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“CETTE DROGUE A DÉTRUIT UNE PARTIE DE MA VIE” (Paris Match)

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Vendus dans des petits sachets à l’air inoffensif, les cannabis de synthèse sont potentiellement dangereux, voire mortels. Populaires depuis une dizaine d’années chez les jeunes et « légales » tant qu’elles contournent la législation, ces drogues de synthèse sont plus puissantes que le cannabis dont elles imitent les effets, tant au niveau de leur puissance, de leurs effets secondaires, que de leur potentiel addictif. Brenda et Vincent témoignent aujourd’hui du traumatisme causé par leur consommation de cannabis de synthèse.

Spice, K2, Bizarro, Yucatan Fire, Black Mamba, Eclipse… Autant de noms exotiques que de graphiques sophistiqués et colorés sur ces petits sachets d’herbes dont le secret inavoué est de faire planer celui qui les fume.  Estampillés “impropres à la consommation humaine” et désignés comme encens à brûler, ces drogues, vendues surtout sur Internet, ont la particularité de passer entre les mailles du filet de la réglementation, d’où leur popularité chez les jeunes et les amateurs de substances psychoactives. Ce qui ressemble à de la marijuana est en fait un mélange de plantes imprégnées de molécules de synthèse qui agissent sur les mêmes récepteurs que pour le THC (principe actif du cannabis) dans le cerveau. Si l’on se sent l’âme d’un chimiste, on peut même confectionner son propre cannabis de synthèse en se procurant ces molécules sous forme de poudre via Internet. Enfin, depuis 2014, des e-liquides aux cannabis synthétiques ont fait leur apparition. La réglementation peine à suivre ces produits dont les fabricants, essentiellement chinois, peuvent modifier à l’infini le dosage, la variété, et l’appellation. Parmi les 130 cannabis de synthèse dénombrés en Europe, 34 ont été répertoriés et classés comme stupéfiants sur le sol français.

VAGUES D’INTOXICATIONS CHEZ LES ADOLESCENTS

Indétectables via les tests de dépistage classiques parce qu’ils ne contiennent pas de THC, ces cannabis synthétiques, au moins pour certains d’entre eux, sont bien plus puissants, plus dangereux et plus addictifs que le cannabis naturel.

Hallucinations, paranoïa, agitation, comportements agressifs, troubles de la parole, détresse respiratoire, infarctus du myocarde, décès, ont été observés chez de jeunes consommateurs aux Etats-Unis, où l’augmentation du nombre des passages aux urgences, depuis cinq ans, alarme les autorités. En Europe, Continuer à lire « “CETTE DROGUE A DÉTRUIT UNE PARTIE DE MA VIE” (Paris Match) »

Un article sur la drogue menace Wikipedia en Russie

Le régulateur russe des télécoms a ordonné de bloquer l’accès à un article de l’encyclopédie collaborative. Cela pourrait conduire au blocage de l’ensemble du site.

Wikipedia est dans le viseur du gendarme du Net russe. Le 21 août, Russia Today rapportait que l’encyclopédie collaborative avait reçu un avertissement du Roskomnadzor, le régulateur russe des télécoms. En cause, un article portant sur une drogue interdite en Russie.

L’agence exigeait de Wikipedia que l’article soit retiré. Mais la fondation Wikimedia, qui gère l’encyclopédie, a fait savoir qu’elle ne se plierait pas aux exigences. Le refus n’a pas tardé à déclencher les représailles des autorités russes: lundi, le Roskomnadzor a décidé de rendre cet article inaccessible aux internautes russes.

La page en question est un article contenant une entrée sur la façon dont se fabrique le charas, une spécialité à base de cannabis. Vendredi, le régulateur russe a….. LIRE LA SUITE

Nouvelle rubrique

Les méfaits du cannabis au quotidien, la preuve par la revue de presse.

Nier le rôle néfaste du cannabis va à l’encontre de toutes les données médicales et scientifiques. Pourtant, apparemment, elles ne suffisent pas. Il en résulte que,  d’un emploi principalement festif  ( ?), il est entré dans la vie courante et professionnelle. Conséquence attendue, il ne se passe pas un jour sans que la relation dans la presse d’un accident, d’une prise de risque inconsidérée, d’une maladie ne soit associée à une prise de cannabis seul ou associé à d’autres drogues.

C’est pourquoi nous vous proposons une nouvelle rubrique sur une idée de notre ami Guy Millant, « Cannabis et faits divers« , qui rassemble tous les faits majeurs graves associés au cannabis  rapportés dans la presse.  Nouvelle preuve concrète, réelle et observée de la toxicité du cannabis. Elle rejoint celle que nous rapportons déjà à partir des travaux de  recherche.  On ne manquera pas d’observer aussi  les conséquences toxiques de l’augmentation des concentrations du principe actif, le THC (tétrahydrocannabinol) dans les nouvelles livraisons de cannabis beaucoup plus dangereuses que les premières.

Jean-Pierre Goullé et Jean-Paul Tillement

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Les drogues injectables circulent à Madagascar

L’accoutumance à la consommation de stupéfiants conduit à la dépendance. L’addic­tion signifie aussi drogue mais le mode de prise varie selon les consommateurs.

Culture et mœurs discrètes. Cocaïne, héroïne, marijuana, cannabis, bomba, tige…désignent des noms de drogue. Des jeunes et adultes mâchent, fument et injectent ces produits bruts ou transformés mais en cachette.

Lors de la célébration de la journée mondiale de la lutte contre la consommation de drogue qui s’est déroulée hier au parvis de l’hôtel de ville à Analakely, Madagascar s’est joint aux pays de la planète pour honorer le thème «Le développement de nos vies, de nos communautés, nos identités sans drogue.»
Le colonel Dimby Noelson Hama, secrétaire général de la commission interministérielle de coordination de la lutte contre la drogue, révèle qu’au cours de ce premier semestre, les éléments des forces de l’ordre ont saisi 6 065 kilos de drogue et pas plus tard que mercredi, ils ont confisqué quinze sacs contenant de la drogue aux alentours de Mahamasina. « Le trafic de drogue existe à Madagascar. De plus, notre pays devient un terrain de trafic illicite et transit de l’héroïne et de la cocaïne en provenance de l’Afrique australe avant qu’elles n’atteignent les autres îles de l’océan Indien », renforce-t-il. Il poursuit que la drogue injectable est également une réalité à Madagascar.
Face à ce danger qui détruit la jeunesse et la santé publique, les membres de cette commission cogiteront sur les stratégies à adopter pour appréhender les dealers et les consommateurs.

Surtout que les localités productrices de drogue abondent dans les régions du Nord et du Sud.

Traitement
La drogue modifie le mode de vie d’un individu du point de vue tant psychologique que psychique et l’injectable fait peur. Les utilisateurs ne se rendent pas compte que la seringue qui circule entre eux favorise les risques de contamination du vih/sida. Jusqu’ici, aucune statistique officielle ne justifie ce fait.
Dr Miarintsoa Rasoarim­boahangy du Centre de cure ambulatoire en alcoologie (CCAA) sis à Andra­voahangy indique que des consommateurs de drogue injectable viennent la voir pour un traitement. « Entre une douzaine et quinzaine de patients fréquentent notre centre. Nous leur prodiguons un traitement médicamenteux à raison d’un délai entre quatre voire six mois selon l’évolution de l’état de santé de chaque individu », explique-t-elle. Ce sevrage médical vise à maintenir l’abstinence et une psychothérapie l’accompagne pour soutenir la personne qui suit la cure.

Une thérapie ne donne pas forcément de résultats rapides et il faut s’armer de patience pour ôter toute dépendance chez un consommateur endurci.
Les différents responsables étatiques lancent un appel aux parents, aux enseignants, aux intervenants du secteur privé de veiller sur l’éducation des jeunes pour qu’ils ne se laissent pas influencer par les nouvelles tendances conduisant vers la dépravation des valeurs morales.
Farah Randrianasolo

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Le cannabis synthétique, drogue addictive et mortelle

Les Etats-Unis comptent des milliers d’intoxications, parfois mortelles, à cette nouvelle drogue de synthèse, injustement considérée comme « douce » et bien loin de la marijuana naturelle

Le cannabis synthétique, drogue addictive et mortelle
Le cannabis synthétique provoque crises d’angoisses, hallucinations, paranoïa voire extrême violence…©

AFP JUAN MABROMATA
Il porte des noms exotiques -K2, Spice, Bizarro ou Stoopid- et se vend en petits paquets d’aspect inoffensif, mais le cannabis synthétique et son« effet zombie » alarment les autorités sanitaires aux Etats-Unis. »On le voit partout dans le pays », selon Chuck Rosenberg, le patron par intérim de la DEA, l’agence fédérale chargée de la lutte contre le trafic de drogue, à la radio publique. « Les dosages varient. Les produits chimiques varient. Vous et moi pourrions acheter et utiliser le même paquet et avoir des réactions très différentes au produit ».

  • Les intoxications en hausse

Depuis le début de l’année, les centres antipoison à travers tout le pays ont reçu 5 200 appels pour des incidents liés au cannabis synthétique. La hausse est spectaculaire. En 2014, le nombre d’appels était de 3 680 et seulement de 2 668 un an plus tôt, selon les statistiques de l’Association nationale des centres antipoison.

« Le cannabis synthétique peut causer une anxiété extrême, de la paranoïa, des crises d’angoisse, des dissociations, un épisode psychotique et des hallucinations « , met en garde le site internet k2zombiedc.com, qui est géré par la ville de Washington DC, et à destination des jeunes. « Ces comportements ont été surnommés ‘l’effet zombie' », souligne le site.

  • Addictif et mortel

Le cannabis synthétique peut ressembler à première vue à de la marijuana naturelle mais il est parfois addictif et mortel en raison de la forte concentration de produits destinés à imiter le tetrahydrocannabinol(THC), le principe actif qui fait planer.

L’effet de ces produits chimiques sur les récepteurs cérébraux peut être « 100 fois plus puissants que le THC », explique Marilyn Huestis, qui est chercheuse à l’Institut National américains sur l’abus des drogues.

Parce que la réglementation n’arrive pas à suivre, le produit peut-être trouvé tout à fait légalement sur des présentoirs dans de petites épiceries de quartier, des stations-essence mais surtout sur l’internet. Un petit coup de moteur de recherche et une carte de crédit suffisent.

  • Des centaines de mélanges inconnus

Selon un sondage réalisé en 2012 par l’Université du Michigan, le cannabis synthétique était la deuxième drogue la plus consommée par les jeunes de terminale, juste après le cannabis naturel. « C’est un problème monstrueux », a déclaré Marilyn Huestis.

« Tout le monde pense qu’il s’agit d’une seule drogue, comme il n’y a qu’une cocaïne ou qu’une métamphétamine », souligne Mark Ryan, directeur du centre antipoison de Louisiane.  « Nous savons qu’il y a plus de 300 types de drogue différents qui sont en circulation au moment ou je vous parle ».

  • Difficile à identifier

Qui plus, est il est quasiment impossible d’identifier les produits chimiques avec les tests standards à disposition des forces de l’ordre. « Nous avons procédé à 65 arrestations ces deux derniers mois d’acheteur et de vendeurs de ce produit », a expliqué la chef de la police de Washington DC, Cathy Lanier. « Et nous ne pouvons pas les poursuivre ».

  • Des consommateurs incontrôlables

Début août, des policiers ont fait feu et blessé une jeune femme de 22 ans, qui sous l’emprise de cannabis synthétique, brandissait un couteau et menaçait de frapper. En juin, il a fallu hospitaliser d’urgence 9 personnes qui avaient fait une overdose devant l’un des plus grand centre pour SDF de la capitale.

L’Etat de New York a pour sa part enregistré 1 900 visites aux urgences liées à la prise de la substance entre avril et juin de cette année.

Et le risque d’addiction est réel comme le prouvent les témoignages rassemblés sur le site SpiceAddictionSupport.org .

« Tout ce qui m’importait c’était de fumer du Spice », peut-on y lire. « Les effets de manque étaient sévères… je n’étais tellement plus moi que j’étais juste couché en train de planer à regarder ma vie passer devant moi comme si j’étais au cinéma ».

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L’origine génétique de l’addiction

De l’irrépressible envie de consommer aux multiples dommages sur l’organisme, l’addiction garde une part de mystère. Tous les facteurs, psychologiques et biologiques, restent en effet obscurs. Mais certains des mécanismes cérébraux altérant la maîtrise de soi se dévoilent peu à peu. Dernière découverte, un déficit en glutamate, neurotransmetteur essentiel à l’équilibre du système de la récompense, serait symptomatique de l’addiction. Une piste pour la mise au point de nouvelles approches thérapeutiques.

Tout part du cerveau. Des neurobiologistes franco-canadiens se sont penchés sur le mécanisme cérébral pour comprendre le phénomène de l’addiction. Soit la dépendance à un produit (alcool, tabac, drogues, aliments…) ou à un comportement (jeux, sexe, sport…).

En prenant une drogue ou toute substance addictive, la quantité de dopamine fait un pic au niveau cérébral, « dans les structures où se forme le circuit de la récompense », expliquent-ils ce 4 août dans la revue Molecular Psychiatry. Tant que l’exposition aux sources de plaisir ne devient pas régulières et/ou trop intenses, cet équilibre se régule. Mais en cas de consommations excessives, « l’intensité et la rapidité de la décharge de dopamine sont à la base du processus addictif ».

Des souris et des hommes

Jusqu’ici les scientifiques pensaient que l’acétylcholine était le seul neurotransmetteur impliqué dans la régulation de la dopamine. Ce mécanisme serait en fait tributaire du duo acétylcholine-glutamate. Pour en savoir plus, l’équipe du Pr Diana Yae Sakae a étudié les neurones cholinergiques. Localisés dans le noyau accubens, l’une des structures cérébrales du système de récompense, ces derniers constituent le siège de régulation de la dopamine :

  • Chez la souris, lorsque « le gène VGLUT3, essentiel à cette communication avec le glutamate, est bloqué, les animaux deviennent plus vulnérables à la cocaïne ». L’effet stimulant de la drogue est plus intense. Les rongeurs ont plus facilement développé une addiction. Après une période d’abstinence, ils sont plus susceptibles de rechuter ;
  • Chez l’homme, cette mutation du gène VGLUT3 « qui a rendu accro les souris » s’est avérée dix fois plus fréquente chez des patients polytoxicomanes sévères, comparés à des volontaires sans symptômes psychiatriques.

Davantage d’études sont nécessaires pour savoir si cette mutation peut expliquer la plus grande vulnérabilité à l’addiction. Mais  « le rôle régulateur majeur du glutamate pour limiter l’addiction à la cocaïne » semble se confirmer », soulignent les chercheurs. « Dans tout processus d’addiction, le subtil équilibre entre le glutamate et l’acétylcholine évite l’emballement du système et l’entrée dans l’addiction ». La prochaine étape, « identifier le récepteur impliqué pour mettre au point des traitements pharmacologiques ».

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L’étude santé du jour : un risque de psychose accru chez les hommes qui fument du cannabis

L’ÉTUDE SANTÉ DU JOUR – Les hommes sont quatre fois plus susceptibles que les femmes de développer une psychose en fumant du cannabis, d’après des scientifiques.

En France, le cannabis reste de loin la drogue illicite la plus plébiscitée chez les 18-25 ans : 23% des jeunes femmes et 34% des jeunes hommes en consommeraient régulièrement, d’après les derniers chiffres de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT). Aux États-Unis, après le Colorado, l’État de Washington et l’Alaska, l’Oregon va devenir le quatrième État américain à légaliser le cannabis récréatif.

Et pourtant, de plus en plus d’études suggèrent que la consommation de marijuana n’est peut-être pas aussi inoffensive que le croient les adolescents, et parfois leurs parents. D’après les résultats d’une nouvelle étude, les femmes seraient moins susceptibles que les hommes de souffrir de psychose cannabique. Autrement dit, de graves problèmes de concentration, d’hallucinations visuelles ou auditives, de paranoïa ou encore de schizophrénie.

EN SAVOIR + >> Hausse de la consommation de drogues chez les jeunes

Méthodologie : comparer les admissions pour psychose cannabique
Des scientifiques de l’université de New York ont analysé des données issues du fichier de la Sécurité sociale britannique, le National Health Service (NHS), pour connaître le nombre d’admissions pour psychose cannabique dans les hôpitaux en Grande-Bretagne. Objectif : comparer le risque chez les fumeurs de cannabis en fonction du sexe de la personne.

Ce que l’étude a montré : quatre fois plus de risques chez les hommes
Les résultats de l’étude, parus dans la revue Advances in Dual Diagnosis, montrent que les hommes ont quatre fois plus de risques que les femmes de souffrir d’une psychose ou de schizophrénie en fumant régulièrement du cannabis. La raison ? Une barrière défensive contre les effets du cannabis, que formerait l’œstrogène, une hormone naturelle sécrétée par l’ovaire, qui assure la formation, le maintien et le fonctionnement des organes génitaux.

Ce que l’étude va changer : un lien entre les hormones et les effets du cannabis
Le scientifique Ian Hamilton, qui a dirigé l’étude, admet toutefois qu’il est possible que les résultats soient faussés, sachant que les données contenues dans les dossiers d’admission du NHS ne mentionnent pas les facteurs sociaux. En outre, il semblerait que les femmes soient moins nombreuses à consulter pour des problèmes liés à la drogue que les hommes, même en cas de psychose sévère.

Mais ce n’est pas la première fois qu’une étude met en avant le rôle des hormones sur les effets du cannabis. Une étude menée par des chercheurs de l’université d’Aberdeen aux États-Unis avait montré que la consommation régulière de cannabis réduit les niveaux de testostérone des hommes, et a par conséquent un impact négatif sur la fertilité masculine.

À LIRE AUSSI >> La drogue réduit le cerveau des femmes… mais pas des hommes

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Cannabis : les jeunes du sud plus accros que ceux du nord

Plus de 9% des jeunes de 17 ans disent consommer du cannabis au moins 10 fois par mois. Mais ce ratio va du simple au double selon les régions.

Menée régulièrement par l’Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT), l’enquête Escapad, menée sous la forme d’un questionnaire de santé anonyme au cours de la journée Défense et citoyenneté, permet depuis 2000 de décrire les habitudes de consommation des jeunes Français de 17 ans. Elle révélait ainsi en avril que pour la première fois depuis 2003, la consommation de cannabis avait progressé chez les jeunes de l’Hexagone.

Les résultats de mars 2014, qui regroupent les réponses de plus de 23.000 adolescents, viennent d’être déclinés par région dans la revue « Tendances » et démontrent une véritable disparité culturelle entre jeunes du Nord et du Sud.

Selon cette huitième édition de l’étude, 9,2% des jeunes Français de 17 ans déclarent anonymement avoir une consommation de cannabis régulière, c’est-à-dire, selon les critères de l’OFDT, au moins 10 occurrences dans le mois précédant l’enquête. Mais tandis que le Nord-Pas-de-Calais, la Haute-Normandie et la Picardie affichent des niveaux compris entre 6 et 7% des jeunes, les régions PACA, Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées se caractérisent par un usage régulier deux fois plus répandu, (12 à 13%).

– Sur toutes les cartes, la couleur rouge indique une consommation significativement supérieure à la moyenne nationale ; la couleur verte, une consommation significativement inférieure ; le gris, une consommation proche de la moyenne nationale.

– « Usage régulier » signifie ici au moins 10 consommations au cours des 30 derniers jours.

L’Alsace connaît elle aussi un faible niveau (6%), en contraste avec la région voisine de la Franche-Comté, au niveau très élevé (14%). L’OFDT retrouve néanmoins de façon homogène « une hausse globale de près de 3 points entre 2011 et 2014 ».

« Les progressions les plus nettes (6 points de hausse) sont observées dans les régions Pays de la Loire – dont le niveau était pourtant inférieur à la moyenne métropolitaine en 2011 – Franche-Comté et Languedoc-Roussillon », note l’étude. En ce qui concerne la simple expérimentation, 47,8% des jeunes de 17 ans ont goûté au moins une fois au cannabis, contre 41,5% en 2011. En 2003, ils étaient 50,3% à avoir testé cettedrogue.

#Alcool : la jeunesse de l’ouest se distingue

En matière d’alcool aussi, le « bloc du nord » se distingue par une consommation plus faible que la moyenne chez les jeunes de 17 ans (de 8 à 10% en boivent 10 fois par mois). En revanche, c’est ici un bloc de l’ouest (Bretagne, Pays-de-la-Loire, Basse-Normandie) qui se distingue. La consommation régulière atteint 22% chez les jeunes de Pays-de-la-Loire, un record national.

– Au moins 10 consommations d’alcool dans les 30 derniers jours.

On retrouve une hiérarchie sensiblement parallèle concernant ce que l’OFDT appelle les API (alcoolisations ponctuelles importantes), que l’on connait aussi depuis plusieurs années sous le nom de « binge drinking » (au moins 5 verres en une même occasion). Pour que ces API soient dites « répétées », elles doivent être survenues au moins 3 fois au cours des 30 derniers jours. Les jeunes Bretons décrochent la palme des beuveries, avec plus d’un tiers de réponses positives.

– Ici, l’OFDT retient le seuil d’au moins 3 séances de « binge drinking » dans le mois.

#Tabac : consommation plutôt homogène

Le tabagisme quotidien paraît davantage répandu sur la façade ouest, de la Basse-Normandie au Poitou-Charentes ainsi que dans le Sud (Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon et Corse) et en Bourgogne, note l’étude. À l’inverse, seules deux régions (Alsace et Île-de-France) affichent des niveaux de tabagisme significativement inférieurs à la moyenne (respectivement 28 % et 27 %).

La légère progression du tabagisme à l’échelle nationale entre 2011 et 2014 s’observe dans la plupart des régions avec un mouvement orienté globalement à la hausse, même si seules la Bourgogne et les Pays de la Loire voient leur niveau croître de manière significative. Celui des jeunes Bourguignons augmente même de plus de 10 points.

Par ailleurs, 64,7 % des jeunes de 17 ans déclarent avoir déjà expérimenté la chicha (autre nom du narguilé).

#Autres substances illicites : PACA en tête

« Les niveaux régionaux d’expérimentation de substances illicites autres que le cannabis, qui demeurent faibles à 17 ans (compris entre 3 % et 5 %), forment une distribution des usages qui n’offre pas de grille de lecture géographique simple », pointe l’étude.

Comme pour le cannabis, la région PACA affiche des usages au cours de la vie toujours plus élevés pour les quatre produits étudiés : poppers, MDMA/ecstasy, cocaïne et amphétamines. À l’opposé, l’Île-de-France est la seule région dont trois des quatre niveaux d’expérimentation se révèlent inférieurs à ceux mesurés pour l’ensemble du territoire.

Toujours est-il que l’étude confirme l’existence de particularismes régionaux liés à une culture régionale. Elle montre aussi que dans certaines régions, comme le Nord-Pas-de-Calais, les nouvelles générations tentent de s’échapper du modèle de consommation des adultes, note François Beck, de l’OFDT.

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Tout ce que vous ne savez pas sur les drogues synthétiques (et les dangers qu’elles contiennent)

Aux Etats-Unis la consommation de ces stupéfiants connaît un essor important. Divers incidents sans doute dus à leur consommation ont été constatés. Entre désorientation et inconscience, leurs effets sur la santé mentale sont aussi importants que sur le corps.

Atlantico : Les drogues synthétiques font des ravages aux États-Unis. Qu’entend-on par « drogues synthétiques » ? Leur consommation est-elle également en hausse en France ?

Muriel Grégoire : Leur consommation augmente certes, mais reste néanmoins marginale par rapport aux autres drogues (1% environ) plus connues telles que le cannabis, la cocaïne… En France, si elle est en hausse, la situation n’est pas encore comparable à ce qu’elle peut être en Allemagne, en Grande-Bretagne et d’avatange aux Etats-Unis.

Si leur consommation ne cesse de croître, c’est surtout à cause de l’image de produits légaux dont disposent les drogues de synthèse et parce qu’elle sont plus faciles d’accès En effet, trouver un dealer peut être compliqué alors qu’acheter sur internet est simple (elles se vendent uniquement sur internet ou pendant des soirées).

D’autant plus, qu’au vue du nombre de commande sur internet, les autorités sont dans l’impossibilité de tout controler, sans mentionner que leur détection (molécules peu connues et changeantes) est délicate.

Les drogues de synthèse sont créées dans des laboratoires. Si le MDMA en est une, elle est ancienne, aujourd’hui on parle plus des NTS (nouveaux produits de synthèse). Les drogues de synthèse principales – c’est-à-dire les plus vendues, sur des sites Internet le plus souvent illégaux – sont les cannabinoïdes de synthèse (qui se rapprochent du cannabis) qui sont les plus consommés, les plus achetés sur Internet et les cathinones (qui se rapprochent de la plante cant) qui sont les plus dangereuses car encore peu connues et très variées (plus de cent variétés en 2014) et dont les effets sont très puissants et se rapprochent de ceux des amphétamines (ce sont des psychos stimulants).

Ces drogues sont diverses, il y en a des nouvelles fréquemment. Elles étaient légales (legal high) il y a encore peu ce qui peut expliquer leur nombre : dès lors que l’une d’entre-elle devient illégale, la formule change pour qu’elle redevienne légale obligeant les lois à évoluer rapidement. De ce fait, les produits se ressemblent mais leurs effets varient. Ainsi, les usagers tout comme les soignants en découvrent les effets au fur et à mesure.

On les compare souvent aux amphétamines ou à la cocaïne. Les dangers encourus par une consommation occasionnelle ou régulière sont-ils similaires ?

On retrouve deux drogues de synthèse principales :

  • les cannabinoïdes dont les effets sont proches de ceux du cannabis. Ce sont les plus consommés, les plus achetés sur internet. Leur danger est supérieur à celui du cannbis, en les consommant on court des risques d’ordres psychiatriques, psychologiques. Les consommateurs les supportent moins bien, leur impact est plus inattendu et plus long. D’autant plus qu’en les consommant on ne s’attend pas aux problèmes cardiovasculaires qu’ils peuvent entraîner.
  • les cathinones qui sont extrêment dangereuses et dont les effets, plus puissants, se rapprochent de ceux des amphétamines. Leurs impacts se trouvent quelque part entre  ceux des amphétamines et de la cocaïnes :  euphorie, stimulation intellectuelle, hausse du désir sexuel… Ils restent  plus stimulants que leurs semblables et en fonction des molécules qui les composent peuvent être plus ou moins hallucinogènes. Certaines personnes les consommant décompenseront plus rapidement au niveau psychiatrique courant des risques de dépression (envie suicidaire) tout en pouvant être désorientées, en ressentant des crises d’angoisse, un état psychotique aigu… Au niveau physique, il y a les risques de troubles cardiovasculaires, des difficultés à parler, des vomissements, des insomnies… Enfin, le risque d’addiction est plus rapide que pour d’autres produits.

D’autre part il y a 5 ou 7 ans, on savait de quoi elles étaient composées. Aujourd’hui, il n’est pas rare que leur contenu soit inconnu or l’analyse du produit fait partie de la prévention.

Ces drogues sont consommables oralement, on peut les sniffer (ce sont leurs consommations les courantes), se les injecter (bien plus rare et au risque d’addiction plus fort) et les fumer (c’est le cas pour cannabis de synthèse).

Dans quels contextes peut-on y avoir recours ? Peut-on dresser une typologie des consommateurs de drogues synthétiques ?

Il y a trois contextes de consommations principaux :

  • tout d’abord, il y a les personnes qui prennent plaisir à expérimenter mais qui restent peu nombreuses.

  • le contexte festif.

  • Consommer de la drogue va de pair avec le milieu de la nuit. Ici, la consommation reste occasionnelle.

  • le contexte sexuel. Ici, l’usage est plus important et répétitif.

Pour l’instant, les plus gros consommateurs restent les homosexuels aux niveaux sociaux assez élevés. Ils la consomment en particulier dans un cadre sexuel. Attention, ils ne sont pas les seuls à aimer ces nouvelles drogues : dans le milieu festif, jeunes et moins jeunes des classes moyennes ou élevées les consomment également.

Là est toute l’ambiguïté de ces drogues : peu chères elles restent pour le moment préférées des milieux aisés, ce ne sont pas des drogues de rue.

 

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