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La consommation de cannabis chez les jeunes adultes altère le développement du cerveau

La consommation régulière de cannabis chez les jeunes âgés d’une vingtaine d’années peut causer des dommages permanents pour le cerveau. La légalisation de la drogue dans certaines régions du monde a pu contribuer, à tort, à présenter cette drogue comme inoffensive ou « douce », selon le Dr Nora Volkow, directrice du National Institute on Drug Abuse (NIDA).

Atlantico : Selon de nombreuses études, la consommation de cannabis, même après 20 ans, peut causer des dommages permanents au cerveau. Quels sont les risques et les conséquences concrètes d’une consommation de cannabis pour le développement du cerveau ? Les dommages sont-ils irréversibles ?

Dan Véléa : Cette problématique et cette consommation ont un impact sur le long terme. Les études viennent confirmer cette réalité comme celle de l’association Nord-Américaine « drogue addiction » sur les modifications neuronales à 20 ans. Jusqu’à présent les grandes études que l’on avait n’étaient même pas sérologiques pour le développement neuronal chez les adolescents. Cela soulève une grande question pour la légalisation du cannabis aux Etats-Unis et pour savoir si cela devait rester illégal.

Les études confirment donc que même à l’âge adulte, les risques de consommation de cannabis sont concrets. Cela peut avoir des modifications de type neurologique avec une atteinte au niveau du système nerveux central et du système nerveux périphérique.

Au niveau cérébral, il y a des modifications au niveau des synapses et des transmissions nerveuses. Des modifications sont constatées. Cela peut expliquer les deux grandes pathologies psychiatriques que l’on voit avec le cannabis et notamment le syndrome amotivationnel, une absence totale de motivation. Il s’agit de l’un des effets qui apparaît avec la consommation et sur la modification neuronale.

Le deuxième effet, qui est le plus grave, est l’apparition de tableaux psychiques très graves, des psychoses aiguës avec une installation pour certains d’entre eux de troubles bipolaires.

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Ces dommages sont-ils irréversibles ?

Malheureusement, lorsque l’on constate la baisse de motivation, cela entraîne des tableaux sur le très long terme avec des produits qui restent. Il est possible d’avoir des améliorations en se sevrant.   

Pour les cas extrêmes et avec la psychose, c’est encore plus inquiétant. Certaines personnes peuvent rester avec une psychose de manière chronique, entrer dans la paranoïa et rester dans la schizophrénie avec des troubles bipolaires avérés.   

Dès lors, il ne faut pas considérer le cannabis comme une drogue « douce », comme le disent certains ?

La distinction entre drogue douce et drogue dure est une fumisterie. Ce n’est pas le produit en soi qui peut présenter un danger. Ce n’est pas l’alcool, le cannabis, la cocaïne ou l’héroïne qui sont en cause mais il s’agit du type de rapport que l’individu entretient avec ces stupéfiants et le type de consommation qu’il a. Cela va avoir un impact sur le long terme. Le cannabis d’aujourd’hui est beaucoup plus concentré en THC que certaines drogues consommées dans les années 1960. Cela n’a donc plus du tout le même type d’effet. Le niveau de dépendance au cannabis est similaire à la dépendance à l’héroïne. La distinction entre drogue dure et drogue douce est factice. Cette conception peut être trompeuse.    

Selon le Dr Nora Volkow, directrice du National Institute on Drug Abuse, la légalisation du cannabis dans certains États américains a fait croire à tort à de nombreuses personnes qu’il était sans danger. Aux États-Unis, en 2021, un nombre record de jeunes de 19 à 30 ans consommaient du cannabis et un sur dix admet en consommer tous les jours. Comment expliquer que les consommateurs de cannabis sont toujours plus jeunes et nombreux ? La légalisation de cette drogue y est-elle pour quelque chose ?

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Cette légalisation du cannabis n’intervient pas partout avec des raisons de type médico-sociales mais souvent pour des raisons économiques.  Le Maryland connaissait une situation économique un peu défaillante par exemple. Certains Etats américains ont pu profiter des taxes imposées sur le cannabis dans les coffee shop et les magasins spécialisés pour sauver leur économie. Il s’agissait d’un but strictement économique.

Maintenir le produit dans l’illégalité entretient néanmoins le flou sur les mélanges effectués et sur le taux de concentration en THC. Un encadrement « médical » et des mesures de prévention devraient accompagner les politiques de légalisation, notamment en fonction des âges.

Il y a bien un lien entre la légalisation du cannabis et sa consommation chez les jeunes.    

La majorité des gens ont un usage « récréatif » du cannabis mais il ne faut pas voir à travers cela le fait que ce produit soit « doux » ou minimiser les risques.

Tout va dépendre de l’usage qui va être fait du cannabis par la personne et quel type de concentration en THC sera consommé.

Ce sont des produits potentiellement très addictifs et dangereux. Il est important de savoir que les risques sont importants  

Si le cannabis récréatif était légalisé en France, faudrait il s’attendre à un phénomène similaire ?

Il faut s’attendre à un débordement. La société européenne est propice aux excès. Avec la levée de cette barrière, personne ne va se gêner, la tentation de se livrer à des excès sera grande.

Cela risque d’aboutir à la même situation, d’un point de vue de santé publique, qu’avec l’alcool.

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Certaines personnes qui plaident pour la légalisation ont un usage « récréatif » du cannabis et sont capables de se sevrer et de ne pas consommer.  Il ne faut pas les écouter.

Dans 25 à 30 ans, pourrions-nous avoir de nouveaux individus dans le système de santé qui arriveraient avec de nouveaux traumatismes avec cette légalisation ?

Si le cannabis était légalisé demain, d’ici cinq ans nous aurions de graves problématiques liées au cannabis. Les produits stupéfiants font aussi des dégâts à long terme.   

Mais la légalisation du cannabis va entraîner des dégâts immédiats.

Si cette légalisation se fait de manière idéologique et politique, les jeunes seront les premières victimes et seront exposés à n’importe quoi.

Si l’on se penche sur le modèle hollandais, ils ont déployé des campagnes de prévention et ont eu recours à l’éducation, une législation très dure a aussi été instaurée, notamment sur les amendes. La consommation ne peut se faire que dans des endroits spécifiques. Ces décisions ont été appliquées après les dérives liées à la consommation de drogue dans les années 1970 sans mesures de précaution. Un cadre légal a donc été décidé avec l’organisation via les coffee shop.

Si l’on applique le même modèle en France, cela va entraîner des débordements dignes de la situation en Espagne. Il faut donc être extrêmement vigilant et encadrer un maximum ce processus avec un cadre très strict et des investissements, ainsi qu’un effort particulier sur l’éducation par rapport à la prévention.   

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TÉMOIGNAGE. Ex-addict à l’alcool, aux drogues et aux médicaments, Sandra Pinel est devenue patiente experte pour aider les autre

« Mon père était alcoolique, je suis devenue infirmière pour le soigner », Sandra Pinel est sortie de l’enfer des addictions. Devenue patiente-experte, c’est désormais elle qui aide les autres à s’en sortir.

Sandra Pinel habite en Loire-Atlantique. Elle est présidente de l’association France Patient Expert Addictologie. Elle est aussi infirmière à Saint-Nazaire. Dépendante à l’alcool, au cannabis et aux médicaments, elle s’en est aujourd’hui sortie et aide les autres à lutter.

Son histoire avec la dépendance remonte loin. « Mon père était alcoolique donc je suis devenue infirmière pour le soigner ». À son décès, c’est elle qui tombe dans les addictions : « J’ai commencé très tôt, par le tabac à 11 ans, à 16 ans c’était le cannabis et puis plus tard l’alcool. »

Entre l’âge de 30 et 40 ans, Sandra est seule, totalement coupée de la vie, la vraie. Les produits l’isolent de tout et de tout le monde. « Il fallait être parfaite au travail. Quand je finissais ma journée d’infirmière, je consommais les produits et chaque produit avait une fonction ».

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Selon une étude menée par l'association SAF France, 40 % des Bretons disent ne pas connaître les troubles causés par l'alcoolisation foetale
Selon une étude menée par l’association SAF France, 40 % des Bretons disent ne pas connaître les troubles causés par l’alcoolisation foetale • © PHOTOPQR/LE COURRIER DE L’OUEST/MAXPPP

En Bretagne, 621 bébés naissent, chaque année, avec un trouble causé par l’alcoolisation fœtale. L’association SAF France alerte, informe et sensibilise à cette problématique de santé publique. Ce 3 septembre, elle organise un un Safthon, à Brest, pour rappeler qu’un seul verre d’alcool pendant une grossesse peut avoir des conséquences graves sur le cerveau des bébés.

« Alcool et grossesse ne font pas bon ménage ». Hervé Gouedard ne lâche pas cette phrase au hasard. Cet ancien chef du service pédiatrique de l’hôpital de Morlaix a croisé, lors de ses consultations, des enfants atteints du syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF).

Il s’agit de la forme la plus sévère des conséquences de la consommation d’alcool pendant une grossesse. Elle peut provoquer un retard de croissance, un retard psychomoteur, des malformations du coeur, des yeux, des os, la surdité, des troubles de l’attention, de l’auto-contrôle, etc. « Pour établir le diagnostic, il faut remonter le fil de l’histoire de l’enfant, observe le médecin finistérien. Ce qui implique de demander clairement à la mère si elle a bu quand elle était enceinte. C’est délicat, compliqué, mais cette question doit être posée. Elle devrait même l’être pendant la grossesse et c’est rarement le cas ».

621 naissances en Bretagne

Il n’est pas seulement question ici de dépendance à l’alcool. Un verre de vin, de temps en temps, pendant la grossesse, suffit à créer des lésions permanentes au cerveau du bébé. « Pourquoi prendre ce risque pendant 9 mois alors que l’on a toute la vie avant et après pour le faire ? » interroge Hervé Gouedard. 

Il faut inciter le plus grand nombre à faire de la prévention Hervé Gouedard Délégué de SAF France en Bretagne

Chaque année, en Bretagne, 621 enfants naissent avec un trouble causé par l’alcoolisation fœtale (TCAF). En France, cela concerne 15.000 naissances. Prévenir, sensibiliser, informer, telle est la mission que l’association SAF France se donne depuis sa création en 2008.

Elle a même mis sur pied un Safthon il y a 6 ans, sorte de tour de France des régions qui intervient, chaque année, d’août à septembre. « On s’est aperçu que l’information n’existait pas ou peu sur cette problématique, relate l’ancien chef du service pédiatrique, également délégué breton de SAF France. Alors, on a décidé d’aller à la rencontre du public, des collectivités ». Un travail de terrain « pour inciter le plus grand nombre à faire de la prévention ».

« Tous responsables »

C’est à Brest, ce samedi 3 septembre, que le Safthon débutera en Bretagne. Dans cette ville qui, en 1984, lançait le défi brestois, à savoir trois jours sans boire une goutte d’alcool, et qui, depuis 2018, s’est dotée d’un plan alcool. SAF France est en discussion avec la mairie pour un partenariat sur le long terme. L’association a rencontré les élus locaux et leur a présenté sa charte sur la prévention des troubles liés à l’alcoolisation fœtale.

Le texte a déjà été signé par le Département des Côtes-d’Armor. Le paraphe du Conseil départemental du Finistère est en bonne voie. « Je suis ravi que la Bretagne adhère à la démarche, se réjouit le docteur Denis Lamblin, président de SAF France. Car nous sommes tous responsables. L’opinion répandue que ces troubles sont dus aux choix personnels de la femme est un obstacle majeur à l’efficacité de la prévention. Dire ‘c’est de sa faute’, ce n’est pas acceptable »

Ce pédiatre, qui exerce à la Réunion, déroule sur un sujet qu’il connaît bien et depuis longtemps. L’île, particulièrement touchée par l’alcoolisation fœtale, est un département pilote dans la prise en charge du SAF. « En matière de prévention, on a 15 ans d’avance sur les autres régions françaises. On a créé l’association pour que, justement, le problème soit mis sur la table ailleurs ».

La stigmatisation et la culpabilisation des femmes n’ont rien à faire dans le débat

Denis Lamblin Pédiatre et président de SAF France

La notion de co-responsabilité, Denis Lamblin la défend bec et ongles. « Les raisons sous-jacentes à la consommation d’alcool pendant une grossesse sont nombreuses, dit-il. Le manque d’information sur les risques en est une, mais il y aussi les incitations sociales à boire, le contexte de vie de chaque femme, je pense notamment à celles qui se réfugient dans l’alcool car victimes de violences conjugales. Voilà pourquoi la stigmatisation et la culpabilisation n’ont rien à faire dans le débat. La société entière est responsable de son incapacité à aider une femme enceinte à affronter la peur, l’angoisse, la violence par d’autres moyens que l’alcool ».

« Bombe à retardement »

Depuis 2007, grâce au combat mené par Denis Lamblin, un décret impose un pictogramme ‘zéro alcool pendant la grossesse’ sur chaque bouteille de vin, de bière et de spiritueux. A ce jour, seuls 12 pays dans le monde ont emboîté le pas de la France.

Le pictogramme interdisant la consommation d'alcool pendant la grossesse figure sur les bouteilles depuis 2007 en France
Le pictogramme interdisant la consommation d’alcool pendant la grossesse figure sur les bouteilles depuis 2007 en France • © C.C-A/France Télévisions

Pour faire bouger les lignes, SAF France s’est associée aux producteurs et distributeurs de boissons alcoolisées. Un paradoxe ? « Pas du tout, affirme le président de l’association. Ils nous aident à faire passer le message qu’il n’y a pas de consommation sans risque ».

Depuis trois ans, l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH) est, elle aussi, devenue une partenaire précieuse. Elle est d’ailleurs partie prenante du Safthon.

Les bars, les restaurants, les discothèques qui participent à l’événement distribuent, par exemple, des flyers à leur clientèle. « Il faut bien garder en tête que l’alcool prédispose le fœtus à 400 pathologies, prévient le docteur Lamblin. Le cerveau reste sensible tout au long de la grossesse et les lésions s’exprimeront comme une bombe à retardement dans la vie de l’enfant ».

« Un fléau évitable »

Mettre le paquet sur la prévention, « c’est la priorité des priorités, estime Hervé Gouedard. Osons en parler car c’est un fléau évitable ». Des interventions en milieu scolaire, notamment dans les classes de 4e et 3e au collège, sont au programme de SAF France dans les Côtes-d’Armor et le Finistère.

Ce 3 septembre, le syndrome d’alcoolisation fœtale s’invitera aussi en ouverture du match du Brest Bretagne Handball. Avant le coup d’envoi de cette première rencontre de la saison de Ligue féminine de handball, Denis Lamblin prendra le micro pour sensibiliser le public brestois. Chaque spectateur trouvera un dépliant d’information sur son siège, en plus du stand que l’association installera dans le hall de l’Arena.

La notion de dangerosité pour un seul verre n’est pas acquise Denis Lamblin

Pédiatre et président de SAF France

Nul doute que le pédiatre de l’Ile de la Réunion insistera sur l’idée qu’aucune femme n’est à l’abri du risque. « Un verre, c’est déjà de trop et la notion de dangerosité pour un seul verre n’est pas acquise, constate-t-il. Une femme prendrait-elle un médicament qui mettrait la vie de son bébé en danger ? Non ! Un verre de vin ou de bière, cela équivaut au quart d’un comprimé de ce médicament dangereux ».

Il fallait s’y attendre, 2ème édition !


Dans les messages du 28 Août, (cliquez ici) nous rapportions les premières conséquences de l’autorisation récente du cannabis récréatif dans 19 états américains :

Forte augmentation de la consommation de cannabis comparée à celle de 2012 (de 50% environ) mais hausse également du recours à d’autres drogues.

Pas étonnant constate le psychiatre Jeffrey Roth qui conclut « rendre le cannabis illégal n’aide pas…mais le rendre légal, ça envoie un message et tout le monde se précipite dessus…on pouvait s’y attendre »

En France où on s’accroche à la recherche d’un possible effet thérapeutique, le rapport d’étape de l’expérimentation nationale n’est guère flatteur : En 16 mois, 1790 volontaires ont été inclus dans l’étude, 540 l’ont abandonné, parmi eux 186 pour cause d’effets indésirables, 200 pour inefficacité.

Analysé par le comité de suivi, l’intérêt du cannabis en psychiatrie n’est pas prouvé à ce jour (après 16 mois d’observation). Ce résultat encore provisoire, est cohérent avec les observations précédentes de la Haute Autorité de Santé (HAS) qui juge le service médical rendu minime ou inexistant (Pour le cannabidiol, CBD seul, l’ASMR est mineure de niveau IV et pour l’association THC+CBD l’ASMRest inexistante de niveau V).

Dans une étude clinique classique d’un candidat médicament, un tel taux d’abandon (30%) aurait
conduit à son arrêt immédiat.
Attendons la fin de l’expérimentation mais d’ores et déjà, il fallait s’y attendre, l’intérêt thérapeutique du cannabis n’est pas prouvé.

Pr JP Tillement et JP Goullé

Cocaïne : des risques « même à faible dose, même lors des premières prises »

La cocaïne est une drogue aux effets stimulants qui comporte des risques variés sur la santé. La Dr Geneviève Lafaye, addictologue, répond à toutes vos questions sur la cocaïne.

Elle est dérivée des feuilles de coca. La cocaïne est une substance stimulante, qui a des effets « boostant ». Cette drogue est largement diffusée en France. Elle est parfois coupée et mélangée à d’autres produits, comme des médicaments.

La cocaïne est principalement sniffée, mais peut aussi être aussi fumée ou injectée quand elle est sous forme de crack. Ce stupéfiant est constitué de cristaux de cocaïne mélangés à du bicarbonate de soude. Le mélange est chauffé et fumé ou injecté. « Les effets sont alors plus rapides et s’estompent plus vite, ce qui amène à des consommations plus fréquentes que lorsque la cocaïne est sniffée« , alerte la docteure Geneviève Lafaye.

Des risques neurologiques, cardiaques et vasculaires

Des risques pour la santé existent, « même à faible dose, et même lors des premières prises« , insiste la spécialiste. « Il peut toujours y avoir des conséquences, que ce soit sur le plan neurologique, vasculaire ou cardiaque. » Par exemple, « il n’est pas rare que les personnes qui consomment de la cocaïne aient des effets paranos« . La cocaïne peut aussi rendre plus agressif et plus impulsif, prévient l’addictologue.

Autre danger de la cocaïne : des conséquences néfastes au niveau du nez. « Quand on consomme régulièrement de la cocaïne, on peut avoir un trou au niveau de la cloison nasale (la partie qui sépare les deux narines), qui s’agrandit progressivement, voire plus de cloison du tout.« 

Une dépendance rapide

La dépendance à la cocaïne s’installe rapidement et facilement. « On s’imagine qu’être dépendant c’est consommer tous les jours. Avec la cocaïne, ce n’est pas forcément le cas » note la docteur Lafaye. Il peut ainsi y avoir dépendance même lorsqu’on consomme cette drogue par séquence.
Et plus on est dépendant, plus il est difficile d’arrêter seul. Faire appel à des professionnels est alors nécessaire. 

Source

Lettre du CNPERT Septembre 2022

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Chers Collègues,

Voici la lettre de rentrée du CNPERT (N°80). Elle apporte l’encouragement chaleureux à poursuivre notre action d’un de nos plus anciens membres, professeur de biologie de l’enseignement supérieur, nous l’en remercions. Il a tenu à conserver l’anonymat.

Cette rentrée promet d’être animée voire vive : comme nous vous l’avons appris, la consommation de drogues augmente, c’est le constat de l’OEDT. Dans cette lettre, vous trouverez l’histoire de « Malchance », cette étudiante brillante, sombrée dans la déchéance socio-professionnelle, conséquence d’un syndrome schizophrénique activé par le cannabis et l’alcool. Son parcours « d’absence de soins » comme le décrit si bien notre collègue, le docteur Régis Brunod, souligne les difficultés administratives rencontrées pour la traiter et l’impossibilité actuelle de traiter un patient non consentant.

Sans quitter le cannabis, le voici associé au tabac. Une étude anglaise montre qu’il y a quatre fois plus d’utilisateurs de cannabis chez les fumeurs, comparés aux non-fumeurs. Les auteurs concluent à une double addiction, une forme de synergie entre les deux toxiques.

Une autre étude montre les dégâts immédiats et à venir de la consommation de cannabis pendant l’adolescence : perte de motivation, échec scolaire et risque ultérieur de chômage. On ne peut s’empêcher, en lisant ce travail, de le rapprocher de l’initiative récente de certains sénateurs (31/348) voulant argumenter et inscrire dans la loi la dépénalisation ou la légalisation du cannabis. Attention danger ! Nous espérons qu’ils tiendront compte de ces données.

Le développement d’une toxicomanie est un sujet passionnant, difficile et encore mal compris. Il est particulièrement intéressant de découvrir avec le docteur Jean-Luc Saladin le rôle des aires pré-frontales dans l’acquisition ou le refus de l’état de dépendance : il le fait de façon didactique à l’aide de l’imagerie cérébrale qu’il propose au patient. Il en tire des options thérapeutiques nouvelles. Le Président J. Costentin rappelle, en complément, les fonctions physiologiques des endocannabinoïdes, leurs récepteurs et les interactions avec le THC.

Voici du grain à moudre pour l’année académique

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Jean Paul Tillement

Réduire sa consommation d’alcool, un geste anti-cancer efficace

Par Pauline Fréour

DÉCRYPTAGE – Des chercheurs coréens se sont penchés sur les données de plus de 4,5 millions d’inscrits à l’assurance-maladie coréenne.

N’en déplaise aux amateurs de vin, bière et autres nectars distillés, il est désormais bien établi que la consommation régulière d’alcool augmente le risque de cancer (ORL, œsophage, colorectal, foie et sein, essentiellement). Pas moins de 8 % des cancers en France, soit 28.000 par an, lui sont attribués. Mais sait-on dans quelle mesure réduire ses habitudes peut être bénéfique? C’est pour répondre à cette question relativement peu étudiée que des chercheurs coréens se sont penchés sur les données de plus de 4,5 millions d’inscrits à l’assurance-maladie coréenne.

Par trois fois, en 2009, 2011 et 2013, ces derniers ont rempli un questionnaire où ils indiquaient si leur consommation d’alcool était faible (moins de 15 g d’alcool pur par jour, soit environ un verre et demi), modérée (de 15 à 30 g) ou élevée (plus de 30 g).

Les chercheurs ont mis ces résultats en regard des 80.000 cancers attribuables à l’alcool enregistrés pendant cette période. Cela a permis d’observer que les individus buvant beaucoup voyaient leur risque de cancer lié à l’alcool baisser de 8 à 9 points lorsqu’ils réduisaient leur consommation en dessous de 30 g/jour, par rapport aux gros buveurs ne changeant pas leurs habitudes. C’est dans cette catégorie que le gain était le plus notable, indique l’étude publiée mercredi dans Jama Network Open

Tout aussi intéressante est l’observation de la durée de ce bénéfice. Les grands buveurs ayant notablement réduit leur consommation d’alcool, et qui maintenaient cette habitude dans le temps, voyait leur risque de cancer s’aligner sur ceux n’ayant jamais bu plus. En d’autres termes, le surrisque lié à une forte consommation s’effaçait progressivement pour devenir le même que celui des petits buveurs ou buveurs modérés, selon les cas. «C’est une notion que l’on a pour la cigarette, mais pas forcément pour l’alcool», remarque la Pr Béatrice Fervers, chef du département prévention cancer environnement au Centre Léon Bérard (Unicancer) à Lyon.

Prévention

En France, la consommation d’alcool a beaucoup diminué depuis une cinquantaine d’années, mais l’Hexagone n’est passé que du 1er au 6e rang mondial. On estime désormais qu’un Français boit en moyenne 11,7 litres d’alcool pur par an (soit 100 litres de vin environ, par exemple). Or ce chiffre recouvre de grandes disparités: «Un peu plus de la moitié des gens se partagent 10 % du volume total national, mais, a contrario, la moitié de ce volume est bu par seulement 10 % de la population adulte», souligne la Pr Fervers. Et c’est sur cette dernière catégorie que doivent se concentrer les efforts de prévention, souligne Thierry Breton, président de l’Institut national du cancer: «L’étude coréenne confirme l’intérêt de les amener à revoir leurs habitudes à la baisse.»

Depuis 2017, les autorités sanitaires conseillent en France de ne pas dépasser 10 verres par semaine, avec des jours de pause. «À ce niveau, le surrisque de cancer est vraiment faible, inférieur à 1 %», souligne Thierry Breton. «Ces recommandations sont le résultat d’un compromis entre la santé, la culture et l’économie, car il n’existe pas de seuil en dessous duquel le risque serait nul. Mais, en France, l’alcool tient une place particulière», pointe Béatrice Fervers. Et de citer une étude française de 2021 évaluant que, si tous les Français respectaient les recommandations des autorités sanitaires, le nombre de cancers attribuables à l’alcool baisserait de 16.000, «ce qui en laisse tout de même 12.000 par an».

Source Le Figaro

L’offre et la consommation de drogues reprennent après les perturbations liées à la Covid-19


Pr Jean-Pierre Goullé


Dans son rapport annuel sur les drogues en date du 23 juin 2022 (1), l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT ou EMCDDA en anglais), constate un rebond rapide de l’offre et de la consommation de drogues après la COVID-19.
La disponibilité des drogues reste élevée dans l’ensemble de l’UE. Pour certaines, comme la cocaïne par exemple, elle dépasse les niveaux d’avant la pandémie.


De plus, de nouvelles drogues fortement dosées et dangereuses pour la santé font irruption sur le marché, au rythme d’une nouvelle drogue par semaine en Europe en 2021. Il révèle aussi que les produits dérivés du cannabis se diversifient et que la production de drogues de synthèse est en hausse.


En ce qui concerne leur consommation, on constate un retour aux niveaux d’avant la pandémie. L’analyse des eaux usées révèle une augmentation de la consommation de cocaïne, de crack, d’amphétamine et de méthamphétamine, dans un certain nombre de villes, entre 2020 et 2021.
Ylva Johansson, commissaire européenne chargée des affaires intérieures, déclare :
« L’escalade continue de la production de drogues de synthèse au sein de l’UE nous montre les efforts acharnés déployés par les groupes criminels organisés pour tirer profit du commerce clandestin de drogues, ce qui met en péril la santé et la sécurité publiques.

Les partenariats entre les réseaux criminels européens et internationaux sont particulièrement préoccupants. Ils ont donné lieu à une disponibilité record de la cocaïne et à la fabrication de méthamphétamine à une échelle industrielle en Europe.

Cela s’accompagne d’une potentielle augmentation de la consommation et des risques associés. L’UE et ses États membres continueront de lutter contre ces menaces émergentes au moyen d’un effort collaboratif, fondé sur les priorités de l’UE en matière de criminalité et sur ses stratégies en matière de drogue et de sécurité. »
Alexis Goosdeel, directeur de l’EMCDDA, ajoute : « Le message à retenir de ce rapport est que les drogues classiques n’ont jamais été aussi accessibles et de nouvelles substances fortement dosées continuent d’apparaître.

Aujourd’hui, presque tout ce qui présente des propriétés psychoactives peut être une drogue, étant donné que les frontières s’estompent entre les substances licites et les substances illicites. Et tout le monde peut être touché, directement ou indirectement, car les problèmes de drogue aggravent la plupart des autres défis sanitaires et sociaux importants auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui ».


De nouvelles substances psychoactives dangereuses sont disponibles et parmi elles les cathinones sont une source de préoccupation majeure. De nouvelles drogues font irruption en Europe au rythme d’une par semaine, ce qui représente un véritable défi pour la santé publique.

En effet, en 2021, 52 nouvelles substances ont été identifiées pour la première fois par l’intermédiaire du système d’alerte précoce EWS ou « early working system de l’UE », ce qui porte à 880 le nombre total de drogues surveillées par l’Observatoire.

En 2021, de nombreux produits de synthèse ont été signalés pour la première fois : 6 opioïdes, 6 cathinones et 15 cannabinoïdes. Avec 6,9 tonnes, des quantités record de drogues ont été
saisies en Europe en 2020.

Parmi ces produits on compte 3,3 tonnes de cathinones de synthèse, souvent vendues comme substituts de stimulants classiques (cocaïne, MDMA, par exemple). À la suite de l’interdiction des cathinones de synthèse en Chine depuis 2020, ces substances font désormais l’objet d’un trafic vers l’Europe depuis l’Inde, ce qui montre l’adaptation rapide du marché en fonction de la
réglementation.

Fin 2021, l’EMCDDA surveillait 162 cathinones de synthèse, ce qui en faisait la deuxième catégorie de drogues la plus nombreuse après les cannabinoïdes de synthèse, au nombre de 224.
Ainsi, une augmentation de la production, du trafic et de la disponibilité des drogues est constatée en Europe. Plus de 350 laboratoires clandestins de production ont été démantelés en 2020. Si le darknet est en déclin, les réseaux sociaux et les applications de messagerie constituent une source d’approvisionnement privilégiée, ceci souligne la nécessité d’apporter des réponses dans ce domaine si préoccupant.


1- Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (2022), Rapport
européen sur les drogues 2022 : Tendances et évolutions, Office des publications de
l’Union européenne, Luxembourg, 60pp.

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