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Le gouvernement veut lutter contre le tabac et l’alcool pour réduire les cancers

Le gouvernement veut lutter contre le tabac et l'alcool pour reduire les cancers
Le gouvernement veut lutter contre le tabac et l’alcool pour réduire les cancers© AFP/Archives/ROSLAN RAHMAN

Aller vers une France sans tabac, ce qui inclut de nouvelles hausses des prix, et limiter les excès d’alcool sont deux axes majeurs de la stratégie de lutte contre le cancer pour les dix années à venir, détaillée lundi par le gouvernement.

Les grandes lignes de cette stratégie décennale 2021-2030 avaient été annoncées en février par le président Emmanuel Macron, et le premier comité de pilotage s’est réuni lundi.

L’un des principaux objectifs de ce plan est de « réduire de 60.000 par an le nombre de cancers évitables à horizon 2040 », indique le Premier ministre Jean Castex dans le dossier de présentation.

Selon les chiffres officiels, 382.000 personnes apprennent chaque année qu’elles sont touchées par un cancer et 157.500 en meurent. Or, on estime que 153.000 cancers par an pourraient être évités.

C’est pourquoi l’action publique doit être guidée par « la perspective d’une France affranchie du tabac », selon les termes du plan. Avec 45.000 morts par an, le tabac est en effet « le premier facteur de risque de cancer ».

Le gouvernement veut donc poursuivre l’action menée dans le cadre de la lutte anti-tabac ces dernières années, qui a permis de faire baisser d’1,6 million le nombre de fumeurs entre 2016 et 2018.

« Le prix de vente de tous les produits du tabac devra converger vers les prix les plus hauts, pratiqués par les pays les plus avancés sur ce sujet (AustralieRoyaume-Uni, Irlande) », selon le plan.

Plusieurs hausses de prix ont été imposées en France ces dernières années, et le paquet de 20 cigarettes coûte désormais environ 10 euros. Mais en Australie, cela peut aller jusqu’à l’équivalent de 30 euros.

Juste derrière le tabac, « l’alcool est le deuxième facteur de risque de cancer ».¨Pourtant, « son image est positive pour la population qui l’associe à la fête, à la convivialité et au plaisir ».

C’est pourquoi la stratégie de réduction envisagée n’est pas la même que contre le tabac: il faut « prendre en compte la dualité +risque/plaisir+ propre à la consommation » d’alcool.

L’objectif n’est donc pas le zéro alcool, mais la diminution des consommations excessives, supérieure aux repères établis par les autorités sanitaires.

Cela passe par l’adoption d’un « programme national de prévention du risque alcool, interministériel et pluridisciplinaire ».

Les autres objectifs de la stratégie de lutte contre le cancer sont de « réaliser 1 million de dépistages en plus à horizon 2025, réduire de 2/3 à 1/3 la part des patients souffrant de séquelles 5 ans après un diagnostic, améliorer le taux de survie des cancers de plus mauvais pronostic à horizon 2030 », selon M. Castex.

Pour renforcer le dépistage du cancer colorectal, à partir d’octobre prochain, toute personne éligible pourra recevoir le kit nécessaire à domicile, après une commande en ligne, sans consultation médicale préalable.

En février, M. Macron avait indiqué que cette stratégie décennale s’appuierait sur un financement de 1,7 milliard d’euros pour les cinq premières années, dont 600 millions d’euros pour la recherche.

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CNPERT : Drogaddiction.com


Dix ans déjà bien tassés !

C’est un travail quotidien de grande qualité qu’accomplit notre maitre du web, Monsieur Guy Millant sur le site qu’il a créé.

Dix ans déjà, cet anniversaire est l’occasion de saluer l’œuvre accomplie. A partir des publications essentiellement françaises qu’il recueille chaque jour et les travaux scientifiques internationaux que nous sélectionnons, de nombreux messages vous sont proposés tous les matins auxquels s’ajoute la lettre bi- mensuelle du CNPERT qui attire l’attention sur l’actualité.
Un grand merci et toute notre reconnaissance à notre ami Guy Millant. Qu’il sache que son travail est utile, efficace et apprécié 


Jean-Paul Tillement
Vice président du CNPERT

La Birmanie brûle pour un demi-milliard de dollars de drogue

Les autorités birmanes ont fait brûler samedi pour plus d’un demi-milliard de dollars d’opium, d’héroïne, de méthamphétamine et autres drogues, saisis par la police.

Des pompiers passent devant un tas de drogues illégales incendié par les autorités birmanes pour marquer la Journée internationale contre l’abus et le trafic de drogues, à Yangon, Myanmar, le 26 juin 2021. | NYEIN CHAN NAING / EPA/MAXPPP

Les autorités birmanes ont fait brûler samedi pour plus d’un demi-milliard de dollars d’opium, d’héroïne, de méthamphétamine et autres drogues, saisis par la police, comme avertissement aux trafiquants qui semblent avoir appris à contourner les restrictions de voyage dues au Covid et ont repris leur trafic.

Un grand nuage noir

À Rangoun, les journalistes ont pu voir un tas énorme de sacs de cannabis, à côté d’autres remplis de petites pilules roses, et de tables pleines d’héroïne et autres drogues diverses, avant que les autorités n’y mettent le feu, envoyant dans le quartier un grand nuage noir.

Des opérations similaires ont eu lieu aussi dans les villes de Mandalay et Taunggyi, dans l’État Shan, brûlant pour 668 millions de dollars de drogues, dont 224 millions de comprimés de méthamphétamine, a précisé la police.

Cette opération avait lieu à l’occasion de la Journée internationale contre l’abus et le trafic de drogue.

Marché en expansion

En dépit des restrictions dues au Covid, on a observé récemment « une augmentation constante du marché de la méthamphétamine en Asie de l’est et du sud-est », avait souligné l’ONU, qui ajoutait craindre que cela n’augmente encore avec les difficultés actuelles de la Birmanie.

Toujours selon l’ONU, l’État Shan, en Birmanie, reste la principale source de cette drogue, qui est souvent envoyée vers les marchés étrangers tels l’Australie et le Japon sous sa forme cristalisée, plus puissante.

Cet État fait partie du Triangle d’Or, à la frontière de la Birmanie, du Laos et de la Thaïlande, centre depuis des décennies de la production de drogue en Asie du sud-est.

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Maged1, le gène qui pourrait nous sauver des addictions

On en reparle ….

Une nouvelle piste génétique vient d’être découverte

En Europe, la dépendance aux drogues touche 15,5 millions de personnes pour un coût annuel avoisinant les 66 milliards d’euros. Améliorer la prévention et les traitements de ces dépendances, c’est aussi comprendre les mécanismes par lesquels les drogues agissent sur le cerveau. Par exemple, le fait qu’elles provoquent une augmentation artificielle de dopamine, un neurotransmetteur. L’effet se retrouve chez tous les animaux qu’il a été possible d’étudier, de la mouche à l’humain.

Cette libération de dopamine se joue dans une région du cerveau, le striatum ventral ou noyau accumbens, directement impliquée dans les processus de récompense et de renforcement. L’excès de dopamine induit des changements neurologiques à long-terme, l’infrastructure des processus d’addiction.

C’est dans ce contexte qu’Alban de Kerchove d’Exaerde et son équipe de la Faculté de Médecine de l’Université libre de Bruxelles viennent de mettre en évidence le rôle majeur d’un gène, Maged1Leur étude a été publiée le 12 juillet dans la revue scientifique EMBO Reports. Les chercheurs y démontrent in vivo, à l’aide de souris transgéniques, que l’inactivation de Maged1 rend les bestioles totalement insensibles aux différents effets de la cocaïne. De même, la libération de dopamine due à la prise de cocaïne est fortement diminuée et les rongeurs testés ne présentent aucune réaction ou comportement addictif, ceux-là mêmes habituellement observés après l’administration de cocaïne.

Ensuite, les chercheurs ont voulu comprendre à quel endroit du cerveau le rôle de Maged1 était le plus crucial. Grâce à des inactivations dans des régions du cerveau ou des populations neuronales précises, ils allaient montrer que Maged1 contrôle la libération de dopamine dans le noyau accumbens. Un processus qui ne se passe pas dans les neurones libérant la dopamine, mais par l’intermédiaire des neurones du cortex préfrontal, que l’on sait aussi jouer un rôle très important dans la dépendance aux drogues. Le cortex préfrontal est ainsi suspecté de moduler l’inhibition ou la régulation des émotions. Ceci expliquerait certains symptômes de la dépendance à la cocaïne, dont la perte de contrôle et une capacité décisionnelle amoindrie.

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LES ACHATS DE DROGUE EN FRANCE ONT BATTU UN NOUVEAU RECORD L’ANNÉE DERNIÈRE

L’Insee estime que les consommateurs de drogue ont consacré 4,2 milliards d’euros à l’achat de cannabis, cocaïne, héroïne etc… Soit 7% de plus qu’en 2019.

La crise sanitaire a visiblement favorisé la consommation de produits stupéfiants. C’est en tout cas ce que constate l’Insee dans son évaluation annuelle des dépenses des Français, marquée en 2020 par une forte baisse. Selon l’institut national de la statistique, les consommateurs de drogue ont consacré 4,2 milliards d’euros à l’achat de cannabiscocaïnehéroïnecrack et diverses drogues de synthèse, à l’exception des médicaments dont l’usage est détourné. C’est quasiment 7% de plus qu’en 2019.

Les achats de produits stupéfiants connaissent d’après l’Insee une croissance plus soutenue depuis 2016. Progression du nombre des toxicomanes, augmentation du nombre des usagers occasionnels, offre de plus en plus diversifiée… Les raisons expliquant cette croissance importante sont par nature multiples. Mais le constat est là, entre 2009 (2,08 milliards d’euros) et 2020, les ventes de produits stupéfiants aux consommateurs ont doublé.

Les achats de livres devancés par les produits stupéfiants

Ces données chiffrées doivent être relativisées dans la mesure où elle repose sur une estimation. Mais l’évaluation réalisée par l’Insee, qui repose sur le croisement de données multiples (études auprès des consommateurs potentiels de drogues, de leur pratique, évolution des prix…) donne une idée fiable de la croissance des ventes, si ce n’est de son niveau précis. Niveau qui, sur le papier, aurait par exemple dépassé en 2020, le marché du livre, dont les ventes aux ménages ont atteint 3,75 milliards d’euros l’an passé.

Plus largement, l’Insee estime à 51,5 milliards d’euros les dépenses sur l’année 2020 des Français en produits dont les professionnels de santé soulignent le fort potentiel addictif: boissons alcoolisées, tabac et drogues. A eux seuls, ils concentrent 8% des dépenses des ménages, soit autant que le poste « éclairage et chauffage ».

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Lutte contre les stupéfiants

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Paris : un parc pour toxicos

.. Photo AFP

Dans le nord-est de Paris, gangréné par le trafic de crack, la nouvelle volonté des autorités de concentrer dans un parc les toxicomanes accros à cette drogue suscite la colère des riverains et des associations.

Depuis lundi soir, les fumeurs de crack sont chassés par la police du quartier de Stalingrad, où ils avaient l’habitude de passer leurs nuits, et incités à se regrouper au jardin d’Eole. Un parc public clos à 600 mètres de là, que beaucoup fréquentaient déjà en journée et qui restera désormais ouvert jusqu’à 1 heure du matin pour eux.

Sur place, les riverains désespèrent face à cette décision « temporaire », prise en urgence pour soulager leurs voisins de « Stalincrack », après des tirs de mortiers d’artifice tirés début mai contre les toxicomanes. Entre balançoires et détritus, beaucoup redoutent la formation d’une « nouvelle Colline du crack ».

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Lettre ouverte aux députés à l’origine du rapport sur le cannabis « récréatif »

    

Docteur Jean Costentin                                                                                   le 17 Mai 2021

Professeur émérite

Président du Centre National de Prévention, d’Etudes et de Recherches sur les Toxicomanies (CNPERT)

               Mesdames et Messieurs les députés,

               Effaré par la légèreté avec laquelle vous vous exprimez publiquement à propos de ce que vous appelez le cannabis « récréatif », je m’adresse à vous au nom du CNPERT.

Cette appellation de « cannabis récréatif » qui vous est propre, s’agissant de cette sale drogue, est une illustration de la manipulation de l’opinion à laquelle vous vous livrez. Dans les fonctions que vous occupez cela s’apparente à une forfaiture.

Vos déclarations s’inscrivent dans le droit fil de la banalisation de cette drogue, associées à une absence complète de prévention en milieu éducatif (que vous n’avez jamais déplorée et moins encore réclamée) qui est dénoncée par l’observatoire européen des drogues et toxicomanies (O.E.D.T.), elles contribuent au nombre record des consommateurs de cannabis dans notre Nation, en tout premier rang à cet égard des 27 Etats membres de l’U.E.  

Le rapport que vous avez si rapidement rendu public après que le Ministre de l’Intérieur et le Président de la République aient sifflé l’arrêt de votre « récré »,  est une désobéissance aux ordres supérieurs. Cela pourrait se concevoir si vous contestiez une décision insupportable, mais en l’occurrence cela ne l’est pas, car votre action vise à  en instaurer une.

Votre « cannabis récréatif » :

 C’est une addiction qui affecte 20% de ceux qui l’ont expérimenté ; avec, chez l’adolescent, un pouvoir addictif supérieur à celui des morphiniques (étude de N. Volkow publiée il y a un mois). Cette addiction a piégé, malgré la prohibition de ce cannabis, 1.500.000 « usagers réguliers », incapables de s’en abstraire, contre laquelle on est complètement démuni. Ces usagers y ajoutent souvent d’autres drogues (poly toxicomanies) dans un processus d’escalade désormais incontestable et dont les substrats neurobiologiques sont maintenant précisés.

C’est une toxicité physique supérieure à celle du tabac (qui tue annuellement en France 75.000 fumeurs et induit de nombreux handicaps) car sa combustion produit 6 à 8 fois plus de goudrons cancérigènes et d’oxyde de carbone : troisième cause de déclenchements d’infarctus du myocarde ; responsable d’accidents vasculaires cérébraux chez des sujets jeunes (cf. les travaux du CHU de Strasbourg) ; induisant des artérites des membres inférieurs plus précoces que celles dues au tabac.

 Avec le cannabis ce sont des femmes enceintes (incapables dans leur très grande majorité d’arrêter sa consommation) ayant des grossesses abrégées, des nourrissons fragiles aux tailles et poids réduits, porteurs d’éventuelles malformations dont le développement psychomoteur est retardé. C’est dans l’enfance, une fréquence accrue d’hyperactivité avec déficit de l’attention ou des troubles du spectre de l’autisme. C’est à l’adolescence, une vulnérabilité aux toxicomanies, à la schizophrénie, à des difficultés cognitives et à des déficits de l’immunité…

Le cannabis est la drogue de la « crétinisation » ; il affecte des trajectoires intellectuelles qui auraient pu être favorables, mais qui font stagner ses victimes dans des statuts des plus modestes, en faisant même des assistés à vie. Il relègue la France au 27ième rang du classement PISA des performances éducatives internationales. Cette drogue du renoncement, de l’aboulie, du syndrome amotivationnel sévit en une période où il faudrait être performants dans la compétition internationale pour éponger notre dette abyssale, aggravée par la COVID.

C’est une drogue qui tue sur la route ou dans des activités professionnelles ; une drogue qui rend auto-agressif (suicide) ou hétéro-agressif (bouffées délirantes).

C’est une drogue qui induit des dépressions de l’humeur (avec, en embuscade, leur risque de suicide) ; qui induit, décompense ou aggrave la schizophrénie (laquelle dans 10% des cas conduit à une mort brutale).

 C’est une étape de l’escalade vers d’autres drogues, dont les morphiniques et leurs overdoses mortelles. 

Qu’y a t’il donc de récréatif dans tout cela ?

Où les méfaits précités sont-ils mis en exergue dans votre rapport? Cachant mal sa vacuité, son épaisseur sera pour la grande majorité des citoyens, une dissuasion à sa lecture.

Où est l’attention que vous devriez porter à la santé de notre société et à celle de ses membres,  en particulier des plus jeunes d’entre eux ?

 D’une façon qui serait risible, si ce n’était dramatique, vous insistez sur le caractère « encadré » que revêtirait cette légalisation ; le précédent du tabac et de l’alcool ne vous rappellerait-il rien, à l’heure où ils sont consommés d’une façon intense et de plus en plus précoce.

C’est d’une voix hésitante que vous devriez évoquer cette drogue, au lieu de pérorer comme le font quelques uns d’entre vous, pour tenter de masquer leur connaissance partielle voire leur méconnaissance de points essentiels d’un sujet que vous ne maîtrisez pas.  

Nous déplorons de ne pas avoir été conviés à présenter nos connaissances lors des audits que vous avez effectués ; cela aurait enrichi votre rapport de points essentiels… mais ils contredisaient vos thèses.

L’article ci-joint vous permettra de faire la connaissance de ce sujet majeur que sont les effets épigénétiques du THC, « oubliés » dans votre rapport. En substance il est établi que les méfaits du cannabis n’affectent pas seulement ceux qui le consomment, mais aussi leurs descendants. En effet, quand ses consommateurs sont en âge de procréer, l’exposition de leurs gamètes (spermatozoïdes, ovules) au THC leur fait transmettre à l’enfant qu’ils viendraient à concevoir des marques épigénétiques,   réduisant l’expression de certains de leurs gènes, ce qui sera à l’origine : d’anomalies tératogènes, d’une vulnérabilité aux addictions lors de l’adolescence, auxquels s’associent les méfaits détaillés dans le précédent paragraphe.

Nous protestons enfin contre l’indécence de votre « consultation citoyenne » sur le cannabis « récréatif ».  Pour faire partager / diluer votre responsabilité, vous avez lancé cette «consultation » sans que les citoyens interrogés disposent d’informations sérieuses sur les dangers du cannabis, beaucoup d’entre eux ayant encore l’idée fallacieuse d’une « drogue douce ». Il était inconvenant de pratiquer cette consultation au cœur de la pandémie Covi19, source de préoccupations vitales, d’une crainte de reconfinement, d’inquiétudes économiques qui détournaient du cannabis l’attention des citoyens, à l’exception, que vous escomptiez, des 1.500.000  consommateurs réguliers de cannabis, impatients d’en disposer librement. Seuls 250.000 citoyens ont répondu, dont 20% d’entre eux pour exprimer leur opposition à la légalisation. Cette consultation           « bidon » fut donc un « bide ». 
Pourtant, sans vous le tenir pour dit, vous proposez un référendum, comme si dans le déclin ambiant, que cette légalisation aggraverait, il n’y aurait pas de sujets plus urgents et plus importants à faire trancher par ce mode exceptionnel d’arbitrage démocratique.

               Ce rapport, tout comme cette « consultation citoyenne », ne prouvent rien d’autre que la mauvaise foi de ses rédacteurs et de ses organisateurs. C’est pourquoi nous avons considéré qu’il était important d’exprimer notre désapprobation et de porter à votre connaissance et à celle de nos concitoyens les informations omises ou relativisées dans votre rapport.

               Si l’on ne sait pas, ou si l’on ne sait plus, à qui imputer les drames multiples liés à l’alcool et au tabac, il est maintenant possible d’identifier ceux par qui adviendraient les drames que recruterait le cannabis. Ils ne  pourront plus se réfugier derrière l’anonymat et le fait qu’ils ne savaient pas.

               Nous ne saurions trop vous recommander, pour notre Nation, pour votre réputation entamée, pour votre avenir politique et pour plein d’autres raisons que vous concevrez facilement, de passer votre rapport dans le broyeur à  papier. Pour tenter  de faire oublier ce très mauvais faux pas, vous devriez vous investir dans d’intenses actions  éducatives de prévention.

               Veuillez agréer, Mesdames et Messieurs les députés, l’expression de la déférence que nous avons pour tous les membres de la représentation nationale ; déférence néanmoins troublée par le mauvais usage  que vous  venez de faire de votre mandat.

                                                                                         Professeur Jean Costentin

Le cannabis récréatif met la Macronie en pétard

Alors que des Marcheurs envisagent la légalisation du cannabis récréatif, l’exécutif se montre réticent et la division gagne le gouvernement.

Un manifestant pro-légalisation en 2018 brandissant une banderole
Un manifestant pro-légalisation en 2018 brandissant une banderole « Macron paye ton joint »

POLITIQUE – Si Gérald Darmanin estime que le cannabis “c’est de la merde”, la politique française en la matière relève clairement de l’échec. Malgré une législation répressive, la France demeure le pays où la consommation est la plus élevée d’Europe et où les dégâts causés par les trafics ne cessent de s’aggraver. Sans compter le fait que les substances consommées échappent à tout contrôle, avec tous les risques sanitaires que cet angle mort comprend.  

Partant de ce constat, une mission d’information sur “la réglementation et impact des différents usages du cannabis” a été lancée à l’Assemblée nationale en novembre dernier. Présidée par le député LR Robin Reda et réunissant des élus de sensibilités différentes, celle-ci rend son rapport ce mercredi 5 mai. Parmi ses membres, plusieurs députés LREM penchent clairement pour la légalisation. À l’image des élus macronistes Jean-Baptiste Moreau, Ludovic Mendes ou encore Caroline Janvier. Rapporteure du volet “récréatif” de cette mission, cette dernière, députée du Loiret, se dit même “convaincue” que la substance sera, un jour ou l’autre, légale en France.  

N’y cherchez pas une forme de fracture Ambroise Méjean, délégué général des « Jeunes avec Macron »

Elle n’est pas la seule au sein du parti présidentiel à pencher du côté de la légalisation. Dimanche 25 avril, les Jeunes avec Macron ont publié dans le JDD une tribune en faveur d’une autorisation encadrée du cannabis… le jour où le ministre de l’Intérieur déclarait la guerre à cette substance dans ce même journal.

“Il ne faut pas croire qu’on fait un coup politique, on travaille sur le sujet depuis plus d’un an. Je partage sa vision de la sécurité, n’y cherchez pas une forme de fracture”, démine auprès du HuffPost le patron des “JAM” Ambroise Méjean, qui jure que “la seule finalité de cette prise de position, c’est de montrer qu’il y a un débat dans la majorité”. Pourtant, le discoursrésolument anti-fumette martelé par Gérald Darmanin vient jeter le trouble dans une famille politique qui vante une approche progressiste des questions sociétales. D’autant que le chef de l’État lui-même semblerevenir sur ses orientations de 2017 à ce sujet. 

“L’ADN d’En Marche!”

“Je vois des positions diverses, ça ne me choque pas que sur les questions de société on puisse avoir différentes sensibilités qui s’expriment, comme pour la fin de vie”, tempère au HuffPost le patron de LREM Stanislas Guérini. Or, plus que des positions diverses, ce sont carrément des contradictions qui s’expriment. Ainsi, quand le ministre de l’Intérieur entend “lutter contre le soft-power des pro-légalisation mené sur certaines plateformes Internet”, on trouve sur la plateforme d’idées lancée par LREM unerésolution appelant justement à “légaliser le cannabis”. 

Pour le député LREM Sacha Houlié (ex-patron des “JAM”), “il est temps de mettre fin à cette forme d’hypocrisie” qui entoure la consommation de cannabis. D’autant que pour l’élu de la Vienne, “la dimension progressiste et libérale” du parti présidentiel impose de faire évoluer la législation.

C’est également ce que pense Caroline Janvier. “Le fait d’aborder les sujets de façon pragmatique, et non idéologique, en dehors des ‘prêts-à-penser’, c’est justement dans l’ADN d’En Marche! On a beaucoup reproché ce travers à la droite et à la gauche avant que nous arrivions aux responsabilités. Et c’est justement à cause de ces postures idéologiques que l’on s’est longtemps trompé de débat. En entretenant une confusion entre légalisation et promotion. Or, ce n’est pas le sujet. L’idée, c’est de mieux contrôler et protéger les mineurs. L’enjeu est purement sanitaire”, détaille l’élue du Loiret.    

“J’ai un avis que je vais garder pour moi…”

Au sein du gouvernement, le sujet divise. Mais pas au point d’aller au clash avec l’omniprésent Gérald Darmanin. Plusieurs ministres favorables à une ”évolution de la législation” préfèrent ne pas s’épancher sur un sujet jugé “un peu trop touchy” et font promettre de ne rien en dire. Même dans la majorité, certains préfèrent l’esquive pour ne pas se retrouver dans l’embarras. “J’ai un avis que je vais garder pour moi”, sourit une cadre du groupe macroniste, pourtant connue pour porter haut ses convictions. Quoi qu’il en soit, la remise du rapport ce 5 mai marquera forcément une nouvelle étape dans l’appréhension de cette question en France. 

“La question que l’on doit se poser, c’est: veut-on faire partie des pays progressistes, comme les États-Unis ou le Canada, qui avancent sur cette question, ou veut-on rejoindre le camp de la Russie et de la Chine qui ont une position très réactionnaire sur le sujet?”, interroge Caroline Janvier. Chez Gérald Darmanin en tout cas, c’est pour l’instant la deuxième option qui domine. Sûrement pas en ces termes. 

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