Votre ado vous inquiète ? Consultez !

Cannabis, alcool, écrans… Si vous craignez qu’il dérape, sachez qu’il existe 400 lieux d’écoute pour vous aider. Ces structures méconnues font actuellement l’objet d’une campagne d’information.

JULES* a 16 ans et demi et, depuis deux ans, il fume. Du cannabis. Presque tous les jours, parfois dès midi. Si ce lycéen de première sait « quand il est clair » que sa consommation, qui le scotche « en mode qué-blo sur le canapé » est malsaine, « quand il est en crise, en parler avec lui devient impossible.

Et surtout rien n’y fait », soupire Jeanne*. C’est une mère seule et à bout, qui a pris sa demi-journée pour venir pousser la porte du Trait d’union : un centre d’accompagnement et de prévention en addictologie, en plein centre-ville de Boulogne (Hauts-de-Seine).

Ici, se niche aussi une consultation jeune consommateur (CJC), faite pour ceux qui s’inquiètent de la dérive d’un adolescent de 12 à 25 ans vers la dépendance : à la drogue, à l’alcool, aux jeux ou aux écrans. Jamais entendu parler ? C’est pour cela qu’elles font l’objet jusqu’au 8 février d’une campagne à la télévision et la radio. Des CJC, ouvertes aux adultes et pensées pour accompagner leurs enfants, les empêcher de s’empêtrer dans une addiction qui deviendrait nocive et difficile à surmonter, il en existe 400 en France. Des consultations anonymes et gratuites. Instaurées en 2005, elles sont en pleine relance. Un besoin qui se ressent au vu des chiffres de l’OFDT (Observatoire français des drogues et  des toxicomanies), qui pointent un penchant inquiétant des jeunes Français pour les addictions. 42 % des ados de 17 ans ont déjà expérimenté le cannabis et 53 % ont bu au moins cinq verres dans le mois.

« Tous nos ados ne sont pas dans une démarche destructive, loin de là », sourit Jean-Pierre Couteron, psychologue et président de la fédération Addictions, qui anime ces consultations à Boulogne. « Mais il est important qu’on leur donne l’espace et les moyens de temporiser, avant que ça ne dérape vers des problèmes graves. Quand on est étudiant, on peut boire pour fêter un examen. Mais pas avant, ni systématiquement du jeudi au dimanche ! »

Les jeunes poussent évidemment rarement la porte les premiers. La première consultation s’adresse aux parents, pour trouver avec eux comment inciter leur enfant à venir au moins une fois. « Il faut lui présenter un intérêt à le faire », explique Jean-Pierre Couteron : « Si vous demandez à un adolescent d’aller se faire soigner d’une addiction il ne viendra pas. Si le rendez-vous est une obligation, il s’assiéra devant vous sans piper mot et il ne se passera rien. » Sceller une alliance pour parvenir à une transaction partagée, c’est tout l’enjeu quand le jeune vient à son tour. Pas de concessions. : « Quand ils répliquent tous que tout le monde le fait, la réponse est : Non, ce n’est pas vrai. » Pas question pour autant de se poser en juge, ni de nier l’aspect plaisir. « Depuis sa fenêtre, un ado ne voit que des avantages à fumer ou à boire. L’intérêt de cette consultation, c’est qu’il soit surpris de se trouver face à un adulte capable de reconnaître que sa drogue est pour lui à un moment donné une solution. » Juste par plaisir ou pour masquer un problème plus sérieux, comme Chloé (lire ci-contre), qui nécessiterait une prise en charge plus longue. Quelle place sa consommation occupe-t-elle dans sa vie ? « On l’oblige à faire un pas de côté pour se regarder, ensuite on peut lui fixer des objectifs atteignables. » La plupart du temps, en quelques séances, le pire est évité.

* Les prénoms ont été changés. L’annuaire de ces consultations fait l’objet d’une page spéciale sur le site Drogues-info-service.fr.

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