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février 2022

Les effets  épigénétiques du cannabis peuvent affecter ses consommateurs et leur progéniture.

Pr. Jean Costentin 

Les principaux méfaits psychiques du THC, le constituant toxicomanogène du cannabis, sont assez bien connus : toxicité cardiovasculaire, ivresse, désinhibition, prise de risques, accidents routiers et professionnels ; altérations de la mémoire et de la cognition ; perturbations de la maturation cérébrale, anxiété, dépression, schizophrénie, escalade vers d’autres drogues…

Bien qu’irréfragables, ils n’entament pas la revendication de ceux qui militent pour sa légalisation.
Alors que la connaissance des effets épigénétiques du THC devrait annihiler leur revendication, ils sont ignorés de nos concitoyens, au point de se demander si cette méconnaissance n’est pas sciemment entretenue.

La première publication sur ce sujet (Y. Hurd -U.S.A.) date pourtant d’une dizaine d’années. Elle montre que les fœtus humains d’avortements survenus autour de la 20 ième semaine de la gestation de mères consommatrices de cannabis, présentent dans une région du cerveau, le noyau accumbens (centre de perception du plaisir), une diminution marquée (-50%) de leurs récepteurs D 2 de la dopamine, relativement aux cerveaux de fœtus du même âge de mamans non consommatrices de cannabis.

C’est en stimulant ces récepteurs D 2 que la dopamine, « le médiateur du plaisir », suscite ce type de sensation. A l’adolescence, les enfants de mamans ayant consommé du cannabis pendant la grossesse, éprouvent un plus faible niveau de plaisir que leurs congénères. La prise d’une drogue, de n’importe
laquelle (leur action commune étant d’accroitre la stimulation des récepteurs D 2 ), pallie leur mal-être. Eprouvant un plaisir supérieur à celui qu’en éprouvent les autres, ils sont incités à y recourir et entrent ainsi dans l’addiction.

Des rats dont les mères ont reçu du THC pendant leur gestation présentent aussi une baisse de leurs récepteurs D 2 dans leur noyau accumbens et, manifestent une propension accrue à consommer les drogues qui leurs sont proposées.
L’ADN du gène qui code ces récepteurs D 2 , exposé au cannabis pendant la gestation, n’est pas modifié ; il n’a subi aucune mutation. Par contre cette exposition modifie son support, fait de protéines particulières (des histones) qui forment avec l’ADN, la chromatine du chromosome (par la greffe de radicaux méthyles (-CH 3 ) sur des acides aminés précis de ces histones). Ces modifications réduisent la facilité avec laquelle ce plan sera lu et, ainsi, exécuté ; d’où cette diminution de l’expression des
récepteurs D 2 .
Des méthylations de cytosines de l’ADN sous l’effet du THC, peuvent également modifier la lecture de gènes codant d’autres caractères.
Si du THC est administré d’une façon semi chronique à des rats des deux sexes avec interruption 15 jours avant leur copulation (pour son élimination complète lors de celle-ci), les conséquences sont les mêmes que celles observées lorsque le THC était administré pendant la grossesse : modifications de la chromatine ; baisse des récepteurs D 2 ; vulnérabilité aux toxicomanies.
Ainsi, les individus en âge de procréer qui ont exposé au THC leurs gamètes (spermatozoïdes pour eux, ovules pour elles), même longtemps avant leur union reproductrice, peuvent transmettre à leurs descendants (au moins de première génération) une vulnérabilité aux toxicomanies.

Ce constat est à ajouter aux explications avancées pour expliquer l’augmentation des toxicomanies dans notre Nation, toute première consommatrice de cannabis en Europe.

Les effets épigénétiques du THC peuvent affecter le consommateur lui-même, accroissant son appétence pour certaines drogues (tels les agents morphiniques et cocaïniques), mécanisme à l’origine de l’escalade toxicomaniaque. Ils peuvent induire des déficits immunitaires, une prédisposition aux psychoses.

Le consommateur en est alors la victime. Ils peuvent aussi induire chez sa descendance une vulnérabilité aux toxicomanies ; comporter le risque de malformations fœtales, d’une vulnérabilité aux troubles du spectre de l’autisme, à la schizophrénie, aux troubles cognitifs. Pour ces derniers effets ce serait en modifiant l’expression d’une protéine (GLAP 2) présente dans les synapses (structures d’interface entre les neurones qui communiquent entre eux).

Le consommateur de cannabis présente alors la facture à ses descendants.
En adaptant une formule du livre d’Ézéchiel on dira : les parents ont fumé le cannabis vert et leurs enfants en ont eu les neurones perturbés.
Revendiquer sa liberté face à son destin comporte quelques limites ; elles se font plus précises quand cette liberté porte atteinte à sa progéniture.
Aussi, fumer du cannabis ou se reproduire, il faut choisir !

Si j’avais su !

Kate Moss très inquiète pour sa sœur : comment elle tente de lui venir en aide

Alors que sa demi-soeur Lottie vient de rentrer en cure de désintoxication pour décrocher de la drogue, Kate Moss suit son rétablissement pas à pas

Il est loin le temps où Lottie Moss, encore teenager, s’imaginait un futur de journaliste mode. Ce 2 février dernier la jeune femme, devenue mannequin et désormais âgée de 24 ans, vient de révéler sur Tik Tok avoir fait son entrée en cure de désintoxication mentionnant notamment qu’au moment où on « glamourise » la drogue, elle souffre de ses effets. Sans doute la jeune femme fait-elle référence au succès de la série Euphoria traversée par l’expérience de drogues en tous genres.

Si Kate Moss, 48 ans, ne s’est pas exprimée au sujet de sa sœur, certains proches affirment qu’elle se sent particulièrement concernée. Et pour cause. 

Par le passé, la top model a suivi elle-même deux cures de désintoxication. L’une en 2005 pour une addiction à la cocaïne et une autre en 1998 pour une addiction à l’alcool soignée en Arizona à la clinique « Meadows Behavorial Healthcare. »

C’est d’ailleurs dans ce même établissement très sélect à 31472 euros le mois que Lottie Moss a été internée ajoutant son nom à la liste des VIP passés entre ses murs parmi lesquels Tiger Woods, Elle Macpherson, Selena Gomez ou encore Kevin Spacey.

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La légalisation du cannabis, chronique d’un désastre annoncé

Interview par Agnès Farkas mardi 1er février 2022

Pr Jean Costentin

Les Français sont, parmi les 27 Etats européens, les premiers consommateurs de cannabis avec 1.500.000 usagers réguliers dont 1.000.000 d’usagers quotidiens et souvent multi quotidiens.

Certains candidats à l’élection présidentielle, ainsi que certains Etats voisins, évoquent désormais la perspective d’une légalisation du cannabis.

Entretien avec le Pr Jean Costentin, auteur de nombreux livres sur le sujet.

Propos recueillis par Agnès Farkas.

Agnès Farkas : La France se dirige vers la légalisation du cannabis tout comme ses voisins européens, remettant ainsi en cause la loi de 1970 qui le prohibe. Quelles seraient, selon vous, les conséquences d’une légalisation sur la population ?

Jean Costentin : Le pire n’étant jamais sûr, je me prends à espérer que notre nation ne copie pas ce que certains de nos voisins feraient de plus mal. Le temps qui passe peut nous laisser celui qui permettra à la raison de s’imposer. Une course de vitesse est engagée entre l’impatience des uns à commettre l’irrémédiable et l’accumulation de données qui vont toutes à l’encontre d’une légalisation du cannabis.

Pour synthétiser les plus graves conséquences à redouter d’une légalisation, je me contenterais d’être énumératif :

  • Son pouvoir addictif puissant est tel que 20% au moins de ceux qui l’ont expérimenté en deviennent dépendants ; à sa légalisation serait associée une augmentation inévitable de ses consommateurs (rappelons pour mémoire que 13 millions de Français sont dépendants du tabac (75.000 décès annuels) et que 4,5 millions sont dépendants de l’alcool (41.000 décès annuels). Ne comptons pas sur les buralistes pour en refuser la vente aux mineurs, puisque 70% d‘entre eux ne respectent pas l’interdiction de la vente de tabac aux mineurs.
  • Le cannabis est un puissant facteur d’escalade vers d’autres drogues, comme cela est montré avec l’alcool, la cocaïne et les morphiniques (les mécanismes neurobiologiques étant élucidés) il conduit à ces poly-toxicomanies que l’on voit déjà se multiplier.
  • Cette drogue de « la crétinisation » commence à affecter nos enfants au collège, dès la cinquième et, bien sûr, au delà. C’est un grand perturbateur de la cognition. Son intrusion, que dis-je son invasion dans la sphère éducative (il touche aussi des enseignants), explique pour une bonne part le rang très pitoyable (27ième) que nous occupons dans le classement international PISA de performances éducatives, alors que la France est parmi les nations qui consacrent le plus de moyens pour l’éducation de ses enfants.
  • Une légalisation multiplierait les accidents routiers (comme cela a été constaté au Canada) et professionnels ; alors qu’on a tant de mal à juguler à ces égards les méfaits de l’alcool. La rencontre du tabac et de l’alcool multiplie par 27 (statistiques récentes) le risque d’accidents mortels de la route. Notre société qui macère dans l’alcool ne peut accueillir en sus le cannabis.

C’est sans compter les conséquences psychiatriques sur les consommateurs.

Jean Costentin : En effet, à une légalisation du cannabis s’associerait une explosion des affections psychiatriques, alors que nos hôpitaux psychiatriques sont déjà débordés.

  • Le THC est à l’origine d’anxiété, de dépression, de décompensations psychotiques ;
  • il induit de novo des schizophrénies ;
  • il aggrave cette affection quand elle est déclarée et crée une résistance aux traitements destinés à apaiser ses expressions. Cette affection qu’on ne sait guérir, touche 1% de la population. Sans le cannabis notre nation compterait près de 15.000 schizophrènes en moins.
  • Le cannabis est la drogue de l’aboulie, de la démotivation, de la désinhibition, qui rend agressif ou dangereux ; il est, chez ses consommateurs, responsable de fréquentes et longues périodes de chômage.

C’est un véritable désastre humain.

Jean Costentin. Il y a plus grave encore : ceux qui s’exposent au THC, par un « tagage » de la chromatine de certains de leurs gènes, modifient au très long cours l’expression de ces gènes ; et exposant leurs gamètes (spermatozoïdes pour eux, ovules pour elles) , ils transféreront aux enfants qu’ils pourraient concevoir des modifications de l’expression de certains de leurs gènes.

Il a été montré que ce mécanisme sous tend la vulnérabilité de leur progéniture aux toxicomanies à l’adolescence, à certaines maladies psychiatriques (autisme, schizophrénie, dépression), à leurs réactions au stress, à leurs capacités cognitives, à leurs défenses immunitaires. « Les parents ont fumé le cannabis vert et leurs enfants en ont eu les neurones agacés » (en adaptant une formule du livre d’Ezéchiel).

  • Le cannabis abrège la grossesse, les nourrissons sont de plus petits poids et de plus petites tailles que normales, ils ont un développement psychomoteur ralenti, ils sont plus à risque de mort subite ou d’hyperactivité avec déficit de l’attention.
  • Le cannabis est plus toxique que le tabac, sa combustion produisant 6-8 fois plus d’oxyde de carbone et de goudrons cancérigènes. Il est dépresseur de l’immunité. Sa toxicité cardio-vasculaire en fait la troisième cause de déclenchement d’infarctus du myocarde. Il est à l’origine d’accidents vasculaires cérébraux ou d’artérite chez des individus jeunes. Il est dépresseur de l’immunité…
  • Quand tous ces méfaits seront portés à la connaissance de nos concitoyens, ils seront armés pour s’opposer à sa légalisation, mais tout est fait pour empêcher leur information et, quand il y a des fuites, elles sont immédiatement contredites.

Quels sont les intérêts des décideurs politiques, qui me semblent pernicieux, à la légalisation des drogues ? Cette dépénalisation n’est pas seulement française. Une action internationale contre la production de drogue est-elle envisageable, et dans ce cas, existe-t-il des organismes internationaux qui puissent intervenir directement à la source de production ?

Jean Costentin : Cette question est en dehors de ma sphère d’expertise, aussi suis-je réduit à n’exprimer que des hypothèses.

La demande de légalisation émane d’écologistes appelant de leurs vœux une régression économique ; le THC induisant une aboulie, le renoncement, la paresse, l’absence d’ambition, le contentement de peu, s’inscrit bien dans leur projet.

  • La demande implique des politiciens qui rêvent, par la diffusion de cette drogue, de transformer des citoyens révoltés en des citoyens résignés.
  • Le fer de lance à l’Assemblée Nationale de la légalisation du cannabis, est le député et porte-parole de LREM (J.-B. Moreau), agriculteur dans la Creuse. Il voudrait transformer son département en un Eldorado vert de cannabis.

Peut-on parler d’un enjeu politique par la libéralisation de la consommation de cannabis ?

Jean Costentin : Dans la compétition internationale rendue plus aiguë par la mondialisation, les nations concurrentes auraient à gagner que la nôtre comporte une forte proportion de sujets abêtis, passifs, démotivés, répugnant à se former, asthéniques, rendant le match plus facile à gagner.

Le Pr. Constentin a aussi déclaré : Dans le conflit civilisationnel qui se dessine, le gagnant sera celui qui saura éviter aux siens de s’anéantir avec les drogues dans les toxicomanies.

  • La démagogie de certains politiques, consiste à acheter les suffrages de leurs électeurs en flattant leurs bas instincts, dont la toxicomanie est un élément fort.
  • Un capitalisme sans foi ni loi, faisant feu de tout chanvre, a énormément investi dans la filière du chanvre ; il subvertit des médias, des politiques, il abuse le public, aux fins d’obtenir d’importants retours sur ses investissements.
  • Le phénomène est international. De très puissants groupes financiers sont à la manœuvre. (Le milliardaire américain) George Soros et (le Canadien) Edgar Bronfman ont dépensé des sommes considérables (un million de dollars) pour qu’en 2010 la Californie, après deux votes négatifs, se prononce en faveur de la légalisation du cannabis.

Peut-on envisager une éducation de la population sur les conséquences de la consommation du cannabis et des cannabinoïdes sous leurs diverses formes ?

Jean Costentin : La solution de ce très grave problème, à la fois sanitaire, social et sociétal passe d’abord par l’éducation. Si la France est le plus gros consommateur en Europe de cannabis, elle est aussi la nation dans laquelle rien n’est fait pour l’information de ses enfants à cet égard. Ç’en est au point où l’Observatoire Européen des Drogues et Toxicomanies (OEDT) a décerné un carton rouge à la France pour sa défaillance notoire en matière d’information et de pédagogie sur ce sujet.

La justice est, elle aussi, totalement défaillante quant à la condamnation des consommateurs et des dealers. Le dernier florilège, pour l’en dessaisir, réside dans l’infliction d’une amende de 200 €, en solde de tout compte, pour le contrevenant. En l’absence de toute mémoire, l’infraction peut se répéter une multitude de fois au même prix ; l’amende n’étant d’ailleurs pas inéluctablement payée…

Il n’y a pas de trafic, ni de deal, s’il n’y a pas des consommateurs, si l’argent de poche ne coule pas à flot, si les parents ne sont pas déresponsabilisés. Ils doivent pouvoir être taxés, eux aussi, pour les errements de leurs enfants mineurs, sur les allocations qui leur sont versées pour les aider à assurer l’éducation qu’ils donnent à leurs enfants. Ces derniers doivent payer en travaux d’intérêt général, qui doivent être encadrés d’une façon rigoureuse.

Je vous laisse le mot de la fin.

Jean Costentin : « Où il y a une volonté, il y a un chemin », mais où prévalent l’indifférence, la négligence, la méconnaissance délibérée, la dissimulation, la démagogie, l’idéologie, de sordides intérêts aux antipodes de l’humanisme, insoucieux du sort de notre société, des familles, de la communauté nationale, de notre civilisation, la drogue est une arme fatale pour des desperados de tous types.

Il appartient à ceux encore préservés par ses effets destructeurs une véritable union pour préserver nos concitoyens en luttant de toutes nos forces contre sa légalisation. 

C’est, pour notre société, « la mère des batailles ».

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Nouvelle rubrique : Si j’avais su !!

Pour différentes raisons ils (ou elles) se sont drogués …. Aujourd’hui ils le regrettent

Amandine Pellissard : « J’ai été consommatrice de drogues dures » et il y a encore des conséquences

Par Marie Piat – le 02/02/2022 

Amandine Pellissard fait partie des mamans phares de Familles nombreuses, la vie en XXL sur TF1. Mais la mère de famille a un passé tumultueux, bien moins rose que son quotidien actuel. Elle avait révélé s’être droguée à l’héroïne, après avoir été victime d’inceste. La maman s’est confiée de nouveau sur la drogue qu’elle a consommée et sur les conséquences de cette addiction, qu’elle doit encore traiter aujourd’hui.

Amandine Pellissard revient sur son passé avec la drogue : « L’héroïne rend malade physiquement le corps »

Dans Familles nombreuses, la vie en XXL sur TF1, vous pouvez suivre Amandine Pellissard et ses enfants dans leur quotidien. Mais avant cette vie de famille rangée, elle est tombée dans la drogue après avoir été victime d’inceste étant plus jeune. La maman a évoqué son passé d’addict à l’héroïne avec Jordan De Luxe, dans l’émission 

Chez Jordan pour Télé Loisirs : « J’ai été consommatrice de drogues dures dans ma jeunesse ». L’héroïne, « il s’agit d’une drogue qui rend malade physiquement, l’héroïne rend malade physiquement le corps, ça se traduit par de très gros symptômes physiques » a-t-elle précisé.ÇA VA TE PLAIRE

Totalement honnête et transparente sur le fait qu’elle a consommé de la drogue, Amandine Pellissard a tenu à préciser ces quelques questionnements pour faire de la prévention : « Il faut déjà identifier le problème de base, pourquoi on en vient à consommer, et pourquoi on consomme en plus de cette façon. Bien sûr, les fréquentations y sont pour beaucoup. Si, à un moment, vous flanchez et que c’est une personne un peu malveillante qui vous prend sous son aile, c’est foutu ».

La maman de Familles nombreuses, la vie en XXL parle des conséquences : « Je suis sous traitement méthadone »

Celle qui veut devenir chroniqueuse dans TPMP sur C8 a d’ailleurs des conséquences depuis qu’elle s’est droguée : elle doit suivre un traitement à vie. « Je suis sous traitement méthadone depuis ma jeune vie d’adulte » a expliqué Amandine Pellissard, qui reste cependant positive : « J’ai réussi à intégrer que c’était un traitement comme une personne diabétique par exemple. Il s’agit d’un traitement quotidien dont j’aurai sans doute besoin toute la vie »« Ce n’est pas grand chose mais tous les jours, ça ma rappelle mes erreurs » a-t-elle ajouté, « C’est un boulet que je traînerai toujours ».

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Les psychiatres français et le cannabis

Pr. Jean Costentin

L’information à l’état brut


Le vingtième congrès annuel de la psychiatrie française, « L’Encéphale », a rassemblé à Paris 4.000 praticiens français et francophones, autour du 21 janvier 2022.
Le prix de la meilleure communication a été décerné à une addictologue lyonnaise, Madame Leclerc, pour l’enquête qu’elle a effectué auprès de 400 psychiatres, recueillant leur avis sur la légalisation du cannabis, soit à des fins « médicales », soit à des fins « récréatives ».
-77% d’entre eux se sont déclarés en faveur du cannabis « médical » ;
-53% d’entre eux en faveur de la légalisation du cannabis « récréatif ».


A y regarder de plus près la France compte 15.560 psychiatres ; les 400 qui ont été interrogés constituent un échantillon de 2,5 %.

Les biais peuvent être d’autant plus importants que les échantillons sont plus petits. Comme excuse, il est annoncé que l’étude se poursuit.

Ainsi, les poules chantent avant que les œufs soient pondus ; quelle impatience !
Aux personnes familières des statistiques – Si le t de Student était trop peu infusé (P>0,05) on n’en entendrait plus parler, ne retenant que « l’information » initiale, partielle et fausse.


S’agissant de la position de « nos » psychiatres français sur le cannabis « médical ».
Connaissant leur méconnaissance de la pharmacologie des médicaments (autres que psychotropes), je conteste leur compétence pour prendre position sur ce point. A l’instar d’un psychiatre déclarant dans « Le Figaro » « qu’il fallait laisser ses chances au cannabis médical » ; il ignore qu’en thérapeutique l’objectif n’est pas de donner ses chances à un médicament potentiel, mais d’offrir au patient le bénéfice d’effets positifs l’emportant sur les dangers de son utilisation.

Les deux médicaments comportant des cannabinoïdes (THC et/ou CBD), Sativex ® et Epidyolex ® , ont un service médical rendu jugé insignifiant pour le premier (Niveau V), « mineur » (niveau IV) pour le second. Cela suffirait il pour justifier leur enthousiasme ?

Ce n’est pas non plus l’expérimentation biaisée, initiée par une mission parlementaire (tout est exceptionnel en matière de cannabis), sous la conduite d’un psychiatre clermontois, avant que soient émises ses conclusions (d’emblée réfutées) qui puisse susciter leur enthousiasme.

Les grandes ignorances font décidément les grandes majorités.

S’agissant de leur avis sur le cannabis « récréatif » Cette expression « récréatif » devrait les scandaliser, eux qui sont aux premières loges de l’accueil des victimes de ces récréations ! Curieusement certains déclarent ne voir un consommateur de cannabis qu’une fois par semaine et d’autres une fois par jour.

Cela paraît bien peu au pays des 1.500.000 usagers réguliers de cette drogue ;

aussi peut-on se demander s’ils pensent bien à interroger leurs patient sur cette consommation (comme nombre de médecins généralistes s’abstiennent d’interroger leurs patients sur la consommation d’alcool).
Les arguments avancés en faveur d’une légalisation sont affligeants.
« La répression ne marche pas  et l’interdiction empêche de faire de la prévention ».

Est-ce vraiment réprimer qu’infliger, en solde de tout compte, une amende de 200 €, sans une mémoire qui permettrait d’en accroître le montant en fonction du nombre de récidives ?

Amende qui, d’ailleurs, n’est souvent pas perçue.


« L’interdiction empêche de faire de la prévention ».

Faudrait-il autoriser tout ce que l’on veut empêcher pour en faire la prévention ? Quand « nos  psy » qui auraient dû faire cette pédagogie ne l’ont pas faite, et qu’ils en voient les graves conséquences, ils se disculpent en s’abritant derrière l’interdiction ; mais alors qu’ils s’expliquent aussi sur leur banalisation d’une drogue prohibée.


Quant aux relations du cannabis avec les affections psychiatriques ils en sont encore à estimer qu’il y a débat, ce qui est une contre vérité. Depuis le temps qu’ils freinent, leurs chaussures n’ont plus de semelles.


Apostille
Dans l’enquête  de Madame Leclerc, une question eut été opportune :
Que savez-vous des effets épigénétiques du THC ?

Citez cinq méfaits qui pourraient de ce fait affecter son consommateur ou les enfants qu’il pourrait concevoir.
Nul doute que s’ils avaient su répondre à cette question, les pourcentages de leurs réponses, qui nous révulsent, auraient été tous autres.

Nouvelle rubrique : Si j’avais su !!

« J’en ai ch*é » : Thierry Ardisson sans tabou sur sa consommation de drogues dures

Sur France Bleu, Thierry Ardisson s’est confié à cœur ouvert sur son lourd passé de toxicomane.

© Abaca

Thierry Ardisson s’apprête à opérer un retour télévisuel fracassant avec « Hôtel du temps », un nouveau rendez-vous sur France Télévisions dans lequel l’animateur va interviewer des personnalités décédées grâce à l’intelligence artificielle « deepfake ». Rappelons qu’en 2019, l’homme en noir avait refusé la proposition du groupe Canal de fournir ses émissions de « Salut les terriens » pour deux fois moins cher, ce qui l’aurait amené selon ses propres termes à faire de la « télé low cost ».

Interviewé dans l’émission « Accès Direct » sur les ondes de France Bleu, le compagnon d’Audrey Crespo-Mara s’est exprimé sur ce programme inédit qui sera diffusé sur l’antenne en mai prochain. Mais celui qui a débuté comme publicitaire est également revenu sans détour sur un pan plus intime et sombre de son existence, à savoir son passé de toxicomane. « Honnêtement, on a été la première génération à avoir la drogue en vente libre. Avant nous, la drogue, l’héroïne, c’était réservé aux jazzmen afro-américains. Personne n’en prenait. Certains prenaient de l’opium, mais ce n’était pas courant. Aujourd’hui, les gens on leur dit : ‘Fais gaffe, l’héro c’est très dur d’en sortir, la cocaïne ça va te bouffer la partie blanche du cerveau’. On sait ce que ça fait. Nous, on s’est jeté dedans la tête la première », s’est souvenu l’homme de média de 73 ans.

Thierry Ardisson a ensuite évoqué son cas personnel et son addiction aux drogues dures. Il n’a pas caché l’immense difficulté qu’il a eue pour s’extirper de cette plongée dans les abysses. « Je m’en suis sorti, mais c’est ce que j’ai fait de plus dur dans ma vie. 

L’héro, au début, on en prend pour être bien, puis au bout d’un moment on en prend pour ne pas être mal. J’ai quitté la France, je n’ai pas voulu médicaliser le truc. Je n’ai pas voulu aller à l’hôpital prendre de la métadone et tout ça. Je ne voulais pas me considérer malade, ce qui était le cas malheureusement. Je suis parti aux États-Unis dans un endroit où j’étais sûr de ne pas en trouver. Mais j’en ai chié pendant trois mois », a-t-il reconnu avec franchise.

L.T

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Qu’est-ce qu‘une drogue ou un produit stupéfiant ?

ANALYSE JURIDIQUE

Yann Bisiou est Maître de conférences en droit privé et sciences criminelles, spécialiste du droit de la drogue – laboratoire CORHIS

Avec le CBD, les plus hautes juridictions françaises tentent d’avancer en terrain miné

Le Conseil constitutionnel et le Conseil d’État travaillent actuellement pour déterminer si le CBD n’est qu’un « produit de consommation courante » ou un produit stupéfiant.

Atlantico : Le Conseil constitutionnel et le Conseil d’État saisi travaillent actuellement sur des considérations liées au cannabis et au CBD. La question centrale semble être de déterminer si le CBD n’est qu’un produit de consommation courante  ou un produit stupéfiant. Quels sont les enjeux ?   

Yann Bisiou : Entre la Cour de cassation, le Conseil d’État, la Cour de Justice de l’Union européenne, il y a eu 12 arrêts sur cette affaire. L’enjeu est de savoir si le cannabis est un stupéfiant. Le CBD n’est pas classé comme stupéfiant en droit international, mais il est extrait du cannabis. Le droit interdit a priori tout ce qui est extrait du cannabis et indirectement la question était de savoir si indirectement le CBD devait être un stupéfiant, non pas en tant que tel, mais parce qu’il était issu du cannabis. La réponse commune est : non. 

Le problème du CBD, c’est qu’il n’a pas d’effet psychotrope donc les risques pour la santé justifient-ils de le considérer comme stupéfiant, sachant qu’il n’est pas un produit dopant ? Il avait donc une incohérence car on pouvait sanctionner quelqu’un qui consommait du CBD mais pas un sportif dans une compétition s’il en utilisait. 

La difficulté technique et juridique que l’on a est qu’il n’y a pas de définition de stupéfiant dans le droit français. Un stupéfiant est un produit classé comme stupéfiant. Et déterminer ce qu’est un produit stupéfiant pose un problème très concret : l’alcool. Or on ne veut pas prohiber l’alcool et on sait que de toute façon ce serait un échec. C’est pour cette raison qu’en 1961 on a préféré ne pas donner de critère et établir une liste. Tous ceux qui sont sur la liste sont des stupéfiants et ceux qui y ressemblent y seront ajoutés. Au début c’était une dizaine de produits, aujourd’hui c’est près de 400. Pour moi, c’est le concours Lépine des pharmacologues et cela nuit à la lisibilité.

Dans quelle mesure les motifs purement sanitaires sont-ils problématiques pour définir les termes est -il problématique ? Pourquoi le terrain juridique est-il miné ?   

Comme je vous l’expliquais, il n’y a pas de critères, donc nous avons essayé de déterminer ce qui pouvait permettre d’établir un classement. On voit que les données essaient d’identifier les risques pour la santé mais sans lien de causalité établi et avec parfois des niveaux de risques très faibles sur certains produits. Pour certains, c’est 4 ou 5 décès en 10 ans dans l’UE.

Or si l’on regarde les risques de la « vie courante », 8 personnes meurent ébouillantées en France chaque année. C’est beaucoup moins pour des substances comme l’éphédrine, qui est classée comme stupéfiant, dont on a juste entendu quelques déclarations de personnes qui se sentaient mal après en avoir consommé. Et pour les quelques décès dans lesquels ce produit est impliqué, les personnes avaient consommé tellement de choses différentes qu’il était difficile d’imputer quoi que ce soit à une substance en particulier.

Quand on place des substances très peu usitées, ce n’est pas un problème, mais le CBD est utilisé par beaucoup de gens et fait l’objet d’un vrai commerce ces dernières années. Il y a des enjeux économiques mais aussi en matière de libertés individuelles. Si des milliers de personnes deviennent du jour au lendemain des usagers de stupéfiants, ils peuvent se retrouver soudainement sanctionnés d’une amende forfaitaire délictuelle de 135€. Il y a eu des saisies, des confiscations.

L’arrêté est entré en vigueur le 1er janvier 2022, immédiatement suivi d’un recours. Le Conseil d’Etat a auditionné l’affaire le 14 et a rendu sa décision il y a quelques jours. Entre temps, les gendarmes ont poursuivi certaines personnes. Le référé rend de nouveau la vente de CBD légale donc les décisions de justice vont tomber, mais ce n’est pas automatique. 

Quelles sont les pistes pour sortir de l’ornière ? 

La décision du Conseil d’Etat rend les choses claires, le CBD est légal en France à condition que le produit n’ait pas plus de 0,3% de THC (la molécule qui provoque les effets psychotropes du cannabis). La décision est encore provisoire, puisque c’est un référé – même s’il est bien développé et a mis du temps à être rendu -, donc le Conseil d’Etat va devoir juger sur le fond. Vu les éléments du référé, on voit mal comment au fond, le Conseil d’Etat dirait autre chose. La situation est donc assez sécurisée. 

Il faut se rappeler qu’avant 2018, le CBD ne posait pas de problème. En 2017, interrogé par Science et Vie, le Ministère de la santé estimé que le produit avait l’air légal. Réinterrogée en janvier 2018, Agnès Buzyn a confirmé cela, tout en expliquant que cela ne plaisait pas au gouvernement. L’Etat a alors commencé à dire que le CBD était un stupéfiant car issu du cannabis. 

Pour faire le distinguo sur le plan juridique entre produit de consommation courante et stupéfiant, comment avancer ? 

Le Conseil Constitutionnel, dans sa décision du 7 janvier, a donné une piste. Il explique que pour qu’un produit soit stupéfiant, il faut qu’il soit psychotrope, qu’il crée un risque de dépendance et un risque de danger pour la santé. Il y a donc des critères mais le Conseil Constitutionnel en fait une condition nécessaire mais non suffisante.

En clair, le gouvernement n’est pas obligé de classer comme stupéfiant tous les produits correspondants à ces critères. C’est une décision assez maligne mais elle ne précise pas complètement les critères ou la procédure permettant d’établir si un produit est à risque ou non. Ce mardi, va avoir une autre audience devant le Conseil Constitutionnel sur deux autres QPC qui avaient été déposées et où l’Union des professionnels du CBD va reposer cette question.

On peut espérer que le Conseil d’Etat statue sur le fond et donne des critères, après tout c’est lui qui a remonté des QPC en ce sens au Conseil Constitutionnel. La Cour de cassation qui jusqu’à présent estimait qu’il n’y avait pas de problème avec la définition des stupéfiants a elle aussi inversé sa jurisprudence.

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