Editorial : En finir avec l’alcool, c’est possible

Nous avons reçu le dernier livre de Laurence Cottet qui traite de l’alcoolisme et dont nous présentons l’analyse.

editorial fevrier 14

Ancienne alcoolique, l’auteure a surmonté sa maladie de façon exemplaire. Méthodique et habituée à l’analyse de risques, c’était son métier, elle décrit avec précision, au jour le jour et parfois heure par heure, ce qu’a été sa vie depuis la chute jusqu’à la renaissance.

Sa dépendance à l’alcool survient après le décès de son mari, c’est ensuite la plongée dans l’horreur avec toutes ses conséquences professionnelles, relationnelles et intellectuelles. Une lente mais progressive renaissance lui succède, semée d’embuches et de difficultés multiples surmontées grâce à un caractère bien trempé, lucide, une analyse froide de la situation accompagnée d’aides nombreuses, médicales, psychologiques, un coach, des amis.

De cette expérience douloureuse mais positive, elle en a tiré une méthode, « la boite à outils pour vivre sans alcool », résumée en quatre mots :

Honte+ Honnêteté + Humilité  et  Désir           ou  H3D

Ne plus avoir honte permet d’établir des contacts médicaux. Ils sont rassurants, on ne peut avoir honte d’être malade. L’honnêteté consiste à reconnaître sa dépendance à l’alcool, révéler ce qu’on a été et subi et s’engager dans une abstinence à vie.

L’humilité, c’est d’accepter de « tendre la main », l’aide des autres, pas seulement des personnes spécialisées mais d’associations d’anciens buveurs disponibles 24 heures sur 24 et d’amis capables de vous ramener à une vie normale, festive, agréable sans alcool. Révéler sa maladie est alors « un gage d’une abstinence à vie ». On peut alors cheminer vers son désir.

Les différentes étapes de cette renaissance sont ponctuées de questions que Laurence s’est posée. Elle laisse au lecteur le soin d’y réfléchir, éventuellement de se les poser s’il veut suivre le même chemin. Cette feuille de route devient alors un guide pour tout volontaire d’une sortie de l’alcoolodépendance.

Ce livre décrit bien la survenue de l’alcoolisme lorsque  la boisson alcoolisée perd son goût et son charme pour ne plus être qu’un apport d’alcool. C’est particulièrement frappant chez une personne dont le mari était œnologue  qui avait su lui faire apprécier les qualités d’un vin. On imagine que passer d’un vin d’excellente qualité à un alcool fort et probablement sans autre intérêt qu’une teneur élevée en alcool a été un signal d’alerte, une perte de gout et de discernement.

On voit aussi les limites de la renaissance car si la dépendance physique, la crainte du delirium tremens s’éloignent, la dépendance psychique subsiste, elle impose une abstinence à vie. Belle leçon de courage et de volonté qui devrait persuader ceux et celles qui se trouvent dans une situation de dépendance qu’ils peuvent s’en sortir. La méthode est éprouvée.

Le rôle des accompagnants, en particulier des amis sans formation spécifique est souligné. N’est pas aidant qui veut et ce livre pourra éviter à des proches pourtant bien intentionnés de commettre des erreurs en croyant bien faire.

Au total, voici un livre attachant, vrai, qui montre qu’on peut se débarrasser de la dépendance à l’alcool. La renaissance a associé une volonté de fer, des traitements appropriés de professionnels, une grande solidarité des amis. La culture de l’auteure, son approche théologique, la pratique d’un sport ont été aussi de puissants moteurs de sa guérison.

Un livre convaincant, à recommander. (pour acheter ce livre 16,63€)

 Jean-Paul Tillement

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