L’exposition prénatale à l’alcool favorise le risque d’addiction

La connaissance des effets de la consommation d’alcool au cours d’une grossesse ne date pas d’hier. En effet, déjà dans la Bible, on pouvait lire « tu vas concevoir et porter un fils : maintenant ne bois pas de vin ou de boissons fortes ». Et, l’un des nombreux dangers associés à l’exposition alcoolique prénatale est un risque accru d’addiction.

Effets de l'alcool prénatal sur le futur enfant

Grossesse et alcool ne font pas bon ménage

Les Français, mauvais élèves

En France, la notion de dangers lors de la consommation de boissons alcoolisées pendant une grossesse reste floue. Ainsi, une enquête de l’Inpes en 2015 laisse transparaître le manque de connaissances des Français concernant les risques d’une alcoolisation prénatale. Seulement 25% des personnes interrogés affirmaient que toute consommation d’alcool pendant la grossesse comporte un risque pour le futur enfant. Cependant, la majorité des participants avaient conscience que le risque pour l’enfant existe pour une alcoolisation excessive. Près de 37 % affirmaient que le danger est présent uniquement dans les cas où la consommation quotidienne.

Finalement, le message important est que les connaissances scientifiques actuelles ne permettant pas de déterminer une quantité d’alcool sans risque pour l’enfant. Ainsi, par principe de précaution, l’abstention est de mise. Il est conseillé aux femmes enceintes de ne pas consommer d’alcool tout au long de la grossesse.

Les dangers encourus par l’enfant

Les effets causés par l’alcoolisation fœtale sont nombreux, très divers et certainement sous-diagnostiqués. Ces troubles vont de la forme la plus classique, mais aussi la plus grave appelée « le Syndrome d’Alcoolisation Fœtale » (SAF) à des formes incomplètes se manifestant par des difficultés d’apprentissage avec ou sans problème d’adaptation sociale.

Le SAF comprend :

  1. Une dysmorphie faciale (une distance raccourcie entre le coin interne et le coin externe de l’œil, amincissement de la lèvre supérieure et un sillon naso-labial allongé et lisse) ;
  2. Un retard de croissance ;
  3. Des troubles du développement neurologique se manifestant parfois par un retard mental, et le plus souvent par des difficultés d’apprentissage et des troubles sensoriels, du langage, du comportement, de l’insertion sociale, d’adaptation, etc.

Cependant, la forme la plus fréquente se traduit par des troubles neuro développementaux, un échec scolaire, de la délinquance et la consommation de produits dangereux.

Consommation prénatale d’alcool et addiction : le lien dévoilé

L’une des conséquences observables d’une exposition prénatale à l’alcool est le risque accru de développer une addiction dans le restant de la vie. Des chercheurs américains se sont attachés à découvrir la raison de ce lien entre alcool et addiction.

Avant toute chose, il convient de revenir rapidement sur les mécanismes cérébraux mis en jeu dans une addiction. Tout se déroule au niveau du « circuit de la récompense » qui va être sur-stimulé par les drogues. Le circuit de la récompense est un groupement de neurones dans le cerveau responsable des sensations de plaisir. Et, le messager chimique entre les divers neurones le constituant est la dopamine. Les drogues vont augmenter la quantité de ce messager (ou plus scientifiquement neurotransmetteur) au niveau du circuit de la récompense créant ainsi une sensation de plaisir intense que la personne va donc naturellement chercher à retrouver par la suite.

Le chercheur Roh-Yu Shen, soutenu par le NIH (National Institute of health) et le NIAAA (National Institute on Alcohol Abuse and Alcoholism) a réussi à répondre à la question : pourquoi l’exposition prénatale à l’alcool augmente-t-elle la probabilité de développer une addiction par la suite ?

La clé du mystère semble liée aux endocannabinoïdes, des substances chimiques produites par le cerveau. Les endocannabinoïdes jouent un rôle important au niveau d’une zone particulière du cerveau (Aire tegmentale ventrale, ATV) où ils vont affaiblir les neurones à dopamine dits « excitateurs » du circuit de la récompense.

Lorsque le cerveau du fœtus a été exposé à l’alcool, les endocannabinoïdes ont un effet réduit (par rapport à un cerveau qui n’a pas été exposé) sur les neurones à dopamine impliqués dans les comportements d’addiction. La conséquence de cette modification est que les neurones à dopamine présents dans le cerveau deviennent plus sensibles aux effets de la drogue. En effet, ces derniers perdent l’habitude d’être affaiblis et vont au contraire se renforcer. Cette plus grande sensibilité, implique une quantité moindre de substance pour développer une dépendance.

Les scientifiques précisent que comprendre le rôle que les endocannabinoïdes jouent dans l’augmentation de la sensibilité du cerveau aux addictions, c’est être capable de développer de nouvelles thérapies pour lutter contre leurs effets. On peut ainsi espérer, voir arriver très prochainement de nouvelles armes pour lutter contre les addictions.

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