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Débat sur la légalisation du cannabis (LCP)

Débat entre le Professeur Costentin et Mr Gatignon Maire de Sevran  le 5 Mars 2017 sur La Chaîne Parlementaire (visible jusqu’au 29 septembre 2017)

 

La crise des opiacés ravage les Etats-Unis

mediaLes Etats-Unis consomment 80% de la production mondiale d’opiacés. 
Getty  images/E+/Savushkin

Le ministre américain de la Justice, Jeff Sessions, a présenté mercredi 2 août les premières mesures d’un plan de lutte contre la crise des opiacés. Ces dérivés de l’opium, prescrits comme antidouleurs, font des ravages aux Etats-Unis. Douze procureurs sillonneront désormais le pays pour engager des poursuites contre les médecins et les pharmaciens qui prescrivent et distribuent illégalement ces antalgiques. Mais la crise est tellement grave que Donald Trump pourrait déclarer l’état d’urgence sanitaire.

Les chiffres font froid dans le dos, et les responsables américains n’ont de cesse d’utiliser des comparaisons mortifères pour alerter l’opinion publique. Le dernier rapport d’une commission de la Maison Blanche estime ainsi qu’en trois semaines, les overdoses font autant de victimes que les attentats du 11-Septembre. Cela représente 142 décès par jour.

Autre comparaison : on évalue à 60 000 le nombre d’overdoses mortelles en 2016. C’est autant que le nombre de morts des guerres du Vietnam et d’Irak réunies. C’est aussi deux fois plus que le nombre de victimes d’accidents de la route, presque cinq fois plus que le nombre de tués par armes à feu. Le New York Times précise qu’il s’agit d’une augmentation de 19 % par rapport à 2015.

Le problème est propre aux Etats-Unis : le pays consomme 80 % de la production mondiale d’opiacés, et on estime entre deux et trois millions le nombre de citoyens américains dépendants. Le coût total estimé pour la société américaine, en comptant les frais de soins et la perte de compétitivité, serait de presque 80 milliards de dollars.

Des médicaments particulièrement addictifs

 Les opiacés sont des dérivés de l’opium, qui contient de nombreuses molécules aux propriétés narcotiques et antalgiques. La plus célèbre d’entre elles est la morphine, qui, une fois acétylée, permet d’obtenir de l’héroïne.

Les opiacés s’obtiennent par réaction chimique d’autres molécules issues de l’opium comme la thébaïne ou la codéine. En résultent de puissants antidouleurs, bien plus forts que la morphine, et pourtant prescrits à tour des bras par des médecins américains.

Mais les opiacés n’agissent pas que sur les douleurs, elles influent aussi sur les centres du plaisir du cerveau. C’est ainsi que naît la dépendance : pour retrouver le plaisir de la première prise, le patient en prend de plus en plus, car l’effet du médicament s’estompe avec le temps, jusqu’à atteindre l’overdose.

Une explosion de la consommation depuis les années 1980

A partir des années 1980, alors que les médecins américains sont à la recherche de traitements antidouleurs, au même moment l’industrie pharmaceutique met en place un intense lobbying pour vendre ces fameux opiacés. Encouragés par des chercheurs de l’université de Boston, qui publient un article niant le lien entre opiacés et dépendance, les médecins se mettent à prescrire ces stupéfiants. Cette étude, qui s’avère rapidement erronée, est pourtant relayée sans cesse par les laboratoires qui parviennent à franchir un pas dans les années 2000 : les règles de prescriptions sont alors largement assouplies, et la consommation d’opiacés explose.

Si la crise a pris tant d’ampleur, c’est donc avant tout parce que les médecins ont été trompés. Ils agissent souvent par méconnaissance des effets addictifs des opiacés. D’ailleurs, bon nombre d’entre eux ne connaissent pas de traitement alternatif face aux douleurs.

Le réveil des pouvoirs publics

Les pouvoirs publics commencent seulement à saisir l’ampleur du problème.

La poursuite des médecins et des pharmaciens qui distribuent illégalement les opiacés est un premier pas, mais ce n’est pas du tout suffisant. Une commission de lutte contre la dépendance aux drogues, créée par Donald Trump, a rendu lundi 31 juillet son premier rapport : elle estime que le président doit déclarer l’état d’urgence sanitaire dans le pays. Un moyen de débloquer des fonds supplémentaires pour traiter la crise.

En 2016 pourtant, Barack Obama avait déjà tenté d’engager la lutte : il avait invité les médecins à réduire leurs prescriptions qui concernaient à l’époque un tiers des Américains. Une mesure qui n’a pas eu l’effet escompté : beaucoup de patients, devenus dépendants, se sont alors tournés vers l’héroïne pour assouvir leur addiction. D’autant qu’un sachet de cette drogue ne dépasse pas les 10 dollars aux Etats-Unis. Beaucoup de jeunes Américains sont d’ailleurs devenus héroïnomanes au cours des trois dernières décennies en commençant par voler des opiacés dans les pharmacies de leurs parents ou grands-parents, jusqu’à devenir accros et préférer l’héroïne achetée dans la rue.

Aux Etats-Unis, le débat fait rage sur les solutions possibles à cette crise. Les plus radicaux sont partisans de laisser mourir ceux qui ont basculé dans la drogue. La grande majorité dirige sa colère contre les producteurs d’opiacés considérés comme responsables de la crise. Des procureurs généraux dans plusieurs Etats, les plus touchés, ont même déjà commencé à poursuivre certains laboratoires. Mais ceux-ci se défendent en rappelant que la fin des opiacés entraînerait une explosion de la consommation d’héroïne.

COMMENT L’ARGENT DE LA DROGUE SOUTIENT LE SECTEUR BANCAIRE

Chacun connaît les méfaits de la drogue, mais sa dimension économique, sa fantastique capacité à faire de l’argent est rarement étudiée en tant que telle.

Ce travail est nécessaire, d’autant que cette économie criminelle profite au secteur bancaire, qui n’ose bien sûr l’avouer.

Cet argent a même contribué à sauver plusieurs banques lors de la crise de 2008.

« Lettre Stratégie & Conseil » lève le voile sur un aspect bien sombre de la planète financière.

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Les 10 euros du paquet de cigarettes endigueront-ils le tabagisme français ? (France Inter)

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Invités :

  • Alors que la hausse des prix du tabac est souvent accusée d’être une mesure hypocrite, le #telsonne accueille médecins et buralistes pour des questions quant à sa vraie utilité.

Ce fut un des moments importants du discours de politique générale d’Edouard Philippe devant l’Assemblée le 4 juillet : justifiant cette décision par la nécessité de suivre des voies courageuses, il s’est engagé à ce que le prix du paquet de cigarettes soit progressivement porté à 10 euros. Dans le même temps, il a dénoncé les trafics qui minent cette politique et en font peser le poids sur les épaules des plus faibles. Cette hausse correspond à une augmentation de 40% du prix de tabac, et la taille de la marche a vocation à signifier la sévérité des volontés gouvernementales. Cette mesure est-elle nécessaire ? Suffisante ?

Le tabagisme est un problème de santé publique dont la France est une des plus vulnérables victimes. En proportion, les Français fument plus que la grande majorité de leurs voisins, et persistent à le faire : la consommation française reste stable quand partout ailleurs elle est en baisse douce. Plus de 80 000 décès par an, 27% de fumeurs et une politique de prévention et d’accompagnement inefficace sur le long terme : toute la communauté médicale s’accorde sur la gravité de ce constat, et accueille donc la hausse du prix du paquet avec espoir. Dans quelle mesure la hausse des prix permettra-t-elle une baisse du tabagisme français ? Qu’en sera-t-il pour les jeunes et les défavorisés ?

Vigoureusement opposés à la hausse des prix, les buralistes français mènent de nombreuses actions pour se faire entendre. Le 21 juillet, ils avaient bâché 432 radars automatiques dans l’idée de se venger de la perte de revenu à laquelle l’Etat les condamnerait. Plus généralement, ils s’organisent dans la retransmission des arguments de l’industrie du tabac. Ces derniers sont nombreux : la hausse du prix ne fera que détourner les fumeurs vers des trafics qui continueront d’être alimentés, elle fera perdre de l’argent à l’Etat comme aux buralistes, elle n’entraînera pas de baisse générale de la consommation de tabac… La mesure du gouvernement sera-t-elle l’échec annoncé par les buralistes ? Cette profession ne devrait-elle pas chercher à se reconvertir ? Comment protéger les commerces français du trafic de tabac et des prix bas européens ? 

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Merci Aline

« Nous allons interpeller les députés sur la légalisation du cannabis »

 

Elisa Martin, la Première adjointe en charge de la tranquillité publique à la Ville de Grenoble, est sortie de son silence concernant la sécurité et le trafic de drogue qui “gangrène” la ville, pour reprendre les propos de Jean-Yves Coquillat, procureur de la république (édition du 26 juillet), lui-même réagissant au désarroi des habitants des deux tours du quartier Jouhaux (édition du 25 juillet) qui n’en peuvent plus de vivre au milieu d’une poignée de dealers qui dictent leur loi.

« Le poids des stupéfiants dans la ville nous préoccupe autant qu’il préoccupe les habitants, commence l’élue. Il ne s’agit pas d’un fait grenoblois mais bien d’un phénomène national et même international. Nous trouvons évidemment écho aux propos du procureur mais il s’agit d’avoir un regard lucide sur Grenoble qui est une place du grand banditisme depuis un certain temps maintenant. Dans son ouvrage “Mafias” (Fayard), le juge d’instruction Gilbert Thiel consacre un chapitre entier sur Grenoble…

Nous sommes confrontés à des groupes mafieux à la fois organisés et violents qui n’hésitent pas à happer les adolescents du quartier pour en faire des “guetteurs”. A notre niveau, nous faisons notre part, nous coopérons avec les services de police tout en ayant une politique éducative continue.

Nous n’avons pas hésité à ouvrir des accueils loisirs en direction des ados au cœur des quartiers chauds que ce soit Mistral, Lys Rouge ou Très-Cloîtres parce que nous pensons qu’il faut continuer à garder un échange avec les populations. Le cadre législatif ne fonctionne pas, l’interdiction suscite du désordre. Nous allons donc interpeller les députés pour une réponse législative et poser la question de la légalisation du cannabis.

A partir du mois d’octobre, nous allons lancer une campagne de communication pour sensibiliser les consommateurs de cannabis afin de leur rappeler que lorsqu’ils viennent acheter leur drogue, ils soutiennent un système de terreur et de mise en danger des plus jeunes. Ils n’en ont peut-être pas conscience une fois chez eux, assis confortablement sur le canapé à fumer. Le problème est à la fois d’ordre public mais aussi de santé publique ».

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L’exposition prénatale à l’alcool favorise le risque d’addiction

La connaissance des effets de la consommation d’alcool au cours d’une grossesse ne date pas d’hier. En effet, déjà dans la Bible, on pouvait lire « tu vas concevoir et porter un fils : maintenant ne bois pas de vin ou de boissons fortes ». Et, l’un des nombreux dangers associés à l’exposition alcoolique prénatale est un risque accru d’addiction.

Effets de l'alcool prénatal sur le futur enfant

Grossesse et alcool ne font pas bon ménage

Les Français, mauvais élèves

En France, la notion de dangers lors de la consommation de boissons alcoolisées pendant une grossesse reste floue. Ainsi, une enquête de l’Inpes en 2015 laisse transparaître le manque de connaissances des Français concernant les risques d’une alcoolisation prénatale. Seulement 25% des personnes interrogés affirmaient que toute consommation d’alcool pendant la grossesse comporte un risque pour le futur enfant. Cependant, la majorité des participants avaient conscience que le risque pour l’enfant existe pour une alcoolisation excessive. Près de 37 % affirmaient que le danger est présent uniquement dans les cas où la consommation quotidienne.

Finalement, le message important est que les connaissances scientifiques actuelles ne permettant pas de déterminer une quantité d’alcool sans risque pour l’enfant. Ainsi, par principe de précaution, l’abstention est de mise. Il est conseillé aux femmes enceintes de ne pas consommer d’alcool tout au long de la grossesse.

Les dangers encourus par l’enfant

Les effets causés par l’alcoolisation fœtale sont nombreux, très divers et certainement sous-diagnostiqués. Ces troubles vont de la forme la plus classique, mais aussi la plus grave appelée « le Syndrome d’Alcoolisation Fœtale » (SAF) à des formes incomplètes se manifestant par des difficultés d’apprentissage avec ou sans problème d’adaptation sociale.

Le SAF comprend :

  1. Une dysmorphie faciale (une distance raccourcie entre le coin interne et le coin externe de l’œil, amincissement de la lèvre supérieure et un sillon naso-labial allongé et lisse) ;
  2. Un retard de croissance ;
  3. Des troubles du développement neurologique se manifestant parfois par un retard mental, et le plus souvent par des difficultés d’apprentissage et des troubles sensoriels, du langage, du comportement, de l’insertion sociale, d’adaptation, etc.

Cependant, la forme la plus fréquente se traduit par des troubles neuro développementaux, un échec scolaire, de la délinquance et la consommation de produits dangereux.

Consommation prénatale d’alcool et addiction : le lien dévoilé

L’une des conséquences observables d’une exposition prénatale à l’alcool est le risque accru de développer une addiction dans le restant de la vie. Des chercheurs américains se sont attachés à découvrir la raison de ce lien entre alcool et addiction.

Avant toute chose, il convient de revenir rapidement sur les mécanismes cérébraux mis en jeu dans une addiction. Tout se déroule au niveau du « circuit de la récompense » qui va être sur-stimulé par les drogues. Le circuit de la récompense est un groupement de neurones dans le cerveau responsable des sensations de plaisir. Et, le messager chimique entre les divers neurones le constituant est la dopamine. Les drogues vont augmenter la quantité de ce messager (ou plus scientifiquement neurotransmetteur) au niveau du circuit de la récompense créant ainsi une sensation de plaisir intense que la personne va donc naturellement chercher à retrouver par la suite.

Le chercheur Roh-Yu Shen, soutenu par le NIH (National Institute of health) et le NIAAA (National Institute on Alcohol Abuse and Alcoholism) a réussi à répondre à la question : pourquoi l’exposition prénatale à l’alcool augmente-t-elle la probabilité de développer une addiction par la suite ?

La clé du mystère semble liée aux endocannabinoïdes, des substances chimiques produites par le cerveau. Les endocannabinoïdes jouent un rôle important au niveau d’une zone particulière du cerveau (Aire tegmentale ventrale, ATV) où ils vont affaiblir les neurones à dopamine dits « excitateurs » du circuit de la récompense.

Lorsque le cerveau du fœtus a été exposé à l’alcool, les endocannabinoïdes ont un effet réduit (par rapport à un cerveau qui n’a pas été exposé) sur les neurones à dopamine impliqués dans les comportements d’addiction. La conséquence de cette modification est que les neurones à dopamine présents dans le cerveau deviennent plus sensibles aux effets de la drogue. En effet, ces derniers perdent l’habitude d’être affaiblis et vont au contraire se renforcer. Cette plus grande sensibilité, implique une quantité moindre de substance pour développer une dépendance.

Les scientifiques précisent que comprendre le rôle que les endocannabinoïdes jouent dans l’augmentation de la sensibilité du cerveau aux addictions, c’est être capable de développer de nouvelles thérapies pour lutter contre leurs effets. On peut ainsi espérer, voir arriver très prochainement de nouvelles armes pour lutter contre les addictions.

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Un court-métrage poignant et éducatif : Addiction

Loin des clichés liés à l’addiction, l’association Cellofan’ a dévoilé, il y a quelques jours à la Maison des adolescents, un court-métrage poignant et éducatif intitulé Addiction. Une manière pour l’association de parler de l’addiction autrement et surtout sans porter de jugement

ADDICTION from Cellofan’ on Vimeo.

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Santé: le mélange cannabis et café serait MORTEL !

1000 effet cannabis et café

Une récente étude s’est intéressée au mélange entre cannabis et café. Les résultats ne sont pas encourageants pour les consommateurs.

LE CANNABIS ET LE CAFÉ SE COMPLÈTENT L’UN L’AUTRE

L’étude en question s’est intéressée aux différents composants du cannabis et du café. À savoir le combo entre THC, substance présente dans la dopamine relâchée par le cannabis, et le café. Ou n’importe quel autre excitant d’ailleurs. Mais vous vous en doutez, le mélange n’est pas forcément agréable pour le corps ou l’esprit.

En effet, consommer du cannabis en buvant du café accentue les effets de la drogue. Mais le magasine newsweed qui a repris l’info, l’analyse ainsi : « D’une part, de petites doses de caféine semblent renforcer les effets du THC. D’autre part, une trop forte dose de caféine augmente la consommation de cannabis et en diminue l’effet, ce qui peut provoquer une dépendance au THC, à la caféine ou aux deux combinés. »

DES TESTS ONT ÉTÉ FAIT SUR DES SINGES ACCROCS AU CANNABIS

Les scientifiques à l’origine de cette étude ont expérimentés leurs résultats sur un groupe de singe. Déjà, niveau morale éthique, c’est pas top. Ils leur ont administré de la MSX-3, substance proche de la caféine, ainsi que du THC. Ils ont remarqué que plus la dose de caféine augmentait, plus le THC disparaissait lentement du corps des singes.

En d’autres termes, l’effet du cannabis est très fortement augmenté en fonction de la dose de café ingurgitée. Cela peut ainsi mener à une dépendance croissante, voir des troubles psychologiques graves. Certains entraînant une mort cérébrale.

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Le mot du jour Chemsex

PAR ORLANE DURIMEL

ACTUALITÉ
Cette pratique sexuelle qui implique la prise de drogues dures se répand partout en Europe, notamment au sein de la communauté homosexuelle. Elle inquiète les médecins et associations qui en voient les effets dévastateurs.

Pourquoi on en parle ?

Le terme de chemsex a été évoqué à plusieurs reprises lors de la Neuvième Conférence Scientifique sur le VIH qui s’est déroulé du 23 au 26 juillet à Paris. En effet, les spécialistes du sida pointent du doigt ce nouveau jeu sexuel qui participe à une propagation du VIH.

Le chemsex, qu’est-ce que c’est ?

Contraction de « chemicals » (drogues chimiques en anglais) et de sexe, le chemsex est une pratique qui consiste à avoir des rapports sexuels tout en étant sous psychotropes, c’est-à-dire des produits ayant un effet sur l’activité cérébrale au niveau du système nerveux. L’alcool, le tabac, la caféine ou encore le cannabis sont par exemple de psychotropes naturels.

Seulement, les usagers du chemsex ne sont pas des adeptes des produits naturels. Ils préfèrent les produits de synthèses aux effets bien plus puissants. La pratique amuse et stimule les plaisirs mais entraîne une baisse de vigilance chez les deux partenaires.

Une fois la drogue injectée dans le sang les usagers deviennent vite accro même si la consommation est occasionnelle(Photo : Pixnio)

La pratique du chemsex, apparue au Royaume-Uni à la fin des années 2000, est très courante au sein de la communauté homosexuelle. « Les usagers n’utilisent plus de préservatifs et se partagent même les aiguilles pour s’injecter de la drogue, affirme Vincent Leclercq, membre de la plateforme téléphonique de l’association AIDES et de la Coalition Internationale Sida. C’est devenu une pratique à risque qui expose de plus en plus aux MST et au VIH. »

De la vente à bas prix sur internet

Depuis quelques années, l’émergence d’un nouveau marché est apparue, de nouvelles catégories de produits sont accessibles et vendus très facilement et à bon prix. « Ils prennent de la 3MMC ou de la 4MEC, des drogues dures avec un très fort potentiel addictif », selon Vincent Leclercq. Souvent mélangés à d’autres drogues avant d’être consommées, ces produits de synthèses sont très dévastateurs et se vendent à seulement 10 € le gramme quand la cocaïne se trouve à 60 ou 80 € le gramme.

Les drogues se trouvent facilement sur internet et il est possible de se faire livrer à domicile. Le marché est entretenu par le site de rencontre gay « Grindr », où les adeptes de chemsex sont nombreux.

Une addiction rapide

La pratique qui se répand inquiète les professionnels de la santé. « Les quantités absorbées sont très importantes, l’effet de la drogue est beaucoup plus direct et en plus, le potentiel additif est multiplié », s’inquiète un membre de Fédération Addiction. Nous n’avons pas de remède miracle hormis les cures de désintoxication, et les séances de psychologues. »

Selon un rapport de l’Onu cette semaine, le sida a tué 1 million de personnes dans le monde en 2016. (Photo : Photobanque gratuite)

 

Pour l’instant, il est « impossible d’établir des statistiques sur le nombre de personnes concernées, ni sur les drogues consommées », ajoute-t-il. Mais l’augmentation du nombre de « chemsexeurs » se vérifie sur le terrain. Vincent Leclercq estime ainsi qu’une vingtaine d’appels par jour au dispositif d’écoute de AIDES concerne le chemsex. « Ils sont en détresse face à leur consommation de produits, trois semaines suffisent pour devenir accro. »

Les victimes du chemsex « décrochent très rapidement », ajoute-t-il. Ils perdent leurs emplois, n’ont plus de vie sociale, font des overdoses, des comas et parfois même succombent en plein acte sexuel. Le manque de vigilance les expose en plus au risque de la contamination par le virus du sida.

C’est pourquoi le sujet a été abordé à la Conférence Scientifique sur le VIH. Selon un rapport de l’Onu cette semaine, le sida a tué 1 million de personnes dans le monde en 2016. En seulement un an, 1,8 million de nouveaux cas a été répertorié, soit une nouvelle contamination toutes les 17 secondes environ.

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