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octobre 2017

Le cannabis et les consommateurs ont changé

Il faut mettre l’accent sur la prévention des 15-24 ans.

Le cannabis en France, c’est 700 000 usagers quotidiens, 5 millions de Français qui en ont fumé au cours de l’année 2016 et 17 millions de personnes de 11 à 64 ans qui l’ont expérimenté au moins une fois dans leur vie. Selon l’Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT), non seulement le niveau d’usage actuel du cannabis en France continue d’être très élevé, mais surtout, il est en hausse chez les adolescents: près d’un jeune de 17 ans sur deux a déjà consommé du cannabis (47,8 %), contre quatre sur dix (41,5 %) en 2011. Et pour près d’un jeune sur dix (9,2 %), cette consommation atteint des niveaux de fréquence plus élevés qu’autrefois: au moins dix prises dans le mois (ils n’étaient que 6,5 % dans ce cas en 2011).

Pour le Pr Amine Benyamina, chef du service d’addictologie de l’hôpital Paul-Brousse, à Villejuif, président de la Fédération française d’addictologie et co-auteur de Comment l’alcool détruit la jeunesse: la responsabilité des lobbys et des politiques(Éd. Albin Michel), «les statistiques de l’OFDT mettent également au jour une tendance encore plus inquiétante: la polyconsommation des adolescents, avec la présence quasi automatique de l’alcool, du cannabis, du tabac et parfois des psychostimulants. Même si tous les jeunes ne sont pas concernés par cette polyconsommation, elle n’a rien d’anecdotique».

Le gramme de résine vendu dans les années 1970 n’a plus rien à voir avec celui d’aujourd’hui. La teneur en THC est passée de 2 % à 3 % par gramme d’herbe à 10 % à 15 % en moyenne aujourd’hui

Dr Jean-François Delot, addictologue au sein de l’équipe de liaison et de soins en addictologie (ELSA territoriale Finistère sud)

Avis partagé par le Dr Jean-François Delot, addictologue au sein de l’équipe de liaison et de soins en addictologie (ELSA territoriale Finistère sud) et responsable de l’unité de tabacologie, appartenant au pôle de santé publique nouvellement créé au Centre hospitalier de Quimper-Concarneau: «Même le gramme de résine vendu dans les années 1970 n’a plus rien à voir avec celui d’aujourd’hui. En effet, la teneur en THC (tétrahydrocannabinol, NDLR), la molécule responsable des principaux effets psychoactifs du cannabis, est passée de 2 % à 3 % par gramme d’herbe à 10 % à 15 % en moyenne aujourd’hui (30 % pour le gramme de résine de cannabis et même davantage dans l’huile de chanvre). De quoi rendre beaucoup plus rapide l’addiction au cannabis.» À l’inverse, dans le cannabis qui se retrouve sur le marché, la part du cannabidiol (CBD) – une autre substance naturellement présente – n’a cessé de diminuer. Or, ce déséquilibre entre CBD et THC est cause de problèmes car le CBD diminue les conséquences psychologiques négatives du THC comme la dépendance, l’anxiété ou les psychoses. Moins il y en a, plus le produit consommé est potentiellement dangereux.

Enfin, les motivations de ceux qui expérimentent le cannabis ont changé elles aussi: «Dans les années 1970, c’était surtout la curiosité intellectuelle qui poussait à expérimenter cette drogue», estime le Pr Benyamina. «Aujourd’hui, outre l’effet de mode, le cannabis est consommé pour faire comme les autres, parfois dans un but festif, mais aussi souvent pour gérer le stress, trouver le sommeil, parce que c’est facile d’en avoir (le trafic est très organisé), parce qu’on se sent seul, parce que c’est interdit, etc. Or, ce cannabis utilisé comme “béquille” est celui dont il est le plus difficile à se passer», remarque le Dr Delot.

Pour toutes ces raisons, la consommation des 15-24 ans est la plus problématique. Elle intervient en pleine maturation du cerveau, à un âge où les acquisitions scolaires sont importantes. Selon une récente étude à laquelle l’Inserm a participé, comparativement aux non- consommateurs de cannabis, les consommateurs précoces ont une probabilité plus élevée de ne pas dépasser le niveau du baccalauréat. Non pas tellement à cause du risque de «bad trip»: la prise unique à l’origine d’hallucinations acoustico-verbales avec modification de la perception du monde extérieur pouvant aller jusqu’à la crise de paranoïa existe, mais elle est heureusement assez rare.

«Fumé, le cannabis est aussi dangereux que le tabac pour la gorge et pour les poumons» Dr Delot

Hormis le risque bien réel d’accident du fait de la perte d’attention en cas de consommation ponctuelle, c’est donc surtout la consommation chronique qui pose problème. «Fumé, le cannabis est aussi dangereux que le tabac pour la gorge et pour les poumons», rappelle le Dr Delot. Il joue également sur l’immunité, la fertilité, l’érection, sur le risque de survenue d’un cancer de la vessie à un jeune âge et, enfin, sur le plan cérébral, il provoque des troubles de la mémoire avec une perte de motivation. Quant au risque de psychose, il est très médiatisé mais pas si fréquent. «Cependant, plus le contact avec les drogues survient à un jeune âge et plus le risque de développer un ou plusieurs de ces problèmes, augmente», insiste le Pr Benyamina.

C’est aussi pourquoi, lorsque des parents surprennent leur ado en train de fumer un joint, il est essentiel d’amorcer le dialogue. Mais les parents peuvent se tourner vers un professionnel, dans les consultations jeunes consommateurs (CJC).

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Cannabis : la légalisation pourrait faire augmenter la consommation

Source France Info

D’après une étude menée dans les Etats du Colorado, de Washington et en Uruguay, la légalisation du cannabis entraînerait une augmentation de la consommation chez les adultes.

La légalisation du cannabis pourrait faire augmenter la consommation, selon une étude de l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (Inhesj) et de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) présentée ce 6 octobre. L’étude Cannalex porte sur les expériences de régulation du cannabis lancées en 2012 dans les Etats américains du Colorado et de Washington, ainsi qu’en Uruguay depuis cet été. Ces derniers ont mis en place des processus de légalisation du cannabis à titre récréatif et personnel, en autorisant, sous certaines conditions, la détention mais aussi la production et la diffusion du cannabis.

Hausse de la consommation chez les adultes

Dans les deux Etats nord-américains étudiés, « dans les plus jeunes générations, la légalisation du cannabis n’a pas stimulé la consommation de cannabis, qui se maintient cependant à un niveau élevé », souligne l’étude. ON notera que dans ces deux Etats, la consommation de cannabis reste interdite avant 21 ans. On relève, en revanche, une hausse de l’usage de cannabis parmi les adultes« , particulièrement marquée chez les consommateurs occasionnels et réguliers de plus de 25 ans.

« En Uruguay, la situation épidémiologique s’avère moins nuancée : tous les indicateurs de consommation sont orientés à la hausse (expérimentation, usage dans l’année, usage dans le dernier mois), y compris parmi les plus jeunes », révèle l’étude.

Ce phénomène entraîne de nouveaux problèmes sanitaires, selon l’étude qui souligne notamment « une hausse importante des cas d’hospitalisation liés à des intoxications cannabiques présumées dans les deux Etats nord-américains ». 

Baisse de la perception du risque du cannabis

Elle constate également une baisse de la perception du risque, avec une augmentation des cas de conduite après un usage de cannabis et un recul des demandes de traitement chez les plus jeunes.

Selon Ivana Obradovic, directrice adjointe de l’OFDT et coauteure de l’étude, cette étude « ne permet pas de préjuger des effets d’une éventuelle légalisation au sein de l’Union européenne, et donc en France, où les contextes d’usage du cannabis s’avèrent différents, mais elle apporte des éléments scientifiques utiles au débat public ».

En France, l’usage de cannabis est passible d’un an de prison et 3.750 euros d’amende. Le gouvernement a annoncé récemment un allègement de la répression d’ici la fin de l’année, prévoyant de punir l’usage du cannabis par une amende forfaitaire. Les Français sont parmi les plus gros consommateurs en Europe. En 2014, 17 millions de Français disaient avoir déjà pris du cannabis dans leur vie et 700.000 en consommeraient quotidiennement, selon l’OFDT.

Le problème de la drogue en Europe : une solution

Une habile utilisation de la sémantique avec des mots tels que “drogues douces” ou “drogues récréatives” abuse la jeunesse laissant transparaître que leur consommation peut être inoffensive voire même amusante. Mais la réalité est tout autre ainsi que le montre les rapports ci-dessus mentionnés. Une autre tendance poussée par certains politiques est de promouvoir comme solution la légalisation et la décriminalisation de leur utilisation, se basant sur l’idée qu’imposer une interdiction ou une limitation est contraire aux “droits de l’Homme” et va à l’encontre de la “liberté de choix” de l’individu. Cependant, l’histoire montre que ni la légalisation, ni la décriminalisation ne sont une solution. L’alcool et le cannabis en sont un bon exemple et continuent directement ou indirectement à détruire (voire tuer) les jeunes qui représentent la majorité des victimes.

Plusieurs études réalisées aux USA montrent que la consommation de cannabis qu’elle soit régulière ou occasionnelle augmente chez l’adulte le risque d’addiction (in Journal of Epidemiology and Community Health – BMJ). Dans l’Etat du Colorado la marijuana médicale était disponible en 2010 et la récréative dès 2014. L’hôpital pour enfants du Colorado rapporte une augmentation de consultations en urgence chez les 13-21 ans passant de 146 en 2005 à 639 en 2014 ; et de plus 66% présentaient déjà des symptômes de maladies mentales (in American Academy of Pediatrics, 2017). Ces observations sont confortées par une autre étude (5) montrant que cannabis et cannabinoïdes augmentent le risque de schizophrénie, psychoses, anxiété, pensées suicidaires ainsi que des symptômes de désordes bipolaires, d’attaques cardiaques, et de bronchites. De plus, leur utilisation affecte l’apprentissage, la mémoire et augmente le risque d’accidents de la route et pour les femmes enceintes cela est relié avec des problèmes de poids chez le nouveau-né.

Une analyse du problème de la drogue montre que l’attention générale des autorités est plus centrée sur les conséquences du problème que sur les causes possibles, faisant de la drogue un facteur économique avec le développement et la mise sur le marché de produits de substitution (par les mêmes organismes qui produisent les précurseurs de ces drogues), de substances de prévention d’overdoses, de salles de shoot avec l’équipement et le personnel nécessaires, d’organisations, etc.

Dans une interview en 2016 un docteur français déclarait à juste titre lors d’une conférence de l’ISPN à Paris : “La prévention, c’est moins intéressant pour tous ces acteurs économiques, mais ce serait plus intéressant pour la sécurité sociale et pour les patients. En général, quand la sécurité sociale perd de l’argent, c’est que quelqu’un en gagne. Il n’y a aujourd’hui aucune politique publique de prévention.”

Une cause qui pourrait être facilement abordée est l’ignorance par manque d’informations objectives de ce que sont les drogues et de leurs effets néfastes sur le corps, l’esprit et la personnalité. La prévention primaire a été négligée pendant trop longtemps. L’arme la plus efficace dans la lutte contre l’abus de drogues reste l’information. Dans cet état d’esprit, la Fondation pour une Europe Sans Drogue ainsi que toutes ses associations Dites Non à la Drogue sont activement présentes sur le terrain, informant les jeunes et le public sur les dangers de la drogue. Et forte de ses années d’expérience dans le domaine de la prévention de la toxicomanie, la Fondation a résolu le problème de comment transmettre efficacement la réalité du monde de la drogue aux adolescents et aux jeunes adultes grâce à son programme “La vérité sur la drogue” qui reste aujourd’hui un des plus grands programmes non gouvernementaux d’information et de prévention sur la drogue. La Fondation fournit ses supports pédagogiques gratuitement et accueille toutes personnes, groupes, institutions, associations et services gouvernementaux désireux de lutter contre ce fléau pour permettre aux jeunes de mener une vie saine, libre et sans drogue.

Informez vous et consultez :

Addiction: Sortir de l’enfer, mode d’emploi

Comme partout dans le monde la consommation d’alcool et de drogue représentent un fléau en Martinique. Le traitement de ces addictions, plus complexe que l’on ne l’imagine, fait appel à de nombreuses structures.

En 2014 en Martinique 36% des 15 à 65 ans avouent avoir déjà fumé. Ce chiffre du baromètre santé DOM de la même année n’indique pas la fréquence de consommation. Même s’il n’existe pas de chiffre officiel sur les quantités de drogue consommées en Martinique, l’augmentation de 135% des prises sur les petites quantités de substance illicites laisse penser que le nombre de consommateur croît lui aussi. L’inspecteur Varlin de la BAC, nous livre le profil de ceux qu’il contrôle, ou interpelle dans les rues de Fort de France. « Dans la rue il y a principalement des jeunes, ceux qui consomment du crack. Mais vous pouvez aussi rencontrer des gens comme vous et moi qui fument du cannabis. Ceux là sont plus difficiles à repérer car les effets ne se voient pas tout de suite ». 
Pour comprendre ce qui a fait basculer ces gens nous sommes partis à la rencontre de Murielle. Cette femme est aujourd’hui incapable de nous donner son âge exact, elle nous dit avoir environ 45 ans mais elle se souvient de ce qui l’a entrainée dans cette descente aux enfers. « Tout ça a commencé en 1998, j’étais enceinte et mon copain ne voulait pas que je garde l’enfant, j’ai avorté et il est parti quand même. J’ai été détruite, je venais de trouver du travail je ne suis pas allée travailler pendant deux semaines et j’ai perdu mon job, c’est là que tout à commencé. On m’a proposé un joint lors d’une soirée, du joint je suis passée à l’alcool, ensuite à la cocaïne et puis maintenant le crack. J’ai voulu m’en sortir, je veux mais c’est trop difficile. J’ai tellement besoin de ça pour me sentir bien et en même temps ça me donne des sueurs froides c’est chaud ce truc ».Les campagnes de prévention, en particulier dans les écoles sont catégoriques: « Ne jamais essayer, car l’accoutumance peut être rapide » et nous l’avons vu avec le témoignage de Murielle.
Les causes du basculement peuvent être de nature multiple, tout comme la prise en charge de ce fléau, qui s’organise à plusieurs échelles.

Le dispositif d’écoute

TABAC : ZÉRO POINTÉ POUR LES PROVISEURS, AVEC RETENUE (SUR LEURS ÉMOLUMENTS)

Par le Professeur Costentin

Qui s’étonnera que l’éducation aille à vau-l’eau quand, au sommet de la hiérarchie des lycées, des proviseurs (les « protos » de ma jeunesse) y vont de leurs coups de pioche pour contribuer à son anéantissement.

C’est ainsi que j’interprète leur proposition de laisser fumer leurs élèves dans les cours de récréation, sous le prétexte de soustraire leurs attroupements devant les lycées aux véhicules fous, aux tirs des kalachnikov ou aux coups de couteau des djihadistes ; et ils ajoutent : de les soustraire aux dealers de drogues.

N’auraient-ils pas mesuré que le dramatique bilan des victimes des fous d’Allah correspond, pour une année entière, à celui d’une seule journée des victimes du tabac (79.000 morts par an, soit 216 par jour) ; sans compter les multiples estropiés par artérite des membres inférieurs (amputations), angine de poitrine, infarctus du myocarde, insuffisance cardiaque, troubles du rythme, accidents vasculaires cérébraux avec leurs séquelles neurologiques, les bronchites chroniques, les bronchopneumopathies obstructives….

Ignoreraient-ils aussi que la dépendance au tabac ouvre la porte à celle du cannabis, et à d’autres drogues ?

N’auraient-ils pas compris qu’il faut casser ce premier barreau de l’échelle des toxicomanies pour rendre plus difficile l’accès aux barreaux supérieurs ?

À l’heure où les premiers usages du tabac sont de plus en plus précoces, ne sauraient-ils pas que plus tôt l’essayer, c’est plus vite l’adopter et plus intensément se détériorer ?

Ne devraient–ils pas considérer que leur mission ne peut se limiter à contrôler des emplois du temps, à présider des conseils de classe et à d’autres tâches administratives, quand notre société attend d’eux qu’ils contribuent aussi à former des jeunes ayant un esprit sain dans un corps sain (mens sana in corpore sano) ?

On était débarrassé des cigarettes vendues par quatre, les trop fumeuses Parisiennes ; débarrassé, aussi, des cigarettes de troupe offertes aux jeunes recrues pour tromper l’oisiveté du service national et les transformer en fumeurs au grand bénéfice de la SEITA d’alors. Et voilà nos protos qui feignent d’ignorer (comme beaucoup de buralistes) que la vente du tabac est interdite aux mineurs.

Nous leur demandons avec force d’accroître considérablement le temps consacré dans les enseignements aux méfaits des drogues et toxicomanies ; de faire que ces enseignements soient dispensés par des membres du corps médical.

Nous leur suggérons de garder toute la journée dans leurs établissements les élèves (comme ils le font parfois pour les pensionnaires) en faisant circuler dans les « cours de récré » des pions pour traquer les fumeurs et, le cas échéant, des dealers.

Huit heures de suite sans tabac, cinq jours par semaine, différeront chez les uns l’entrée dans l’addiction au tabac et ralentiront chez les autres l’installation de cette dépendance.

Éducation doit rimer avec prévention et surtout pas avec démission.

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