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Drogues, tabac, alcool: la « e-santé » au secours des « addicts »

Par Sciences et Avenir avec AFP le 14.05.2019 

La Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives vient de proposer un plan pour améliorer la prise en charge des patients. Elle propose notamment de s’appuyer sur la e-santé.

tabac

La e-santé représente un énorme potentiel pour lutter contre les addictions à l’alcool au tabac, aux jeux…

AFP/ARCHIVES – SEBASTIEN BOZON

Applis, réseaux sociaux d’entraide, téléconsultations: la e-santé représente un énorme potentiel pour lutter contre les addictions (alcool, tabac, jeux..), souligne un rapport dévoilé mardi 14 mai 2019. Le développement de ces nouveaux outils de santé devrait contribuer à réduire « le fossé majeur entre le nombre de personnes atteintes d’addictions et le nombre de patients traités« , dit à l’AFP le Pr Michel Reynaud, co-auteur de ce rapport pour la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca).

« Dans le monde entier on considère que 20% au mieux des patients souffrant d’addictions sont traités« , ajoute le président du Fonds Actions Addictions. Fumeurs, consommateurs problématiques d’alcool ou de drogues illicites en pâtissent avec un « recours aux soins trop tardifs« . « Ce sont des pathologies souvent honteuses que les gens ont du mal à s’avouer dans une société qui a tendance à considérer, en tout cas pour les substances licites, qu’il est normal de consommer, même de surconsommer. Et d’un autre côté, on a un dispositif de soins totalement insuffisant au regard des besoins« , analyse ce spécialiste, pour qui la « e-santé » des addictions « permet de faciliter le contact avec quelqu’un qui vous aide à y voir clair« . En France, les niveaux de consommation restent « préoccupants » avec 13 millions de fumeurs quotidiens de tabac et 700.000 de cannabis, un million d’alcoolo-dépendants et trois millions de buveurs problématiques.

Bienfaits de l’échange

Les auteurs proposent dans leur rapport un « plan » en quatre niveaux de déploiement. Cela va de l’échange entre usagers et patients, suffisant pour certains, vers le repérage, l’orientation et la prise en charge brève des usagers à risque, incluant du « télé-conseil » voire du « télé-soin« , par des psychologues, des infirmières, des éducateurs ou des patients conseillers (« patients-experts« ), tous formés. On termine par la prise en charge médicalisée (téléconsultation, applis, objets connectés…).

En Ecosse, les données territoriales permettent déjà de cartographier ce qui se passe sur le terrain et de savoir, par exemple, combien de patients reçus aux urgences pour des troubles de l’alcool ont reçu l’aide adéquate et ainsi d’adapter les moyens. Leur « plan » s’appuie aussi sur les services et sites déjà existants (Mois sans tabac, Joueurs Info Service, Ecoute Cannabis, Filsantejeunes…). Françoise Gaudel, « ex-fumeuse » est ainsi l’initiatrice d’un important groupe Facebook d’entraide à l’arrêt du tabac JNFP (Je ne fume plus !). « L’addiction au tabac est une saloperie, c’est une drogue dure« , dit-elle.

La « défume » est difficile d’où l’intérêt d’échanger « avec des gens qui ont fait le même chemin que vous« , ajoute celle qui est présidente de l’association France patients-experts addictions qui anime avec des professionnels de santé le forum Addict Aide (www.addictaide.fr) créé en janvier sur les substances psychoactives (tabac, alcool, cannabis, cocaïne, médicaments…) et des troubles du comportement (achats, sexe, jeux…).

Protection des données

Le développement de la e-santé (applis, objets connectés, plateformes téléphoniques, etc.) doit garantir la sécurité, la protection des données des patients, relève le Dr Thierry. Selon une étude parue en avril 2019 dans la revue américaine Jama, sur 36 applis pour l’arrêt du tabac et la dépression les plus utilisées, 29 transmettaient des données personnelles à Google et Facebook pour la publicité et le marketing, sans en informer dans environ la moitié des cas les utilisateurs, pointe-t-il.

Aux Etats-Unis, deux applis ont été validées : A-Chess qui ajoutée au traitement usuel a permis une réduction de 57% des rechutes chez des alcolodépendants et l’appli reSET, prescrite et remboursable, qui, en comprenant des groupes de support, des textes et vidéos, a donné des résultats comparables. Pour améliorer la prise en charge de ce type de pathologies, les auteurs plaident aussi pour la création pour les addictions sévères d’une affection de longue durée (ALD). Pour l’alcool, cette prise en charge à 100% concernerait, en France, environ 500.000 personnes souffrants d’alcoolodépendances graves, alors qu’actuellement l’ALD n’est reconnue qu’au stade des complications comme la cirrhose, déplore le Dr Thierry.

Le rapport préconise notamment de financer des associations de patients pour accéder à la formation pour devenir patients-experts, susceptibles d’intervenir dans les prises en charge et d’accorder une « tarification incitative » pour développer les téléconsultations.

Les Canadiens plus réticents au cannabis à des fins récréatives

HALIFAX — Un nouveau sondage laisse croire que les Canadiens sont plus réticents face au cannabis à des fins récréatives par rapport à ce qu’ils en pensaient avant la légalisation de la substance.

Des chercheurs de l’Université Dalhousie disent être surpris de leurs résultats, qui suggèrent également qu’un haut niveau de stigmatisation subsiste.

Alors que 68,6 pour cent des Canadiens appuyaient la légalisation du cannabis en 2017, ils ne sont que 50,1 pour cent actuellement, selon l’enquête.

Par ailleurs, le nombre de personnes qui ne sont ni en accord ni en désaccord avec la légalisation a bondi depuis deux ans, passant de 6,9 à 20,3 pour cent.

L’auteur principal de l’étude, le professeur Sylvain Charlebois, souligne que les participants ont fait part de leurs inquiétudes sur les risques du cannabis pour les enfants, les jeunes adultes et les animaux, qui ont un accès accru à la substance.

Dans le cadre de cette enquête, 1051 adultes ont été questionnés sur une période de quatre jours au mois d’avril. Le sondage a une marge d’erreur de 3,1 points de pourcentage, 19 fois sur 20. Les résultats ont été publiés jeudi.

Il s’agit du suivi d’un sondage réalisé en 2017 qui portait sur la perception des Canadiens sur le cannabis avant sa légalisation.

Méconnaissance du cannabis

«Je pense que l’étude souligne le fait que les Canadiens sont encore des « analphabètes » du cannabis, dans une certaine mesure», a analysé M. Charlebois en entrevue depuis Halifax.

«Cela dépend beaucoup du message, de la manière dont les gouvernements ont dialogué avec le public. L’accent a été mis sur la distribution, bien sûr, et sur la protection des Canadiens, je suppose, mais je dirais que Santé Canada n’a pas vraiment accompli un bon travail pour expliquer aux gens ce qu’est le cannabis, ce que sont les cannabinoïdes.»

Et il y a eu beaucoup d’histoires dans les médias sur des enfants qui ont été hospitalisés après avoir ingéré par accident du cannabis ou sur des animaux qui sont tombés malades après être entrés en contact avec la substance.

«La majorité des Canadiens sont toujours d’accord avec la légalisation du cannabis, mais pas autant (qu’avant), a-t-il expliqué. Il y a de plus en plus de gens qui ne savent pas si c’est une bonne idée

Toujours de la stigmatisation

Selon le coup de sonde, la stigmatisation entourant la consommation de cannabis est encore bien présente.

Près d’un répondant sur cinq (18,8 pour cent) dit être inquiet d’être vu en train d’acheter du cannabis. Et 26,2 pour cent des répondants ne voudraient pas que leurs collègues sachent qu’ils consomment du cannabis à des fins récréatives.

De plus, 33,8 pour cent des personnes sondées disent qu’elles ne voudraient pas travailler avec un collègue qui consomme régulièrement du cannabis à des fins récréatives.

Pourtant, plusieurs répondants ont consommé cette substance et l’ont même utilisée pour cuisiner.

Selon l’enquête, 37 pour cent d’entre eux consomment du cannabis et parmi ceux-ci, 35 pour cent le font quotidiennement — ce qui représente environ 13 pour cent de la population en général.

Près de la moitié des répondants, ou 46 pour cent, en ont consommé pour des raisons médicales, alors que 32 pour cent l’ont fait pour des motivations récréatives. Par ailleurs, 10 pour cent des répondants disent avoir consommé du cannabis pour des raisons sociales, 7 pour cent pour leur «bien-être», et 4 pour cent pour des raisons «spirituelles».

Les consommateurs en hausse

Une récente étude de Statistique Canada suggère que la consommation du cannabis augmente à travers le pays.

Environ 5,3 millions Canadiens âgés de 15 ans ou plus (18 pour cent) disent avoir consommé en janvier, février et mars 2019 — ce qui est bien plus que les 14 pour cent enregistrés l’année précédente, avant la légalisation. Le nombre de personnes qui ont consommé pour la première fois cette substance a d’ailleurs doublé pendant cette période, pour s’établir à 646 000.

Lorsqu’ils se sont fait demander s’ils voudraient cuisiner avec du cannabis, 82 pour cent des répondants ont dit qu’ils ne le feraient jamais. En revanche, 17,4 pour cent des sondés (182 personnes) avouent avoir cuisiné avec du cannabis au moins une fois dans leur vie.

Seulement 2,3 pour cent d’entre eux disent cuisiner régulièrement avec la substance.

«Les gens croient que le cannabis ou les produits comestibles servent seulement à se droguer, a indiqué M. Charlebois. Mais je vois une petite tendance de Canadiens qui voient le cannabis comme un produit bon pour la santé.»

«Les produits comestibles finiront par être normalisés socialement, mais cela prendra probablement beaucoup plus de temps que le prévoient les entreprises.»

Le marché noir toujours présent

L’autre enjeu incontournable lorsqu’il est question du cannabis, c’est le marché noir, qui n’est pas disparu, signale M. Charlebois.

Selon le sondage, 60,4 pour cent des consommateurs de cannabis ont continué de recourir au même fournisseur après la légalisation, notamment en raison du prix et de la qualité.

«Certaines de ces personnes s’attendaient peut-être à des produits de meilleure qualité, à un prix abordable, mais certains indicateurs démontrent que le prix légal est bien supérieur au prix illégal sur de nombreux marchés.»

Source

Sauvons nos enfants du cannabis, il y a urgence !

Pr Jean-Pierre Pujol, Pr émérite de l’université de Caen, membre du Centre national de prévention, d’études et de recherches sur les toxicomanies (C.N.P.E.R.T).

Sauvons nos enfants du cannabis, il y a urgence !

À l’heure où le marché florissant du cannabis suscite la convoitise de lobbys sans scrupule qui prêchent pour sa légalisation, il est urgent de rappeler quelle est la situation de ce fléau dans notre pays et les ravages qu’il génère chez nos ados.

Le cannabis n’est pas une « drogue douce », comme certains voudraient le faire croire à notre jeunesse. Déjà 300 000 enfants de 12 à 15 ans ont expérimenté ce produit et souvent son usage est associé au tabac et à l’alcool, ce qui aggrave encore les méfaits sur l’organisme.

Il faut savoir que la consommation du cannabis est responsable de 300 morts de la route et que le risque d’accidents mortels est 14 fois plus grand lorsque l’alcool est associé.

De plus, les troubles physiques et psychiques sont nombreux, menant souvent à la violence, à une forte tendance suicidaire et parfois même à la schizophrénie. À cet égard une étude Néo-Zélandaise montre que sur 1 000 adolescents qui avaient commencé à consommer au collège, 100 d’entre eux (10 %) étaient devenus schizophrènes à 18 ans.

Perte irréversible du Quotient Intellectuel

Fumer du cannabis provoque une perte d’attention chez les élèves, une difficulté à suivre les cours, à mémoriser les données, et compromet gravement le parcours scolaire. Les enseignants nous disent qu’ils ont affaire à des individus complètement apathiques, démotivés et parlent de la « drogue de la crétinisation ». Une perte irréversible de 9 points de Quotient Intellectuel (Q.I.) est d’ailleurs observée chez les consommateurs permanents.

Ce tableau ne fait que s’assombrir avec l’augmentation du taux de THC (tétrahydrocannabinol) dans les produits actuels. Il faut ajouter que l’addiction au cannabis, surtout lorsqu’elle apparaît très tôt chez les adolescents, conduit parfois à la recherche de drogues encore plus néfastes, comme la cocaïne et l’héroïne.

Comment, dès lors, peut-on plaider en toute conscience pour une légalisation du cannabis dans notre pays ? L’argument de certains serait d’invoquer les vertus thérapeutiques potentielles de cette drogue, et c’est le truchement par lequel sont passées les nations qui ont choisi cette option, comme le Canada récemment. Mais les données expérimentales dont nous disposons actuellement ne permettent pas de considérer le cannabis comme un médicament car il se montre très inférieur aux substances déjà mises sur le marché et utilisées dans les pathologies concernées, avec par contre des effets secondaires importants, notamment sur la sphère cardio-vasculaire. On peut admettre que les recherches sur certaines substances présentes dans la feuille de cannabis puissent se poursuivre mais ceci n’implique pas pour autant de passer à la légalisation.

Une crise sanitaire nationale

Contrairement à des pays comme la Suède, qui a mis en place une politique efficace de lutte contre la toxicomanie, basée à la fois sur la répression et sur la prévention, les pouvoirs publics français ne se montrent pas à la hauteur d’un problème qui s’apparente à une crise sanitaire nationale. D’ailleurs, la France est classée en tête des 28 états européens pour la consommation de cette drogue. Combien de temps faudra-t-il pour que l’on prenne conscience de l’urgence d’intégrer dans les programmes scolaires, et ce dès l’école primaire, une information auprès de nos enfants sur les dangers de cette drogue « lente » ? Il faut absolument que Jean-Michel Blanquer, ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse, associé à la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, mette en place de façon urgente un plan scolaire d’information dont l’exécution serait supervisée en région par les recteurs d’académie.

Des structures d’accueil pour les parents

Enfin, avec la demande pressante de nos concitoyens d’une plus grande proximité des services publics, il serait intéressant de prévoir des structures d’accueil pour les parents touchés par ce problème et qui vivent un drame familial de façon silencieuse. Ces derniers, bien souvent considèrent comme déshonorante la situation de leur enfant atteint par le fléau et refusent d’en parler. Ils ne savent pas à quel service s’adresser pour trouver des spécialistes qui soient à l’écoute et leur permettent de « tirer d’affaire » leur enfant. Seul un soutien médical et familial peut laisser espérer un retour à la normale avant qu’il ne soit trop tard. Pourquoi ne pas prévoir de telles structures au sein des maisons « France Services » proposées par le président de la République ?

Source

Débat sur LCP : La légalisation du cannabis

Dimanche 5 Mai 2019, 10h sur Public Sénat,
La légalisation du cannabis
Pr. Jean Costentin

Voir la vidéo

Un débat sur le cannabis dit « thérapeutique » et sur la légalisation de cette
drogue, réunissait sur la chaîne parlementaire (LCP), outre un modérateur peu directif,
quatre débatteurs.

Dans le camp des tenants de la légalisation du cannabis : Esther Ben Bassa (sénatrice-Europe écologie les verts, franco-turco-israélienne) et Amine Ben Yamina (Algéro-Français, psychiatre, addictologue, récemment promu professeur, président de la Fédération Française des Addictions).

Face à eux madame Saintoyant qui représentait la Mission Interministérielle de Lutte contre les Drogues et les Conduites Addictives (MILDECA) et le professeur Jean-Claude Alvarez, pharmacologue, toxicologue, chef du laboratoire de toxicologie du CHU de Garches spécialiste des drogues et des produits dopants.
Madame Ben Bassa n’a manifestement rien appris depuis que son projet de loi de
légalisation du cannabis a été retoqué en 2014 par le Sénat. Ce rejet a économisé à notre pays un fort contingent de drogués et de malades psychiatriques supplémentaires.

Les aspects sanitaires ne la concernaient pas.
Cette omission était plus grave s’agissant de A. Benyamina, puisqu’il devait
représenter la valence médicale du débat ; or il a tout au plus admis quelques uns des
risques psychiques que fait encourir cette drogue.

A distance d’une culture pharmacologique et toxicologique, qui lui est manifestement étrangère, il s’est aventuré dans le domaine de la thérapeutique. Dans ce droit fil il avait déclaré il y a quelques mois (le Figaro) : « il faut laisser sa chance au cannabis thérapeutique ». Désolé, cher confrère, mais en médecine, ce n’est pas à un médicament qu’on doit laisser sa chance, mais au patient à qui l’on pourrait le prescrire, et à lui seul ! Sa récente promotion au titre de Professeur des Universités devrait le rendre plus prudent et circonspecte.

Usant d’une manip’ éprouvée, au service de la légalisation du cannabis, il le déguise en médicament pour, tel le cheval de Troie, le faire entrer dans la cité, sous les ovations d’une foule abusée et reconnaissante. Alors qu’il préside la Fédération Française des Addictions, on mesure le degré de contamination du monde de l’addictologie, et l’urgence, pour la puissance publique, de donner un coup de pied dans ce nid de frelons.

Face donc à ces deux idéologues, la représentante de la MILDECA, posément, avec
élégance, charme, rigueur, n’a rien exclu pour le futur thérapeutique de tel ou tel
constituant du cannabis, mais affirmé qu’en l’état des connaissances rien, hormis des
intérêts économiques qui ne prennent même plus la précaution de se dissimuler, ne
justifiait ces emballements médiatiques ; et de rappeler plusieurs des méfaits
psychiatriques du THC.
Dans la même tonalité que la représentante de la MILDECA, sans avoir eu un
temps suffisant pour s’exprimer, ni sans avoir bénéficié du silence de ses contradicteurs
qui voulaient étouffer son propos, le professeur Alvarez s’est appliqué à poser ce qui
aurait pu permettre un débat constructif. Il eut fallu d’abord distinguer une éventuelle
utilisation thérapeutique du cannabis de sa légalisation à des fins récréatives ; ensuite, si l’on voulait parler d’utilisation thérapeutique potentielle, il fallait de ne pas faire du
cannabis une entité pharmacologique, eu égard à la presque centaine de substances
cannabinoïdes qu’il recèle ; mais préciser de quelle molécule on parlait, afin d’en
préciser le rapport bénéfices / risques. Mais hélas la rigueur scientifique qu’il appelait
de ces vœux n’était pas au rendez-vous de cette émission. Les téléspectateurs n’ont donc rien appris, si ce ne sont les manips’ de ceux qui veulent légaliser cette drogue
dangereuse quoi que l’on veuille en dire.

«Quand le marketing du cannabis vise à faire oublier ses ravages chez nos adolescents»

FIGAROVOX/TRIBUNE – Alors qu’a eu lieu la «journée internationale du Cannabis» le 20 avril dernier, le professeur Jean Costentin s’interroge sur l’image marketing que nombre d’intérêts privés donnent à cette drogue, et rappelle combien elle est nocive, notamment chez les adolescents.


Le professeur Jean Costentin est membre des Académies Nationales de Médecine et de Pharmacie, contributeur du CERU, le labo d’idées universitaire, et président du centre national de prévention d’études et de recherches sur les toxicomanies (CNPERT). Il est l’auteur de «Le désastre des toxicomanies en France» (Éditions Docis, 2018).


La journée internationale du Cannabis du 20 avril dernier a tout de l’opération marketing réussie: depuis le nombre de prises de position favorables à la légalisation s’est envolé (députés, associations, journalistes…) et les entreprises qui ont misé sur le commerce légal du cannabis voient le cours de leurs actions s’envoler sur les marchés boursiers.

La pression médiatique, alimentée par d’énormes intérêts financiers n’a jamais été aussi forte pour prôner la légalisation du cannabis dans notre pays.

Parmi les arguments qui épaulent cette revendication de consommateurs et des «idiots utiles» qu’ils ont subverti, certains doivent être réfutés en priorité.

Le tabac et l’alcool, licites, seraient, selon eux, plus dangereux que le cannabis, qui est illicite ; «ne pouvant plus interdire ces premiers, il faut légaliser ce dernier». Ce statut licite du tabac et de l’alcool, a permis de recruter 13 millions de fumeurs, 4 à 5 millions de sujets alcoolo-dépendants et quelques centaines de milliers d’alcooliques. Pour le cannabis, on en est déjà à 1. 300.000 usagers réguliers. S’agissant d’une drogue prohibée, cela atteste de son fort pouvoir d’accrochage. Chaque année meurent en France 79.000 victimes du tabac ; il faut y ajouter de multiples handicapés ; l’alcool, lui, tue 49.000 des nôtres. Comparativement, la route, objet de grandes attentions, ne fait que 3.600 morts. Impuissants à arracher les sujets dépendants du tabac et de l’alcool, la folle idée serait d’y ajouter les drames prévisibles de la légalisation du cannabis.

Il vient d’être établi que les personnes en âge de procréer consommant du THC confèrent à leur progéniture une vive appétence pour les drogues qui s’exprimera dès leur adolescence.

Rappelons que le cannabis est plus dangereux que l’alcool ou le tabac, auxquels, en plus, il est souvent associé.

Il est toxique pour le corps. Comparé au tabac, sa combustion génère 5 à 7 fois plus d’oxyde de carbone (CO), qui restreint le transport de l’oxygène des poumons aux muscles, dont le cœur. Le cannabis est à l’origine d’artérites, d’accidents vasculaires cérébraux, il est la troisième cause de déclenchement d’infarctus du myocarde. Sa combustion engendre 5 fois plus de goudrons cancérigènes (pour la sphère O.R.L. et broncho-pulmonaire).

Par son tétrahydro-cannabinol (THC), il diminue les défenses immunitaires. Il perturbe le déroulement de la grossesse et l’enfant qui en naîtra. Il vient d’être établi que les personnes en âge de procréer consommant du THC confèrent à leur progéniture, par un mécanisme épigénétique, une vive appétence pour les drogues qui s’exprimera dès leur adolescence.

La toxicité psychique du cannabis est considérable. Le THC induit une ivresse ; il incite à la consommation d’alcool ; leur association, par une potentialisation mutuelle, s’exprime sur la route et dans diverses activités professionnelles.

Perçu dans ses premiers usages comme anxiolytique et/ou antidépresseur, il incite à un abus qui induit une tolérance à ces effets ; alors anxiété et dépression réapparaissent plus intensément qu’à l’origine, avec de fortes tendances suicidaires.

Perturbant l’éveil, l’attention, le traitement des informations, la mémoire de travail sans laquelle ne peut se constituer une mémoire à long terme (une culture), suscitant un syndrome amotivationnel, c’est la drogue de la crétinisation: «la fumette ça rend bête» ; «pétard du matin, poil dans la main ; pétard du soir, trou de mémoire». Au long cours, le cannabis fait perdre irréversiblement 9 points de Quotient Intellectuel (Q.I.). Dans la compétition qu’est la mondialisation, à l’inverse du dopage, le cannabis sera un très lourd handicap.

Au long cours, le cannabis fait perdre irréversiblement 9 points de Quotient Intellectuel (Q.I.).

Le THC a des liens irréfragables avec la schizophrénie/la folie (au sens commun de ce terme). Ce risque est d’autant plus marqué que sa consommation est plus précoce (dès le collège, 300.000 de nos adolescents s’en sont déjà approchés). Plus tôt l’essayer, c’est plus vite l’adopter et plus intensément se détériorer. Ce risque s’accroît d’autant plus que les doses sont plus élevées (or le taux de THC dans les produits en circulation a augmenté d’un facteur 6,5 au cours de ces 30 dernières années).

Dans une étude Néo-Zélandaise, sur 1000 adolescents qui avaient débuté sa consommation au collège, 100 d’entre eux (10%) étaient schizophrènes à 18 ans! Une étude récente montre que 20% des schizophrénies seraient liées à la consommation de cannabis.

Tous les États ayant légalisé le cannabis sont passés par la «manip’» du cannabis dit thérapeutique. En l’état présent des connaissances, le rapport bénéfices/risques qui sert à adouber un médicament est très nettement en défaveur du cannabis.

Compte tenu de la gravité et du nombre importants de ses méfaits ; qui pourrait, en conscience, se déclarer favorable à sa légalisation?

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La combinaison cannabis-tabac pourrait être liée à des troubles du comportement chez les jeunes adultes

  • Plus de 80 % des jeunes adultes qui ont déclaré avoir consommé de la marijuana en 2018 ont également déclaré avoir consommé du tabac au cours des 12 derniers mois.
    Plus de 80 % des jeunes adultes qui ont déclaré avoir consommé de la marijuana en 2018 ont également déclaré avoir consommé du tabac au cours des 12 derniers mois.ESOLLA / ISTOCK
Consommer du cannabis et du tabac en même temps pourrait aggraver la santé mentale et le comportement des jeunes adultes, dévoile un récent sondage américain. 

Publiée en ligne dans la revue Psychology of Addictive Behaviors, l’étude repose sur une enquête menée entre 2017 et 2018 auprès d’un groupe de 2400 jeunes adultes originaires de Californie, qui ont répondu à des questions portant sur leur usage de cannabis, de tabac ou de nicotine (e-cigarette) et sur leurs tendances à consommer ces deux substances en même temps.

« Nous craignons de plus en plus que la légalisation de la marijuana par un plus grand nombre d’États aux USA n’entraîne une augmentation de l’usage du tabac car les deux substances peuvent être utilisées ensemble. La double-consommation de cannabis et de tabac pourrait inverser certains des progrès réalisés dans la réduction des taux de tabagisme », explique Joan Tucker, autrice principale de l’étude et spécialiste du comportement au RAND, une institution de recherche à but non lucratif.

Près de la moitié des volontaires qui ont pris part à l’enquête a déclaré avoir consommé du cannabis en 2018, et 43% a consommé du tabac (ou de la nicotine) la même année. Environ 37 % d’entre eux ont déclaré avoir fait une double utilisation de ces substances à un moment donné au cours des 12 derniers mois.

Plus de 80 % des sondés qui ont déclaré avoir fait usage de la marijuana ont également consommé du tabac en 2018. Parmi eux, 17% ont pris ces substances l’une après l’autre et 14 % les ont pris ensemble en les mélangeant dans le même contenant. 

Des risques accrus quand les deux substances sont mélangées

Le sondage a révèlé que la consommation concomitante de cannabis et de tabac était liée à une mauvaise santé mentale et physique chez ces jeunes, ainsi qu’à des comportements problématiques tels que se battre, sécher les cours, être renvoyé ou avoir des démêlés avec la police.

L’étude précise que ceux qui fumaient du tabac et de la marijuana au cours de la même période, mais séparément, ne présentaient pas un risque plus élevé que ceux qui n’ont consommé qu’une seule de ces substances.

« Le fait de prendre ces produits en même temps est important en termes de conséquences potentielles sur la santé et la performance des 18-20 ans. Nos résultats suggèrent que nous ne pouvons plus penser séparement aux conséquences de l’usage du tabac ou de la marijuana, mais que nous devons les associer », conclut Joan Tucker.

Aux États-Unis, les données nationales montrent que les jeunes adultes âgés de 18 à 25 ans sont plus susceptibles de consommer du cannabis, du tabac ou des produits à base de nicotine que tout autre groupe d’âge.

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Alcool et tabac : les Français davantage au fait des dommages sanitaires

  • alcool tabac
Crédit Photo : PHANIEZoom

Selon la dernière enquête de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) sur les perceptions des produits, des politiques publiques et des usagers, près d’un Français sur deux (49 %) considère que l’expérimentation ou la consommation occasionnelle de tabac constitue un usage nocif pour la santé. Ce taux, calculé à partir d’un échantillon de 2 001 adultes de 18 à 75 ans, a plus que doublé depuis la première édition de cette enquête en 1999, où il s’établissait à 22 %.

En ce qui concerne l’alcool, une évolution similaire mais plus lente est également observée, puisque 10 % des personnes interrogées en 2018 estiment que sa consommation est nocive dès l’expérimentation, contre 6 % en 1999, lors de la première édition de l’enquête de l’OFDT.

Cette modification de la perception s’accompagne d’un « renforcement de l’approbation de l’objectif de réduction de l’accessibilité du tabac et de l’alcool, ainsi que de la visibilité des produits alcoolisés », précisent les auteurs.

Il reste toutefois une marge de progression en matière de représentation sociale de l’alcool et du tabac. Ces deux substances sont considérées comme des drogues par respectivement 24 et 22 % des personnes interrogées. Des taux qui n’ont que peu varié depuis 1999.

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Une étude universitaire juge nécessaire d’interdire toute publicité pour l’alcool

Une interdiction totale de la publicité pour l’alcool est nécessaire d’un point de vue de santé publique, selon une étude menée à l’université de Gand pour le compte de la politique scientifique fédérale (Belspo) et relayée mercredi par le journal De Morgen.

Les chercheurs ont comparé les conséquences de la publicité pour l’alcool dans différents pays européens. Dans un second volet, l’étude a sondé aussi bien l’industrie des boissons alcoolisées que le secteur de la santé sur le type de régulation qu’ils percevaient comme la meilleure. « La France est plus sévère que la Belgique. Malgré la crainte d’un bain de sang économique, elle avait déjà choisi en 1991 de ne plus autoriser des marques d’alcool à sponsoriser des évènements sportifs », rappelle le chercheur Ruben Kramer.

« La Coupe du monde de football 1998 en France a montré que les places vacantes avaient immédiatement été occupées par d’autres entreprises. » En Belgique, il existe une convention en matière de publicité et de commercialisation des boissons contenant de l’alcool signée par les différentes parties prenantes. Le Jury d’Ethique publicitaire (JEP) veille au respect de ce code de bonne conduite et peut, le cas échéant, imposer des amendes en cas d’infractions. Mais, selon les chercheurs, cela ne fonctionne pas car l’aspect santé publique serait à peine pris en compte.

« Le JEP est un organe d’auto-régulation de l’industrie. Ce n’est pas dans son intérêt de protéger la santé publique », estime Ruben Kramer. Du côté de l’Union belge des annonceurs (UBA), on juge toutefois une interdiction totale naïve: « si on veut vraiment interdire quelque chose, alors interdisons le produit ». La ministre de la Santé publique, Maggie De Block (Open Vld), n’est pas non plus très enthousiaste à l’idée d’une interdiction totale.

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Edvo répond au 1er ministre

Le débat est à nouveau relancé, peut-être pour récupérer le vote de plus des 2 millions de cannabiculteurs  ou d’usagers ou d’usagers revendeurs de cannabis; « nous sommes les champions d’Europe en nombre ».

On ne fait pas fumer de l’opium pour soulager les douleurs des malades ; ont extrait certains principes actifs de l’opium pour en faire les médicaments comme les codéines, la morphine, Il en est de même pour le cannabis, avec des extraits qui sont déjà dans nos médicaments comme le CESAMET, MARINOL, SATIVEX depuis 2015 en France pour 5000 malades atteint de sclérose en plaques (SATIVEX en vaporisation buccale). Donc rien de nouveau !

Pourquoi cet effet d’annonce qui manque sérieusement de précisions !

L’idée du Premier Ministre de faire cultiver ce cannabis thérapeutique dans la Creuse pour améliorer les ressources des cultivateurs creusois, demandera la mise en place d’un service de sécurité coûteux pour éviter les pillages ! Le cadre juridique actuel autorisant en France la culture du tabac et du chanvre sativa (utilisé par l’industrie pour la graine et la fibre) contenant obligatoirement moins de 0,21% de THC (principe actif du cannabis), est déjà très compliqué à gérer pour nos cultivateurs déclarés et très contrôlés !

Comme dans la plupart des Etats qui ont commencé par la légalisation de l’usage thérapeutique du cannabis, il faut s’attendre à une pression des lobbyistes commerciaux et des usagers récréatifs pour demander la légalisation de l’usage récréatif contrôlé du cannabis ; l’argumentaire avancé par les startups internationales dans ce domaine est lisible dans tous les articles de presse ; ils n’attendent que la légalisation pour commercer plus de 1000 produits à base de cannabis (parfums, shampoing, dentifrice, bonbons, chewing-gum, cosmétiques , boissons, encens, vêtements, …) start-ups qui aux USA  en sont arrivé à vous organiser soirées ou mariage cannabis …clé en main … avec services  de sécurisation….

Sous prétexte de liberté ou de guerre perdue contre la drogue, il est toujours possible de manipuler les plus influençables. Les consignes ministérielles ont permis à tout le système répressif de pratiquer le simple avertissement pour tout usager de drogues et l’incitation aux soins. Se servir de l’argument d’emprisonnement des usagers est une grosse manipulation puisque moins de 100 usagers multirécidivistes simples usagers sont incarcérés et presque tous le sont pour des faits antérieurs où la peine de prison avec sursis tombe ou l’aménagement de peine n’a pas été respecté.

Les brigades de lutte contre les stupéfiants sont les services les moins pourvus en effectifs et en équipements spécialisés, depuis plus de 20 ans !  La suppression de la police de proximité dans nos cités, « l’ilotage », depuis 15 ans et l’avertissement plutôt que la sanction recommandée par notes ministérielles depuis 2004 pour le simple usage de cannabis, fait qu’il est difficile de parler de résultats dans cette lutte ! L’application d’une sanction contraventionnelle comme pour le défaut de port de ceinture de sécurité permettrait très rapidement de parler de résultat !

S’appuyer sur l’exemple de vendre et fumer du tabac n’est pas crédible ; ce produit est légalisé, vendu sous contrôle d’Etat, mais cela n’empêche pas les mineurs d’y accéder par la vente de tabac de contrebande entre autre. (1 cigarette sur 4 est vendue illégalement et surtout depuis l’instauration du paquet neutre).

En France 76 000 morts évitables par an liés aux maladies du fumeur (fumeur de tabac et/ou de cannabis). Aucun des « experts » prônant la légalisation ne dit que fumer du cannabis est 7 fois plus cancérigène que le tabac ; alors que la mortalité et le nombre de malades fumeurs augmentent chaque année !

Aucun ne dit que fumer du cannabis est aussi dangereux que l’abus d’alcool pour la conduite des véhicules alors que l usage de tabac seulement ne modifie ni les réflexes ni le comportement des conducteurs.

On ne parle pas non plus des victimes « innocentes » des fumeurs de cannabis à cause des accidents de la route ou au travail. (www.association-marilou.org).

Ces 50 dernières années, les politiques ont fait évoluer nos mœurs en réduisant la liberté de vente et de consommation d’alcool ou de tabac, en utilisant la voie répressive. Donc libéraliser l’usage d’une drogue supplémentaire, serait en opposition à ce principe de précaution.

Dans cette logique libertaire, pourquoi pas supprimer tous les contrôles de vitesse et ne compter que sur la sagesse des conducteurs !

Dire que la légalisation du cannabis, pour mieux contrôler l’usage et le commerce, est la meilleure solution est d’une naïveté dangereuse dans un pays latin comme le notre car une liberté acquise ne se reprend pas.

Arguments de propagande :  la légalisation de cannabis permet de neutraliser le trafic et génère des emplois et des profits pour l’Etat. Faux !

Le trafic est solidement organisé en France, surtout dans les cités de toutes les villes et nous sommes devenu le Pays le plus gros consommateur d Europe. Vendre le cannabis légal taxé en officine avec accès aux adultes seulement sous prétexte de protéger les mineurs reste du domaine de l’utopie.

Le cannabis  » herbes ou résine ou cannabis synthétique pour vapoteuse » vendu en officine sera obligatoirement moins puissant en THC que les variétés vendues sur le darknet ou dans les cités. Sémilla, skunk, Spip… Les dealers de nos cités n’ont pas attendu la légalisation ; ils sont tous multicartes à présent en proposant tous les produits stupéfiants.  Le dealer ne paie ni taxe ni charge donc il sera concurrent, avec des produits plus puissants, en quantité non limitée, moins chers.

Une officine comme le Coffee Shop en Hollande, interdit l’accès aux mineurs, et permet pour l’adulte l’achat avec limitation à détention de 5 grammes pour un usage privé … avec une carte de membre pour limiter l’accès à l’officine (interdit aux étrangers) et un contrôle bien compliqué pour les usagers cannabiculteurs?

Même si la consommation de cannabis est nettement moins importante chez les jeunes hollandais, il faut prendre en considération le côté strict de l’éducation et la prévention précoce dans ce pays nordique, comme en Suède. L’usage contrôlé, réglementé, en Hollande n’a pas neutralisé le trafic des stupéfiants (plaque tournante la plus importante d’Europe depuis la dépénalisation) et la criminalité liée à l’usage des drogues.

Dans notre Pays, les mineurs étant les plus ciblés par l’offre illicite de cannabis, il faudra toujours autant de policiers et de gendarmes pour les protéger. Les dealers n’iront pas pointer davantage au chômage, le cannabis n’étant que le produit d’amorçage pour vendre le reste.  Il faudra plus de contrôles dans les cités pour limiter la vente cannabis de contrebande et plus de dépistages car il y aura plus de conducteurs adultes attirés par ce produit plus exotique que le tabac « s’il est vendu en officine ». Donc davantage de répression pour limiter l’accidentologie sur les routes et au travail.

Dans notre Société où faire fortune compte plus que l’intérêt général, les start-ups cannabis dans leurs nouvelles boutiques, avec toutes les nouvelles variétés de cannabis et les moyens d’en produire ou avec plus de mille produits ou supports (dentifrice, shampoing, pâte à mâcher, bière au cannabis, vêtements en fibre de chanvre cannabis, etc…) auront bientôt leurs boutiques en France. Les taxes seront insuffisantes pour prendre en charge les conséquences de cet usage récréatif dangereux pour la santé 10 à 20 ans plus tard comme nous l’avons vu pour le tabac plus tardivement. Ce seront encore les non fumeurs qui seront là pour payer !

Utile pour soigner :  faux !  La fumée d’opium ou du cannabis, entre autres méfaits, est toxique pour les poumons jusqu’à preuve du contraire !

Si l’on veut réduire efficacement et durablement le problème drogues en France qui gangrène la vie dans nos cités et plus particulièrement la vie des jeunes, il faut remettre en place l’ilotage avec ses cinq missions tel qu’il avait été conçu initialement, avec une police de proximité au contact de la population, surtout partout où les dealers exploitent les cités.

Il faut simplifier la répression pour le simple usage de cannabis pour rappeler l’interdit avec une amende à paiement immédiat proportionnelle à l’infraction. Il ne faut pas retirer le caractère délictuel de l’usage dès qu’il y a soupçons d’usage revente ; ce qui permet au policier, au gendarme et au magistrat de poursuivre les investigations pour lutter contre le trafic, mais aussi, quand il y a accident derrière cet usage (piéton imprudent sous effet, conducteur de 2 roues ou des autres véhicules ou engins de travail).

En matière d’appréciation des conduites à risques, l’usage des drogues doit être considéré pas moins que le défaut de port de casque ou de ceinture de sécurité ou d’abus d’alcool, et permettre une interpellation.  S’il y a dépénalisation du simple usage pour le cannabis, produit psychotrope neuro toxique, qui à faible dose modifie durablement le comportement, il faudra attendre l’accident ou des faits plus graves, pour permettre le dépistage et la sanction !

Pour sauver des vies, les pouvoirs publics sont de moins en moins tolérants vis-à-vis de l’usage d’alcool et du tabac. Nous savons que l’effet d’un simple joint de cannabis associé à l’usage d’alcool au seuil de tolérance, multiplie par 14 le risque d’accident ; alors, dépénaliser ou légaliser l’usage du cannabis serait le plus mauvais signal dans l’évolution de nos mœurs alors que nous sommes devenus champion pour cette pratique.

La majorité des parents, même ex-consommateurs, sont hostiles à une libéralisation de cet usage, surtout face aux difficultés scolaires et aux troubles de comportement de leurs ados « dits consommateurs festifs » qui ont généralement, sous cet effet, une consommation d’alcool aussi « libérée » !

Jean-Paul BRUNEAU

Ex-policier formateur anti drogue – double DU en addictologie – président fondateur d’EDVO ayant accompagné plus de deux milles toxicomanes dans leur rétablissement en 32 ans de bénévolat.

http://www.edvo.fr

 

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