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Cannabis, des familles témoignent

Lorsque le cannabis empoisonne la vie familiale, il est souvent nécessaire de se faire aider.

« Je souhaite que ma fille arrive à dire non »

Marie, 53 ans, mère d’une fille de 16 ans

« Je n’ignorais pas que le cannabis circulait dans un cercle de camarades de ma fille mais j’étais dans une forme de déni. Jusqu’au jour où une amie m’a prévenue qu’elle y touchait aussi. Je suis alors devenue beaucoup plus vigilante. Il y avait une perte de confiance entre nous. Au bout de trois mois, j’ai eu besoin de savoir. Je lui ai fait faire un test de détection du cannabis, lequel s’est révélé positif. Ce qui a déclenché chez moi une grosse colère, des reproches et des discours moralisateurs. Le cannabis est tout de même un produit illégal, répréhensible par la loi !

Ma fille se fermait. Je tournais en rond, en proie à un sentiment de culpabilité et de honte. J’étais une mauvaise mère de ne m’être aperçue de rien, de ne pas lui avoir donné les moyens de dire non. Je me posais plein de questions. Ma fille, évasive, noyait le poisson. Elle me disait qu’elle fumait en soirée pour se sentir bien, s’éclater à plusieurs, se dés­inhiber, cherchant à me rassurer.

Quand j’ai entendu dire qu’il lui arrivait d’être endormie en classe, je ne pouvais plus la laisser mettre sa vie en l’air. Une amie psychologue m’a parlé d’une consultation jeunes consommateurs. Après un premier rendez-vous ensemble, ma fille s’y rend seule depuis deux mois. Elle va mieux. De mon côté, j’ai appris à me taire, à attendre qu’elle puisse en parler. Ce que je souhaite, c’est qu’elle arrive à dire non, à repousser les tentations. Car elle y sera toujours confrontée. Je ne l’empêcherai pas de voir ses amis. C’est à elle de faire ses choix. »

« Ma première décision d’adulte »

Victor, 23 ans

« J’ai fumé mon premier joint à l’âge de 16 ans. J’ai accepté pour être un ado stylé. Cela ne me faisait pas peur, contrairement aux drogues dures que je n’ai jamais essayées. Le cannabis m’a procuré un grand plaisir. Je me suis mis à en consommer de plus en plus souvent. Je m’étais créé un personnage de fumeur au lycée.

Fumer du cannabis, c’était mon choix personnel, ma première décision d’adulte. Je savais que c’était illégal, mauvais pour la santé. Ma mère a découvert une barrette de shit que j’avais cachée à l’intérieur d’une lampe laser. Interdit de sortie pendant plusieurs mois, je faisais le mur pour aller fumer chez un copain.

Un jour, mes parents sont venus me chercher au commissariat pour détention de cannabis. Ils m’ont envoyé chez le psychologue. Ce qui n’avait aucun sens. Ils voulaient parler avec moi des dangers, de l’illégalité. Je savais tout cela, je n’avais pas envie d’en discuter. En voyant l’un de mes amis en plein bad trip, je me suis senti mal, moi aussi, après avoir fumé.

Après, je n’ai plus jamais éprouvé le plaisir des premiers temps. Je me suis alors renfermé sur moi-même, sur mes problèmes psychologiques. Je suis devenu une loque. J’ai commencé à ralentir ma consommation, à remonter la pente. J’enchaîne des emplois de caissier, d’hôte d’accueil… Je n’ai pas de but professionnel. Je vis au jour le jour. Avec le recul, je pense que mes parents ont été de bons parents. Même si leurs propos étaient maladroits, il était important que je les entende. Je leur avais menti, j’avais perdu leur confiance. Aujourd’hui, j’ai envie de les rendre fiers. »

« Cette drogue a mis à mal les liens familiaux »

Marianne, 60 ans, mère d’un jeune homme de 26 ans

« Mon fils, le dernier de trois enfants, a commencé à se droguer à l’âge de 13 ans. On s’en est rendu compte deux ans plus tard. Son attitude avait changé, ses résultats chutaient. L’initiation a eu lieu à l’école. Mais celle-ci fermait les yeux. Notre enfant a continué à consommer régulièrement, de l’herbe ou de la résine de cannabis, jusqu’en terminale, et même au-delà.

Malgré le fait que je trouvais des mégots dans sa chambre, dans le jardin, il niait les faits. C’était toujours les autres. Entre lui et moi, les discussions étaient sans fin. A la maison, il y avait un défilé permanent de copains. Certains objets ont été volés. L’ambiance était intenable.

Après avoir contacté l’association « Enfance sans drogue », j’ai donné le choix à mon fils : soit il restait à la maison et se désintoxiquait, soit il quittait le domicile familial. Quand il est parti, à 20 ans, cela a été un soulagement. Il était devenu violent avec son père et ses soeurs aînées. Tout cela a détruit la famille. La fratrie est désunie. Nos filles, toutes deux en couple, en souffrent encore aujourd’hui.

En tant que parents, on vit cette épreuve comme un échec. Un échec d’éducation. Je n’en ai pas parlé tout de suite à l’entourage familial. Ce n’est pas très glorieux. Plus tard, je me suis rendu compte que je n’étais pas le seul parent, parmi les proches, à connaître ces problèmes. On n’a jamais coupé les ponts avec notre fils. Pour gagner sa vie, il effectue des livraisons en intérim. En attendant de reprendre, dit-il, une formation. Il me certifie avoir lâché le cannabis mais n’admet pas encore que le fait de se droguer ait pu l’empêcher d’étudier, de créer, de se projeter dans l’avenir. »

Recueilli par France Lebreton

Les désastres des toxicomanies en France – Jean Costentin

Eléments inspirés du livre « Le désastre des toxicomanies en France » Pr. Jean Costentin (Edition DOCIS, mars 2018), à propos du cannabis à prétentions médicales, réponse à l’interview de madame Michka Seelinger- Chatelain parue dans « l’écho des médias, de l’A.N.M., semaine 9.

La pharmacologie et sa fille aînée, la thérapeutique, se sont débarrassées depuis plus d’un demi siècle des cigarettes « thérapeutiques », aux prétentions anti- asthmatiques, (par leurs composants anticholinergiques muscariniques). En effet, leurs goudrons cancérigènes, leur oxyde de carbone et l’inflammation chronique de la muqueuse des voies aérophores, ont condamné cette pratique ; le drame tabagique, enfin bien perçu, n’invitant pas à un retour en arrière.

Depuis Claude Bernard la pharmacologie s’est affranchie des « soupes végétales » comportant des constituants multiples (en des proportions variables selon les cultivars, le terrain, le climat…), aux effets éventuellement contradictoires sur les affections auxquelles on les destine ; « végétal varie, bien fou qui s’y fie ». ç’en est fini des « panacées » et autres « thériaques ». On demande à un médicament une activité principale, voire exclusive, sur un trouble ou une affection.

En l’état des connaissances deux molécules dominent dans le cannabis indica /chanvre indien : le tétrahydrocannabinol = THC, bien connu ; et le cannabidiol =CBD, qui commence à l’être, et sur laquelle les médias s’enflamment, pour en faire le cache misère du THC (miracle de la phytothérapie, il réduirait ses méfaits et exalterait les effets recherchés)

Les revendications d’usages thérapeutique portent surtout sur ce THC, sous tendues par ses puissants effets addictifs, qui incitent ses utilisateurs à en magnifier les effets.

Le THC a une lipophilie exceptionnelle qui est à l’origine d’une véritable accumulation dans l’organisme, confinant à une sorte de thésaurismose; lors de son usage chronique il se stocke dans les lipides cérébraux et les panicules adipeux pour plusieurs semaines. Cette pharmacocinétique ingrate est perçue comme malencontreuse pour la thérapeutique, d’autant que le THC interagit avec différents médicaments via la glycoprotéine P.

Le THC exerce de multiples effets ; multitude qui, par essence, est en contradiction avec le statut de médicament, dont on attend un effet majeur, principal , tolérant au mieux quelques effets latéraux, non adverses, dont certains pourraient même participer à d’autres indications ; mais point trop n’en faut !

Le THC agit par la stimulation de 2 types de récepteurs ; CB1 surtout centraux et CB2 surtout périphériques. Ces premiers sont très nombreux dans le cerveau au point d’être les plus nombreux de tous les types de récepteurs présents ; ils sont de plus ubiquistes ; de ce fait ils influencent, quelquefois de façon intéressante, mais souvent pour le pire une multitude de fonctions psychiques, neurologiques, psychiatriques. Nous n’en citerons ici, pèle mêle que quelques dizaines : sédatif ; ébriant ; stupéfiant ; addictif ; inducteur de délire et d’hallucination ; désinhibiteur ; il trouble la coordination motrice, l’équilibre, l’évaluation des distances, l’évaluation du temps, la mémoire à court terme, la mémoire de travail ; il perturbe la conduite des véhicules à moteur et diverses activités professionnelles ; il est anxiolytique en aigu 3 avant de devenir anxiogène au long cours ; il est pseudo-antidépresseur en aigu avant d’induire au long cours des troubles dépressifs avec, en embuscade, des tentatives de suicide ; il est myorelaxant, analgésique, il stimule l’appétit ; ses effets désinhibiteurs peuvent conduire à des prises de risque et à des comportements auto- ou hétéro-agressifs ; il peut induire de novo des troubles schizophréniques, décompenser une vulnérabilité à la schizophrénie, ou aggraver une schizophrénie déclarée. Son effet addictif marqué se lit dans le nombre élevé de ses usagers réguliers (1.500.000 en France, en dépit des rigueurs de la loi auxquelles ils s’exposent) et dans la véhémence et l’ingéniosité de ses consommateurs pour obtenir sa légalisation. Au rythme où ses effets recherchés s’épuisent il incite au recours à d’autres drogues (escalade et poly toxicomanies) ; il potentialise les effets psycholeptiques de l’alcool, des benzodiazépines, des reliquats matinaux de divers hypnotiques…. C’est un grand perturbateur cognitif (par défocalisation de l’attention, par l’ivresse, par un syndrome amotivationnel, par une baisse de la perfusion de l’hippocampe, par baisse de la production d’ATP par les mitochondries de l’hippocampe, par une réduction intense de la libération de l’acétylcholine aux terminaisons des neurones cholinergiques septo-hippocampiques ; de là les pitoyables performances des potaches français qui, au tout premier rang européen des consommateurs de cannabis se retrouvent au 27ième rang du classement PISA des performances éducatives.

La toxicité somatique de la drogue concerne la sphère ORL et broncho-respiratoire ; au plan cardiovasculaire : responsable d’artérites chez des sujets jeunes ; troisième cause de déclenchement d’infarctus du myocarde ; à l’origine d’accidents vasculaires cérébraux de sujets jeunes ; il exerce des effets perturbateurs endocriniens ; il perturbe le déroulement de la grossesse et le développement de l’enfant qui en naîtra, avec, à l’adolescence, une grande propension aux addictions, qui semble liée à des effets épigénétiques.

Il importe à ce stade de rappeler l’élément fondateur du concept de médicament ; le sacro-saint rapport bénéfice / risque. Les bénéfices dans chacune des indications revendiquées (analgésie, immunodépression, myorelaxation, anti glaucomateux, orexigène, sont d’intensité modeste et, pour chaque indication revendiquée, inférieure aux médicaments de référence disponibles, tandis que les effets adverses sont multiples et pour certains d’entre eux, graves et même très graves (conf. supra).

Cela fait plusieurs décennies que le bon sens et la science font barrage à la diffusion du cannabis pour tout et du cannabis pour tous. L’académie de médecine a conclu il y a quelques années : « Le cannabis – un faux  médicament, une vraie drogue » ; dans le même esprit, la commission de transparence de l’agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), qui avait à juger du service médical rendu du Sativex®, (association du THC et du CBD), après qu’il eut obtenu l’autorisation de mise sur le marché (A.M.M.) dans l’indication spasmes douloureux de la sclérose en plaques, a jugé qu’il était « insignifiant ». C’est la raison pour laquelle 4 ans après l’octroi précipité de son A.M.M., ce produit que les médias enthousiastes avaient présenté comme irremplaçable, n’est toujours pas commercialisé en France.

A partir des données qui viennent d’être évoquées et sur les seules bases scientifiques qui doivent prévaloir, rien ne justifie l’assertion selon laquelle la légalisation du cannabis serait inéluctable !

Salle de shoot : nouvelle agression

Une nouvelle agression perpétrée ce mardi, rue Ambroise-Paré (Xe) sur une jeune femme enceinte, a ravivé l’inquiétude et la colère des riverains.

C’est l’événement de trop. La goutte d’eau qui fait déborder le vase, dans un quartier sous tension depuis des mois. L’agression devant témoins, mardi soir, vers 19 h 30 d’une jeune femme enceinte rue Ambroise-Paré (Xe), à quelques mètres de la salle de consommation de drogue, a ravivé l’inquiétude des riverains. Ceux-là mêmes qui recensent, semaine après semaine, la multiplication des incivilités, cambriolages, intrusions dans les immeubles, deal, jet de seringues et scènes d’injection de drogue en pleine rue.

«Nous n’avons jamais connu une telle insécurité »

«Cette jeune femme sortait de l’hôpital Lariboisière où elle avait rendu visite à son père, et venait de s’engager dans l’escalier qui mène au parking souterrain, lorsqu’un homme, sous la menace d’un couteau, a tenté de lui arracher son sac à main, détaille un habitant du quartier qui a échangé avec la victime avant qu’elle ne soit prise en charge par la police. Elle pleurait, était en panique totale et commotionnée. Très choquée. Je l’ai encouragée à porter plainte. Sans qu’un lien avec la salle de shoot soit établi, il n’en demeure pas moins que jamais, avant l’ouverture du lieu, voici plus d’un an, ce quartier n’avait connu une telle insécurité et une telle série d’agressions. Nous n’en pouvons plus. »

Une surveillance policière plus étroite

Intégré depuis peu à la Zone de sécurité prioritaire (ZSP) du XVIIIe arrondissement élargie, le secteur de la Lariboisière-Gare du Nord, fait désormais l’objet d’une surveillance policière plus étroite, mais n’en demeure pas moins «extrêmement anxiogène » : «Nous avons rencontré le préfet de police, Michel Delpuech il a y a dix jours et lui avons transmis un recueil de plusieurs dizaines de pages, horodaté et illustré de photos, des incidents survenus ces six derniers mois dans notre quartier, souligne un membre du collectif Riverains Lariboisière Gare du Nord, qui vient d’être associé au comité de suivi de la ZSP. Nous avons bénéficié d’une écoute attentive et bienveillante. »

« 9 jours sur 10, un problème est signalé »

Le collectif, qui exige depuis des mois le déplacement de la salle de consommation dans un quartier sans riverains ni commerçants, recense dans leur long document aux allures de cahier de doléances le nombre de shoots de rue observés — parfois devant des enfants — , de cessions de stupéfiants, d’Autolib’ squattées par des toxicomanes et de seringues abandonnées. Mais également, les vitrines brisées des commerçants, le nombre de cambriolages, de bagarres, d’invectives aux passants et d’intrusions dans les halls d’immeubles.

Bilan des intéressés : «Sur 180 jours, nous avons recensé 157 délits… Ce qui signifie que 9 jours sur 10, un problème est signalé dans le quartier. » La préfecture de police, quant à elle, avance plus de 4 000 contrôles au total, aux abords de la salle, parmi lesquels près de 1 500 ont relevé d’une infraction pénale.

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La Fête est finie

 La Fête est finie

Un film de Marie Garel-Weiss

Film autobiographique sur l’addiction aux drogues dures, ce premier long métrage est un coup de poing.

La fête a-t-elle commencé ?

La fête est finie, mais avait-elle commencé ? En effet, le premier long métrage, prometteur et largement autobiographique, de Marie Garel-Weiss ne présente pas l’addiction à la drogue comme un phénomène de mode ou de révolte, mais bien plutôt comme une maladie, un besoin morbide dont on doit tenter par tous les moyens de se défaire. Son film raconte l’arrivée dans un centre de désintoxication, suite à un pétage de plomb, de Céleste, 19 ans, qui va y faire la rencontre de sa vie, Sihem, belle jeune fille perdue comme elle mais différemment. C’est sur cette trame délicate et fragile que va jouer pendant 90 minutes le talent de la jeune réalisatrice, servie par deux magnifiques actrices, Zita Hanrot (découverte dans Fatima de Philippe Faucon, 2015) et Clémence Boisnard (répérée dans une boîte de nuit par l’assistante du casting). Toutes deux font merveille pour exprimer, chacune à sa manière, le désespoir et la rage des toxicomanes. On pourrait dire que le film est découpé en deux parties presque distinctes : d’abord le centre de cure où leur amitié exclusive est mal vécue par les autres pensionnaires et la direction, puis finalement rejetée ; ensuite le monde réel et leur difficulté pour résister à la drogue et tenter de survivre.

Un scénario tout simple Marie Garel-Weiss, réalisatrice de deux courts métrages (L’amour dans les saunas hétéroxuels et La Vie de garçon diffusés sur Canal+), est surtout scénariste et coscénariste, notamment pour des programmes courts télévisuels ou le film Atomic Circus des frères Poiraud. On retrouve bien sa touche dans ce scénario pourtant simple, mais qui analyse bien les errements de la psyché humaine, dans des allers et retours sur ces jeunes filles paumées et leurs familles respectives. Sihem, d’origine maghrébine, à la fois rejetée et adorée par ses parents, aurait pu comme ses sœurs faire une belle carrière dans la justice. Céleste a rejeté sa mère, l’a agressée pour lui voler un collier afin de se droguer, et elle la retrouve vers la fin du film lorsqu’elle devient (très vite, trop vite ?) clean. C’est en effet la limite de ce beau premier film : on dirait que la réalisatrice a voulu coûte que coûte trouver une sorte de happy end. Céleste, enfin sortie d’affaire après un sevrage d’une centaine de jours, grâce à l’appui d’un groupe de parole (thérapie qu’elle refusait au début), va aider à son tour Sihem lorsqu’elle la retrouve dans la rue entre la vie et la mort alors qu’elles s’étaient violemment disputées puis séparées.


Réalisme poétique
Malgré tout, ce film très réaliste mais aussi poétique, ouvre sur un monde difficile où le moindre faux pas risque de faire chuter à nouveau. Les toxicomanes, tout comme les alcooliques, vivent avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête et il leur faut une grande force de caractère pour résister à la tentation. D’ailleurs, ce n’est pas pour rien que, dans les groupes de parole, il y a des personnes qui ont arrêté depuis plus de vingt ans et qui viennent pour encourager les autres ! Il faut souligner aussi la très belle photo de Samuel Lahu et la musique originale de Ferdinand Berville et Pierre Allio.

Un magistrat s’inquiète de l’usage grandissant du cannabis

Un magistrat s'inquiète de l’usage grandissant du cannabis

André-Frédéric Delay : « Sur les 18-30 ans, un quart des hospitalisations est lié aux stupéfiants ». 

Quelle réponse la justice doit-elle apporter face l’usage grandissant du cannabis ? Le juge, André-Frédéric Delay ouvre des pistes de réflexion. Quelle réponse la justice doit-elle apporter face à l’usage grandissant du cannabis ? Le juge André-Frédéric Delay ouvre des pistes de réflexion.

André-Frédéric Delay, vice-président du tribunal de grande instance du Puy connaît bien la question de la consommation de cannabis, à travers son ancien métier de policier, aujourd’hui en tant que magistrat. Il accepte de nous éclairer sur ce phénomène de société.

Que pensez-vous des nouvelles dispositions en matière de répression de l’usage du cannabis ?

J’ai compris qu’il y aurait une amende délictuelle, avec quand même des possibilités de poursuites. Mais pour le moment c’est très flou. En réalité, ça ne change pas grand-chose. Il y a bien longtemps que l’usage de cannabis n’est réprimé que par une amende. Seuls des cas exceptionnels appellent d’autres sanctions. Je traite régulièrement par ordonnances pénales des affaires d’usage de stupéfiants, souvent associées d’ailleurs à des conduites sous l’empire de la drogue.

Vous parlez là de petits usagers ?

Tout dépend ce que l’on entend par petits usagers. Si vous entendez simple consommateur par rapport à celui qui détient des quantités importantes ou celui qui en revend, alors oui, celui-ci n’est pas renvoyé devant un tribunal, mais il est poursuivi malgré tout pour avoir commis un délit et il est le plus souvent puni d’une amende qui varie en fonction des ressources, entre 200 et 500 euros.

Il m’arrive de ne pas accepter d’ordonnance pénale, si je m’aperçois que la personne possède des antécédents importants d’usage de stupéfiants. Dans ce cas, la comparution devant un juge est peut-être nécessaire, pour arriver à une prise de conscience, pour engager des soins. Il faut essayer de trouver dans notre « boîte à outils » des moyens d’aider le sujet de sortir de son addiction.

La consommation de cannabis a-t-elle réellement explosé ?J’ai du mal à quantifier l’augmentation. Je peux dire par contre que l’essentiel des ordonnances pénales concernaient auparavant des conduites en état alcoolique. Maintenant, sur une cinquantaine de dossiers que je traite, j’en ai à peu près une vingtaine avec du cannabis.

Je vais à l’hôpital psychiatrique deux fois par semaine (depuis 2011, la loi impose l’intervention d’un juge avant le douzième jour d’hospitalisation sans consentement). L’an dernier, j’ai rendu près de 350 ordonnances, soit une cinquantaine de dossiers en plus par rapport à 2016. Sur les 18-30 ans, un quart des hospitalisations est lié à une consommation de produits stupéfiants, ce qui est énorme. En général, du cannabis, la drogue ordinaire, que l’on prend pour se calmer, pour dormir le soir. On voit apparaître la cocaïne, qui est un peu comme la bouteille de champagne pour les fêtes. On se fait plaisir avec un petit rail de coke.

À travers votre expérience, que pouvez-vous dire sur les méfaits du cannabis ?L’usage provoque la psychose cannabique. Une modification de l’état de conscience. Sur les personnalités fragiles, il favorise l’apparition de failles importantes de type psychotique. Je n’évoque même pas les problèmes induits comme la désocialisation, les troubles de la concentration, le décrochage scolaire. Les gens connaissent très mal les effets du cannabis, en particulier les professionnels de la route. Le gars qui se fait un joint le week-end en boîte de nuit, ne se rend pas compte qu’il sera contrôlé positif au volant, le lundi ou le mardi. En plus, les cannabis sont beaucoup plus nocifs qu’avant, plus chargés en THC. Les drogues douces n’existent plus.

La dépénalisation, vous n’y pensez même pas ?

Ce serait catastrophique. L’argument selon lequel on autorise l’alcool ne tient pas. Ce n’est pas parce que l’on a une drogue dure avec laquelle on est extrêmement complaisant que pour autant il faut en rajouter une autre. L’alcool est culturellement accepté, on est moins désociabilisé en buvant. Mais les effets du cannabis sont tout autant sinon plus redoutables que ceux de l’alcool. Avant de parler de dépénalisation pour désengorger les tribunaux, mieux vaudrait réfléchir à l’éducation. Faire peur aux jeunes, ça ne sert à rien. Il est préférable de les faire réfléchir sur la manière de conduire leur vie

On pourrait penser que la Haute-Loire est relativement privilégiée, sur le plan de la délinquance en général. Qu’en est-il concernant les stupéfiants ? N’allons pas croire que la Haute-Loire soit épargnée. Tout le monde sait qu’il y a des dealers professionnels qui vendent aux portes des lycées de Monistrol-sur-Loire, de Roche-Arnaud et de La Chartreuse. Il y a une très grande porosité entre la plaque urbaine stéphanoise et l’est de la Haute-Loire. Le département est un territoire de consommation et d’échanges de stups. D’ailleurs les « clients » que j’avais à Saint-Étienne avant, je les retrouve au Puy.

Philippe Suc Source

Le désarroi des parents face à la consommation excessive de cannabis

Plus de 7 % des jeunes de 17 ans présenteraient un risque élevé d’usage problématique, soit environ 60 000 adolescents de cet âge.

LE MONDE | Par François Béguin

Que faire lorsqu’un adolescent se met à avoir une consommation excessive de cannabis ? Cette question, des milliers de parents se la posent chaque année en France, avec souvent le sentiment d’être bien démunis et bien seuls pour y répondre.

Aucune famille ne semble a priori immunisée contre une telle situation. Médecin à Bordeaux (Gironde), Stéphanie, qui préfère garder l’anonymat, et son mari, dentiste, n’avaient par exemple jamais pensé que l’un de leurs enfants puisse un jour être concerné par une telle addiction. Lorsqu’un soir celui-ci, alors en classe de troisième, rentre en stop parce qu’il s’est endormi dans le bus de retour du collège, « défoncé » après avoir fumé du cannabis, ils tombent des nues. A cette époque pourtant, avec une consommation quasi-quotidienne, ses résultats scolaires plongent.

Phénomène loin d’être marginalFin de l’argent de poche, interdiction de sortie… Stéphanie et son mari multiplient les sanctions mais rien n’y fait. Au domicile familial, les positions se figent, « c’était la guerre », dit la mère de famille. C’est finalement le recours à CAAN’abus, une consultation jeune consommateur (CJC) conseillée par la ligne d’appel gratuite et anonyme Drogue info service, qui permet de faire retomber la tension. « La psychologue nous a aidés à lâcher prise, raconte Stéphanie. On le flique moins. On est moins sur lui, ça ne se termine plus en pugilat, à le plaquer au sol… »

Le phénomène est loin d’être marginal. Selon les chiffres publiés mardi 6 février par l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), 7,4 % des jeunes de 17 ans, soit environ 60 000 adolescents d’uniquement cet âge, seraient susceptibles de présenter en 2017 un « risque élevé d’usage problématique » de cannabis. Une population qui représentait un quart (24,9 %) des jeunes ayant fumé au moins une fois dans l’année écoulée, en hausse de 3 points par rapport à 2014 (21,9 %).

Source

ALCOOL AU VOLANT : LES PÉNALITÉS

Quelles sont les pénalités en cas d’alcool au volant ?

Les sanctions si vous atteignez une concentration d’alcool autorisée (0,25 mg/litre d’air, mesurés par l’éthylomètre) peuvent être très importantes, car les effets de l’alcool sur la conduite peuvent mener à de graves accidents de la route.

Alcool au volant :

– de 0,25 à 0,39 mg/litre d’air expiré mesurés à l’éthylomètre
La teneur maximale autorisée dans l’air expiré mesurée à l’éthylomètre est inférieure à 0,25 mg/litre d’air expiré, correspondant à 0,50 g/litre dans le sang (le rapport est un multiple de deux sans tenir compte des unités, en réalité il est de 2000). Si vous présentez une concentration de 0,25 mg/litre d’air, ou supérieure, correspondant à 0,50 g/litre dans le sang, vous perdrez alors automatiquement six points sur votre permis de conduire, et vous risquez même jusqu’à trois ans de suspension de permis s’il s’agit d’une récidive, avec 90€ d’amende.
Votre véhicule sera évidemment immobilisé !

– au-delà de 0,40 mg/litre d’air expiré mesurés à l’éthylomètre
Si vous présentez une concentration mesurée à l’éthylomètre de 0,40 mg/litre d’air expiré, ou davantage, correspondant à 0,80 g/litre dans le sang, les sanctions sont très lourdes.
Vous perdrez 6 points sur votre permis de conduire, avec une possible suspension jusqu’à trois ans, voire une annulation de permis, avec jusqu’à 4500€ d’amende et même deux ans de prison.
En outre, vous serez obligé(e) de participer à un stage de sensibilisation sur l’alcool au volant, entièrement à vos frais !

Effets de l’alcool : et en cas d’accident ?
En cas d’accident, les sanctions se multiplient pour le conducteur en état d’ébriété :
– jusqu’à cinq ans d’emprisonnement, 75 000€ d’amende, une perte de six points sur le permis de conduire, et même une suspension ou une annulation du permis pouvant durer jusqu’à dix ans.
– En cas de décès de tiers, le conducteur risque jusqu’à sept ans de prison et 100 000€ d’amende, un retrait de six points et un retrait de permis pouvant durer jusqu’à dix ans.

La légalisation du cannabis au Canada fait craindre le pire à certains médecins

 Le Dr Paul Poirier, cardiologue et chercheur à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec, s’inquiète des effets du cannabis sur la santé générale des gens.
  

Le Canada va se joindre cette année aux quelques endroits dans le monde où le cannabis est légal.

La décision du gouvernement fédéral laisse peu de gens indifférents, on le sait. Mais au-delà du cadre législatif, TVA Nouvelles a voulu connaître l’avis des médecins.

Le Dr Paul Poirier, cardiologue et chercheur à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec, s’inquiète des effets du cannabis sur la santé générale des gens.

«Un joint, ça pourrait équivaloir à 10 cigarettes. Et à certaines places, on a vu une recrudescence des maladies coronariennes chez les jeunes», illustre-t-il en entrevue avec Sébastien Dubois.

Selon lui, les effets de la consommation de cannabis peuvent être multiples sur le cœur et les artères.

Le Dr Poirier donne l’exemple du Colorado où le cannabis est légal depuis quelques années et où ses collègues médecins traitent de plus en plus de jeunes patients pour des problèmes coronariens.

«Quand je parle de jeunes, je ne parle pas de 60 ans et moins, c’est 50 et 40 ans et moins… Ça, c’est jeune», dit-il.

Source avec Interview video du Dr Poirier

Quand les artistes donnent l’exemple …

L’actrice Mathilde Seigner placée en garde à vue pour alcool au volant après un accident

BOIRE OU CONDUIRE – L’actrice Mathilde Seigner a été placée en garde à vue pour conduite en état alcoolique, ce vendredi 29 décembre. La nuit dernière, elle a perdu le contrôle de son véhicule et a heurté la barrière d’un grand lycée parisien.

Entre boire et conduire, on ne le dira jamais assez, mais il faut choisir. Selon les informations de LCI, la comédienne Mathilde Seigner, qui conduisait sous l’effet de l’alcool, a perdu la nuit dernière le contrôle de son véhicule, qui est venu s’encaster dans les barrières du lycée Henri IV, dans le 5e arrondissement de Paris. Les faits se sont déroulés aux alentours de 3 heures du matin. Tôt dans la matinée, Mathilde Seigner a été placée en garde à vue pour conduite en état alcoolique.

Selon Closer, les riverains ont alerté les pompiers qui ont, à leur tour, alerté la police. « Elle était vraiment très alcoolisée, il a été décidé de différer la mesure de garde à vue », a raconté une source médicale au magazine people. Toujours selon la publication, l’actrice ne souffre que de blessures légères au niveau du nez, provoquées par le choc. Hormis cela, aucun blessé n’est à déplorer.

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