Tout ce que vous ne savez pas sur les drogues synthétiques (et les dangers qu’elles contiennent)

Aux Etats-Unis la consommation de ces stupéfiants connaît un essor important. Divers incidents sans doute dus à leur consommation ont été constatés. Entre désorientation et inconscience, leurs effets sur la santé mentale sont aussi importants que sur le corps.

Atlantico : Les drogues synthétiques font des ravages aux États-Unis. Qu’entend-on par « drogues synthétiques » ? Leur consommation est-elle également en hausse en France ?

Muriel Grégoire : Leur consommation augmente certes, mais reste néanmoins marginale par rapport aux autres drogues (1% environ) plus connues telles que le cannabis, la cocaïne… En France, si elle est en hausse, la situation n’est pas encore comparable à ce qu’elle peut être en Allemagne, en Grande-Bretagne et d’avatange aux Etats-Unis.

Si leur consommation ne cesse de croître, c’est surtout à cause de l’image de produits légaux dont disposent les drogues de synthèse et parce qu’elle sont plus faciles d’accès En effet, trouver un dealer peut être compliqué alors qu’acheter sur internet est simple (elles se vendent uniquement sur internet ou pendant des soirées).

D’autant plus, qu’au vue du nombre de commande sur internet, les autorités sont dans l’impossibilité de tout controler, sans mentionner que leur détection (molécules peu connues et changeantes) est délicate.

Les drogues de synthèse sont créées dans des laboratoires. Si le MDMA en est une, elle est ancienne, aujourd’hui on parle plus des NTS (nouveaux produits de synthèse). Les drogues de synthèse principales – c’est-à-dire les plus vendues, sur des sites Internet le plus souvent illégaux – sont les cannabinoïdes de synthèse (qui se rapprochent du cannabis) qui sont les plus consommés, les plus achetés sur Internet et les cathinones (qui se rapprochent de la plante cant) qui sont les plus dangereuses car encore peu connues et très variées (plus de cent variétés en 2014) et dont les effets sont très puissants et se rapprochent de ceux des amphétamines (ce sont des psychos stimulants).

Ces drogues sont diverses, il y en a des nouvelles fréquemment. Elles étaient légales (legal high) il y a encore peu ce qui peut expliquer leur nombre : dès lors que l’une d’entre-elle devient illégale, la formule change pour qu’elle redevienne légale obligeant les lois à évoluer rapidement. De ce fait, les produits se ressemblent mais leurs effets varient. Ainsi, les usagers tout comme les soignants en découvrent les effets au fur et à mesure.

On les compare souvent aux amphétamines ou à la cocaïne. Les dangers encourus par une consommation occasionnelle ou régulière sont-ils similaires ?

On retrouve deux drogues de synthèse principales :

  • les cannabinoïdes dont les effets sont proches de ceux du cannabis. Ce sont les plus consommés, les plus achetés sur internet. Leur danger est supérieur à celui du cannbis, en les consommant on court des risques d’ordres psychiatriques, psychologiques. Les consommateurs les supportent moins bien, leur impact est plus inattendu et plus long. D’autant plus qu’en les consommant on ne s’attend pas aux problèmes cardiovasculaires qu’ils peuvent entraîner.
  • les cathinones qui sont extrêment dangereuses et dont les effets, plus puissants, se rapprochent de ceux des amphétamines. Leurs impacts se trouvent quelque part entre  ceux des amphétamines et de la cocaïnes :  euphorie, stimulation intellectuelle, hausse du désir sexuel… Ils restent  plus stimulants que leurs semblables et en fonction des molécules qui les composent peuvent être plus ou moins hallucinogènes. Certaines personnes les consommant décompenseront plus rapidement au niveau psychiatrique courant des risques de dépression (envie suicidaire) tout en pouvant être désorientées, en ressentant des crises d’angoisse, un état psychotique aigu… Au niveau physique, il y a les risques de troubles cardiovasculaires, des difficultés à parler, des vomissements, des insomnies… Enfin, le risque d’addiction est plus rapide que pour d’autres produits.

D’autre part il y a 5 ou 7 ans, on savait de quoi elles étaient composées. Aujourd’hui, il n’est pas rare que leur contenu soit inconnu or l’analyse du produit fait partie de la prévention.

Ces drogues sont consommables oralement, on peut les sniffer (ce sont leurs consommations les courantes), se les injecter (bien plus rare et au risque d’addiction plus fort) et les fumer (c’est le cas pour cannabis de synthèse).

Dans quels contextes peut-on y avoir recours ? Peut-on dresser une typologie des consommateurs de drogues synthétiques ?

Il y a trois contextes de consommations principaux :

  • tout d’abord, il y a les personnes qui prennent plaisir à expérimenter mais qui restent peu nombreuses.

  • le contexte festif.

  • Consommer de la drogue va de pair avec le milieu de la nuit. Ici, la consommation reste occasionnelle.

  • le contexte sexuel. Ici, l’usage est plus important et répétitif.

Pour l’instant, les plus gros consommateurs restent les homosexuels aux niveaux sociaux assez élevés. Ils la consomment en particulier dans un cadre sexuel. Attention, ils ne sont pas les seuls à aimer ces nouvelles drogues : dans le milieu festif, jeunes et moins jeunes des classes moyennes ou élevées les consomment également.

Là est toute l’ambiguïté de ces drogues : peu chères elles restent pour le moment préférées des milieux aisés, ce ne sont pas des drogues de rue.

 

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