Le cocktail tabac-cannabis réduit les chances de sevrage

Mélanger tabac et cannabis : un cocktail explosif pour l’addiction. Les adeptes de la fumette pure ont plus de chance d’arrêter le tabac que ceux qui associent les deux drogues.

Le cocktail tabac-cannabis réduit les chances de sevrage
Du tabac à rouler, de l’herbe, une feuille de papier à cigarette : voilà comme de nombreux amateurs consomment du cannabis. Un cocktail qui réduit les dépenses mais qui n’est pas sans effet sur le cerveau. Selon une étude parue dans Frontiers in Psychiatry, associer les deux drogues nuit au sevrage. Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs s’appuient sur un sondage réalisé auprès de 33 600 consommateurs.

Un cocktail européen ?

Ces participants sont issus de presque tous les continents : Europe, Amérique du Nord, Amérique du Sud et Océanie ont été interrogés sur la façon dont le cannabis était pris. Le mode de consommation change selon les origines. Pétards, blunts, pipes… les Européens sont bien plus friands du mélange avec le tabac que les Néo-zélandais à l’autre bout de la planète. 77 à 90 % des habitants du Vieux continent associent les deux drogues.

Le recours aux vaporisateurs de cannabis, exclusivement sans tabac, est en revanche bien plus fréquent au Canada et aux Etats-Unis. Ce n’est pas le cas dans les autres pays interrogés.

Moins motivés

Mêler cannabis et tabac, voilà qui ne devrait pas ajouter plus de risques que ceux déjà apportés par les deux produits. Surtout que le cannabis est assez peu addictif. En réalité, les adeptes du cocktail réduisent leurs chances de s’arrêter un jour. « Nos résultats montrent que la consommation simultanée de tabac et de cannabis est associée à une moindre motivation à l’arrêt du tabac et à chercher de l’aide pour cela », résume Michael Lynskey, co-auteur de l’étude.

Les chiffres sont éloquents : les partisans de la fumette pure ont 80 % plus de chance de vouloir une aide pour réduire leur consommation de tabac et deux fois plus de chances de s’y préparer activement. Les mélangeurs, eux, se montrent moins attirés par l’idée d’abandonner leurs cigarettes. Il y aurait donc une dépendance psychologique supplémentaire.

« La dépendance au cannabis et au tabac se manifestent d’une manière similaire, à tel point qu’il est difficile de distinguer les personnes qui utilisent les deux », souligne toutefois Chandri Hindocha, qui signe également la publication. Au vu du nombre massif de consommateurs dans le monde, la tâche semble particulièrement ardue : 1 milliard de personnes fument du tabac et 182 millions inhalent du cannabis.

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