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Le cannabis thérapeutique une fumisterie lucrative pour légaliser une drogue redoutable.

Le docteur A. Coquerel est médecin, compétent en pédiatrie et en neurologie, radioanalyste, professeur de Pharmacologie à la faculté de Médecine de Caen, il a dirigé le laboratoire de l’agence française de lutte contre le dopage (AFLD) ainsi que le laboratoire de Pharmaco-Toxicologie du CHU de Caen.
Il est membre de l’académie nationale de Pharmacie.

 Le débat sur la dépénalisation du cannabis (CNB) est très ancien en France ; il fait actuellement l’objet de pressions croissantes de « leaders d’opinions »  et de nombreux médias qui, après avoir véhiculé l’image fausse d’une non-toxicité, voient dans la vulgarisation de son usage un moyen de recoller avec une jeunesse qui s’y initie très tôt et en consomme de plus en plus régulièrement. Bien entendu, pour abolir les lois répressives qui intègrent le cannabis aux stupéfiants, ils l’ont comparé aux « drogues légales » que sont le tabac et l’alcool. Comme cela n’a pas suffi il leur faut maintenant lui trouver des vertus thérapeutiques ! Ce coup de baguette magique reproduit ce qui s’est fait ces dernières années aux USA et au Canada, dont le libéralisme prône, sans vergogne, l’usage comme médicament d’une plante stupéfiante,  puisque cela rapporte gros !

La littérature scientifique n’a cessé durant ces 30 dernières années de faire progresser les connaissances sur le CNB et en particulier son interaction avec un système physiologique, celui des endocannabinoïdes. Une multitude d’études lui ont trouvé de nombreuses activités sur le système nerveux central via son composé prédominant, le THC (delta 9-tétra-hydro-cannabinol) : antiémétisant, orexigène, antalgique, anti-spastique. Les grandes compagnies pharmaceutiques ont d’ailleurs dépensé des centaines de millions de dollars dans les années 1990 pour trouver des composés de synthèse qui auraient des propriétés thérapeutiques plus puissantes que le THC sans comporter les nombreux effets indésirables qu’on lui connaît. Cela n’a pas abouti mais il en reste une conséquence négative : de nombreux composés, initialement brevetés, mais désormais dans le domaine public. Leur puissance d’effet est parfois 100 à 500 fois plus élevée que celle du THC avec, en conséquence, une dangerosité majeure. Ces super-cannabinoïdes ont été introduits sur le marché noir depuis une dizaine d’années où ils sont vendus de façon illégale comme  « sels de bains »  ou « parfums d’ambiance», pour tromper les autorités mais pas leurs consommateurs.

Les pays occidentaux sont confrontés à la consommation massive de cannabis par une fraction croissante de leur jeunesse. La France est, à cet égard, la toute première des 28 Etats de l’Union Européenne. Chaque Nation y est allé de sa propre législation – c’est par exemple sa légalisation dans les « coffee shops » aux Pays Bas – Cette course à l’échalote fait que les adolescents ne voient même plus de raison de maintenir une répression quelconque puisque qu’ils en sont déjà dans l’usage régulier lié à une vie festive, devenue prioritaire par rapport à des engagements sociaux à long terme, telles des études longues, le travail en entreprise, activités qui  demandent beaucoup d’énergie, avec « un esprit sain dans un corps sain ».

Dans ce contexte général la France ne veut être en reste ! Et donc depuis près de 30 ans nombre de personnages politiques et de médias « modernes » (« branchés »/« chébrants ») s’échinent à revendiquer qui une dépénalisation, qui une légalisation – la nuance ne porte que sur la possibilité pour l’Etat de tirer des taxes de ce nouveau commerce. Ils assurent que cela tarira le trafic en banlieue, alors qu’on sait qu’il concerne déjà un large panel de différentes drogues : la cocaïne et les nouveaux psychotropes de synthèse (NPS) font déjà partie du paysage du « deal » à grande échelle (6-8 % des jeunes sont initiés à la cocaïne et autant aux NPS). Les enquêtes annuelles de l’OFDT [observatoire français des drogues et toxicomanies] confirment la croissance de leurs usages.

En attendant une éventuelle dépénalisation de tous les stupéfiants les « opinion makers » veulent légaliser le cannabis en lui trouvant des vertus thérapeutiques.

Cela amène une double interrogation :

  • Quels sont les arguments scientifiques qui montrent que le cannabis pourrait être une (bonne) thérapeutique ?
  • Si on observe ou croit entrevoir un rationnel scientifique à l’usage médical du CNB, qui va en faire le commerce ? Pour quelles indications ? Par quel réseau (les pharmaciens d’officine versus des « coffee shops » ?).  Et avec quels éventuels contrôles et/ou évaluations du rapport individuel et collectif des bénéfices-risques ? Rien n’est prévu sauf céder aux sirènes du libre usage…

La France s’enorgueillit de son particularisme et pour cela abrite généralement ses actions collectives sous le couvert d’enquêtes confiées à des organismes publics ou parapublics,  ce qui présente un avantage pour les décideurs politiques. L’avis d’experts dits « indépendants » peut constituer un fusible en cas de conflits (rappelons par exemple l’affaire du Levothyrox®). On charge l’ANSM (agence nationale de sécurité des médicaments et produits de santé) et son réseau de pharmaco-surveillance de faire une enquête limitée et contrôlée par le ministère en charge du dossier pour qu’il rende le rapport attendu par le gouvernement….

Pour le CNB a été créé, sur ordre ministériel, via l’ANSM, un comité scientifique spécialisé temporaire (CSST) ; cette disposition est aberrante s’agissant d’un problème ancien et permanent. En quelques mois seulement ce CSST a fait un tour de table censé interroger les différentes opinions sur le « cannabis thérapeutique ». Les associations « procannabis » ont, bien sûr, pesé lourd ; au contraire les toxicologues et pharmacologues experts du domaine ont à peine été auditionnés et leurs alarmes ont été délibérément ignorées.

La conclusion voulue a été tirée : on peut dès maintenant, et pendant les 2 ans à venir, pratiquer des essais médicaux : pourquoi pas ? Oui, mais, sans se concentrer sur le rapport bénéfice-risque, ni recourir, dans chaque indication explorée, à un comparateur de référence… Sous réserve de quelques pages de lecture et de la promesse (sans contrainte) de signalements d’effets indésirables, tout médecin pourra prescrire du CNB …Quid – Des doses ? – Des formes « pharmaceutiques » ? – Des modalités de la délivrance ? …Cela viendra ! Faisons le pari qu’on sera plus près des « coffee-shops » que des modalités actuelles de délivrance des médicaments stupéfiants… Quant aux autres promesses du type « ce ne sera pas à fumer »,  qui pourra s’en assurer ? Que de fausses naïvetés !!! L’important est de montrer au peuple et à son « aile marchante » qu’on s’occupe bien de l’affaire….

Pour ce qui est des « argumentaires scientifiques » pro-CNB on est abasourdi par les contrevérités exprimées en France, comme ailleurs. Via la caisse de résonnance médiatique ces mensonges éhontés deviennent paroles d’évangile. Ainsi est prêté au cannabis des vertus analgésiques : depuis plus de 15 ans (cf. rapport de l’Académie de médecine) cette analgésie vaut 2 comprimés de codéine (soit 3 mg d’équivalent morphine… donc très peu de chose) ; le THC a des propriétés anti-nausées et orexigène, il serait donc souverain pour les chimiothérapies … Aucune étude n’a encore prouvé une simple supériorité relativement au bon vieux métoclopramide (Primpéran®) et rien relativement aux récents antagonistes de la substance P…

Dans une comparaison aux sétrons (famille d’antagoniste des récepteurs 5HT3 de la sérotonine), qui ont nettement améliorés la tolérance digestive des chimiothérapies, une publication paraît favorable au CNB. On découvre en l’analysant que l’on ne savait pas si les patients étaient ou non antérieurement consommateurs de cannabis (imaginez qu’on ait testé l’alcool chez des alcooliques !), de même ces publications restent très floues sur les équivalents posologiques administrés aux patients (quelle dose de THC par prise ? quelle concentration sanguine de THC lors du pic d’efficacité ?). Pire encore, elles n’étudient pas les effets indésirables ! La drogue mettant les patients dans un état second on a la garantie qu’ils ne se souviendront pas s’ils étaient nauséeux ! Cela peut relever alors de la « soumission chimique » (que l’on retrouve dans les espaces festifs, bien sûr !)

Avec le CNB « thérapeutique » survient une grande nouveauté écologique, on ignore toutes les étapes médico-légales auxquelles doit satisfaire tout médicament et on fait la promotion pour un extraits de plantes, sans préciser la nature ni la concentration du ou des principes actifs, ni les conséquences de cette administration en terme d’effet maximal, de durée d’effet et de risque d’effets indésirables liés à la dose. Bien entendu on ignore sciemment la sévérité potentielle et la durée de ceux-ci. Qui ira dès lors enquêter sur la survenue tardive d’une schizophrénie (la plus grave des maladies psychiatriques) si on se contente de recueillir l’impression immédiate du consommateur ?

Gardons-nous de médire : de grands médias, subvertis par des lobbies pro-CNB (dont des représentants des cultivateurs de chanvre ordinaire) assurent que « près de 300 000 patients sont abandonnés sans traitement » alors que le cannabis les soulagerait. Pourtant 3 produits (le THC, le CBD [cannabidiol, isomère du THC] et leur association) sont autorisés sous conditions / avec quelques restrictions, comme médicaments : ils peuvent être prescrits par tout médecin sous le statut d’autorisation temporaire d’utilisation (ATU) individuelle (i.e. prescription non limitée mais engageant le médecin et son patient qui sont officiellement demandeurs). L’ensemble de ces ATU concerne moins de quelques centaines de cas par an !

Reste qu’un libre usage récréatif, pour tout pseudo-symptôme, voire n’importe quoi –  jusqu’au « malaise social » – pourrait effectivement concerner 300 000 français (on compte déjà près d’un million de fumeurs quotidiens !). En revanche au cours de l’usage et de l’abus  de cannabis leur malaise social ne pourra que s’accroître.

Il s’agit donc d’un schisme avec les tenants d’une « auto-thérapeutique » dérégulée et libre (accès au CNB de manière non contrôlée) qui rappelle un slogan de mai 68 « jouissons sans entraves » et le médicament validé qui répond à de nombreuses exigences légales et impose une exposition minimale et un suivi à long terme.

Cette contradiction, au plan scientifique, est également rédhibitoire : quel est l’intérêt  d’utiliser des extraits de plantes à la composition incertaine alors qu’un traitement médical se fait à la posologie optimisée d’un principe actif connu et de grande pureté ?

Avec quels arguments est-on arrivé à faire croire au citoyen non spécialiste que le cannabis est un produit utile voire bon pour la santé !

  • Les plantes c’est « écolo » : on va se traiter (traduire se « shooter » !), c’est « naturel » donc ça ne peut pas être nocif !

Rappelons que la nature peut être cruelle : ainsi l’alcool, la digitale, nombre de champignons, les extraits de coca et bien d’autres produits « naturels » qui ont des activités biologiques – certains sont à l’origine de vrais médicaments – , ils deviennent néanmoins des poisons quand on ne respecte pas la bonne indication, quand l’administration est incontrôlée (dose, fréquence et durée d’administration, adaptation posologique, association), ou quand on  ne se préoccupe pas des modalités de cessation du traitement. Les études systématiques des « défauts » de ces médicaments issus de produits naturels – telle la morphine (extraite de l’opium, et l’opium issu du pavot) – sont périodiquement réévalués, au point que la morphine, si elle reste un médicament indispensable pour les douleurs majeures, est classée « stupéfiant » afin d’en limiter la dangerosité, car sa toxicité est avérée tant sur le court terme (surdose avec son risque d’apnée mortelle) que sur les moyens et long termes (la dépendance/ l’addiction, l’altération des fonctions cognitives et diverses incapacités sociales …dont celle de conduire des véhicules ou de contrôler des machines).

Toutes ces précautions sont passées à la trappe par les pro-CNB, parce qu’ils les ignorent, ou pire parce qu’ils les méprisent, car elles s’opposent à leur but : le libre accès au CNB.

Les conséquences délétères de l’usage du CNB sont bien connues des membres du CNPERT, grâce  aux excellentes revues et analyses faites par les professeurs Costentin et Goullé. L’Académie nationale de Pharmacie a fait un excellent communiqué de presse le 18 juin 2019 (*) exprimant que le CNB thérapeutique était une appellation fausse et trompeuse en rappelant brièvement les principaux risques auxquels son usage expose. Les commentaires furent peu nombreux….Ignorer la Science est leur meilleure défense possible pour clore rapidement le débat ! Il n’y a pas plus sourds que ceux qui ne veulent pas entendre.

Le mutisme de nombre de grands médias sur ces éléments est scandaleux ; seul un RIC (référendum d’initiative citoyenne) permettrait d’instaurer un véritable débat, à armes égales (avec un temps d’antenne identique pour que s’expriment les opinions opposées). Ce serait plus intéressant que de savoir qui doit gérer les aéroports de Paris, car les familles, parents, adolescents, éducateurs et professions de santé sont tous concernés par l’accès aux drogues et leur usage. Ce RIC permettrait de leur faire enfin connaître les données objectives qui leur sont délibérément cachées, en un temps où la liberté de la presse pourrait devenir dictature de certains journalistes, où l’on ignore délibérément les données de la Science et les exigences modernes de la sécurité sanitaire.

C’est dans ce contexte que les agences créées et financées – à prix d’or – par l’Etat devraient donner l’exemple, ce qu’elles ne font pas. Leur défaillance est telle qu’elles entretiennent l’ambiguïté.

Une seule explication apparaît à l’origine de ce manque de courage, qui laisse proliférer des contre-vérités notoires : la démagogie !

Tentons aussi d’analyser les raisons d’un néo-libéralisme pour l’usage du CNB :

-Une longue succession de mensonges : en mai 68 fleurissait le slogan: « il est interdit d’interdire » ; sa persistance a permis de nourrir les barbaries et la décadence qui nous cancérisent aujourd’hui. Il y a plus d’un demi-siècle, Claude Olievenstein, un addictologue historique, déclarait « il n’y a pas de drogué heureux ». Qu’en sera-t-il quand toute la société aura un libre accès au CNB, porte d’entrée dans l’usage d’autres drogues ?

Lors des années 1980 et du SIDA, contre lequel on était totalement démuni, les créateurs du slogan « cannabis thérapeutique » étaient des groupes libertaires Californiens qui  prônaient l’accès au CNB, dans une démarche de soins palliatifs, pour lutter contre la cachexie et les douleurs terminales. Dans l’émission TV de la Chaîne Parlementaire le 04 mai sur l’évolution du statut du cannabis outre atlantique, le film américain de 50 mn montre que la volonté finale des groupes libertaires était le libre accès à toutes les drogues !

-Reste l’argument fallacieux de la « relance économique » grâce à la culture du CNB…. Il a été présenté aux USA et au Canada comme un grand moyen de lutter et contre la criminalité du trafic illicite et contre la désertification industrielle. C’est effrayant ! Certes la commercialisation est très lucrative. Des sollicitations se multiplient pour acheter des actions  dans des « startups » ou dans de grosses entreprises. Les traders annoncent des progressions trimestrielles de la valeur des actions allant jusqu’à 25 %. Qui dit mieux ! L’argent n’a pas d’odeur, reportons nous à un numéro historique de « Forbes » : le placement le plus rémunérateur était la vente d’arme et les films pornographiques. Donc demain légalisons aussi la prostitution et la production de diverses drogues obtenues par culture ou par synthèse chimique. En effet les NPS (nouveaux psychotropes de synthèse) récemment classés stupéfiants sont encore interdits en vente libre mais leur commerce fleurit, en particulier via internet, sans que les autorités politiques mondiales, européennes et nationales ne fassent grand-chose pour s’y opposer (bloquer une carte bancaire ne serait-il pas possible ?) ….. Il est vrai que ces produits permettent de tellement mieux «s’éclater» dans les espaces festifs, les « rave parties » et autres « fêtes de la musique »….

Ainsi donc, le CNB, déguisé de vertus « thérapeutiques » n’est que le CHEVAL DE TROIE d’une demande libertaire d’accès à tout !

Qui se soucie des conséquences ? L’éthique n’est bonne qu’au travers d’une vision canalaire ou militante ! Si les régimes démocratiques se défoncent pour mieux s’effondrer ce sera bien fait !

Enfin, l’argument que la légalisation fera cesser le trafic est une autre contre-vérité avérée : aux USA les Etats qui ont légalisé le CNB l’interdisent toujours (heureusement !) aux adolescents…. qui continuent de s’en procurer sur le marché parallèle. La vulgarisation du CNB au Colorado a entraîné une augmentation du trafic. Il s’en est même trouvé pour argumenter que les très nombreux mésusages des opiacés aux USA (à l’origine de plus de 60 000 morts par an) seraient moindres si les citoyens avaient un libre accès au CNB. Des articles de presse se sont appliqués à corroborer cette assertion mais, patatras, une publication scientifique très récente vient de démonter le contraire ! En renforçant l’argument maintes fois énoncé que le CNB est une porte d’entrée vers les autres drogues.

– De même on a longtemps argué que si les jeunes fumaient du CNB ils ne buvaient pas ! Cette vision attrayante a fait long feu car c’est tout le contraire  que l’on observe : l’usage de l’un incite à l’usage de l’autre et l’absence de CNB nourrit la « défonce » par alcoolisation aigue (binge drinking / biture expresse). Il faudrait aussi s’interroger sur l’origine de l’épidémie d’obésité chez les jeunes : alcool + boissons sucrées + cannabis ? À suivre….

Au total : ménager la paix sociale, « faire du fric » sans se soucier des générations à venir, sont les vrais motifs de ceux qui veulent vendre du CNB, qu’il soit avec ou sans label « thérapeutique » ; ce dernier n’étant qu’un sas pour aboutir à sa libre consommation.

Si l’impuissance publique succombe à ces sirènes, la suite sera douloureuse : le CNB est une drogue abêtissante, aux conséquences psycho-sociales dramatiques (induction, décompensation, entretien et aggravation de la schizophrénie, dépression et suicides, désinsertion scolaire et professionnelle, accidentologie et criminalité, etc..). Il a fallu un siècle pour diminuer très significativement l’alcoolisme dur lié au libre accès de boissons à très haut degré alcoolique ; la consommation de cigarettes commence tout juste à diminuer ; on contient difficilement – et à grand coût – l’usage de l’héroïne et autres opiacés. Tout cela s’effondrera s’il est donné demain un libre accès au cannabis et après-demain à toutes les drogues.

Si le pouvoir politique est tenté de céder à « la rue », manipulée par des médias influents, réclamons un Référendum d’Initiative Citoyenne.

(*) Académie nationale de Pharmacie : Cannabis « thérapeutique » – une appellation abusive et dangereuse. 18 juin 2019.  https://www.acadpharm.org/avis_propositions/communiques.php

 

 

 

Le cannabis avant 25 ans, des risques psychiatriques mal appréciés

JOURNAL INTERNATIONAL DE MÉDECINE – Publié le 28/07/2019

Alors que certains pays ont déjà légalisé l’usage du cannabis et que d’autres proposent de le faire, une revue systématique d’articles de la littérature médicale sur la psychopathologie induite (ou du moins favorisée) par cette drogue dite (à tort) « douce » rappelle opportunément que « les décideurs devraient tenir compte des effets indésirables de l’utilisation du cannabis chez les jeunes. »

Antérieures à mars 2018, les publications retenues sont des études comparatives (cohorte, cas-témoin, transversale) portant, chez des personnes de moins de 25 ans, sur l’incidence de l’exposition au cannabis sur une symptomatologie psychiatrique : troubles psychotiques, troubles dépressifs, ou/et troubles anxieux. Parmi les 23 études analysées, toutes sauf une « constatent que l’utilisation précoce de cannabis est généralement associée à des risques plus élevés de psychose. »

Majoration du risque de psychose mais aussi de dépression et de troubles anxieux

Cette majoration des risques psychiatriques est vérifiée aussi, mais à un degré moins important, pour les problématiques anxieuses ou/et dépressives, puisque 11 études (sur 23, soit près de la moitié) présentent des résultats indiquant « une majoration des symptômes lors d’un contact précoce » avec cette substance. Les auteurs de cette recherche estiment ainsi que, chez les sujets de moins de 25 ans, « l’utilisation plus importante du cannabis est associée avec un plus grand nombre de symptômes psychiatriques, particulièrement chez les personnes ayant une prédisposition ou une vulnérabilité préalable. »

Les conclusions d’une telle étude incitent donc à une grande prudence dans l’actuel débat sur la légalisation du cannabis, d’autant plus qu’il existe d’autres aspects inquiétants, rappelés par le Pr J. Costentin dans son commentaire sur un article récent du JIM (Légalisation du cannabis : la grande offensive) : « Ascenseur vers d’autres drogues », le cannabis peut « soit induire de novo, soit décompenser une schizophrénie, soit l’aggraver quand elle est déclarée ; il crée une résistance aux médicaments antipsychotiques… Très grand perturbateur de la cognition, il s’abat sur nos jeunes à l’heure des apprentissages. » À l’image du Dr Folamour jouant allègrement avec le risque nucléaire, le pro-légalisateur apprécie mal les risques sanitaires et sociologiques qu’il prend…

Dr Alain Cohen

RÉFÉRENCE

Hosseini S et coll.: The effect of age of initiation of cannabis use on psychosis, depression, and anxiety among youth under 25 Years. Canadian J Psy; 2019; 64(5): 304–312.

 

Islande : les chevaux avaient abusé du cannabis

Les vétérinaires pensaient que les équidés étaient atteints d’une maladie neurologique rare. Le problème venait de leur alimentation, selon la presse locale.

Les animaux pouvaient souffrir d'un manque de coordinaion musculaire, de tremblements ou d'un appetit accru. Photo d'illustration.
Les animaux pouvaient souffrir d’un manque de coordinaion musculaire, de tremblements ou d’un appétit accru. Photo d’illustration.

© John Fredricks / NurPhoto

Le cannabis rendrait-il les hommes stériles ?

Journal International de Médecine – Publié le 20/07/2019

La consommation de cannabis et de ses dérivés augmente au niveau mondial, et elle touche notamment des hommes en âge de se reproduire. Comme par ailleurs des inquiétudes se sont faites jour sur le plan de leur fertilité qui diminuerait globalement au moins dans le monde occidental, la relation éventuelle entre les deux phénomènes mérite d’être explorée – ce qu’a fait tout récemment une équipe de chercheurs américains sur base de la littérature disponible.

Leur recherche a porté sur les articles identifiables via Pulmed/Medline. En ce qui concerne l’altération de la fertilité masculine par le cannabis, les éléments de preuve les plus importants ont été trouvés dans le domaine des caractéristiques du sperme. Ainsi, les données actuellement disponibles plaident pour un effet réducteur du cannabis sur le nombre de spermatozoïdes et leur concentration, une induction d’anomalies de leur morphologie, ainsi qu’une diminution de leur mobilité, de leur durée de vie et de leur capacité à féconder un ovule.

Des modèles animaux ont démontré un effet du cannabis sous la forme d’une atrophie testiculaire ainsi qu’une diminution de la libido et de la fonction sexuelle. Cependant, ces résultats n’ont pas (encore) été reproduits dans des études humaines.

A prendre en compte sur le plan thérapeutique

D’autres études portaient sur les éventuelles modifications hormonales. Leurs résultats pointaient en direction d’une diminution des taux de testostérone et de LH ainsi que d’une absence d’effet sur le taux de FSH, mais sans aboutir à des conclusions définitives.

Pour les auteurs de cette revue, cette dernière suggère un impact négatif du cannabis sur la fertilité masculine. Cependant, des études complémentaires chez l’homme doivent encore valider les résultats certains qui ont été obtenus dans des modèles animaux. En attendant, concluent-ils, les médecins doivent garder à l’esprit cette possible nocivité du cannabis (y compris de ses dérivés thérapeutiques) sur la fertilité masculine, parmi d’autres facteurs possibles.

Pas d’effet réellement démontré sur la libido

Rappelons que le système endocannabinoïde est réactif aux composés contenus dans le cannabis, les plus connus étant le THC et le cannabidiol. Le système se trouve non seulement dans le cerveau mais également à différents endroits de l’organisme. Il intervient dans la régulation de nombreux comportements et fonctions physiologiques. La fonction sexuelle, notamment via le cerveau (y compris l’axe hypothalamo-hypophysaire), les organes et les hormones sexuelles peuvent également influencer ce système. Enfin, en ce qui concerne la libido, d’autres études antérieures ont abouti à des résultats divergents. Il est d’ailleurs possible que le cannabis ait un effet favorable sur la libido et sur la fréquence des rapports sexuels, par la désinhibition et la diminution de l’anxiété qu’il peut induire, mais rien n’est clairement prouvé, tant le risque de biais par des facteurs confondants est élevé.
Dr Claude Leroy

RÉFÉRENCE

Payne KS et coll.: Cannabis and Male Fertility: A Systematic Review. J Urol. 2019. Publication le 27 mars 2019.

Près d’un quart des accidents mortels est dû à l’alcool, la drogue ou les médicaments

Sur autoroute, le plus grand danger n’est pas la vitesse : alcool, drogues et médicaments, ainsi que la somnolence et la fatigue, ont été parmi les principales causes d’accidents mortels en 2018, selon un bilan de l’Association française des sociétés d’autoroutes (ASFA) publié vendredi.

Somnolence et fatigue, restent également des facteurs majeurs, relevés dans près d’un accident mortel sur cinq (18,6
%), même s’ils reculent par rapport à 2017 (25,3
%).

Somnolence et fatigue, restent également des facteurs majeurs, relevés dans près d’un accident mortel sur cinq (18,6 %), même s’ils reculent par rapport à 2017 (25,3 %).

L’an dernier, 157 personnes ont perdu la vie dans 140 accidents, soit neuf tués de moins qu’en 2017, a recensé l’ASFA, qui regroupes les concessionnaires privés gestionnaires de 9.180 des 12.000 kilomètres d’autoroutes françaises.

Depuis près de vingt ans, le nombre de morts ne cesse de reculer sur les autoroutes, qui sont de loin le réseau routier le plus sûr (1,4 accident pour un milliard de kilomètres parcourus en 2018).

Mais l’alcool, les drogues et les médicaments, impliqués dans près d’un quart (22,9 %) des accidents mortels en 2018, y font un retour « préoccupant » ces dernières années.

« C’est un phénomène qu’on constate depuis deux ans : alors qu’il y avait une tendance à la diminution de ces accidents depuis longtemps, on assiste à une remontée très claire, très nette et préoccupante », souligne le directeur général de l’ASFA, Christophe Boutin.

Ces infractions se font parfois dans des proportions inquiétantes : sur la période 2014-2018, trois conducteurs alcoolisés sur cinq présentaient une alcoolémie deux fois supérieure à la limite autorisée.

Somnolence et fatigue, restent également des facteurs majeurs, relevés dans près d’un accident mortel sur cinq (18,6 %), même s’ils reculent par rapport à 2017 (25,3 %).

Le sujet est d’autant plus sensible durant les vacances d’été, où le trafic sur autoroutes augmente d’environ 25 % et où certains automobilistes privilégient les départs nocturnes pour éviter la chaleur et les bouchons.

« Une grande part des accidents liés à la somnolence se produit dans le créneau horaire 6h-8h pour une raison simple : si vous êtes en train de conduire à une heure où vous êtes habituellement en train de dormir, il y a de fortes chances que le naturel reprenne le dessus », rappelle Christophe Boutin. Pour lui, « décaler son horaire de départ, c’est souvent un calcul dangereux ».

La vitesse excessive n’était impliquée que dans 12,1 % des accidents mortels en 2018, moins que les « distracteurs d’attention » que sont les smartphones, GPS et autres tablettes, dont l’omniprésence dans les voitures alarme.

Les accidents mortels dus à l’inattention augmentent d’année en année (13,6 % en 2018, contre 11,3 % en 2017) « et il y a certainement une sous-comptabilisation de ces accidents », estime M. Boutin.

« C’est une cause qui n’est pas facile à détecter. Autant avec l’alcool, les drogues ou la vitesse, on a des preuves physiques de la cause, autant sur l’inattention, un conducteur préférera souvent dire “j’étais perdu dans mes pensées” plutôt que “j’étais en train de taper un SMS”, explique-t-il.

« C’est un problème générationnel », ajoute-t-il, redoutant « un risque qui va aller croissant ».

Ces « distracteurs » viennent aggraver le lourd tribut payé par les jeunes, adeptes des comportements à risques : les conducteurs âgés entre 18 et 34 ans représentent 18 % du trafic autoroutier mais sont impliqués dans 30 % des accidents mortels.

Les jeunes sont notamment présents dans la moitié des accidents mortels liés à la vitesse, dans la moitié de ceux avec manœuvres dangereuses (dépassement par la droite, non-respect des distances de sécurité…), ainsi que dans deux accidents sur cinq liés à l’alcool, drogue et médicaments.

Enfin, 2018 a marqué une légère accalmie pour les patrouilleurs autoroutiers, qui comptent 11 blessés dans 132 accidents. L’année 2017, marquée par la mort d’un agent et 14 autres blessés dans un total de 187 accidents, avait été noire pour les hommes en jaune.

« La science ne saurait avoir de parti-pris ».

L’appel de 250 scientifiques aux journalistes L’opinion — 15/07/19

« L’état de nos connaissances ne saurait être un supermarché dans lequel on pourrait ne choisir que ce qui nous convient et laisser en rayon ce qui contredit nos opinions »

Le collectif NoFakeScience, qui regroupe une vingtaine de scientifiques et de spécialistes de la vulgarisation, s’alarme du traitement réservé à l’information scientifique dans les médias, souvent dévoyé. Il appelle à un sursaut et souligne l’existence de consensus scientifiques parfaitement établis sur certains sujets. Il est soutenu en cela par près de 230 autres grands noms de la recherche mondiale, qui ont signé cet appel. Ce texte est publié en France en exclusivité par l’Opinion.

Il est simultanément publié au Canada par Le Soleil, en Suisse par Heidi.news et en Belgique par La Libre. Nous, scientifiques, journalistes et citoyens préoccupés, lançons un cri d’alerte sur le traitement de l’information scientifique dans les médias, ainsi que sur la place qui lui est réservée dans les débats de société. À l’heure où la défiance envers les médias et les institutions atteint des sommets, nous appelons à une profonde remise en question de toute la chaîne de l’information, afin que les sujets à caractère scientifique puissent être restitués à tous et à toutes sans déformation sensationnaliste ni idéologique et que la confiance puisse être restaurée sur le long terme entre scientifiques, médias et citoyens.

Dans une démocratie, les journalistes portent une lourde responsabilité puisque, de la liberté dont ils disposent ainsi que de la qualité de l’information livrée, dépend la qualité du débat public et des choix qui en découlent.

La méthode scientifique, de son côté, permet de produire des connaissances fiables pouvant servir de base de réflexion pour les politiques publiques portant sur des questions complexes telles que l’alimentation, la santé publique ou l’écologie (1). Il apparaît alors évident que la communauté scientifique et les journalistes doivent travailler main dans la main, la première ne devant pas s’isoler médiatiquement par crainte de voir ses travaux déformés, les seconds ne pouvant se permettre de travestir ni le travail de la première, ni les faits.

C’est sur ce dernier point que nous alertons les acteurs et actrices des médias. Nous assistons aujourd’hui à un dévoiement grandissant du travail des scientifiques. Leurs résultats ne sont bien souvent mis en avant que s’ils confortent des opinions préexistantes. Dans le cas contraire, certains iront sous-entendre leur rémunération par un lobby malveillant.

Soyons clairs : l’état de nos connaissances ne saurait être un supermarché dans lequel on pourrait ne choisir que ce qui nous convient et laisser en rayon ce qui contredit nos opinions. Il existe en effet des consensus scientifiques sur des sujets aussi divers que :

La santé

– La balance bénéfice/risque des principaux vaccins est sans appel en faveur de la vaccination (2,3).

– Il n’existe aucune preuve de l’efficacité propre des produits homéopathiques (4)

L’agriculture

– Aux expositions professionnelles et alimentaires courantes, les différentes instances chargées d’évaluer le risque lié à l’usage de glyphosate considèrent comme improbable qu’il présente un risque cancérigène pour l’homme (5,6,7).

– Le fait qu’un organisme soit génétiquement modifié (OGM) ne présente pas en soi de risque pour la santé (8).

Le changement climatique

– Le changement climatique est réel et d’origine principalement humaine (9).

– L’énergie nucléaire est une technologie à faible émission de CO2 et peut contribuer à la lutte contre le changement climatique (10).

Ces points ne sont pas de simples opinions. Ce sont les conclusions issues de la littérature scientifique et soutenues par des institutions scientifiques fiables, comme l’OMS, l’Académie européenne des sciences, l’Académie nationale de médecine, l’Académie d’agriculture ou encore le Groupe d’experts intergouvernemental sur le climat (Giec).

« Nous comprenons que des “marchands de doute”, y compris certains scientifiques, aient tenté et tentent encore de détourner le public du consensus. Cependant, les journalistes se trompent de cible s’ils croient que la communauté scientifique est leur ennemie »

Bien entendu, la science n’a pas réponse à tout. Il existe des questions qui n’ont pas conduit à un consensus clair, voire qui restent sans réponse. Il est alors tout à fait légitime pour un média de présenter et d’expliquer le débat qui a lieu. Mais si un consensus existe, le journaliste doit être capable de l’identifier, de chercher à le comprendre et à en rendre compte. Il n’est pas souhaitable de donner autant de poids à un fait scientifique dûment établi qu’à sa négation. Il serait par exemple impensable qu’après quinze minutes d’un sujet sur la station spatiale internationale, l’on donne quinze minutes d’antenne aux adeptes de la Terre plate.

Nous comprenons que des « marchands de doute », y compris certains scientifiques, aient tenté et tentent encore de détourner le public du consensus. Cependant, les journalistes se trompent de cible s’ils croient que la communauté scientifique est leur ennemie. Cette dernière risquerait de s’éloigner plus encore des journalistes. Enfin, nous soulignons la différence entre les échelles de temps scientifique et médiatique. La surinterprétation de résultats préliminaires et de petites avancées, sitôt contredits ou nuancés, brouille le message adressé au public.

S’il est légitime de chercher à informer dans les délais les plus brefs, cette réactivité peut s’avérer contre-productive, en particulier sans les clés de compréhension de l’actualité scientifique. Il est urgent que la place de l’information scientifique dans nos médias et dans le débat public soit revue, pour éviter de creuser le fossé entre scientifiques et journalistes.

Réfléchissons ensemble à la façon de rendre à la science la place qu’elle mérite. Pour un débat public apaisé et rationnel, pour le bien de notre vie politique, pour nos concitoyens. « La science n’a pas de patrie », nous dit Louis Pasteur. Nous ajoutons qu’elle ne saurait avoir de parti-pris idéologique

[1] Assemblée Nationale. Résolution sur les sciences et le progrès dans la République. Session ordinaire de l’Assemblée
Nationale du 21 février 2017.
[2] Académie nationale de Médecine, Académie des Sciences. Les difficultés de l’information du public sur les vaccinations. Académie nationale de médecine –
Académie des Sciences. Novembre 2011.
[3] OMS. 10 menaces pour la santé mondiale en 2019. OMS. Consulté le 20 février 2019.
[4] EASAC. L’homéopathie : nuisible ou utile ? Les scientifiques européens recommandent une approche fondée sur la preuve scientifique. Académie des Sciences. Communiqué de presse du vendredi 29 septembre 2017.
[5] EFSA Journal. Conclusion on the peer review of the pesticide risk assessment of the active substance glyphosate. Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA). EFSA Journal, 12 novembre 2015.
[6] FAO. FAO specifications and evaluations for agricultural pesticides – Glyphosate. Consulté le 20 février 2019.
[7] ANSES.Avis de l’Anses sur le caractère cancérogène pour l’homme du glyphosate. 12 février 2016.
[8] OMS. Sécurité sanitaire des aliments – questions fréquentes sur les aliments génétiquement modifiés. OMS. Mai 2014.
[9] GIEC. Climate Change 2013: The Physical Science Basis. Contribution du 1er groupe de travail au 5e rapport du GIEC, 2013.
[10] GIEC. Réchauffement climatique de 1,5°C – Rapport spécial du GIEC. Chapitre 2 : voies d’atténuation compatibles avec 1,5°C dans le contexte du développement durable. GIEC. Consulté le 20 février 2019.

Bientôt davantage de salles ouvertes aux fumeurs de crack

Journal International de Médecine – Publié le 19/07/2019

Paris, le vendredi 19 juillet 2019 – Le gouvernement a pris ce jeudi un arrêté visant à favoriser la création de nouvelles salles de consommation à moindre risque (SCMR), plus connus sous le nom de salles de shoot. Ces locaux seront également désormais ouverts aux fumeurs de crack.

Le 17 octobre 2016 ouvrait, à l’hôpital Lariboisière à Paris, la première salle de shoot de France, un local où les toxicomanes peuvent consommer de l’héroïne dans les meilleures conditions sanitaires possibles, grâce à un matériel stérile et une assistance médicale.

Depuis, une seule autre SCMR a ouvert en France, à Strasbourg, au nouvel Hôpital civil. Le gouvernement a cependant ouvert la porte à la création de nouvelles salles de shoot ce jeudi. Le ministère de la Santé a en effet pris un arrêté qui fait passer la durée minimum d’ouverture d’un SCMR de trois à un an. Les municipalités pourront donc ouvrir de tel locaux sans craindre de dépasser la fin de la période d’expérimentation de ce dispositif, prévu pour 2022. Une réforme particulièrement pertinente alors que les administrations locales sont actuellement très réticentes à ouvrir de tels lieux à l’approche des élections municipales de mars 2020. Les projets de salles de shoot de Bordeaux et de Saint-Denis sont en de fait au point mort et, à Marseille, le conseil municipal a, le mois dernier, repoussé l’ouverture de sa SCMR sine die.

Il faut dire que les salles de shoot de Strasbourg et surtout de Paris sont très peu appréciées par les riverains, beaucoup se plaignant de l’augmentation de l’insécurité et de la consommation de drogue aux abords de la salle. À ces critiques, l’association Gaia, qui gère la salle de shoot parisienne, répond que la création de la salle a grandement amélioré la qualité de vie des toxicomanes.

En outre, l’arrêté prévoit que les salles de shoot ne seront plus réservées aux consommateurs de drogues injectables, mais également aux usagers de drogue par inhalation, c’est-à-dire aux fumeurs de crack. Cependant, l’association Gaia, qui accueille déjà 200 héroïnomanes par jour dans ses locaux, a d’ores et déjà annoncé qu’elle n’était pas en capacité d’accueillir les fumeurs de crack, bien trop nombreux dans la capitale.

Elisabeth Avril, directrice de l’association, demande donc l’ouverture de nouvelles salles à Paris. « Tant qu’il n’y aura pas de nouvelle salle à Paris, on continuera à n’accueillir que les injecteurs. Il y a 5 000 fumeurs de crack dans le nord-est parisien et on ne peut pas se permettre de les attirer tous dans le quartier », a-t-elle expliqué à l’AFP. À l’inverse, à Strasbourg, l’association Ithaque, en charge de la SCMR, accueillera « immédiatement tous les usagers, quel que soit leur mode de consommation ».

Q.H.

 

«Légaliser le cannabis, c’est risquer une catastrophe sanitaire!»

FIGAROVOX/TRIBUNE – Alors que la France est le plus grand pays consommateur de cannabis de l’Union européenne, le professeur de biochimie Jean-Pierre Pujol pointe du doigt les dangers que représenterait la légalisation de cette drogue.


Jean-Pierre Pujol est professeur émérite de biochimie à l’université de Caen. Il est membre du Centre national de Prévention, d’Études et de Recherches sur les Toxicomanies (CNPERT).


Nous assistons actuellement à une pression redoublée des partisans de la légalisation du cannabis qui s’exerce sur tous les médias. Les lobbyistes qui mènent cette campagne à grande échelle sont d’une part des capitalistes avides d’exploiter le marché très prometteur du cannabis (la firme Leviathan Cannabis a vu sa côte à la bourse de Toronto augmenter de 13 900 % en un an!), mais aussi quelques députés qui prétendent que la répression n’a pas donné de résultats dans notre pays et que la légalisation permettrait de mieux contrôler l’usage de cette drogue. Selon eux, cette démarche permettrait également de démanteler le trafic maffieux et de fournir des recettes fiscales qui soutiendraient des campagnes de prévention. S’ajoutent à ces lobbies quelques médecins qui voient en cette drogue des vertus thérapeutiques qui soulageraient entre autres les patients souffrant de douleurs chroniques.

Les dangers du cannabis

La consommation de cannabis conduit souvent vers des drogues plus dures.

Face à cette campagne effrénée, il convient de rappeler ce qu’est le cannabis et quels ravages il provoque sur la santé de nos concitoyens, tout particulièrement chez les adolescents. En effet, la France est malheureusement en tête des vingt-huit États européens pour la consommation de cette drogue (1,6 million de consommateurs). Les enfants de 12 à 15 ans ayant déjà expérimenté cette drogue sont au nombre de 300 000. Chez ces jeunes, dont le cerveau est en cours de maturation, le cannabis produit des effets particulièrement néfastes, souvent irréversibles.

De nombreux troubles physiques et psychiques sont observés, pouvant mener à la schizophrénie. Le mécanisme d’action du cannabis est bien connu: la substance psychotrope, le tétrahydrocannabinol (THC) est très soluble dans les lipides et, de ce fait se fixe aux membranes cellulaires. Il franchit aisément la barrière hémato-encéphalique et s’accumule dans le cerveau. Il y persiste très longtemps: le THC d’un seul joint demeure plus d’une semaine dans cet organe. Son élimination dans les urines dure huit semaines.

Après plusieurs joints, cela peut durer au moins deux mois. Au niveau du cerveau, il provoque de nombreux troubles: perturbation de la mémoire, défocalisation de l’attention, incoordination motrice, désinhinbition conduisant à des prises de risques, potentialisation des effets ébriants ou hallucinogènes, schizophrénie, anxiété et dépression. Les enseignants constatent que les élèves ont des difficultés à ordonner leurs pensées et manquent d’attention pendant les cours. La situation s’est encore aggravée avec l’augmentation constante de la concentration en THC dans les cannabis vendus actuellement: il y a cinquante ans, le joint contenait 2 à 3 % de THC alors qu’aujourd’hui le taux peut atteindre 40 % et devient plus puissant qu’un rail de cocaïne.

Un des dangers du cannabis est que son addiction conduit souvent vers la recherche de drogues plus dures, comme la cocaïne. On estime que 10 à 20 % des patients passent à une consommation plus forte et deviennent accros au crack. Le cannabis seul est responsable de 300 morts de la route et les risques d’accidents mortels sont 14 fois plus élevés lorsque l’alcool est associé.

Un des arguments des partisans de la légalisation est de prétendre qu’un contrôle pourra être exercé sur la qualité du cannabis produit légalement, en particulier sa teneur en THC. Ainsi, le marché noir serait appelé à disparaître, faute d’acheteurs. Autrement dit, cela mettrait fin au trafic maffieux.

Qui peut croire que les trafiquants vont s’avouer vaincus et vont prendre leur retraite! L’exemple du Colorado démontre le contraire: malgré la légalisation du cannabis dans cet État, il existe toujours un marché noir et le taux de THC n’a pas diminué. Mieux encore, les trafiquants achètent le cannabis produit légalement dans le Colorado et le revendent au prix fort dans les États voisins où il est toujours interdit!

Un autre argument invoqué est l’inefficacité de la répression, telle qu’elle est pratiquée en France. En vérité, ceci n’est pas fondé. En effet, d’après le rapport de 2017 de l’Observatoire européen des Drogues et Toxicomanies (OEDT), la loi française semble répressive mais elle n’est pas réellement appliquée, tant pour l’usage simple que pour le trafic. De plus, son application a été encore assouplie par la loi Tubiana et ses décrets d’application. En France, souvent l’aménagement conduit au paiement immédiat d’une amende et éteint l’action publique. La loi de 1970, déjà pas appliquée pour l’usage simple de cannabis, est devenue définitivement inopérante par la loi de 2014 et son décret de 2015.

Le cannabis, un médicament?

Enfin, certains justifient cette campagne pour la légalisation par la présence de vertus thérapeutiques chez le cannabis et n’hésitent pas à parler de «médicament». Or, en l’état actuel, le cannabis ne répond pas à la définition d’un médicament. À ce stade, il convient de rappeler ce qu’est un médicament et les étapes successives qu’il doit traverser avant d’être mis sur le marché.

D’après le Code de la Santé Publique, il s’agit d’une molécule pure possédant des propriétés préventives ou curatives à l’égard des maladies humaines et animales, susceptible de restaurer, corriger ou modifier leurs fonctions organiques. De la découverte de la molécule à l’autorisation à l’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM), un médicament doit franchir avec succès différentes phases, s’étalant sur environ dix ans: phase de recherche et développement, étude de toxicologie, recherche clinique – cette dernière comprenant elle-même une phase 1 (étude de la tolérance), une phase 2 (étude de l’efficacité), une phase 3 (essai comparatif), et une phase 4 (administrative). La mise au point d’une nouvelle spécialité coûte environ 800 millions d’euros. Enfin, pour que le médicament obtienne l’AMM, il doit présenter un bon rapport bénéfices/risques.

Aucun individu responsable ne devrait utiliser l’argument du médicament pour justifier la légalisation du cannabis.

Environ 75 types de cannabinoïdes ont été identifiés dans la plante, parmi lesquels le THC (Térahydrocannabinol) et le CBD (Cannabidiol) sont les plus documentés. À ce jour, aucun de ces composés d’origine végétale n’a fait l’objet d’un protocole d’étude en vue d’une AMM et donc aucun ne peut être qualifié de médicament. Néanmoins, se basant sur les effets biologiques évidents du THC, certains prétendent utiliser la plante cannabis elle-même. Or, la composition en THC et autres composés est extrêmement variable suivant le plant.

Cette variabilité s’oppose à la conception que l’on a d’un médicament, qui doit être une substance pure, agissant à des doses déterminées. De plus, jusqu’à présent, étant donné l’insolubilité du THC, traiter des patients en leur faisant fumer soit la plante elle-même, soit sa résine, reste une méthode peu contrôlable, tant le passage des principes à l’organisme est aléatoire. Enfin, le THC étant essentiellement soluble dans les lipides, sa rémanence et son élimination sont des paramètres difficiles à appréhender: encore une difficulté qui s’oppose à la notion de médicament.

Sauver nos enfants du cannabis

Comme on le voit, seule une substance issue du cannabis et ayant obtenu une AMM pourrait être qualifiée de «médicament», comme ce fut le cas pour bon nombre de molécules d’origine végétale présentes aujourd’hui dans notre pharmacopée. Ceci n’exclut pas que les recherches puissent se poursuivre pour mieux connaître les mécanismes d’action du cannabis. Pour autant, nul individu responsable ne devrait en conscience utiliser l’argument du «médicament» pour justifier sa légalisation.

Légaliser le cannabis serait synonyme de catastrophe sanitaire.

Il nous faut sauver nos enfants du cannabis avant qu’il ne soit trop tard. Pour cela il faut que les pouvoirs publics prennent conscience qu’il est indispensable d’appliquer réellement notre arsenal répressif, mais également de mettre en place un plan de prévention destiné à informer nos jeunes élèves, dès l’école primaire, sur les dangers de cette drogue. Inspirons-nous de la Suède, dont la politique affichée en matière de toxicomanie a porté ses fruits.

Depuis 1968, le gouvernement suédois a organisé une campagne antidrogue massive dans les écoles et les médias, de sorte qu’une génération a déjà grandi parmi les messages fondés sur la théorie de la drogue d’introduction. La création d’un poste de coordonnateur national antidrogue a permis de coopérer avec les autorités, les conseils municipaux, les conseils de comté, les ONG, etc… et d’influer sur l’opinion publique. La plupart des municipalités ont nommé une personne chargée d’organiser la prévention, auprès des écoliers et des parents.

Les programmes commencent dès l’école élémentaire et figurent à tous les niveaux scolaires. Cette politique a l’appui de tous les partis politiques et de 95 % des citoyens (on croit rêver, quand on pense à l’attitude de certains de nos politiciens). Certes cette politique coûte entre 0.2 et 0.4 % du PIB suédois alors que la France n’y consacre que 0.1 % de son PIB.

En conclusion, l’expérience vécue par les pays ou les états américains qui ont légalisé le cannabis doit nous inciter à refuser cette éventualité dans notre pays. La logique financière et économique ne doit plus primer sur la santé de notre société. Introduire la légalisation du cannabis serait synonyme d’une catastrophe sanitaire dont nos pouvoirs publics porteraient une lourde responsabilité devant l’histoire et nos générations futures.

Source Le Figaro

Légalisation du cannabis par Emmanuel Le Taillandier

Au Malawi on dit que « les bœufs sont tenus par des cordes et les hommes par leurs paroles ».

C’est toute l’habileté des lobbyistes de diffuser les paroles que les hommes s’approprieront pour aller dans le sens recherché.  La campagne qui vient de démarrer à grande échelle en faveur de la légalisation du cannabis est, de ce point de vue, un modèle du genre qu’il convient d’analyser en nous libérant de tous ces mots qui nous tiennent lieu de cordes.

Prenons par exemple un argument largement colporté : « puisque la répression n’a pas marché, mieux vaut libéraliser le marché du cannabis et le légaliser ». Cela me rappelle l’aventure que j’avais connue avec un ami un peu trop éméché qui m’avait emmené un soir faire un tour au volant de sa vieille guimbarde. Inutile de vous dire que ce tacot sans le moindre entretien échappait allègrement aux échéances des contrôles techniques.

A un moment donné le freinage, mal assuré, avait commencé à lâcher et la pédale pompait dans le vide.

« Arrête-toi », lui dis-je. Mais lui de me rétorquer : « Si quelque chose ne fonctionne pas il faut faire le contraire ». Et il se mit à appuyer aussitôt sur l’accélérateur, me causant, comme vous pouvez l’imaginer, la frayeur de ma vie.

Vous avez compris : Si la répression ne marche pas, faites le contraire : légalisez.

Le deuxième argument qui surgit, comme par enchantement, partout en même temps est destiné aux représentants des pouvoirs publics et aux parlementaires : « Si vous légalisez sous votre contrôle la vente de cannabis, vous en tirerez des recettes fiscales confortables qui vous permettront de mener les campagnes de prévention nécessaires ». Autrement dit il faut vendre pour empêcher la vente ! Un argument aussi absurde pourrait être avancé que sur la distinction spécieuse faite entre un cannabis qui serait thérapeutique et donc fondamentalement différent d’un cannabis qui serait récréatif, les bénéfices de l’un venant favoriser la prophylaxie de l’autre. Encore une absurdité.

Il est aisé de citer d’autres arguments de ce genre employés dans la campagne de communication en cours. Mais qui est à l’origine de ce tohu-bohu ?  Ce ne sont pas des hippies attardés, ou des politiciens trop « verts » qui transforment leur baignoire en jardinière. Non ! Ce sont des firmes sérieuses pratiquant un libéralisme débridé et alimentant de façon sauvage une économie financière déchaînée. Qu’on en juge  avec ces chiffres vertigineux. Par exemple ceux de LEVIATHAN CANNABIS à la Bourse de Toronto :

Ou encore ceux de CANOPY GROWTH CORPORATION (Bedrocan, déjà présent en Europe à partir des Pays-Bas) :

L’action a bondi en cinq ans de 1353,18 % faisant pâle figure devant celle de Leviathan Cannabis.

Quand la spéculation produit de tels résultats, il est évident que tous les coups sont permis et que, pour continuer sur une aussi belle lancée, on achètera des hommes politiques, des médias, des consciences. C’est de la folie.

C’est ce qui se passe sous nos yeux.

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