Ils sont à l’écoute des jeunes victimes d’addictions

Chaque année, le centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie accueille près de 200 jeunes en consultation. La moitié d’entre eux viennent pour la consommation de cannabis.

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Le cannabis en tête des produits consommés

Sur 171 patients de moins de 25 ans, le Centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (Csapa) a enregistré 82 cas de consommation de cannabis, en 2014. « Ça représente la moitié des personnes que l’on reçoit, explique le Dr David Le Boulanger. La plupart d’entre eux s’adressent à nous à la suite d’une décision de justice, pour un rappel sur la santé et une éventuelle évaluation d’un problème plus ou moins grave. » Il arrive aussi que des consommateurs viennent rencontrer un spécialiste pour en parler, de leur propre chef.

Si le cannabis est en tête des produits consommés, l’alcool représente 25 % des dépendances nécessitant l’attention du Csapa. « Mais pour les jeunes, l’alcool reste un produit festif. Ils vont se dire que c’est moins problématique que de fumer des joints », précise le Dr Le Boulanger. Le Csapa permet également d’appréhender des dépendances aux jeux d’argent, aux médicaments, au tabac, ou aux jeux vidéos, même si cela « reste à la marge ».

Le mal être ciblé en priorité

Six spécialistes interviennent au quotidien, notamment auprès des jeunes. À savoir, deux médecins, deux infirmières, une psychologue et une éducatrice spécialisée. Leur rôle : comprendre le consommateur, mais aussi faire de la prévention. « L’important, ce n’est pas vraiment le stade de l’addictologie, même si nous cherchons à l’évaluer, mais pourquoi le patient consomme tel ou tel produit, indique le Dr David Le Boulanger. On ne travaille pas sur le produit consommé, mais sur la santé. On effectue une prise en charge axée avant tout sur le mal être. »

Régulièrement, l’équipe intervient dans les établissements scolaires. Par exemple, au lycée Victor-Hugo, un créneau a été mis en place le mardi, tous les quinze jours, pour les élèves qui cherchent de l’aide. « Depuis six mois, je ne suis pas intervenu car il n’y a pas eu de demandes, précise le spécialiste. C’est à l’élève de se manifester pour que je puisse en discuter avec lui. »

Pas d’évolution marquante de la consommation

Mais l’important aujourd’hui, c’est aussi de former les personnels encadrant des jeunes de moins de 25 ans a repérer les problèmes éventuels. Il y a cinq ans, le programme « Aimes ta vie » a été mis en place par le Csapa. « L’avantage, c’est qu’il y a un suivi de la personne formée pour l’aider en cas de situation délicate. » Mais pour le Dr le Boulanger, la priorité réside également dans la nécessité d’une proximité avec les jeunes. « Il nous manque une structure pour mettre en place une permanence, afin de rencontrer les patients à n’importe quel moment. »

En 2014, le Dr David Le Boulanger n’a pas relevé d’évolution marquante de la consommation des adolescents et jeunes adultes. Mais, il note une forte augmentation des consultations pour les personnes plus âgées. En cause : « Certainement le chômage et la vie quotidienne où, finalement, on ne nous laisse pas le droit à l’erreur si l’on veut rester dans la course. »

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