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2022 ou le bilan calamiteux de la libéralisation du cannabis en Californie

avec Xavier Raufer

La piraterie financière est risquée : condamné au fil des ans à tous niveaux de la jus­tice euro­péenne, M. Soros ne l’ignore pas. Mais là, son soutien généreux à la « proposition 64 », libéra­tion totale du cannabis en Californie (en pleine vigueur depuis 2018) voit triompher son projet libertaire. Le « libéral » Los Angeles Times en tête, tous le crient à présent : cette « Proposition 64″ sème le chaos. Ci-après, exposons le désastre qu’elle provoque en Californie – désastre qu' »oublient » bien sûr nos médias « d’informa­tion ».

Souvenez-vous du fan-club : Le MondeLibération et tant de naïfs, filous ou « idiots utiles » : le cannabis lé­galisé, fini le harcèlement des pauvres et minorités de couleur… la Californie enri­chie de milliards de dollars… Dealers et gangs marginalisés par « les forces du marché « . Bref : « gagnant-gagnant ». Sauf qu’en fait, la « proposition 64 » déchaîne l’anarchie : explosion des drogues illi­cites… ravages écologiques… Braquages et kidnappings criminels… cor­ruption mas­sive de fonctionnaires et élus. Pire : le crime or­ganisé pille, évince et ruine le com­merce légal du can­na­bis, (boutiques et planteurs, souvent Noirs ou Latinos). Un cauchemar.

Entrons dans les détails :

ENVIRONNEMENT RAVAGÉ – Sécurité, police, etc. : dur d’imaginer pays plus désorganisé que les États-Unis, ± 340 millions d’habitants, police fédérale, FBI, moins de 15 000 agents de ter­rain (special agents). La caricaturale Californie est plus minimale encore, côté répressif : au nord-ouest de l’État, le comté de Mendocino, fief de la culture du cannabis, (Emerald Triangle) compte 5 000 fermes illégales. Or au bureau du sheriff local, la « force anti-drogue », c’est… un sergent et un aide à mi-temps. Le cannabis totalement libéré en 2018, la boîte de Pandore li­bère ainsi un ouragan ; d’abord, un crime organisé désormais impuni. Dans la vallée de Juniper Flat, éclosent en quatre ans 1 300 fermes illégales ; 2018-2021 : l’espace des serres de culture du cannabis y explose de… + 4 200%.

Sur 6 comtés de la vallée centrale, (7 800 km2), 2 330 km2 de serres – dont moins de 10% lé­gales (de même, dans tout l’État). En 2021, le sheriff de San Bernardino rase 8 200 serres illé­gales, illico rebâties. Licites ou pas, ces serres donnent 4 voire 5 récoltes par an. De façon ab­surde, la production légale de cannabis y est de 3 180 tonnes, interdites à l’export. Or la Cali­fornie en fume moins de 1 000 tonnes par an ; ce, plus les milliers de tonnes illicites : résultat, 500g. d’herbe se vendaient $2 000 en 2018, $300 en 2022. Le cannabis légal-taxé coûte ± $15 le gramme ; celui des gangs, de 5 à 10$ le g. Inévitablement, le continuum licite du cannabis, planteurs et boutiques sous licence, court vers la faillite.

Dans ces vallées hors de toutes lois sur le travail, des camps d’ouvrier latinos réduits à l’escla­vage, gardés par des bandes armées et chiens d’attaque. Sur les routes, des camions d’hommes cagoulés et armés assurent l’ordre criminel. En mode « Ruée vers l’or », toutes auto­rités locales ignorées, abondent les fusillades, braquages, règlements de comptes et enlève­ments. Épouvantés, les paysans de ces vallées n’osent plus y cultiver leurs champs. Les journa­listes approchant ces terres sauvages sont menacés de mort et leurs voitures, sabotées.

Plus, le désastre écologique : rivières détournées, terres inondées des pesticides et désher­bants, animaux sauvages abattus. Les narcos pompent par millions de litres une eau déjà rare ; les puits des fermiers sont à sec.

EXPLOSION CRIMINELLE – Hypocrisie babacool : les « Coffee Shops » d’Amsterdam sont en Cali­fornie d’aimables « dispensaires » ; quoique clandestins, ils prolifèrent : une trentaine rien qu’à East-Los-Angeles. La police les ferme ? Ils rouvrent le lendemain. Sous le contrôle des gangs (CripsBloodsLatin KingsM-18, etc.) Ils vendent du cannabis bradé – mais aussi de la cocaïne, de l’héroïne, du meth’, etc. Des gangsters armés protègent ces « dispensaires » criminalisés »des pillages ou braquages. À juste titre : certains gagnent 25 000 dollars par jour.

CORRUPTION MASSIVE – délivrance de licences, permis d’achat de terres, bâtir ou agrandir des bâtiments et zones cultivées, forages pour l’eau : les comtés et municipalités de Californie dé­cident ici de l’essentiel. À jet continu, ces élus et fonctionnaires locaux sont harcelés, menacés, intimidés par les narcos – eux-mêmes sous la féroce pression de donneurs d’ordres parfois loin de la Californie : cartels mexicains, triades de Hong-Kong ; tous connaissant une seule sanction en cas d’échec : la mort. Sur le terrain, les « autorités » locales sont démunies – surtout, face à une corruption massive, à coups de « cadeaux » de dizaines de milliers de dollars.

Au gouvernement de la Californie, qu’imaginent les anarchistes-Soros, coupables du dé­sastre ? La fuite en avant. En mode agriculture soviétique, plus de liberté encore ; suivre le « modèle » de la Colombie britannique voisine où désormais, la possession de tous les stupé­fiants – héroïne, crack, meth’, etc. – est dépénalisée pour quelques grammes.

Et la France ? voici ses « écologistes » muets devant un immense ravage de l’environnement ; ses « socialistes » oublieux de milliers d’esclaves maltraités, voire tués, dans les fermes illicites de cannabis. Ses « antiracistes » délaissant ces Noirs qui achètent du cannabis illicite bourré de pesticides et de poisons anti-nuisibles ; ses « féministes-Gucci » aveugles aux femmes exploitées par centaines dans des « dispensaires » sous emprise des gangs. Une « presse d’infor­mation » en­fin, en mode « circulez, y’a rien à voir ».

Quelle honte.

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Cannabidiol : ce que vous devez oser demander et savoir  

Source : Académie de Médecine

Dans le chanvre (Cannabis sativa) sont présents de nombreux cannabinoïdes dérivés d’un même précurseur, le cannabigérol (CBG). Des enzymes spécifiques convertissent le CBG en d’autres molécules, dont les plus connues sont le tétrahydrocannabinol (THC), psychotrope addictif majeur du cannabis, et le cannabidiol (CBD), non addictif mais dont les effets indésirables méritent d’être mieux connus.

Le CBD, substance active d’origine le plus souvent naturelle, fait partie des phyto-cannabinoïdes. Le CBD est présent dans la fleur de cannabis séchée et des produits de composition complexe qui, pour pouvoir être commercialisés, doivent être, conformément à la règlementation, pauvres (<0,3%) en THC (substance la plus psychoactive du cannabis). De nombreux produits contenant du CBD sont ainsi commercialisés :  huiles, produits cosmétiques, produits alimentaires (boissons alcoolisées ou non, sucreries, tisanes), et produits à usage vétérinaire (1).

Contrairement au THC, le CBD ne relève pas de la réglementation des stupéfiants, ni de celle des psychotropes. Cependant, l’arrêté du 30 décembre 2021 indique que les produits contenant du CBD ne peuvent, sous peine de sanctions pénales, revendiquer des allégations thérapeutiques, à moins qu’ils n’aient été autorisés comme médicament.[1] Au regard de la règlementation européenne sur les nouveaux aliments, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a suspendu l’évaluation du CBD dans l’attente de données complémentaires sur la sécurité d’emploi.

Dans le corps humain, le CBD se lie à plusieurs dizaines de récepteurs différents, notamment ceux de la sérotonine et de la dopamine, et à des acides aminés excitateurs et inhibiteurs. Les données constatées in vitro (cultures cellulaires) et chez l’animal ne sont pas extrapolables à l’espèce humaine en termes d’effets cliniques, thérapeutiques ou indésirables. En dehors d’une utilisation en thérapeutique adjuvante (2) à dose élevée dans des épilepsies pharmaco-résistantes les preuves scientifiques d’un intérêt thérapeutique de l’usage du CBD seul manquent.

Souvent présenté sous la dénomination de « cannabis light », « cannabis légal » ou « cannabis bien-être », le CBD est revendiqué comme favorisant le « bien-être », les usagers rapportant des finalités d’usage pour soulager l’anxiété, le stress ou la douleur, améliorer le sommeil, voire aider au sevrage en cannabis (riche en THC) (3). Il est alors difficile de faire la part d’un effet propre de la substance (pharmacologique) et d’un effet placebo.

Le CBD peut induire des effets indésirables (troubles digestifs, toxicité hépatique, somnolence, fatigue), dont la fréquence augmente avec la dose par prise et la dose quotidienne. Il existe aussi un risque d’interaction avec de nombreux médicaments, d’autant plus élevé que la dose de CBD consommée est élevée. Une augmentation des concentrations sanguines de certains de ces médicaments, donc de leurs effets indésirables, peut en résulter.

Le CBD n’étant pas une substance classée parmi les stupéfiants, son usage associé à la conduite d’un véhicule n’est pas interdit. Toutefois, les produits contenant du CBD contiennent toujours du THC, mais en quantité variable, ce dont le consommateur n’est pas forcément clairement informé. Selon la concentration en THC, la quantité et la fréquence d’usage du produit contenant du CBD, il est donc possible que le prélèvement d’un utilisateur de CBD soit testé positif pour le THC, lors du sport ou dans le cadre de la sécurité routière.

Dans le sport, les bénéfices du CBD, notamment lors des phases de récupération, ne sont pas bien établis, et il ne faut pas méconnaître ses effets indésirables potentiels tels qu’une baisse de la vigilance ou des troubles digestifs, qui peuvent s’avérer incompatibles avec des performances sportives. Le CBD ne fait pas partie des substances dopantes. Néanmoins, son usage associé à des pratiques sportives peut conduire, comme déjà évoqué, à un test positif pour le THC (4).

L’Académie nationale de médecine appelle l’attention sur les risques liés à l’usage du CBD et propose que :

– les informations sur les emballages des produits non pharmaceutiques contenant du CBD  soient améliorées : risque d’interactions médicamenteuses ; procédure pour déclarer un effet indésirable ; risques associés à la conduite automobile ; risque de test positif au THC dans le cadre de la sécurité routière ou du sport ;

– les usagers soient informés sur la dose en milligrammes de CBD consommée par prise, et que, si elle dépasse 50 mg/jour, cette prise soit précédée, en cas de traitement médicamenteux en cours, par la recherche préalable, avec un professionnel de santé (médecin, pharmacien), de possibles interactions médicamenteuses, et ne conduise pas à un arrêt du traitement médicamenteux ;

– compte tenu de la diversité des produits contenant du CBD, la réglementation et les conditions d’accès à ces produits soient harmonisées, afin que les usagers disposent d’une information, voire d’un accompagnement adapté, en cas d’usage de ces produits

– enfin, que des travaux de recherche explorent l’hypothèse que la consommation de CBD fumé puisse constituer une incitation comportementale à l’usage de la cigarette (de tabac ou de cannabis).

Références

  1. Authier N., Le Petit Livre du CBD, First Editions, 28 septembre 2022, p.  49-55
  2. Alvarez J.C. et al., Le cannabidiol (CBD) : que faut-il retenir ? Tox Anal Clin, 2022, 34, p. 211-214
  3. Authier N. Le Petit Livre du CBD, Op cit., 64-65
  4. Mareck U. et al., Preliminary data on the potential of unintentional antidoping rule violations by permitted cannabidiol (CBD) use, Drug Test Anal, 2021, 13, p. 539-549

[1] C’est le cas, notamment, pour un médicament contenant exclusivement du cannabidiol purifié, l’Epidyolex, autorisé en France pour certaines formes d’épilepsies pharmaco-résistantes, et qui relève de la réglementation des substances vénéneuses.

Lettre du CNPERT , Décembre 2022

Cliquez ici pour lire la lettre

Réaction d’un lecteur à la Lettre du CNPERT de Décembre 2022

« Suite à la lecture des courriers que tu nous adresses ,je confirme largement tes observations.
Aujourd’hui dans notre région le nombre de consommateurs va grandissant ; les adultes âgés de 50 ans  plantent du cannabis dans les jardins ou les vignes ou les bois, avec des plantes de plus en plus puissantes ; il n’y a plus de différences de classes; paysans, profs,  médecins s’y mettent et nous remarquons l’effondrement social et sociétal qui s’en su
it.


Une catastrophe, tous ces gens deviennent asociaux, divorcent, perdent leur boulot et n’en retrouvent pas, ne veulent plus bosser parce qu’il vivent de leur commerce, sans scrupule ! c’est simplement DÉSOLANT.
Bon courage à vous. 
Merci de ce que vous faites pour notre jeunesse »

Lettre du CNPERT de Novembre 2022

Cliquez ici, pour lire la lettre du CNPERT, ou l’imprimer, ou la télécharger

Un billet d’humeur

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Professeur Jean Costentin Président du CNPERT (Centre National de Prévention, d’Etudes et de Recherches sur les Toxicomanies)

à Madame Caroline Janvier

 Députée du Loiret

Madame la députée

    Je viens de prendre connaissance de vos déclarations dépitées sur le délai que s’accorde le nouveau ministre de la Santé pour tirer des conclusions de la pseudo étude (« expérimentation ») du cannabis dit « thérapeutique » dont vous avez contribué à la mise en place. 

    Avec quelques-uns de vos collègues cannabinophiles de l’Assemblée Nnationale vous avez décrété, a priori, que ce cannabis serait « thérapeutique ». Pour faire la démonstration que requérait le déroulement de votre projet, vous avez missionné un supplétif compliant, médecin psychiatre, professeur assez récemment dévoué à la pharmacologie (le docteur N. Authier).

    L’étude qu’il a mis en place n’est pas recevable au regard des règles en vigueur pour adouber une molécule comme médicament ; d’autant qu’en l’occurrence il s’agit d’un mélange de nombreuses molécules différentes, en proportions variables. Ces règles de bonnes pratiques ont été élaborées au long cours et l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) les a faites siennes.

    Aussi, le cannabis ne saurait justifier de leur aggiornamento, associant en la circonstance: l’absence de groupe placebo ; l’absence d’une pratique en double insu ; un nombre de patients limité malgré les cinq indications différentes explorées, l’utilisation de formes galéniques différentes et de doses différentes; la révélation presque en temps réel des résultats intermédiaires, de nature à influencer les patients inclus dans l’étude ou qui accepteraient d’y participer; la médiatisation de toute l’opération ; à laquelle s’ajoute vos déclarations récentes…

    Il nous faut aussi évoquer votre souhait, publiquement exprimé, d’autoriser le cannabis dit « récréatif », dont on sait la fréquence avec laquelle la « récré » se termine mal. Il apparaît ainsi clairement que votre « cannabis thérapeutique » est le faux nez ou, au choix, le cheval de Troie du « cannabis récréatif » que vous appelez de vos vœux.

Rappelons votre proposition, insensée dans cette période où cent évènements majeurs agressent notre Nation, de lancer un référendum sur la légalisation de cette drogue ce qui, dans l’exercice de votre mandat national, interroge sur votre capacité de hiérarchiser les problèmes qui nous assaillent.

Cette légalisation du cannabis est manifestement poussée par des idéologues, des consommateurs de cannabis et des lobbies capitalistes impatients de faire de juteux profits sur l’intoxication déjà importante de nos concitoyens.

Votre impatience s’est déjà exprimée dans la mise en place d’une filière de production nationale du chanvre indien, alors que n’est pas validé son usage potentiellement thérapeutique ; cela visait à installer une situation d’irréversibilité.

    Alors que le nombre de patients qui devaient participer à cette « expérimentation » est loin d’être atteint, vous voudriez néanmoins que les conclusions en soient tirées dès maintenant.

    En apostille, permettez-moi Madame de vous demander si vous êtes bien informée des réserves majeures qu’ont exprimées sur cette expérimentation les Académies Nationales de Médecine et de Pharmacie ?

Permettez-moi de m’enquérir encore de vos connaissances sur les effets épigénétiques du cannabis, qui non seulement affectent ses consommateurs mais, en outre, font qu’ils les transmettent à leur progéniture s’ils viennent à se reproduire ? Enfin, vous souvenez-vous du souhait exprimé par le Président de la République : que la France connaisse en 2032 la première génération d’adultes sans tabac ? Si vos efforts de promotion du cannabis aboutissaient ils annihileraient ce grand projet, car le cannabis chevauche sur les épaules du tabac.

 Je vous prie d’agréer, Madame la Députée, l’expression de mes salutations distinguées.

Pr. Jean Costentin

Dr. en Médecine, Pharmacien, Dr. ès Sciences

Professeur émérite de la faculté de Santé de Rouen

Membre titulaire de l’Académie Nationale de Médecine

Membre titulaire de l’Académie Nationale de Pharmacie

Membre du collège de l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD)

Président du Centre National de Prévention d’Etudes et de Recherches sur les Toxicomanies (CNPERT)

Directeur honoraire de l’unité de neuropsychopharmacologie du CNRS (1984-2008)

Directeur honoraire de l’unité de neurobiologie clinique du CHU de Rouen (1999-2011)

Seringues, matelas de fortune et excréments… des riverains s’alarment de la présence de toxicomanes dans leur rue à Nice

Des toxicomanes ont fait d’une voie privée condamnée du centre-ville de Nice un lieu de rassemblement régulier. Les riverains dénoncent cette situation, la Ville veut sécuriser le site et cherche une solution pérenne pour accueillir et accompagner ces personnes en difficulté.

Une voie privée est devenue de manière récurrente un point de fixation des consommateurs de drogues où vivotent dans des conditions déplorables des accros au crack, dérivé fumable, bon marché et très addictif de la cocaïne, et des toxicomanes à l’héroïne. 

Il fallait s’y attendre, 2ème édition !


Dans les messages du 28 Août, (cliquez ici) nous rapportions les premières conséquences de l’autorisation récente du cannabis récréatif dans 19 états américains :

Forte augmentation de la consommation de cannabis comparée à celle de 2012 (de 50% environ) mais hausse également du recours à d’autres drogues.

Pas étonnant constate le psychiatre Jeffrey Roth qui conclut « rendre le cannabis illégal n’aide pas…mais le rendre légal, ça envoie un message et tout le monde se précipite dessus…on pouvait s’y attendre »

En France où on s’accroche à la recherche d’un possible effet thérapeutique, le rapport d’étape de l’expérimentation nationale n’est guère flatteur : En 16 mois, 1790 volontaires ont été inclus dans l’étude, 540 l’ont abandonné, parmi eux 186 pour cause d’effets indésirables, 200 pour inefficacité.

Analysé par le comité de suivi, l’intérêt du cannabis en psychiatrie n’est pas prouvé à ce jour (après 16 mois d’observation). Ce résultat encore provisoire, est cohérent avec les observations précédentes de la Haute Autorité de Santé (HAS) qui juge le service médical rendu minime ou inexistant (Pour le cannabidiol, CBD seul, l’ASMR est mineure de niveau IV et pour l’association THC+CBD l’ASMRest inexistante de niveau V).

Dans une étude clinique classique d’un candidat médicament, un tel taux d’abandon (30%) aurait
conduit à son arrêt immédiat.
Attendons la fin de l’expérimentation mais d’ores et déjà, il fallait s’y attendre, l’intérêt thérapeutique du cannabis n’est pas prouvé.

Pr JP Tillement et JP Goullé

Cocaïne : des risques « même à faible dose, même lors des premières prises »

La cocaïne est une drogue aux effets stimulants qui comporte des risques variés sur la santé. La Dr Geneviève Lafaye, addictologue, répond à toutes vos questions sur la cocaïne.

Elle est dérivée des feuilles de coca. La cocaïne est une substance stimulante, qui a des effets « boostant ». Cette drogue est largement diffusée en France. Elle est parfois coupée et mélangée à d’autres produits, comme des médicaments.

La cocaïne est principalement sniffée, mais peut aussi être aussi fumée ou injectée quand elle est sous forme de crack. Ce stupéfiant est constitué de cristaux de cocaïne mélangés à du bicarbonate de soude. Le mélange est chauffé et fumé ou injecté. « Les effets sont alors plus rapides et s’estompent plus vite, ce qui amène à des consommations plus fréquentes que lorsque la cocaïne est sniffée« , alerte la docteure Geneviève Lafaye.

Des risques neurologiques, cardiaques et vasculaires

Des risques pour la santé existent, « même à faible dose, et même lors des premières prises« , insiste la spécialiste. « Il peut toujours y avoir des conséquences, que ce soit sur le plan neurologique, vasculaire ou cardiaque. » Par exemple, « il n’est pas rare que les personnes qui consomment de la cocaïne aient des effets paranos« . La cocaïne peut aussi rendre plus agressif et plus impulsif, prévient l’addictologue.

Autre danger de la cocaïne : des conséquences néfastes au niveau du nez. « Quand on consomme régulièrement de la cocaïne, on peut avoir un trou au niveau de la cloison nasale (la partie qui sépare les deux narines), qui s’agrandit progressivement, voire plus de cloison du tout.« 

Une dépendance rapide

La dépendance à la cocaïne s’installe rapidement et facilement. « On s’imagine qu’être dépendant c’est consommer tous les jours. Avec la cocaïne, ce n’est pas forcément le cas » note la docteur Lafaye. Il peut ainsi y avoir dépendance même lorsqu’on consomme cette drogue par séquence.
Et plus on est dépendant, plus il est difficile d’arrêter seul. Faire appel à des professionnels est alors nécessaire. 

Source

Lettre du CNPERT Septembre 2022

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Chers Collègues,

Voici la lettre de rentrée du CNPERT (N°80). Elle apporte l’encouragement chaleureux à poursuivre notre action d’un de nos plus anciens membres, professeur de biologie de l’enseignement supérieur, nous l’en remercions. Il a tenu à conserver l’anonymat.

Cette rentrée promet d’être animée voire vive : comme nous vous l’avons appris, la consommation de drogues augmente, c’est le constat de l’OEDT. Dans cette lettre, vous trouverez l’histoire de « Malchance », cette étudiante brillante, sombrée dans la déchéance socio-professionnelle, conséquence d’un syndrome schizophrénique activé par le cannabis et l’alcool. Son parcours « d’absence de soins » comme le décrit si bien notre collègue, le docteur Régis Brunod, souligne les difficultés administratives rencontrées pour la traiter et l’impossibilité actuelle de traiter un patient non consentant.

Sans quitter le cannabis, le voici associé au tabac. Une étude anglaise montre qu’il y a quatre fois plus d’utilisateurs de cannabis chez les fumeurs, comparés aux non-fumeurs. Les auteurs concluent à une double addiction, une forme de synergie entre les deux toxiques.

Une autre étude montre les dégâts immédiats et à venir de la consommation de cannabis pendant l’adolescence : perte de motivation, échec scolaire et risque ultérieur de chômage. On ne peut s’empêcher, en lisant ce travail, de le rapprocher de l’initiative récente de certains sénateurs (31/348) voulant argumenter et inscrire dans la loi la dépénalisation ou la légalisation du cannabis. Attention danger ! Nous espérons qu’ils tiendront compte de ces données.

Le développement d’une toxicomanie est un sujet passionnant, difficile et encore mal compris. Il est particulièrement intéressant de découvrir avec le docteur Jean-Luc Saladin le rôle des aires pré-frontales dans l’acquisition ou le refus de l’état de dépendance : il le fait de façon didactique à l’aide de l’imagerie cérébrale qu’il propose au patient. Il en tire des options thérapeutiques nouvelles. Le Président J. Costentin rappelle, en complément, les fonctions physiologiques des endocannabinoïdes, leurs récepteurs et les interactions avec le THC.

Voici du grain à moudre pour l’année académique

Cliquez ici pour lire la lettre de Septembre 2022

Jean Paul Tillement

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