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Drogue : «Quand je consommais, j’étais un vrai tyran…»

Comme les Alcooliques anonymes, les narcodépendants se rendent à des réunions hebdomadaires pour soigner leur addiction. Nous avons suivi l’une d’entre elles.

Comme leurs grands frères des Alcooliques anonymes, ils sont installés en cercle autour d’une table. Comme eux, ils se présentent par un prénom suivi de la formule : « Bonjour, je suis dépendant », à laquelle les autres répondent en écho. Dans cette salle de l’hôpital européen Georges-Pompidou (Paris XVe), ces hommes et ces femmes (une vingtaine au total) sont membres des Narcotiques anonymes. Les NA, pour faire plus simple. Et ce qui frappe immédiatement lorsqu’ils se mettent à parler, c’est qu’à aucun moment le « produit », source de leur dépendance, n’est nommé. Héroïne, cocaïne, médicaments… on n’en saura rien.

Si l’association existe depuis 1953 aux Etats-Unis, elle n’a vu le jour en France qu’en 1984. Mais elle compte désormais 146 réunions hebdomadaires sur tout le territoire, dont 65 à Paris. Et c’est en France que se tient jusqu’à ce soir à Port-Marly (Yvelines) une convention européenne des NA, accueillant spécialistes des addictions et dépendants en rétablissement venant de toute l’Europe. La seconde chose qui marque chez les NA, c’est leur jeunesse. Beaucoup de trentenaires dans cette salle parisienne. En France, la moyenne d’âge des membres de cette fraternité est de 44 ans. L’âge de raison nécessaire sans doute pour reconnaître qu’on souffre d’« une maladie incurable mais dont on peut arrêter la progression ». C’est Sophie* qui vient de donner cette définition de la dépendance en lisant à haute voix l’une des douze étapes du programme de rétablissement.

Après cet autre rituel, inspiré aussi des Alcooliques anonymes, le modérateur de la réunion souhaite faire parler ses camarades « de l’envie de consommer ». Les mains se lèvent pour prendre la parole. Eric se dit « speed et angoissé ». Il va bientôt déménager à Barcelone, en Espagne, avec femme et enfants. Cela fait plus de vingt ans qu’il vient dans ces salles. « Je suis ravi mais j’ai peur. Barcelone est une ville pleine de tentations… et je bosse avec un mec qui consomme. Je ne dirai pas que j’ai eu une envie de consommer, mais plutôt une petite pensée pour un produit que je n’ai pas pris depuis très, très longtemps. »

38% de femmes

Un autre se lance. Lui a arrêté depuis huit ans. « Je me rends bien compte que j’ai déplacé ma dépendance vers mon travail. Je suis dans un tel état de fatigue que j’ai l’impression d’être défoncé, et je n’aime pas du tout cet état flottant. » Au tour de ce quadra, amateur de musiques électro. « J’ai fait mon premier concert clean, mais j’y suis allé avec ma femme car, comme je le redoutais, j’ai eu très envie de consommer. Quand je consommais, j’étais un vrai tyran domestique. J’ai toute une pile de tabourets cassés à la maison… mais j’en ai recollé deux ce week-end. »

Chez les NA, les femmes sont moins présentes (38 %). Laurence est l’une d’elles. Elle travaille dans un hôpital et raconte la minute de silence en hommage aux victimes de l’attentat de Nice. « Si j’avais consommé, soit je ne serais pas venue, soit je me serais effondrée en larmes pour que 300 personnes s’occupent de moi. » Fin de l’intervention, silence respectueux. Le modérateur enchaîne, bouleversant. « Je n’arrive pas à vivre avec ça à proximité. J’ai quitté un associé qui consommait, un pote en rechute et là, après quinze ans de mariage, c’est ma femme qui découvre la consommation. Elle trouve ça génial, tout lui réussit, mais moi, comment je gère ça, moi ? Un pote, un associé, on peut arrêter de les voir mais sa femme ? »

* Tous les prénoms ont été changés.

280 000 accros en France

280 000 personnes sont considérées comme des consommateurs problématiques de drogues, parce qu’ils se l’injectent par voie intraveineuse, qu’ils prennent régulièrement des opiacés (héroïne, anti-douleurs à base de codéine ou de morphine), de la cocaïne ou des amphétamines. Plus grande association mondiale d’entraide pour les dépendants aux drogues, Narcotiques anonymes (NA) organise 63 000 réunions par semaine dans 132 pays. Avant de venir, près de 90 % des gens ont tenté d’arrêter seuls et 66,7 % fait des cures de sevrage. Si l’alcool est un sérieux problème pour 88,5 % des membres, la plupart sont polyconsommateurs. Plus de 80 % fument du cannabis, 71,5 % prennent de la cocaïne, 62 % des opiacés, 59 % des anxiolytiques.

D’après une étude de 2014, 43 % des personnes ayant suivi un programme NA n’ont pas rechuté et reconstruisent leur vie. 89 % ont retrouvé des liens sociaux et 79,2 % voient une amélioration des relations familiales. 72,2 % admettent redécouvrir des centres d’intérêt.

Source 

Les drogues et la race en Grande-Bretagne

La pénalisation de la consommation de stupéfiants au cours du XXe siècle en Grande-Bretagne s’est développé comme moyen de contrôler les classes « dangereuses », en particulier les populations racisées. Ce texte est une version adaptée, avec l’autorisation de l’auteure, du chap. 2 du livre Race and Drug Trials: The Social Construction of Guilt and Innocence (1999). Traduction et adaptation : A. C. Zielinska. Lire la suite

L’herbe synthétique, est-ce dangereux ?

Alors que l’expérience de la « fumette » se généralise chez les plus jeunes, les cannabis de synthèse ont pénétré le marché des drogues en France. Ces nouveaux produits de synthèse (NPS), perçus à tort comme anodins, peuvent avoir des conséquences dramatiques.

Dimanche, comme dans d’autres soirées, Arnold, 24 ans, a tiré sur un joint qui tournait. Depuis quelque temps, Arnold et ses amis fument sans se cacher : comme il aime le dire, le cannabis « s’est démocratisé ».

Quelques minutes plus tard, Arnold a senti une grande vague de panique l’envahir, de plus en plus pressante. La montée des effets de la drogue était extrêmement brutale. Pris d’angoisse, il a redemandé le nom de l’herbe. « Elle arrache hein ? C’est parce que c’est du synthétique », s’est-il entendu répondre. Et Arnold s’est aperçu qu’il n’avait aucune idée de ce qu’il avait absorbé.

K2, Spice… Les connaître pour les éviter

Arnold n’existe pas. Par pitié pour notre personnage, on dira qu’il en a été quitte pour un « bad trip » qui lui a passé l’envie de reprendre du cannabis synthétique. Mais entre problèmes cardiaques, démence, paranoïa, hallucinations, délires suicidaires, les effets secondaires de cette drogue font froid dans le dos. Même les blogs à destination des adeptes d’herbe les déconseillent fortement.

(Photo : Fred Dufour/AFP)

Ce qu’on appelle le cannabis synthétique est classé par les spécialistes parmi les Nouveaux Produits de Synthèse (NPS), des substances chimiques qui imitent les effets des drogues illicites. Dans le commerce, elles ressemblent à s’y méprendre aux produits naturels : un mélange de plantes séchées, sur lequel le produit de synthèse a été vaporisé. Ces drogues, d’abord apparues aux États-Unis, ont de quoi inquiéter les pouvoirs publics : elles sont difficiles à repérer (donc à interdire) au fur et à mesure de leur création. Surtout, la recherche sur leurs effets secondaires est encore à ses débuts, et ils sont encore très imprévisibles.

« Un peu comme le crack vis-à-vis de la cocaïne »

Ces produits imitant la « weed » sont déjà sous les radars de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (EMCDDA) depuis une dizaine d’années. En Europe, selon l’EMCDDA et sur la seule année 2015, 24 produits en contenant sont apparus. Les affaires liées à ces produits se multiplient, et la France n’est pas en reste. Ce week-end, c’est sur l’île de Mayotte que 16 personnes ont été arrêtées en lien avec une enquête de trafic international. Ils sont soupçonnés d’avoir écoulé 10 kg de ces drogues de synthèse sur l’île en 3 ans, pour une valeur marchande estimée à plus de 2 millions d’euros.

Pourtant, passé l’engouement de la nouveauté au début des années 2010, les entrées en France semblent subir une légère baisse. Elles s’illustrent par les chiffres de saisies des NPS aux frontières : 340 kg en 2015, pour 360 en 2014. « J’imagine que les consommateurs sont déçus des produits qu’ils ont achetés », commente une source de la Direction générale des Douanes.

(Infographie : Ouest-France)

Vendus sous les noms de Spice, K2, Skunk, Moon Rocks, Red Dawn, (etc.) leur popularité tient au fait qu’ils sont présentés comme « plus euphorisants » par ceux qui les commercialisent. Et en effet, ils ont été conçus pour être ce qu’on appelle, dans le jargon, des « agonistes purs ». « Grossièrement, ça veut dire que la molécule qui active le récepteur dans notre cerveau va le faire de façon plus directe » explique Jean Zwiller, chercheur en addictologie au CNRS.« Un peu sur le même principe que le crack vis-à-vis de la cocaïne », précise-t-il.

Mais l’absence de THC (principe actif du cannabis) n’empêche pas ce type de substances euphorisantes d’être terriblement dangereuses.« Ceux qui recherchent ces produits le font pour des effets euphorisants plus intenses, mais ils ne pensent pas que tous les effets dévastateurs du cannabis sur le cerveau sont, eux aussi, exacerbés », détaille le chercheur.

Une dépendance accrue ?

Inquiet, le scientifique prévoit : « Malheureusement, la recherche sur le cannabis de synthèse en est encore à ses débuts, mais on peut prévoir que la dépendance, elle aussi, sera plus forte. Quand je rencontre des jeunes pour parler de drogue, ils me disent souvent que le cannabis n’induit aucune dépendance. C’est faux. »

(Photo : AFP)

En effet, 7 à 9 % des usagers réguliers de joints sont dépendants. « Cela peut paraître peu, mais quand on sait que plus de la moitié des jeunes fument du cannabis en France, ça donne au bout du compte un grand nombre de dépendants. » Pour cet addictologue, ceux qui expérimentent ces nouvelles substances ne se rendent pas compte des risques, par manque de renseignements. Et il insiste :« L’effet recherché par les personnes qui consomment des drogues n’est jamais la dépendance ! »

Non, ces drogues ne sont pas licites

On entend souvent déclarer à tort que les drogues de synthèse sont « légales ». Une rumeur qui peut contribuer à la perception faussée de leur dangerosité. Mais en France, la plupart de ces drogues ont été interdites dès 2009. Ce qui est vrai, c’est qu’elles sont entrées sur le marché via des vides juridiques. « Elles ont pu être présentées comme légales, simplement parce que le législateur n’avait rien prévu », fait remarquer Jean Zwiller.

Souvent commercialisées sous des formes anodines, comme de l’encens, ces drogues ont mis du temps à être identifiées comme telles. Pour ne rien arranger, les fabricants ajoutent souvent des mentions comme « impropre à la consommation humaine » sur les produits, afin de tromper les services publics.

Le drame, c’est que ces produits n’ont effectivement pas été conçus pour une consommation humaine. « Au début, j’ai cru que c’étaient des vendeurs de drogue qui avaient inventé ces cannabinoïdes », explique Jean Zwiller. « Mais c’est un chercheur en chimie organique, John William Huffman, qui a synthétisé les premiers cannabinoïdes de synthèse à des fins de recherche sur le cannabis. » Et d’ajouter :« Il paraît qu’il s’en veut beaucoup. »

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Cannabis et Sécurité routière

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DROGUE DE SYNTHÈSE: LA « STRAWBERRY » INQUIÈTE DES TRAVAILLEURS SOCIAUX

ILE MAURICE

Un sachet de la drogue synthétique « strawberry » se vend à Rs 100 (3€), ce qui la rend accessible aux jeunes.

La « strawberry » est prisée par les jeunes en ce moment. Elle peut être sous forme de bonbons ou de chocolat. Une association lance une campagne de prévention.

Une association socioculturelle tire la sonnette d’alarme sur WhatsApp. Plusieurs parents ont reçu un message disant que la strawberry se vend aux alentours de plusieurs établissements scolaires. L’association lance un appel aux parents pour qu’ils dissuadent leurs enfants d’accepter des bonbons offerts par des étrangers et des amis. La situation devient encore plus préoccupante, dans la mesure, où, la semaine dernière, dix jeunes ont été admis à Brown-Séquard.

« Cette drogue est, en effet, disponible depuis quelque temps », indique Imran Dhannoo. Ce que redoute surtout le travailleur social est le fait qu’un sachet de cette drogue synthétique se vende à Rs 100, soit un produit qui est à la portée des jeunes.

« Seul le nom change… »

Imran Dhannoo explique qu’il y a plusieurs familles de drogue de synthèse, dont les cannabinoïdes. Ceux-ci contiennent une substance qui imite le tétrahydrocannabinol (THC), le principe actif du cannabis, qui procure une sensation d’euphorie ou de bien-être. « La drogue de synthèse est une imitation du THC, qui se trouve dans le cannabis naturel. À Maurice, elle est connue sous divers noms : fraise, C’est pas bien… En 2013, on connaissait le Black Mamba. Actuellement, la drogue la plus prisée est Bat dan latet. »

Ce que confirme le travailleur social Ally Lazer. « Auparavant, on avait Ben Laden, ensuite Black Mamba et maintenant Bat dan latet », confie-t-il. Concernant la strawberry, il affirme qu’elle est en effet disponible depuis quelque temps. « C’est seulement le nom qui change, car il faut écouler le produit. Il y a des collégiens qui ont déjà consommé cette drogue. »

Selon une étude menée par le ministère de la Jeunesse et des Sports en 2015, un élève sur cinq consomme du cannabis ou de l’héroïne. Le rapport Youth Determinants in Mauritius, financé par les Nations unies, décrit le comportement des jeunes âgés de 15 à 24 ans à Maurice. L’étude souligne que les garçons sont les plus touchés par les drogues. 16,2 % ont déclaré avoir fumé un joint dans l’enceinte de l’école. Ainsi, le rapport recommande de mettre l’accent sur des programmes de prévention au niveau des écoles ou encore dans des centres communautaires. De plus, l’étude estime qu’il faut développer de nouvelles campagnes antidrogue.

En 2013, il y a eu cinq arrestations, 19 en 2014, 103 en 2015 et 111 de janvier 2016 jusqu’au 10 juillet 2016.

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Le cocktail tabac-cannabis réduit les chances de sevrage

Mélanger tabac et cannabis : un cocktail explosif pour l’addiction. Les adeptes de la fumette pure ont plus de chance d’arrêter le tabac que ceux qui associent les deux drogues.

Le cocktail tabac-cannabis réduit les chances de sevrage
Du tabac à rouler, de l’herbe, une feuille de papier à cigarette : voilà comme de nombreux amateurs consomment du cannabis. Un cocktail qui réduit les dépenses mais qui n’est pas sans effet sur le cerveau. Selon une étude parue dans Frontiers in Psychiatry, associer les deux drogues nuit au sevrage. Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs s’appuient sur un sondage réalisé auprès de 33 600 consommateurs.

Un cocktail européen ?

Ces participants sont issus de presque tous les continents : Europe, Amérique du Nord, Amérique du Sud et Océanie ont été interrogés sur la façon dont le cannabis était pris. Le mode de consommation change selon les origines. Pétards, blunts, pipes… les Européens sont bien plus friands du mélange avec le tabac que les Néo-zélandais à l’autre bout de la planète. 77 à 90 % des habitants du Vieux continent associent les deux drogues.

Le recours aux vaporisateurs de cannabis, exclusivement sans tabac, est en revanche bien plus fréquent au Canada et aux Etats-Unis. Ce n’est pas le cas dans les autres pays interrogés.

Moins motivés

Mêler cannabis et tabac, voilà qui ne devrait pas ajouter plus de risques que ceux déjà apportés par les deux produits. Surtout que le cannabis est assez peu addictif. En réalité, les adeptes du cocktail réduisent leurs chances de s’arrêter un jour. « Nos résultats montrent que la consommation simultanée de tabac et de cannabis est associée à une moindre motivation à l’arrêt du tabac et à chercher de l’aide pour cela », résume Michael Lynskey, co-auteur de l’étude.

Les chiffres sont éloquents : les partisans de la fumette pure ont 80 % plus de chance de vouloir une aide pour réduire leur consommation de tabac et deux fois plus de chances de s’y préparer activement. Les mélangeurs, eux, se montrent moins attirés par l’idée d’abandonner leurs cigarettes. Il y aurait donc une dépendance psychologique supplémentaire.

« La dépendance au cannabis et au tabac se manifestent d’une manière similaire, à tel point qu’il est difficile de distinguer les personnes qui utilisent les deux », souligne toutefois Chandri Hindocha, qui signe également la publication. Au vu du nombre massif de consommateurs dans le monde, la tâche semble particulièrement ardue : 1 milliard de personnes fument du tabac et 182 millions inhalent du cannabis.

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CANNABIS ET COCAÏNE: L’ÉTRANGE COMMANDE DE BENARD DEBRÉ SUR LE « DARKNET »

Afin d’illustrer les dangers d’Internet, le député Bernard Debré, un journaliste de « Valeurs Actuelles » et l’Association des Parents contre la drogue se sont fait livrer toutes sortes de stupéfiants sur un site internet hollandais puis sur le « darknet », un espace du Web accessible par logiciel où l’on trouve toutes sortes de sites illégaux.

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Bernard Debré découvre les dangers du Web. Associé à un journaliste de Valeurs Actuelles et au président de l’Association des Parents contre la drogue Serge Lebigot, l’élu Les Républicains s’est fait livrer de la drogue par Internet afin de démontrer à quel point il est facile de se procurer des stupéfiants sur la toile. Choqué par les résultats de ses pérégrinations, il a réclamé la semaine dernière une commission d’enquête parlementaire sur ce sujet dont « on ne parle pas«  et « qu’on ose pas évoquer« .

Sur LCI, le député-médecin a raconté ce mardi sa plongée dans les tréfonds du Web. « On se connecte sur un site au pays bas, et on va commander de la drogue. On paye avec la carte bleue! Et on reçoit ça avec un timbre hollandais », s’indigne-t-il. « On l’a fait livrer chez Serge Lebigot. C’est très intéressant parce que l’on reçoit une enveloppe en papier kraft. Il y a deux enveloppes en plastique pour éviter l’odeur et les chiens renifleurs, et on reçoit ça tranquillement », poursuit-il.

Non-contents d’avoir exploré les sites les moins recommandables de l’Internet « classique », le frère de Jean-Louis Debré et ses complices se sont également rendus sur le « darknet », un espace du Web accessible par logiciel où l’on trouve toutes sortes de sites illégaux.  « Et là, vraiment, c’est incroyable (…) Là vous avez un super marché de tout! Vous avez des kalachnikovs, du TNT, des faux billets, des organes à greffer! Et vous avez par exemple, 30 à 36 000 sites de cocaïne. Et donc on a commandé de la cocaïne. Mais il faut payer par bitcoins », raconte l’élu, qui veut faire interdire cette monnaie virtuelle en France. « Est-ce que c’est la démocratie de pouvoir acheter une kalachnikov sans que personne ne le sache? Du TNT? On peut acheter des films pornographiques. On peut tout acheter, le pire de ce qui existe: même des faux billets », s’insurge-t-il. « On a commandé et on a été livré: un gramme de cocaïne pour environ 80 euros. Et on s’est dit: +c’est pas possible on va faire analyser ces drogues+! Et ces drogues sont quasiment pures! Il faut la couper par quatre ou par dix », précise le député, se souvenant de l’émoi de ses confrères à l’Assemblée nationale. « Tout le monde est venu faire des photos: sur mon bureau de l’Assemblée, il y avait de la cocaïne, des champignons hallucinogènes, de la marijuana et un autre produit du cannabis ».

Scandalisé, Bernard Debré a donc adressé une question au gouvernement sur les nouveaux modes de trafic et de distribution de drogue par Internet, réclamant au passage la création d’une mission parlementaire sur le sujet. « Si ça continue comme ça, il n’y aura plus de dealer physiques puisqu’on se fera livrer, peut-être est-ce un bien… C’est l’ubersiation », déplore-t-il. A fin de remédier à cela, « le gouvernement doit s’engager dans trois directions, et vite : imposer aux pays abritant des sites légaux de vente de drogue, en particulier les Pays-Bas, de proscrire tout commerce avec la France ; renforcer les contrôles douaniers sur les envois postaux issus de ces pays ; enfin, déclarer la guerre aux dangers du Darknet, qui outre de la drogue permet aussi, notamment, de se procurer des armes et des explosifs. Le fait de se rendre sur ces sites, même sans commander, devrait tomber sous le coup de la loi, comme cela existe déjà pour les sites pédophiles », explique-t-il sur le site de Valeurs Actuelles. Et de conclure: « si le gouvernement n’agit pas, c’est qu’il est prêt à sacrifier une partie de la jeunesse française”. 

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La Fédération Française d’Addictologie (FFA) à la manœuvre pour faire exploser les toxicomanies

Professeur Jean Costentin
Président du Centre National de Prévention, d’Etudes et de Recherches sur les Toxicomanies
Le 18 avril 2016, (j’avais lu un peu vite le 1er avril, avant de découvrir, hélas, que ce n’était pas une farce) la Fédération Française d’Addictologie (FFA), soucieuse d’épauler les coups de boutoir concertés et convergents des mouvements qui militent pour la légalisation de toutes les drogues, à commencer par le cannabis, y est allée de son brûlot et s’est lâchée complètement. Elle veut offrir ainsi, aux toxicomanes, un panier garni qui comporte :
La rupture avec la recherche de l’abstinence ; elle n’affiche plus comme objectif qu’une réduction des doses des drogues. La FFA a oublié que c’est à partir d’un usage modéré initial que les victimes d’addiction ont sombré dans l ‘abus.
Elle anticipe qu’une légalisation des drogues ouvrirait la voie à des actions préventives enfin efficaces ; ce qui revient à mettre « la charrue avant les bœufs ». La FFA ne peut ignorer les précédents du tabac et de l’alcool, dont la licité génère en France 13 millions de fumeurs et 4,5 millions d’alcoolo-dépendants ; avec, annuellement, 78.000 morts imputables au tabac, 49.000 morts à l’alcool, sans compter leurs très nombreux estropiés.
Les membres de la FFA nous ont cruellement manqué dans les actions de prévention contre ces drogues licites ; de plus ils nous ont très sournoisement combattus dans nos actions contre les drogues illicites. Aussi, dans ce contexte, leur raisonnement confine à une impudeur manifeste.
La FFA ne se suffit déjà plus de la perspective de la mise en place des « salles de shoots », qu’ils ont obtenues de la ministre de la Santé (qui, d’ailleurs, les met en place d’une main tremblante), puisqu’elle propose dès maintenant de les généraliser aux CAARUD (centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues ; qui sont au nombre de 150) et aux CSAPA (Centre de soins d’accompagnement et de prévention en addictologie ; qui sont au nombre de 260, mais deviendront 510 après leur fusion avec les CCAA = centres de cures ambulatoire en alcoologie). Si nous comptons bien, il s’agirait de faire de ces 660 structures des salles de shoots, en plus de celles qui se mettent en place ; les drogues partout !… Toutes ces structures, à l’acronyme délibérément complexe qui en dissimule l’objet, ont gravement failli dans la mission qui leur était confiée, puisqu’elles n’ont pas empêché l’instauration de ces sortes de salles de soins palliatifs pour toxicomanes que sont les « salles de shoots ».
-La FFA s’inscrit déjà (comme nous l’avions anticipé à l’heure du débat tronqué sur les « salles de shoots ») dans la mise à disposition aux héroïnomanes d’une « héroïne médicale » qui sera (il va sans dire, mais disons le tout de même) gratuite, comme la méthadone ou le trop fameux « Subu » (si scandaleusement détourné par près de 50% de ses bénéficiaires). Ainsi sera satisfait le vœux suprême de l’héroïnomane : « Ma drogue, de la meilleure qualité, gratuite, quand je veux, à la dose que je veux (la plus élevée possible puisque je bénéficie d’une assistance médicale), injectée au calme, au chaud, couché, avec le sourire de l’infirmière, une petite collation, voire une douche et du parfum… rien dans tout cela qui ne l’incite vraiment à rompre avec ses démons.

Parce que ces addictologues déviants, n’ont pas voulu, pas su, pas pu, traiter et guérir les malades qui leur étaient confiés, ils rêvent de recourir à cette méga-homéopathie, qui traite le mal par un libre usage de ce qui l’a provoqué. Ils espèrent de ce fait, pouvoir satisfaire enfin ces nouveaux critères de très bas niveau qu’ils se fixent. Paul Lechat, René Yafil, Georges Nahas, Léon Hovnanian, Pierre Deniker et tous nos autres mentors inspirez-nous pour les combattre ; ils sont devenus fous !

« Un Homme ça s’oblige » disait A. Camus ; la FFA, elle, ne s’oblige pas.
Toutes les dépenses somptuaires englouties, avec sans cesse la demande de moyens supplémentaires, pour en arriver là !

Cette situation doit interpeller le citoyen contribuable.
Les politiques doivent, de toute urgence, donner du pied dans ce nid de frelons.
Les pouvoirs publics, s’aidant d’une large diversité d’expertises et de regards extérieurs, doivent revisiter toutes ces structures et leurs fonctionnements, pour mettre en perspective les moyens consacrés et les résultats obtenus.
La pensée médicale doit réinvestir ces territoires sanitaires perdus, abandonnés à des addictologues-idéologues ; elle doit contraindre ces praticiens égarés à se ressaisir, à faire beaucoup plus dans le soin et beaucoup moins dans l’idéologie soixante-huit attardée, marquée par « l’interdiction d’interdire ». La réduction des risques, qui leur sert d’armure, doit faire réaliser enfin que leurs remèdes sont pires que le mal qu’ils ont mission de combattre, parce que leurs remèdes augmentent le nombre des victimes.

ONU : le cannabis, drogue toujours la plus consommée au monde

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