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« Le cannabis n’est pas une drogue douce mais une drogue lente

  • Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Je ne suis pas médecin, mais je vois ce que je vois. J’observe. Je discute, je parle, j’écoute.

Il ne se passe pas une journée ou presque sans que l’on me vante les mérites du cannabis, vous savez, le machin qui se fume et que c’est même vachement bien de le fumer.

On me le vante pour ses vertus… Charles, tu sais, c’est super bien, ça fait pas de mal, c’est que des plantes, en plus ça détend, ça te ferait le plus grand bien. Ca calme les douleurs, ça permet de mieux dormir, c’est en un mot « génial ». Charles, l’usage thérapeutique, Charles, l’usage récréatif, Charles, Charles, Charles…

On me le vante comme produit de placement! Charles tu sais, c’est la révolution verte, le cannabis est en train d’être légalisé, regarde au Canada ou aux Etats-Unis, franchement, tu devrais acheter des actions de producteurs de Cannabis, on va se gaver et gagner tout plein de sous!!! Je trouve que gagner de l’argent c’est, très très bien, et je ne fais pas le moraliste de bas étage sur ce sujet, mais je rajouterai tout de même… pas n’importe comment!!

Les propositions pour investir dans le cannabis abondent! Si vous rentrez la recherche « investir dans le cannabis » vous aurez des pages et des pages sur Google.

C’est le moins que l’on puisse dire. Un petit tour sur Internet et vous serez pourvu pour les 10 prochaines décennies en herbe d’agrément…

Cela représentera un marché valant certainement des milliards, les milliards de l’aliénation. Pourquoi pas.

J’ai hâte de voir les politiques « socialement responsables » que mettront en place ces firmes avec sans doute une mention sur les paquets de « shit » (merde en anglais) du genre « trop de chichon c’est pas très bon », « pour votre bien (et celui de nos actionnaires) merci de vous droguer avec modération » ou encore « un joint ça va, deux joints c’est trop, et 3 joints bonjour les fuites »…. ma femme me glisse à l’oreille que l’on ne parle pas de plomberie…

C’est « cool » la fumette, et pas fumer c’est être un vieux con…

Et bien, non ce n’est pas cool, le cannabis n’est pas une drogue douce, et n’est pas non plus « récréatif » parce qu’il peut avoir de terribles conséquences trop souvent occultées, et que dans presque tous les cas, il y en a une dont je peux visualiser chaque jour les effets massifs sur notre jeunesse. J’y reviendrai.

Je vous passe le fait qu’il y a plus de particules cancérigènes dans le cannabis que dans le tabac, je vous passe le fait que l’on meurt d’avoir fumé dans des accidents de voitures comme on meure avec trois verres de trop, se tuer soi-même étant une chose, tuer les autres en étant une autre, je vous passe même le fait que quand « on chichonne » beaucoup, on finit par « beaucoup déconner »… Pour le moment scientifiquement, on a de très gros doutes, et les médecins s’accordent à dire que le cannabis joue un rôle (et pas uniquement lui) dans la décompensation de maladies psychiatriques comme par exemple la schizophrénie… et oui!

Pourtant ce que je vois c’est des mous au lieu de la force de la jeunesse.
Pourtant ce que je vois, c’est des « fous » là où il y avait des gens « normaux ».
Pourtant ce que je vois, c’est des parents qui disent « je ne sais plus quoi faire ».
Pourtant ce que je vois, c’est des jeunes qui ne « travaillent pas ».
Pourtant ce que je vois, ce ne sont pas des gens qui se sont « amusés », je vois des gens tristes et malheureux. Il n’y a rien de récréatif dans le malheur.

Je ne vois rien de « cool ».
Je ne vois rien de beau.
Je ne vois rien d’enthousiasmant, ou d’emportant.

Vous me direz, Charles, l’alcool c’est la même chose. Oui l’alcool détruit à forte dose, mais je vois des gens joyeux quand ils ont bu un verre ou deux, je vois même des gens heureux de faire la fête. Pour les alcooliques il n’y a plus aucun bonheur.

Mais je ne vois aucun fumeur de cannabis heureux, je ne vois que des gens éteints, réduits à l’état de larve. Pas un seul. J’en vois des milliers, dans chaque famille, c’est une épidémie massive d’extinction de notre envie.

Il faut remplacer les LBD par le LBC!

Remarquez, pour le contrôle social c’est parfait, ils sont d’une mollesse exemplaire. Très peu de différence entre un mollusque sur son rocher et un jeune (ou moins jeune) fumeur de cannabis sur son canapé. Ils y restent accrochés consciencieusement. Le mollusque comme le fumeur de cannabis ne représente aucune menace.

D’ailleurs si quelqu’un pouvait suggérer à notre Castaner de remplacer les Lanceurs de Balles de Défense les LBD par des LBC des lanceurs de boulettes de cannabis, je peux vous assurer que rapidement les gilets jaunes seraient couchés et avachis sur les trottoirs….

Christophe, franchement, personne ne te dit jamais rien place Beauvau? Mon cricri tu es vraiment très mal conseillé! Distribution de « beuh » gratuite à tous les protestataires… et puis au besoin « Yaka » faire des grenades lacrymo au cannabis, franchement aucune ambition dans l’innovation appliquée au maintien de l’herbe… heu, de l’ordre! Et là, plus un pavé de lancé… bien trop lourd!

« Monsieur Sannat, le « chichon », n’est pas une drogue douce, c’est une drogue lente! »

Je papotais avec le principal du collège de mon « grand » et je m’ouvrais à lui il y a quelques jours de ce phénomène alarmant, mais qui ne semble alarmer que moi, et qu’il m’a confirmé en tous points, même au collège. Il m’a surtout, je trouve donné la meilleure définition de l’effet massif de ces drogues dîtes  improprement douces sur nos enfants et sur nos adolescents, des effets qui touchent des millions de nos enfants.

« Monsieur Sannat, ce n’est pas une drogue douce, c’est une drogue lente, cela les ralentit terriblement, ils deviennent totalement mous, sans énergie, sans envie, sans ambition, ils sont dans un autre monde, et nous ne pouvons plus les ramener, la seule chose que je peux faire, c’est de ne pas couper le lien pour préserver l’avenir, enfin, pour préparer leur retour, bien hypothétique dans la réalité ».

Voilà ce triste et dramatique constat.

Le cannabis, n’est pas dangereux en soi, à courts termes et à faibles doses quoique nous soyons tous très différents dans la façon de réagir.

Le cannabis désocialise parce qu’il ralentit aussi bien votre esprit que l’ensemble de vos capacités.

Alors que la jeunesse est le moment de toutes les promesses, de toutes les énergies, de toutes les envies, et de tous les possibles, le moment de tous les rêves, de toutes les ambitions, même les plus folles, ce moment magique où il y encore quelques miettes de la naïveté de l’enfance, et pas tout à fait la lourdeur des effets du prix de la vie et les stigmates des orages qu’il faudra affronter; supprimer ce moment extraordinaire à nos enfants en banalisant les drogues « douces » est un crime massif contre le potentiel de notre jeunesse et de nos enfants.

Le cannabis n’est pas récréatif, il vole la vie de nos enfants, il vole les pulsions de vie, il fait de nos enfants de « dériveurs » dans une autre réalité, ils ne sont plus tout à fait ici, ils sont encore pas entièrement ailleurs.

J’ai compris, enfin, pourquoi nos « jeunes » sont si nombreux à ne pas « travailler », à ne pas « faire d’effort », ce n’est pas qu’ils ne le veulent pas, ils ne le peuvent pas.

Dieu n’était pas un fumeur de Havanes, le diable, lui, oui.

Tout ce qui abolit notre volonté, tout ce qui réduit nos pulsions de vie est une forme de mal qui doit être désigné comme le mal et combattu comme le mal.

Nos enfants, notre jeunesse, méritent bien mieux qu’une ration gratuite de drogue dite douce.

Que personne ne s’y trompe.

Par démagogie, par « modernisme », par bêtise, parce que nombreux sont déjà les parents trentenaires ou quarantenaires à « chichonner », nous volons la véritable vie de nos enfants. L’envie et la volonté sont parmi les moteurs les plus importants de la vie elle-même.

La drogue, ce n’est pas mal parce que c’est mal…

C’est mal, parce que ses effets brisent net vos potentiels et vous empêchent de vous réaliser, de vous accomplir, de participer au processus de création et d’évolution du monde, de faire votre apport à la collectivité, en un mot, les drogues douces, qui sont comme l’explique très justement le principal du collège de mon fils des drogues lentes empêcher celui qui en prend de vivre pleinement.

Enfin, nous vivons dans un monde où droguer ses gosses est normal et moderne, et de toutes les façons les déshériter sera même le summum du progressisme. Nous en parlerons demain.

Je vous laisse sur ces paroles totalement fausses

« Dieu est un fumeur de havanes
C’est lui-même qui m’a dit
Que la fumée envoie au paradis »…

La fumée n’envoie pas au paradis, elle emprisonne et fait de chacun des dériveurs. C’est plus la marque du malin que du divin, malin qui est souvent bien plus attrayant au premier abord.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

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Cannabis : Effets sur la santé

Les fleurs et les feuilles de la plante de cannabis sont utilisées pour leur capacité à entraîner des effets sur l’esprit, notamment :

  • une sensation d’euphorie (« high »)
  • une sensation de bien-être
  • un sentiment de détente
  • des expériences sensorielles accrues relatives :
    • à la vue
    • au goût
    • à l’odorat
    • à l’ouïe

Bien que le cannabis puisse avoir pour effet de vous faire sentir détendu et heureux, votre corps et votre cerveau peuvent également subir des effets :

  • néfastes
  • indésirables
  • désagréables

Parmi ces effets à court terme sur votre cerveau, on trouve :

  • la confusion
  • la somnolence (fatigue)
  • une capacité réduite de :
    • se souvenir
    • se concentrer
    • prêter attention
    • réagir rapidement
  • l’anxiété, la peur ou la panique

Parmi les effets à court terme sur le corps, on trouve également :

La consommation de cannabis peut également conduire à des épisodes psychotiques caractérisés par :

  • la paranoïa
  • les délires
  • des hallucinations

Effets à long terme sur la santé

Les effets à long terme se font sentir graduellement au fil du temps avec une consommation quotidienne ou quasi quotidienne se poursuivant sur :

  • des semaines
  • des mois
  • des années

Les effets à long terme du cannabis sur le cerveau peuvent comprendre un risque accru de dépendance. La consommation à long terme du cannabis peut également nuire à :

  • la mémoire
  • la concentration
  • l’intelligence (QI) (en anglais seulement)
  • la capacité de réfléchir et de prendre des décisions

Les effets semblent aller en s’aggravant si vous :

Ces effets peuvent durer de quelques jours à plusieurs mois ou même davantage (en anglais seulement) après que vous ayez cessé de consommer du cannabis. Ils peuvent ne pas être entièrement réversibles, même après l’arrêt de la consommation de cannabis.

Les autres effets à long terme associés à l’inhalation de la fumée de cannabis sont semblables aux effets associés à l’inhalation de la fumée de tabac. Ceux-ci comportent des risques pour la santé pulmonaire comme :

  • la bronchite
  • les infections pulmonaires
  • la toux chronique (à long terme)
  • une accumulation accrue de mucus dans la poitrine

Source : Gouvernement du Canada

Une enquête poignante sur le combat contre les addictions !

Le cercle des abstinents anonymes, une enquête poignante sur le combat contre les addictions !

Pour son édition de février, l’équipe de Grand angle vous a proposé une enquête poignante sur les addictions aux drogues. Une enquête qui risque de changer votre regard envers les personnes souffrant d’addictions. Cette enquête a été réalisée par Adil Boukhima, Mehdi Wassal, Hicham Ajebli, Souad Gaby et Jalal Lahcen Kamal.

Nous les appellerons Hicham, Mehdi, Sara. Des hommes et des femmes qui ont eu le courage d’affronter leur addiction aux narcotiques. Dépendants aux drogues, aux médicaments ou à l’alcool, ils se sont fixés un but: s’en sortir.

Leurs témoignages sont poignants. Avec dignité, ils racontent leurs années de souffrance et leur volonté de se libérer du cercle de la dépendance. Ils appartiennent à toutes les classes sociales et leurs profils sont divers.

Dans cette enquête, vous en apprendrez plus sur les programmes de prise en charge des personnes souffrant d’addiction. Dans les hôpitaux publics, cliniques privées et centres d’addictologie, c’est un suivi permanent pour éviter la rechute.

Maintenir l’abstinence est un combat quotidien contre l’angoisse, l’anxiété et la fatale attraction de la substance addictive. Traitements de substitutions et thérapies de groupes en faveur des personnes dépendantes sont au cœur du processus de décrochage.

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Une méthode efficace pour décrocher du tabac ou de l’alcool

Entretien motivationnel

La médecine préconise d’avoir recours à l’entretien motivationnel pour aider un patient à décrocher du tabac, de l’alcool ou d’un trouble du comportement alimentaire. Comment et avec quels résultats ? Les explications de nos experts.

LES ENTRETIENS MOTIVATIONNELS (EM), C’EST QUOI ET POUR QUI ?

L’entretien motivationnel (EM) est une thérapie centrée sur la personne. Cette « conversation collaborative » vise à renforcer la motivation et l’engagement d’un patient à se libérer d’une addiction, en l’aidant à puiser dans ses propres ressources pour changer de comportement.

Deux psychologues et professeurs d’université anglo-saxons, William R. Miller et Stephen Rollnick, ont inventé, dans les années 1980, cette démarche qui visait, à l’origine, à traiter des dépendances à l’alcool. Certains médecins l’utilisent aujourd’hui dans des domaines variés de la santé : addictions (en particulier le tabac), maladies chroniques, nutrition, santé mentale, etc.

Ce type d’intervention est particulièrement adapté lorsqu’une personne fait preuve d’ambivalence face à un changement de comportement, dont le maintien a déjà ou pourrait avoir des conséquences néfastes sur sa santé ou sa situation sociale.

COMMENT ÇA MARCHE ?

Le médecin pose des questions ouvertes au patient, le valorise, instaure une écoute réflective en résumant, tout au long de l’entretien, ce qui se dit, en liant les événements et en soutenant le discours du patient. « Il devient un partenaire extérieur au dialogue intérieur du patient », résume la pneumologue-tabacologue Anne Dansou.

L’EM repose sur ces principes : la collaboration (accepter le point de vue du patient, ne pas le juger, manifester de l’empathie) plutôt que la confrontation (imposer une vérité et vouloir qu’il l’accepte) ; l’évocation (mettre à jour les buts et valeurs du patient, découvrir sa motivation intrinsèque) plutôt que l’éducation (adopter une posture didactique) ; et l’autonomie (considérer le patient en capacité de choisir et éclairer ses choix) plutôt que l’autorité (dire au patient ce qu’il doit faire).

« L’EM sert à faire émerger les contradictions, les divergences entre l’état actuel du patient et ses valeurs profondes », explique le Dr Ounnoughene, psychiatre. Lorsque le discours de la personne bascule dans cette mobilisation, le médecin peut alors lui apporter des éclairages et lui proposer, sur la base de l’EM, différentes stratégies pour dépasser ses difficultés.

En psychothérapie, l’EM est souvent un mode d’entrée, un premier temps pour préparer d’autres types d’interventions en complément (thérapie cognitivo-comportementale, thérapie de l’acceptation et de l’engagement…).

QUE PEUT-ON EN ATTENDRE ?

Le processus du changement repose sur  » le slalom décisionnel », indique le Dr Dansou. « Le changement intervient chez le patient lorsque les avantages à changer l ’emportent sur le statu quo, ce qui ne peut se faire qu’en mobilisant ses motivations internes, précise le Dr Marc Ounnoughene.

Cela permet de sortir le patient et le médecin du piège des solutions miracles et de progresser étape par étape vers un réel changement. Le patient voit renaître en lui le sentiment qu’il est l’artisan du changement, ce qui est fondamental pour que celui-ci soit durable. » Formé par le Groupe de recherche sur l’obésité et le surpoids (Gros), le Dr Ounnoughene a fait de l’EM« un outil quotidien dans le traitement des troubles alimentaires ». « C’est une approche éthique, efficace, dont les résultats sont validés », conclut le psychiatre Nicolas Ballon. « Et il n’y a pas de différences dans l’approche en fonction du produit, car c’est la relation qui va permettre le changement. »

NOS EXPERTS

Pr Nicolas Ballon, psychiatre et addictologue, chef du pôle Psychiatrie-Addictologie au CHRU de Tours, formateur en entretien motivationnel.

Dr Anne Dansou, pneumologue-tabacologue, responsable de l’unité de Tabacologie au CHRU de Tours, formatrice en entretien motivationnel.

Dr Marc Ounnoughene, psychiatre à Nancy, spécialiste du comportement alimentaire.

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Cannabis : plus de suicides recensés chez les jeunes qui en consomment

La consommation de cannabis chez les jeunes a été associée à un plus fort risque de dépression et de suicide. La dépendance est ici analysée comme un élément déclencheur du mal-être, et non comme la conséquence.

Cannabis : plus de suicides recensés chez les jeunes qui en consommentKATARZYNABIALASIEWICZ / ISTOCK.

La consommation de cannabis chez les adolescents a été associée à un risque accru de dépression et de comportement suicidaire chez les jeunes adultes, selon une méta-analyse publiée dans la revue JAMA Psychiatry.

Ces conclusions ont été tirées sur la base de plusieurs études, comprenant au total    23 317 personnes. Les chercheurs ont analysé le risque de dépression, d’anxiété, d’idées suicidaires et de tentatives de suicide en fonction de la consommation de cannabis.

« Nous avons été assez surpris des taux de suicide »

« L’étude indique que le diagnostic de dépression chez environ 7% des Canadiens et des Américains âgés de 18 à 30 ans est attribuable au cannabis, ce qui signifie que    25 000 jeunes Canadiens et 400 000 jeunes Américains souffrent de dépression en raison d’une consommation antérieure de cannabis« , affirme le Dr Nancy Mayo, co-auteure de l’étude, par ailleurs professeure de physiothérapie et d’ergothérapie.

Si les scientifiques ont fait état d’une association plutôt faible avec l’anxiété, ils ont été surpris par les taux de suicide. « Lorsque nous avons commencé cette étude, nous nous attendions à ce que la dépression soit un facteur attribuable à la consommation de cannabis, mais nous avons été assez surpris des taux de suicide. En effet, un pourcentage important des tentatives de suicide est attribuable au cannabis« , écrivent-ils. « Nous espérons que ces résultats inciteront les organismes de santé publique à appliquer des stratégies préventives pour réduire la consommation de cannabis chez les jeunes », ajoutent-ils.

Les plus gros consommateurs de cannabis en Europe

Les jeunes Français sont les plus gros consommateurs de cannabis en Europe, 21,5% des 16-34 ans ayant déjà essayé. Selon une étude de l’Ifop publiée le 11 juin dernier, « les positions en faveur d’une régulation du marché du cannabis par l’État se situent désormais autour de 50% de la population ».

Le suicide, est, en parallèle, la deuxième cause de mortalité chez les 15-24 ans, juste après les accidents de la route. Malgré une baisse de 26% du taux de suicide entre 2003 et 2014, la France présente, au sein des pays européens, un des taux de suicide les plus élevés derrière les pays de l’Est, la Finlande et la Belgique.

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Peut-on mieux protéger les adolescents contre les addictions ? (Le Figaro)

07/01/2019

355 morts par jour ; un coût direct de 22 milliards d’euros, soit 1,1 % du PIB ; un coût social annuel évalué à près de 250 milliards d’euros : la consommation de drogues – licites et illicites – a atteint en France un niveau d’autant plus alarmant que l’entrée en addiction commence de plus en plus tôt !

Champions d’Europe

À dix-sept ans, plus de 90 % des jeunes français ont déjà expérimenté une boisson alcoolique, 59 % ont déjà été ivres ; quatre jeunes sur dix déclarent avoir déjà consommé du cannabis au point, pour près de 10 % d’entre eux, de devenir dépendants avec aussi une nette tendance à consommer plusieurs substances en même temps… et de plus en plus tôt : en troisième, la moitié des élèves fument du tabac et un quart a expérimenté le cannabis ; en sixième, la moitié d’entre eux a déjà expérimenté l’alcool…

Or, aucun adolescent n’est à l’abri ; tous les milieux socio-économiques sont touchés, et les filles sont en train de rattraper les garçons ! Résultat : alors que se confirme une tendance générale à la baisse de consommation de tabac et d’alcool chez les collégiens partout en Europe*, nos adolescents sont toujours parmi les plus gros fumeurs et les plus gros buveurs.

Certes, entre 2014 et 2017, l’expérimentation du cannabis a régressé de près de 10 % en moyenne, mais sa consommation régulière (plus de dix fois par mois) de 2 % à peine ; surtout, la dépendance est de plus en plus fréquente, avec de graves conséquences en termes de santé physique et psychique à un âge particulièrement sensible.

Or, les empreintes précoces forgent l’accoutumance : plus durable est la consommation, plus l’abstinence est difficile et plus lourd le tribut payé à ces substances toxiques. Les examens de neuro-imagerie montrent des fonctions cérébrales altérées, et, plus la consommation débute jeune, plus le risque de troubles psychiques et de difficultés d’apprentissage s’avère important.

Notre vingt-sixième place en queue du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA), le classement annuel des performances éducatives des pays développés, n’est sans doute pas étrangère à ce triste record, de même que le nombre encore trop souvent inexpliqué d’accidents mortels sur la route et sur la voie publique …

Déjouer le piège 

L’adolescence est une période de transgression et de nouvelles expérimentations, mais souvent en toute naïveté et par seul goût du risque … La première cigarette, la première dose, le premier joint, le premier cachet, c’est gratuit et proposé par un type sympa à la sortie du collège ; présenté comme un produit naturel, ce n’est pas dangereux ! Et puis, tout le monde en prend… L’engrenage s’enclenche en douceur, au point d’oublier que c’est toujours illégal et passible de lourdes amendes, voire de peines d’emprisonnement.

Proposer, même gratuitement, des stupéfiants, c’est jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et soixante-quinze mille euros d’amende, et sept ans d’emprisonnement et cent-cinquante mille euros d’amende à proximité d’un établissement scolaire. Depuis fin novembre 2018, le simple usage de
drogue illicite est passible d’une amende de 200 euros… Un petit rappel à la loi ne serait pas inutile…

Mais, les parents sont-ils suffisamment vigilants ? Sont-ils seulement informés des signes d’alerte ? Des changements brutaux d’amis, de tenue vestimentaire et de comportement ; des résultats scolaires en chute libre ; des demandes de rallonges d’argent de poche de plus en plus pressantes…  quitte même à en arriver à voler !  Trop d’ados se laissent tenter sans savoir pourquoi ; ils n’ont pas de projets, ils ne font pas sport ou d’autres activités, ils ne se sentent pas bien dans leur peau ni dans leur environnement.

S’il est difficile d’éviter à cet âge les prises de risque, les parents peuvent limiter les dégâts en faisant sentir qu’ils sont là, prêts à parler et à aider sans culpabilisation ni intrusion… Mais surtout en veillant à ne pas donner eux-mêmes le mauvais exemple. Et si une aide extérieure s’avère nécessaire, une consultation chez un médecin s’impose, ne serait-ce que pour faire le point.

Une priorité nationale ?

Notre jeunesse qui fume trop, boit trop, se drogue, passe pour le mouton noir de l’Europe. A qui la faute ?  Notre politique en matière de prévention est-elle à la hauteur ? Certes, tous les acteurs concernés – l’Éducation nationale, la santé, la justice, l’agriculture – sont mobilisés autour des grands chantiers de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et conduites addictives (MILDECA).

Mais, L’Observatoire européen des drogues et toxicomanies (OEDT) ne manque pas une occasion de nous rappeler que l’information et la prévention doivent être intégrés dans les programmes scolaires dès l’école primaire avec un encadrement suffisamment formé pour que les parents ne se retrouvent pas désarmés devant l’adolescent qu’ils n’ont pas appris à protéger dès son plus jeune âge…

Au-delà des traditionnels programmes interministériels et autres plans gouvernementaux, il est temps d’agir sur le terrain, au plus près des jeunes. Le nouveau service national devrait permettre d’établir un contact avec des professionnels de santé motivés ; mettons aussi à profit l’engouement des adolescents pour les réseaux sociaux afin de les encourager à témoigner, partager et mieux s’informer avec les mots et les codes de leur âge.

Pr Jean-Pierre GOULLÉ, Toxicologue, Membre de l’Académie nationale de Pharmacie

* Health Behavior in School-aged Chlidren (HBSC) et European School Project on Alcohol and other Drugs (ESPAD) (enquêtes réalisées tous les quatre ans auprès des jeunes européens de 11 à 16 ans). Enquête sur la Santé et les Consommations lors de l’Appel de Préparation A la Défense (ESCAPAD) (enquête menée auprès des jeunes français de 17 ans par l’OFDT) https://www.ofdt.fr/enquetes-et-dispositifs/hbsc/,https://www.ofdt.fr/enquetes-et-dispositifs/espad/en-pratique/, https://www.ofdt.fr/enquetes-et-dispositifs/escapad/

Addiction aux drogues : le circuit cérébral mis en évidence

Dans un modèle de souris, des chercheurs ont identifié un circuit cérébral lié à la consommation compulsive de drogues. Ces travaux suggèrent aussi que les expériences personnelles, plus que la génétique, expliquent que certains sombrent plus facilement dans l’addiction.
L’addiction aux drogues passe souvent par plusieurs phases : après la première exposition à la substance addictive, l’individu consomme de manière maîtrisée sa « drogue », mais ensuite il peut perdre le contrôle et glisse vers une consommation compulsive. Tous les consommateurs n’atteignent pas ce niveau d’addiction.

Des chercheurs de l’université de Genève ont voulu savoir quelle était la différence, au niveau du cerveau, entre quelqu’un qui se drogue de manière compulsive et un utilisateur plus « raisonné ». Pour cela, ils ont mis au point un modèle de dépendance chez la souris. Les animaux pouvaient stimuler leur système de récompense dans le cerveau, simplement en appuyant sur un levier. En effet, la sensation de plaisir associée aux drogues est liée à l’activation du système de récompense, dans lequel agit le neurotransmetteur dopamine.

Pourquoi certains sont-ils plus facilement accro aux drogues ?

Pour savoir quelles souris faisaient un usage compulsif et incontrôlé de cette « drogue », les chercheurs ont puni les souris qui actionnaient le levier avec une petite décharge électrique. 60 % des souris ont continué à appuyer quand même sur le levier, tandis que les autres, comprenant la leçon, ont arrêté leur consommation. Ces résultats paraissent dans Nature.

Les chercheurs ont alors observé que dans le cerveau des animaux addict à leur drogue un circuit était activé : il allait d’une zone impliquée dans la prise de décision (le cortex orbito-frontal) aux ganglions de la base du système de récompense. Lorsque les chercheurs ont accru l’activité de ce circuit chez des souris qui contrôlaient leur consommation de drogue, celles-ci sont devenues addict. Inversement, quand l’activité de ce circuit était réduite chez les animaux accro à la drogue, ils arrêtaient d’actionner le levier de manière compulsive. Toutes les souris étaient génétiquement identiques, ce qui laisse penser que des modifications épigénétiques, liées à leurs expériences de vie, expliqueraient que certaines deviennent plus facilement addict que d’autres.

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Alcool et sport : la MILDECA alerte sur les risques d’un nouvel assouplissement de la loi Evin

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Madame Perrine GOULET, députée de la Nièvre, a remis le 30 novembre 2018 au Premier ministre un rapport sur le financement des pratiques sportives en France. Pour donner au mouvement sportif la capacité de mobiliser davantage de ressources privées, le rapport préconise notamment d’examiner la possibilité d’un assouplissement de la loi Evin, en particulier des dispositions suivantes :

  • la limitation de vendre de l’alcool pour un club à dix dates par an ;
  • l’interdiction générale de la publicité pour l’alcool à la télévision ;
  • l’interdiction du parrainage des clubs sportifs par les alcooliers.

La MILDECA rappelle que l’interdiction de la consommation d’alcool dans les stades était l’une des mesures fondatrices de la loi Evin. Elle visait justement à empêcher l’association symbolique de l’alcool et de son image aux valeurs positives du sport.

La MILDECA est donc fermement opposée à l’assouplissement de cet encadrement législatif essentiel, destiné à prévenir les consommations à risque d’alcool et à protéger la jeunesse.

L’alcool est responsable chaque année de près de 49 000 décès. Il est présent dans 30% des condamnations pour violences, 40% des violences familiales, 30% des viols et agressions, un tiers des accidents mortels de la route. Un français sur 5 se dit très affecté par les dommages liés à l’alcoolisation de tiers. Les collectivités locales, tant en milieu urbain que rural, sont très préoccupées par les débordements de la vie festive.

La lutte contre les consommations à risque d’alcool est une priorité de l’action publique, non seulement d’un point de vue de santé publique, mais aussi d’ordre et de tranquillité publiques, pour favoriser un « mieux vivre ensemble » au sein de la société française.

Au sein de cette action publique globale, la réduction des incitations à consommer, en particulier en direction des adolescents et des jeunes adultes, joue un rôle déterminant. La littérature scientifique rapporte de nombreuses preuves quant au lien entre exposition à la publicité et consommations à risque d’alcool, en particulier chez les jeunes (voir expertise collective Inserm sur les conduites addictives des adolescents).

Alors que les niveaux de consommation des adolescents et des jeunes adultes restent très préoccupants en France (à 17 ans, 44% ont déclaré une alcoolisation ponctuelle importante dans le mois), les études mettent en évidence que les jeunes, en raison de leurs pratiques sociales (internet, réseaux sociaux, cinéma, pratiques sportives et de loisirs) sont plus sensibles que la population générale à l’influence des stratégies publicitaires. Celles-ci peuvent être directes ou indirectes, c’est-à-dire valorisant l’image positive / festive de tel ou tel comportement ou produit (sponsoring, placement de produits, organisation de « concours »…).

Pour cette raison, les industriels investissent massivement dans ces stratégies publicitaires, soit des sommes de l’ordre de 450 millions d’euros par an. L’analyse des stratégies marketing met clairement en évidence la manière dont les jeunes sont ciblés, en tant que future génération de buveurs, via le recours à des imaginaires et des vecteurs populaires auprès de cette classe d’âge, tels que le sport. D’après une étude de janvier 2017, 30% des lycéens déclarent avoir été exposés aux publicités en faveur de l’alcool chaque jour au cours des douze derniers mois.

Protéger les adolescents et les jeunes adultes nécessite une extrême vigilance sur leur niveau d’exposition à la publicité qu’il ne faut en aucun cas voir augmenter. L’utilisation par les industriels de stratégies de contournement des règles applicables n’invalide pas le principe des interdits protecteurs ; au contraire, elle met en lumière l’urgence de faire appliquer strictement la loi pour permettre à la jeunesse de grandir dans un environnement protecteur. Élargir les possibilités de vente d’alcool dans les stades irait à l’encontre de cet objectif sociétal majeur.

Les fédérations sportives, par leur capacité de mobilisation et l’organisation de compétitions, ne doivent pas générer des incitations à des comportements à risque ; elles constituent au contraire un relai essentiel des campagnes de santé publique et notamment de la prévention des addictions (tabac, alcool, drogues…), en s’appuyant sur les valeurs du sport pour promouvoir des comportements favorables à la santé.

La perspective d’organisation d’évènements sportifs majeurs tels que la coupe du monde de Rugby ou les JO 2024 est ainsi l’occasion de porter des valeurs positives en termes de santé, de bien-être et d’intégration sociale. Les retombées sur l’ensemble du territoire d’ici à 2024 et même au-delà, notamment en matière de santé publique, seront aussi une des conditions de réussite de ces évènements internationaux majeurs.

Enfin, et c’est un enjeu crucial, il s’agit de prévenir les importants risques de trouble à l’ordre public potentiellement générés par ce type de manifestations et majorés en cas d’alcoolisation des supporters et du public.

Une étude très précise du Pr Goullé dont voici la conclusion

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