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Consommer du cannabis avant 16 ans double le risque de connaître le chômage à l’âge adulte

Par Paul-Emile François

L’expérimentation précoce du cannabis a un impact très fort sur l’avenir professionnel. Le risque de connaître une ou plusieurs périodes de chômage à l’âge adulte est fortement augmenté en cas de consommation avant 16 ans.

Consommer du cannabis avant 16 ans double le risque de connaître le chômage à l'âge adulteLANASTOCK/ISTOCK



L’ESSENTIEL

  • 40% des jeunes de moins de 17 ans en France déclarent avoir consommé du cannabis
  • Les conséquences de cette consommation sont une perte de concentration et de motivation qui pèsent sur la réussite scolaire
  • Elle augmente fortement le risque de rencontrer des difficultés d’insertion professionnelle à l’âge adulte

Fumer du cannabis à l’adolescence n’est pas seulement augmenter le risque d’une moins bonne réussite scolaire en raison des difficultés de concentration et de motivation liées à cet usage. Cela impliquerait aussi de devoir affronter plus tard des situations de chômage.

C’est ce qu’indique une étude réalisée par l’INSERM et publiée dans la revue Drug and Alcohol Dependance.

Alors que 40% des jeunes de moins de 17 ans en France déclarent avoir consommé du cannabis durant l’année écoulée et que notre pays connait l’un des plus hauts niveaux de consommation de cette drogue, l’étude établit un lien entre l’expérimentation du cannabis dite précoce (avant 16 ans) et les difficultés d’insertion professionnelle à l’âge adulte. C’est en analysant la situation de près de 1 500 jeunes adultes sur une période de 9 ans entre 2009 et 2018 que les chercheurs sont parvenus à cette conclusion.

Un risque de chômage deux fois plus élevé pour ceux qui ont consommé avant 16 ans

En entrant davantage dans le détail, leur étude précise que d’avoir débuté la consommation de cannabis avant 16 ans multiplie par deux le risque de connaître une période de chômage à l’âge adulte par rapport à ceux qui n’ont jamais consommé ce stupéfiant, un risque qui n’augmente que de 39% si la première consommation de cannabis n’a eu lieu qu’après 16 ans.

Toujours sur le registre de l’impact négatif de l’usage du cannabis à l’adolescence sur l’emploi à l’âge adulte, celui-ci multiplie par trois le risque de connaître plusieurs périodes de chômage pour ceux qui ont consommé avant 16 ans et l’augmente de 51% pour ceux qui ont consommé après 16 ans.

L’impact du cannabis sur la vie sociale et économique

« Ces résultats montrent que l’âge de la première expérience du cannabis est associé à des conséquences néfastes non seulement sur la santé mais aussi sur la vie sociale et économique des personnes et que reporter le plus tard possible cette expérimentation devrait être un objectif des politiques publiques », souligne Maria Melchior, directrice de recherche à l’INSERM et auteure de l’étude.

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Le rire chasse la drogue et….

apaise le covid !

Bonne année 2022

Chers Amis,

Permettez moi de relayer les vœux de notre Président (cliquez ici) pour vous offrir, au nom du CNPERT, nos souhaits chaleureux de Bonne et Heureuse année. La tradition est d’actualité, c’est d’abord une santé sauvegardée, la possibilité de nous rencontrer sans écran et enfin celle d’être écouté.

L’année 2022 devrait être celle de décisions.

La législation du cannabis serait un très mauvais signal donné aux postulants et à leurs éducateurs et inversement un encouragement au développement d’un marché jusqu’ici illégal : pourquoi se priver puisque c’est possible. On voit aussi l’extension aux autres drogues, en particulier à la cocaïne qui arrive massivement en France.

Il est plus que jamais du devoir d’un médecin de s’opposer à la prolifération des drogues et d’informer clairement et complètement nos concitoyens.

C’est le but et le rôle du CNPERT et de son blog.

Nous manquons d’abonnés et donc d’un poids suffisant pour interpeller les media et les décideurs. N’hésitez donc pas, si vous partagez notre analyse, à vous inscrire à notre blog ( cliquez sur le titre d’un article et tapez votre e mail en haut de la colonne de droite)

Vous serez informé des travaux de recherche les plus récents sur les méfaits des drogues, sur l’action des institutions nationales et internationales de lutte contre les drogues et des solutions éducatives que nous proposons. Il n’est pas trop tard pour réagir.

Bonne Année.

Jean Paul Tillement

La drogue en Corse

Shoot et crack, un remède existe

Philadelphie : les trottoirs de l’enfer

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Crack à Paris: «Anne Hidalgo refuse l’hospitalisation des toxicomanes par dogmatisme»

FIGAROVOX/ENTRETIEN – Le crack est une drogue particulièrement addictive, explique le conseiller LR de Paris Rudolph Granier. Par conséquent, les mesures d’éloignement géographique et d’enfermement sont selon lui des mesures efficaces.


  • Rudolph Granier est conseiller Les Républicains du XVIIIe arrondissement de Paris.

Le FIGARO. – Quel regard portez-vous sur la décision d’édifier un mur entre Paris et Pantin pour empêcher les «crackers » de circuler ?

Rudolph GRANIER. – Le préfet de police a expliqué très clairement que le tunnel, occupé auparavant par des mineurs isolés et par des dealers, constituait un obstacle très clair au maintien de la sécurité publique. Il y aurait pu y avoir un incendie. De plus, ce tunnel est sombre, et peu accessible à la police, c’est un endroit dangereux. L’édification de ce mur va donc dans le bon sens.

Comment expliquer que le fléau du crack se cristallise dans la capitale ?

Historiquement, Paris a toujours été une ville où des publics plus ou moins fragiles sont concentrés dans un même arrondissement.

Les socialistes parlent de «quartiers populaires» pour désigner ces territoires. Ce sont des quartiers qui concentrent beaucoup de problèmes: l’intégration, la scolarité, l’emploi, la sécurité, ou même l’environnement. Ce sont les quartiers densifiés, où l’on bétonne de plus en plus. Ces lieux méritent mieux que l’adjectif cache misère de «populaire».

Pourriez-vous établir un profil type du toxicomane de crack à Paris ? Qui sont-ils ?

Les profils sont très variés. Il n’y a pas forcément que des SDF ou des personnes en décrochage économique ou social. Ils ont, pour la plupart, un logement. C’est un public très varié qui rend difficile le travail des forces politiques.

Dans un entretien publié dans nos colonnes, François Diot affirmait que multiplier les salles de shoot ne servait à rien à partir du moment où il n’y avait pas une politique de soin adaptée et cohérente. Partagez-vous ce constat ?

Je partage complètement son avis. Lors d’une réunion qui s’est tenue ce matin [jeudi 30 septembre] en présence de parlementaires, de maires d’arrondissement, de l’Agence régionale de santé, et de la préfecture de police de Paris, le mot «médical» n’a jamais été prononcé, et je n’entends pas par ce terme «aider les gens à se droguer».

Nous demandons la création de lieu de prise en charge globale: médicale, psychiatrique, sociale. Des structures transversales comme celles-ci n’existent toujours pas.Rudolph Granier

Le mot «sevrage» n’est pas assez présent dans le dernier rapport de l’INSERM, au sujet des personnes qui s’injectent de la drogue, et il traite peu du crack. Cette étude se base sur des données de santé publique tirées des salles de shoot. Or, le crack s’injecte très peu, il se fume. Le sevrage n’est donc jamais étudié correctement dans ce rapport, qui est un rapport militant.

Les salles de shoot, qui existent dans d’autres pays, répondent à un objectif: la réduction des risques liés à l’injection de drogue (hépatites, VIH, infections…). En France, on a un réseau efficace pour lutter contre ces risques, comme les CAARUD, les Centre d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues. Notre politique sanitaire fait le choix de s’appuyer sur ces CAARUD afin de garder une cohérence juridique car, dans ces centres, on ne pratique pas d’injections. La consommation de drogue et l’aide à la consommation de drogue sont punies par la loi. Nous n’acceptons pas d’aider des personnes à se détruire. Le risque, c’est que les CAARUD soient à terme transformés en salle d’inhalation. Nous souhaitons que ces centres puissent être des endroits où on assiste les personnes pour les soigner.

Par ailleurs, les salles de shoot ne sont d’aucune utilité car le crack est fumé et non pas injecté. Et ces salles de consommation ne proposent pas de soins médicaux ni de soins psychiatriques. À la salle de shoot de Lariboisière, à Paris, il n’y a plus de médecin depuis 18 mois.

Pourquoi ?

Parce qu’un médecin n’est pas fait pour inciter les gens à se tuer. L’ordre des médecins n’est absolument pas favorable aux salles de shoot. En revanche, on peut comprendre que des associations subventionnées par la mairie de Paris le soient…

Je ne comprends pas qu’on puisse à avoir envie d’aider les gens à mourir petit feu, mais c’est ce que préconise la mairie de Paris avec ces salles de shoot. C’est irresponsable. Nous, nous demandons la création de lieux de prise en charge globale: médicale, psychiatrique, et sociale. Des structures transversales comme celles-ci n’existent toujours pas, pourquoi ?

Par ailleurs, je ne comprends pas que la municipalité se pose la question de l’augmentation des capacités d’hébergement des toxicomanes alors que le préfet de police a lui-même dit que les trois quarts des drogués au crack sont déjà logés. L’hébergement n’a rien à voir avec cette problématique-là.

L’éloignement physique est la seule façon, pour certains, de se défaire de l’addiction.Rudolph Granier

Comment l’expliquez-vous ? La mairie de Paris est-elle dans une démarche purement idéologique ?

C’est une démarche purement dogmatique puisque, derrière cette question, se pose la banalisation du cannabis. La maire du XIIIe arrondissement Anne Souyris et les écologistes ne se cachent d’ailleurs pas de plaider en faveur de la dépénalisation du cannabis. Nous refusons de banaliser la consommation de drogue.

Selon vous, faut-il hospitaliser d’office les toxicomanes ?

L’addiction au crack est, immédiate, elle a lieu dès la première injection. Aussi, il s’agit d’une démarche plutôt collective d’où les regroupements auxquels on assiste et le fait que les toxicomanes se rendent rarement dans les salles de shoot pour inhaler du crack).

Il est compliqué de sortir de l’addiction au crack. Par conséquent, les mesures d’éloignement géographique sont très importantes. Quand la justice prononce des interdictions de paraître sur des territoires, cela fonctionne bien. Mais une personne qui a été sevrée pendant 10 ans et qui repasse à l’endroit où elle consommait de la drogue peut replonger instantanément. L’éloignement physique est donc la seule façon, pour certains, de se défaire de l’addiction. Dans d’autres cas, des mesures d’enfermement peuvent également être efficaces.

N’est-ce pas une atteinte au droit de ces personnes ? Pourquoi la mairie de Paris s’y refuse?

Parce que la gauche ne considère pas l’enfermement comme une mesure de soin psychiatrique. L’hospitalisation d’office est une mesure encadrée et parfois demandée par la famille. Quand vous allez voir des crackers, eux-mêmes demandent des mesures d’éloignement.

À l’inverse, aider quelqu’un à prendre du crack, ce n’est pas le soigner. La question à se poser est: «quand les soigne-t-on» ?

Mais Hidalgo crée le chaos pour servir son dogmatisme.

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Découverte d’une nouvelle cible thérapeutique pour lutter contre les addictions

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Lorsque une personne présente une addiction à une ou plusieurs drogues, sa seule obsession est de chercher à se procurer sa prochaine dose, quelles que soient les conséquences. Aucun traitement pharmacologique avec une réelle efficacité dans le temps n’est disponible aujourd’hui. Les taux de rechute après un sevrage sont souvent importants. Pourtant, la recherche avance ! Une nouvelle cible thérapeutique pour lutter contre les addictions a été découverte.

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Contrefaçon : gare aux médicaments vendus sur Internet  La contrefaçon touche tous les secteurs, même celui des médicaments.

Des copies imitent le nom et la forme des traitements existants mais ne contiennent pas de principe actif. Pire, certaines peuvent même être dangereuses. L’Institut de recherche anti-contrefaçon de médicaments (IRACM) nous en parle durant cette vidéo. 

Toutes les drogues addictives ont la particularité d’augmenter le taux de dopamine dans le striatum, une région du cerveau impliquée dans le circuit neuronal de la récompense. Cette augmentation de dopamine modifie la libération de glutamate et exacerbe ses effets excitateurs. L’équilibre glutamate – dopamine est perturbé ; et ceci altère durablement le comportement du consommateur. Une meilleure compréhension des mécanismes moléculaires sous-jacents a permis d’identifier une nouvelle cible thérapeutique.

Des travaux sur la souris …

De la cocaïne a été injectée à des souris plusieurs fois par jour pendant suffisamment longtemps pour qu’elles deviennent dépendantes à la substance. Les souris ont ensuite été sacrifiées et le cerveau des souris a été observé en microscopie. Le récepteur de la dopamine et le récepteur du glutamate sont physiquement proches dans le cerveau ; ils sont tous les deux situés au niveau du striatum. Grâce à des anticorps marqués, les auteurs ont pu mettre en évidence la formation d’un complexe entre les deux récepteurs. Ce complexe est appelé hétérodimère.Le récepteur de la dopamine et le récepteur du glutamate sont physiquement proches dans le cerveau

Un traitement capable d’empêcher l’hétérodimérisation des récepteurs a ensuite été mis au point. Celui-ci n’altère pas les fonctions individuelles de chacun des récepteurs. De la même façon que précédemment, des souris ont été rendues dépendantes à la cocaïne. Un groupe a reçu une solution saline (contrôle) tandis que l’autre groupe a reçu le traitement empêchant l’hétérodimérisation.

Dans le groupe traité, l’équilibre glutamate – dopamine n’était pas perturbé par la prise de cocaïne ! Des tests ont également été réalisés pour vérifier que le traitement n’altérait pas les comportements naturels de la souris.

… à la confirmation chez l’Homme !

Des études complémentaires ont pu être menées chez l’humain. Des échantillons de cerveaux humains ont pu être récupérés après leur décès. Les patients sélectionnés avaient un historique de consommation de psychostimulants et des psychostimulants ont été détectés dans leur sang au moment du décès. Des échantillons contrôles étaient également disponibles.

L’expression du récepteur à la dopamine était moins importante dans le groupe de patients dépendants tandis que l’expression du récepteur au glutamate était identique entre les deux groupes. Grâce à des anticorps marqués, l’hétérodimère récepteur du glutamate – récepteur de la dopamine a également pu être observé en plus grande quantité dans les cerveaux des patients dépendants à une drogue, en dépit de la diminution de l’expression du récepteur à la dopamine. Encore plus intéressant : les sujets qui présentaient les plus faibles concentrations en récepteur à la dopamine avaient les concentrations en hétérodimères les plus élevées !

Ces résultats chez l’humain confirment que l’hétérodimère récepteur au glutamate – récepteur à la dopamine est une cible pharmacologique pertinente dans le traitement des addictions. Ces travaux ouvrent également des perspectives intéressantes dans le traitement d’autres pathologies psychiatriques dépendantes de l’équilibre glutamate – dopamine comme la schizophrénie, l’autisme ou les troubles du déficit de l’attention.

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Mon enfant se drogue : comment l’aider à se libérer de son addiction ?

Sur les jeunes, le fléau de la drogue peut être encore plus dévastateur. Comment faire quand cela arrive à notre enfant ? Comment l’aider ?

Frédérique Le Teurnier reçoit Roselyne Febvre, une journaliste qui raconte la descente aux enfers de son fils dans un livre.

Un sachet de drogue caché dans la proche d'un jean
Un sachet de drogue caché dans la proche d’un jean © Getty

Les battements de cœur du colibri, c’est le titre du livre de Roselyne Febvre publié aux éditions du Rocher. Elle est journaliste et cheffe du service politique de France 24. Elle est aussi la maman d’Arthur, 26 ans et toxicomane. 

Dans son ouvrage, elle raconte la terrible descente aux enfers de son fils à cause de son addiction. Elle revient sur la spirale infernale dans laquelle il a sombré en évoquant ses accès de folie, son passage au commissariat, son séjour à l’hôpital psychiatrique et son sevrage difficile. 

Dans C’est déjà demain, cette maman partage son expérience pour aider les milliers de parents qui traversent la même épreuve avec leur enfant. 

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Le poids de la culpabilité

« Quelle est ma part de responsabilité dans tout cela ? » est la première question que l’on se pose lorsque l’on découvre que son enfant prend de la drogue. Pour Roselyne Febvre, si chaque parent est responsable de son enfant, il ne peut pas être coupable de tout ce qui lui arrive. Il faut accepter de ne pas être un parent parfait. 

Il n’y a pas assez de suivi derrière (une hospitalisation), et pour les parents non plus. Le jour où il va prendre plus d’indépendance et qu’il va recommencer à sortir, ça va être l’angoisse – Catherine

Elle explique que le plus grand cadeau qu’on peut faire à son enfant quand on se rend compte qu’il va mal, c’est de s’occuper d’abord de soi-même. Aller voir un psychologue permet de se confier et d’être guidé en tant que parent. 

De nombreuses psychothérapies sont efficaces. Elles sont utiles pour mettre des stratégies en place pour opérer délicatement sans braquer son enfant. Dire à un jeune « ce n’est pas bien, tu ne devrais pas fumer » ne fonctionne pas. Il faut être plus subtil. 

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