Les drogues injectables circulent à Madagascar

L’accoutumance à la consommation de stupéfiants conduit à la dépendance. L’addic­tion signifie aussi drogue mais le mode de prise varie selon les consommateurs.

Culture et mœurs discrètes. Cocaïne, héroïne, marijuana, cannabis, bomba, tige…désignent des noms de drogue. Des jeunes et adultes mâchent, fument et injectent ces produits bruts ou transformés mais en cachette.

Lors de la célébration de la journée mondiale de la lutte contre la consommation de drogue qui s’est déroulée hier au parvis de l’hôtel de ville à Analakely, Madagascar s’est joint aux pays de la planète pour honorer le thème «Le développement de nos vies, de nos communautés, nos identités sans drogue.»
Le colonel Dimby Noelson Hama, secrétaire général de la commission interministérielle de coordination de la lutte contre la drogue, révèle qu’au cours de ce premier semestre, les éléments des forces de l’ordre ont saisi 6 065 kilos de drogue et pas plus tard que mercredi, ils ont confisqué quinze sacs contenant de la drogue aux alentours de Mahamasina. « Le trafic de drogue existe à Madagascar. De plus, notre pays devient un terrain de trafic illicite et transit de l’héroïne et de la cocaïne en provenance de l’Afrique australe avant qu’elles n’atteignent les autres îles de l’océan Indien », renforce-t-il. Il poursuit que la drogue injectable est également une réalité à Madagascar.
Face à ce danger qui détruit la jeunesse et la santé publique, les membres de cette commission cogiteront sur les stratégies à adopter pour appréhender les dealers et les consommateurs.

Surtout que les localités productrices de drogue abondent dans les régions du Nord et du Sud.

Traitement
La drogue modifie le mode de vie d’un individu du point de vue tant psychologique que psychique et l’injectable fait peur. Les utilisateurs ne se rendent pas compte que la seringue qui circule entre eux favorise les risques de contamination du vih/sida. Jusqu’ici, aucune statistique officielle ne justifie ce fait.
Dr Miarintsoa Rasoarim­boahangy du Centre de cure ambulatoire en alcoologie (CCAA) sis à Andra­voahangy indique que des consommateurs de drogue injectable viennent la voir pour un traitement. « Entre une douzaine et quinzaine de patients fréquentent notre centre. Nous leur prodiguons un traitement médicamenteux à raison d’un délai entre quatre voire six mois selon l’évolution de l’état de santé de chaque individu », explique-t-elle. Ce sevrage médical vise à maintenir l’abstinence et une psychothérapie l’accompagne pour soutenir la personne qui suit la cure.

Une thérapie ne donne pas forcément de résultats rapides et il faut s’armer de patience pour ôter toute dépendance chez un consommateur endurci.
Les différents responsables étatiques lancent un appel aux parents, aux enseignants, aux intervenants du secteur privé de veiller sur l’éducation des jeunes pour qu’ils ne se laissent pas influencer par les nouvelles tendances conduisant vers la dépravation des valeurs morales.
Farah Randrianasolo

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