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Cannabis, cocaïne, ecstasy: les Français consomment-ils plus que leurs voisins européens?

Deux personnes fumant du cannabis. (Illustration)

Un ami nous a quitté

C’est avec une grande tristesse que nous avons appris le décès de notre éminent collègue et excellent ami, le docteur André Fabre, survenu à Créteil le 27 Mai 2019, à l’hôpital intercommunal (CHIC) où il a longtemps exercé.

Pédiatre de renom, formé aux écoles française et américaine, il s’est investi rapidement dans la protection des adolescents  par la lutte contre les drogues : il a été un pilier du CNPERT et un correspondant actif de notre blog  dés sa création.

Passionné d’informatique, il a largement développé l’utilisation des dossiers informatisés des patients et la mise en place du PMSI dans notre hôpital. Cette compétence lui a valu de développer la cellule informatique de l’Académie nationale de médecine.

La cérémonie religieuse sera célébrée le mardi 11Juin à l’Eglise suédoise (9 rue Médéric à Paris 17e), l’inhumation aura lieu en Suéde le 14 Juin au cimetière de Karaby.

A son épouse, Britt-Marie, à ses enfants et ses petits enfants, nous adressons nos sentiments de vive sympathie. Nous perdons un ami fidèle, présent dans tous les combats, qui a apporté compétence et fougue à la défense de nos convictions. Il est et reste présent parmi nous, nous ne l’oublierons pas.

Pr. Jean-Paul Tillement

En deux ans, 1,6 million de fumeurs en moins en France

INFOGRAPHIE – Il faudra encore attendre dix ou quinze ans pour observer une inversion de la courbe de mortalité.

1,6 million de fumeurs en moins, en à peine deux ans: le recul spectaculaire du tabagisme en France se confirme en 2018, selon le dernier Baromètre santé publié mardi 28 mai. Pour la deuxième année consécutive, l’enquête met en évidence une diminution du nombre de fumeurs quotidiens âgés de 18 à 75 ans. «L’ampleur de la baisse sur deux ans, de l’ordre de 12 %, est sans précédent: elle traduit non seulement un arrêt du tabac chez des fumeurs mais aussi une réduction du nombre de jeunes qui entrent dans le tabagisme», se réjouit François Bourdillon, le directeur général de Santé publique France qui voit dans ces résultats «un grand succès».

En 2018, 32% des Français adultes consommaient du tabac: 25,4 % quotidiennement (en chute de 1,5 points par rapport à 2017) et 6,6 % de manière occasionnelle. Ils ont aussi allumé moins de cigarettes – 15 par jour en moyenne. La cigarette électronique, de plus en plus utilisée pour arrêter de fumer, est devenue le premier outil d’aide au sevrage. 3,8 % des Français vapotent au quotidien en 2018, contre 2,7 % un an plus tôt. La moitié d’entre eux sont des anciens fumeurs.

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«L’instauration du paquet sans logo a contribué à rendre la cigarette moins attrayante, notamment auprès des jeunes»

Amélie Eschenbrenner, chargée de communication au Comité national contre le tabagisme (CNCT)

Cette baisse (moins importante qu’en 2017) est «la preuve qu’une politique cohérente et énergique a des effets sur la santé publique», salue Amélie Eschenbrenner, chargée de communication au Comité national contre le tabagisme (CNCT). Après des années d’attentisme, les autorités sanitaires ont pris le taureau par les cornes en 2016. La baisse actuelle est, selon les experts, la conséquence de l’arsenal de mesures antitabac mises en œuvre depuis lors: augmentation régulière des prix, mise en place du paquet neutre, remboursement des substituts nicotiniques (patchs, gommes) comme des médicaments ou encore, lancement d’une opération d’incitation à l’arrêt, le «Mois sans tabac». Sa dernière édition en novembre 2018 a connu un succès important, avec 250.000 inscrits. «Cet événement, ainsi que l’instauration du paquet sans logo, a contribué à rendre la cigarette moins attrayante, notamment auprès des jeunes», affirme Amélie Eschenbrenner. En 2017, l’enquête Escapad menée chez les mineurs de 17 ans avait déjà montré une baisse du tabagisme dans ce public.

Le dernier Baromètre santé, réalisé par téléphone auprès de 9000 personnes, comporte cependant plusieurs points noirs. Les chercheurs remarquent l’impact des inégalités sociales qui restent très marquées, même si elles ont tendance à s’atténuer. Ainsi 19,4 % des Français ayant au moins le bac fument quotidiennement, contre 28,2 % des non-diplômés.

De plus en plus de fumeuses

Par ailleurs la prévalence du tabagisme dans notre pays est toujours l’une des plus élevées en Europe, notamment chez les femmes. Avec 11,5 millions de fumeurs quotidiens en 2018, la France est encore loin des pays ayant imposé des politiques offensives de plus longue date, à l’instar des États-Unis et de l’Australie qui comptent aujourd’hui moins de 15 % de fumeurs.

» LIRE AUSSI – Tabac: les fumeurs sous-estiment encore les risques

Selon François Bourdillon, «les effets de cette baisse de consommation sur la mortalité ne se feront de toute façon pas sentir avant dix ou quinze ans». On estime à 75.000 le nombre de morts attribuables en 2015 au tabagisme, à la suite de cancers, de maladies cardiovasculaires ou de pathologies respiratoires. Cela correspond à 13 % des décès survenus en France métropolitaine. Depuis quinze ans, ce décompte augmente de 5 % chez les femmes chaque année en moyenne. Conséquence visible avec retard de leur entrée dans le tabagisme dans les années 1960 et 1970.

La tendance à la baisse va-t-elle se poursuivre? Le CNCT se dit confiant : «L’objectif de la première génération sans tabac en 2032, c’est-à-dire moins de 5 % de fumeurs chez les jeunes majeurs nés en 2014, est accessible.» En 2020, le prix du paquet de cigarettes coûtera 10 euros.

Pourquoi la légalisation du cannabis constituerait un drame de santé publique

Pr Jean Costentin

Membre des Académies Nationales de Médecine et de Pharmacie, contributeur du CERU, le labo d’idées universitaire, le Professeur Costentin, auteur de “Le désastre des toxicomanies en France” (Éditions Docis, 2018), explique en quoi la légalisation du cannabis constituerait un drame de santé publique.

Une course de vitesse se joue entre les tenants de la légalisation du cannabis, pressés de voir commis l’irrémédiable, et ceux qui informés des méfaits de cette drogue, tentent d’alerter les Français sur le drame sanitaire qui en résulterait.

La toxicité du cannabis, tant psychique que physique, a été maintes fois démontrée. Elle n’est d’ailleurs plus contestée dans le milieu médical. Pourtant, de nombreux lobbys favorables à sa légalisation investissent de gros moyens de communication pour faire accroire que cette drogue est un produit anodin. Face à cette propagande offensive, le rôle des médecins doit être de rappeler la véritable nature de cette substance et les dangers qu’elle fait peser sur notre santé.

La toxicité psychique du cannabis, liée à son principal constituant, le THC, a de multiples effets : elle induit une ivresse et provoque des effets désinhibiteurs qui sont la source de nombreux dangers aussi bien pour la conduite automobile que dans diverses activités professionnelles. Il a été démontré également que l’usage de ce toxique perturbait fortement la capacité d’apprendre et donc les activités éducatives ; il favorise la survenue d’anxiété, de troubles dépressifs pouvant inciter au suicide ; il joue un rôle dans l’apparition ou l’aggravation d’une schizophrénie qu’on ne sait guérir. De plus cette…

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Cannabis: des «conséquences importantes sur la santé mentale des ados»

La Dre Gabriella Gobbi est catégorique. « Le cannabis, ce n’est pas une drogue légère », a mentionné la chercheuse en marge d’une présentation faite au congrès de l’ACFAS lors d’un colloque sur les nouvelles perspectives scientifiques et l’importance pour la prévention du suicide.

Les données qu’elle a présentées sont évocatrices, alors qu’environ « 16 000 cas de tentatives de suicide au Canada seraient évités chaque année si les adolescents ne fumaient plus de cannabis ».

Psychiatre à l’Hôpital général de Montréal, la Dre Gobbi observe dans sa propre pratique une hausse des consultations pour des problèmes de santé mentale chez de jeunes consommateurs de cannabis.

Elle a notamment évoqué le cas d’un jeune Français, fils de deux médecins, qui avait consommé du cannabis une fois avant d’arriver au Canada pour ses études, lorsqu’il avait 19 ans.

Mais « pendant une période de stress et d’insomnie, ses amis lui offrent du cannabis », a relaté la Dre Gobbi. À 22 ans, sa copine l’amène à l’urgence. Il est en dépression sévère et a des idées suicidaires.

La Dre Gobbi souligne que le cas de cet étudiant illustre « le risque du groupe ». « Quand il habitait avec ses parents, il n’avait pas vraiment consommé, […] mais avec les pairs, quand tous tes amis consomment, tu consommes aussi, explique-t-elle.

Selon des données de 2013, l’âge moyen de la première consommation de cannabis se situait à 15,1 ans au Canada et à 13,5 ans au Québec.

La prévention devrait donc commencer à la préadolescence, entre 11 et 13 ans, croit la Dre Gobbi. «Les études sont très claires et disent que quand les parents sont très informés des conséquences du cannabis sur la santé mentale, c’est là que la prévention est la plus efficace, expose-t-elle. C’est donc très important que les parents soient bien informés que le cannabis n’est pas une drogue légère, que ce n’est pas une drogue récréative.»

Les conséquences sur le cerveau peuvent se faire sentir à l’adolescence, mais aussi «plus tard dans la vie», souligne par ailleurs la psychiatre. Les jeunes adultes sont «encore à risque entre 18 et 21 ans», dit-elle, alors qu’on observe une «augmentation exponentielle» de la consommation de cannabis dans cette petite tranche d’âge.

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Google Play Store arrête les livraisons de cannabis

Google Play Store arrête les livraisons de cannabis

Le roi des Gafa va bannir les applications qui vendent ou conseillent les potentiels consommateurs de marijuana.

À contre-courant d’une vague mondiale de légalisation du cannabis, récréatif ou thérapeutique, Google déclare la guerre à cette substance polémique. C’est contre l’achat de cannabis via Google Play Store, grand magasin virtuel d’applications sur mobile, que le géant américain entend lutter. Il a suffi d’une mise à jour, mercredi, de la politique de cette plateforme. Le roi des Gafa va en bannir, d’ici un mois, les applications, nombreuses, qui vendent ou conseillent le potentiel consommateur de marijuana ou de produits en contenant pour qu’il se fasse livrer.

Google n’a pas fait les choses à moitié: même les résidents d’États ayant légalisé cette drogue ne pourront, en effet, se soustraire à sa décision.

Google emboîte ainsi le pas d’Apple, dont l’Apple Store interdit déjà les applis qui facilitent la vente de marijuana, mais aussi de tabac ou substances contrôlées.

En riposte à ce durcissement de Google, le porte-parole d’une des applications incriminées (Eaze) a évoqué le risque que ces décisions «aident uniquement le marché illégal à prospérer». Google précise que les applications visées peuvent s’adapter à ses nouvelles règles, en évoquant le cannabis, par exemple, mais sans vente intégrée. Déterminé à séduire les plus jeunes, le groupe ne peut en outre se permettre de sembler promouvoir drogues et violences. D’autant qu’il a, encore tout récemment, été taclé après la découverte de contenus violents inappropriés dans des jeux pourtant destinés aux enfants.

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Effets épigénétiques du cannabis : Si importants qu’il faut les connaître

Par le Pr. Jean Costentin (1)

Président du Centre National de Prévention, d’Etudes et de Recherches sur les Toxicomanies (CNPERT)

Une course de vitesse se joue entre les tenants de la légalisation du cannabis, pressés de commettre l’irrémédiable, et ceux qui, informés des méfaits de cette drogue, expliquent pourquoi sa légalisation serait un drame sanitaire, une mise en danger de notre société et de la vie d’autrui.

Les manifestations de sa toxicité psychique liées à son principal constituant, le THC,  consistent en une ivresse, source de dangers pour la conduite automobile et diverses activités professionnelles ; en des effets désinhibiteurs suscitant des prises de risques ; en une perturbation de la capacité d’apprendre et, partant, des activités éducatives ; en la survenue d’anxiété, de troubles dépressifs pouvant inciter au suicide ; en l’apparition ou l’aggravation d’une schizophrénie (la folie dans le langage commun) qu’on ne sait guérir ; en une dépendance / addiction dont on ne sait débarrasser ses victimes ; en une escalade vers d’autres drogues…

Sa toxicité physique est d’ordre cardio-vasculaire, avec des artérites, des accidents vasculaires cérébraux, c’est la troisième cause de déclenchement d’infarctus du myocarde. Il a des effets cancérogènes sur les sphères ORL, broncho-pulmonaire, ainsi que pour les testicules. Il  diminue les défenses immunitaires. Il perturbe le déroulement de la grossesse, affecte le développement de l’enfant qui en naîtra ; il manifestera, à l’adolescence, une vive appétence pour les drogues.

De fait, à l’adolescence, les enfants dont les parents consommaient du cannabis, sont plus vulnérables aux toxicomanies. On pensait, assez logiquement, que c’était la conséquence du mauvais exemple donné par les parents, de leur permissivité, d’un accès plus facile aux drogues… Depuis  quelques années une autre explication s’est ajoutée, en relation avec effets épigénétiques du THC. Leur importance justifie les explications suivantes.

Nos caractères exprimés (phénotype) sont déterminés par notre programme génétique (génotype), dont le support est l’ADN (acide désoxyribonucléique). Cet ADN est le constituant majeur, mais non exclusif de nos gènes (portés par les chromosomes présents dans le noyau de chacune de nos cellules). A chacun de ces gènes correspond un de nos caractères. Des mutations (spontanées ou provoquées) de notre ADN, sont transmissibles à notre descendance ; elles peuvent modifier les caractères exprimés.

Il existe d’autres types de modifications, dites épigénétiques, qui affectent non pas l’ADN lui même, mais des éléments associés à son enveloppe, à sa chromatine, qui est telle une gaine associée à ces gènes. Ce type de modifications peut influer sur l’intensité d’expression des gènes ; conduisant à des modifications non pas qualitatives mais quantitatives de certains caractères. Diverses substances, dont le THC, produisent des modifications épigénétiques, qui affectent des éléments de l’enveloppe des gènes (les histones de la chromatine),  et modifient, ce faisant, leur expression.

Les chercheurs de l’équipe de Y. Hurd  (Mont Sinaï Addiction Institute, de New York) ont étudié les effets épigénétiques du THC. Ils ont montré qu’il provoquait (entre autres modifications) la méthylation d’histones associées au gène codant le récepteur D2 de la dopamine, avec pour effet d’en diminuer l’expression.

Les enfants issus de parents ayant consommé du cannabis avant leur procréation, présentent une raréfaction de ces récepteurs D2, dans une structure cérébrale – le noyau accumbens. Comme à la stimulation de ces récepteurs est associée la perception du plaisir (dont chacun de nous a un impérieux besoin), ces individus, aux récepteurs D2 raréfiés, pour éprouver du plaisir, doivent les confronter à une plus grande concentration de la dopamine, que libèrent les neurones dopaminergiques de ce noyau accumbens. Ils recourent pour ce faire aux drogues, à n’importe quelles drogues (c’est leur caractéristique d’action neurobiologique) afin qu’elles instaurent une haute concentration de dopamine (« l’amine du plaisir »)2.

Ainsi, les individus en âge de procréer qui consomment du cannabis, exposent leurs gamètes (spermatozoïdes, ovules) aux effets épigénétiques du THC. Ils pourront conférer à leur progéniture, une sous expression des récepteurs D2 accumbiques avec, pour corollaire, une plus vive appétence pour les drogues.

En conclusion, un libre accès au cannabis des individus en âge de procréer, fera de leurs enfants des toxicomanes. Les « décideurs » doivent bien se pénétrer de ces conséquences. Tout doit être fait pour qu’ils le sachent et ne puissent ultérieurement s’abriter derrière le fait qu’ils ne savaient pas. Passant outre à ces données ils deviendraient responsables, non seulement de la mise en danger de la vie d’autrui, car le cannabis peut tuer, mais aussi d’avoir corrompu les enfants de ses consommateurs.

1« Le désastre des toxicomanies en France » J. Costentin Ed. Docis 2018

2« La dopamine dans tous ses états » J. Costentin Ed. Docis 2017    

Drogue : ce qu’une étude mondiale nous apprend de la consommation des Français

La cocaïne, produite en Amérique du Sud, est vendue en Europe autour de 70 euros le gramme (illustration). LP/Olivier Arandel
Plus de 120 000 personnes, dans 35 pays, ont participé à l’unique enquête internationale sur les drogues. Cannabis, MDMA et cocaïne sont en tête des produits consommés.
En matière de drogues, les possibilités semblent infinies. L’organisation « Global drug survey » vient de publier une grande enquête sur leur consommation. Depuis 2011, GDS, en s’appuyant sur des référents scientifiques de différents pays, réalise l’unique sondage international sur les drogues et l’attitude des consommateurs.

Les résultats 2019 ont été obtenus en recueillant les déclarations de 123 814 personnes, vivant dans 35 pays dont la France, pendant tout le mois de décembre 2018 via des questionnaires en ligne.

Les auteurs de l’étude précisent bien qu’ils ne travaillent pas selon un échantillonnage représentatif de la population des consommateurs de drogues pays par pays. Ce qui explique que 35 000 personnes aient répondu en Allemagne, trois fois plus qu’aux Etats-Unis qui arrivent pourtant deuxième. En France, 3 185 personnes ont complété le questionnaire relayé par des associations comme la Fédération addiction.

70 euros le gramme en France

Après le cannabis et la MDMA, la cocaïne est la substance illicite la plus consommée dans le monde. En Colombie, pays producteur, un gramme coûte 3,80 euros. La France est le dixième pays le plus cher, à 70 euros le gramme, un prix stable depuis plusieurs années. La marchandise produite en Amérique du Sud arrive sur les marchés occidentaux de plus en plus pure, ce qui peut, notent les auteurs de l’étude, accroître les risques pour la santé ainsi que le niveau de dépendance.

Sur les 123 814 personnes interrogées, seules 0,3 % consomme presque chaque jour (plus de 301 jours par an). Ce sont les Écossais qui en prennent le plus souvent : douze fois dans l’année, deux fois plus que la moyenne. Viennent ensuite le Canada, le Brésil, l’Italie, le Portugal et le Danemark (10 fois dans l’année). Les consommateurs français sont, avec huit prises de cocaïne dans l’année, dans une pratique dite « festive » de la drogue.

Une récente enquête de notre journal montrait que, soumis à l’action des douanes et de la police, et face à la concurrence d’internet, les dealers avaient modifié leurs habitudes de travail. Le « four » à l’ancienne, point de deal en banlieue où les clients viennent se fournir le plus discrètement possible, est de moins en moins la norme. L’étude GDS le montre : l’an dernier, plus des deux tiers des Français consommateurs ont été livrés dans la journée. Et pour 30 % d’entre eux, c’était même dans la demi-heure, preuve qu’un service de livraisons « à la demande » se normalise.

Cannabis : tombola, pub et livraison à domicile, les nouvelles méthodes des dealers

L’étude estime qu’en dehors de leur penchant pour une drogue interdite, les consommateurs sont des citoyens respectueux des lois. Ils ont pourtant bien conscience de soutenir des organisations mafieuses.

Pour cette raison, ou pour éviter des pépins de santé, seuls 42 % des consommateurs français ont envie de prendre moins de cocaïne cette année. Un résultat dans la moyenne (41,5 %), quoique bien loin de l’Italie où 64,6 % des habitués veulent lever le pied. Mais un monde comparé aux 80 % de Finlandais qui n’ont pas du tout envie de prendre moins.

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