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LES GRENOBLOIS SENSIBILISÉS À L’ADDICTION À L’ALCOOL LE 1ER DÉCEMBRE 2017

Grenoble accueille, après Clermont-Ferrand, le 2ème opus d’une série de rencontres publiques sur la prévention à l’alcool dans la région Auvergne Rhône Alpes. Ainsi pour sensibiliser les habitants de Grenoble aux symptômes de cette maladie et mieux les informer des chemins possibles pour s’en sortir, l’Association d’anciens alcooliques H3D fondée en 2014 par Laurence Cottet ( ex alcoolique sevrée depuis 9 ans ) animera, avec Maurice Dematteis Professeur d’addictologie au CHU de Grenoble Alpes, une rencontre publique le 1er décembre 2017 de 17h à 19h à la maison du tourisme de Grenoble, réunion baptisée « ALCOOL, PRÉVENIR LA DÉPENDANCE ».

LES ENJEUX DE LA RENCONTRE PUBLIQUE DE GRENOBLE : COMMENT PRÉVENIR LA DÉPENDANCE D’UNE MALADIE INSUFFISAMMENT IDENTIFIÉE COMME TELLE ?

« L’alcool, un produit profondément ancré dans notre société, dans notre culture, dans nos familles et dans nos habitudes. À la veille de cette fin d’année, le produit des festivités et de la convivialité… mais aussi le produit des plus grandes souffrances et des représentations les plus stigmatisantes de notre société. Comment ne pas être ambivalent face à ce produit ? Comment changer notre regard pour en parler plus facilement ?» témoigne le Professeur Dematteis.

« L’alcoolisme est une maladie qui doit être considérée comme n’importe quelle autre maladie qui se soigne. Le premier pas à franchir est d’en parler, de sortir du déni ou plus souvent de la Honte… car on croit encore qu’arrêter de boire est une question de volonté… Alors que l’on est tout simplement drogué à l’alcool et qu’il faut se faire aider. En parler, sortir de l’anonymat lorsque que l’on est passé par cette maladie permet de changer le regard de la société sur cette maladie, qui n’est donc pas honteuse. C’est mon combat d’aujourd’hui.» confie Laurence Cottet.

Parce que l’alcool fait partie des principales addictions des français, les dommages et les risques encourus liés à la consommation d’alcool (même une consommation régulière et non excessive) sont encore peu popularisés. Dans le but d’attirer l’attention sur les méfaits de l’alcool, Laurence Cottet, patiente experte*, ex alcoolique mondaine, auteur du livre « Non ! j’ai arrêté » et présidente de l’association La méthode H3D, poursuit une grande campagne de sensibilisation sous la forme de plusieurs réunions publiques en région. Ces rencontres baptisées « Alcool, prévenir la dépendance » ont débuté par une première réunion publique d’informations qui s’est tenue le jeudi 23 novembre à Clermont-Ferrand.
*Patients experts : Alcoolique abstinent soigné qui a suivi une formation et qui est devenu soignant.

L’ALCOOL, CE FLÉAU.

Selon l’observatoire français des drogues et des toxicomanies (ODFT 2015), 85% des français ont consommé de l’alcool au cours des 12 derniers mois. 8,8 millions de français sont consommateurs réguliers parmi lesquels environ 2 millions souffrent d’une dépendance à l’alcool. Le nombre de patient pris en charge est passé de 100 000 à 200 000 ces dernières années soit environ 10%. L’alcool tue près de 49 000 personnes chaque année et son coût social s’élève à 118 milliards d’euros. Bien que cela soit méconnu du grand public, c’est un coût presque identique à celui du tabac.
Pas de critère spécifique d’âge, de sexe, de profession ou de catégorie sociale, l’alcool touche tout le monde et cause des dommages tant sur le plan professionnel, personnel, familiale ou civique. C’est une forme de maladie qui exige une prise en charge adaptée et un suivi médical, psychologique et social pour se soigner.
Malgré tout cela, 90% des personnes qui souffrent de dégâts relatifs à l’alcool (entourage compris) passe cette maladie sous silence.
Plus d’informations sur les traitements : alcoolmoinscmieux.fr
Plus d’informations sur la maladie : maladiequisesoigne.org

DES SOLUTIONS EXISTENT, EN PARLER C’EST DÉJÀ COMMENCER À AGIR !

Laurence Cottet poursuit sa campagne de sensibilisation et sa série de réunions publiques « Alcool, prévenir la dépendance ». Cette réunion animée par des experts débutera par des témoignages d’expériences et sera suivie d’un Débat Public avec la salle.
• Quels sont les 1ers signes de la dépendance à l’alcool ?
• Est-ce que l’on est dépendant si l’on consomme un verre d’alcool par jour ?
• Comment aider quelqu’un à se faire soigner ?
Autant de questions auxquelles les experts présents pourront répondre. Cette réunion est avant tout un moment d’échange qui incite au dialogue et à la réflexion afin de comprendre, identifier, orienter, soigner et aider les participants dans leurs démarches.

Plus d’informations sur les réunions publiques « Alcool, prévenir la dépendance » sur et s’inscrire : https://reunion-publique-alcool.fr/#inscription

Source

Le CNPERT sollicite votre adhésion

La lettre du CNPERT de Novembre 2017

Au fil de nos différentes lettres vous apprenez, au travers des hommages que nous leur rendons, les noms des membres du C.N.P.E.R.T. qui nous ont quittés. « Ami quand tu tombes, un Ami sort de l’ombre à ta place » dit le chant des partisans de J. Kessel et M. Druon ».

Notre combat contre les drogues a besoin d’être épaulé par toutes celles et tous ceux, qui s’estiment, à des titres les plus divers, concernés par ce drame social, sociétal, sanitaire, éducatif, familial, national, des toxicomanies ; en particulier à ceux qui portent une attention privilégiée à nos jeunes (cf. notre formule fondatrice :

« S’il est important de se préoccuper de l’état de la planète que nous léguerons à nos enfants, il l’est plus encore de se préoccuper de l’état des enfants que nous léguerons à notre terre »).

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  • Professeur Jean COSTENTIN
  • Service Commun d’Analyses comportementales
  • Faculté de Médecine et Pharmacie
  • 22 Bd. Gambetta 76183 ROUEN cedex

CANNABIS THÉRAPEUTIQUE

L’ASSOCIATION MÉDICALE MONDIALE ESTIME QUE DES RECHERCHES SONT ENCORE NÉCESSAIRES – 03 novembre 2017

L’Association médicale mondiale (AMM) s’oppose fermement à l’autorisation du cannabis à usage récréatif, pour des motifs sanitaires. Mais dans une prise de position adoptée aujourd’hui, l’Association médicale mondiale indique que les lois relatives au cannabis réservé à la recherche devraient être modifiées pour permettre davantage d’études scientifiques sur l’utilisation du cannabis à des fins thérapeutiques.

Réunis lors de leur Assemblée générale annuelle à Chicago, les représentants de l’AMM de plus de cinquante pays ont déclaré que des recherches plus rigoureuses s’imposaient avant que les gouvernements ne puissent décider de légaliser ou non le cannabis à usage thérapeutique. Les données scientifiques à l’appui d’un usage thérapeutique du cannabis sont actuellement inconsistantes et de qualité faible à modérées. L’AMM considère que dans les pays ayant légalisé l’usage du cannabis à des fins thérapeutiques, une réglementation est nécessaire.

L’AMM précise que les professionnels de la médecine se trouvent régulièrement confrontés à un dilemme médico-légal lorsqu’ils mettent en balance leur responsabilité éthique vis-à-vis de patients pour lesquels le cannabis pourrait être une thérapie efficace et leur obligation de respecter la législation de leur pays. Ce dilemme porte préjudice à la fois aux patients que le cannabis pourrait soulager et à ceux que le cannabis ne pourrait pas soulager, mais qui demandent aux médecins de leur en prescrire.

Les délégués réunis à Chicago pour l’Assemblée générale se sont fermement opposés à un usage récréatif du cannabis en raison de ses graves conséquences sanitaires, parmi lesquelles un risque accru de psychose, d’accident grave de la circulation, de dépendance, ainsi que de troubles de la mémoire, de l’attention et de l’apprentissage de la langue. L’usage de cannabis avant l’âge de 18 ans double le risque de développer un trouble psychotique.

La déclaration de l’AMM est rédigée comme suit : « L’inquiétante utilisation du cannabis dans des produits alimentaires tels que des sucreries et des « concentrés », qui attirent beaucoup les enfants et les adolescents, exige une vigilance et une règlementation plus stricte ».

Le Président de l’AMM, le Dr Yoshitake Yukokura, a indiqué : « Les associations médicales nationales devraient soutenir des stratégies de prévention et de réduction de l’usage du cannabis récréatif. Il est également important que des mesures de contrôle efficace soient mises en place pour empêcher une utilisation illicite du cannabis thérapeutique ».

Consommateurs de drogue : 25 formateurs outillés pour une meilleure prise en charge des victimes d’addiction

Le Centre de prise en charge intégrée des addictions de Dakar (Cepiad).
Le Centre de prise en charge intégrée des addictions de Dakar (Cepiad).

Pour venir à bout de la consommation de drogue et assurer une réinsertion des personnes atteintes d’addiction, 25 spécialistes formateurs d’agents chargés de la prise en charge des consommateurs de drogue injectable, ont reçu, le 13 octobre, leurs attestations de formation. Pendant cinq jours, ils ont été formés au Conseil national de lutte Sida (Cnls) par les spécialistes du Centre de prise en charge intégrée des addictions de Dakar (Cepiad).

Selon le Dr Idrissa Bâ dudit centre, cette démarche visant la décentralisation a permis la formation des acteurs qui vont à leur tour former d’autres agents intervenant sur le terrain.

Remettant les parchemins, Safiétou Thiam, Secrétaire exécutive du Conseil national de lutte contre le Sida (Cnls), a indiqué que cette « formation vise à sensibiliser les personnes qui vont aller dans les régions pour former les formateurs dans la prise en charge des consommateurs de drogue ». Elle a souligné qu’ils disposent « depuis 2013, d’une stratégie de prise en charge des consommateurs de drogue démarrée dans le cadre de la lutte contre le Vih ». Car « les consommateurs de drogue sont une population clef pour la lutte contre le Vih, mais on connaît aussi l’importance de ce phénomène dans la société et la nécessité de prendre en charge les personnes victimes d’addiction à la drogue», a-t-elle expliqué.

A son avis, avec cette formation, il y aura une décentralisation dans la répartition des spécialistes de cette matière. « Nous avions commencé la prise en charge, mais elle était juste limitée au Cepiad à l’hôpital de Fann et dans les centres psychiatriques. Cette formation vise un peu à décentraliser et démocratiser la prise en charge des consommateurs de drogue. Car les personnels qui sont dans les régions ou dans d’autres structures auront les outils pour prendre en charge les consommateurs de drogue », indique la secrétaire exécutive du Cnls.

Mme Thiam propose aux formateurs d’avoir une approche pluridisciplinaire. D’où l’élaboration des manuels de formation pour standardiser la prise en charge qui est une nécessité pour notre pays.

Faisant partie des 25 bénéficiaires, Dr Mamadou Lamine Diouf, psychiatre et pédopsychiatre, reconnaît qu’il y a une grande consommation de drogues dures et d’injection de drogue à l’intérieur du pays, alors que les centres spécialisés se trouvent à Dakar. Compte tenu de cela, il soutient que les spécialistes formés pourront, à travers le pays, outiller les intervenants. Il plaide aussi pour la prévention en demandant aux familles de ne pas écarter les jeunes qui ont une addiction à la drogue, mais de les aider à temps.

Le professeur Aïda Sylla, chef de la Division de la Santé mentale, a salué, à son tour, cette formation qui permet, à son avis, de mieux prendre en compte ces malades dans leurs localités. Elle souligne qu’avec ces formateurs, la santé mentale, souvent considérée comme « taboue », va s’ouvrir à d’autres disciplines.

Oumar KANDE

Source

Cannalex

Une analyse comparée des expériences de régulation du cannabis
(Colorado, État de Washington, Uruguay)
Rapport final synthétique / Octobre 2017
Une étude de l’INHESJ en partenariat avec l’OFDT
pour le compte du CSFRS 

Téléchargez le rapport

Addiction: Sortir de l’enfer, mode d’emploi

Comme partout dans le monde la consommation d’alcool et de drogue représentent un fléau en Martinique. Le traitement de ces addictions, plus complexe que l’on ne l’imagine, fait appel à de nombreuses structures.

En 2014 en Martinique 36% des 15 à 65 ans avouent avoir déjà fumé. Ce chiffre du baromètre santé DOM de la même année n’indique pas la fréquence de consommation. Même s’il n’existe pas de chiffre officiel sur les quantités de drogue consommées en Martinique, l’augmentation de 135% des prises sur les petites quantités de substance illicites laisse penser que le nombre de consommateur croît lui aussi. L’inspecteur Varlin de la BAC, nous livre le profil de ceux qu’il contrôle, ou interpelle dans les rues de Fort de France. « Dans la rue il y a principalement des jeunes, ceux qui consomment du crack. Mais vous pouvez aussi rencontrer des gens comme vous et moi qui fument du cannabis. Ceux là sont plus difficiles à repérer car les effets ne se voient pas tout de suite ». 
Pour comprendre ce qui a fait basculer ces gens nous sommes partis à la rencontre de Murielle. Cette femme est aujourd’hui incapable de nous donner son âge exact, elle nous dit avoir environ 45 ans mais elle se souvient de ce qui l’a entrainée dans cette descente aux enfers. « Tout ça a commencé en 1998, j’étais enceinte et mon copain ne voulait pas que je garde l’enfant, j’ai avorté et il est parti quand même. J’ai été détruite, je venais de trouver du travail je ne suis pas allée travailler pendant deux semaines et j’ai perdu mon job, c’est là que tout à commencé. On m’a proposé un joint lors d’une soirée, du joint je suis passée à l’alcool, ensuite à la cocaïne et puis maintenant le crack. J’ai voulu m’en sortir, je veux mais c’est trop difficile. J’ai tellement besoin de ça pour me sentir bien et en même temps ça me donne des sueurs froides c’est chaud ce truc ».Les campagnes de prévention, en particulier dans les écoles sont catégoriques: « Ne jamais essayer, car l’accoutumance peut être rapide » et nous l’avons vu avec le témoignage de Murielle.
Les causes du basculement peuvent être de nature multiple, tout comme la prise en charge de ce fléau, qui s’organise à plusieurs échelles.

Cannabis : les professionnels favorables (sans plébiscite) à la contraventionnalisation de sa consommation

Paris, le lundi 21 août 2017 – Suggérée par de nombreuses instances, y compris certaines  opposées à toute idée de légalisation de l’usage du cannabis, la contraventionnalisation de la consommation de cette substance devrait s’imposer en France dans quelques mois. Dès son arrivée place Beauvau, le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb a en effet affiché sa volonté de mettre en œuvre la volonté du Président de la République, Emmanuel Macron sur ce point. Après les premières déclarations du printemps, une mission d’information a été installée à l’Assemblée nationale au début du mois d’aout et le gouvernement espère l’adoption d’une loi avant la fin de l’année.

Débat sur le JIM !

Nous l’avons constaté dans les colonnes du JIM, la contraventionnalisation ne fait pas l’unanimité chez les experts. Le professeur Jean Costentin et le docteur William Lowenstein se sont ainsi affrontées par interviews vidéos interposées sur le JIM pour qualifier cette innovation. Quand le premier considère cette évolution de la réglementation comme un signe potentiellement dangereux et contre-productif, le docteur William Lowenstein préfère saluer ce premier pas et espère que cette volonté affichée du gouvernement d’agir dans ce domaine se confirmera.

Dépénalisation non, contraventionnalisation pourquoi pas !

Au-delà des positions très tranchées de ces deux spécialistes, les professionnels de santé observent une certaine retenue en la matière. Ces dernières années ont été marquées par un durcissement de la position des professionnels vis-à-vis de la dépénalisation du  cannabis, évolutions probablement en partie liées au renforcement des connaissances sur la dangerosité de cette substance pour le cerveau.

Sondage réalisé par le Journal international de médecine du 25 juin au 10 juillet 2017

Il apparaît aujourd’hui que les soignants sont désormais très majoritairement hostiles à l’idée d’un statut juridique qui pourrait contribuer à une augmentation de la consommation. Néanmoins, la contraventionnalisation recueille une adhésion majoritaire : selon un sondage réalisé sur notre site du 25 juin au 10 juillet, 51 % des professionnels de santé sont favorables à la contraventionnalisation. L’opposition totale à ce changement n’est affirmée que par 42 % des personnes interrogées, tandis que l’indécision concerne 7 % de professionnels, qui doivent considérer comme difficile d’évaluer par avance les conséquences de cette évolution législative .

Toucher au porte-monnaie : un argument de poids !

Le principal effet devrait concerner les forces de l’ordre, qui bien que généralement hostiles à l’idée d’une dépénalisation, soutiennent la contraventionnalisation, promesse d’un allégement de leur activité procédurière, ce qui permettra de recentrer leurs efforts sur la lutte contre le trafic. Beaucoup a de fait été dit sur le caractère particulièrement « chronophage » de l’application de la loi actuelle.

Concernant l’impact psychologique sur le consommateur, à l’heure où des peines d’emprisonnement sont rarement prononcées, beaucoup estiment que l’obligation de s’acquitter sur le champ d’une importante amende pourrait avoir des effets positifs. « Il serait beaucoup plus efficace vis-à-vis du consommateur, comme pour le policier, de faire payer une grosse amende tout de suite, plutôt que de renvoyer à un hypothétique procès » défendait l’année dernière Christophe Rouget, du Syndicat des cadres de la sécurité intérieure, cité par la Croix.

Cet argument séduit également ceux que la question du statut juridique du cannabis intéresse d’abord au regard de la santé publique. Il pourrait ainsi être apprécié par les professionnels de santé ayant répondu à notre sondage. La courte majorité obtenue témoigne cependant de la persistance d’interrogations, non seulement sur les réelles conséquences de la mesure (le risque d’une augmentation de la consommation, que l’allègement des peines banaliserait, est avancé par certains), mais aussi sur les modalités de son application. Les acteurs de la lutte contre les drogues espèrent en effet que l’action du gouvernement face au cannabis ne se résumera pas à cette mesure d’ordre réglementaire, mais concernera plus certainement la santé

Aurélie Haroche http://JIM.fr

Si vous êtes abonné à JIM.fr regardez :

Contraventionnalisation du cannabis : une fausse bonne idée ! Interview vidéo du Pr Costentin

L’exposition prénatale à l’alcool favorise le risque d’addiction

La connaissance des effets de la consommation d’alcool au cours d’une grossesse ne date pas d’hier. En effet, déjà dans la Bible, on pouvait lire « tu vas concevoir et porter un fils : maintenant ne bois pas de vin ou de boissons fortes ». Et, l’un des nombreux dangers associés à l’exposition alcoolique prénatale est un risque accru d’addiction.

Effets de l'alcool prénatal sur le futur enfant

Grossesse et alcool ne font pas bon ménage

Les Français, mauvais élèves

En France, la notion de dangers lors de la consommation de boissons alcoolisées pendant une grossesse reste floue. Ainsi, une enquête de l’Inpes en 2015 laisse transparaître le manque de connaissances des Français concernant les risques d’une alcoolisation prénatale. Seulement 25% des personnes interrogés affirmaient que toute consommation d’alcool pendant la grossesse comporte un risque pour le futur enfant. Cependant, la majorité des participants avaient conscience que le risque pour l’enfant existe pour une alcoolisation excessive. Près de 37 % affirmaient que le danger est présent uniquement dans les cas où la consommation quotidienne.

Finalement, le message important est que les connaissances scientifiques actuelles ne permettant pas de déterminer une quantité d’alcool sans risque pour l’enfant. Ainsi, par principe de précaution, l’abstention est de mise. Il est conseillé aux femmes enceintes de ne pas consommer d’alcool tout au long de la grossesse.

Les dangers encourus par l’enfant

Les effets causés par l’alcoolisation fœtale sont nombreux, très divers et certainement sous-diagnostiqués. Ces troubles vont de la forme la plus classique, mais aussi la plus grave appelée « le Syndrome d’Alcoolisation Fœtale » (SAF) à des formes incomplètes se manifestant par des difficultés d’apprentissage avec ou sans problème d’adaptation sociale.

Le SAF comprend :

  1. Une dysmorphie faciale (une distance raccourcie entre le coin interne et le coin externe de l’œil, amincissement de la lèvre supérieure et un sillon naso-labial allongé et lisse) ;
  2. Un retard de croissance ;
  3. Des troubles du développement neurologique se manifestant parfois par un retard mental, et le plus souvent par des difficultés d’apprentissage et des troubles sensoriels, du langage, du comportement, de l’insertion sociale, d’adaptation, etc.

Cependant, la forme la plus fréquente se traduit par des troubles neuro développementaux, un échec scolaire, de la délinquance et la consommation de produits dangereux.

Consommation prénatale d’alcool et addiction : le lien dévoilé

L’une des conséquences observables d’une exposition prénatale à l’alcool est le risque accru de développer une addiction dans le restant de la vie. Des chercheurs américains se sont attachés à découvrir la raison de ce lien entre alcool et addiction.

Avant toute chose, il convient de revenir rapidement sur les mécanismes cérébraux mis en jeu dans une addiction. Tout se déroule au niveau du « circuit de la récompense » qui va être sur-stimulé par les drogues. Le circuit de la récompense est un groupement de neurones dans le cerveau responsable des sensations de plaisir. Et, le messager chimique entre les divers neurones le constituant est la dopamine. Les drogues vont augmenter la quantité de ce messager (ou plus scientifiquement neurotransmetteur) au niveau du circuit de la récompense créant ainsi une sensation de plaisir intense que la personne va donc naturellement chercher à retrouver par la suite.

Le chercheur Roh-Yu Shen, soutenu par le NIH (National Institute of health) et le NIAAA (National Institute on Alcohol Abuse and Alcoholism) a réussi à répondre à la question : pourquoi l’exposition prénatale à l’alcool augmente-t-elle la probabilité de développer une addiction par la suite ?

La clé du mystère semble liée aux endocannabinoïdes, des substances chimiques produites par le cerveau. Les endocannabinoïdes jouent un rôle important au niveau d’une zone particulière du cerveau (Aire tegmentale ventrale, ATV) où ils vont affaiblir les neurones à dopamine dits « excitateurs » du circuit de la récompense.

Lorsque le cerveau du fœtus a été exposé à l’alcool, les endocannabinoïdes ont un effet réduit (par rapport à un cerveau qui n’a pas été exposé) sur les neurones à dopamine impliqués dans les comportements d’addiction. La conséquence de cette modification est que les neurones à dopamine présents dans le cerveau deviennent plus sensibles aux effets de la drogue. En effet, ces derniers perdent l’habitude d’être affaiblis et vont au contraire se renforcer. Cette plus grande sensibilité, implique une quantité moindre de substance pour développer une dépendance.

Les scientifiques précisent que comprendre le rôle que les endocannabinoïdes jouent dans l’augmentation de la sensibilité du cerveau aux addictions, c’est être capable de développer de nouvelles thérapies pour lutter contre leurs effets. On peut ainsi espérer, voir arriver très prochainement de nouvelles armes pour lutter contre les addictions.

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