La Fédération Française d’Addictologie (FFA) à la manœuvre pour faire exploser les toxicomanies

Professeur Jean Costentin
Président du Centre National de Prévention, d’Etudes et de Recherches sur les Toxicomanies
Le 18 avril 2016, (j’avais lu un peu vite le 1er avril, avant de découvrir, hélas, que ce n’était pas une farce) la Fédération Française d’Addictologie (FFA), soucieuse d’épauler les coups de boutoir concertés et convergents des mouvements qui militent pour la légalisation de toutes les drogues, à commencer par le cannabis, y est allée de son brûlot et s’est lâchée complètement. Elle veut offrir ainsi, aux toxicomanes, un panier garni qui comporte :
La rupture avec la recherche de l’abstinence ; elle n’affiche plus comme objectif qu’une réduction des doses des drogues. La FFA a oublié que c’est à partir d’un usage modéré initial que les victimes d’addiction ont sombré dans l ‘abus.
Elle anticipe qu’une légalisation des drogues ouvrirait la voie à des actions préventives enfin efficaces ; ce qui revient à mettre « la charrue avant les bœufs ». La FFA ne peut ignorer les précédents du tabac et de l’alcool, dont la licité génère en France 13 millions de fumeurs et 4,5 millions d’alcoolo-dépendants ; avec, annuellement, 78.000 morts imputables au tabac, 49.000 morts à l’alcool, sans compter leurs très nombreux estropiés.
Les membres de la FFA nous ont cruellement manqué dans les actions de prévention contre ces drogues licites ; de plus ils nous ont très sournoisement combattus dans nos actions contre les drogues illicites. Aussi, dans ce contexte, leur raisonnement confine à une impudeur manifeste.
La FFA ne se suffit déjà plus de la perspective de la mise en place des « salles de shoots », qu’ils ont obtenues de la ministre de la Santé (qui, d’ailleurs, les met en place d’une main tremblante), puisqu’elle propose dès maintenant de les généraliser aux CAARUD (centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues ; qui sont au nombre de 150) et aux CSAPA (Centre de soins d’accompagnement et de prévention en addictologie ; qui sont au nombre de 260, mais deviendront 510 après leur fusion avec les CCAA = centres de cures ambulatoire en alcoologie). Si nous comptons bien, il s’agirait de faire de ces 660 structures des salles de shoots, en plus de celles qui se mettent en place ; les drogues partout !… Toutes ces structures, à l’acronyme délibérément complexe qui en dissimule l’objet, ont gravement failli dans la mission qui leur était confiée, puisqu’elles n’ont pas empêché l’instauration de ces sortes de salles de soins palliatifs pour toxicomanes que sont les « salles de shoots ».
-La FFA s’inscrit déjà (comme nous l’avions anticipé à l’heure du débat tronqué sur les « salles de shoots ») dans la mise à disposition aux héroïnomanes d’une « héroïne médicale » qui sera (il va sans dire, mais disons le tout de même) gratuite, comme la méthadone ou le trop fameux « Subu » (si scandaleusement détourné par près de 50% de ses bénéficiaires). Ainsi sera satisfait le vœux suprême de l’héroïnomane : « Ma drogue, de la meilleure qualité, gratuite, quand je veux, à la dose que je veux (la plus élevée possible puisque je bénéficie d’une assistance médicale), injectée au calme, au chaud, couché, avec le sourire de l’infirmière, une petite collation, voire une douche et du parfum… rien dans tout cela qui ne l’incite vraiment à rompre avec ses démons.

Parce que ces addictologues déviants, n’ont pas voulu, pas su, pas pu, traiter et guérir les malades qui leur étaient confiés, ils rêvent de recourir à cette méga-homéopathie, qui traite le mal par un libre usage de ce qui l’a provoqué. Ils espèrent de ce fait, pouvoir satisfaire enfin ces nouveaux critères de très bas niveau qu’ils se fixent. Paul Lechat, René Yafil, Georges Nahas, Léon Hovnanian, Pierre Deniker et tous nos autres mentors inspirez-nous pour les combattre ; ils sont devenus fous !

« Un Homme ça s’oblige » disait A. Camus ; la FFA, elle, ne s’oblige pas.
Toutes les dépenses somptuaires englouties, avec sans cesse la demande de moyens supplémentaires, pour en arriver là !

Cette situation doit interpeller le citoyen contribuable.
Les politiques doivent, de toute urgence, donner du pied dans ce nid de frelons.
Les pouvoirs publics, s’aidant d’une large diversité d’expertises et de regards extérieurs, doivent revisiter toutes ces structures et leurs fonctionnements, pour mettre en perspective les moyens consacrés et les résultats obtenus.
La pensée médicale doit réinvestir ces territoires sanitaires perdus, abandonnés à des addictologues-idéologues ; elle doit contraindre ces praticiens égarés à se ressaisir, à faire beaucoup plus dans le soin et beaucoup moins dans l’idéologie soixante-huit attardée, marquée par « l’interdiction d’interdire ». La réduction des risques, qui leur sert d’armure, doit faire réaliser enfin que leurs remèdes sont pires que le mal qu’ils ont mission de combattre, parce que leurs remèdes augmentent le nombre des victimes.

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