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juin 2019

Bernard Debré : « On veut légaliser le cannabis par électoralisme »

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La légalisation du cannabis…..

…et l’Homme, et sa Santé, et la Société dans tout cela ?

La légalisation du cannabis est à nouveau bruyamment requise par une coalition hétéroclite :

  • de capitalistes impatients d’obtenir de juteux bénéfices à partir de cette drogue bientôt déclinée sous de multiples formes ;
  • de consommateurs impatients de s’adonner sans contrainte à leur drogue ;
  • de démagogues politiciens ;
  • d’un député faisant miroiter que cet or vert va transformer la Creuse en un Eldorado
  • d’économistes qui promettent des créations d’emplois nombreuses et la perception de taxes pour combler le déficit abyssal de notre Nation;
  • d’addictologues à contre emploi, incapables de sortir de cette addiction ses victimes, ils rêvent de faire de leur spécialité la première de toutes ;
  • des déconstructeurs / destructeurs de notre société ;
  • des « idiots utiles » et autres nuisibles…

Tous s’inspirent de la gestion des drogues licites dans notre pays ; serait-elle exemplaire ?

Le tabac a recruté 13 millions de fumeurs irréductibles, il fait de multiples estropiés, il tue 75.000 fumeurs chaque année.

« L’encadrement que permet sa légalisation » sic, n’empêche pas 70% des buralistes de ne pas respecter l’interdiction de sa vente aux mineurs ; désormais le début de
sa consommation se situe à l’entrée en 6 ième .

L’alcool a recruté 4 à 5 millions de sujets alcoolo-dépendants, parmi lesquels plusieurs
centaines de milliers d’alcooliques. Il tue 49.000 de nos concitoyens chaque année ; ses toxicités physique et psychique sont importantes.

Il blesse ou tue sur la route, au travail ; il est à l’origine de ruptures familiales, professionnelles, sociales, de violence, de clochardisation…

Les alcoolisations aiguës, les « bitures expresses », les comas alcooliques se multiplient chez nos jeunes.

Le cannabis, c’est tout cela en pire. Son pouvoir addictif est attesté par ses 1.300.000 usagers réguliers qui bravent l’interdit de la loi, pour consommer plus de 10 joints chaque mois ; et par ses usagers multi quotidiens (700.000).

Sa consommation débute désormais au collège. Or, plus tôt il est essayé, plus vite il est adopté, et le cerveau alors en maturation (entre 12 et 22 ans) s’en trouve intensément détérioré.

Est-il concevable, sous l’angle sanitaire, de commercialiser une drogue dont la toxicité
cardio-vasculaire est avérée : artérites (plus précoces que celles dues au tabac), accidents vasculaires cérébraux (chez des sujets jeunes), 3 ième cause de déclenchement d’infarctus du myocarde…

Une drogue aux effets immuno dépresseurs ; cancérogènes pour la sphère ORL et broncho-pulmonaire, ainsi que pour le testicule.

Une drogue qui perturbe la grossesse et a des conséquences néfastes pour l’enfant qui en naîtra. Son THC, par un mécanisme épigénétique, à partir des gamètes parentaux, fera hériter leur progéniture d’une vulnérabilité aux drogues , qui se manifestera dès
l’adolescence (en raison d’une sous expression des récepteurs D 2 de la dopamine dans le noyau accumbens).

Au plan psychique, c’est une drogue enivrante, accidentogène sur la route et au travail , dont les effets désinhibiteur pourront s’exprimer par une auto ou une hétéro-agressivité.

Drogue de l’échec scolaire, du décrochage. Elle est génératrice d’anxiété, de dépression (avec en embuscade des risques suicidaires) ;

Ascenseur vers d’autres drogues ; elle peut soit induire de novo, soit décompenser une schizophrénie, soit l’aggraver quand elle est déclarée ;

Elle crée une résistance aux médicaments antipsychotiques ; elle est incriminée dans l’agressivité que peuvent manifester ces patients.

Très grand perturbateur de la cognition, il s’abat sur nos jeunes à l’heure des apprentissages.

Les français en sont les plus grands consommateurs Européens ; cela nous relègue au 26ième rang du classement PISA des performances éducatives de nos jeunes, alors que nous sommes parmi les Nations qui consacrent le plus de moyens à leur éducation.

Dans la mondialisation, c’est une aubaine pour nos compétiteurs d’être affrontés à une nation qui s’adonne à cette drogue abêtissante, démotivante, génératrice d’aboulie.

« Il n’est de richesse que d’Homme », « mens sana in corpore sano ».

Messieurs les prolégalisateurs de cette sale drogue, arrêtez de chichonner, reprenez vos esprits, refrénez vos appétits, pitié pour nos jeunes que déjà tant de maux assaillent, n’euthanasiez pas notre société avec le THC.

Pr. Jean Costentin
Président du Centre National de Prévention, d’Etudes et de Recherches sur les toxicomanies.
« Le désastre des toxicomanies en France » Editions Docis 2018

Alcool au volant : un grand verre de vin suffirait à perturber nos réflexes

D’après une récente étude britannique, un seul grand verre de vin ou une pinte de bière suffiraient à perturber notre sens du contrôle, nous rendant potentiellement dangereux au volant.

Alcool au volant : un grand verre de vin suffirait à perturber nos réflexesESKAYLIM/ISTOCK

Voilà qui ne va pas plaire à ceux qui ont pour habitude de prendre la voiture pour rentrer chez eux après quelques verres. Selon une nouvelle étude britannique parue dans la revue Addiction Biology vendredi 21 juin, une pinte de bière ou seul grand verre de vin suffiraient à perturber notre sens du contrôle, compromettant ainsi notre conduite. Ces résultats soulèvent donc la question de la limite légale d’alcool au volant dans de nombreux pays.

Pour en arriver à ces conclusions, les chercheurs ont étudié l’impact de faibles doses d’alcool sur notre organisme, surtout celles consommées lors événements mondains, qui n’affectent que très légèrement le comportement social. Il s’agit de la première étude du genre. En effet, jusque-là, les recherches s’étaient surtout concentrées sur la perte d’inhibition chez quelqu’un de complètement saoul, caractérisée par de l’impulsivité et un comportement agressif et risqué.

« Mesurer le sens du contrôle chez une personne est compliqué. Quand on demande explicitement aux gens de dire à quel point ils sentent en contrôle, leurs réponses sont affectées par divers biais cognitifs, tels qu’une faible introspection, le désir de se conformer aux attentes des chercheurs ou même l’inhabilité à comprendre la question correctement », notent les chercheurs.

De faibles doses d’alcool suffiraient à exagérer le sens du contrôle du conducteur

C’est pourquoi, ces derniers ont préféré s’appuyer sur les mécanismes inconscients de la volonté. Quand un stimuli physique (du son ou des lumières) suit des actions volontaires (bouger un doigt ou une main), les gens pensent que les actions se produisent plus tard et le stimuli plus tôt que dans la réalité, reliant ainsi les deux. Les mécanismes neuronaux responsables de ce phénomène sont connus pour participer à créer le sens du contrôle.

Les chercheurs ont donc donné aux participants un cocktail contenant des doses d’alcool proportionnelles à leur IMC afin de produire des concentrations d’alcool équivalentes aux limites légales pour conduire en Angleterre et à Wales. Résultat : ces faibles doses ont produit un lien plus fort entre les actions volontaires et le stimuli sensoriel.

Ainsi donc, de faibles doses d’alcool suffiraient à exagérer le sens du contrôle, entraînant une confiance en soi excessive chez le conducteur et potentiellement un comportement dangereux.

« Il est important de noter que dans notre expérience, tous les participants étaient dans les limites d’alcool autorisées pour conduire en Angleterre, à Wales, aux Etats-Unis et au Canada. Et pourtant, nous avons quand même vu que leur impression d’être en contrôle était perturbée », explique le Professeur Aldo Badiani, Directeur du Centre de recherches et d’intervention sur l’Addiction au Sussex. « En Angleterre, à Wales et en Amérique du Nord, beaucoup militent pour abaisser la limite légale. Les résultats de notre étude soutiennent la mise en œuvre d’une telle modification de la loi », conclut-il.

En France, l’alcool présent dans 18% des causes d’accidents mortels en 2018

En Angleterre, la limite légale pour conduire est aujourd’hui de 0,8 grammes par litre de sang.  En France, elle est de 0,5g /L. Malgré tout, en 2018, l’alcool était toujours présent dans 18% des causes d’accidents mortels (3 503 décès) sur les routes de France, de métropole ou d’outre-mer, selon le dernier bilan provisoire de l’Observatoire national Interministériel de la sécurité routière.

C’est pourquoi, afin de lutter contre l’alcool au volant, le gouvernement français a récemment mis en place l’obligation d’installer un dispositif homologué d’anti-démarrage par éthylotest électronique par décision du préfet en cas d’infraction. « Si le test est positif, le dispositif empêche le démarrage du véhicule. Si le test est négatif, alors le dispositif permet le démarrage du véhicule », explique le site auto-école.net.

Puis, entre cinq et trente minutes après le démarrage, un deuxième souffle est nécessaire à l’arrêt complet de la voiture. « Ce deuxième souffle est nécessaire car l’assimilation de l’alcool dans le sang prend du temps, entre 30 minutes et 1 heure. Il se peut qu’au démarrage, vous n’étiez pas positif mais cela a peut-être changé depuis ! », note auto-école.net.

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Cannabis : des dommages irréversibles sur le cerveau des adolescents

Alors que de plus en plus d’États tendent à le légaliser, le cannabis peut s’avérer très dangereux chez les adolescents. Cette drogue provoque des dégâts irréversibles sur le cerveau, trop souvent sous-estimés.

Plus on est jeune, plus on a le cerveau fragile

Avec la puberté, le cerveau d’un adolescent est en plein remodelage neuronal et hormonal. C’est aussi à cette période que les neurones présentent un pic au THC, la substance psychoactive de la drogue. Mais les produits présents sur le marché sont de plus en plus chargés en THC.

Le cannabis est donc une vraie bombe à retardement, sa consommation est néanmoins en baisse chez les adolescents français.

Pourquoi la «légalisation contrôlée» du cannabis serait une absurdité

Pourquoi la «légalisation contrôlée» du cannabis serait une absurdité

FIGAROVOX/TRIBUNE – Des députés de différentes obédiences ont déposé une proposition de loi pour instituer une «légalisation contrôlée» du cannabis. Alain Houpert, sénateur et médecin-radiologue, s’insurge contre cette initiative et rappelle les dangers du cannabis.


Alain Houpert est sénateur, membre de la commission des finances, et médecin-radiologue.


Autoriser une vente «contrôlée» du cannabis par les buralistes comme le suggère une proposition de loi ou dépénaliser son usage comme le réclament les signataires d’un appel paru dans l’Obs sont des idées fumeuses. L’imagerie médicale montre le danger du cannabis, en particulier sur les jeunes. Et l’exemple désastreux du Colorado, où la légalisation a fait exploser le nombre d’admission aux urgences et facilité paradoxalement le marché noir, devrait nous inciter à la plus grande prudence.

Riche idée que celle du député ex-marcheur François-Michel Lambert et d’une poignée de ses collègues: proposer la vente par les buralistes d’un cannabis dont la qualité sera contrôlée par l’État (on a hâte de connaître les critères de recrutement des testeurs), vendu par la République française via une société nationale pour empêcher toute dérive (à voir comment l’État est capable de brader une société comme ADP dès que les caisses sont vides, on peut craindre le pire).

Il suffit pourtant d’observer l’exemple du Colorado, où le cannabis est en vente libre depuis 2014, pour se rendre compte de l’absurdité de ce calcul.

Cette légalisation qui n’ose pas dire son nom, associée aux efforts des tenants du cannabis thérapeutique, sera à mon sens le cheval de Troie de la dépénalisation. C’est d’ailleurs le sens de l’appel de 70 parlementaires, médecins, députés européens, économistes… paru dans le magazine «l’Obs». Cette dépénalisation serait pourtant une profonde erreur.

Veut-on faciliter le marché noir?

C’est l’argument n°1 des tenants de la légalisation: dépénaliser aurait comme vertu première de démanteler les réseaux mafieux existants, en proposant dans des officines autorisées des substances contrôlées… tout en produisant une plus-value substantielle pour l’État, toujours à la recherche d’un nouveau moyen de remplir ses caisses. Il suffit pourtant d’observer l’exemple du Colorado, où le cannabis est en vente libre depuis 2014, pour se rendre compte de l’absurdité de ce calcul.

La drogue «légale», au coût alourdi par les taxes, pousse assez vite les consommateurs réguliers à se tourner vers leurs anciens dealers qui font fi de la législation sur le volume de leur production et peuvent afficher des prix concurrentiels.

Pire: des trafiquants, dont certains liés à des cartels de Cuba ou du Mexique, profitent de la loi pour blanchir leur trafic, produisant légalement au Colorado pour alimenter les réseaux mafieux des États voisins, où le cannabis peut être vendu avec des profits plus importants.

Le Colorado est en train de revoir sa législation sur le volume «autorisé» de plants mais le mal est fait et la DEA (la police anti-drogue) passe désormais trois fois plus de son temps à régler des trafics de cannabis depuis la légalisation… La France a-t-elle pour vocation d’accueillir et de subventionner des plantations «d’herbe» qui iront grossir la fortune d’organisations criminelles en Europe et dans le monde?

Danger pour les jeunes!

Le cannabis sur des cerveaux encore immatures provoque des dégâts considérables.

Faciliter l’usage du cannabis c’est risquer sa banalisation parmi les populations les plus vulnérables, c’est-à-dire les jeunes. Au Colorado encore, les urgences médicales ont vu en quelques années tripler l’admission d’usagers ayant sous-estimé les effets du cannabis, consommé inhalé ou aussi (l’imagination des officines étant sans limites) par voie orale sous forme de bonbons ou de biscuits contenant du THC (tétrahydrocannabinol, la principale substance psychotrope de la plante).

Car l’imagerie médicale, ainsi que toute une littérature scientifique, le prouvent sans appel: le cannabis sur des cerveaux encore immatures provoque des dégâts considérables, occasionnant des troubles cognitifs et des complications neuro-vasculaires indéniables. La totale réversibilité des effets est discutée notamment chez la personne dont le développement cérébral n’est pas achevé au moment de la consommation (fœtus, adolescent).

Le rôle du cannabis est régulièrement rapporté comme à l’origine d’AVC ischémiques, de syndromes de vasoconstriction «réversible» (SVCR): certes, les rétrécissements vasculaires sont réversibles mais leurs conséquences neurologiques pas toujours. L’usage du cannabis multiplie par deux les risques d’accidents de la route, augmente les niveaux de stress, l’irritabilité.

Consommé chroniquement, il endommage la capacité de concentration et d’apprentissage. La France a-t-elle pour vocation de créer une jeunesse déclassée, une armée de «zombies» faciles à contrôler? L’appât d’un gain sur lesquels certains ont déjà commencé de spéculer (on parle de près de deux milliards par an!) justifie-t-il de gâcher les promesses d’avenir de ce pays?

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Le cannabis n’est pas un médicament

Conférence du Professeur Costentin à Rabat

Pourquoi le cannabis, tout comme son principal constituant psychotrope, le tétrahydrocannabinol, ne devraient prétendre, d’un point de vue pharmacologique, à la dignité de médicament

Jean Costentin

Docteur en médecine, pharmacien, docteur ès sciences, professeur émérite de pharmacologie, directeur de l’unité de neuropsychopharmacologie du C.N.R.S. (1984-2008) ; ancien membre de la pharmacopée, membre titulaire de l’académie nationale de Médecine et de sa commission « addictions » ; membre titulaire de l’académie nationale de pharmacie et de sa commission « agents stupéfiants et dopants »

En France, une imprudente et hâtive décision ministérielle a légalisé, par arrêté, « le cannabis thérapeutique » et a autorisé, aussitôt après, la mise sur le marché (A.M.M.) d’un mélange de THC et de cannabinol (Sativex®). Cinq ans plus tard ce « médicament » n’est toujours pas disponible dans les pharmacies françaises ; la « commission de transparence » de l’agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) ayant estimé que le service médical rendu était négligeable, que son prix était prohibitif et ne pourrait prétendre à un remboursement sécurité sociale que de 15%.

Ces dispositions ont été prises en rupture avec la plupart des principes et critères qui fondent la dignité de médicament. Cette bulle a éclaté au cœur d’une campagne menée par plusieurs lobbies qui militent pour la dépénalisation et même la légalisation du cannabis à des fins récréatives, certains d’entre eux proposant même la légalisation de toutes les autres drogues. Tous les pays qui ont légalisé le cannabis à des fins récréatives l’ont préalablement adoubé comme médicament.

Nous allons évoquer les aspects pharmaco-thérapeutiques du cannabis, sous une forme condensée, énumérative, afin de présenter les principaux arguments qui s’inscrivent, en l’état des connaissances actuelles, contre l’usage du cannabis ou de son THC comme médicaments.

  • Le décret ministériel, paru au J.O. de la république française, qui « autorise l’usage du cannabis et de ses dérivés» ; il a été rédigé par un administratif pressé, ignorant qu’une plante, le cannabis, n’a pas de dérivés. ll voulait vraisemblablement parler de constituants, tel le THC ou le cannabidiol….mais à ne pas les nommer il les validait tous ; ils sont au nombre de près d’une centaine dans la plante…
  • Depuis plus de trente ans, il n’est plus jamais fait usage en thérapeutique, de cigarettes médicamenteuses ; sachant les méfaits, pour l’appareil broncho-respiratoire, de tout ce qui se fume
  • Le cannabis fumé produit 6 à 8 fois plus de goudrons cancérigènes que la combustion du tabac. La combustion du cannabis (marijuana) ou de sa résine (haschisch ou shit) s’opère à une température de 200°C supérieure à celle du tabac, poussant ainsi plus loin la décomposition thermique (pyrolyse) et formant davantage de goudrons.
  • Cette température de combustion, plus élevée, génère au moins cinq fois plus d’oxyde de carbone (CO) ; ce gaz toxique qui se fixe à l’hémoglobine du sang ; ce qui diminue sa capacité de transport de l’oxygène, depuis les poumons qui le captent, jusqu’aux tissus (muscles en particulier) qui le consomment.
  • La toxicité du THC, le constituant principal du cannabis, est manifeste pour le corps : Accélération du rythme cardiaque ; vasodilatation dans certains territoires ; déclenchement d’artérites des membres inférieurs, pouvant survenir chez le sujet jeune (donc beaucoup plus précoces que celles induites par le tabac) ; dans la même registre, et avec la même précocité, induction d’accidents vasculaires cérébraux ;… Le THC est dépresseur de l’immunité ; il diminue la résistance que l’individu peut opposer aux agresseurs microbiens.
  • Le THC perturbe la croissance ; à 20 ans, la taille serait en moyenne de 10 cm et le poids de 4 Kg inférieurs à ce qui est constaté chez les adolescents qui n’ont pas fumé de cannabis.
  • Le THC se concentre dans les testicules, réduisant la sécrétion de l’hormone mâle, la testostérone, ce qui détermine au long cours, une baisse de la libido, un certain degré de régression des caractères sexuels masculins, ainsi qu’une diminution des spermatozoïdes dans le liquide séminale. De plus, le cannabis est incriminé dans la survenue d’une variété agressive de cancer du testicule (le germinome non séminome).
  • Le cannabis fait mauvais ménage avec la grossesse ; trois femmes sur quatre qui le consomment sont incapables alors de s’en abstenir. Cela abrège la durée de la gestation et fait naitre des bébés de plus petit poids que ne le ferait la seule prématurité. Le risque de mort subite inexpliquée est plus important chez ces « bébés cannabis », leur développement psycho-moteur est retardé durant toute l’enfance ; la fréquence de développement d’une hyperactivité avec déficit de l’attention est accrue, tout comme l’incidence ces toxicomanies à l’adolescence.

 

Les méfaits du cannabis, en particulier par son THC, sont encore plus importants et graves, au niveau cérébral :

  • Le THC induit une addiction (ou pharmacodépendance), qui concerne près de 20% de ceux qui l’ont expérimenté (en France on dénombre 1.400.000 usagers réguliers ; dont 650.000 usagers quotidiens et multi quotidiens.
  • Le THC persiste dans le cerveau et les lipides de l’organisme durant des jours et même des semaines, ainsi ses effets sont très persistants ; c’est « une drogue très lente ».
  • Il perturbe l’éveil, l’attention, la mémoire à court terme (sans laquelle ne peut se former une mémoire à long terme) ; ce qui est à l’origine de graves perturbations cognitives et éducatives.
  • Il produit une ivresse, assez comparables à celle due à l’alcool, avec lequel il donne lieu à une potentialisation mutuelle ; ainsi, la rencontre du cannabis et de l’alcool multiplie par 14 le risque d’avoir un accident mortel de la route.
  • Il induit des troubles délirants et hallucinatoires, tels ceux vécus au cours de la folie (schizophrénie).
  • Il est à l’origine, en aigue, de possibles crises d’angoisse, mais plus souvent d’un effet anxiolytique incitant l’anxieux à en user et bientôt à en abuser, développant une tolérance, qui fait réapparaître alors une anxiété plus intense qu’elle n’était primitivement.
  • Le THC est perçu lors des premiers usages par un sujet dépressif comme anti dépresseur, ce qui l’incite à en user, puis à en abuser, jusqu’à ce que l’effet disparaisse et fasse réapparaître une dépression intense, avec en embuscade son risque suicidaire.
  • Au rythme où les effets du THC s’atténuent le cannabinophile y ajoute souvent d’autres drogues ; instaurant une poly toxicomanie
  • Le THC peut déclencher une psychose cannabique, qui ne régresse que sous un traitement antipsychotique ; elle ne réapparaîtra pas si le sujet ne consomme plus jamais de cannabis

10   Le THC peut décompenser une vulnérabilité à la schizophrénie, et ainsi déclencher   l’apparition de cette affection grave, dont on ne guérit jamais.

11   Des études récentes (Y. Hurd, N.Y., U.S.A.) montrent que le THC, consommé par des personnes en âge de procréer, par un mécanisme épigénétique, leur fait transmettre à leur progéniture une vulnérabilité aux drogues et toxicomanies, qui se manifestera à l’adolescence. On savait que les enfants de parents toxicomanes étaient eux-mêmes victimes de celles-ci ; on pensait que c’était la seule conséquence des mauvais exemples parentaux, on sait maintenant que cette vulnérabilité est soutendue par des modifications héritées de l’expression de certaine gènes.

Ces méfaits principaux et souvent graves étant évoqués, considérons maintenant les effets pharmacologiques induits par le THC, que certains voudraient recruter à des fins thérapeutiques.

Les effets du THC sont multiples, en raison du grand nombre de récepteurs cérébraux sur lesquels il agit (les récepteurs CB1 = cannabinoïdes de type 1) et de leur caractère ubiquistes (présents dans toutes les structures cérébrales), de là ses effets multiples, sans préjuger de leur intensité. Citons pêle-mêle : des effets sédatifs, tranquillisants, analgésiques, myorelaxants, de diminution de la pression intra-oculaire (en cas de glaucome), amnésiants, de diminution du seuil épileptogène, d’augmentation de l’appétit (orexigène) ; de diminution des vomissements (anti-émétique), d’induction de troubles de l’équilibre et de la coordination des mouvements…

Depuis Claude Bernard, à la suite de son maitre François Magendie (i.e. depuis plus d’un siècle), la thérapeutique répugne à administrer des soupes végétales associant dans des proportions non définies des principes actifs divers et variés dont les effets peuvent s’épauler ou se contredire. Voilà déjà qui invalide cannabis.

La multiplicité des effets développés par le seul THC s’inscrit contre la notion de médicament. Un médicament doit développer un effet principal, majeur, éventuellement un ou deux effets latéraux que l’on peut parfois mettre à profit, mais surtout pas plus. Avec le THC on redécouvre la panacée, la thériaque ; c’est un retour de plus d’un siècle en arrière. Si on sollicite par exemple une analgésie, non seulement on n’a pas besoin, mais on va être gêné par beaucoup des autres effets servis simultanément, « en prime » ; tels une ivresse, un appétit aiguisé, un état de sédation, des troubles de la coordination motrice, des troubles délirants, des hallucinations, une dépendance rendant bientôt cette utilisation indispensable pour échapper au mal être de la privation ….autant d’effets qui, bien plus que latéraux, pourront être manifestement adverses.

Les effets que l’on voudrait solliciter sont, individuellement, d’une intensité qui n’a rien d’exceptionnelle, alors que l’on dispose, pour chacun des effets que développe le THC, d’authentiques médicaments, ayant une efficacité  souvent meilleure, et surtout une bonne spécificité d’action. Par exemple, pour traiter le glaucome on dispose d’au moins 6 classes de médicaments différents d’efficacité avérée. Pour agir sur les vomissements, on trouve dans la famille des sétrons, des molécules beaucoup plus actives que le THC.

Ce qui qualifie avant tout un médicament, au point d’être consubstantiel à cette qualité, c’est le rapport bénéfices/risques. Quels bénéfices peut-on espérer que le patient en retirera et quels risques encourra-t-il à utiliser ce médicament. Ce rapport est spécialement mauvais pour le THC. On a fait disparaître récemment du marché une benzodiazépine myorelaxante, très efficace, pour bien moins de motifs d’incrimination.

Nous devrions considérer aussi le devenir du THC dans l’organisme, dans ses interactions avec différents médicaments et surtout au travers de son exceptionnelle persistance, avec une imprévisible durée d’action.

Tout cela étant considéré, on peut affirmer aujourd’hui que le cannabis, en tant que tel, ainsi que son constituant psychotrope essentiel, le THC, qui est le substrat de tous les appétits, ne devraient pas être acceptés en tant que médicament, dans les indications proposées ou anticipées.

Le chercheur pharmacologue soussigné, n’exclue évidemment pas que l’on puisse découvrir parmi les dizaines de cannabinoïdes que recèle le chanvre indien, un ou plusieurs d’entre eux, qui développeraient d’intéressantes propriétés pharmacologiques, sans effets adverses manifestes. Le cannabidiol, substance non psychotrope, pourrait être un candidat sérieux ; cependant, en l’absence d’informations robustes, cette assertion est actuellement tout à fait prématurée.

Pr. Jean Costentin

 

L’addition aux opioïdes: une mort prescrite ?

La dépendance aux opioïdes a provoqué la mort de 300.000 Américains en vingt ans. Aux États-Unis, un bébé naît toutes les 20 minutes, intoxiqué aux opioïdes. 

Près de 200 décès sont liés à une overdose d’opioïdes chaque jour aux États-Unis

Dépendance aux opioïdes : "Il faut informer les patients des risques", alerte un médecin (C) rawpixel

Dépendance aux opioïdes : « Il faut informer les patients des risques », alerte un médecin
Aux États-Unis, un bébé naît toutes les vingt minutes en étant intoxiqué aux opioïdes.En vingt ans, 300.000 Américains sont morts d’overdose sur ordonnance pour des maux de dos, des douleurs chroniques ou des rhumatismes. En 2017, 72.000 personnes ont perdu la vie. C’est désormais la première cause de mortalité des moins de 50 ans. Une crise sanitaire d’une ampleur sans précédent, racontée récemment par l’Obs (« Cette épidémie d’overdoses aux opioïdes qui ravage l’Amérique »), que les autorités fédérales n’ont pas su enrayer.

Depuis les années 1990, on assiste à une véritable crise sanitaire: 115 américains décèdent chaque jour d’un surdosage aux opioïdes licites ou illicites, soit plus de 17.000 décès en 2016. En France, si la situation n’est pas comparable, la consommation est néanmoins en augmentation constante depuis 10 ans. Les antalgiques non opioïdes (paracétamol, aspirine, ibuprofène, etc.) restent certes de loin les plus utilisés par les Français (78% du total), mais près de 10 millions d’entre eux ont reçu au moins une prescription d’opioïdes au cours de l’année 2015.

a France est aussi concernée par ce fléau, l’ANSM révèle qu’au moins 4 décès sont dus à une overdose d’antidouleurs chaque semaine

Ce drame sanitaire est responsable d'au moins 4 décès par semaine en France (C) rebcenter-moscow

Ce drame sanitaire est responsable d’au moins 4 décès par semaine en France
En France, si la situation reste incomparable, néanmoins, la consommation des opiodes est en augmentation constante depuis 10 ans. Les antalgiques non opioïdes (paracétamol, aspirine, ibuprofène, etc.) restent certes de loin les plus utilisés par les Français (78% du total), mais près de 10 millions d’entre eux ont reçu au moins une prescription d’opioïdes au cours de l’année 2015.

« L’ANSM observe une augmentation du mésusage, ainsi que des intoxications et des décès liés à l’utilisation des antalgiques opioïdes, qu’ils soient faibles ou forts. Cependant, la situation n’est pas comparable avec celle observée aux Etats-Unis et au Canada », indique le rapport. « En 2017, l’antalgique opioïde le plus consommé en France était le tramadol puis la codéine en association et la poudre d’opium associée au paracétamol. Viennent ensuite la morphine, premier antalgique opioïde fort, l’oxycodone, à présent pratiquement autant consommé que la morphine, puis le fentanyl transdermique et transmuqueux à action rapide ».

« Aujourd’hui, il y a plus d’overdoses chez les patients avec des douleurs chroniques que chez les consommateurs de drogue », s’alarmait dans Le Parisien Nicolas Authier, président de l’Observatoire français des médicaments antalgiques. N’importe qui peut sombrer. « Ce n’est pas une problématique spécifique des usagers de drogue. On parle ici de femmes (60 %) et d’hommes de 40, 50, 60 ans, sans antécédents de prise de drogue. Confrontés à la douleur chronique, avec pour certains des comorbidités psychiatriques, pour d’autres des problèmes familiaux ou au boulot, ils se retrouvent entraînés dans la spirale irréversible de l’addiction ».


Ben is Back, un drame américain sur la dépendance aux opioïdes

Ben is Back, un film dramatique sur l’addiction à la drogue des adolescents écrit et réalisé par Peter Hedges, sorti le 7 décembre 2018 aux États-Unis. Il est présenté au festival international du film de Toronto 2018. L’histoire relate celle de Ben, 19 ans, qui fait son retour dans sa famille à la veille de Noël, après une longue absence. Sa mère Holly (Julia Roberts) est ravie de revoir son fils, tout en redoutant qu’il ne cède à ses addictions. En effet, Ben est un ancien toxicomane. Sa mère va tout faire pour sauver son fils, quitte à mettre son mariage en péril.

Julia Roberts est incroyablement touchante en mère courage. Dans ce long-métrage, elle redonne une seconde vie à son fils. Le film rend hommage à toutes les mamans qui se battent contre la dépendance à la drogue de leurs enfants.

Le message est fort

L’addiction aux opioïdes en Amérique, concerne donc une débauche de médicaments anti-douleur tels que l’Oxycodin ou le Fentanyl, elle atteint surtout les petites villes, finit souvent par la phase ultime de la dépendance à l’héroïne, et pas un jour ne passe sans qu’un nouveau drame d’overdose n’apparaisse. C’est pour cette raison que le sujet intéresse le cinéma, plus précisément ce que cela engendre dans les familles.

“Je viens d’une famille qui a été profondément touchée par les addictions, que ce soit à l’alcool ou aux drogues. Dans ma famille, certains s’en sont sortis, d’autres pas, et d’autres encore continuent à se battre. Par ailleurs, j’ai perdu quelqu’un de proche », confie le réalisateur, qui a eu l’idée de travailler sur un film portant la souffrance et l’impact que la drogue peut avoir sur une famille. La force de « Ben is Back » est de ne jamais porter aucun jugement sur ses personnages, notamment sur Ben, qui au final est victime de lui-même.

Frappé par la toxicomanie au travers de proches, il est clair que Peter Hedges souhaitait apporter un témoignage, voire un hommage aux hommes et femmes piégés dans cet enfer, et peut-être surtout aux familles qui les soutiennent inconditionnellement tout en se méfiant d’eux comme de la peste.

Le cannabis, un ennemi de la fertilité

Le cannabis, un ennemi de la fertilité
Pour les couples souhaitant concevoir, la consommation de cannabis n’a rien d’anodin. Elle affecte à la fois les fonctions reproductives féminine et masculine et rend la conception plus difficile.

Très souvent banalisée, la consommation de cannabis peut avoir un impact négatif sur la fertilité féminine et masculine.

Commençons par les femmes. Fumer régulièrement entraîne des perturbations du cycle et de la qualité d’ovulation. « Cela est dû non seulement au THC (la principale molécule active du cannabis) mais aussi à d’autres composants du cannabis », peut-on lire sur le site stop-cannabis.ch. « Il semble ainsi par exemple que des phytoestrogènes présents dans la fumée de cannabis interfèrent avec  les récepteurs des oestrogènes. »

En outre, selon  l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), le cannabis « entraine un risque augmenté de kystes de l’ovaire et un risque d’infertilité pour les femmes ayant consommé du cannabis dans l’année précédant la tentative de conception ».

Du côté des hommes, les travaux vont dans le même sens. Le joint entraîne une diminution de la production de sperme, de la mobilité des spermatozoïdes et de leur durée de vie. Ainsi en 2003, une étude a montré un comportement anormal des spermatozoïdes: ils bougeaient trop vite et trop tôt. Ils avaient beaucoup moins de chances d’arriver à atteindre l’ovule et donc à féconder celui-ci.

Une conception difficile

Enfin, il a été montré que la consommation de cannabis au moment de la conception entraîne plus de risques de fausses couches et de grossesses extra-utérines. Il semble que le  THC empêche le transport et la nidation des embryons dans l’utérus. Par ailleurs, il serait néfaste lors d’une fécondation in vitro.

« Certaines de ces études doivent être confirmées », concède le site drogues-info-service.fr. « Toutefois, le principe de précaution incite les couples désireux d’avoir un enfant à cesser leur consommation de cannabis et de tabac, d’autant plus s’ils sont déjà suivis pour infertilité ou souhaitent avoir recours à la procréation médicalement assistée. »

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«L’addiction à l’alcool est l’une des plus sévères»

INTERVIEW – Médecin addictologue et président de SOS addictions, le Dr Lowenstein rappelle pourquoi l’alcoolisme est une vraie maladie dont les risques ne doivent pas être sous-estimés.

LE FIGARO. – Plus de 3,5 millions d’alcooliques en France, tous âges et toutes catégories sociales confondus. Quel est le problème de la France vis-à-vis de l’alcool?

Dr William Lowenstein. – La France a, évidemment, du fait de sa production de vin, un lien historique et culturel avec l’alcool et ne peut pas le considérer comme une drogue. Résultat, les pouvoirs publics encouragent encore son usage et en tolèrent l’abus. Mais nous ne sommes pas une exception. Tous les pays producteurs ont le même problème: l’Allemagne ou l’Australie avec la bière, le Royaume-Uni avec le whisky, la Russie avec la vodka. D’où le résultat: une population qui ne prend pas suffisamment au sérieux les méfaits de l’alcool et des centaines de milliers de vies ruinées.

Pourtant, de nombreux Français sont confrontés à l’alcoolisme, chez un proche, un ami d’ami, ils savent que cela existe.

Entre 10 et 15 % des adultes présentent une consommation à risque ou un problème avec l’alcool. Mais dans l’imaginaire collectif, ces personnes sont faibles, n’ont pas su se contrôler, se sont laissées aller. Elles n’ont pas à embêter les 85 % qui veulent continuer à boire tranquillement, et qui n’ont pas à se priver en conséquence. Regardez, l’alcool est partout, tout le temps, dans chaque maison, pour les pots d’entreprise, les fêtes familiales, les déjeuners entre amis. Toute la société est addictogène: quand quelqu’un ne boit pas, on lui demande ce qui ne va pas.

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Il y a néanmoins ces messages de prévention en faveur d’une consommation modérée. Les gens ne peuvent pas dire qu’ils ne savent pas.

Quelle hypocrisie que ces messages! Allez, bonnes gens, consommez avec modération, mais consommez. Cela revient, de la part des autorités sanitaires, à se dédouaner des abus. A la place, il faudrait des slogans sur les ravages de l’alcool ; le nombre de cancers par an, de femmes dépendantes, de morts, de familles brisées, car c’est cela la réalité. Mais non, on préfère pacifier, sous-estimer les risques réels de cette vraie drogue. Les gens ne réalisent pas la gravité de la dépendance à l’alcool: ce chaos, cette survie douloureuse au quotidien. Je le dis, cette addiction est l’une des plus sévères qui soient avec les addictions aux amphétamines ou à la cocaïne.

Que voulez-vous dire?

Cette maladie entraîne une perte totale de contrôle vis-à-vis des autres. Aucune autre drogue, sauf la cocaïne, n’est aussi désinhibitrice, déstabilisatrice, entraînant paranoïa et violence, au point de terrifier sa propre famille. Et puis elle tue, par cancer, par maladie cardio-vasculaire ; par overdose, c’est le coma éthylique. En outre, la dépendance est terrible, plus forte que celle à l’héroïne. On se réveille la nuit pour boire, et un sevrage trop brutal entraîne des souffrances neuronales, des délires, des crises d’épilepsie qui peuvent être fatales. Enfin, la rémission est très difficile car le quotidien est envahi par l’alcool, contrairement aux autres drogues dures difficiles d’accès.

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L’alcoolisme est reconnu comme une vraie maladie. Cela n’a pas toujours été le cas…

En effet, pendant des années, le problème de l’alcool était celui des psychanalystes, on recherchait ce qui n’avait pas tourné rond dans l’enfance, on faisait le point sur des souvenirs douloureux. Il fallait à tout prix trouver une explication, et la seule solution était l’abstinence. C’était au patient de se guérir lui-même, une question de volonté. Heureusement, les progrès en neurosciences permettent de faire le ménage dans ces vieilles croyances. L’alcoolisme est bien une maladie fonctionnelle liée à des perturbations neuronales en raison d’une surexposition à l’alcool. Demander à une personne dépendante de faire preuve de volonté revient à demander à une malade d’Alzheimer de faire des efforts de mémoire!

Qu’est-ce qui peut faire changer le rapport à l’alcool: des lois?

Ah, si seulement les politiques luttaient contre l’abus d’alcool avec la même efficacité que contre l’insécurité routière… Ce n’est pas seulement 100 à 200 vies par an qu’on sauverait grâce à la limitation de vitesse à 80 km/h, mais des milliers. Je rappelle que l’alcool, c’est plus de 40 000 morts en 2015 en France, dont la moitié liée à la consommation de vin. Seulement voilà, il n’y a ni volonté ni intelligence politique. Par pression des lobbys, par clientélisme, par attachement à leurs origines et au territoire, les parlementaires sont en plein déni et se montrent même cyniques en la matière en défendant ardemment le vin. Quant aux lois votées, elles ne sont pas appliquées. N’importe quel jeune de moins de 18 ans peut se procurer de l’alcool sans avoir à montrer de pièce d’identité.

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C’est donc sans espoir!

Bien sûr que non, on ne peut pas rêver d’un grand chamboulement, mais on peut trouver des axes qui changeront progressivement la vision des choses. Celui de la femme enceinte est un bon exemple. A peu près tout le monde respecte la future mère qui écarte tout danger pour son enfant en refusant une goutte d’alcool. Avec cette sensibilisation accrue, j’espère que les personnes s’interrogent sur les effets de l’alcool sur elles-mêmes et comprennent qu’il faut s’en préserver. Il faut épargner nos enfants et retarder le plus possible l’âge du premier usage, et surtout des premiers abus. L’âge précoce d’initiation est directement associé au risque de dépendance. Enfin, une autre piste intéressante vise à apprendre aux individus à quantifier la consommation à risque. Quand un proche consomme plus de dix verres par semaine, qu’il ne peut s’empêcher de boire pendant un jour ou deux, et qu’il vit dans le déni, le risque de dérive est grand…

Au fond, faudrait-il interdire l’alcool, ou au moins le diaboliser pour en faire comprendre les risques?

Non, diaboliser l’alcool serait aussi peu intéressant et aussi ridicule que le fait de sous-estimer ses méfaits comme le font les politiques. L’alcool a une fonction initiale bénéfique. Mais sa consommation devrait rester occasionnelle, avec une prise de conscience massive du danger qu’il représente pour la santé et la liberté de chacun.

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