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Cannabis thérapeutique : Édouard Philippe souhaite une réflexion sur sa légalisation

Source :  L’ EXPRESS.fr avec AFP  

Édouard Philippe a entrouvert la porte sur la légalisation du cannabis thérapeutique

Le Premier ministre a estimé qu’il serait « absurde de ne pas se poser la question » de la légalisation du cannabis thérapeutique, lors d’un déplacement dans la Creuse.

C’est une porte que vient d’entrouvrir le Premier ministre. Édouard Philippe a estimé ce vendredi qu’il serait « absurde » de s’interdire d’étudier les possibilités du cannabis thérapeutique, lors d’un voyage en Creuse où une culture de cette plante à des fins médicales fait partie des projets de développement envisagés. Comprenez : il estime qu’il faut réfléchir à la légalisation du cannabis à visée thérapeutique.

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« Il y a beaucoup de pays qui travaillent là-dessus, beaucoup de pays qui le permettent. Il serait absurde de ne pas se poser la question et c’est dans cet esprit que nous voulons travailler avec les porteurs du projet », a-t-il expliqué à la presse.

« On doit pouvoir réfléchir à innover »

« Ce qu’ont dit les porteurs de ce projet est qu’il ne fallait pas s’interdire d’imaginer l’utilisation à des fins thérapeutiques des molécules qui sont contenues par cette plante », a poursuivi Édouard Philippe.

« Donc évidemment, on doit pouvoir réfléchir à innover, à expérimenter en le faisant de façon très encadrée. Il ne s’agit pas du tout de mettre en péril la santé publique (…) Nous souhaitons effectuer les choses de façon très encadrée », a-t-il insisté, « vous pensez bien que l’avis des plus hautes autorités qui encadrent l’utilisation des médicaments est indispensable ».

Les experts ont déjà donné leur feu vert

Aujourd’hui, 21 pays de l’Union européenne sur 28 [en comptant le Royaume-Uni, empêtré dans le Brexit] autorisent le cannabis à usage thérapeutique. Mais pas la France. En décembre dernier, le comité d’experts mis en place par l’Agence française de sécurité du médicament (ANSM) avait jugé « pertinent d’autoriser l’usage du cannabis à visée thérapeutique » pour certains patients et dans des cas précis et voulait des expérimentations en 2019.

Lire notre dossier complet

Le débat sur la légalisation du cannabis

Ce projet de cannabis thérapeutique, comme l’un des axes de développement d’un des départements les plus pauvres de France, est emmené par Éric Corréia, président du Grand Guéret. Cet infirmier anesthésiste, formé à la prise en charge des douleurs, a rallié à sa cause d’autres élus locaux.

Cigarettiers et magnats de l’alcool se ruent sur le cannabis

Par Emmanuel Botta, publié le 12/01/2019

Bière, tabac, soda… De plus en plus de grandes entreprises investissent dans des producteurs de cannabis récréatif.

Si on ne peut pas encore parler de ruée vers l’or, difficile de ne pas y voir une véritable lame de fond. Depuis l’été dernier, il ne se passe pas un mois sans qu’un nouveau géant ne se convertisse au cannabis dit récréatif (par opposition avec le médical). C’est l’américain Constellation Brands, propriétaire de la bière Corona, qui a tiré le premier en déboursant 3,5 milliards d’euros pour s’adjuger 38% de Canopy Growth, un producteur canadien de cannabis médical. Coca-Cola l’a suivi de peu en annonçant discuter avec le groupe canadien Aurora Cannabis, puis ce fut au tour du géant de la bière AB Inbev (Budweiser, Stella Artois…) de dévoiler son partenariat avec Tilray, la star canadienne du cannabis.

Le dernier en date, le groupe Altria -propriétaire de Marlboro- a mis 1,5 milliard d’euros sur la table pour s’adjuger 45% de Cronos, autre producteur du pays de l’érable. Sans parler de l’intérêt affiché à l’automne par notre Pernod Ricard national pour la petite plante. « Toutes les grandes entreprises ont des task force qui réfléchissent depuis longtemps sur le sujet, mais c’est Constellation Brands qui les a obligés à sortir du bois », explique Xavier Mesnard, associé du cabinet de conseil AT Kearney.

Un marché à 132 milliards en 2030

Personne n’a en effet envie de se faire distancer, alors que le marché du cannabis s’annonce des plus florissants. « Nous avons réalisé une vaste étude établissant qu’en 2030 le seul secteur du cannabis récréatif pèsera 132 milliards d’euros », souligne Xavier Mesnard. Alcool, tabac, boisson, épicerie sucrée, soins de beauté et de bien-être, et même alimentation pour les animaux de compagnie -pour apaiser nos amis à quatre pattes- la plante originaire d’Asie devrait s’enraciner en profondeur dans les rayons de nos supermarchés, selon l’étude d’AT Kearney. Et les premiers produits de grande consommation pourraient arriver dès cette année, a déclaré Bruce Linton, le patron du producteur canadien Canopy Growth.

Enfin, dans les pays qui ont signé la légalisation de la « weed », comme on l’appelle familièrement. Alors qu’une trentaine de pays autorisent déjà l’usage du cannabis thérapeutique, seuls huit états américains, l’Uruguay, et le Canada -depuis cet automne- ont rendu légal son usage ludique. Aux Pays-Bas, la possession, la consommation et la vente au détail de moins de cinq grammes de cannabis, dans les « coffee shops », sont simplement tolérées. Cela étant, de plus en plus de pays songent sérieusement à passer le pas. Le débat est ainsi ouvert en Espagne, et le Luxembourg devrait annoncer la légalisation de l’usage et de la production dans les prochains mois. Quant à la Grèce, elle a octroyé ses premières licences de production.

Alcooliers et cigarettiers en pôle position

Assez logiquement, on retrouve des alcooliers et un cigarettier dans le peloton de tête. « Leur job, c’est de vendre des produits psychotropes sur des marchés réglementés, or la réglementation est en train de s’ouvrir à un autre psychotrope, l’évolution est tout à fait cohérente », analyse Christian Ben Lakhdar, économiste, maître de conférence à l’Université Lille 2. Pour les fabricants de tabac, la diversification est non seulement cohérente mais également salutaire pour leurs finances. Sous l’effet des taxes toujours plus élevées, conjuguées aux campagnes massives de prévention, le nombre de fumeurs ne cesse en effet de reculer. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, le pourcentage d’adeptes de la cibiche sur la planète est ainsi passé de 25% en 2005 à 20% en 2015. En France, rien que sur l’année 2018, il s’est vendu 9,3% de cigarettes en moins par rapport à 2017.

Alors les fabricants de tabacs ont un besoin vital de défricher de nouveaux territoires. Après avoir investi dans la cigarette électronique qui leur taille des croupières, puis plus récemment dans le tabac chauffé (Iquos de Philip Morris, ou encore le Glo de British American Tobacco), censé être moins nocif, tous lorgnent désormais avec avidité la poussée du cannabis. Pour ce qui est des alcooliers, la logique est un peu différente : ces derniers semblent surtout investir dans la petite plante par crainte de se faire cannibaliser. De fait, une étude récente montre une baisse de la consommation d’alcool de l’ordre de 15% en dix ans dans les états américains qui ont légalisé le « pétard ».

Des armées de lobbyistes au service de la légalisation

Des nouveaux venus qui pourraient bien accélérer la vague de légalisation. Pour cause, depuis 50 ans, alcooliers et cigarettiers n’ont de cesse de batailler avec les pouvoirs publics, employant des armées de lobbyistes pour contrer les différentes politiques de santé publique qui entravent leurs petites affaires. A lui seul, Philip Morris a employé jusqu’à 160 spécialistes du lobbying, rien qu’à Bruxelles, pour tenter d’influencer les eurodéputés et les membres influents de la Commission. « Auparavant, dans les colloques sur le cannabis, on croisait essentiellement des militants, maintenant on voit de plus de professionnels en costards cravates », confirme Pierre Yves Geoffard.

De nouvelles recettes fiscales pour les Etats

Une entreprise de séduction massive d’autant plus efficace que les Etats pourraient bien ne pas opposer une grande résistance. Nombre de spécialistes s’accordent en effet à dire qu’une légalisation serait bénéfique aux finances publiques. « L’année dernière, nous avons modélisé l’impact d’une légalisation en France : cela permettrait de dégager entre 500 millions et 1,2 milliard d’euros de recettes fiscales grâce aux taxes qui seraient appliquées au cannabis, dévoile Christian Ben Lakhdar. Sans compter les policiers et les juges que l’on pourrait affecter à d’autre tâches ».

Le cannabis et ses dangers

Faire des dealers des entrepreneurs

Pour éviter une forme de casse sociale et un report vers un niveau de criminalité plus élevé, de plus en plus d’économistes pensent qu’il faudrait suivre l’exemple de la Californie « qui a commencé par effacer les casiers des petits dealers, et a fait de l’accompagnement à l’entrepreneuriat pour les aider à reprendre leur activité, mais dans un cadre légal », raconte Pierre Yves Geoffard, économiste, directeur de recherche au CNRS. Mais si le candidat Macron semblait ouvert sur le sujet, la porte semble s’être refermée depuis qu’il a endossé ses habits de président. « C’est bien dommage, car nous sommes les deuxièmes producteurs de chanvre en Europe : nous sommes en train de rater une possibilité de profits importants à l’international », poursuit l’économiste. Justin Trudeau, le président canadien que l’on compare souvent à Macron, a lui clairement affiché son ambition de faire de son pays le premier producteur mondial, au moins sur le cannabis médical. Macron relèvera-t-il le gant ?

Réponse au Premier Ministre

Il n’est jamais interdit de réfléchir,  il est même impératif de le faire,  je l’ai fait, et voici mes conclusions. Pourquoi sont elles si rapidement prêtes?

Un colloque se tenait à Rabat sur ce thème, j’y fus invité, mais ne pouvant m’y rendre j’ai adressé aux organisateurs  le texte de ce que j’y aurais déclaré

Professeur Jean Costentin

  • Docteur en médecine,
  • Pharmacien,
  • Docteur ès sciences,
  • Professeur émérite de pharmacologie,
  • Directeur de l’unité de neuropsychopharmacologie du C.N.R.S. (1984-2008) ;
  • ancien membre de la  commission nationale de la pharmacopée,
  • Membre titulaire de l’académie nationale de Médecine et de sa commission « addictions » ;
  • Membre titulaire de l’académie nationale de pharmacie et de sa commission « agents stupéfiants et dopants » ;
  • Président du centre national de prévention, d’études et de recherches sur les toxicomanies (CNPERT)

Pourquoi, en l’état présent des connaissances, le cannabis, tout comme son principal constituant psychotrope, le tétrahydrocannabinol, ne devraient prétendre, d’un point de vue pharmacologique, à la dignité de médicament

En France, une imprudente et hâtive décision ministérielle a légalisé (2014) par un arrêté, « le cannabis thérapeutique » et a autorisé, aussitôt après, la mise sur le marché (A.M.M.) d’un mélange de THC et de cannabinol (Sativex®). Cinq ans plus tard ce « médicament » n’est toujours pas disponible dans les pharmacies françaises ; la « commission de transparence » de l’agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) ayant estimé que le service médical rendu était négligeable, que son prix était prohibitif et qu’à ce titre il ne bénéficierait que d’un remboursement par la sécurité sociale de 15% du prix d’achat.

Ces dispositions ont été prises en rupture avec la plupart des principes et critères qui fondent la dignité de médicament. Elles ont été arrêtées au cœur d’une campagne d’opinion menée par plusieurs lobbies qui militent pour la dépénalisation et même la légalisation du cannabis à des fins récréatives, certains de ces lobbies proposant même la légalisation de toutes les drogues. On remarquera que tous les pays qui ont légalisé le cannabis à des fins récréatives l’ont préalablement adoubé comme médicament (sorte de chronologie obligatoire).

Nous allons évoquer les aspects pharmaco-thérapeutiques du cannabis, sous une forme condensée, énumérative, afin de présenter les principaux arguments qui s’inscrivent, en l’état des connaissances actuelles, contre l’usage du cannabis ou de son THC comme médicaments.

  • Le décret ministériel, paru au J.O. de la république française, « autorise l’usage du cannabis et de ses dérivés » ; il a été rédigé par un administratif pressé, ou qui ignorait qu’une plante, le cannabis, n’a pas de dérivés. ll voulait vraisemblablement parler de constituants, tel le THC ou le cannabidiol. De plus, à ne pas nommer ces constituants cela équivalait à les valider tous ; or ils sont dans la plante au nombre de près d’une centaine…
  • Depuis plus de trente ans, il n’est plus jamais fait usage en thérapeutique, de cigarettes médicamenteuses ; sachant les méfaits, pour l’appareil broncho-respiratoire, de tout ce qui se fume, tabac en tête, qui est à l’origine de 79.000 mort annuelles en France.
  • Le cannabis fumé produit 6 à 8 fois plus de goudrons cancérigènes que la combustion du tabac. La combustion du cannabis (marijuana) ou de sa résine (haschisch ou shit) survient à une température de 200°C supérieure à celle du tabac, poussant plus loin, la décomposition thermique (pyrolyse) et formant davantage de goudrons.
  • Cette température de combustion plus élevée, génère au moins cinq fois plus d’oxyde de carbone (CO). Ce gaz toxique se fixe à l’hémoglobine de globules rouges du sang ; ce qui diminue sa capacité de transport de l’oxygène, depuis les poumons qui le captent, jusqu’aux tissus (muscles en particulier) qui le consomment.
  • La toxicité du THC, le constituant principal du cannabis, est manifeste pour le corps : Accélération du rythme cardiaque ; vasodilatation dans certains territoires ; déclenchement d’artérites des membres inférieurs, pouvant survenir chez le sujet jeune (donc beaucoup plus précoces que celles induites par le tabac) ; dans la même registre, et avec la même précocité, induction d’accidents vasculaires cérébraux. Le THC est dépresseur de l’immunité (par les récepteurs CB2 associés  aux macrophages et à certains lymphocytes) ; ce qui diminue la résistance que l’individu peut opposer aux agresseurs microbiens.
  • Le THC perturbe la croissance ; à 20 ans, la taille de ses consommateurs serait en moyenne de 10 cm et le poids de 4 kg inférieurs à ce qui est constaté chez les adolescents qui n’ont pas fumé de cannabis.
  • Le THC se concentre dans les testicules, réduisant la sécrétion de l’hormone mâle, la testostérone, ce qui détermine au long cours, une baisse de la libido, un certain degré de régression des caractères sexuels masculins, ainsi qu’une diminution des spermatozoïdes dans le liquide séminale. De plus, le cannabis est incriminé dans la survenue d’une variété agressive de cancer du testicule (le germinome non séminome).
  • Le cannabis fait mauvais ménage avec la grossesse ; trois femmes sur quatre qui le consomment sont incapables alors de s’en abstenir. Cela abrège la durée de la gestation et fait naitre des bébés de plus petit poids que ne le ferait la seule prématurité. Le risque de mort subite inexpliquée est plus important chez ces « bébés cannabis », leur développement psychomoteur est retardé durant toute l’enfance ; la fréquence de développement d’une hyperactivité avec déficit de l’attention est accrue, tout comme l’incidence ces toxicomanies à l’adolescence. Des études récentes de l’équipe de Hurd (U.S.A.) montrent que l’exposition au THC des individus en âge de procréer, par un mécanisme épigénétique, est à l’origine d’une sous expression des récepteurs dopaminergiques D2 dans le noyau accumbens, ce qui sous tend, à l’adolescence, une propension redoublée à consommer des drogues.

Les méfaits du cannabis, en particulier par son THC, sont encore plus importants et graves, au niveau cérébral :

  • Le THC induit une addiction (ou pharmacodépendance), qui concerne près de 20% de ceux qui l’ont expérimenté (en France on dénombre 1.400.000 usagers réguliers ; dont 650.000 usagers quotidiens et multi quotidiens).
  • Le THC persiste dans le cerveau et les lipides de l’organisme durant des jours et même des semaines, ainsi ses effets sont très persistants ; c’est « une drogue très lente ».
  • Il perturbe l’éveil, l’attention, la mémoire à court terme (sans laquelle ne peut se former une mémoire à long terme) ; ce qui est à l’origine de graves perturbations cognitives et éducatives.
  • Il produit une ivresse, assez comparable à celle due à l’alcool, avec lequel il donne lieu à une potentialisation mutuelle ; ainsi, la rencontre du cannabis et de l’alcool multiplie par 14 le risque d’avoir un accident mortel de la route (Etude Stupéfiants et accidents mortels de la route).
  • Il induit des troubles délirants et hallucinatoires, tels ceux vécus au cours de la folie (schizophrénie).
  • Il est à l’origine, en aigue, de possibles crises d’angoisse, mais plus souvent d’un effet anxiolytique, qui incite l’anxieux à en user et bientôt à en abuser. Se développe alors une tolérance, qui fait réapparaître l’anxiété, mais sur un mode plus intense qu’elle n’était primitivement.
  • Le THC est perçu lors des premiers usages par un sujet dépressif comme anti dépresseur, ce qui l’incite à en user, puis à en abuser, jusqu’à ce que l’effet disparaisse et fasse réapparaître une dépression intense, comportant en embuscade un risque suicidaire.
  • Au rythme où les effets du THC s’atténuent le cannabinophile y ajoute d’autres drogues ; instaurant une poly toxicomanie.
  • Le THC peut déclencher une psychose cannabique, qui ne régresse que sous un traitement antipsychotique ; pour ne pas réapparaître le sujet ne devra plus jamais consommer de cannabis

10-  Le THC peut décompenser une vulnérabilité à la schizophrénie, et ainsi déclencher   l’apparition de cette affection grave, dont on ne guérit jamais.

Ces méfaits principaux et souvent graves étant évoqués, considérons maintenant les effets pharmacologiques induits par le THC, que certains voudraient recruter à des fins thérapeutiques.

Les effets du THC sont multiples, en raison du grand nombre de récepteurs cérébraux sur lesquels il agit (les récepteurs CB1 = cannabinoïdes de type 1) et de leur caractère ubiquistes (présents dans toutes les structures cérébrales) ; de là ses effets multiples, sans préjuger de leur intensité. Citons pêle-mêle : des effets sédatifs, tranquillisants, analgésiques, myorelaxants, de diminution de la pression intra-oculaire (en cas de glaucome), amnésiants, de diminution du seuil épileptogène, d’augmentation de l’appétit (orexigène) ; de diminution des vomissements (anti-émétique), d’induction de troubles de l’équilibre et de la coordination des mouvements…

Depuis Claude Bernard, à la suite de son maître François Magendie (i.e. depuis plus d’un siècle), la thérapeutique répugne à administrer des soupes végétales associant dans des proportions non définies des principes actifs divers et variés dont les effets peuvent s’épauler ou se contredire. Voilà déjà qui invalide cannabis en tant que tel.

La multiplicité des effets développés par le seul THC s’inscrit contre la notion de médicament. Un médicament doit développer un effet principal, majeur, éventuellement un ou deux effets latéraux que l’on peut parfois mettre à profit, mais surtout pas plus. Avec le THC on redécouvre la panacée, la thériaque ; c’est un retour de plus d’un siècle en arrière. Si on sollicite par exemple une analgésie, non seulement on n’a pas besoin, mais on va être gêné par beaucoup des autres effets servis simultanément, « en prime » ; tels une ivresse, un appétit aiguisé, un état de sédation, des troubles de la coordination motrice, une relaxation musculaire,  une incapacité de conduire un véhicule, des troubles délirants, des hallucinations, une dépendance rendant bientôt cette utilisation indispensable pour échapper au mal être de sa privation ….autant d’effets qui, bien plus que latéraux, pourront être manifestement adverses.

Les effets que l’on voudrait solliciter sont, individuellement, d’une intensité qui n’a rien d’exceptionnelle, alors que l’on dispose, pour chacun des effets que développe le THC, d’authentiques médicaments, ayant une efficacité souvent meilleure, et surtout une bonne spécificité d’action. Par exemple, pour traiter le glaucome on dispose d’au moins 6 classes de médicaments différents d’efficacité avérée. Pour agir sur les vomissements, on trouve dans la famille des sétrons, des molécules beaucoup plus actives que le THC, pour pallier une spasticité  on a le baclofène.

Ce qui qualifie avant tout un médicament, au point d’être consubstantiel à cette qualité, c’est le rapport bénéfices/risques. Quels bénéfices peut-on espérer que le patient en retirera et quels risques encourra-t-il à utiliser ce médicament. Ce rapport est spécialement mauvais pour le THC. On a fait disparaître récemment du marché une benzodiazépine myorelaxante, très efficace, pour bien moins de motifs d’incrimination.

Nous devrions considérer aussi le devenir du THC dans l’organisme, dans ses interactions avec différents médicaments et surtout au travers de son exceptionnelle persistance, avec une imprévisible durée d’action.

Tout cela étant considéré, on peut affirmer aujourd’hui que le cannabis, en tant que tel, ainsi que son constituant psychotrope essentiel, le THC, qui est le substrat de tous les appétits, ne devraient pas être acceptés en tant que médicament, dans les indications proposées ou anticipées.

Le chercheur pharmacologue soussigné, n’exclue évidemment pas que l’on puisse découvrir parmi les dizaines de cannabinoïdes que recèle le chanvre indien, un ou plusieurs d’entre eux, qui développeraient d’intéressantes propriétés pharmacologiques, sans effets adverses manifestes. Le cannabidiol (CBD), substance non psychotrope, pourrait être un candidat sérieux ; cependant, en l’absence d’informations robustes, cette assertion est actuellement tout à fait prématurée.

L’association THC-CBD (Sativex®)

Elément extraordinaire de la phytothérapie, dans le chanvre indien le THC jouxte le CBD qui dans la plante pourrait être le précurseur de ce premier.  En sens inverse, au niveau du suc gastrique très acide, le CBD se transforme abondamment en THC. Le CBD n’affecte pas les récepteurs CB1 sur lesquels agit le THC. On connaît mal la ou les cible(s) biologique(s) pertinente(s) du CBD, mais certains prétendent que très opportunément il accroîtrait les effets bénéfiques recherchés du THC et qu’il relativiserait voire même annulerait ses effets délétères. C’est à partir de ce postulat que THC et CBD ont été associés dans des proportions assez arbitraires dans un spray destiné à des pulvérisations buccales : le Sativex®. Cette association a obtenu, selon une procédure accélérée, une autorisation de mise sur le marché européen (A.M.M.) suivie de sa rapide transposition française par l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM), avec pour indication : traitement symptomatique d’appoint des manifestations de la spasticité, liée à une SEP, chez des patients insuffisamment soulagés par les traitements anti spastiques de référence.

Une campagne médiatique, rompant avec la sérénité de la démarche scientifique qui doit prévaloir en matière de qualification d’un médicament, a souligné l’urgence de mettre ce médicament, présenté comme irremplaçable, à la disposition des patients atteints de cette grave affection et de ces troubles invalidants,  culpabilisant presque les pouvoirs publics d’avoir tant tardé. Un addictologue, très à distance de son domaine d’expertise s’est fourvoyé, dans un grand quotidien national, à déclarer « qu’il fallait donner sa chance au cannabis thérapeutique », en rupture avec le principe qu’en médecine c’est aux patients qu’il faut donner toutes leurs chances et non pas à tel médicament.

Cette A.M.M. française date de 2014. Pourtant à ce jour, soit cinq ans plus tard, une analyse sereine, enfin scientifique et objective, fait qu’il n’est pas commercialisé en France, en dépit de sa présentation par plusieurs médias comme irremplaçable, indispensable, soulignant l’extrême urgence qu’il y avait à le mettre à la disposition des patients… ! Sa commercialisation bute sur un problème de prix ; le laboratoire espagnol Almirall le propose à près de 600 euros. Il bute aussi sur le niveau de son remboursement qui ne serait que de 15%, car la Commission de la transparence de la Haute autorité de santé (HAS) juge que ce produit n’a pas de réels avantages thérapeutiques.    « L’amélioration du service médical rendu (ASMR) » a été jugée du niveau V ; elle est donc jugée insignifiante dans le traitement des symptômes liés à une spasticité modérée à sévère due à une sclérose en plaques. D’après les données d’efficacité des études réalisées par le laboratoire sur ce médicament, dans son indication, la file active des patients susceptibles de bénéficier de ce traitement est estimée au maximum à 2.000 patients.

La pollution médiatique manifeste de la réflexion pharmacologique et thérapeutique que révèle cet exemple invite à aller plus avant dans l’analyse de l’intérêt ou de l’absence d’intérêt du THC chez le patient atteint de S.E.P. Un regard superficiel constate que l’on décrit au THC des effets immunodépresseurs qui pourraient être utiles dans une pathologie dans laquelle le patient développe des anticorps contre la gaine de myéline de ses nerfs (à l’origine de la formation des plaques de démyélinisation). Il constate aussi que le THC a des effets myorelaxants, anti spastiques, qui seraient utiles dans la survenue de tels troubles qui peuvent survenir au cours de la SEP. Il constate enfin qu’il est analgésique alors que ces spasmes sont souvent douloureux. Cette triade d’effets justifierait sans hésitation le THC dans cette indication. Pourtant il convient de souligner que sur chacun de ces paramètres (immunodépression, effet anti spastique et effet analgésique) on dispose d’agents aux effets mieux ciblés et plus efficaces que le THC. Ainsi, par exemple, comme immunodépresseurs, on peut faire appel aux corticoïdes, interférons, méthotrexate, azathioprine, cyclophosphamide, glatiramère, statines, cyclines, anticorps monoclonaux…Le rapport bénéfices/risques est clairement en défaveur du THC, eu égard à la liste de ses méfaits, physiques et psychiques en particulier, qui est très longue (cf. supra) et dont certains sont graves.

On constate, pour un certain nombre de ces méfaits, leur caractère très inopportun chez les patients victimes de la SEP :

– Les troubles de l’équilibre et de la coordination des mouvements (adiadococinésie), que comporte intrinsèquement l’affection, pourront être aggravés par le THC.

– Les effets ébriants du THC seront incompatibles avec la conduite automobile, chez des patients qui, plus que d’autres, peuvent avoir besoin de ce mode de transport.

– Les effets orexigènes survenant chez des patients dont la dépense énergétique est réduite par leur handicap, conduirait à une importante prise de poids, avec ses conséquences esthétiques négatives, (aggravant celles dont peuvent être responsables les corticoïdes) altérant l’image que renvoient les miroirs, suscitant une dépression de l’humeur, avec aussi une difficulté supplémentaire à se mouvoir de façon autonome ou rendant plus difficile la tâche des assistants de vie.

– Les troubles anxieux et dépressifs que la SEP recrute fréquemment pourront être aggravés au long cours par le THC, redoublant les risques suicidaires.

– Un syndrome amotivationnel viendra se greffer sur une pathologie qui incite au renoncement devant la difficulté redoublée de beaucoup d’actions.

– Les capacités physiques les trahissant, les patients sont incités à investir davantage sur leurs activités psychiques, intellectuelles, mais le THC vient contrarier cela, en perturbant la mémoire à court terme sans laquelle ne peut se constituer une mémoire à long terme (une culture).

– Les patients atteints de SEP ont fréquemment une baisse de leur libido ; le THC utilisé au long cours ayant ce même effet, l’aggravera.

– L’incitation forte à accroître les doses de THC, en relation avec la pharmacodépendance et le développement d’une tolérance, quand l’effet du THC s’épuisera, aboutira à une incitation à y ajouter une autre puis même d’autres drogues. Les morphiniques pour calmer les douleurs seront hélas très tentants.

Effets du THC sur la douleur chronique et aiguë

Les effets du THC sur la douleur sont régulièrement invoqués afin de l’inscrire dans la famille des analgésiques si souvent sollicitée par nombre d’entre nous. Il y a lieu de distinguer la douleur aigue, contre laquelle on est assez bien armé, de la douleur chronique contre laquelle on est plus démuni. Les stimulants des récepteurs CB1 et CB2, pourraient agir sur la douleur.

Des revues systématiques de la littérature penchaient pour une efficacité des cannabinoïdes dans les neuropathies périphériques du SIDA, ainsi que dans les douleurs chroniques non cancéreuses. Ceci a incité une équipe à s’intéresser à leurs effets dans les douleurs post-opératoires qui résistent très majoritairement aux traitements antalgiques qu’on leur oppose. Parmi les 7 études incluant 611 patients, une seule, avec le lévonantradol, a montré une efficacité supérieure au placebo; une autre, avec la nabilone, a abouti à un effet inférieur au placebo. Aucun effet ni synergique, ni même additif à celui des opiacés n’a été trouvé. Evidemment dans 5 études les effets secondaires étaient plus fréquents (sans cependant être graves) que dans les groupes placebos. Les auteurs ont conclu que les cannabinoïdes n’ont pas plus d’effet dans la douleur aigue que l’urine de marsupial (il s’agit d’une équipe australienne).

Les résultats sont plus encourageants s’agissant des douleurs chroniques, dans des rapports récents analysant de très nombreuses études ; et une étude émanant de l’Académie des sciences des U.S.A. Ce deuxième rapport, reposant sur plus de 10.000 résumés scientifiques publiés depuis 1999, estime qu’il existe des preuves solides que le cannabis permet de soulager la douleur chronique chez l’adulte. S’agissant de l’amélioration des troubles spastiques de la sclérose en plaques, ce jugement repose sur l’appréciation des patients, recourant à des cannabinoïdes per os. Les preuves deviennent par contre limitées quand elles reposent sur l’évaluation pratiquée par les médecins.

Pour conclure, on doit s’interdire de décider pour l’avenir,  nul ne pouvant exclure qu’un  cannabinoïde, naturel ou de synthèse, démontrera une activité intéressante dans une pathologie ou  dans certains troubles contre lesquels la pharmacopée serait démunie. Mais aujourd’hui, en l’état des données et connaissances disponibles, le cannabis ou tel de ses composants ne saurait revendiquer, en leur appliquant les critères qui  prévalent pour élever une substance à la dignité de médicament, un tel statut de médicament. Il faut calmer les emballements médiatiques, s’affranchir des manipulations de l’opinion, tempérer les appétits capitalistiques à l’affut, et revenir à la sérénité qui sied aux évaluations scientifiques.

                                           Professeur Jean Costentin

  • « Halte au cannabis » J. Costentin, Ed . Odile Jacob (2007)
  • « Pourquoi il ne faut pas dépénaliser l’usage du cannabis » J. Costentin, Ed. Odile Jacob (2013)
  • « Le désastre des toxicomanies en France » J. Costentin, Ed. Docis (2018)
  • « Le cannabis- ses risques à l’adolescence » H. Chabrol, M. Choquet, J. Costentin, Ed. Ellipses (2013)
  • « Dictionnaire critique du cannabis » J. Costentin, Ed. Docis  (sous presse, 2019)
  • « Le cannabis-ce qu’il faut retenir et faire savoir » Ouvrage rédigé par des membres de l ‘académie de Pharmacie Ed. Lavoisier-sous presse (2019)

Cannabis et sexualité, c’est pas le pied !

Un effet désinhibant, le cannabis ?

Pas seulement. L’addictologue Laurent Karila fait le point avec nous.

Cannabis et sexualité, c’est pas le pied !iStock
C’est en général un des attraits que lui trouvent des jeunes qui débutent dans leur sexualité : le cannabis, comme toutes les drogues en général, a au départ un effet désinhibant qui peut aider à lâcher prise… Mais attention, une consommation régulière n’est pas sans conséquence sur la vie sexuelle.

Un impact sur l’orgasme

« Le cannabis est de toute façon une substance qui, à terme, altère la libido et le désiraffirme Laurent Karila. Pour certains, les érections deviendront difficiles et pour d’autres, la lubrification sera moindre. D’où un réel malaise masculin, des douleurs chez la femme et un orgasme compliqué à atteindre pour les deux. »

Une prise de risques

« Perte de contrôle, absence de protection : les fumeurs de cannabis sont généralement dans un état euphorique ou sédaté et, dans le feu de l’action, oublient les règles élémentaires pour se préserver », insiste aussi Laurent Karila, soulignant le risque accru et avéré de grossesses non désirées et de contracter des infections sexuellement transmissibles (IST).

A découvrir également : Le cannabis à haute dose peut-il entraîner des problèmes sexuels ?

Une vie de couple plus difficile

Les consommateurs réguliers auraient aussi une vie de couple plus mouvementée, voire conflictuelle. « Un état de fait qui serait également lié à une consommation excessive d’alcool ou d’autres substances qui peuvent accompagner le cannabis », poursuit l’addictologue. Ce qu’une ancienne consommatrice comme Nathalie, 42 ans, infirme en partie : « Je n’ai jamais bu d’alcool, mais je me suis rendu compte que j’avais peur de faire l’amour sans avoir fumé, ce qui provoquait aussi de sacrées prises de tête et beaucoup de problèmes dans mon couple… »

Des conséquences sur la fertilité ?

« La recherche manque d’études probantes sur cette question, mais plusieurs études incriminent déjà le tabac comme facteur de risques pour la fertilité féminine et masculine », souligne Laurent Karila. A plus forte raison, le cannabis serait dans le collimateur, notamment en période de conception, car il pourrait modifier le profil génétique du sperme. Les hommes devraient donc s’éloigner du cannabis, au moins lorsqu’ils essaient d’avoir un enfant.

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Françoise Gaudel, présidente de France Patients Experts Addictions

L’association “France Patients Experts Addiction” vient de se choisir une nouvelle présidente, et c’est une personnalité bien connue du sevrage tabagique : Françoise Gaudel, créatrice du groupe “Je ne fume plus !” sur Facebook. Elle nous détaille les objectifs de cette association.

Patients experts, vers la reconnaissance

France Patients Experts Addictions est une association fondée début 2019. “Elle regroupe une grande partie des représentants d’associations de patients experts”explique Françoise Gaudel, qui en a été élue présidente mercredi soir.

“Le but est de regrouper les patients experts de toutes les addictions, tabac, alcool, drogues, jeu, nourriture… au sein d’une association qui vise à mettre en avant le rôle de patient expert. Ce sont des acteurs de santé publique qui ont de réelles compétences, et l’un de nos objectifs est de définir et de valider leurs missions.”

Certification “patient expert”: première journée de formation dans les locaux du Fonds Actions Addictions à Paris.

“Pour cela, nous mettons en place une certification de l’activité patient expert, qui va être déposée auprès de France Compétences.” explique Françoise.

Mais qu’est-ce que c’est qu’un patient expert “C’est quelqu’un qui a un parcours propre de sevrage d’une addiction et une expérience dans l’aide apportée aux autres. Cela peut aussi inclure de la formation”.

Une certification professionnelle

Tout ceci a pour objectif de permettre aux patients experts de déployer leur savoir-faire dans un cadre défini, apportant des garanties aux patients. “C’est une certification professionnelle” explique Françoise. “Il y a deux temps dans la certification, un temps formation et un autre destiné à la validation des acquis de l’expérience”.

Le tout est reconnu par un diplôme. “Avoir quitté son addiction ne suffit pas » précise Françoise « il faut pouvoir justifier d’un parcours personnel dans son addiction, puis d’un parcours d’aide aux autres et/ou de formation”. A la fin, le candidat passe devant un jury composé de professionnels et d’associatifs venus de tous les horizons de l’addictologie.

“Il y a un certain nombre de compétences à valider, si elles ne le sont pas toutes, il peut y avoir des préconisations de formation ou d’expérience complémentaire afin d’acquérir les connaissances manquantes”.

Cette certification professionnelle présente un nombre certains d’avantages. Permettre aux patients experts eux-mêmes de pouvoir en faire un métier, “avec une certification professionnelle reconnue” précise la présidente, et offrir aux personnes en sevrage la certitude que son interlocuteur est qualifié, et qu’il a un parcours qui lui a apporté les compétences nécessaires.

Accompagner et aider

Un deuxième grand projet, la création d’un espace d’aide et d’accompagnement autour de l’appui à la sortie de l’addiction.

“Il y a un forum” explique Françoise, “la plate-forme Addictaide, où les visiteurs pourront dialoguer avec des patients experts et se faire accompagner. Il y a des topics selon les addictions, alcool, cannabis, jeu, tabac, etc. où des patients experts dialoguent avec des usagers pour les conseiller et les soutenir.”

Le fait que le tabagisme rejoigne les autres addictions au sein de cette association, c’est un symbole fort ? “Oui, ça inscrit les fumeurs dans un cadre plus large. Nous allons pouvoir échanger avec des spécialistes d’autres addictions, et nous enrichir mutuellement. Le tabagisme est un maillon, pas à côté, mais en complément des autres. C’est une brique qui a du sens”.

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Cannabis : combien de schizophrénies pourraient être évitées ?

Le lien entre consommation de cannabis et psychose est aujourd’hui bien établi. Un effet-dose a d’ailleurs été mis en évidence, le cannabis fortement concentré étant à l’origine d’un risque encore plus important (voir Cannabis et psychose : une question de dose). Cependant la responsabilité du cannabis dans l’incidence de la psychose est mal connue. Afin de déterminer la part des premiers épisodes psychotiques attribuables au cannabis, les auteurs d’une étude épidémiologique publiée dans le Lancet ont comparé 901 cas à 1 237 contrôles interrogés dans 17 centres répartis dans toute l’Europe (et au Brésil) entre 2010 et 2015.
Comparés aux contrôles, les sujets ayant présenté un premier épisode psychotique étaient plus souvent des hommes, ils étaient plus jeunes, généralement issus de minorités ethniques et avaient un niveau d’étude plus bas. La consommation quotidienne de cannabis entraînait une multiplication par 3,2 (intervalle de confiance à 95 % IC95 : 2,2-4,1) du risque de premier épisode psychotique, alors que la consommation quotidienne de cannabis fortement concentré (THC ≥ 10 %) entraînait une multiplication par 4,8 de ce risque comparé aux personnes n’en ayant jamais consommé. Ces résultats étaient ajustés sur l’âge, le genre, l’origine ethnique, le niveau d’éducation, le statut professionnel, et la consommation d’autres substances.

Environ 20 % de cas attribuables au cannabis

En posant comme postulat un lien causal entre consommation de cannabis et premier épisode psychotique, et en utilisant la prévalence de la consommation de cannabis, on peut ainsi estimer que 20,4 % des premiers épisodes psychotiques étaient attribuables à la consommation quotidienne de cannabis (IC95 : 17,6-22,0 %) sur l’ensemble des sites. L’utilisation de cannabis à forte teneur en THC expliquait quant à elle 12,2 % des cas.
Cet effet variait fortement en fonction des sites. A Amsterdam où 13,1 % des contrôles et 51 % des cas consommaient quotidiennement du cannabis et où le cannabis concentré est largement répandu (53 % des contrôles en ayant déjà consommé), 43,8 % des premiers épisodes psychotiques pouvaient être attribués à la consommation quotidienne de cannabis (IC95 : 34,0-64,1 %), et 50,3 % à l’utilisation de cannabis contenant plus de 10 % de THC (IC95 : 27,4-66,0). En revanche, dans le Puy-de-Dôme, où seuls 6 % des contrôles consomment du cannabis tous les jours, et où le cannabis fortement concentré est rare (3,7 % des contrôles en ont déjà fumé), seuls 1,2 % des nouveaux cas sont attribuables à une consommation quotidienne, et l’effet n’est pas significatif.
A Paris enfin, 20,8 % des nouveaux cas de troubles psychotiques sont attribuables à la consommation quotidienne de cannabis (IC95 13,5-36,1 %) et 18,9 % à la disponibilité du cannabis concentré (IC95 : 14,6-36,0).

Il y aurait deux fois moins d’entrées dans la psychose à Amsterdam sans cannabis concentré

Plus globalement, il semblait bien exister une corrélation significative entre la consommation quotidienne de cannabis ou l’utilisation de cannabis fortement concentré, et le taux d’incidence de premiers épisodes psychotiques (p = 0,0109 et p = 0,0286). Ainsi à Londres (où 11,7 % des contrôles consomment quotidiennement, et où 26 % des contrôles ont déjà fumé du cannabis à plus de 10 % de THC) l’incidence est de 45,7 cas pour 100 0000 habitants, contre 21 cas pour 100 000 habitants à Bologne (où seuls 4,6 % des contrôles sont consommateurs et 8,7 % de contrôles ont déjà consommé du cannabis fort).
Les auteurs insistent sur l’impact de la disponibilité du cannabis contenant plus de 10 % de THC. Ils estiment ainsi que sa disparition ferait passer l’incidence des premiers épisodes psychotiques de 37,9 à 18,8 cas pour 100 000 habitants dans la ville d’Amsterdam.

Quels messages retenir ?

Les messages de santé publique sur le cannabis sont très peu audibles. Les médecins et la population en connaissent mal les dangers, qui sont souvent sous-estimés ou mal compris. Cette étude souffre bien entendu des limites inhérentes aux évaluations rétrospectives, mais il s’agit néanmoins à ce jour de l’estimation la plus précise disponible de l’impact du cannabis sur la population eu égard au risque de schizophrénie.Elle devrait permettre de clarifier nos connaissances sur le sujet, et donner un caractère plus percutant aux efforts de communication en la matière.

Le cannabis, en particulier lorsqu’il est à plus de 10 % de THC et qu’il est consommé tous les jours a un impact majeur sur le nombre de premiers épisodes psychotiques. Il est très probable que la diminution de sa consommation permettrait de limiter l’incidence et la prévalence de la schizophrénie, en même temps qu’elle en réduirait la sévérité et la résistance thérapeutique. Un effort doit également être fait pour limiter l’accès aux formes de cannabis les plus fortes. Cependant, l’interdiction de la consommation et de la vente de cannabis rend aujourd’hui impossible la régulation de la teneur en THC, comme on le fait par exemple pour le degré d’alcool, qui est strictement contrôlé.

Dr Alexandre Haroche

Source

CANNABIS : MA FEMME PÈTE LES PLOMBS TOUT LE TEMPS.

Source : Drogue info service

Par KIkou13 

Bonjour à tous,

Je fais appel au forum bien évidemment pour trouver de l’aide.

Ma femme (40 ans) qui est consommatrice de cannabis très régulière depuis son adolescence me fait des crises à répétition.
Nous avons un enfant de 7 ans et un 2ème est en route pour bientôt.
Cela fait 10 ans que l’on se connais mais à mis quelques années à m’avouer sa consommation (car j’avais des doutes…).

Renfermement sur soit, pas du tout sociable, crise de nerfs à répétition (plusieurs fois par mois) et amplifiée lorsqu’il y a rupture de produit, c’est toujours la faute des autres « la mienne », mensonges sur sa vie au quotidien…

Depuis 7 ans j’élève quasimment seul notre enfant (heureusement que ma famille est là pour m’aider…).
Elle est désengagée totalement de son rôle de maman depuis la naissance de notre ange et me reproche la complicité avec notre enfant.
(A 3 ans notre enfant m’appelais papa et maman…).

Je m’occupe de tout maison, ménage, école, sorties… et elle trouve toujours de quoi se plaindre.
Avec le temps, je viens de perdre mon emploi car il est devenu très compliqué de gérer travail avec les déplacements que cela nécessite, maison et crises dépressives et de graves manques de respect dans ses paroles (insultes…)…Mes épaules sont tellement lourdes que je n’arrive plus à avancer et donc pour le coup je me suis consacré à prioriser l’éducation de notre enfant.

Le 2ème enfant arrive ( je sais vous allez vous poser la question « mais pourquoi faire un 2ème? ==> elle ne voulais plus d’enfant et donc j’ai été « surpris lorsqu’elle m’a annonce être enceinte…), elle continue toujours sa fumette malgré la grossesse (j’ai peur !!!).

je n’en peu plus, j’ai tout essayé : discussions (impossibles), j’ai jeté à plusieurs reprises cette « merde » à la poubelle (elle s’en procure tout le temps comment? je sais pas), alerté ses amis (peu être complices), sa famille (elle s’en fou complètement)!!!!

j’ai épuisé mon sac d’histoires auprès de notre enfant pour justifier les crises de sa maman.
j’ai même tourné en dérision ses crises afin qu’elle ne se rende pas compte du mal qu’elle fait à tout l’entourage.

J’avoue que que je ne sait plus que faire et me tourne vers ce site et ce forum comme dernière solution, chance ou on peut appeler cela comme on veux car cela est devenu TOXIQUE.
J’ai voulu divorcer il y a quelques temps et pour l’équilibre familial de notre enfant j’ai tout mis en suspend…

Je vous remercie pour votre aide et vos conseils.

Un papa vraiment, mais vraiment désespéré !!!!

« Le cannabis n’est pas une drogue douce mais une drogue lente

  • Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Je ne suis pas médecin, mais je vois ce que je vois. J’observe. Je discute, je parle, j’écoute.

Il ne se passe pas une journée ou presque sans que l’on me vante les mérites du cannabis, vous savez, le machin qui se fume et que c’est même vachement bien de le fumer.

On me le vante pour ses vertus… Charles, tu sais, c’est super bien, ça fait pas de mal, c’est que des plantes, en plus ça détend, ça te ferait le plus grand bien. Ca calme les douleurs, ça permet de mieux dormir, c’est en un mot « génial ». Charles, l’usage thérapeutique, Charles, l’usage récréatif, Charles, Charles, Charles…

On me le vante comme produit de placement! Charles tu sais, c’est la révolution verte, le cannabis est en train d’être légalisé, regarde au Canada ou aux Etats-Unis, franchement, tu devrais acheter des actions de producteurs de Cannabis, on va se gaver et gagner tout plein de sous!!! Je trouve que gagner de l’argent c’est, très très bien, et je ne fais pas le moraliste de bas étage sur ce sujet, mais je rajouterai tout de même… pas n’importe comment!!

Les propositions pour investir dans le cannabis abondent! Si vous rentrez la recherche « investir dans le cannabis » vous aurez des pages et des pages sur Google.

C’est le moins que l’on puisse dire. Un petit tour sur Internet et vous serez pourvu pour les 10 prochaines décennies en herbe d’agrément…

Cela représentera un marché valant certainement des milliards, les milliards de l’aliénation. Pourquoi pas.

J’ai hâte de voir les politiques « socialement responsables » que mettront en place ces firmes avec sans doute une mention sur les paquets de « shit » (merde en anglais) du genre « trop de chichon c’est pas très bon », « pour votre bien (et celui de nos actionnaires) merci de vous droguer avec modération » ou encore « un joint ça va, deux joints c’est trop, et 3 joints bonjour les fuites »…. ma femme me glisse à l’oreille que l’on ne parle pas de plomberie…

C’est « cool » la fumette, et pas fumer c’est être un vieux con…

Et bien, non ce n’est pas cool, le cannabis n’est pas une drogue douce, et n’est pas non plus « récréatif » parce qu’il peut avoir de terribles conséquences trop souvent occultées, et que dans presque tous les cas, il y en a une dont je peux visualiser chaque jour les effets massifs sur notre jeunesse. J’y reviendrai.

Je vous passe le fait qu’il y a plus de particules cancérigènes dans le cannabis que dans le tabac, je vous passe le fait que l’on meurt d’avoir fumé dans des accidents de voitures comme on meure avec trois verres de trop, se tuer soi-même étant une chose, tuer les autres en étant une autre, je vous passe même le fait que quand « on chichonne » beaucoup, on finit par « beaucoup déconner »… Pour le moment scientifiquement, on a de très gros doutes, et les médecins s’accordent à dire que le cannabis joue un rôle (et pas uniquement lui) dans la décompensation de maladies psychiatriques comme par exemple la schizophrénie… et oui!

Pourtant ce que je vois c’est des mous au lieu de la force de la jeunesse.
Pourtant ce que je vois, c’est des « fous » là où il y avait des gens « normaux ».
Pourtant ce que je vois, c’est des parents qui disent « je ne sais plus quoi faire ».
Pourtant ce que je vois, c’est des jeunes qui ne « travaillent pas ».
Pourtant ce que je vois, ce ne sont pas des gens qui se sont « amusés », je vois des gens tristes et malheureux. Il n’y a rien de récréatif dans le malheur.

Je ne vois rien de « cool ».
Je ne vois rien de beau.
Je ne vois rien d’enthousiasmant, ou d’emportant.

Vous me direz, Charles, l’alcool c’est la même chose. Oui l’alcool détruit à forte dose, mais je vois des gens joyeux quand ils ont bu un verre ou deux, je vois même des gens heureux de faire la fête. Pour les alcooliques il n’y a plus aucun bonheur.

Mais je ne vois aucun fumeur de cannabis heureux, je ne vois que des gens éteints, réduits à l’état de larve. Pas un seul. J’en vois des milliers, dans chaque famille, c’est une épidémie massive d’extinction de notre envie.

Il faut remplacer les LBD par le LBC!

Remarquez, pour le contrôle social c’est parfait, ils sont d’une mollesse exemplaire. Très peu de différence entre un mollusque sur son rocher et un jeune (ou moins jeune) fumeur de cannabis sur son canapé. Ils y restent accrochés consciencieusement. Le mollusque comme le fumeur de cannabis ne représente aucune menace.

D’ailleurs si quelqu’un pouvait suggérer à notre Castaner de remplacer les Lanceurs de Balles de Défense les LBD par des LBC des lanceurs de boulettes de cannabis, je peux vous assurer que rapidement les gilets jaunes seraient couchés et avachis sur les trottoirs….

Christophe, franchement, personne ne te dit jamais rien place Beauvau? Mon cricri tu es vraiment très mal conseillé! Distribution de « beuh » gratuite à tous les protestataires… et puis au besoin « Yaka » faire des grenades lacrymo au cannabis, franchement aucune ambition dans l’innovation appliquée au maintien de l’herbe… heu, de l’ordre! Et là, plus un pavé de lancé… bien trop lourd!

« Monsieur Sannat, le « chichon », n’est pas une drogue douce, c’est une drogue lente! »

Je papotais avec le principal du collège de mon « grand » et je m’ouvrais à lui il y a quelques jours de ce phénomène alarmant, mais qui ne semble alarmer que moi, et qu’il m’a confirmé en tous points, même au collège. Il m’a surtout, je trouve donné la meilleure définition de l’effet massif de ces drogues dîtes  improprement douces sur nos enfants et sur nos adolescents, des effets qui touchent des millions de nos enfants.

« Monsieur Sannat, ce n’est pas une drogue douce, c’est une drogue lente, cela les ralentit terriblement, ils deviennent totalement mous, sans énergie, sans envie, sans ambition, ils sont dans un autre monde, et nous ne pouvons plus les ramener, la seule chose que je peux faire, c’est de ne pas couper le lien pour préserver l’avenir, enfin, pour préparer leur retour, bien hypothétique dans la réalité ».

Voilà ce triste et dramatique constat.

Le cannabis, n’est pas dangereux en soi, à courts termes et à faibles doses quoique nous soyons tous très différents dans la façon de réagir.

Le cannabis désocialise parce qu’il ralentit aussi bien votre esprit que l’ensemble de vos capacités.

Alors que la jeunesse est le moment de toutes les promesses, de toutes les énergies, de toutes les envies, et de tous les possibles, le moment de tous les rêves, de toutes les ambitions, même les plus folles, ce moment magique où il y encore quelques miettes de la naïveté de l’enfance, et pas tout à fait la lourdeur des effets du prix de la vie et les stigmates des orages qu’il faudra affronter; supprimer ce moment extraordinaire à nos enfants en banalisant les drogues « douces » est un crime massif contre le potentiel de notre jeunesse et de nos enfants.

Le cannabis n’est pas récréatif, il vole la vie de nos enfants, il vole les pulsions de vie, il fait de nos enfants de « dériveurs » dans une autre réalité, ils ne sont plus tout à fait ici, ils sont encore pas entièrement ailleurs.

J’ai compris, enfin, pourquoi nos « jeunes » sont si nombreux à ne pas « travailler », à ne pas « faire d’effort », ce n’est pas qu’ils ne le veulent pas, ils ne le peuvent pas.

Dieu n’était pas un fumeur de Havanes, le diable, lui, oui.

Tout ce qui abolit notre volonté, tout ce qui réduit nos pulsions de vie est une forme de mal qui doit être désigné comme le mal et combattu comme le mal.

Nos enfants, notre jeunesse, méritent bien mieux qu’une ration gratuite de drogue dite douce.

Que personne ne s’y trompe.

Par démagogie, par « modernisme », par bêtise, parce que nombreux sont déjà les parents trentenaires ou quarantenaires à « chichonner », nous volons la véritable vie de nos enfants. L’envie et la volonté sont parmi les moteurs les plus importants de la vie elle-même.

La drogue, ce n’est pas mal parce que c’est mal…

C’est mal, parce que ses effets brisent net vos potentiels et vous empêchent de vous réaliser, de vous accomplir, de participer au processus de création et d’évolution du monde, de faire votre apport à la collectivité, en un mot, les drogues douces, qui sont comme l’explique très justement le principal du collège de mon fils des drogues lentes empêcher celui qui en prend de vivre pleinement.

Enfin, nous vivons dans un monde où droguer ses gosses est normal et moderne, et de toutes les façons les déshériter sera même le summum du progressisme. Nous en parlerons demain.

Je vous laisse sur ces paroles totalement fausses

« Dieu est un fumeur de havanes
C’est lui-même qui m’a dit
Que la fumée envoie au paradis »…

La fumée n’envoie pas au paradis, elle emprisonne et fait de chacun des dériveurs. C’est plus la marque du malin que du divin, malin qui est souvent bien plus attrayant au premier abord.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

Source

Cannabis : Effets sur la santé

Les fleurs et les feuilles de la plante de cannabis sont utilisées pour leur capacité à entraîner des effets sur l’esprit, notamment :

  • une sensation d’euphorie (« high »)
  • une sensation de bien-être
  • un sentiment de détente
  • des expériences sensorielles accrues relatives :
    • à la vue
    • au goût
    • à l’odorat
    • à l’ouïe

Bien que le cannabis puisse avoir pour effet de vous faire sentir détendu et heureux, votre corps et votre cerveau peuvent également subir des effets :

  • néfastes
  • indésirables
  • désagréables

Parmi ces effets à court terme sur votre cerveau, on trouve :

  • la confusion
  • la somnolence (fatigue)
  • une capacité réduite de :
    • se souvenir
    • se concentrer
    • prêter attention
    • réagir rapidement
  • l’anxiété, la peur ou la panique

Parmi les effets à court terme sur le corps, on trouve également :

La consommation de cannabis peut également conduire à des épisodes psychotiques caractérisés par :

  • la paranoïa
  • les délires
  • des hallucinations

Effets à long terme sur la santé

Les effets à long terme se font sentir graduellement au fil du temps avec une consommation quotidienne ou quasi quotidienne se poursuivant sur :

  • des semaines
  • des mois
  • des années

Les effets à long terme du cannabis sur le cerveau peuvent comprendre un risque accru de dépendance. La consommation à long terme du cannabis peut également nuire à :

  • la mémoire
  • la concentration
  • l’intelligence (QI) (en anglais seulement)
  • la capacité de réfléchir et de prendre des décisions

Les effets semblent aller en s’aggravant si vous :

Ces effets peuvent durer de quelques jours à plusieurs mois ou même davantage (en anglais seulement) après que vous ayez cessé de consommer du cannabis. Ils peuvent ne pas être entièrement réversibles, même après l’arrêt de la consommation de cannabis.

Les autres effets à long terme associés à l’inhalation de la fumée de cannabis sont semblables aux effets associés à l’inhalation de la fumée de tabac. Ceux-ci comportent des risques pour la santé pulmonaire comme :

  • la bronchite
  • les infections pulmonaires
  • la toux chronique (à long terme)
  • une accumulation accrue de mucus dans la poitrine

Source : Gouvernement du Canada

Une enquête poignante sur le combat contre les addictions !

Le cercle des abstinents anonymes, une enquête poignante sur le combat contre les addictions !

Pour son édition de février, l’équipe de Grand angle vous a proposé une enquête poignante sur les addictions aux drogues. Une enquête qui risque de changer votre regard envers les personnes souffrant d’addictions. Cette enquête a été réalisée par Adil Boukhima, Mehdi Wassal, Hicham Ajebli, Souad Gaby et Jalal Lahcen Kamal.

Nous les appellerons Hicham, Mehdi, Sara. Des hommes et des femmes qui ont eu le courage d’affronter leur addiction aux narcotiques. Dépendants aux drogues, aux médicaments ou à l’alcool, ils se sont fixés un but: s’en sortir.

Leurs témoignages sont poignants. Avec dignité, ils racontent leurs années de souffrance et leur volonté de se libérer du cercle de la dépendance. Ils appartiennent à toutes les classes sociales et leurs profils sont divers.

Dans cette enquête, vous en apprendrez plus sur les programmes de prise en charge des personnes souffrant d’addiction. Dans les hôpitaux publics, cliniques privées et centres d’addictologie, c’est un suivi permanent pour éviter la rechute.

Maintenir l’abstinence est un combat quotidien contre l’angoisse, l’anxiété et la fatale attraction de la substance addictive. Traitements de substitutions et thérapies de groupes en faveur des personnes dépendantes sont au cœur du processus de décrochage.

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