffman est mort dimanche dernier des suites d’une overdose d’héroïne, un épisode tragique qui aura choqué le tout Hollywood. Et un acteur a décidé de sortir du silence : Shawn Pyfrom Aka Andrew (le fils de Bree, Marcia Cross) dans la série désormais terminée « Desperate Housewives ». Le jeune homme a décidé de parler ouvertement de son addiction à la drogue qui « détruit des vies ».

« Avant d’écrire cette lettre, j’ai pesé le pour et le contre et considéré ce qui était en jeu mais je me moque des conséquences. Je ne veux pas que mes besoins égoïstes m’empêchent de potentiellement pouvoir sauver la vie d’un autre être humain » écrit Shawn au début de sa lettre. Après la mort brutale de Cory Monteith des suites d’une overdose d’héroïne, l’acteur Shawn Pyfrom semble déterminé a parler de son histoire.

Il ajoute : « Certaines personnes disent que la drogue a permis de voir émerger les meilleurs artistes que la Terre ait jamais portée. Jimi Hendrix, Kurt Cobain… La liste est longue. Mais la drogue détruit des vies et tue. Moi-même, je dois dire que sans mes batailles et mon addiction à la drogue, je n’aurais pas créé les choses que j’ai créées. J’en suis sûr. Mais j’aurais largement préféré vivre les moments que je n’ai pas pu vivre en conséquence et voir ce qu’il en serait ressorti, d’une manière créative« . Une révélation choc pour celui qu’on a vu grandir à la télévision et qui se fait de plus en plus discret au fil des saisons.

Déterminé à ne plus replonger, Shawn affirme que la drogue lui a fait perdre beaucoup d’être chers « J’ai fait perdre leur temps à des gens qui comptaient énormément pour moi et qui ont travaillé dur pour que j’ai une brillante carrière. Mais à cause de la drogue, ils ont lâché prise et je les ai perdus« .

On espère que l’acteur arrivera à définitivement se battre contre ses démons afin de faire un retour réussi dans le monde de la télévision. Source

Et maintenant, le cannabis pour tous !

L’usage entraînera probablement un aller sans retour dans la maladie schizophrénique pour 20 % des consommateurs — adolescents et jeunes adultes.

Le cannabis pour tous, c’est une marotte chez les socialo-écolos. En 2012, Vincent Peillon avait déclenché l’ire de l’opposition en affirmant sa dépénalisation constituer « un sujet majeur », rejoignant ainsi l’ancien ministre de l’Intérieur, Daniel Vaillant, lequel réclamait en 2003 la légalisation de la consommation personnelle du cannabis à travers un contrôle de la production et de l’importation.

Dans la droite ligne des ministres précités, madame Esther Benbassa et les écologistes viennent de déposer au Sénat une proposition de loi pour autoriser l’usage contrôlé du cannabis.

Les principales mesures énoncées font état d’une vente tout à fait comparable à celle des cigarettes. Vente au détail sous la forme habituelle de paquets, lesquels devront mentionner la composition des substances utilisées, indiquer la teneur en tétrahydrocannabinol – la substance active du cannabis — sans oublier un message à caractère sanitaire tel que le projet ne le précise pas, mais que l’on peut aisément imaginer : « Fumer tue », ou« Abus dangereux ». Légaliser ce qui peut être mortel, c’est un beau et Vert projet.

Le joint d’aujourd’hui ne ressemble plus du tout à celui que se passaient, assis en cercle, les hippies dans les années 70. L’INSERM a révélé l’innovation de techniques de plus en plus sophistiquées qui ont fait passer le taux de THC de 10 mg dans un joint moyen à 150 mg, décuplant ainsi les effets psychoactifs sur le cerveau. Les effets d’un unique joint perdurent plusieurs jours, entraînant perte de la volonté, de la motivation et de la concentration.

À ceux qui croient encore à la fable des éléphants roses à pois verts, l’usage de cette drogue, s’il ne peut à lui seul être tenu pour responsable de troubles psychiatriques graves, entraînera probablement un aller sans retour dans la maladie schizophrénique pour 20 % des consommateurs — adolescents et jeunes adultes.

À une époque où le principe de précaution est évoqué à tout bout de champ, les parents d’adolescents atteints apprécieront.

En vérité, grâce la légalisation, les écolos-socialos feront d’une pierre deux coups. Non seulement les ventes rapporteront gros à l’État, mais de façon concomitante avec les nouvelles pédagogies, elles permettront d’accélérer le processus de décervelage de nos enfants.

En outre, les usagers réguliers, qui ne se satisferont pas du taux de THC en trop faible quantité que contiendront les cigarettes en vente libre, se tourneront inévitablement (comme c’est le cas aujourd’hui) vers des points de vente illégaux qui leur garantiront les effets psychoactifs recherchés.

Aussi, quand Éric Ciotti, député UMP, exprime le souhait d’instaurer un dépistage obligatoire de produits stupéfiants au moins une fois par an dans les écoles, la réponse de Vincent Peillon « Une fois par an, si ça suffisait ! »démontre tout le cynisme du ministre de l’Éducation nationale favorable à la dépénalisation.

NDLR : Mi-janvier 2014, Boulevard Voltaire a interrogé ses lecteurs sur les projets de dépénalisation. Voici les résultats de ce sondage :

sondage Le cannabis en FranceSource

 

Décès du Professeur Roger Nordmann

Nordmann Roger ProfesseurC’est avec une profonde tristesse que nous apprenons à nos lecteurs le décès du Professeur Roger Nordmann survenu à Paris le 24 Janvier 2014.

Docteur en médecine, Professeur émérite de biochimie, membre titulaire de l’Académie nationale de médecine, Président de nombreuses commissions, il avait consacré une grande partie de son activité à la lutte contre l’alcoolisme dont il était devenu un des piliers non seulement français mais international.

Membre actif du CNPERT, toujours disponible, il ne cessait de rappeler l’urgence de lutter contre ce fléau.

Un hommage lui sera rendu prochainement dans ces colonnes.

Nous assurons Madame Nordmann, ses enfants et toute sa famille de toute notre sympathie pour l’homme, le grand scientifique et l’humaniste que nous n’oublierons pas.

Jean-Paul Tillement 

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