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Alcool, tabac, drogue : la carte étonnante des addictions

L’Inpes publie un atlas des addictions par régions. Il bat en brèche les idées reçues.

Le Languedoc-Roussillon particulièrement mal classé pour le tabac, l’alcool et le cannabis.

Alcool, tabac, drogue : la carte étonnante des addictions

La région où l’on consomme le plus d’alcool n’est ni la Bretagne ni le Nord – Pas-de-Calais mais… le Languedoc-Roussillon. Pas moins de 17 % de la population y boit tous les jours, nettement plus que la moyenne nationale de 11 %. C’est l’un des résultats parfois étonnants de l’« Atlas des usages de substances psychoactives », publié hier par l’Institut de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes). A partir de données recueillies en 2010 auprès de 25.000 personnes, l’Inpes a dressé un tableau de la consommation de tabac, de vin, de bière ou encore d’ecstasy dans chaque région, qui met à mal certains clichés.

Ecarts importants

L’évolution générale était déjà connue. Entre 2005 et 2010, la consommation d’alcool a reculé, celle du cannabis est restée stable, tandis que le tabagisme a progressé. Analysés pour la première fois, les écarts entre les régions sont importants pour l’alcool. La consommation quotidienne varie du simple au double entre la Lorraine, où elle ne concerne que 8 % de la population, et le Languedoc, qui arrive nettement en tête. De fortes disparités existent aussi pour l’«  alcoolisation ponctuelle importante », c’est-à-dire le fait de boire plus de cinq verres en une même occasion au moins une fois par mois. Ou encore les ivresses répétées (au moins trois fois dans l’année). Ces types de consommation sont suivis de près par les autorités sanitaires, car ils sont Continuer à lire « Alcool, tabac, drogue : la carte étonnante des addictions »

Addictions : c’est dans le Sud de la France qu’on boit et qu’on fume le plus

L’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé, publie son Atlas des usages de substances psychoactives, une étude sur les addictions des Français en matière de drogue et d’alcool. On y apprend que c’est en Languedoc-Roussillon qu’on boit et qu’on fume le plus.

on boit et on fume le plus dans le Sud
© iStockPhoto

Pour la première fois, un vaste sondage conduit par téléphone auprès de 30.000 Français va permettre de bousculer un certain nombre d’idées reçues sur la consommation d’alcool , de tabac et de drogues en France. L’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé vient en effet de publier et de mettre en ligne le premier Atlas des usages de substances psychoactives. Cette étude, établie à partir des éléments de son baromètre santé, propose une cartographie et une analyse des modes de consommation régionaux d’alcool, de tabac et de drogues illicites, avec un focus sur les pratiques des 15-30 ans

Alcool : on boit dans le Languedoc-Roussillon, on est ivre en Bretagne

En France, la proportion de buveurs réguliers est passée de 15 % en 2005 à 11 % en 2010 avec des différences significatives entre régions. C’est en Lorraine qu’on boit le moins au quotidien (8,1%) et, à l’opposé, le Languedoc-Roussillon compte la plus grande proportion de buveurs quotidiens, (16,6 % de personnes concernées) suivi de près par Midi-Pyrénées, le Nord-Pas-de-Calais et les Pays de la Loire.

En Bretagne, on dénombre moins de buveaus réguliers mais c’est dans cette région que l’on compte le plus grand nombre d’ivresses dans l’année : 28% des Bretons ont connu une ivresse dans l’année, 15% en ont connu trois, soit près du double de la moyenne nationale (8%).  A noter que la fréquence des ivresses (au moins une fois au cours de l’année) en France est en hausse de 4 points, passant de 15% en 2005 à 19% en 2010.

3 Français sur 10 fument quotidiennement

Dans cette étude, on apprend que près de trois Français sur dix étaient des fumeurs quotidiens en 2010, chiffre en augmentation de 2 points par rapport à 2005. Mais ces chiffres ont vraisemblablement évolué depuis l’avènement de la cigarette électronique. Quant à la chicha, la consommation au moins occasionnelle reste relativement faible pour s’établir à 3%.

Le Languedoc‑Roussillon, l’Aquitaine et Provence‑Alpes‑Côte d’Azur se détachent significativement par une proportion plus élevée d’usagers quotidiens de tabac, tandis que quatre régions affichent des proportions inférieures à ce qui est observé dans le reste du territoire: Île‑de‑France, Pays‑de‑la‑Loire, Alsace et Rhône‑Alpes. A noter que les jeunes fument plus que leurs aînés : ils sont 44% à fumer de manière au moins occasionnelle contre 34% pour l’ensemble des 15-75 ans.

Cannabis : la drogue la plus consommée en France

Le cannabis est, de loin, la drogue illicite la plus consommée en France. En 2010, 32% des Français de 15 à 64 ans ont expérimenté le cannabis, soit une augmentation de 3,4 points par rapport à 2005. Environ la moitié des régions affichent une hausse significative : + 6 points en Lorraine (30%) et dans le Nord-Pas-de-Calais (24%), +7 points en Poitou-Charentes (31%) et + 10 points en Champagne-Ardenne (27%).

Les régions où l’expérimentation du cannabis est la plus prégnante restent les mêmes qu’en 2005 : Languedoc-Roussillon (41%), Provence-Alpes-Côte-D’azur (39%), Bretagne (36%), Aquitaine (35%) et Ile-de-France (35%).

A noter que près de 45% des jeunes ont déjà goûté du cannabis contre 32% pour les 15-64 ans : la Bretagne et le Languedoc-Roussillon sont les deux régions qui se distinguent par des niveaux très élevés d’expérimentation (56%).

Source

A propos de la cigarette électronique « Vapoteur »,

Sur l’opportunité de réserver sa dispensation en pharmacie

Pr. Jean Costentin, Président du Centre National de Prévention, d’Etudes et de Recherches sur les Toxicomanies (CNPERT)

Evoquons tout d’abord le mal à combattre : Les 73.000 morts provoqués annuellement  en France par le tabac  (soit 200 morts chaque jour ! un fumeur sur deux meurt d’une cause en relation avec son tabagisme) et, au-delà, pour ceux qui y survivent, des troubles multiples, qui peuvent être très handicapants : les artérites des membres inférieurs, leurs douleurs, restrictions de la marche et leurs amputations, l’angine de poitrine, l’infarctus du myocarde, les accidents vasculaires cérébraux, la broncho-pneumopathie chronique obstructive, avec la  sensation d’asphyxie permanente….Au premier rang de cette mortalité figurent les cancers de la sphère O.R.L., des bronches et des poumons, provoqués par les goudrons issus de la combustion du tabac.

Conçue en 2003, par un pharmacien chinois, Hon Lik, (dont le père, fumeur,  serait décédé d’un cancer du poumon), la cigarette électronique /  e-cigarette / vapoteur,  après une lente progression voit ses ventes littéralement exploser. Sur les 13-14 millions de fumeurs en France, un million d’entre eux y recourent déjà. Ces vapoteurs  délivrent lors de chaque aspiration de la nicotine, dont la solution est vaporisée par le chauffage d’une petite résistance, alimentée par une petite batterie rechargeable. Le fumeur, irrépressiblement dépendant à la nicotine, peut plus aisément se détacher de la cigarette, (même si la dépendance au tabac n’est pas exclusivement le fait de la nicotine, dont les effets sont « boostés » par des aldéhydes volatils, qui inhibent une enzyme impliquée dans la dégradation de la dopamine, le neuromédiateur du plaisir). Cet apport de nicotine s’effectue sans combustion de l’élément végétal, génératrice de nombreux toxiques, dont en particulier des goudrons cancérigènes et de l’oxyde de carbone (le gaz des cokeries d’antan, qui était présent dans le gaz domestique, ou encore le gaz des poêles ayant un tirage défectueux) qui est un  poison de l’hémoglobine. Lié à l’hémoglobine des globules rouges, l’oxyde de carbone les empêche de transporter l’oxygène capté par les poumons, à tous les organes qui en ont un impérieux besoin.

Parmi les inconvénients du vapoteur notons : Continuer à lire « A propos de la cigarette électronique « Vapoteur », »

Les chirurgiens anatomistes de Padoue

Académie de chirurgie

Séance du mercredi 13 novembre 2013 (14h30-17h00)

(Les Cordeliers, 15 rue de l’Ecole de médecine 75006 Paris)

Communications libres

Les chirurgiens anatomistes  de Padoue

au XVIème et XVIIème siècle

A.J. Fabre (Créteil)

 Padoue, loin d’être un simple faubourg de Venise compte parmi les plus grandes villes universitaires d’Europe. Depuis le haut Moyen Age,  Padoue a tenu une place prépondérante dans l’Histoire de la médecine, tout particulièrement en chirurgie et en anatomie.

Dès 1594 y est construit le premier amphithéâtre spécialement aménagé pour l’enseignement de l’anatomie.

Pendant des siècles, étudiants et professeurs sont venus de toutes parts d’Italie et de tous les pays d’Europe, attirés par la renommée de Padoue,  capitale de la chirurgie et de l’anatomie.

Emission sur Europe 1 : Guerre contre la drogue ? (2/11/2013 à 14h)

Cliquez ici pour écouter le sujet sur le site d’Europe 1

Le sujet commence à 7′ 14″ et se termine à 36′ 45″

Drogues et addictions : pour une politique de lutte à la mesure d’une consommation en mutation

Les addictions aux opiacés ont considérablement évolué en France. Les Français consomment beaucoup de cannabis, davantage de cocaïne et l’héroïne demeure une réalité. Les consommations évoluent, les produits aussi, mais la politique de lutte contre les drogues en France demeure la même, d’année en année, insistant largement et de manière légitime sur la prévention, mais délaissant tout aussi largement la question de la médicalisation du risque et du sevrage. Où en est la France en matière de consommation ? Quelles perspectives pour la lutte contre la toxicomanie dans un pays autrefois pionnier comme la France ? Les premiers ne sont-ils pas en train de devenir les derniers ?

Des consommations croissantes, des produits de plus en plus forts

Selon l’état des lieux de l’Observatoire des drogues et des toxicomanies (OFDT) « drogues et addictions, données essentielles », l’usage du cannabis s’est stabilisé à un niveau élevé en France avec environ 1,2 million de consommateurs réguliers et 3,8 millions d’usagers dans l’année. Cela fait de la France le pays de l’Union européenne où la consommation de cannabis dans l’année est la plus élevée.

Cultivé en Europe ou dans l’hexagone, connu sous le nom d’Amnésia, Sinsemilia ou Hase, et de plus en plus consommé, le cannabis est aussi de plus en plus fortement dosé. Les analyses des laboratoires en 2010 et 2011 ont conclu à des taux de THC (tétrahydrocanabinol) trois plus élevés que l’herbe traditionnelle. Ces surdoses en THC peuvent directement présenter des risques de psychoses cannabiques, notamment chez les jeunes usagers qui en sont les principaux consommateurs.

Le constat est tout aussi inquiétant pour l’usage de la cocaïne ou d’autres produits de synthèse. En raison d’une réorientation du trafic international et du développement du marché sur Internet, la France, auparavant peu consommatrice de cocaïne, occupe aujourd’hui une position médiane au sein de l’UE.

Les usages de l’héroïne, même s’ils demeurent faibles à l’échelle de la population globale (90 000 consommateurs dans l’année), concernent des personnes désocialisées dont les conditions de vie sont précaires (appelées pour certains les usagers « cachés, n’ayant aucun contact avec les structures sanitaires en lien avec leurs usages de produits psychoactifs ni avec les services de l’application de la loi) ou des jeunes insérés qui en consomment dans un cadre festif.

D’une consommation qualifiée souvent d’« underground » dans un premier temps, l’héroïne se diffuse peu mais progressivement dans la population générale : en effet, outre l’augmentation du nombre d’expérimentateurs d’héroïne en France [au moins une fois dans la vie] de 360 000 à 500 000 entre 2005 et 2010, l’usage au cours de l’année augmente, et ce de manière significative, chez les hommes. Ainsi l’usage dans l’année qui reste globalement très faible pour la population générale, est tout de même passé de 0.5 % en 2005 à 0.9 % en 2010 parmi les hommes de 18 à 34 ans.

Nouveaux usages, nouveaux produits, nouveaux dangers

Enfin il est à noter que de nombreux nouveaux usages apparaissent, au-delà de la classique injection, en matière de consommation d’héroïne. C’est notamment le cas de la pratique de la « chasse au dragon » ou inhalation des vapeurs produites par la substance chauffée au préalable sur une feuille d’aluminium. Cette pratique, tout comme la consommation en sniff, a connu un certain essor dans les milieux festifs, les usagers considérant l’image de cette pratique moins associée à la déchéance sociale et la mort. Ils l’estiment également porteuse d’un risque moindre que la consommation par injection, toujours très stigmatisée. Mais cette voie d’absorption extra veineuse n’exclut que partiellement les risques infectieux. L’inhalation par voie nasale, quand il y a échange de pailles, n’est pas sans danger. Elle est en outre loin d’être exempte du risque de dépendance et de surdose.

Des saisies massives en 2009 avaient conduit à une pénurie de MDMA, amphétamine stimulant le système nerveux central et comportant des caractéristiques psychotropes particulières. Mais l’année 2010 a vu revenir ces produits sur le marché dans des quantités « normales ». La disponibilité du produit s’est même accrue du fait de sa vente sous trois formes différentes : en comprimé, en poudre et en “cristal”. Cette dernière forme a connu augmentation significative de sa consommation sur certains sites français [Bordeaux, Metz, Marseille, Paris, Rennes]. Les usagers en plébiscitent les effets réputés plus forts que la poudre.

L’une des nouveautés majeures marquant les offres de drogues ces dernières années concerne les drogues de synthèse. Les usagers ont eu accès, notamment par le biais d’Internet, à de nouvelles substances de synthèse imitant les effets de drogues illicites telles que l’ecstasy, l’amphétamine, la cocaïne ou le cannabis. Moins chères que les substances traditionnelles, elles sont également vendues sous des formes très diverses [comprimés, poudre, pâte, pastilles], ce qui les rend plus attractives.

Une étude menée dans le cadre du dispositif TREND [Tendances récentes et nouvelles drogues] a recensé 63 de ces nouvelles substances sur environ 32 sites francophones de vente en ligne. Elles préoccupent particulièrement les autorités européennes, car elles ont peu de visibilité et de contrôle sur leur développement. Et, ce qui est plus inquiétant, les conséquences de la consommation de ces produits sont mal connues.

La France, hier première, demain dernière dans la lutte contre la toxicomanie ?

La France est en train de perdre l’avance qu’elle avait acquise en matière de lutte contre la toxicomanie. Depuis le 31 décembre 1970, date à laquelle est entrée en vigueur la loi réprimant l’usage et le trafic de stupéfiants, la situation a considérablement évolué, en particulier chez les jeunes. Les mesures de santé publique n’ont pas suivi le rythme de croissance de consommation de drogues. En 1987, la vente libre des seringues est pérennisée par la ministre de la Santé de l’époque, Mme Barzach. 8 ans plus tard, les associations sont autorisées à délivrer gratuitement des trousses de prévention contenant seringues, ampoules d’eau, tampon et préservatifs. La France est alors considérée comme la locomotive mondiale, exemplaire en matière de lutte contre la toxicomanie. Puis plus rien jusqu’en 2013.

«Il nous faut changer notre regard sur les consommateurs de produits stupéfiants, sans complaisance, mais avec compréhension. », a fait valoir Danièle Jourdain-Menninger, présidente de la MILDT, qui a préparé le plan de lutte contre la drogue et les conduites addictives dévoilé jeudi 19 septembre par le Gouvernement.

De telles évolutions tant en terme de produits, que de consommation et d’usage doivent alerter les autorités françaises et les inciter à passer à l’action. Le statu quo ne saurait être une position pérenne en France. Les déclarations d’intentions ne suffisent plus. Il est nécessaire d’engager une politique efficiente de lutte contre les toxicomanies et surtout d’accompagnement des toxicomanes dans des parcours de soin médicalisés. C’est à cette seule condition que pourront être mises en place des solutions véritablement efficaces pour les consommations sécurisées, le sevrage et même l’arrêt définitif.

Plaisir et gourmandise ne font pas une addiction, un canular révélateur

L’histoire commence par la comparaison du pouvoir attractif de biscuits très populaires aux USA (Oréo) à de simples gâteaux de riz proposés au libre choix de rats. Ils préfèrent les premiers, crémeux et sucrés. Dans une autre expérience, on propose à d’autres rats le choix entre deux solutions, l’une de cocaïne, l’autre d’eau salée. Ils préfèrent la première.

Il n’en fallait pas plus avancer que ces malheureux biscuits étaient aussi addictifs, voire plus que la cocaïne.

Expérimentations probablement correctes, conclusions totalement fausses (les conclusions des auteurs sont nettement plus prudentes que l’utilisation faite de leur travail)

C’est le moment de rappeler la différence majeure entre gourmandise et addiction. Tout aliment qui procure un plaisir, qui suscite la gourmandise, n’est pas, on s’en serait douté, toxicomanogène, suspect d’être addictif. Il est même recommandé d’en profiter avec modération.

On voit bien le double danger de ce genre d’interprétation de résultats expérimentaux, extrapolés en « découvertes sensationnelles ».

Ou bien on banalise l’addiction car on mange tous les jours et de préférence ce que l’on aime et alors nous sommes tous des toxicomanes. Ou bien, on en fait une maladie et on exonère alors le malade de toute responsabilité en cas d’addiction.

Cet amalgame ne résiste pas à l’analyse. La dépendance qui caractérise la toxicomanie est une maladie grave, le syndrome de sevrage alcoolique est mortel sans traitement. Lorsque l’on ferme un tripot, le joueur invétéré est irascible, malheureux, etc…mais il n’en meurt pas.

Réservons donc le mot addiction  aux seules toxicomanies.

Je ne résiste pas au plaisir (sans addiction !) de proposer aux lecteurs les excellents articles de Aurélie Haroche et Michel Lejoyeux, ci-dessous.

 Jean-Paul Tillement

Addict aux titres chocs : attention danger !

Mise à jour le 25/10 à 18:28

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Paris, le samedi 26 octobre – L’information paraissait si appétissante qu’il semblait difficile de résister à la tentation de la reproduire à notre tour. Mais sous quelle forme ? En relevant son caractère insolite ? En proposant à nos lecteurs une question toute trouvée telle que : « Quel est le biscuit qui rend aussi accroc que la cocaïne ? » Derrière ce tâtonnement, notre réflexion était un peu troublée. Bien que nous soyons les premiers défenseurs de la nature ontologiquement provocatrice des titres, nous savions bien qu’il était plus que trompeur d’affirmer que les centenaires et très célèbres petits gâteaux baptisés Oreo sont aussi addictifs que la cocaïne comme l’a tonné une partie de la presse. Certes l’expérience menée par Jamie Honohan, jeune diplômée en neurosciences de l’université  du Connecticut démontre la force d’attraction de ceux que l’on appelle parfois les « whoopies » mais il est certain que l’étude aurait pu être menée avec n’importe quel petit biscuit à la crème et qu’il n’est rien dans les Oreo qui puissent les faire comparer à une véritable drogue.

Oreo et cocaïne : même combat ?

Ses travaux ont en effet Continuer à lire « Plaisir et gourmandise ne font pas une addiction, un canular révélateur »

Communiqué du collectif d’associations pour la prévention des toxicomanies, réunies dans leur opposition aux « salles de shoots »

Le Conseil d’Etat a rendu un  avis négatif à la création de « lieux de consommation de drogue à moindre risque » décidée par le Premier Ministre et la Ministre de la Santé, la jugeant contraire à la loi.

Notre collectif s’était déjà exprimé en mars 2013 en dénonçant cette aberration et se réjouit de cette position qui souligne l’incohérence d’un tel dispositif.

Il réaffirme que ce projet, contrevient :

  • à la logique, puisqu’il organise l’administration des drogues les plus dures à ceux qui en sont les plus gravement intoxiqués ;
  • à l’éthique médicale, en impartissant à certains praticiens la mission de sortir du soin, pour assister la commission d’une intoxication, en la rendant plus confortable et de ce fait encore plus difficile à abandonner ;
  • à la sécurité, en créant un environnement propice au dépassement des doses que s’administre le toxicomane ;
  • à la responsabilité, n’assumant pas les overdoses, ni les forfaits auxquels pourraient se livrer les toxicomanes sous l’empire de la drogue qu’on vient de leur injecter dans ces salles ;
  • à la réduction des risques, car le plus grand d’entre tous est la banalisation des toxicomanies et, partant, l’accroissement du nombre de ses victimes ;
  • à l’économie de la Santé, en détournant à cette fin, dans cette période de restriction,  des moyens importants, alors que la prévention est quasi inexistante et que les services conçus pour éviter cette extrémité (CAARUD, CSAPA) déplorent un manque de moyens ;
  • à la sincérité, en présentant comme « expérimental »  le projet parisien, alors qu’est  annoncée déjà l’autorisation d’autres ouvertures ; en faisant croire que cela répond à la demande des riverains, alors qu’ils sont très majoritairement opposés à l’accueil de telles salles ; en indiquant que le toxicomane amènerait sa drogue et que le médecin assisterait à l’injection de produits non déterminés, éminemment adultérés, ni stériles, ni apyrogènes ; en faisant espérer le recul du SIDA, alors que la seringue n’est plus son vecteur.

Ce qui importe n’est pas de concevoir une nouvelle loi, mais de faire enfin une vraie prévention, de renforcer les dispositifs d’intervention sur la maladie grave provoquée par la drogue  et de rejeter définitivement ce projet.

Professeur Jean COSTENTIN     Président du collectif,

Au nom de :

ADELT 89 ; 

APT 85 ;

Centre National d’information sur les drogues,

CNID 28,

CNID 32 ;

Centre national de Prévention d’études et de recherches sur les toxicomanies (CNPERT) ;  

COMENCA 76 ; Fédération Familles de France ;  

Fédération Nationale de Prévention des Toxicomanies (FNAPT) ;

Phare Enfant-Parents ;  

Le Phare 69, Familles face à la drogue ;  

Pour une jeunesse sans drogue. ;

Stop à la drogue ; 

Conduites addictives et aptitudes médico-professionnelles = CAAM

Collectif pour la Prévention des Toxicomanies

 51 Boulevard Carnot – 59800 LILLE

COPRETOX  –  Tél. 06 61 54 93 64 – contact@copretox.fr

COPRETOX  –  Tél. 06 61 54 93 64 – contact@copretox.fr

Addiction au cannabis : une substance naturelle pour lutter contre la dépendance ?

Une étude publiée récemment dans la revue Nature Neuroscience, propose un nouveau traitement de lutte contre la dépendance au cannabis qui permet de réduire la sensation de plaisir liée à sa consommation.

L’acide kynurénique (KYNA), composé chimique naturellement présent dans le cerveau, pourrait bien devenir la clé de nouveaux traitements pour lutter contre la dépendance au cannabis.

Plus précisément, contre l’addiction au THC, substance psychoactive du cannabis. Cette découverte a été réalisée par des chercheurs américains du National Institute on Drug Abuse.

« Toutes les dépendances à la drogue, quelles qu’elles soient, sont liées à la production de dopamine (l’hormone du bien-être) par le cerveau.

Or, nous savons depuis quelques années que l’acide kynurétique contrôle le niveau de dopamine », explique dans un communiqué Robert Schwarz, professeur de psychiatrie et directeur de l’équipe de recherche. « Pour travailler sur un nouveau traitement de la dépendance au cannabis, nous avons donc fait le lien entre les deux », ajoute t-il.

Une baisse significative de la consommation

Pour mettre en évidence le lien entre l’acide kynurénique et la baisse du niveau d’addiction, les scientifiques ont travaillé sur des rats et des singes rendus dépendants au cannabis.

L’étude a consisté à augmenter le niveau de KYNA dans le cerveau des animaux tout en leur proposant de s’auto-administrer du THC en activant un levier. 

Les résultats, publiés dans la revue Nature Neuroscience, indiquent une baisse significative et spontanée de l’administration de THC chez les rongeurs et les singes présentant un niveau élevé d’acide kynurénique. « Leur comportement a changé du tout au tout. Nous pensons que l’acide kynurénique fonctionne en bloquant les récepteurs du cerveau qui augmentent la sensation de bien-être proférée par la dopamine » indique Robert Schwarz.

Des recherches à poursuivre

Bien que ces résultats soient encourageants, ils n’ont pas encore été validés chez l’homme. De plus, les chercheurs soupçonnent que le traitement testé puisse avoir des effets secondaires en agissant sur d’autres zones du cerveau que celles ciblées. Il faudra donc encore attendre quelques années avant qu’un éventuel médicament ne sorte sur le marché.

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