Alcool au volant : un grand verre de vin suffirait à perturber nos réflexes

D’après une récente étude britannique, un seul grand verre de vin ou une pinte de bière suffiraient à perturber notre sens du contrôle, nous rendant potentiellement dangereux au volant.

Alcool au volant : un grand verre de vin suffirait à perturber nos réflexesESKAYLIM/ISTOCK

Voilà qui ne va pas plaire à ceux qui ont pour habitude de prendre la voiture pour rentrer chez eux après quelques verres. Selon une nouvelle étude britannique parue dans la revue Addiction Biology vendredi 21 juin, une pinte de bière ou seul grand verre de vin suffiraient à perturber notre sens du contrôle, compromettant ainsi notre conduite. Ces résultats soulèvent donc la question de la limite légale d’alcool au volant dans de nombreux pays.

Pour en arriver à ces conclusions, les chercheurs ont étudié l’impact de faibles doses d’alcool sur notre organisme, surtout celles consommées lors événements mondains, qui n’affectent que très légèrement le comportement social. Il s’agit de la première étude du genre. En effet, jusque-là, les recherches s’étaient surtout concentrées sur la perte d’inhibition chez quelqu’un de complètement saoul, caractérisée par de l’impulsivité et un comportement agressif et risqué.

« Mesurer le sens du contrôle chez une personne est compliqué. Quand on demande explicitement aux gens de dire à quel point ils sentent en contrôle, leurs réponses sont affectées par divers biais cognitifs, tels qu’une faible introspection, le désir de se conformer aux attentes des chercheurs ou même l’inhabilité à comprendre la question correctement », notent les chercheurs.

De faibles doses d’alcool suffiraient à exagérer le sens du contrôle du conducteur

C’est pourquoi, ces derniers ont préféré s’appuyer sur les mécanismes inconscients de la volonté. Quand un stimuli physique (du son ou des lumières) suit des actions volontaires (bouger un doigt ou une main), les gens pensent que les actions se produisent plus tard et le stimuli plus tôt que dans la réalité, reliant ainsi les deux. Les mécanismes neuronaux responsables de ce phénomène sont connus pour participer à créer le sens du contrôle.

Les chercheurs ont donc donné aux participants un cocktail contenant des doses d’alcool proportionnelles à leur IMC afin de produire des concentrations d’alcool équivalentes aux limites légales pour conduire en Angleterre et à Wales. Résultat : ces faibles doses ont produit un lien plus fort entre les actions volontaires et le stimuli sensoriel.

Ainsi donc, de faibles doses d’alcool suffiraient à exagérer le sens du contrôle, entraînant une confiance en soi excessive chez le conducteur et potentiellement un comportement dangereux.

« Il est important de noter que dans notre expérience, tous les participants étaient dans les limites d’alcool autorisées pour conduire en Angleterre, à Wales, aux Etats-Unis et au Canada. Et pourtant, nous avons quand même vu que leur impression d’être en contrôle était perturbée », explique le Professeur Aldo Badiani, Directeur du Centre de recherches et d’intervention sur l’Addiction au Sussex. « En Angleterre, à Wales et en Amérique du Nord, beaucoup militent pour abaisser la limite légale. Les résultats de notre étude soutiennent la mise en œuvre d’une telle modification de la loi », conclut-il.

En France, l’alcool présent dans 18% des causes d’accidents mortels en 2018

En Angleterre, la limite légale pour conduire est aujourd’hui de 0,8 grammes par litre de sang.  En France, elle est de 0,5g /L. Malgré tout, en 2018, l’alcool était toujours présent dans 18% des causes d’accidents mortels (3 503 décès) sur les routes de France, de métropole ou d’outre-mer, selon le dernier bilan provisoire de l’Observatoire national Interministériel de la sécurité routière.

C’est pourquoi, afin de lutter contre l’alcool au volant, le gouvernement français a récemment mis en place l’obligation d’installer un dispositif homologué d’anti-démarrage par éthylotest électronique par décision du préfet en cas d’infraction. « Si le test est positif, le dispositif empêche le démarrage du véhicule. Si le test est négatif, alors le dispositif permet le démarrage du véhicule », explique le site auto-école.net.

Puis, entre cinq et trente minutes après le démarrage, un deuxième souffle est nécessaire à l’arrêt complet de la voiture. « Ce deuxième souffle est nécessaire car l’assimilation de l’alcool dans le sang prend du temps, entre 30 minutes et 1 heure. Il se peut qu’au démarrage, vous n’étiez pas positif mais cela a peut-être changé depuis ! », note auto-école.net.

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