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Maged1, le gène qui pourrait nous sauver des addictions

On en reparle ….

Une nouvelle piste génétique vient d’être découverte

En Europe, la dépendance aux drogues touche 15,5 millions de personnes pour un coût annuel avoisinant les 66 milliards d’euros. Améliorer la prévention et les traitements de ces dépendances, c’est aussi comprendre les mécanismes par lesquels les drogues agissent sur le cerveau. Par exemple, le fait qu’elles provoquent une augmentation artificielle de dopamine, un neurotransmetteur. L’effet se retrouve chez tous les animaux qu’il a été possible d’étudier, de la mouche à l’humain.

Cette libération de dopamine se joue dans une région du cerveau, le striatum ventral ou noyau accumbens, directement impliquée dans les processus de récompense et de renforcement. L’excès de dopamine induit des changements neurologiques à long-terme, l’infrastructure des processus d’addiction.

C’est dans ce contexte qu’Alban de Kerchove d’Exaerde et son équipe de la Faculté de Médecine de l’Université libre de Bruxelles viennent de mettre en évidence le rôle majeur d’un gène, Maged1Leur étude a été publiée le 12 juillet dans la revue scientifique EMBO Reports. Les chercheurs y démontrent in vivo, à l’aide de souris transgéniques, que l’inactivation de Maged1 rend les bestioles totalement insensibles aux différents effets de la cocaïne. De même, la libération de dopamine due à la prise de cocaïne est fortement diminuée et les rongeurs testés ne présentent aucune réaction ou comportement addictif, ceux-là mêmes habituellement observés après l’administration de cocaïne.

Ensuite, les chercheurs ont voulu comprendre à quel endroit du cerveau le rôle de Maged1 était le plus crucial. Grâce à des inactivations dans des régions du cerveau ou des populations neuronales précises, ils allaient montrer que Maged1 contrôle la libération de dopamine dans le noyau accumbens. Un processus qui ne se passe pas dans les neurones libérant la dopamine, mais par l’intermédiaire des neurones du cortex préfrontal, que l’on sait aussi jouer un rôle très important dans la dépendance aux drogues. Le cortex préfrontal est ainsi suspecté de moduler l’inhibition ou la régulation des émotions. Ceci expliquerait certains symptômes de la dépendance à la cocaïne, dont la perte de contrôle et une capacité décisionnelle amoindrie.

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LES ACHATS DE DROGUE EN FRANCE ONT BATTU UN NOUVEAU RECORD L’ANNÉE DERNIÈRE

L’Insee estime que les consommateurs de drogue ont consacré 4,2 milliards d’euros à l’achat de cannabis, cocaïne, héroïne etc… Soit 7% de plus qu’en 2019.

La crise sanitaire a visiblement favorisé la consommation de produits stupéfiants. C’est en tout cas ce que constate l’Insee dans son évaluation annuelle des dépenses des Français, marquée en 2020 par une forte baisse. Selon l’institut national de la statistique, les consommateurs de drogue ont consacré 4,2 milliards d’euros à l’achat de cannabiscocaïnehéroïnecrack et diverses drogues de synthèse, à l’exception des médicaments dont l’usage est détourné. C’est quasiment 7% de plus qu’en 2019.

Les achats de produits stupéfiants connaissent d’après l’Insee une croissance plus soutenue depuis 2016. Progression du nombre des toxicomanes, augmentation du nombre des usagers occasionnels, offre de plus en plus diversifiée… Les raisons expliquant cette croissance importante sont par nature multiples. Mais le constat est là, entre 2009 (2,08 milliards d’euros) et 2020, les ventes de produits stupéfiants aux consommateurs ont doublé.

Les achats de livres devancés par les produits stupéfiants

Ces données chiffrées doivent être relativisées dans la mesure où elle repose sur une estimation. Mais l’évaluation réalisée par l’Insee, qui repose sur le croisement de données multiples (études auprès des consommateurs potentiels de drogues, de leur pratique, évolution des prix…) donne une idée fiable de la croissance des ventes, si ce n’est de son niveau précis. Niveau qui, sur le papier, aurait par exemple dépassé en 2020, le marché du livre, dont les ventes aux ménages ont atteint 3,75 milliards d’euros l’an passé.

Plus largement, l’Insee estime à 51,5 milliards d’euros les dépenses sur l’année 2020 des Français en produits dont les professionnels de santé soulignent le fort potentiel addictif: boissons alcoolisées, tabac et drogues. A eux seuls, ils concentrent 8% des dépenses des ménages, soit autant que le poste « éclairage et chauffage ».

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Lutte contre les stupéfiants

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Paris : un parc pour toxicos

.. Photo AFP

Dans le nord-est de Paris, gangréné par le trafic de crack, la nouvelle volonté des autorités de concentrer dans un parc les toxicomanes accros à cette drogue suscite la colère des riverains et des associations.

Depuis lundi soir, les fumeurs de crack sont chassés par la police du quartier de Stalingrad, où ils avaient l’habitude de passer leurs nuits, et incités à se regrouper au jardin d’Eole. Un parc public clos à 600 mètres de là, que beaucoup fréquentaient déjà en journée et qui restera désormais ouvert jusqu’à 1 heure du matin pour eux.

Sur place, les riverains désespèrent face à cette décision « temporaire », prise en urgence pour soulager leurs voisins de « Stalincrack », après des tirs de mortiers d’artifice tirés début mai contre les toxicomanes. Entre balançoires et détritus, beaucoup redoutent la formation d’une « nouvelle Colline du crack ».

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Lettre ouverte aux députés à l’origine du rapport sur le cannabis « récréatif »

    

Docteur Jean Costentin                                                                                   le 17 Mai 2021

Professeur émérite

Président du Centre National de Prévention, d’Etudes et de Recherches sur les Toxicomanies (CNPERT)

               Mesdames et Messieurs les députés,

               Effaré par la légèreté avec laquelle vous vous exprimez publiquement à propos de ce que vous appelez le cannabis « récréatif », je m’adresse à vous au nom du CNPERT.

Cette appellation de « cannabis récréatif » qui vous est propre, s’agissant de cette sale drogue, est une illustration de la manipulation de l’opinion à laquelle vous vous livrez. Dans les fonctions que vous occupez cela s’apparente à une forfaiture.

Vos déclarations s’inscrivent dans le droit fil de la banalisation de cette drogue, associées à une absence complète de prévention en milieu éducatif (que vous n’avez jamais déplorée et moins encore réclamée) qui est dénoncée par l’observatoire européen des drogues et toxicomanies (O.E.D.T.), elles contribuent au nombre record des consommateurs de cannabis dans notre Nation, en tout premier rang à cet égard des 27 Etats membres de l’U.E.  

Le rapport que vous avez si rapidement rendu public après que le Ministre de l’Intérieur et le Président de la République aient sifflé l’arrêt de votre « récré »,  est une désobéissance aux ordres supérieurs. Cela pourrait se concevoir si vous contestiez une décision insupportable, mais en l’occurrence cela ne l’est pas, car votre action vise à  en instaurer une.

Votre « cannabis récréatif » :

 C’est une addiction qui affecte 20% de ceux qui l’ont expérimenté ; avec, chez l’adolescent, un pouvoir addictif supérieur à celui des morphiniques (étude de N. Volkow publiée il y a un mois). Cette addiction a piégé, malgré la prohibition de ce cannabis, 1.500.000 « usagers réguliers », incapables de s’en abstraire, contre laquelle on est complètement démuni. Ces usagers y ajoutent souvent d’autres drogues (poly toxicomanies) dans un processus d’escalade désormais incontestable et dont les substrats neurobiologiques sont maintenant précisés.

C’est une toxicité physique supérieure à celle du tabac (qui tue annuellement en France 75.000 fumeurs et induit de nombreux handicaps) car sa combustion produit 6 à 8 fois plus de goudrons cancérigènes et d’oxyde de carbone : troisième cause de déclenchements d’infarctus du myocarde ; responsable d’accidents vasculaires cérébraux chez des sujets jeunes (cf. les travaux du CHU de Strasbourg) ; induisant des artérites des membres inférieurs plus précoces que celles dues au tabac.

 Avec le cannabis ce sont des femmes enceintes (incapables dans leur très grande majorité d’arrêter sa consommation) ayant des grossesses abrégées, des nourrissons fragiles aux tailles et poids réduits, porteurs d’éventuelles malformations dont le développement psychomoteur est retardé. C’est dans l’enfance, une fréquence accrue d’hyperactivité avec déficit de l’attention ou des troubles du spectre de l’autisme. C’est à l’adolescence, une vulnérabilité aux toxicomanies, à la schizophrénie, à des difficultés cognitives et à des déficits de l’immunité…

Le cannabis est la drogue de la « crétinisation » ; il affecte des trajectoires intellectuelles qui auraient pu être favorables, mais qui font stagner ses victimes dans des statuts des plus modestes, en faisant même des assistés à vie. Il relègue la France au 27ième rang du classement PISA des performances éducatives internationales. Cette drogue du renoncement, de l’aboulie, du syndrome amotivationnel sévit en une période où il faudrait être performants dans la compétition internationale pour éponger notre dette abyssale, aggravée par la COVID.

C’est une drogue qui tue sur la route ou dans des activités professionnelles ; une drogue qui rend auto-agressif (suicide) ou hétéro-agressif (bouffées délirantes).

C’est une drogue qui induit des dépressions de l’humeur (avec, en embuscade, leur risque de suicide) ; qui induit, décompense ou aggrave la schizophrénie (laquelle dans 10% des cas conduit à une mort brutale).

 C’est une étape de l’escalade vers d’autres drogues, dont les morphiniques et leurs overdoses mortelles. 

Qu’y a t’il donc de récréatif dans tout cela ?

Où les méfaits précités sont-ils mis en exergue dans votre rapport? Cachant mal sa vacuité, son épaisseur sera pour la grande majorité des citoyens, une dissuasion à sa lecture.

Où est l’attention que vous devriez porter à la santé de notre société et à celle de ses membres,  en particulier des plus jeunes d’entre eux ?

 D’une façon qui serait risible, si ce n’était dramatique, vous insistez sur le caractère « encadré » que revêtirait cette légalisation ; le précédent du tabac et de l’alcool ne vous rappellerait-il rien, à l’heure où ils sont consommés d’une façon intense et de plus en plus précoce.

C’est d’une voix hésitante que vous devriez évoquer cette drogue, au lieu de pérorer comme le font quelques uns d’entre vous, pour tenter de masquer leur connaissance partielle voire leur méconnaissance de points essentiels d’un sujet que vous ne maîtrisez pas.  

Nous déplorons de ne pas avoir été conviés à présenter nos connaissances lors des audits que vous avez effectués ; cela aurait enrichi votre rapport de points essentiels… mais ils contredisaient vos thèses.

L’article ci-joint vous permettra de faire la connaissance de ce sujet majeur que sont les effets épigénétiques du THC, « oubliés » dans votre rapport. En substance il est établi que les méfaits du cannabis n’affectent pas seulement ceux qui le consomment, mais aussi leurs descendants. En effet, quand ses consommateurs sont en âge de procréer, l’exposition de leurs gamètes (spermatozoïdes, ovules) au THC leur fait transmettre à l’enfant qu’ils viendraient à concevoir des marques épigénétiques,   réduisant l’expression de certains de leurs gènes, ce qui sera à l’origine : d’anomalies tératogènes, d’une vulnérabilité aux addictions lors de l’adolescence, auxquels s’associent les méfaits détaillés dans le précédent paragraphe.

Nous protestons enfin contre l’indécence de votre « consultation citoyenne » sur le cannabis « récréatif ».  Pour faire partager / diluer votre responsabilité, vous avez lancé cette «consultation » sans que les citoyens interrogés disposent d’informations sérieuses sur les dangers du cannabis, beaucoup d’entre eux ayant encore l’idée fallacieuse d’une « drogue douce ». Il était inconvenant de pratiquer cette consultation au cœur de la pandémie Covi19, source de préoccupations vitales, d’une crainte de reconfinement, d’inquiétudes économiques qui détournaient du cannabis l’attention des citoyens, à l’exception, que vous escomptiez, des 1.500.000  consommateurs réguliers de cannabis, impatients d’en disposer librement. Seuls 250.000 citoyens ont répondu, dont 20% d’entre eux pour exprimer leur opposition à la légalisation. Cette consultation           « bidon » fut donc un « bide ». 
Pourtant, sans vous le tenir pour dit, vous proposez un référendum, comme si dans le déclin ambiant, que cette légalisation aggraverait, il n’y aurait pas de sujets plus urgents et plus importants à faire trancher par ce mode exceptionnel d’arbitrage démocratique.

               Ce rapport, tout comme cette « consultation citoyenne », ne prouvent rien d’autre que la mauvaise foi de ses rédacteurs et de ses organisateurs. C’est pourquoi nous avons considéré qu’il était important d’exprimer notre désapprobation et de porter à votre connaissance et à celle de nos concitoyens les informations omises ou relativisées dans votre rapport.

               Si l’on ne sait pas, ou si l’on ne sait plus, à qui imputer les drames multiples liés à l’alcool et au tabac, il est maintenant possible d’identifier ceux par qui adviendraient les drames que recruterait le cannabis. Ils ne  pourront plus se réfugier derrière l’anonymat et le fait qu’ils ne savaient pas.

               Nous ne saurions trop vous recommander, pour notre Nation, pour votre réputation entamée, pour votre avenir politique et pour plein d’autres raisons que vous concevrez facilement, de passer votre rapport dans le broyeur à  papier. Pour tenter  de faire oublier ce très mauvais faux pas, vous devriez vous investir dans d’intenses actions  éducatives de prévention.

               Veuillez agréer, Mesdames et Messieurs les députés, l’expression de la déférence que nous avons pour tous les membres de la représentation nationale ; déférence néanmoins troublée par le mauvais usage  que vous  venez de faire de votre mandat.

                                                                                         Professeur Jean Costentin

Le cannabis récréatif met la Macronie en pétard

Alors que des Marcheurs envisagent la légalisation du cannabis récréatif, l’exécutif se montre réticent et la division gagne le gouvernement.

Un manifestant pro-légalisation en 2018 brandissant une banderole
Un manifestant pro-légalisation en 2018 brandissant une banderole « Macron paye ton joint »

POLITIQUE – Si Gérald Darmanin estime que le cannabis “c’est de la merde”, la politique française en la matière relève clairement de l’échec. Malgré une législation répressive, la France demeure le pays où la consommation est la plus élevée d’Europe et où les dégâts causés par les trafics ne cessent de s’aggraver. Sans compter le fait que les substances consommées échappent à tout contrôle, avec tous les risques sanitaires que cet angle mort comprend.  

Partant de ce constat, une mission d’information sur “la réglementation et impact des différents usages du cannabis” a été lancée à l’Assemblée nationale en novembre dernier. Présidée par le député LR Robin Reda et réunissant des élus de sensibilités différentes, celle-ci rend son rapport ce mercredi 5 mai. Parmi ses membres, plusieurs députés LREM penchent clairement pour la légalisation. À l’image des élus macronistes Jean-Baptiste Moreau, Ludovic Mendes ou encore Caroline Janvier. Rapporteure du volet “récréatif” de cette mission, cette dernière, députée du Loiret, se dit même “convaincue” que la substance sera, un jour ou l’autre, légale en France.  

N’y cherchez pas une forme de fracture Ambroise Méjean, délégué général des « Jeunes avec Macron »

Elle n’est pas la seule au sein du parti présidentiel à pencher du côté de la légalisation. Dimanche 25 avril, les Jeunes avec Macron ont publié dans le JDD une tribune en faveur d’une autorisation encadrée du cannabis… le jour où le ministre de l’Intérieur déclarait la guerre à cette substance dans ce même journal.

“Il ne faut pas croire qu’on fait un coup politique, on travaille sur le sujet depuis plus d’un an. Je partage sa vision de la sécurité, n’y cherchez pas une forme de fracture”, démine auprès du HuffPost le patron des “JAM” Ambroise Méjean, qui jure que “la seule finalité de cette prise de position, c’est de montrer qu’il y a un débat dans la majorité”. Pourtant, le discoursrésolument anti-fumette martelé par Gérald Darmanin vient jeter le trouble dans une famille politique qui vante une approche progressiste des questions sociétales. D’autant que le chef de l’État lui-même semblerevenir sur ses orientations de 2017 à ce sujet. 

“L’ADN d’En Marche!”

“Je vois des positions diverses, ça ne me choque pas que sur les questions de société on puisse avoir différentes sensibilités qui s’expriment, comme pour la fin de vie”, tempère au HuffPost le patron de LREM Stanislas Guérini. Or, plus que des positions diverses, ce sont carrément des contradictions qui s’expriment. Ainsi, quand le ministre de l’Intérieur entend “lutter contre le soft-power des pro-légalisation mené sur certaines plateformes Internet”, on trouve sur la plateforme d’idées lancée par LREM unerésolution appelant justement à “légaliser le cannabis”. 

Pour le député LREM Sacha Houlié (ex-patron des “JAM”), “il est temps de mettre fin à cette forme d’hypocrisie” qui entoure la consommation de cannabis. D’autant que pour l’élu de la Vienne, “la dimension progressiste et libérale” du parti présidentiel impose de faire évoluer la législation.

C’est également ce que pense Caroline Janvier. “Le fait d’aborder les sujets de façon pragmatique, et non idéologique, en dehors des ‘prêts-à-penser’, c’est justement dans l’ADN d’En Marche! On a beaucoup reproché ce travers à la droite et à la gauche avant que nous arrivions aux responsabilités. Et c’est justement à cause de ces postures idéologiques que l’on s’est longtemps trompé de débat. En entretenant une confusion entre légalisation et promotion. Or, ce n’est pas le sujet. L’idée, c’est de mieux contrôler et protéger les mineurs. L’enjeu est purement sanitaire”, détaille l’élue du Loiret.    

“J’ai un avis que je vais garder pour moi…”

Au sein du gouvernement, le sujet divise. Mais pas au point d’aller au clash avec l’omniprésent Gérald Darmanin. Plusieurs ministres favorables à une ”évolution de la législation” préfèrent ne pas s’épancher sur un sujet jugé “un peu trop touchy” et font promettre de ne rien en dire. Même dans la majorité, certains préfèrent l’esquive pour ne pas se retrouver dans l’embarras. “J’ai un avis que je vais garder pour moi”, sourit une cadre du groupe macroniste, pourtant connue pour porter haut ses convictions. Quoi qu’il en soit, la remise du rapport ce 5 mai marquera forcément une nouvelle étape dans l’appréhension de cette question en France. 

“La question que l’on doit se poser, c’est: veut-on faire partie des pays progressistes, comme les États-Unis ou le Canada, qui avancent sur cette question, ou veut-on rejoindre le camp de la Russie et de la Chine qui ont une position très réactionnaire sur le sujet?”, interroge Caroline Janvier. Chez Gérald Darmanin en tout cas, c’est pour l’instant la deuxième option qui domine. Sûrement pas en ces termes. 

Une campagne de sensibilisation contre la drogue lancée « avant la fin de l’été »

Une semaine après la proposition d’Emmanuel Macron d’ouvrir un « grand débat » sur le sujet, le gouvernement lancera une nouvelle campagne de sensibilisation contre la drogue « avant la fin de l’été ».

Le gouvernement va lancer « avant la fin de l’été » une compagne de sensibilisation contre la drogue, a annoncé Gérald Darmanin dans un entretien au Journal du dimanche.

« La dernière campagne de sensibilisation contre la drogue date de 30 ans ! Le gouvernement en lancera une nouvelle avant la fin de l’été sous l’autorité du Premier ministre », a déclaré au JDD le ministre de l’Intérieur, qui a fait de la lutte contre les trafics de stupéfiants sa priorité.

70 000 amendes pénales

Sur le volet répressif, Gérald Darmanin a affirmé que les services de police avaient mené depuis janvier « plus de 1 300 opérations de démantèlement des points de deal », avec « des saisies importantes et régulières » à la clef.

Par ailleurs, « plus de 70 000 amendes pénales » ont été délivrées à des consommateurs depuis le 1er septembre, date de leur généralisation.

Dans une interview fleuve au Figaro lundi dernier, Emmanuel Macron avait souhaité le lancement d’« un grand débat national sur la consommation de drogue et ses effets délétères » sans détailler comment cette consultation pourrait être menée.

« La France est devenue un pays de consommation et donc, il faut briser ce tabou », avait estimé le chef de l’État. La France est le premier pays d’Europe en nombre de consommateurs de cannabis avec 1,5 million d’usagers réguliers

« Le cannabis est devenu une drogue dure », a déclaré Gérald Darmanin au JDD, rappelant la hausse « considérable » du niveau de THC, la molécule psychotrope du cannabis.

Affaire Sarah Halimi : le temps de la légitime défonce


Professeur Jean Costentin


La décision récente de la Cour de cassation confirmant l’absence de procès pour le meurtre sauvagement perpétré sur la personne de Madame Sarah Halimi par Kobili Traoré suscite, dans le public, une vive émotion, à la mesure de sa désapprobation. Je ne parlerai ici que du rôle du cannabis, que l’assassin avait largement consommé avant de commettre son crime.


La responsabilité de cette drogue (par son THC) dans la survenue de bouffées délirantes est très bien documentée ; elle est décrite comme « psychose cannabique ». Observée de longue date par les médecins, cette psychose partage avec la schizophrénie des troubles délirants et hallucinatoires qui peuvent être apaisés par les médicaments
antipsychotiques ; ils disparaissent sans séquelles après quelques mois, mais peuvent aussi se prolonger, devenant alors la psychose chronique (ad vitam) qu’est la schizophrénie.


Ce n’est pas par accident que l’on consomme du cannabis. Le statut illicite (depuis 1970) de cette drogue est justifié par ses méfaits physiques mais plus encore psychiques. Ceux qui veulent obtenir sa légalisation s’échinent à en minimiser voire même à en dissimuler la gravité.
L’absence de procès de Kobili Traoré évitera de débattre de deux points très sensibles : l’antisémitisme violent d’un musulman « chauffé » dans une mosquée salafiste et la description des effets psychotogènes du cannabis.


La bouffée délirante mise en exergue par des experts psychiatres est consécutive à la consommation de cette drogue illicite, aux effets désinhibiteurs, libérateurs des pulsions agressives. Selon la légende, les fidawis de la secte des haschischins, depuis la forteresse d’Alamut (1.600 m d’altitude, dans l’Iran actuel), étaient envoyés par le vieux de la montagne, shootés de cannabis, pour tuer les victimes qu’il leur avait désignées (Marco Polo, 1323).


Arrivant à Alexandrie, Bonaparte (juillet 1798) fut atteint dans sa botte par une balle tirée par un fanatique musulman en état d’ivresse cannabique, ce qui l’amena à interdire la consommation de cannabis (sous peine d’un emprisonnement de trois mois).
La perte du jugement de Traoré n’amendait pas la séquence de ses comportements : son agressivité a duré, ses coups portés au visage de la victime se terminant par sa défenestration. Ces actes étaient dirigés contre une dame juive par un homme de religion musulmane capable de lancer « Allah akbar ».


L’arrêt de la Cour de cassation, par une interprétation étroite de la loi, admet en l’occurrence qu’un crime commis sous l’empire d’une drogue, consommée délibérément, permet d’échapper au procès. Ce procès aurait pourtant permis d’approfondir deux points essentiels : l’antisémitisme et la responsabilité individuelle et qui deviendrait collective si le cannabis était légalisé.


Quant à l’assassin, placé en internement psychiatrique, il pourra, si son état psychique vient à s’amender, après de nouvelles expertises psychiatriques, recouvrer sa liberté. Dans le cas où sa consommation de cannabis aurait ouvert la porte d’une pathologie psychiatrique chronique de type schizophrénique, il devrait alors être astreint à des soins
continus.
De toute façon, le cas Traoré aurait justifié une large attention sur deux réalités de notre société : l’antisémitisme renaissant que l’on dissimule et le risque lié à l’usage du cannabis. Ceci survient pendant qu’une mission parlementaire, s’appuyant sur une consultation citoyenne « bidon », emmenée par les députés Robin Reda, Jean-Baptiste Moreau
et Caroline Janvier, s’active pour légaliser le « cannabis récréatif » (on voit ici un de ses types de récréation).


En la circonstance présente, s’être défoncé avec une drogue dispense un individu d’être poursuivi pour ses agissements criminels imputables à sa libre consommation de cannabis ; d’où le titre de ce billet et notre exaspération.

INSÉCURITÉ: MACRON VEUT « UN GRAND DÉBAT NATIONAL SUR LA CONSOMMATION DE DROGUE »

 18 Avril 2021

  • Dans une interview au Figaro, le chef de l’État s’insurge contre les « effets délétères » de la consommation de drogue et leurs effets sur la délinquance.

Emmanuel Macron appelle, dans un entretien au Figaro dimanche soir, à « lancer un grand débat national sur la consommation de drogue » et à « ne laisser aucun répit aux trafiquants de drogue » afin de « faire reculer la délinquance ».

« La France est devenue un pays de consommation et donc, il faut briser ce tabou, lancer un grand débat national sur la consommation de drogue et ses effets délétères », déclare le chef de l’Etat, à la veille d’un déplacement à Montpellier sur le thème de la sécurité du quotidien.

Car « ceux qui prennent de la drogue – et cela concerne toutes les catégories sociales – doivent comprendre que non seulement, ils mettent leur santé en danger, mais qu’ils alimentent aussi le plus grand des trafics. On se roule un joint dans son salon et à la fin on alimente la plus importante des sources d’insécurité… », ajoute-t-il.

Emmanuel Macron reconnaît que les trafics de stupéfiants « explosent » et « forment la matrice économique de la violence dans notre pays ».

« Les éradiquer par tous les moyens est devenu la mère des batailles, puisque la drogue innerve certains réseaux séparatistes mais aussi la délinquance du quotidien, y compris dans les petites villes épargnées jusqu’ici. Ne laisser aucun répit aux trafiquants de drogue, c’est faire reculer la délinquance partout », souligne-t-il.

Haceler les traficants

Il affirme que le gouvernement passe « à la vitesse supérieure » avec l’objectif de « harceler les trafiquants et les dealers ». « Sur les 4.000 points de deal répertoriés récemment, plus de 1.000 opérations coup-de-poing ont été réalisées ces dernières semaines. Et chaque jour, nous fermons un point de deal. Allez voir dans les quartiers comment cela change la vie! », selon lui.

Il ajoute que « 70.000 amendes forfaitaires délictuelles ont été dressées depuis septembre ». « Ça veut dire quelque chose de clair: si vous vous faites prendre comme consommateur, vous savez que vous allez devoir payer et que vous n’allez pas y échapper. Ça change le rapport de force », explique-t-il.

Selon lui, « dire que le haschisch est innocent est plus qu’un mensonge »: « Sur le plan cognitif, les effets sont désastreux. Combien de jeunes, parce qu’ils commencent à fumer au collège, sortent totalement du système scolaire et gâchent leurs chances? Et je ne parle même pas des effets de glissements vers des drogues plus dures ».

27 Mars 2019 : Le Figaro

La lutte contre la drogue, une priorité pour Macron

Dix mois après un discours très ferme du chef de l’État, les premières mesures sont en préparation dans les ministères de l’Intérieur et de la Justice. Par Jean Chichizola

«Ce qui est clair, c’est qu’on a perdu la bataille du trafic dans de nombreuses cités.» Comme à son habitude, Emmanuel Macron ne prend pas de gants en présentant, le 22 mai 2018, ses mesures pour les banlieues. Il parle «d’embrasement», d’organisations «au moins nationales, et bien souvent internationales, qui sont derrière ces trafics et qui conduisent au pire des crimes». Et conclut: «Pour le mois de juillet, je veux qu’on ait finalisé un plan de mobilisation sur la lutte contre les trafics de drogue.»

L’été s’en est allé sans plan. En février dernier, à Évry, le président revient sur le sujet et parle d’un «objectif pour les prochaines semaines, que j’ai assigné au ministre [de l’Intérieur], sur la lutte contre les stupéfiants et les trafics, de reprendre le combat avec de nouvelles méthodes». Et d’évoquer quelques pistes: «remonter les filières et ceux qui se font vraiment de l’argent, qui amènent la production et qui arrivent à entretenir cette économie parallèle», «éviter que les policiers, les gendarmes, les juges soient complètement “thrombosés” pour éviter d’avoir des procédures devenues inutiles, donner un pouvoir contraventionnel, aller plus vite sur celui qui détient, pour se concentrer plutôt sur celui qui trafique».

À LIRE AUSSI :La France confrontée à une explosion du trafic de drogue

La Place Beauvau planche sur le sujet et doit proposer un plan prochainement. La Place Vendôme, quant à elle, a d’ores et déjà posé les premières briques avec le vote de la loi justice portée par la ministre, Nicole Belloubet. Ainsi de l’extension, «pour aller plus vite sur celui qui détient», de l’amende forfaitaire délictuelle aux délits d’usage de stupéfiants (200 euros). Magistrat et porte-parole du ministère de la Justice, Youssef Badr, souligne que la loi prévoit aussi de «nouveaux moyens créés pour lutter contre les trafiquants».

Comme la mesure d’interdiction de paraître dans le lieu où l’infraction a été commise ou dans lequel réside la victime, ce qui permettrait d’écarter pour un temps les petits dealers pourrissant la vie des quartiers. Face au développement des ventes sur Internet, la loi prévoit aussi de faciliter la «cyber-infiltration» sous pseudonyme. Par ailleurs, la compétence de la juridiction interrégionale spécialisée de Paris est étendue à l’ensemble du territoire national pour les affaires de criminalité et délinquance organisées d’une très grande complexité qui, note Youssef Badr, «dépassent largement l’échelle régionale». Un moyen supplémentaire pour toucher les «organisations criminelles» dénoncées par le chef de l’État. Tout en sachant que «la bataille du trafic» est très loin d’être gagnée.

22 Mai 2018

Macron veut changer de méthode sur les banlieues

Le président n’a pas annoncé mardi un plan détaillé, préférant dévoiler sa conception de la politique de la ville. Par François-Xavier Bourmaud et Marcelo Wesfreid Publié le 22/05/2018 à 20:54

Ni fleurs, ni couronnes, juste un long discours. Comme ses proches le laissaient entendre depuis quelques jours déjà, Emmanuel Macron a enterré sans états d’âme le rapport Borloo sur les quartiers difficiles. Mardi à l’Élysée, c’est en récusant la méthode de l’ancien ministre de la Ville de Jacques Chirac que le président de la République a démarré son propos devant 600 acteurs de la ville et l’ensemble du gouvernement rassemblés dans la salle des fêtes de l’Élysée pour l’écouter.

«Je ne vais pas vous annoncer un plan villes, un plan banlieues ou je ne sais quoi parce que cette stratégie est aussi vieille que moi, a démarré le président de la République. Nous sommes au bout de ce que cette méthode a pu produire […] et pour tout vous dire, je n’y crois pas.» Au cas où Jean-Louis Borloo n’aurait pas bien compris, le chef de l’État a ensuite précisé sa pensée: «Cela n’aurait aucun sens que deux mâles blancs, ne vivant pas dans ces quartiers, s’échangent l’un et l’autre un rapport en disant: “on m’a remis un plan, je l’ai découvert”. Ce n’est pas vrai, ça ne marche plus comme ça.» Exit donc le rapport Borloo et «l’ancien monde» avec lui.

À la place, Emmanuel Macron a longuement tenté d’exposer sa méthode, s’égarant parfois dans les méandres de sa pensée complexe, s’exprimant durant une heure et demie, des fiches en désordre étalées devant lui. Emmanuel Macron a navigué entre deux approches parfois opposées. D’un côté, il a abordé le sujet des banlieues comme celui d’un territoire à part, nécessitant des mesures spécifiques (aides de l’État pour trouver des stages, création de places en crèche, poursuite du dédoublement des classes, emplois francs pour les salariés issus des quartiers les plus difficiles, police de sécurité du quotidien). De l’autre, il s’est dit opposé à toute «politique spécialisée», qui pourrait stigmatiser les habitants des quartiers, et a assumé l’absence de ministère de la Ville au profit d’un ministère de la Cohésion des territoires.

Les banlieues «ne demandent pas d’assistance» mais leur «place dans la République», a argumenté le chef de l’État. «Pour Emmanuel Macron, il n’y a pas de politique spécifique à mener en direction des quartiers dans la mesure où toutes les politiques du gouvernement doivent s’intéresser aux quartiers, explique un conseiller du président. Mais cela n’interdit pas d’aller plus loin sur certains points lorsqu’il y en a besoin.»

Accélérer le tempo

Plus que de nouvelles mesures, Emmanuel Macron a surtout annoncé un nouveau tempo. «La première année, nous n’étions pas au rendez-vous (de la rénovation urbaine, NDLR). C’est de ma faute», a assumé Emmanuel Macron, à propos de l’Agence nationale de rénovation urbaine (Anru), dont le doublement des crédits a tardé à être effectif. Sans doute aiguillonné par la colère de certains maires de banlieue, le chef de l’État promet désormais d’accélérer. Il a ainsi annoncé un «engagement de rendez-vous tous les deux mois» avec des maires et des associations. Une sorte de «comité de suivi» sur l’avancement des diverses mesures. Premier rendez-vous en juillet donc, date à laquelle le chef de l’État compte également réunir les 120 plus grandes entreprises françaises pour la signature d’une série «de chartes concrètes» en faveur des 1500 quartiers labélisés «politique de la ville».

Le président de la République veut manifestement élargir le spectre de ses interlocuteurs. En plus des élus de terrain et des organismes habituels, il compte également s’appuyer sur le tout nouveau «conseil présidentiel de la ville» de 25 personnalités, dont les membres ont été choisis par l’Élysée, et qui compte des participants comme l’humoriste controversé Yassine Belattar.

Emmanuel Macron a également abordé le thème de la radicalisation dans les quartiers. Autour de lui, on déplorait que le rapport Borloo n’ait pas abordé ce sujet que le chef de l’État considère comme essentiel. «Nous devons suivre un chemin de crête, a-t-il expliqué. Lutter contre la radicalisation sans stigmatiser la religion musulmane.» Pour y parvenir, il a appelé à «la reconquête républicaine des esprits» et à la construction de «héros républicains qui viennent des quartiers».

Au passage, il a aussi rappelé les trois fermetures de mosquées opérées par le ministre de l’Intérieur pour leurs dérives radicales. Outre la radicalisation, «qui dans certains quartiers a gagné, est en train de gagner», Emmanuel Macron a aussi dénoncé les discours racistes et antisémites «en train d’empirer». Des sujets sur lesquels il était très attendu et sur lesquels il a, pour l’heure, déçu.

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