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Une belle victoire

Dr CostentinNous sommes heureux d’annoncer à nos lecteurs que le Président du CNPERT, le Professeur Jean-Henri Costentin vient d’être, par décret du 16 Juin 2016 , nommé membre du collège de l’Agence française de lutte contre le dopage « au titre de la personnalité ayant compétence dans le domaine de la toxicologie, désigné par le Président de l’Académie des Sciences ».

Cette nomination est d’abord un succès personnel qui distingue sa lutte inlassable et passionnée contre les méfaits des drogues par son activité d’enseignement, ses multiples conférences et ses publications.

C’est aussi la reconnaissance du travail fourni par l’ensemble du groupe qu’il anime, par la lettre mensuelle du CNPERT, ses cahiers et son blog.

C’est enfin une incitation très claire à poursuivre dans la voie qui nous est tracée d’informer, de prévenir des dangers des drogues et de traiter les addictions.

Toutes nos félicitations, cher Jean-Henri et tous nos vœux pour que ton action soit de plus en plus efficace, écoutée et entendue et qu’elle parvienne à convaincre les responsables des enseignements publics et privés.

Les éditeurs.

Cannabis : l’exposition prénatale modifie la structure cérébrale

Les enfants ayant été exposés au cannabis avant leur naissance présentent des modifications du cortex préfrontal, selon une étude danoise.

Cannabis : l'exposition prénatale modifie la structure cérébrale

Cannabis et grossesse ne font pas bon ménage. Selon une étude publiée dans la revueBiological Psychiatry, les enfants ayant été exposés avant leur naissance au cannabis sont pourvus d’un cortex préfontal plus « épais ». Des études antérieures avaient déjà identifié des conséquences comportementales à court terme, mais les effets sur la morphologie du cerveau demeuraient inconnus. Les spécialistes estiment que 2 à 13 % des femmes dans le monde fument du cannabis pendant leur grossesse.

Pour obtenir ces résultats, les chercheurs ont fait appel à l’IRM (Imagerie par résonance magnétique). Ils ont réuni 54 enfants danois âgés de 6 à 8 ans. Parmi eux : des enfants exposés au cannabis ou au tabac durant la période prénatale. Un groupe témoin était constitué d’ enfants qui n’avaient été exposés à aucunes de ces deux substances. Les chercheurs ont ensuite analysé la structure cérébrale de tous les enfants, observant les éventuels effets du cannabis sur sa morphologie.  

Une morphologie cérébrale différente 

Après analyse, les chercheurs ont noté des différences dans l’épaisseur corticale.

Le cortex préfontal étais plus « épais ». Cette région du cerveau, particulièrement importante, coordonne notamment la capacité de prendre une décision et joue sur la mémoire.
Cependant, les chercheurs n’ont pas conclu sur des conséquences fonctionnelles. 
« Cette étude suggère uniquement que l’exposition prénatale au cannabis entraine des anomalies structurelles du cerveau », souligne le rédacteur en chef de la revue Biological Psychiatry, le Dr John Krystal. « Comprendre ce qui se passe dans le cerveau peut nous donner un aperçu sur la façon dont les enfants se développent après avoir été exposés au cannabis », explique le Dr El Marroun. Pour l’auteure principale de l’étude, la consommation de cannabis pendant la grossesse est « relativement courante » et l’ignorance règne quant aux « conséquences potentielles que peut avoir cette substance pendant une grossesse, mais aussi sur le cerveau de la mère et de son bébé ».

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L’addiction au chocolat est-elle une réalité ?

Vous aimez le chocolat, vous aimez en consommer chaque jour, et vous en consommez parfois des quantités importantes. Cette envie d’en consommer est si forte, ce besoin de le laisser fondre sur votre langue est si pressant que vous vous demandez si vous n’en êtes pas addict ?

Voici la réponse à une telle question !

Peut-on devenir addict au chocolat ?

Femme qui mange du chocolat©

Femme qui mange du chocolat©
De nombreuses personnes se disent chocolatomanes, c’est-à-dire qu’elles affirment être addict au chocolat. Pour ces personnes-là, cette friandise est une vraie drogue qui réduit leur stress, leur angoisse, et leur procure un plaisir divin.

C’est vrai, ces personnes-là éprouvent un besoin difficilement contrôlable d’absorber chaque jour des quantités importantes de cet aliment-plaisir ; et leur comportement apparemment compulsif ressemble à celui d’une personne addict à une drogue, d’un toxicomane.

Pire, exactement comme les toxicomanes, les chocolatomanes donnent l’impression d’avoir besoin de leur friandise pour se sentir apaisés.

Mais peut-on vraiment en être addict ?

L’addiction se caractérise certes par une envie irrépressible et l’incapacité répétée à contrôler le besoin de l’objet addictif ; et la personne addict, bien qu’ayant conscience des risques liés à ses abus, ne peut s’empêcher de poser des comportements addictifs. Et en ce sens, on pourrait penser que le chocolat crée donc de l’addiction.

Mais, contrairement aux drogues, cette friandise ne crée dans les faits aucune dépendance, qu’elle soit physique ou psychologique.

La dépendance physique se caractérise par un organisme qui assimile à son propre fonctionnement un produit et qui développe des troubles parfois graves en cas de manque. Quant à la dépendance psychologique, elle se traduit par de vraies douleurs physiques.

À ce jour-ci, il n’existe aucun cas connu de chocolatomane ayant vécu de telles dépendances. Le chocolat n’est pas une drogue ; et c’est ce que tente d’expliquer le nutritionniste Dr Hervé Robert lorsqu’il dit :

« Selon la définition de l’OMS, une drogue correspond à une dépendance et à une accoutumance. Or avec le chocolat il n’y a pas de dépendance vraie. Quand on part dans un pays tropical, on n’amène pas des tablettes de chocolat. Il n’y a pas de syndrome de manque, il n’y a pas d’accoutumance, il ne faut pas augmenter les doses au fil des semaines et des mois pour avoir le même plaisir ».

C’est dans ce même sens que va Jean-René Cardinaux, neurobiologiste moléculaire et chercheur au Centre de Neurosciences Psychiatriques, lorsqu’il affirme :

« Les termes de dépendance et d’addiction décrivent des réalités autrement préoccupantes qu’il ne faudrait pas banaliser. En effet, ces notions ne s’appliquent pas au chocolat, du moins si l’on considère qu’elles impliquent l’expérience du manque lorsqu’on en est privé ».

Ce neurobiologiste moléculaire va d’ailleurs plus loin dans ses analyses : il démontre que ni la théobromine du chocolat, ni son tryptophane, ni sa sérotonine ne peuvent être considérés comme les responsables d’une quelconque dépendance à cet aliment-plaisir. Une des preuves qu’il avance, c’est que personne ne se dit dépendant des œufs ou du maïs alors que ces aliments contiennent par exemple plus de tryptophane que cette friandise.

Par ailleurs, il a également observé que les chocolatomanes n’arrivaient pas à assouvir leur envie de manger de cette friandise même après avoir ingéré une capsule contenant les mêmes substances psychoactives que ladite friandise.

Et ce n’est pas tout : parce que les cannabinoïdes du cannabis (une drogue) agissent sur l’humeur, on soupçonne également ceux du chocolat d’en faire de même. Mais comme le dit si bien ce neurobiologiste moléculaire, « Il faudrait qu’une personne de 70 kilos consomme sur place 25 kilos de cette friandise pour parvenir à l’effet équivalent sur l’organisme à celui d’un joint de cannabis. Chose impossible à faire car même avec beaucoup de bonne volonté, notre estomac aurait du mal à le supporter ».

Le chocolat n’est donc pas une drogue ; et il n’est pas possible d’en être addict. Mais dans ce cas, qu’est-ce qui explique que certaines personnes aient beaucoup de mal à s’empêcher d’en consommer des quantités importantes chaque jour ?

Si cette envie presque irrépressible de consommer chaque jour du chocolat n’est pas une addiction, qu’est-ce que c’est alors ?

L’envie irrépressible de consommer chaque jour de cette friandise n’est donc pas une addiction. C’est juste lié au désir de se faire plaisir chaque jour, de se faire du bien au quotidien.

Le nutritionniste Dr Hervé Robert l’explique très bien :

« Quand on aime un produit, cela fait sécréter des endorphines, cela favorise la stimulation des circuits de récompense dans le cerveau. On sait donc, par expérience, que quand on consomme du chocolat, on va avoir un plaisir que l’on attend … Quand quelque chose nous fait plaisir, on y retourne. Si une musique nous plaît, on va la réécouter. Faire l’amour fait aussi déclencher des endorphines, donc on y retourne… Dans ce cas, il n’y a pas de produit »

Voilà, maintenant que vous savez qu’un chocolatomane consomme du chocolat au quotidien pour se faire plaisir et non parce qu’il en est addict, qu’allez-vous décider de faire ? Aller en déguster, n’est-ce pas

Lutte contre le trafic de cannabis: le Pentagone envisage de déployer des hélicoptères au Maroc

L’ex-secrétaire d’Etat américain, Hillary Clinton, a plaidé en faveur de l’Espagne pour le déploiement de forces américaines dans le cadre de la lutte contre le trafic de cannabis.

Les Etats-Unis veulent lutter contre le trafic du cannabis au Maroc. Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Garcia Margallo, a récemment révélé que les Etats-Unis étudiaient la possibilité de déployer des hélicoptères militaires américains dans une base appartenant à l’OTAN (Organisation du traité de l’Atlantique nord) afin de contrôler le trafic de drogue dans la région, rapporte le quotidien Al Massae, dans son édition de ce week-end des 11 et 12 juin.

D’après le journal, le Pentagone avait envisagé, dans un premier temps, de déployer des hélicoptères dans le ciel du Maroc, avant que l’Espagne ne réussisse à détourner la décision américaine en sa faveur.

Des sites d’information espagnols rapportent ainsi que le ministre espagnol des Affaires étrangères a déclaré avoir réussi à convaincre l’ancienne secrétaire d’Etat américain, Hillary Clinton, de mettre en place un projet de cellule américaine de lutte contre le trafic de drogue au sein de l’OTAN en Espagne, au lieu de le faire au Maroc. Le ministre espagnol a également révélé que les Etats-Unis allaient choisir, dans un premier temps, le royaume pour la mise en oeuvre de ce projet fort ambitieux. Hillary Clinton ambitionnait de pourvoir le Maroc d’une unité militaire composée de plusieurs hélicoptères avant que le ministre espagnol n’entre en lice dans les négociations.

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Drogues en Europe: le cannabis toujours en tête

Hausse de la consommation d’un cannabis toujours plus puissant, résurgence de l’ecstasy et développement des marchés en ligne, ce sont les principales conclusions du rapport 2016 de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT).

Plus de 88 millions d’adultes, soit plus d’un quart des personnes âgées de 15 à 64 ans dans l’Union européenne, ont déjà consommé des drogues illicites, rappelle l’OEDT dans son rapport annuel, publié mardi à Lisbonne.

« L’Europe est confrontée à des problèmes de drogue de plus en plus importants. L’offre et la demande de nouvelles substances psychoactives, de stimulants, d’héroïne et d’autres opiacés continuent d’augmenter, ce qui a des conséquences majeures en termes de santé publique », note Dimitris Avramopoulos, commissaire européen pour les Affaires intérieures, cité dans l’étude.

Le marché des drogues illicites dans l’UE est estimé à 24,3 milliards d’euros en 2013. Avec 38%, le cannabis (importé ou produit localement) représente la plus grande part de ce marché et sa production est devenue « un générateur de revenus majeur pour la criminalité organisée », selon l’OEDT. Viennent ensuite l’héroïne (28%), la cocaïne (24%), les amphétamines (8%) et l’ecstasy (3%).

Le cannabis représente aussi les trois quarts des saisies de drogue en Europe (50% pour l’herbe et 24% pour la résine), très loin devant la cocaïne et le crack (9%), les amphétamines (5%), l’héroïne (4%), l’ecstasy (2%)… L’observatoire estime à environ 1% la part des adultes européens consommateurs quotidiens ou quasi quotidiens de cannabis.

Les niveaux de teneur en principe actif de l’herbe (8% à 12% de tétrahydrocannabinol, THC) et de la résine de cannabis (12% à 18% de THC) sont historiquement élevés, « une hausse peut-être due à l’émergence de techniques de production intensive en Europe et, plus récemment, à l’introduction de plants à forte teneur en principe actif au Maroc« .

– « Marketing sophistiqué » –

Si le cannabis reste la drogue la plus consommée en Europe (51,4 millions d’hommes et 32,4 millions de femmes y ont goûté au moins une fois), l’OEDT constate que l’éventail disponible est toujours plus diversifié, avec notamment une « résurgence » de l’ecstasy, « tant auprès des consommateurs de stimulants classiques qu’auprès d’une nouvelle génération de jeunes usagers ».

« Des poudres, cristaux et comprimés fortement dosés, avec toute une série de logos, de couleurs et de formes, sont disponibles, de même qu’une production à la commande et un recours à un marketing sophistiqué et ciblé. Il pourrait s’agir d’une stratégie délibérément mise en oeuvre par les producteurs afin d’améliorer la réputation de cette drogue après une longue période pendant laquelle sa piètre qualité » et les nombreux faux ont fait diminuer sa consommation, note-t-il.

Les producteurs d’ecstasy « se battent pour attirer davantage de consommateurs et certains comprimés sont produits pour des évènements spécifiques, comme des gros concerts ou des festivals », a précisé Paul Griffiths, directeur scientifique de l’observatoire lors d’une conférence de presse à Lisbonne.

Des disparités régionales peuvent être observées sur le marché des stimulants, la consommation de cocaïne étant plus élevée dans les pays d’Europe de l’Ouest et du Sud, tandis que les amphétamines sont plus présentes au Nord et à l’Est. Tous ces produits ont vu une amélioration de leur pureté, avec des prix stables.

L’observatoire souligne que « le potentiel d’expansion de l’offre de drogue en ligne semble considérable », avec le marché des « darknets » (réseaux clandestins non référencés), les échanges de pair-à-pair, le cryptage des données et des techniques de paiement difficiles à retracer (utilisation demonnaie électronique type bitcoin), même si la plupart des transactions se déroulent hors ligne.

Enfin, l’OEDT met en garde contre les nouvelles substances psychoactives (cannabinoïdes et opiacés de synthèse notamment), parfois toxiques: « les jeunes consommateurs peuvent, à leur insu, servir de cobayes humains pour des substances dont les risques potentiels pour la santé sont dans une large mesure inconnus ». Pas moins de 98 nouvelles substances ont été signalées en 2015, 101 en 2014.

Au moins 6.800 décès par surdose, principalement associés à l’héroïne, ont été recensés dans l’UE en 2014, avec des hausses « préoccupantes » enIrlande, Lituanie, Suède et au Royaume-Uni.

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Détecter le cannabis au volant (Radio Canada)

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detecteur cannabis au volant

Alcool et cannabis en milieu professionnel ?

Adolescents et cannabis, les liaisons dangereuses (La Croix)

La France est un des pays européens où la consommation est la plus forte. En 2014, la moitié (47,8 %) des jeunes de 17 ans déclaraient avoir fumé du cannabis au cours de leur vie. L’âge du premier « joint » est de 15 ans en moyenne. En 2010, l’usage régulier (au moins 10 fois dans le mois) concernait 2 % des collégiens de troisième et, l’année suivante, 7 % des lycéens de terminale. En 2011, environ 5 % des ados (7 % des garçons et 3 % des filles) présentaient un« risque élevé d’usage problématique voire de dépendance » au cannabis, selon l’Inserm (1).

> Lire aussi : La consommation de cannabis en forte hausse chez les jeunes

► La teneur en THC

La principale molécule active du cannabis est le THC (tétrahydrocannabinol). C’est cette molécule qui agit sur le système nerveux et modifie les sensations, les perceptions et le comportement. Actuellement, la teneur moyenne en THC de la résine de cannabis est de 21 %. Un chiffre multiplié par trois ans en dix ans.

L’usage de ce cannabis, de plus en fortement dosé en THC, est une évolution majeure. « Les joints consommés par les jeunes n’ont plus rien à voir avec ceux que fumaient leurs parents », affirment de nombreux médecins. « Le problème est que l’ado qui achète sa barrette ne connaît pas la teneur en THC. C’est comme acheter une bouteille d’alcool, sans savoir si elle contient de la bière ou de la vodka », précise le professeur Bertrand Dautzenberg, pneumologue à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris.

► La dépendance au cannabis

Les médecins constatent la réalité d’une dépendance chez certains consommateurs. « Le cannabis est en général considéré comme peu addictif à condition qu’il soit pris sous forme d’herbe. Mais, en France, il est surtout consommé sous forme de résine (haschisch) en association avec le tabac. Le tabac étant un des produits les plus addictifs connu, le mélange devient addictogène », indique Jean-Pol Tassin, neurobiologiste et professeur au Collège de France.

> Lire aussi : Tabac, alcool et cannabis en hausse chez les étudiants

De son côté, le professeur Krebs évalue à 10 à 15 % le nombre d’usagers dépendants au cannabis. « La dépendance peut aussi être liée à la façon dont le jeune consomme. Celui qui fume juste pour se faire plaisir va arrêter assez vite. Mais c’est plus compliqué chez ceux qui consomment pour compenser quelque chose, ceux qui utilisent le cannabis pour gérer certaines émotions, comme l’anxiété, la peur ou la tristesse », analyse le docteur Olivier Phan, responsable de la consultation jeunes consommateurs au centre Pierre-Nicole de la Croix-Rouge à Paris.

► L’impact du cannabis sur le cerveau

Ce n’est pas la même chose de fumer du cannabis à l’adolescence qu’à l’âge adulte. « Les jeunes de 15 à 25 ans sont plus vulnérables car, dans cette tranche d’âge, le cerveau est en phase de maturation », souligne le docteur Laurent Karila, psychiatre à l’hôpital Paul-Brousse à Villejuif. Consommé de manière excessive, le cannabis, tout comme l’alcool, peut porter atteinte au cerveau et à son fonctionnement en entraînant des effets cognitifs : troubles de l’attention, de la concentration et de la mémoire à court terme, celle utilisée pour réfléchir, lire ou compter.

« Cela peut avoir un effet catastrophique sur les résultats scolaires, en particulier chez les élèves qui fument avant d’aller en cours », indique le professeur Marie-Odile Krebs (université Paris-Descartes), psychiatre à l’hôpital Sainte-Anne à Paris. « On assiste parfois à des décrochages spectaculaires », souligne le docteur Jean-Michel Delile, directeur du Comité d’étude et d’information sur la drogue (CEID) et les addictions, à Bordeaux.

Consommer de manière intensive et précoce peut aussi entraîner des séquelles à long terme, même une fois que le jeune a arrêté de fumer. « Une étude a montré que la dépendance au cannabis pouvait entraîner, à l’âge adulte, une baisse du quotient intellectuel (QI) pouvant aller jusqu’à huit points », indique le docteur Phan.

> Lire aussi : Fumer du cannabis à l’adolescence a des effets à l’âge adulte

► Le risque de déclenchement de la schizophrénie

L’immense majorité des jeunes consommeront du cannabis sans connaître le moindre problème psychiatrique. Mais chez certaines personnes, cette consommation, surtout si elle est précoce et importante, peut provoquer la survenue de troubles anxieux ou dépressifs, de troubles psychotiques ou d’une schizophrénie. « Le cannabis ne va pas créer la schizophrénie mais peut précipiter la survenue de la maladie qui va se déclarer plus tôt », ajoute le professeur Phan.

L’Inserm fait le même constat, en soulignant qu’il n’a pas été démontré que le cannabis puisse « être la cause unique » d’une schizophrénie. Mais les médecins insistent sur le fait que tous les usagers ne sont pas égaux face au produit. « Les effets peuvent être très variables d’une personne à l’autre en raison de certaines vulnérabilités individuelles », souligne le professeur Krebs. Le risque peut ainsi dépendre de certains facteurs génétiques, de l’âge ou d’antécédents familiaux psychiatriques.

► Les autres conséquences pour la santé

En général, le cannabis est fumé avec du tabac. « Et un fumeur de cannabis inhale du monoxyde de carbone, des particules fines et des goudrons. Ce qui est toxique pour les poumons et peut entraîner des maladies respiratoires », souligne le professeur Dautzenberg.

Le cannabis peut aussi modifier le rythme cardiaque et être dangereux pour les personnes souffrant d’hypertension ou de maladies cardiovasculaires. Sinon, ce n’est pas une drogue aussi dangereuse que l’héroïne et on ne peut pas mourir d’une overdose avec ce produit. Mais une forte consommation d’un cannabis, très dosé en THC, peut provoquer un « bad trip », une intoxication aiguë qui peut se manifester par une angoisse intense, des palpitations, des tremblements, des sueurs froides, de la confusion et parfois une perte de connaissance.

► Les seuils de consommation

Pour l’alcool, il existe des repères simples : ne pas dépasser trois verres par jour pour les hommes et deux verres pour les femmes. Mais c’est plus difficile de donner ce type de repères pour le cannabis. « Les risques dépendent bien sûr de la dose. Plus un jeune consomme, surtout de manière précoce, et plus les risques sont importants », souligne le docteur Delile. Comme pour l’alcool, l’immense majorité des jeunes, qui fument de manière occasionnelle, ne connaîtront pas de problème.

Mais les médecins se refusent de fixer un nombre de joints « acceptable », en deçà duquel l’usager ne court aucun risque. Tout dépend du taux de THC contenu dans le joint ou de la vulnérabilité individuelle de l’usager. « Le risque d’altérations cérébrales peut exister pour des faibles consommations chez des sujets particulièrement vulnérables », souligne l’Inserm.

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► Le cannabis, un produit dangereux sur la route

Effets et conséquence du cannabis. Celui-ci peut aussi modifier la perception visuelle, la vigilance et les réflexes. Ces effets peuvent durer de deux à dix heures. « La consommation de cannabis peut être jugée responsable de 170 à 190 décès annuels par accidents de la route à la fin des années 2000 », souligne l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT).

Les risques de l’association cannabis-alcool. On estime qu’un conducteur a 1,8 fois plus de risque d’être responsable d’un accident mortel quand il a consommé du cannabis. Quand il consomme aussi de l’alcool, le risque est multiplié par 14.

Pierre Bienvault

(1) Expertise collective de l’Inserm « Conduites addictives chez les adolescents « (février 2014).

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Drogue : l’ex-patron des stups lié à un trafic géant ?

C’était une saisie record, un gros coup porté au trafic de drogue.

Sept tonnes de cannabis retrouvé dans des camionnettes boulevard Exelmans à Paris mi-octobre 2015.

Le président de la République s’était déplacé en personne pour l’occasion.

Problème : ce trafic aurait été organisé par le patron des stups, François Thierry, le visage de la lutte antidrogue, qui aime poser devant les caméras à chaque grosse prise.

Le patron des stups couvert ?

Selon le journal Libération, il aurait organisé un l’importation de dizaines de tonnes de cannabis avec l’un des plus gros trafiquants d’Europe, un certain Sofiane, un indic qui aurait bénéficié d’une protection lui permettant de poursuivre ses activités sans être inquiété. La femme de François Thierry était même son avocate. Aujourd’hui, les questions s’accumulent. Si François Thierry a effectivement couvert de si gigantesques trafics, c’est que lui aussi aurait bénéficié d’une protection venant des plus hauts sommets de l’État.

Source : FranceTV Info (voir la vidéo)

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