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Montereau : du théâtre interactif pour prévenir des dangers de la drogue

Sophie Bordier | 19 Janv. 2016, 17h08 | MAJ : 19 Janv. 2016, 17h08

Montereau, ce lundi. France-Lise, jeune femme suivie par la Mission locale, improvise avec l’acteur pour le convaincre de ne plus toucher à l’héroïne.
Montereau, ce lundi.
France-Lise, jeune femme suivie par la Mission locale, improvise avec l’acteur pour le convaincre de ne plus toucher à l’héroïne.(LP/Sophie Bordier)

C’est l’histoire d’une descente aux enfers, celle de Julien, un jeune qui consomme des joints de cannabis, puis passe à l’ecstasy… jusqu’à l’héroïne. Une addiction qui l’envoie six mois en prison pour vol (pour se payer sa came) et se termine par l’overdose et la mort.

Lundi, à la Mission locale de Montereau, trente-cinq jeunes, âgés de 16 à 25 ans, ont pu suivre cette pièce de théâtre interprétée par la Compagnie du Chaos. Tout est évoqué : l’influence des copains dans le passage à l’acte, l’ambiguïté entre l’envie d’aventure et les limites du corps et du psychisme, la liberté que l’on croit avoir alors qu’on ignore la dépendance à venir et même souvent les composants des produits consommés…

Les jeunes de la Mission locale sur scèneSelon Elise Roth, de la Compagnie du Chaos, « l’ecstasy est parfois coupée à la lessive ou l’aspirine et présente le risque de déshydratation, d’arrêt cardiaque, de rester perché à vie… » Dans ce théâtre interactif, les jeunes présents ont pu improviser sur scène pour donner leur vision des choses. Ainsi, France-Lise admet mal que le personnage de Julien replonge dès que son dealeur lui laisse une dose « pour un dernier trip d’enfer » alors qu’il a dit vouloir aller au centre de désintoxication. Avec ses mots, elle donne la réplique à l’acteur : « Tu arrêtes une fois, deux fois, trois fois… Si tu as vraiment la volonté, tu arrêteras. Mais là, tu te fous de ma gueule ! » Rires et applaudissements. A la fin, le public repart satisfait. « Cela raconte ce qui se peut se passer si on y touche », commente Cidji, 18 ans. Pour Willem, 21 ans, « C’est du concret pour montrer la dangerosité dans le temps… »

Accident thérapeutique à Rennes. Un produit à base de cannabis en cause

Un homme a été déclaré en état de mort clinique ce vendredi matin après avoir testé une molécule dans le cadre d’un essai thérapeutique conduit par un laboratoire privé.
L’essai porterait sur un produit analgésique à base de cannabis dans un centre de recherche agréé par le ministère de la Santé.

Le parquet aurait ouvert une enquête en flagrance et a indiqué qu’il donnerait rapidement de plus amples informations, toujours selon plusieurs médias.

DIRECT- Essai thérapeutique à Rennes : mort cérébrale d’un patient

Cinq autres personnes ont été également hospitalisées, en début de semaine. Leur état de santé est jugé inquiétant.

Alertée, la Ministre de la santé, Marisol Touraine, a pris la décision de se rendre en urgence à Rennes où elle tiendra une conférence de presse au centre hospitalier universitaire de Pontchaillou ce vendredi à 14h30.

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Les nouvelles drogues les plus puissantes (et leurs effets)

A l’approche d’un sommet de l’ONU spécial drogue, Linternaute.com a recensé pour vous les nouveaux stupéfiants les plus puissants à l’échelle mondiale. Et leurs effets inquiétants.

« Drogue lèpre » ou « souffle du diable », il suffit parfois d’entendre leurs surnoms pour trembler. Au 21e siècle, des drogues innovantes, bien qu’imitant souvent ou même nées de drogues plus anciennes, tracent leur route aux côtés des « classiques » (héroïne, cocaïne…). Si leur fonction reste la même – créer l’euphorie ou booster la performance -, leur composition se révèle souvent de synthèse. Plus dosées, elles vont jusqu’à ronger votre chair ou vous transformer en zombie. Aujourd’hui, ces substances psychoactives, moins chères et souvent accessibles facilement sur le Web, se multiplient en Europe ou à ses portes : l’OEDT (Observatoire européen des drogues et des toxicomanies) a chiffré l’apparition de plus d’une centaine de nouvelles drogues en 2014.

Pour en savoir plus sur ces nouvelles drogues et leur impact, cliquez ici

En 2016, un sommet spécial de l’ONU (UNGASS) doit avoir lieu pour mettre sur la table les politiques des Etats membres en matière de drogue, à la demande de pays très touchés comme la Colombie. A l’heure où la légalisation de drogues plus classiques pose question dans de nombreux pays et où le numérique banalise les achats de stupéfiants sur lesquels on a peu de recul, le temps presse.

Les drogues de synthèse possèdent plusieurs vies. L’ecstasy, brevetée en 1913 et popularisée dans les années 90 au moment du mouvement techno, fait par exemple actuellement son retour sous forme de « MDMA »… la même drogue présentée comme un nouveau produit. « Comme c’est une nouvelle génération d’usagers, plus jeunes, ils ne font pas le lien entre MDMA et ecstasy. (…) Et comme c’est un produit qui paraît nouveau, ça attire énormément », précise le docteur Agnès Cadet-Taïrou, spécialiste des nouvelles drogues récemment sollicitée par Les Inrocks. La MDMA fait partie des NPS (les nouveaux produits de synthèse). La fausse nouvelle drogue, plus colorée et surtout plus dosée que sa grande soeur, est depuis 2010 (re)devenue la star des soirées festives et techno. Selon l’enquête Escapad de l’OFDT publiée en mai 2015 et concernant 2014, au moins 3 % des jeunes français de 17 ans interrogés disaient alors l’avoir déjà expérimentée.

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Dépistage du cannabis : les lycéens répondent à Valérie Pécresse

La proposition de la nouvelle présidente de la région Ile-de-France est loin de faire l’unanimité dans les lycées : Valérie Pécresse a confirmé dimanche son intention de mettre en place dès 2016 des tests salivaires de dépistage de consommation de drogue dans les 470 établissements franciliens.

Le Lycée Rodin

Le lycée Rodin, dans le 13e arrondissement de Paris. (Laurine Benjebria/JDD)

Ils ont entre 15 et 18 ans, révisent leurs devoirs, le baccalauréat ou les prochains concours pour les écoles supérieures. Pour se relaxer ou faire la fête, certains lycéens choisissent de fumer du cannabis de manière plus ou moins régulière. A la sortie de leurs cours ou pendant leur pause déjeuner, lorsqu’ils discutent destests salivaires voulus par Valérie Pécresse, les jeunes franciliens laissent échapper de larges sourires et des rires amusés. Si certains accueillent d’un bon œil cette mesure, la plupart des élèves y voient une mauvaise manière de se pencher sur le problème de la drogue.

Sous la pluie battante, Valentina sort du lycée Louis-le-Grand, le sac Longchamp sur l’épaule. L’élève de 17 ans aux cheveux noirs bien lisses admet avoir déjà fumé du cannabis, mais pour elle, la mesure de Valérie Pécresse ne devrait pas s’appliquer à tous les établissements : « Ici, les élèves sont hyper craintifs, ils ont peur des répercussions donc cette mesure pourrait marcher, mais seulement ici car on n’est pas dans une cité! » La drogue est cependant loin d’être l’apanage des lycées de banlieues et de cité, bien au contraire. A quelques mètres de Louis-le-Grand se dresse le Lycée Henri IV et le discours n’est déjà pas le même. « Beaucoup de gens fument du cannabis ici, ça vient avec le stress des cours! », confie Médéric. Cet élève en littérature est un habitué de la fumette. Pour le jeune blond de 17 ans, la consommation de drogue est indissociable des cours. « Le cannabis, ça me permet de me relaxer, de mieux dormir et de ne pas penser à tout ce qui m’attend dans la semaine. »

Le lycée Henri IV, dans le 5e arrondissement de Paris. Laurine Benjebria/JDD

A quelques pas de lui, Mihaela, 17 ans, salue avec enthousiasme cette mesure : « Ca réduira la consommation de ceux qui fument et ça en empêchera plusieurs de commencer. A 14 ans, j’ai voulu essayer par curiosité, mais si j’avais eu un test salivaire à l’école, je ne l’aurais pas fait. » Avant d’arriver en France, l’adolescente vivait en Moldavie, où les campagnes de sensibilisation sont moins nombreuses qu’en France, et « pourtant on fume beaucoup moins là-bas qu’ici, même des cigarettes. La société moldave critique beaucoup plus la drogue, alors qu’ici c’est banalisé. » Lutter contre la banalisation du cannabis au lycée, tel est bien l’objectif de Valérie Pécresse. La nouvelle présidente de région s’inquiète des conséquences que peut avoir la consommation de drogue à savoir « la démotivation, le décrochage et l’échec », comme elle l’expliquait au Parisien en novembre dernier.

Pour d’autres lycéens, l’accueil de la mesure est plus catégorique : « C’est de la merde! », laisse échapper Juliette. La lycéenne de 15 ans fume déjà du cannabis plusieurs fois par semaine. En seconde générale dans le 13e arrondissement de Paris, l’adolescente doute des effets positifs de cette mesure. « Peut-être que si mes parents étaient informés de ma consommation de drogue, je fumerai moins, mais ça ne m’empêchera pas de fumer. Je trouverais d’autres moyens. » Trouver d’autres endroits, se cacher ou fumer seulement en début de week-end, les étudiants ont déjà réfléchi à différentes techniques pour éviter les tests de dépistage positifs. Les tests salivaires ne semblent pas inquiéter ces lycéens qui ont plutôt peur des effets pervers que cela pourrait entraîner. « On met des bâtons dans les roues des fumeurs, mais ça ne réglera pas le problème. Au contraire, ça risque de créer des effets pervers. Si on commence à faire de l’école un lieu de répression, le taux d’absentéisme et de déscolarisation risque d’augmenter », s’inquiète Médéric.

Le lycée Louis Le Grand. Laurine Benjebria/JDD

Ils sont nombreux à évoquer les répercussions que pourrait avoir cette mesure. Le problème du tabagisme passif est sur les lèvres d’une grande majorité des lycéens. Tous décrivent une situation d’injustice pour ces adolescents qui risqueraient autant que les fumeurs réguliers. Matthieu, étudiant en Terminale scientifique, s’inquiète pour sa part des relations familiales qui pourraient pâtir des avertissements des tests salivaires positifs. « Avertir les parents, ça peut détruire des relations parents/enfants, à un âge où on en a terriblement besoin. Et si en plus on commence à créer des statistiques selon les lycées, on va commencer à juger un lycée simplement sur ça. »

S’ils doutent de l’efficacité des tests salivaires, les lycéens ne sont pas non plus entièrement satisfaits des campagnes de prévention et de sensibilisation qui leur sont données depuis le collège. « Les campagnes de sensibilisation ne sont jamais prises au sérieux au lycée. On en rigole et c’est limite si cela ne nous donne pas envie d’essayer la drogue », avertit Matthieu, ses 17 ans. Au lycée Rodin, Eva dépeint un décalage entre ce qu’elle entend dans les campagnes de sensibilisation et ce qu’elle voit au sein de son entourage. Elle ne s’inquiète pas pour autant de la consommation de drogue de ses amis : « Fumer du cannabis, c’est hyper personnel et c’est un effet de mode. Oui certains vont vraiment tomber dans la drogue, mais ils seront plus nombreux à arrêter avec le temps. Ça dépend de chacun, on ne peut pas juger sur l’ensemble des élèves de la région. »

Le lycée Claude Monnet, dans le 13e. Laurine Benjebria/JDD.

Ces campagnes de sensibilisation données par la médecine scolaire ou par des officiers policiers permettent de mettre en avant les risques judiciaires, médicaux et scolaires liés à la drogue. S’ils apprécient ces initiatives, les lycéens regrettent qu’elles ne leur soient pas offertes plus tôt. C’est le cas de Jeanne. A 16 ans, l’élève de Première n’est pas contre une campagne de sensibilisation, « mais plus tôt car au lycée c’est trop tard, on a tous essayé. Il faudrait aussi nous présenter des jeunes ou des adultes qui en sont devenus accrocs pour qu’ils nous parlent de leur expérience. »

Dans ces grands établissements scolaires où se côtoient collégiens, lycéens et classes préparatoires, la drogue est un sujet devenu commun. Tous s’accordent pour dire que la mesure de la nouvelle présidente de la région Ile-de-France n’attaque pas le problème du bon côté. Sensibiliser individuellement les élèves et favoriser les dialogues entre les parents et leurs enfants, telles sont les mesures proposées par ces adolescents de quatre lycées parisiens.

Une mesure qui a du mal à passer auprès des lycéens Des campagnes de sensibilisation tardives qui ne sont pas prises au sérieux »Cette mesure aura des effets pervers »

Colloque MILDECA AVIESAN – « Jeunes et cannabis : recherche, prévention et accompagnement »

La Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives et l’Alliance nationale pour les sciences de la vie et de la santé (AVIESAN) organisent le 11 février prochain un colloque destiné à faire le point des connaissances sur les risques associés à l’usage de cannabis et les stratégies de prévention efficaces en direction des jeunes.

L’événement permettra de réunir scientifiques et experts reconnus en France et à l’étranger sur le sujet devant un public de scientifiques mais également de professionnels du champ (prévention, soin, justice).

Cette initiative s’inscrit dans la continuité des activités soutenues par la MILDECA pour favoriser le transfert des connaissances sur les addictions en réponse notamment aux recommandations de l’expertise collective Inserm 2014 sur les Conduites addictives à l’adolescence commandée par la MILDECA.

le 11 février 2016
Petit Auditorium de la BNF
Quai François Mauriac
75013 Paris

Inscription gratuite mais obligatoire dans la limite des places disponibles

Forte hausse de la consommation de drogue dans les lycées et les collèges : les raisons de l’échec

 

Le ministère de l’Education nationale vient de publier les résultats d’une étude menée sur l’année scolaire 2014-2015, pour comparer les incidents enregistrés dans les 3.300 collèges et lycées publics par rapport aux années passées. La part de la consommation de stupéfiants continue d’augmenter, à 3,8 % contre 1,5 % seulement en 2010-2011. Elle atteint même 10 % du total des incidents dans les lycées (contre 4 % quatre ans auparavant).

Atlantico : Comment expliquez-vous cette forte hausse de la consommation de stupéfiants chez les jeunes ? 

Serge Lebigot : Lorsque la ministre de l’Éducation nationale appelle à la légalisation du cannabis et la ministre de la Santé, qui défend l’instauration des salles de shoot, le discours ambiant depuis 2012 va dans le sens de la dépénalisation et encourage la consommation de stupéfiants. Il ne faut pas s’étonner du résultat. Quant à la MIDLECA, la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives a englobé toutes les sortes d’addiction comme pour mieux évincer le problème spécifique posé par la toxicomanie.

Toutes les semaines, je sors le barème sur le tabac et je ne vois aucun barème concernant les drogues comme s’il n’y avait plus de drogue en France alors que c’est la mission première de cet organisme. On ferait mieux de le fermer vu son inutilité.

Dan Véléa: C’est un échec patent du répressif qui ne donne aucun résultat. Plus on interdit, plus la chose interdite représente un attrait. Il faut repenser le problème de la toxicomanie de fond en comble du coté de prévention. 

Quelles sont les raisons sociétales de la consommation ?

Serge Lebigot : Il faut arrêter avec cette culture de l’excuse et les raisons sociétales en font parties. Ce n’est pas par détresse mais par plaisir que les adolescents consomment de la drogue. Rejeter la faute sur l’école qui exercerait une pression trop forte sur l’élève n’explique pas la hausse de la consommation de drogue. Le système scolaire anglais a un niveau d’exigence plus élevé que le nôtre, pourtant l’Angleterre enregistre une baisse signifiante de la consommation de stupéfiants comme dans d’autres pays européens. Cette baisse ne se vérifie pas en France. Invoquer les raisons sociales et psychologiques évite de reconnaître que le gouvernement est fautif et qui mène une politique trop laxiste.

Dan Véléa : Il y a un déterminisme social et psychologique qui explique ce recours à la drogue. Devant le culte de la performance, les adolescents éprouvent une grande anxiété de ne pas se sentir à la hauteur et perçoivent la drogue comme un refuge. Par ailleurs, avec la crise économique, le chômage, la précarité qui concernent de nombreux emplois, ils ont une vision pessimiste de leur avenir. Prisonnier d’un présent qu’ils ne les satisfait pas et ne pouvant se projeter dans l’avenir, ils préfèrent s’échapper de cette réalité déconcertante. Le soutien de substances psychoactives (alcool, cannabis, cocaïne) ou d’addictions comportementales (jeu pathologique, addictions sexuelles, cyberdépendance) devient donc un moyen d’adaptation au stress. Chez les adolescents qui rencontrent des difficultés avec leur propre image ou leur identité, l’addiction permet de s’adapter à des conditions de vie difficiles, au stress environnemental généré par le culte de la performance, par les insatisfactions répétées. Cette auto thérapie à travers les comportements addictifs serait une façon pour eux de surmonter les difficultés de la vie, de faire face, qui éviterait à l’usager de passer à l’acte, c’est-à-dire de se suicider. Quant aux professeurs et aux parents, ils sont complètement démunis pour répondre à cette détresse. 
Cette hausse est-elle dû à l’absence de mesures politiques ? 

Serge Lebigot : Bien sûr ! Les réponses pour enrayer la consommation de stupéfiants doivent être politiques et pénales. Les gouvernements successifs refusent systématiquement depuis 20 ans d’appliquer des mesures préventives nécessaires, notamment la prévention dès le plus jeune âge, dès le CM1, CM2, avant la rentrée au collège. Il faut bien comprendre qu’en quatrième, il y a déjà 30% des élèves qui se sont déjà fait proposer de la drogue à la sortie et que la cocaïne est largement consommée en lycée. L’âge moyen de la première consommation est de 13 ans, ce qui est très inquiétant.

La prévention que l’on fait en classe de seconde aujourd’hui en France arrive donc bien trop tard. C’est en amont qu’il faut agir.

Les pays du Nord de l’Europe comme la Suède parviennent à anticiper et les adolescents évitent de découvrir la drogue au collège et au lycée. Il est également urgent de mettre en place des tests de détection de drogue dans les écoles comme c’est le cas dans plusieurs pays. Ces tests permettraient de prévenir les parents et d’aider les enfants qui sont déjà en danger et qui sont des consommateurs quotidiens. Enfin, il faut une justice plus répressive pour les dealers. Comment voulez-vous qu’un dealer qui a été condamné à un an de prison dont 11 mois avec sursis ne soit pas encouragé à dealer d’avantage ? Ceux qui sont condamnés à cinq ans, ne prennent jamais cinq de prison ferme. Il faut également arrêter de classer par catégorie les dealers : le petit-dealer, le dealer consommateur, le gros dealer. Cette catégorisation évite d’appliquer les peines car on va chercher des excuses, le dealer consommateur deale, parce qu’il consomme. Et puis s’il consomme c’est parce que c’est la faute de la société. Mais un dealer est un dealer et la sanction doit être la même. Les lois laxistes de Mme Taubira n’ont fait que développer le sentiment d’impunité et favoriser le trafic de stupéfiant. L’ouverture des salles de shoot prévue au premier trimestre 2016 va être catastrophique. Autour des salles il y aura un périmètre de sécurité, mais des dealers graviteront et ce sera une zone d’attraction pour les adolescents qui cherchent à se fournir. On paye les conséquences de l’idéologie soixante-huitardes angélique et anti-représsive.

Dan Véléa: Non c’est un problème sociétal. La réponse doit être pédagogique et préventive. Le système scolaire est trop élitiste et crée une séparation entre les élèves qui réussissent très bien et ceux qui sont en échec scolaire et qui éprouvent un sentiment d’exclusion. Pour faire baisser le taux de toxicomanie chez les adolescents, il faut adapter le système scolaire à ce problème d’addiction, sensibiliser les professeurs et les parents.

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Dan Véléa :Le Docteur Dan Véléa est psychiatre addictologue à Paris.

Il est l’auteur de nombreux ouvrages sur les addictions, dont Toxicomanie et conduites addictives (Heures-de-France). Avec Michel Hautefeuille, il a co-écrit Les addictions à Internet (Payot) et Les drogues de synthèse (PUF, Que sais-je ?, Paris, 2002).

Serge Lebigot Président de l’association Parents contre la drogue,

Serge Lebigot est également l’auteur de l’ouvrage Le dossier noir du cannabis (Eds Salvator) et de Cannabis : ce que les gens doivent savoir (Eds Lethielleux.

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La preuve des dangers du cannabis est désormais établie

On sait depuis longtemps que le cannabis entraîne des troubles des facultés cognitives ; c’est-à-dire notamment des possibilités d’apprendre et de se souvenir. Pourtant à ce jour, huit pays ont légalisé ou toléré la consommation de cette drogue ; la Hollande est le paradis du « joint ». Jusqu’à présent les effets étaient connus ; mais on ne savait pas comment ce toxique agissait ni même si il détruisait le cerveau. Or actuellement l’IRM est capable de visualiser de manière précise les atteintes anatomiques et de diagnostiquer les lésions cérébrales quasiment au niveau cellulaire.

Les chercheurs de l’Université de Dallas (Francesca Filbey), ont eu une idée simple tombant sous le sens ; celle de comparer le cerveau d’un gros fumeur de cannabis avec celui de non-fumeurs. Deux études ont été menées concurremment. Elles ont mis en évidence une diminution de la matière grise, partie du cerveau qui contient le corps des neurones ; ceci essentiellement dans la région frontale derrière les orbites de l’œil ; de la matière grise dépend l’esprit de décision ainsi que la motivation. Naturellement, cette involution est proportionnelle à la quantité de cannabis consommé.

En revanche les modifications de la matière blanche qui contient le « câblage » des cellules nerveuses était hypertrophiée au niveau de ce qui est appelé la myéline, une substance qui entoure les nerfs. Apparemment il s’agissait d’un phénomène de protection face à la détérioration des cellules nerveuses. Mais celui-ci finit par disparaître quand la consommation devient chronique.

Une étude au CNRS (Centre national de la recherche scientifique) en France a été effectuée par le Dr Zsolt Lenkei ; elle a mis en évidence dans le cannabis une substance appelée THC (tétrahydrocannabinol) ayant une action directe sur les neurones du cerveau. Cette substance déclenche un processus affectant la morphologie et la croissance des cellules nerveuses. Notamment elle rétracte les axones qui en sont les prolongements permettant le passage de l’influx nerveux (connectivité).

En conclusion, c’est donc bien tout le système nerveux, neurones et connexions qui sont atteints par la consommation de cannabis. Reste à savoir si ces modifications sont définitives ; ce qui est probable car par exemple, dans les AVC la « récupération » est bien souvent minime voire nulle.

Dr Jean-Pierre Dickès
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Editorial: la réaction d’un de nos collègues et amis

Le CNID agit comme nous pour mettre en garde les jeunes, leurs éducateurs et les élus contre les dangers des drogues. 

Son indignation rejoint la nôtre devant la déferlante des nouvelles drogues en particulier du captagon; nous pensons utile de vous en faire part

Au fait, nos lecteurs savent-ils que cette drogue déshumanisante, générant la fureur….est fabriquée par Daesch en Syrie et qu’elle est utilisée par les djihadistes. On attend avec impatience les résultats des analyses faites sur les cadavres des tueurs du Bataclan. On vous tiendra au courant

Jean Paul Tillement

 

L’Intolérable

Les terribles événements terroristes que notre pays subit depuis ces dernières années sont en partie les conséquences du commerce et de l’usage de la drogue dans notre pays où la consommation de cannabis est une des plus importantes en Europe. Sur les mêmes bases que le groupe Action Directe dans les années 70, groupe d’extrême gauche dont les membres étaient de gros consommateurs de cannabis et de LSD, les nouvelles générations développent leur déviance vers une nouvelle idéologie radicale, celle du Califat (DAESH). La haine de notre société occidentale est révélée et alimentée par la consommation de drogue qui provoque chez les adolescents fragiles une accélération vers une dérive idéologique radicale.

Hier l’extrême gauche frappait des cibles, aujourd’hui le culte du Califat exécute toujours plus d’innocents avec des produits psychotropes plus puissants et mobilise des tueurs de plus en plus nombreux.
L’achat et l’usage de drogue favorisent la déviance. Ils permettent le financement des actes de ces organisations destructrices, et parachèvent l’acte meurtrier. Le captagon (une amphétamine) permet de fabriquer des tueurs sans âme. Autrefois la pervitine pour l’armée nazie.

Lutter contre la drogue c’est lutter contre le terrorisme
Hélas un puissant lobby en France où les générations adolescentes consomment énormément de cannabis, voudrait remettre en cause la loi de 70, qui proscrit la fabrication, l’usage et le commerce de la drogue.

Des associations plaident pour la dépénalisation du cannabis et plaident pour la légalisation de toutes les drogues. Elles sont malheureusement appelées à rencontrer les adolescents dans nos établissement scolaires ou dans le cadre des collectivités locales.

Le Comité National d’Information sur la Drogue, CNID, s’élève contre ce qui devient maintenant intolérable. Il n’est plus supportable de voir des associations militantes rencontrer les jeunes pour remettre en cause l’autorité du père et de l’interdit et s’interroger avec eux sur le bien-fondé de la pénalisation de l’usage du cannabis.

Nous supplions solennellement les politiques et autorités et administrations responsables, afin qu’ils puissent réorganiser la politique de prévention contre la drogue telle qu’elle est jusqu’à présent organisée en France et en particulier dans nos collèges et nos lycées et dans nos communes dans une parfaite inefficacité.

Si des parents sont témoins d’informations déviantes qu’auraient subis leurs enfants, ils peuvent prendre contact avec le Comité National d’Informations sur la Drogue (cnid32@cegetel.net).
Il faut développer une vrai prévention primaire telle qu’elle est mise en œuvre dans les pays scandinaves.

Dr Faraj DAHER,
Président du CNID 32

Le cardinal Parolin célèbre une messe avec des toxicomanes

Le secrétaire d’État a présidé dans la soirée du 22 décembre une messe pour Noël dans un centre romain de désintoxication pour répéter le refus de l’Église aux drogues de substitution

Le cardinal Parolin lors d’une messe au  Vatican, le 31 janvier 2015.

M.MIGLIORATO/CPP/CIRIC/

Le cardinal Parolin lors d’une messe au Vatican, le 31 janvier 2015.

Pour marquer l’approche de Noël dans le cadre du jubilé de la miséricorde, le secrétaire d’État du Saint-Siège, le cardinal Pietro Parolin, a célébré une messe avec des toxicomanes et leurs familles. La célébration a eu lieu en début de soirée, le 22 décembre, dans un quartier Sud de Rome, au « centre italien de solidarité Don Mario Picchi », nom du fondateur de ce lieu qui aide les personnes cherchant à se libérer de la dépendance de stupéfiants.

La visite du « numéro deux » du Vatican témoigne de son estime pour ce centre ouvert en 1971, qui reçut déjà les papes Paul VI et Jean-Paul II. Comme l’explique le centre sur son site, la structure comprend « une communauté thérapeutique pour les toxicomanes, un centre de soins pour les jeunes doublement diagnostiqués (toxicodépendance et problèmes psychiatriques) et une assistance à domicile pour les malades du sida et les personnes âgées ». Le lieu reçoit aussi des réfugiés, qui étaient attendus également à la messe du cardinal Parolin.

NON AUX DROGUES DE SUBSTITUTION

Dans son homélie, le secrétaire d’État a repris les paroles du pape François pour qui le fléau de la drogue ne peut être résolu par la légalisation de drogues dites douces. Devant les participants d’une conférence internationale de coordination des politiques de lutte contre la drogue, le 20 juin 2014, l’ancien archevêque de Buenos Aires, sensible à cette question, s’était en effet prononcé sans détour contre toutes « drogues de substitution », jugées comme « un moyen voilé de baisser la garde devant le phénomène » d’addiction à la drogue.

Cette visite au centre Don Picchi est considérée par son président, Roberto Mineo, « une occasion également de saluer les personnes qui ont terminé le parcours de réhabilitation au centre et qui sont revenues à la vie ».

Le phénomène mondial de l’accoutumance aux drogues et leur trafic pourraient être un des thèmes du voyage du pape François au Mexique, du 12 au 17 février prochains, où il se rendra notamment à Morelia, ville du centre du pays qui connaît de graves problèmes de drogue et de crime organisé.

Sébastien Maillard (à Rome) Source

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