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L’escalade insupportable des nouvelles drogues en France (Figaro 8/06/2015)

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 photo Goulle Tillement

 

Des demandes renouvelées de nouvelles drogues toujours plus puissantes, des chimistes capables d’en créer, un marché lucratif à l’abri de tout contrôle, activité principale de la criminalité organisée

 

Demandes et propositions nombreuses et diversifiées

Dans un rapport en date du 27 mai dernier, l’Observatoire Européen des Drogues et Toxicomanies (OEDT) tirait la sonnette d’alarme à propos des « nouvelles drogues » dites nouvelles substances psychoactives (NSP) pour bien indiquer leur impact mental. Elles sont plus puissantes et beaucoup plus toxiques; chacun peut très facilement s’en procurer sur Internet et se faire livrer à domicile par voie postale.

A coté des drogues classiques comme l’héroïne, la cocaïne, l’ecstasy et le cannabis toujours bien présents, il y a là un nouvel apport de drogues qui s’ajoute à celles qui existent et qui représente un danger supplémentaire considérable pour la santé dans notre société et en particulier pour les plus jeunes. Ce nouveau danger frappe de nombreux pays. Face à cette situation préoccupante l’Union Européenne (UE) a créé une structure spécifique pour suivre, analyser et maitriser ce nouvel afflux dont les conséquences pourraient être désastreuses s’il n’était pas contenu.

Jusqu’en 2008, les nouvelles drogues disponibles chaque année sur le marché européen se comptaient sur les doigts des deux mains, le dispositif européen d’alerte précoce ou Early Warning System (EWS) mis en place par l’OEDT en a dénombré 81 en 2013, sans compter celles qui n’ont pas été identifiées ! Cette progression est fulgurante : 13 nouvelles drogues en 2008, 41 en 2010, puis 73 en 2012. l’UE a décidé de mettre en œuvre une politique de lutte contre leur diffusion dans un marché européen en pleine expansion. On observe une véritable compétition entre les nouvelles drogues offertes à la consommation. A eux seuls, les cannabinoïdes de synthèse, beaucoup plus puissants que le cannabis classique dont ils dérivent, apparus pour la première fois en décembre 2008, sont au nombre de 120 en juin 2014. Ils représentent plus de la moitié des nouvelles drogues qui apparaissent sur le marché. En France, 13 nouvelles substances, principalement des cannabinoïdes de synthèse, ont été identifiées en deux mois entre le 1er août et le 1er octobre 2014. Ce phénomène, loin d’être localisé à l’Europe, touche également les Etats-Unis et de nombreux pays dans le monde.

 Pourquoi toutes ces nouvelles drogues ?

Parmi plusieurs réponses, la recherche de sensations toujours plus fortes est déterminante : la quête de drogues pouvant exercer des effets stimulants du système nerveux central, des effets euphorisants, ou hallucinogènes, voire de substances possédant à la fois toutes ces propriétés. Il y a donc un marché. Une autre raison, qui explique l’effet amplificateur de la demande, est la possibilité d’acquérir en toute légalité, sans risque, des produits inconnus, que donc la réglementation n’a pas encore classés dans la catégorie des drogues, ce qui permet d’échapper à toute poursuite en cas de saisie. De plus, la consommation de ces nombreuses NSP en particulier des cannabinoïdes de synthèse échappe aux dépistages biologiques habituels réalisés dans la salive ou les urines. En effet, alors que la consommation des drogues traditionnelles comme le cannabis, l’héroïne, la cocaïne ou l’ecstasy est facilement mise en évidence par le dépistage salivaire ou urinaire, ces tests biologiques sont totalement inopérants pour les NSP. Ainsi le consommateur de cannabis échappera à tout contrôle en substituant à la résine de cannabis dans son tabac, des cannabinoïdes de synthèse qu’il peut se procurer le plus facilement du monde sur la toile. Leur détection impose en effet des tests spécifiques qui ne sont pas pratiqués en France et dans la plupart des pays, qu’il s’agisse du dépistage d’un conducteur dans le cadre de la sécurité routière, ou de la surveillance médicale d’un sujet exerçant une activité professionnelle à risque.

D’où proviennent-elles ? Internet : un marché en plein essor avec de nouvelles drogues de plus en plus diversifiées

L’analyse du marché est compliquée par l’émergence de NSP non réglementées donc inconnues par le droit international. Le produit fini, mais le plus souvent un intermédiaire de synthèse est fabriqué à très bas coût, en Chine ou en Inde, où il a une existence légale, puis il est vendu en Europe. Il arrive d’ailleurs qu’il enfreigne la réglementation de certains pays de l’UE. La plupart des cannabinoïdes synthétiques sont fabriqués en Chine, puis acheminés en vrac, par l’intermédiaire de réseaux de transport et de distribution ayant pignon sur rue. Une fois dans l’UE, ces cannabinoïdes sont généralement mélangés à des végétaux séchés ou pulvérisés, puis conditionnés comme « euphorisants légaux » pour être vendus sur Internet directement ou par des intermédiaires. Au premier semestre 2013, dix huit pays de l’UE ont fait état de plus de 1 800 saisies de cannabinoïdes de synthèse. Les plus importantes ont été déclarées par l’Espagne et par la Finlande. Enfin, ces nouvelles drogues sont parfois produites en Europe à partir d’intermédiaires de synthèse, dans des laboratoires clandestins, principalement localisés dans le Nord et l’Est de l’Europe, puis vendues directement. Comme dans de nombreux domaines, mais tout particulièrement celui des drogues, la vente sur Internet occupe une place grandissante et pose de sérieux problèmes pour son contrôle et pour freiner cette offre. La possibilité pour les fabricants, les grossistes, les revendeurs, les hébergeurs de sites web et de paiement d’être localisés dans différents pays, d’être de plus très mobiles, rend la situation particulièrement difficile à maitriser. A cela s’ajoute encore le recours croissant à des réseaux clandestins anonymes du cybermarché noir ou darknets pour écouler toutes ces drogues auprès des dealers et des consommateurs. En 2013, l’UE a recensé 651 sites Internet proposant sous le label legal highs c’est à dire « euphorisants légaux », ou sous des appellations des plus fantaisistes, afin d’en falsifier l’identité comme : « produit chimique destiné à la recherche » ou « engrais » voire « complément alimentaire ». Un nombre croissant de ces nouvelles drogues est aussi proposé à la vente en tant que simple médicament. L’étiquetage mentionne d’ailleurs le plus souvent que l’achat n’est pas destiné à la consommation humaine; c’est aussi habituellement avec la mention « not for human consumption » figurant sur l’emballage que ces cannabinoïdes de synthèse sont proposés.

Quels sont leurs effets pathologiques ?

Les doses trop élevées sont mortelles. Globalement les décès annuels par surdosage s’élèvent à 6100 pour l’Europe en 2012 dont environ 340 en France et demeurent une cause importante de mortalité évitable, surtout chez les jeunes. En ce qui concerne la toxicité des cannabinoïdes de synthèse, qui dominent largement le marché des NSP, celle-ci est beaucoup plus importante que celle du cannabis, avec d’une part un plus grand nombre d’effets secondaires toxiques. On note en particulier, une hypertension artérielle et des vertiges, mais surtout des hallucinations et une tachycardie qui menacent le pronostic vital. Des intoxications à conséquence mortelle par défenestrations et automutilations consécutives au syndrome hallucinatoire, infarctus du myocarde et arrêt cardiaque sont régulièrement rapportées. Les centres antipoison américains font état de la prise en charge de 7000 dossiers de patients victimes de cannabinoïdes de synthèse pour la seule année 2011. Pour les autres nouvelles drogues, l’UE a récemment relevé 135 décès consécutifs à la prise de trois d’entre elles. Face à l’imagination sans limites de chimistes véreux, les nouveautés proposées à la vente sont actives à des doses de plus en plus faibles, augmentant ainsi le risque de surdosage, c’est le cas des dérivés synthétiques d’un médicament très puissant, le fentanyl. Ainsi, avec 0,1 gramme de carfentanyl, on peut préparer 10 000 doses. Il s’y ajoute un réel problème analytique car ces drogues ne sont pas détectables par les méthodes classiques. En effet, elles sont présentes en très faibles concentrations dans l’organisme et leur analyse nécessite la mise en œuvre de techniques spécifiques. Quant à la mortalité qui leur attribuée, les statistiques sont donc vraisemblablement très largement sous-estimées.

Comment lutter contre leur prolifération ?

La production et l’offre de drogue constitue aujourd’hui l’activité principale de la criminalité organisée. Il est très lucratif, discret, il est beaucoup plus facile de dissimuler une usine qu’un champ de pavot ou de cannabis, il nécessite moins de personnel, sa distribution est difficile à repérer. Le volumineux marché actuel du cannabis, à la fois importé et cultivé sur place, joint à toutes les autres NSP a entraîné une prise de conscience des autorités de santé. Le danger sanitaire encouru est d’autant plus grand qu’il s’agit d’une activité extrêmement lucrative, en pleine expansion, permettant aux groupes criminels organisés de générer des liquidités au travers de profits tout à fait considérables, qu’il s’agisse d’ailleurs des drogues traditionnelles ou de NSP. L’émergence de ces dernières a également des conséquences sur la lutte antidrogue qui devient beaucoup plus difficile, puisque à partir d’une très faible quantité de principe actif, il est possible de produire un très grand nombre de doses. Ainsi alors qu’il faut respectivement 200 et 750 grammes  pour fabriquer 10 000 doses équivalentes de cocaïne ou d’ecstasy,  2,5 grammes suffisent pour le méthylfentanyl et 0,1 gramme pour le carfentanyl ! Cette réduction drastique facilite leur dissimulation et donc leur trafic. Conséquence immédiate, tandis que les décès dus à l’héroïne sont en recul d’une manière générale, dans certains pays les décès dus à ces fentanyls progressent très vite et dépassent désormais ceux attribués à l’héroïne ! La lutte contre la prolifération de ces NSP impose de remonter les filières jusqu’aux lieux de production. Ainsi en 2011, les autorités ont déclaré avoir démantelé 350 sites de production de dérivés amphétaminiques en Europe, pour la plupart localisées en République tchèque.

Cannabis : controverses, contrastes et contradictions.

Contrairement aux débats politiques où les discussions portent sur la légalisation ou non des produits à base de cannabis, sur le terrain les actions se concentrent essentiellement sur des mesures médicales permettant de prévenir et de répondre aux dommages individuels et aux problèmes sociaux induits par leur production et par leur consommation. Leurs effets délétères et les conséquences sur la santé des consommateurs sont de mieux en mieux identifiés. Le cannabis est à l’heure actuelle la drogue la plus souvent à l’origine d’une demande d’aide médicale parmi les patients dépendants et voulant débuter un traitement. Depuis une dizaine d’années, de nombreux pays ont réduit les sanctions infligées pour les infractions liées à sa simple consommation ou à sa simple possession. En revanche, des mesures sont prises en Europe pour réprimer l’offre et le trafic. Dans le même temps, l’OEDT constate que le nombre d’infractions liées à sa possession et à sa consommation augmente de façon constante depuis près de dix ans.

Les coûts à long terme des traitements liés à la drogue.

L’Europe doit faire face à un double défi : d’une part, élaborer des réponses efficaces aux problèmes émergents et, d’autre part, continuer à prendre en charge les usagers de drogues en traitement au long cours. La majeure partie des coûts liés à ces traitements est la conséquence des « épidémies » d’héroïne des années 1980 et 1990. L’OEDT estime qu’en 2011, il y avait en France entre 270 000 et 410 00 usagers de drogue hospitalisés. L’Union européenne a consacré des moyens considérables pour mettre des traitements à disposition de ces personnes qui seraient selon les estimations 750 000 à bénéficier d’un Traitement de Substitution aux Opiacés (TSO). La France avec sa cohorte de 152 000 patients sous TSO est le meilleur élève de la classe européenne après le Royaume-Uni qui en compte 170 000. Désormais, une plus grande attention est également accordée aux coûts sociaux qui en découlent.

Le constat est implacable, le danger existe, il est clairement identifié. Il se développe à la fois qualitativement avec « l’offre » de substances de plus en plus actives et toxiques et quantitativement par des fabrications industrielles de taille internationale. Les organisations nationales, l’observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT) et internationales (OEDT, etc.) suivent attentivement  la progression de ce danger, l’évaluent, en rendent compte régulièrement, mettent en garde contre les conséquences prévisibles et proposent de les combattre. Personne ne pourra dire qu’il n’était pas prévenu.

 

Ils sont à l’écoute des jeunes victimes d’addictions

Chaque année, le centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie accueille près de 200 jeunes en consultation. La moitié d’entre eux viennent pour la consommation de cannabis.

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Le cannabis en tête des produits consommés

Sur 171 patients de moins de 25 ans, le Centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (Csapa) a enregistré 82 cas de consommation de cannabis, en 2014. « Ça représente la moitié des personnes que l’on reçoit, explique le Dr David Le Boulanger. La plupart d’entre eux s’adressent à nous à la suite d’une décision de justice, pour un rappel sur la santé et une éventuelle évaluation d’un problème plus ou moins grave. » Il arrive aussi que des consommateurs viennent rencontrer un spécialiste pour en parler, de leur propre chef.

Si le cannabis est en tête des produits consommés, l’alcool représente 25 % des dépendances nécessitant l’attention du Csapa. « Mais pour les jeunes, l’alcool reste un produit festif. Ils vont se dire que c’est moins problématique que de fumer des joints », précise le Dr Le Boulanger. Le Csapa permet également d’appréhender des dépendances aux jeux d’argent, aux médicaments, au tabac, ou aux jeux vidéos, même si cela « reste à la marge ».

Le mal être ciblé en priorité

Six spécialistes interviennent au quotidien, notamment auprès des jeunes. À savoir, deux médecins, deux infirmières, une psychologue et une éducatrice spécialisée. Leur rôle : comprendre le consommateur, mais aussi faire de la prévention. « L’important, ce n’est pas vraiment le stade de l’addictologie, même si nous cherchons à l’évaluer, mais pourquoi le patient consomme tel ou tel produit, indique le Dr David Le Boulanger. On ne travaille pas sur le produit consommé, mais sur la santé. On effectue une prise en charge axée avant tout sur le mal être. »

Régulièrement, l’équipe intervient dans les établissements scolaires. Par exemple, au lycée Victor-Hugo, un créneau a été mis en place le mardi, tous les quinze jours, pour les élèves qui cherchent de l’aide. « Depuis six mois, je ne suis pas intervenu car il n’y a pas eu de demandes, précise le spécialiste. C’est à l’élève de se manifester pour que je puisse en discuter avec lui. »

Pas d’évolution marquante de la consommation

Mais l’important aujourd’hui, c’est aussi de former les personnels encadrant des jeunes de moins de 25 ans a repérer les problèmes éventuels. Il y a cinq ans, le programme « Aimes ta vie » a été mis en place par le Csapa. « L’avantage, c’est qu’il y a un suivi de la personne formée pour l’aider en cas de situation délicate. » Mais pour le Dr le Boulanger, la priorité réside également dans la nécessité d’une proximité avec les jeunes. « Il nous manque une structure pour mettre en place une permanence, afin de rencontrer les patients à n’importe quel moment. »

En 2014, le Dr David Le Boulanger n’a pas relevé d’évolution marquante de la consommation des adolescents et jeunes adultes. Mais, il note une forte augmentation des consultations pour les personnes plus âgées. En cause : « Certainement le chômage et la vie quotidienne où, finalement, on ne nous laisse pas le droit à l’erreur si l’on veut rester dans la course. »

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De Juin 2011 à Janvier 2015

Légaliser le cannabis « serait un signal désastreux » estime Chevènement

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Chevenement

Invité de l’émission Preuves par 3, Jean-Pierre Chevènement a réagi à la proposition de Daniel Vaillant de légaliser la consommation et la production de cannabis : « C’est original du point de vue de la politique agricole commune parce qu’il faudrait avoir une vue européenne des choses. Mais honnêtement, je pense que ce débat a déjà eu lieu à l’intérieur du gouvernement de la gauche plurielle. Il opposait Bernard Kouchner, ministre de la Santé, et moi-même. Moi, comme ministre de l’Intérieur, j’ai toujours été hostile ».

Le sénateur de Belfort  a réitéré son opposition à toute légalisation : « Aujourd’hui, je pense que ce serait un très mauvais signal donné vis-à-vis de la jeunesse parce qu’il y a des résines de cannabis qui sont aussi dures que les drogues les plus dures, et après le cannabis, nous aurions des trafics de cocaïne, d’héroïne, et vous ne changeriez pas les mœurs des trafiquants, des dealers qui empoisonnent nos cités.»

Concernant la ligne de Claude Guéant, qui estime que ce n’est pas parce que la lutte contre les dealers est dure qu’il faut l’abandonner, Jean-Pierre Chevènement a estimé : « Je pense que ça serait un signal désastreux, alors il faudrait avoir une vue d’ensemble de ce que cela signifierait du point de vue des drogues dans notre pays. Est-ce que vraiment ce serait efficace ? Alors je sais que M. Vaillant propose un débat public. Mais enfin, c’est déjà un signe. C’est déjà un signe, il dit ce qu’il pense. Je lui fais ce crédit. Mais il veut un débat public et il est évident qu’il leste quand même par avance la hotte du candidat de gauche à l’élection présidentielle. »

Par ailleurs, interrogé sur les prochaines élections sénatoriales, Jean-Pierre Chevènement ne croit pas à un basculement à gauche de la Haute Assemblée.

Enfin, il est également revenu sur le procès Colonna et la réquisition du Parquet. Ministre de l’Intérieur à l’époque où Claude Erignac a été assassiné, Jean-Pierre Chevènement estime que les « charges sont écrasantes ».

« Claude Erignac a été assassiné de manière particulièrement odieuse et lâche. Il se trouve que je le connaissais, j’ai pu vivre des moments très douloureux avec sa femme et ses enfants dans la journée qui a suivi. Naturellement, la justice doit faire son travail : j’étais encore ministre de l’Intérieur quand six membres du commando, qui a assassiné le Préfet Erignac, ont été arrêtés. Je connais leurs dépositions qui ont été faites en garde-à-vue mais les juges les connaissent également. Pour mois, les charges sont écrasantes parce qu’il y a aussi le témoignage des épouses. (…) « On ne peut pas imaginer de charges plus écrasantes que celles-là. » (…) « Il y avait « gloire à toi Yvan » sur les murs ou sur les falaises de Corse, pendant quatre ans, quand il se cachait. Pourquoi se cachait-il d’ailleurs ? Et je n’ai pas vu, après qu’Alessandri se soit désigné comme le coupable, après qu’il eût été condamné à trente ans de réclusion, des inscriptions « gloire à toi Alessandri ».

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28/01/2015 :Cannabis : le texte de Benbassa part en fumée au Sénat

Le Sénat a rejeté mercredi en commission la proposition de loi de l’écologiste Esther Benbassa qui vise à autoriser « l’usage contrôlé du cannabis » sous la houlette de l’Etat. Elle sera examiné en séance le 4 février.

Et si le cannabis devenait légal ?  Presque un an jour pour jour après le dépôt de la proposition de loi de l’écologiste Esther Benbassa (lire notre article sur le sujet), l’idée a encore du mal à passer au Sénat. Le sénateur EELV Jean Desessard dresse pourtant un rapport accablant de la politique de lutte contre le cannabis.

Malgré une répression sévère, et un cout estimé à 676 millions d’euros, la France reste l’un des premiers pays consommateurs de cannabis en Europe. On compte aujourd’hui 1,2 million d’usagers réguliers. En 2011, 42 % des jeunes de 17 ans avaient déjà expérimenté cette substance. Un constat cinglant, qui justifie selon le sénateur, la nécessité d’un usage contrôlé du produit. La vente au détail serait ainsi autorisée, mais encadrée par l’Etat.

« Assécher les mafias »

« Légaliser ca permettrait de contrôler le produit, d’assécher les mafias, de faire des économies dans la lutte contre la répression. Ça permettrait même de faire des économies grâce aux recettes puisque c’est l’Etat qui serait l’organisateur de la vente de cannabis » explique le sénateur EELV Jean Desessard (voir dans la vidéo).

Présenté ce matin en commission des affaires sociales, le rapport a été rejeté en masse. Un choix que justifie la sénatrice UMP Catherine Deroche (voir la vidéo) : « Ce qui est ressortie c’est que la proposition de loi telle qu’elle a été formulée était peut-être restrictive, et que ça devait partir sur un débat plus large, peut-être réévaluer aussi les propositions faites en matière de contravention pour les jeunes qui étaient pris en situation d’usage de cannabis, comment on travaillait mieux sur l’éducation thérapeutique. Le réduire a une simple loi avec un article disant on l’égalise dans certaines conditions des produits à certains dosage, nous paraissait trop restrictif et avec un message brouillé ». La proposition de loi  sera examinée en séance publique le 4 février prochain. Les initiateurs du texte devront savoir convaincre.

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Votre ado vous inquiète ? Consultez !

Cannabis, alcool, écrans… Si vous craignez qu’il dérape, sachez qu’il existe 400 lieux d’écoute pour vous aider. Ces structures méconnues font actuellement l’objet d’une campagne d’information.

JULES* a 16 ans et demi et, depuis deux ans, il fume. Du cannabis. Presque tous les jours, parfois dès midi. Si ce lycéen de première sait « quand il est clair » que sa consommation, qui le scotche « en mode qué-blo sur le canapé » est malsaine, « quand il est en crise, en parler avec lui devient impossible.

Et surtout rien n’y fait », soupire Jeanne*. C’est une mère seule et à bout, qui a pris sa demi-journée pour venir pousser la porte du Trait d’union : un centre d’accompagnement et de prévention en addictologie, en plein centre-ville de Boulogne (Hauts-de-Seine).

Ici, se niche aussi une consultation jeune consommateur (CJC), faite pour ceux qui s’inquiètent de la dérive d’un adolescent de 12 à 25 ans vers la dépendance : à la drogue, à l’alcool, aux jeux ou aux écrans. Jamais entendu parler ? C’est pour cela qu’elles font l’objet jusqu’au 8 février d’une campagne à la télévision et la radio. Des CJC, ouvertes aux adultes et pensées pour accompagner leurs enfants, les empêcher de s’empêtrer dans une addiction qui deviendrait nocive et difficile à surmonter, il en existe 400 en France. Des consultations anonymes et gratuites. Instaurées en 2005, elles sont en pleine relance. Un besoin qui se ressent au vu des chiffres de l’OFDT (Observatoire français des drogues et  des toxicomanies), qui pointent un penchant inquiétant des jeunes Français pour les addictions. 42 % des ados de 17 ans ont déjà expérimenté le cannabis et 53 % ont bu au moins cinq verres dans le mois.

« Tous nos ados ne sont pas dans une démarche destructive, loin de là », sourit Jean-Pierre Couteron, psychologue et président de la fédération Addictions, qui anime ces consultations à Boulogne. « Mais il est important qu’on leur donne l’espace et les moyens de temporiser, avant que ça ne dérape vers des problèmes graves. Quand on est étudiant, on peut boire pour fêter un examen. Mais pas avant, ni systématiquement du jeudi au dimanche ! »

Les jeunes poussent évidemment rarement la porte les premiers. La première consultation s’adresse aux parents, pour trouver avec eux comment inciter leur enfant à venir au moins une fois. « Il faut lui présenter un intérêt à le faire », explique Jean-Pierre Couteron : « Si vous demandez à un adolescent d’aller se faire soigner d’une addiction il ne viendra pas. Si le rendez-vous est une obligation, il s’assiéra devant vous sans piper mot et il ne se passera rien. » Sceller une alliance pour parvenir à une transaction partagée, c’est tout l’enjeu quand le jeune vient à son tour. Pas de concessions. : « Quand ils répliquent tous que tout le monde le fait, la réponse est : Non, ce n’est pas vrai. » Pas question pour autant de se poser en juge, ni de nier l’aspect plaisir. « Depuis sa fenêtre, un ado ne voit que des avantages à fumer ou à boire. L’intérêt de cette consultation, c’est qu’il soit surpris de se trouver face à un adulte capable de reconnaître que sa drogue est pour lui à un moment donné une solution. » Juste par plaisir ou pour masquer un problème plus sérieux, comme Chloé (lire ci-contre), qui nécessiterait une prise en charge plus longue. Quelle place sa consommation occupe-t-elle dans sa vie ? « On l’oblige à faire un pas de côté pour se regarder, ensuite on peut lui fixer des objectifs atteignables. » La plupart du temps, en quelques séances, le pire est évité.

* Les prénoms ont été changés. L’annuaire de ces consultations fait l’objet d’une page spéciale sur le site Drogues-info-service.fr.

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Editorial : Cannabinoïdes mortels, ça vous étonne ?  Une catastrophe peut -elle en  prévenir une autre ?

Le dernier message du blog (voir ci dessous) :   « Russie, Plus de 700 intoxications au cannabis synthétique« , est terrifiant, instructif et confirme ce que beaucoup d’entre nous répètent  à longueur de messages. Les apprentis sorciers à la recherche de drogues de plus en plus actives (et chères) font des ravages : le cannabis synthétique, en fait les cannabis synthétiques, les  cannabinoïdes, ont tué en Russie et la Douma va légiférer, certainement par un niet définitif.

Le message sera-t-il entendu chez nous, n’est-il pas temps de prendre la mesure de ce danger des cannabinoïdes  de synthèse, de plus en plus puissants, demande exige, mais aussi de plus en plus toxiques, et avec eux des autres drogues de synthèse pour en faire la chasse et les interdire définitivement et sans tergiverser.

Nous ne cessons de les dénoncer (voir les messages de Jean-Pierre Goullé dans les lettres N° 29 et 31 du CNPERT), elles inondent l’Europe, leur marché prospère dans une relative indifférence .

Ne peut-on prendre en compte la malheureuse expérience russe pour anticiper le risque de les voir déferler sur notre territoire.

Le législateur serait bien avisé d’accepter que sous le vocable de « cannabis », il y a beaucoup d’autres substances toxiques autres que le THC qui s’engouffreront dans la brèche qu’il veut créer et qu’il ne contrôlera pas.  Une modification réglementaire de la liste visant leur interdiction est nécessaire .

Jean-Paul Tillement

Editorial : le blog est en deuil.

DELAVEAU-P (1)C’est avec une grande tristesse que nous annonçons le décès brutal du Professeur Pierre Delaveau dans la nuit du 24 au 25 Août 2014 à Tours.

Membre du CNPERT, il avait adhéré très tôt, avec enthousiasme, à l’idée de la création du blog auquel il a apporté travail, soutien et compétences. Spécialiste des plantes médicinales, il en surveillait les possibilités d’emploi thérapeutique mais aussi les déviances et plus particulièrement les toxicomanies provoquées par les plantes hallucinogènes et euphorisantes.

Son message était clair : le règne végétal peut fournir de nombreuses plantes psychoactives, bien répertoriées, facilement  accessibles.

La puissance des pourvoyeurs de drogues est telle qu’ils peuvent à partir du vivier qu’elles représentent, multiplier leurs offres dans tous les pays, pratiquement sans restriction. C’est la raison pour laquelle notre collègue s’opposait fermement à toute libéralisation de la consommation de cannabis sachant bien que ce serait le début d’une explosion de la consommation de drogues et qu’alors d’autres plantes et substances dérivées suivraient le même chemin, cannabinoïdes, cocaïne et dérivés, substances de synthèse etc…

Pourquoi en tolérer une et pas les autres ? La situation actuelle montre que le danger est bien réel avec le développement nouveau de la consommation de Khat, de solanées et de champignons hallucinogènes.

A l’évidence, le risque est grand de multiplier les toxicomanies.

Pharmacien, docteur en médecine, docteur ès sciences, Pierre Delaveau a enseigné la pharmacognosie à la faculté de pharmacie de Paris et parallèlement a dirigé le service de biologie de l’hôpital Foch de Suresnes. Membre des académies de médecine,  pharmacie et de l’académie dentaire, il avait participé à de nombreuses commissions professionnelles, administratives et réglementaires nationales et européennes.

Il était Chevalier de la légion d’honneur, officier dans l’ordre national du Mérite et officier dans l’ordre des Palmes académiques.

Il était notre référent dans le domaine des substances psychoactives d’origine végétale. Enthousiaste, passionné, il n’a cessé de multiplier les mises en garde contre la consommation des drogues et leurs méfaits, particulièrement chez les sujets jeunes lors de la maturation cérébrale.

Avec le professeur Pierre Delaveau, nous perdons un Maitre, un sage et un excellent communicant qui ne se départait jamais d’une rare élégance et d’une grande courtoisie.

Nous perdons aussi un ami fidèle, un conseiller toujours disponible et attentif, un soutien sans faille.

Nous présentons à son épouse, à ses enfants et petits enfants nos bien sincères condoléances, nous partageons leur chagrin sachant que nous conserverons le beau souvenir de la place qu’il a prise dans notre action.

Il a été enterré dans l’intimité familiale le 29 Août. Un hommage solennel lui sera rendu à l’Académie nationale de pharmacie le 17 Septembre à 14h30, 4 avenue de l’Observatoire  Paris 6e.

 JP Tillement et JP Goullé

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J’ai appris, avec une peine indicible, le décès de notre parfait et magnifique ami, le professeur Pierre Delaveau,
Beaucoup de ceux à qui j’effectue le transfert de ces mails variés le connaissaient et l’appréciaient.
Il en était un des récipiendaires de ces mails, il  appréciait beaucoup d’entre eux, mais évidemment pas tous; il m’incitait à lui en adresser d’autres.
Je poursuivrai ces envois, mais un peu plus tard.
Comme disait le poête « ne me secouez pas, je suis plein de larmes »… et je sais que beaucoup d’entre vous aussi..
Professeur Jean Costentin

La Lettre du CNPERT de Juillet 2014 est disponible en cliquant ici

Radio Canada : le cannabis chez nos ados

 Cette semaine on s’intéresse aux effets de l’utilisation du cannabis chez nos adolescents.

Docteure Louise Perreault, pédiatre, directrice du département de pédiatrie du Centre de santé et des services sociaux de Rouyn-Noranda, est avec nous pour en parler…

Pour écouter cliquez ici

 

Le professeur Costentin sur RTL

Ecouter la suite de l’émission (à partir de 9’20 »)

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