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Zoner sur Amazon en étant saoul: un marché à plusieurs milliards ?

L’alcool désinhibe aussi votre portefeuille.

Un ordinateur et des billets | NeONBRAND via Unsplash
L’essor des plateformes de vente en ligne a considérablement changé nos habitudes de consommation, favorisant notamment les achats aussi compulsifs qu’irréfléchis. En quelques clics, on peut acquérir depuis son canapé un autre canapé, ou tout autre objet que la raison ne saurait approuver. Ajoutons à cela quelques verres d’alcool, et la dépense risque d’être augmentée. C’est ce dont témoigne un sondage mené par le site américain The Hustle sur les achats en ligne effectués sous l’emprise de l’alcool.

444$ par an par personne

L’enquête, ayant été menée sur 2.174 de ses propres abonné·es, n’a pas vocation à être représentative, mais simplement indicative, fournissant «un instantané du marché du shopping ivre». D’après ses résultats, 79% des sondé·es ont effectué au moins un achat en ligne dans leur vie en étant saoul.es, et la moyenne annuelle des dépenses par acheteur ivre se situe à 444$, soit 390€.

The Hustle possède un lectorat majoritairement issu des classes privilégiées, puisque le profil moyen de ses lecteur·ices (53% d’hommes, 47% de femmes) est celui d’un individu de 36 ans touchant 92.000$ par an (80.700€, soit le double de la moyenne nationale états-unienne). Toute mesure gardée, ce shopping irrationnel pourrait néanmoins représenter plusieurs milliards de dollars pour l’industrie de la vente en ligne.

Amazon est sans surprise la plateforme favorite des acheteur·ses saoul·es, utilisée par 85% d’entre elles, suivie par eBay (21%) et Etsy (12%). Les vêtements et les chaussures sont les achats les plus courants (66%), secondés par les films et les jeux (tous deux à 47%), puis les gadgets technologiques (46%).

Les femmes sont très légèrement plus susceptibles d’acheter des biens en état d’ébriété que les hommes (80% contre 78%), et les milieux professionnels les plus concernés par ces achats sont ceux du sport (94%) et des transports (92%).

Les plateformes de vente en ligne n’ignorent évidemment pas ce type de comportement, et tâchent d’en profiter en capitalisant sur l’ivresse de leurs consommateurs, notamment en organisant des ventes flash en fin de soirée. Si 20% des client·es finissent par renvoyer leurs achats, seulement 6% les regrettent.

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Bernard Debré : « On veut légaliser le cannabis par électoralisme »

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La légalisation du cannabis…..

…et l’Homme, et sa Santé, et la Société dans tout cela ?

La légalisation du cannabis est à nouveau bruyamment requise par une coalition hétéroclite :

  • de capitalistes impatients d’obtenir de juteux bénéfices à partir de cette drogue bientôt déclinée sous de multiples formes ;
  • de consommateurs impatients de s’adonner sans contrainte à leur drogue ;
  • de démagogues politiciens ;
  • d’un député faisant miroiter que cet or vert va transformer la Creuse en un Eldorado
  • d’économistes qui promettent des créations d’emplois nombreuses et la perception de taxes pour combler le déficit abyssal de notre Nation;
  • d’addictologues à contre emploi, incapables de sortir de cette addiction ses victimes, ils rêvent de faire de leur spécialité la première de toutes ;
  • des déconstructeurs / destructeurs de notre société ;
  • des « idiots utiles » et autres nuisibles…

Tous s’inspirent de la gestion des drogues licites dans notre pays ; serait-elle exemplaire ?

Le tabac a recruté 13 millions de fumeurs irréductibles, il fait de multiples estropiés, il tue 75.000 fumeurs chaque année.

« L’encadrement que permet sa légalisation » sic, n’empêche pas 70% des buralistes de ne pas respecter l’interdiction de sa vente aux mineurs ; désormais le début de
sa consommation se situe à l’entrée en 6 ième .

L’alcool a recruté 4 à 5 millions de sujets alcoolo-dépendants, parmi lesquels plusieurs
centaines de milliers d’alcooliques. Il tue 49.000 de nos concitoyens chaque année ; ses toxicités physique et psychique sont importantes.

Il blesse ou tue sur la route, au travail ; il est à l’origine de ruptures familiales, professionnelles, sociales, de violence, de clochardisation…

Les alcoolisations aiguës, les « bitures expresses », les comas alcooliques se multiplient chez nos jeunes.

Le cannabis, c’est tout cela en pire. Son pouvoir addictif est attesté par ses 1.300.000 usagers réguliers qui bravent l’interdit de la loi, pour consommer plus de 10 joints chaque mois ; et par ses usagers multi quotidiens (700.000).

Sa consommation débute désormais au collège. Or, plus tôt il est essayé, plus vite il est adopté, et le cerveau alors en maturation (entre 12 et 22 ans) s’en trouve intensément détérioré.

Est-il concevable, sous l’angle sanitaire, de commercialiser une drogue dont la toxicité
cardio-vasculaire est avérée : artérites (plus précoces que celles dues au tabac), accidents vasculaires cérébraux (chez des sujets jeunes), 3 ième cause de déclenchement d’infarctus du myocarde…

Une drogue aux effets immuno dépresseurs ; cancérogènes pour la sphère ORL et broncho-pulmonaire, ainsi que pour le testicule.

Une drogue qui perturbe la grossesse et a des conséquences néfastes pour l’enfant qui en naîtra. Son THC, par un mécanisme épigénétique, à partir des gamètes parentaux, fera hériter leur progéniture d’une vulnérabilité aux drogues , qui se manifestera dès
l’adolescence (en raison d’une sous expression des récepteurs D 2 de la dopamine dans le noyau accumbens).

Au plan psychique, c’est une drogue enivrante, accidentogène sur la route et au travail , dont les effets désinhibiteur pourront s’exprimer par une auto ou une hétéro-agressivité.

Drogue de l’échec scolaire, du décrochage. Elle est génératrice d’anxiété, de dépression (avec en embuscade des risques suicidaires) ;

Ascenseur vers d’autres drogues ; elle peut soit induire de novo, soit décompenser une schizophrénie, soit l’aggraver quand elle est déclarée ;

Elle crée une résistance aux médicaments antipsychotiques ; elle est incriminée dans l’agressivité que peuvent manifester ces patients.

Très grand perturbateur de la cognition, il s’abat sur nos jeunes à l’heure des apprentissages.

Les français en sont les plus grands consommateurs Européens ; cela nous relègue au 26ième rang du classement PISA des performances éducatives de nos jeunes, alors que nous sommes parmi les Nations qui consacrent le plus de moyens à leur éducation.

Dans la mondialisation, c’est une aubaine pour nos compétiteurs d’être affrontés à une nation qui s’adonne à cette drogue abêtissante, démotivante, génératrice d’aboulie.

« Il n’est de richesse que d’Homme », « mens sana in corpore sano ».

Messieurs les prolégalisateurs de cette sale drogue, arrêtez de chichonner, reprenez vos esprits, refrénez vos appétits, pitié pour nos jeunes que déjà tant de maux assaillent, n’euthanasiez pas notre société avec le THC.

Pr. Jean Costentin
Président du Centre National de Prévention, d’Etudes et de Recherches sur les toxicomanies.
« Le désastre des toxicomanies en France » Editions Docis 2018

Cannabis : des dommages irréversibles sur le cerveau des adolescents

Alors que de plus en plus d’États tendent à le légaliser, le cannabis peut s’avérer très dangereux chez les adolescents. Cette drogue provoque des dégâts irréversibles sur le cerveau, trop souvent sous-estimés.

Plus on est jeune, plus on a le cerveau fragile

Avec la puberté, le cerveau d’un adolescent est en plein remodelage neuronal et hormonal. C’est aussi à cette période que les neurones présentent un pic au THC, la substance psychoactive de la drogue. Mais les produits présents sur le marché sont de plus en plus chargés en THC.

Le cannabis est donc une vraie bombe à retardement, sa consommation est néanmoins en baisse chez les adolescents français.

L’addition aux opioïdes: une mort prescrite ?

La dépendance aux opioïdes a provoqué la mort de 300.000 Américains en vingt ans. Aux États-Unis, un bébé naît toutes les 20 minutes, intoxiqué aux opioïdes. 

Près de 200 décès sont liés à une overdose d’opioïdes chaque jour aux États-Unis

Dépendance aux opioïdes : "Il faut informer les patients des risques", alerte un médecin (C) rawpixel

Dépendance aux opioïdes : « Il faut informer les patients des risques », alerte un médecin
Aux États-Unis, un bébé naît toutes les vingt minutes en étant intoxiqué aux opioïdes.En vingt ans, 300.000 Américains sont morts d’overdose sur ordonnance pour des maux de dos, des douleurs chroniques ou des rhumatismes. En 2017, 72.000 personnes ont perdu la vie. C’est désormais la première cause de mortalité des moins de 50 ans. Une crise sanitaire d’une ampleur sans précédent, racontée récemment par l’Obs (« Cette épidémie d’overdoses aux opioïdes qui ravage l’Amérique »), que les autorités fédérales n’ont pas su enrayer.

Depuis les années 1990, on assiste à une véritable crise sanitaire: 115 américains décèdent chaque jour d’un surdosage aux opioïdes licites ou illicites, soit plus de 17.000 décès en 2016. En France, si la situation n’est pas comparable, la consommation est néanmoins en augmentation constante depuis 10 ans. Les antalgiques non opioïdes (paracétamol, aspirine, ibuprofène, etc.) restent certes de loin les plus utilisés par les Français (78% du total), mais près de 10 millions d’entre eux ont reçu au moins une prescription d’opioïdes au cours de l’année 2015.

a France est aussi concernée par ce fléau, l’ANSM révèle qu’au moins 4 décès sont dus à une overdose d’antidouleurs chaque semaine

Ce drame sanitaire est responsable d'au moins 4 décès par semaine en France (C) rebcenter-moscow

Ce drame sanitaire est responsable d’au moins 4 décès par semaine en France
En France, si la situation reste incomparable, néanmoins, la consommation des opiodes est en augmentation constante depuis 10 ans. Les antalgiques non opioïdes (paracétamol, aspirine, ibuprofène, etc.) restent certes de loin les plus utilisés par les Français (78% du total), mais près de 10 millions d’entre eux ont reçu au moins une prescription d’opioïdes au cours de l’année 2015.

« L’ANSM observe une augmentation du mésusage, ainsi que des intoxications et des décès liés à l’utilisation des antalgiques opioïdes, qu’ils soient faibles ou forts. Cependant, la situation n’est pas comparable avec celle observée aux Etats-Unis et au Canada », indique le rapport. « En 2017, l’antalgique opioïde le plus consommé en France était le tramadol puis la codéine en association et la poudre d’opium associée au paracétamol. Viennent ensuite la morphine, premier antalgique opioïde fort, l’oxycodone, à présent pratiquement autant consommé que la morphine, puis le fentanyl transdermique et transmuqueux à action rapide ».

« Aujourd’hui, il y a plus d’overdoses chez les patients avec des douleurs chroniques que chez les consommateurs de drogue », s’alarmait dans Le Parisien Nicolas Authier, président de l’Observatoire français des médicaments antalgiques. N’importe qui peut sombrer. « Ce n’est pas une problématique spécifique des usagers de drogue. On parle ici de femmes (60 %) et d’hommes de 40, 50, 60 ans, sans antécédents de prise de drogue. Confrontés à la douleur chronique, avec pour certains des comorbidités psychiatriques, pour d’autres des problèmes familiaux ou au boulot, ils se retrouvent entraînés dans la spirale irréversible de l’addiction ».


Ben is Back, un drame américain sur la dépendance aux opioïdes

Ben is Back, un film dramatique sur l’addiction à la drogue des adolescents écrit et réalisé par Peter Hedges, sorti le 7 décembre 2018 aux États-Unis. Il est présenté au festival international du film de Toronto 2018. L’histoire relate celle de Ben, 19 ans, qui fait son retour dans sa famille à la veille de Noël, après une longue absence. Sa mère Holly (Julia Roberts) est ravie de revoir son fils, tout en redoutant qu’il ne cède à ses addictions. En effet, Ben est un ancien toxicomane. Sa mère va tout faire pour sauver son fils, quitte à mettre son mariage en péril.

Julia Roberts est incroyablement touchante en mère courage. Dans ce long-métrage, elle redonne une seconde vie à son fils. Le film rend hommage à toutes les mamans qui se battent contre la dépendance à la drogue de leurs enfants.

Le message est fort

L’addiction aux opioïdes en Amérique, concerne donc une débauche de médicaments anti-douleur tels que l’Oxycodin ou le Fentanyl, elle atteint surtout les petites villes, finit souvent par la phase ultime de la dépendance à l’héroïne, et pas un jour ne passe sans qu’un nouveau drame d’overdose n’apparaisse. C’est pour cette raison que le sujet intéresse le cinéma, plus précisément ce que cela engendre dans les familles.

“Je viens d’une famille qui a été profondément touchée par les addictions, que ce soit à l’alcool ou aux drogues. Dans ma famille, certains s’en sont sortis, d’autres pas, et d’autres encore continuent à se battre. Par ailleurs, j’ai perdu quelqu’un de proche », confie le réalisateur, qui a eu l’idée de travailler sur un film portant la souffrance et l’impact que la drogue peut avoir sur une famille. La force de « Ben is Back » est de ne jamais porter aucun jugement sur ses personnages, notamment sur Ben, qui au final est victime de lui-même.

Frappé par la toxicomanie au travers de proches, il est clair que Peter Hedges souhaitait apporter un témoignage, voire un hommage aux hommes et femmes piégés dans cet enfer, et peut-être surtout aux familles qui les soutiennent inconditionnellement tout en se méfiant d’eux comme de la peste.

Le cannabis, un ennemi de la fertilité

Le cannabis, un ennemi de la fertilité
Pour les couples souhaitant concevoir, la consommation de cannabis n’a rien d’anodin. Elle affecte à la fois les fonctions reproductives féminine et masculine et rend la conception plus difficile.

Très souvent banalisée, la consommation de cannabis peut avoir un impact négatif sur la fertilité féminine et masculine.

Commençons par les femmes. Fumer régulièrement entraîne des perturbations du cycle et de la qualité d’ovulation. « Cela est dû non seulement au THC (la principale molécule active du cannabis) mais aussi à d’autres composants du cannabis », peut-on lire sur le site stop-cannabis.ch. « Il semble ainsi par exemple que des phytoestrogènes présents dans la fumée de cannabis interfèrent avec  les récepteurs des oestrogènes. »

En outre, selon  l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), le cannabis « entraine un risque augmenté de kystes de l’ovaire et un risque d’infertilité pour les femmes ayant consommé du cannabis dans l’année précédant la tentative de conception ».

Du côté des hommes, les travaux vont dans le même sens. Le joint entraîne une diminution de la production de sperme, de la mobilité des spermatozoïdes et de leur durée de vie. Ainsi en 2003, une étude a montré un comportement anormal des spermatozoïdes: ils bougeaient trop vite et trop tôt. Ils avaient beaucoup moins de chances d’arriver à atteindre l’ovule et donc à féconder celui-ci.

Une conception difficile

Enfin, il a été montré que la consommation de cannabis au moment de la conception entraîne plus de risques de fausses couches et de grossesses extra-utérines. Il semble que le  THC empêche le transport et la nidation des embryons dans l’utérus. Par ailleurs, il serait néfaste lors d’une fécondation in vitro.

« Certaines de ces études doivent être confirmées », concède le site drogues-info-service.fr. « Toutefois, le principe de précaution incite les couples désireux d’avoir un enfant à cesser leur consommation de cannabis et de tabac, d’autant plus s’ils sont déjà suivis pour infertilité ou souhaitent avoir recours à la procréation médicalement assistée. »

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Cannabis, cocaïne, ecstasy: les Français consomment-ils plus que leurs voisins européens?

Deux personnes fumant du cannabis. (Illustration)

Un ami nous a quitté

C’est avec une grande tristesse que nous avons appris le décès de notre éminent collègue et excellent ami, le docteur André Fabre, survenu à Créteil le 27 Mai 2019, à l’hôpital intercommunal (CHIC) où il a longtemps exercé.

Pédiatre de renom, formé aux écoles française et américaine, il s’est investi rapidement dans la protection des adolescents  par la lutte contre les drogues : il a été un pilier du CNPERT et un correspondant actif de notre blog  dés sa création.

Passionné d’informatique, il a largement développé l’utilisation des dossiers informatisés des patients et la mise en place du PMSI dans notre hôpital. Cette compétence lui a valu de développer la cellule informatique de l’Académie nationale de médecine.

La cérémonie religieuse sera célébrée le mardi 11Juin à l’Eglise suédoise (9 rue Médéric à Paris 17e), l’inhumation aura lieu en Suéde le 14 Juin au cimetière de Karaby.

A son épouse, Britt-Marie, à ses enfants et ses petits enfants, nous adressons nos sentiments de vive sympathie. Nous perdons un ami fidèle, présent dans tous les combats, qui a apporté compétence et fougue à la défense de nos convictions. Il est et reste présent parmi nous, nous ne l’oublierons pas.

Pr. Jean-Paul Tillement

En deux ans, 1,6 million de fumeurs en moins en France

INFOGRAPHIE – Il faudra encore attendre dix ou quinze ans pour observer une inversion de la courbe de mortalité.

1,6 million de fumeurs en moins, en à peine deux ans: le recul spectaculaire du tabagisme en France se confirme en 2018, selon le dernier Baromètre santé publié mardi 28 mai. Pour la deuxième année consécutive, l’enquête met en évidence une diminution du nombre de fumeurs quotidiens âgés de 18 à 75 ans. «L’ampleur de la baisse sur deux ans, de l’ordre de 12 %, est sans précédent: elle traduit non seulement un arrêt du tabac chez des fumeurs mais aussi une réduction du nombre de jeunes qui entrent dans le tabagisme», se réjouit François Bourdillon, le directeur général de Santé publique France qui voit dans ces résultats «un grand succès».

En 2018, 32% des Français adultes consommaient du tabac: 25,4 % quotidiennement (en chute de 1,5 points par rapport à 2017) et 6,6 % de manière occasionnelle. Ils ont aussi allumé moins de cigarettes – 15 par jour en moyenne. La cigarette électronique, de plus en plus utilisée pour arrêter de fumer, est devenue le premier outil d’aide au sevrage. 3,8 % des Français vapotent au quotidien en 2018, contre 2,7 % un an plus tôt. La moitié d’entre eux sont des anciens fumeurs.

» LIRE AUSSI – Risque de cancer: à combien de cigarettes correspond un verre de vin?

«L’instauration du paquet sans logo a contribué à rendre la cigarette moins attrayante, notamment auprès des jeunes»

Amélie Eschenbrenner, chargée de communication au Comité national contre le tabagisme (CNCT)

Cette baisse (moins importante qu’en 2017) est «la preuve qu’une politique cohérente et énergique a des effets sur la santé publique», salue Amélie Eschenbrenner, chargée de communication au Comité national contre le tabagisme (CNCT). Après des années d’attentisme, les autorités sanitaires ont pris le taureau par les cornes en 2016. La baisse actuelle est, selon les experts, la conséquence de l’arsenal de mesures antitabac mises en œuvre depuis lors: augmentation régulière des prix, mise en place du paquet neutre, remboursement des substituts nicotiniques (patchs, gommes) comme des médicaments ou encore, lancement d’une opération d’incitation à l’arrêt, le «Mois sans tabac». Sa dernière édition en novembre 2018 a connu un succès important, avec 250.000 inscrits. «Cet événement, ainsi que l’instauration du paquet sans logo, a contribué à rendre la cigarette moins attrayante, notamment auprès des jeunes», affirme Amélie Eschenbrenner. En 2017, l’enquête Escapad menée chez les mineurs de 17 ans avait déjà montré une baisse du tabagisme dans ce public.

Le dernier Baromètre santé, réalisé par téléphone auprès de 9000 personnes, comporte cependant plusieurs points noirs. Les chercheurs remarquent l’impact des inégalités sociales qui restent très marquées, même si elles ont tendance à s’atténuer. Ainsi 19,4 % des Français ayant au moins le bac fument quotidiennement, contre 28,2 % des non-diplômés.

De plus en plus de fumeuses

Par ailleurs la prévalence du tabagisme dans notre pays est toujours l’une des plus élevées en Europe, notamment chez les femmes. Avec 11,5 millions de fumeurs quotidiens en 2018, la France est encore loin des pays ayant imposé des politiques offensives de plus longue date, à l’instar des États-Unis et de l’Australie qui comptent aujourd’hui moins de 15 % de fumeurs.

» LIRE AUSSI – Tabac: les fumeurs sous-estiment encore les risques

Selon François Bourdillon, «les effets de cette baisse de consommation sur la mortalité ne se feront de toute façon pas sentir avant dix ou quinze ans». On estime à 75.000 le nombre de morts attribuables en 2015 au tabagisme, à la suite de cancers, de maladies cardiovasculaires ou de pathologies respiratoires. Cela correspond à 13 % des décès survenus en France métropolitaine. Depuis quinze ans, ce décompte augmente de 5 % chez les femmes chaque année en moyenne. Conséquence visible avec retard de leur entrée dans le tabagisme dans les années 1960 et 1970.

La tendance à la baisse va-t-elle se poursuivre? Le CNCT se dit confiant : «L’objectif de la première génération sans tabac en 2032, c’est-à-dire moins de 5 % de fumeurs chez les jeunes majeurs nés en 2014, est accessible.» En 2020, le prix du paquet de cigarettes coûtera 10 euros.

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