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Les jeunes et le cannabis ( Europe 1 le 27/01/2016)

Le cannabis, trois fois plus fort qu’il y a 20 ans

La faculté de Pharmacie de l’Université du Mississipi publie dans Biological Psychiatry les résultats des analyses de plus de 38 000 échantillons de cannabis saisis entre 1995 et 2014 par la DEA (Drug Enforcement Administration), l’agence fédérale américaine en charge de la lutte contre la drogue.cannabis

 

La majorité des échantillons correspondait à des saisies de cannabis (marijuana ou sinsemilla, 37 606 échantillons au total), le reste étant constitué de hashish (814) ou d’huile de hashish (261). La donnée majeure apportée par cette étude est la constante augmentation de la teneur en Δ9-tetrahydrocannabinol (Δ9-THC), passant de 4 % en 1995 à 12 % en 2014. La proportion des échantillons contenant plus de 12 % de Δ9-THC est passée de 0,64 % en 1995 à 41,22 % en 2014. Présent parmi d’autres cannabinoïdes, le Δ9-THC est considéré comme le principal responsable des effets psychotropes du produit.

La principale cause de cette augmentation provient de la proportion grandissante de sinsemilla dans les saisies de cannabis. Très rare dans les années 2000, la sinsemilla est aujourd’hui majoritaire. On appelle sinsemilla le plant femelle de cannabis qui n’a pas été pollinisé, contenant en moyenne 13,44 % de Δ9-THC pour les échantillons saisis.

Le cannabidiol est un autre composé cannabinoïde, qui pourrait avoir un intérêt pharmacologique, en particulier pour ses effets anti-épileptiques. La part de cannabidiol contenu dans les échantillons a grandement diminué durant les 20 dernières années, passant de 0,5 % à moins de 0,2 %.

Le haschich reste nettement plus concentré en Δ9-THC que le cannabis, avec une teneur de 21,78 % en moyenne sur les 20 dernières années.

Le risque de schizophrénie est associé à la teneur en Δ9-THC

Dans ce marché hautement compétitif, la recherche d’une teneur en Δ9-THC toujours plus forte est un argument de vente qui séduit toujours plus de consommateurs. Le Δ9-THC est directement associé au potentiel addictif du produit, mais est surtout responsable des effets néfastes du cannabis sur le développement cérébral à l’adolescence. Le risque accru de « transition » vers la schizophrénie est directement lié à la concentration en Δ9-THC. La France n’est bien entendu pas épargnée par cette évolution de la consommation. Selon l’OFDT (Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies), le taux de THC retrouvé dans le cannabis est en moyenne de 13 % en 2013 (contre 10 % en 2012 !).

Dr Alexandre Haroche 

Références

ElSohly MA et coll. : Changes in cannabis potency over the last two decades (1995-2014) – Analysis of current data in the united states. Biological Psychiatry 2016; publication avancée en ligne le 19janvier.

Source JIM 25 01 2016

Editorial : Le dramatique accident de Rennes

Le CNPERT a appris avec stupeur et émotion le décès et les accidents graves survenus lors de l’étude de Phase I d’une nouvelle molécule à visée thérapeutique. Elle présente ses sentiments de compassion à tous ceux qui ont à souffrir des conséquences de cette étude, volontaires et leurs proches. Ce drame nous surprend tous.

Ces accidents n’ont pas d’équivalent connu. Des millions d’études de phase 1 ont eu lieu et se déroulent dans le monde sans accident.  Aussi ce drame interroge t-il tous ceux qui proposent, valident et réalisent des essais cliniques.  Ceux-ci sont étroitement codifiés et réglementés, pratiqués après de multiples études et contrôles analytiques, précliniques (chez l‘animal), éthiques. Ils sont ensuite validés (ou non)  par les autorités administratives et réglementaires, avec  des équipes multidisciplinaires qui, jusqu’à aujourd’hui, ont permis de sélectionner les candidats « médicament » en toute sécurité.

Le drame de Rennes interpelle donc les acteurs de la santé. Que s’est-il passé avec cette nouvelle molécule ? Pour l’instant nous ne savons que peu de choses, pas même sa formule. On observe que c’est la dose la plus élevée, en administration répétée (3 jours) qui a provoqué l’effet indésirable grave, un œdème cérébral. Il s’agirait a priori d’un effet dose-dépendant. Se posent alors les questions suivantes. Les protocoles successifs, analytiques, expérimentaux, pré-cliniques ont–ils été suffisants et validés ? Si oui comme c’est probable, ont-ils été correctement suivis ? A-t-on tenu compte des résultats des études antérieures chez l’homme ?

Les enquêtes diligentées actuellement nous le diront.

Si ce n’est pas le cas, s’agit-il alors d’un effet toxique nouveau de la molécule non décelé dans les études préalables, soit direct de la molécule elle-même, soit d’un de ces métabolites? L’effet toxique résulte t-il du  mécanisme d’action (recherché) du candidat-médicament, à savoir la potentialisation des effets d’un cannabinoïde endogène, ce qui était attendu  et alors un effet de classe, ou est-il spécifique de cette molécule et non de la classe à laquelle il appartient ?

Par ailleurs, on doit aussi s’interroger sur les caractéristiques des volontaires sélectionnés pour cette étude : certains des sujets atteints présenteraient-ils une susceptibilité particulière (facteurs de risque) vis-à-vis de ce traitement ? C’est peu probable mais à analyser. Tous ces éléments, et d’autres encore (en particulier quels sont les éléments de sécurité apportés par les études d’analogie structurale et par les investigations pré-cliniques et cliniques antérieures) sont à renseigner pour comprendre ce qui s’est passé.

Quoiqu’il en soit, ce drame ne remet pas en cause les procédures des essais de phase 1 mais exigent une étude approfondie. Nous vous informerons de ces résultats et conclusions.

 

Témoignage

Très cher Professeur

Je suis aidante  de mon compagnon lésé cérébral après une double rupture d’anévrisme due au tabac et au cannabis, (consommation très élevée depuis plus de trente années) son addiction persiste et il présente des troubles du comportement et de l’humeur qui nous rendent la vie très difficile,

Depuis, j’ai subi moi-même une décompensation, faite d’épuisement et de fatigue chronique, due au stress de cette situation quotidienne et à l’angoisse de la récidive de l’accident vasculaire.

Oui, le cannabis est puissamment addictif, malgré les discours qui occupent le devant des médias. Oui il est délétère. Nous avons autour de nous des gens, dans la cinquantaine, consommateurs depuis leur jeunesse,  qui développent des troubles de l’humeur, une paranoïa, qui ont perdu une partie de leur lucidité, quoiqu’ils jurent le contraire, mais eux, sans accident vasculaire cérébral.

Alors, entendre aujourd’hui le discours du Pr Dautzenberg (qui prône également des joints purs, donc encore plus d’action sur une journée!!!) me fait vivement réagir. Cela me parait d’une inconscience totale de la part de cette personne, pourtant respectable par ailleurs. C’est ce qui me fait peur, car sa respectabilité risque de donner du poids aux partisans de cette folie que serait la légalisation.

Voyons ce qui se passe dans les Etats des Etats Unis concernés par cette légalisation. J’y ai vécu, il y a longtemps, et enseigné quelques temps. La consommation des jeunes est exponentielle et le trafic souterrain florissant, car les vendeurs proposent des produits moins chers et avec un taux de THC encore plus élevé ; les plus jeunes sont leurs premiers clients.

Ceci est bien expliqué dans le reportage de la série « Enquête Exclusive » diffusé le 26/ 09/2015 sur TV9 et disponible en cliquant ici : « Légalisation du cannabis, l’incroyable révolution américaine« .

A La Pitié Salpêtrière où officie le Pr Dautzenberg, un bulletin qu’on  pouvait y lire en septembre, en salle d’attente, contenait un article d’un de leur médecin qui demandait la légalisation du cannabis.  Quoi de plus crédible pour un malade de cette drogue, qui voit sa conviction de l’innocuité de cette drogue confortée par de tels écrits. Merci à eux!

Le président de «  Handicap Invisible », le Dr Olivier Serfati, médecin généraliste à Paris, prône, lui aussi la légalisation sur le site internet de son association.

Ceux qui sont sensés aider mon compagnon à aller mieux l’enfoncent encore plus, c’est un cauchemar bien réel, au secours!

De grâce, c’est un appel au secours, faites entendre votre voix et celle de vos collègues thérapeutes éclairés dans les médias, c’est une guerre qu’il nous faut gagner pour nos jeunes, c’est un devoir qui nous échoit.

Je vous souhaite une très bonne année, une très bonne santé et beaucoup de joie et de paix.

Bien à vous,

A.B

Alcool, tabac et cannabis en 2014, durant les « années collège »

logo OFDTEn 2012, l’OFDT publiait pour la première fois, grâce à l’enquête européenne HBSC 2010, un état des lieux des niveaux de consommation d’alcool, de tabac et de cannabis parmi les collégiens français. En 2014, un nouvel exercice de l’enquête a permis d’actualiser ces données et d’examiner leur évolution, tout en abordant pour la première fois les usages de la cigarette électronique (e-cigarette) et de la chicha.

Présentés dans le n° 106 de Tendances, les résultats du volet drogues de l’enquête en France permettent d’établir quelques grands constats :

– Première substance psychoactive expérimentée par les collégiens, l’alcool fait cependant l’objet  d’un moindre engouement (expérimentations et usages récents d’alcool en nette baisse en 2014, premières ivresses plus tardives et moins fréquentes qu’en 2010)

– Le tabac, dont l’expérimentation au collège reste largement moins répandue que celle de l’alcool, est la substance la moins sexuellement différenciée même si, dorénavant, les filles présentent une expérimentation inférieure à celle des garçons et un tabagisme quotidien moins précoce qu’en 2010.

– L’expérimentation de cannabis est restée stable par rapport à 2010. Si elle demeure très rare parmi les plus jeunes (11-13 ans), elle progresse, néanmoins, toujours aussi fortement au fil du collège pour concerner près d’un élève de 3e sur quatre en 2014.

Les niveaux d’expérimentation de la chicha révèlent quant à eux une popularité importante de ce mode d’usage. Enfin, l’usage de la e-cigarette se concentre, tout comme en population adulte, principalement chez les fumeurs de cigarettes.

Auteurs : Stanislas Spilka, Virginie Ehlinger, Olivier Le Nézet, Dibia Pacoricona, Marcus Ngantcha Emmanuelle Godeau

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Source

Le cannabis de synthèse au top des saisies

LUXEMBOURG – L’année dernière, l’administration des Douanes et Accises a saisi plus de 27 kilos de drogue, dont une moitié de cannabis synthétique.

storybildLes quantités saisies de tel ou tel produit varient énormément d’une année à l’autre, en fonction des enquêtes des douanes. (photo: Police grand-ducale)

14 kilos de cannabis de synthèse ont été interceptés par l’administration des Douanes et Accises l’année dernière, selon le rapport obtenu par L’essentiel. Ceci représente plus de la moitié de la quantité totale de drogues saisie dans le pays (27,2 kilos). S’il demeure compliqué de dégager des tendances de ces résultats, cette donnée interpelle car «elle n’est pas le fruit d’une seule et unique saisie. Ce phénomène a déjà été observé en 2014», commente Paul Felten, qui est inspecteur principal aux douanes et accises.

Outre ce produit, les agents des douanes ont mis la main sur 4,2 kilos de marijuana, 3,3 kilos d’héroïne, 204 pilules d’ecstasy ou encore 4,8 kilos de produits pour couper la marchandise. Les quantités de cocaïne (417 grammes) et de haschich saisies (185 grammes) sont moins importantes. 206 personnes ont été interceptées et 51 000 euros confisqués. La majorité des saisies se font sur les routes, «mais pas forcément les plus grandes», nuance Paul Felten.

«La route nord-sud, des Pays-Bas vers la France, est empruntée par les consommateurs. Les grandes quantités transitent depuis le Maroc ou encore l’Afghanistan». Pour l’anecdote, les Douanes et Accises ont aussi réalisé leur saisie record de cigarettes contrefaites en 2015: 12,5 tonnes dans un semi-remorque!

(Thomas Holzer/L’essentiel) Source

Montereau : du théâtre interactif pour prévenir des dangers de la drogue

Sophie Bordier | 19 Janv. 2016, 17h08 | MAJ : 19 Janv. 2016, 17h08

Montereau, ce lundi. France-Lise, jeune femme suivie par la Mission locale, improvise avec l’acteur pour le convaincre de ne plus toucher à l’héroïne.
Montereau, ce lundi.
France-Lise, jeune femme suivie par la Mission locale, improvise avec l’acteur pour le convaincre de ne plus toucher à l’héroïne.(LP/Sophie Bordier)

C’est l’histoire d’une descente aux enfers, celle de Julien, un jeune qui consomme des joints de cannabis, puis passe à l’ecstasy… jusqu’à l’héroïne. Une addiction qui l’envoie six mois en prison pour vol (pour se payer sa came) et se termine par l’overdose et la mort.

Lundi, à la Mission locale de Montereau, trente-cinq jeunes, âgés de 16 à 25 ans, ont pu suivre cette pièce de théâtre interprétée par la Compagnie du Chaos. Tout est évoqué : l’influence des copains dans le passage à l’acte, l’ambiguïté entre l’envie d’aventure et les limites du corps et du psychisme, la liberté que l’on croit avoir alors qu’on ignore la dépendance à venir et même souvent les composants des produits consommés…

Les jeunes de la Mission locale sur scèneSelon Elise Roth, de la Compagnie du Chaos, « l’ecstasy est parfois coupée à la lessive ou l’aspirine et présente le risque de déshydratation, d’arrêt cardiaque, de rester perché à vie… » Dans ce théâtre interactif, les jeunes présents ont pu improviser sur scène pour donner leur vision des choses. Ainsi, France-Lise admet mal que le personnage de Julien replonge dès que son dealeur lui laisse une dose « pour un dernier trip d’enfer » alors qu’il a dit vouloir aller au centre de désintoxication. Avec ses mots, elle donne la réplique à l’acteur : « Tu arrêtes une fois, deux fois, trois fois… Si tu as vraiment la volonté, tu arrêteras. Mais là, tu te fous de ma gueule ! » Rires et applaudissements. A la fin, le public repart satisfait. « Cela raconte ce qui se peut se passer si on y touche », commente Cidji, 18 ans. Pour Willem, 21 ans, « C’est du concret pour montrer la dangerosité dans le temps… »

Match Cannabis contre Tabac : 2 à 1   une erreur d’arbitrage du professeur Dautzenberg.

Professeur Jean Costentin, président du CNPERT.*

Nous étions, au Centre National de Prévention, d’Etudes et de Recherches sur les Toxicomanies (CNPERT), jusqu’à ces jours derniers, en total accord avec l’action développée contre le tabagisme par le professeur Dautzenberg. Comme lui, nous savons les drames que collectionne le tabac, avec ses 78.000 morts annuelles en France et les très fréquentes atteintes à la qualité de vie de ceux qui n’en meurent pas,  victimes  d’artérites, d’angor, de séquelles d’infarctus du myocarde, d’accidents vasculaires cérébraux, les perturbations de la grossesse et leurs conséquences pour l’enfant qui en naitra… L’étendue de ce désastre tabagique est évidemment en relation avec la licéité de cette drogue, qui recrute 13 millions de fumeurs !

Les jeunes débutent de plus en plus tôt leur consommation de tabac et, quand l’addiction est installée, une proportion notable d’entre eux y adjoignent la résine de cannabis. A la toxicité du tabac s’ajoute alors celle du cannabis. Nombre de leurs méfaits physiques, qui sont de même nature, s’additionnent voire même se potentialisent. La résine du cannabis, présente sur la plante (« herbe », « beuh », « marijuana ») ou ajoutée au tabac (« haschich », « shit ») accroit de 200°C la température de combustion de l’élément végétal (tabac ou chanvre indien),  poussant plus loin la décomposition thermique du végétal (sa pyrolyse), engendrant 7 fois plus de goudrons cancérigènes que la combustion du seul tabac, et davantage d’oxyde de carbone (CO).  Mr. Dautzenberg  sait cela, mais il n’en tient pas compte quand, pour réduire la consommation du tabac, il envisage de la transférer sur celle du cannabis. Ces jeunes gens, mais aussi des sujets plus âgés, ne sont pas dans le  choix entre tabac ou cannabis, mais dans l’association tabac et cannabis ; soit qu’ils les consomment simultanément (« joints ») ou bien alternativement (la succession de cigarettes du seul tabac étant ponctuée de quelques « pétards »).

La culture pneumologique du Pr. Dautzenberg parait cloisonnée. Il semble en effet ignorer les méfaits cérébraux / psychiques / psychiatriques, multiples et graves, du cannabis. Certains effets du THC (tétrahydrocannabinol) sont à l’opposé de ceux de la nicotine.  Si ce n’était l’épouvantable toxicité somatique du tabac (que partage le cannabis), les effets centraux de sa nicotine sont globalement positifs : accroissement de l’éveil, de l’attention, stimulant / psychoanaleptique,  à un certain degré anxiolytique, tirant l’humeur vers des étiages plus élevés (pour ne pas dire antidépresseur). Rien de tel, tant s’en faut, avec le THC ; en particulier pour les jeunes cerveaux : la perturbation de la maturation neuronale  peut induire, décompenser ou aggraver la schizophrénie. L’ivresse, la désinhibition, la perturbation de l’équilibre et de la coordination des mouvements, font mauvais ménage avec la conduite des véhicules à moteur et certaines activités professionnelles ; au moins 300 mort par an sont imputés sur la route à ce seul cannabis, tandis que l’association cannabis-alcool multiplie par 15 le risque d’accident mortel ; en deçà de ces morts, que de blessés, que d’handicapés à vie ! Les effets déplorables du THC sur l’attention, l’éveil, la mémoire à court terme (sans laquelle ne peut se constituer une mémoire à long terme, i.e. une culture, une éducation) expliquent largement les désastreuses performances éducatives des élèves français (27ième rang du classement PISA). Ils sont les premiers consommateurs de cannabis parmi les 28 Etats membres de la communauté européenne. Cette drogue, pourtant illicite,  est parvenue à rendre dépendants 1.600.000 des nôtres. Alors « Stop ou encore » ?

Dans la compétition internationale que représente la mondialisation, sorte de jeux olympiques de l’intelligence individuelle et collective, le cannabis constitue un handicap idéal, pour nos compétiteurs, qui doivent espérer une encore plus grande diffusion chez nos concitoyens. Ce THC, au long cours, est aussi responsable d’anxiété, de dépression (comportant en embuscade le risque suicidaire, qui s’est accru chez nos jeunes d’une façon corrélée avec  l’accroissement de leur consommation de cannabis).

La légalisation d’une drogue ne calme pas les sujets transgressifs ; elle les contraint surtout à effectuer la transgression au niveau d’une drogue encore plus dure : La cocaïne ? Les amphétaminiques ? Les morphiniques ? Monsieur Dautzenberg devra bientôt faire part de ses préférences ; on peut imaginer que sa logique cloisonnée lui fera choisir celle(s) qui ne se fume(nt) pas.

Substituer à la nicotine le THC, dans l’espoir de faire baisser la consommation du tabac, rappelle l’énorme erreur que commit S. Freud, pour délivrer son ami Fleish, de sa dépendance aux opiacés. Il lui prescrivit de la cocaïne,  ajoutant à la dépendance morphinique, la dépendance cocaïnique avec, en prime, l’éclosion d’un état psychotique et la mort prématurée de son pauvre ami.

Libérer le cannabis, fera exploser sa consommation vers le chiffre des quatre millions d’alcoolo-dépendants (l’alcool étant aussi drogue licite) et pourquoi pas vers les treize millions de sujets dépendants du tabac…

Sur l’échelle des drogues, il faut briser les échelons du bas, celui de l’alcool, celui du tabac, pour rendre plus difficilement accessibles, les échelons du dessus, à commencer par celui du cannabis.

Vous croyez, monsieur Dautzenberg, à une corrélation entre la réduction du tabac et la légalisation du cannabis. Vous ne ferez pas baisser la consommation du tabac mais vous ferez exploser celle du cannabis. Vous y gagnez aujourd’hui les applaudissements nourris de tous ceux qui attendent impatiemment cette légalisation mais, si votre proposition était retenue, vous devrez assumer les conséquences très néfastes de l’aggravation de la pandémie cannabique. .

*Auteur de :« Halte au cannabis » Ed. Odile Jacob (2007 )

« Pourquoi il ne faut pas dépénaliser l’usage du cannabis » Ed. Odile Jacob (2012)

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